« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

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mardi 1 mai 2007

Premier Contact

Une nouvelle acquisition est toujours un grand moment pour les collectionneurs et je crois que les bibliophiles n'échappent pas à la règle.



Pour moi, le premier contact avec un livre est un moment capital, en général je sais presque immédiatement si je le désire..... ou pas. En réalité, une fois le livre en main, je peux y renoncer après avoir noté quelques défauts, mais il est rarissime que l'inverse se produise, à savoir que je me décide finalement pour un livre qui me tentait peu au départ...

Quoi qu'il en soit le premier contact avec un livre un petit moment sacré. En général, je procède toujours de la même façon :

Je le prends en main, j'inspecte la reliure, les coins, les coiffes, les mors. Après cela, je l'ouvre, et je commence évidemment par la page de titre, puis je vérifie s'il comporte des gravures. Une fois ce petit tour du futur propriétaire terminé, je vérifie d'autres détails, comme l'état du papier, les taches éventuelles, etc.

Mais je ne le respire pas, comme Raphael l'évoquait! Je vous avoue que je n'y avais jamais songé, ou alors juste parce que l'odeur était incommodante.

Après, selon que je connais l'ouvrage ou pas, j'interroge le marchand, je lis la description ou.... et c'est là que le vice s'immisce... je vérifie sur internet via mon téléphone portable que la collation est bien juste et que l'édition est estimée.... Je sais, je ne devrais pas, mais je ne peux m'en empêcher, même si ça reste rare.

Au final, je suis particulièrement attentif à trois choses, qui sont essentielles pour moi :

1. L'ouvrage doit être complet.
2. La reliure doit être solide et en bon état, ou au moins dans le meilleur état possible.
3. Je dois ressentir un petit quelque chose en plus...

Jamais, jamais, jamais je n'achète un ouvrage incomplet. En tout cas aujourd'hui. En effet, je me suis aperçu avec le temps qu'un ouvrage incomplet n'est pas une bonne acquisition, parce qu'une fois qu'il est dans ma bibliothèque, je n'ai finalement de cesse de le remplacer... par une édition complète

Voilà, ce sont mes règles... je fais parfois des exceptions, mais elles sont de nature "bibliomaniaque", et mon médecin traitant dit que c'est normal, tant que ça ne devient pas systématique!.... problème, il est bibliophile.



****

Quelques nouvelles du blog:

Je travaille actuellement à une nouvelle version qui permettrait de mettre des informations sur trois colonnes, et non plus deux comme c'est le cas actuellement, tout en conservant le "look" actuel.

Les connexions ont évolué très rapidement au cours des derniers jours, et nous sommes sur une tendance d'environ 1500-2000 pages vues par semaine, pour plusieurs centaines de visiteurs différents, également chaque semaine... et même parfois certains jours! C'est une sensation agréable, et très étrange, de savoir que vous êtes nombreux à me lire. Je vous remercie!

Evidemment, je n'ai pas imaginé ce blog dans ce but, mais savoir que je suis lu me motive pour écrire le message quotidien auquel je m'astreins. Mon objectif était de combler un espace, de répondre à mon propre besoin d'un site de ce type, sur les livres anciens et la bibliophilie, et de créer une communauté de gens passionnés.

Je réfléchis également au moyen de permettre plus d'interaction entre les différents membres de la communauté. Mais il me faut du temps, je commence à peine à comprendre ce que sont les codes html, etc. En tout cas, c'est certain, il faut que je trouve un moyen de vous faire participer plus.

Enfin, la répartition des lecteurs... La France représente environ 85% de la fréquentation, probablement pour des questions de language, mais vous êtes également nombreux à vous connecter depuis, dans l'ordre, les Etats-Unis, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique, mais aussi le Canada, Monaco, la Chine, Singapour, le Luxembourg, le Danemark, l'Espagne, le Brésil... J'ai fait une tentative pour installer un outil de traduction en ligne, mais le vocabulaire de la bibliophilie est inconnu des dictionnaires et le résutat était malheureusement incompréhensible...



Enfin, ne nous emballons pas! Ca reste une initiative personnelle, et je compte sur votre compréhension pour mes erreurs, etc. Je fais de mon mieux, mais je ne suis pas un pro, ni du livre ancien, ni d'internet. :)


H
Ouvrage présenté : le Malleus Maleficarum, ou le Marteau des Sorcières, un sommet de l'occulte qui traite de sorcellerie, d'exorcisme et autres fantaisies. 2 volumes in-4, 1679. La dernière édition, je crois
.

9 commentaires:

Anonyme a dit…

J'avoue pour ma part être particulièrement attentif au contenu ainsi qu'à l'état du livre. L'état parce que lors des longues contemplations faussement naïves de mes acquisitions, les gros défauts ont tendance à gâcher ma joie.
Le contenu parce que je n'envisage pas d'acheter un livre sans le lire. À plus ou moins court terme et avec plus ou moins de passion mais acheter un livre pour le regarder est une démarche qui me glace le sang (un bibliophile, vous dis-je !). Un Almanach aux armes de la Pompadour ? Je n'en ai que faire (pardonnez-moi, amis bibliopathes !)

Les oeuvres incomplètes ne me freinent pas autant qu'Hugues car c'est parfois un excellent moyen de juger de la qualité d'un ouvrage.

Quant à l'odeur, j'avoue ma grande déception à l'égard des livres du 18ème. Mon nez n'est sans doute pas encore assez habitué mais venant des romans populaires des années 50, je renifle en vain un Cook ou autre à la recherche de cette odeur si caractéristique.

TE

Hugues a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Hugues a dit…

Tu as raison Thibault, merci pour ton intervention. Evidemment, le texte est à la source de 99% de mes acquisitions, c'est très important!
H
P.S. : en revanche, pour les incomplets, pas d'accord avec toi! Sourire.

Raphael Riljk a dit…

Nous sommes sur la même ligne. En dehors des fondamentaux : ouvrage complet et non dépareillé, j’ajouterais reliure d’époque (avec bien sûr ses usures d’usages mais dans la mesure du possible coiffes et mors intacts). Pas de 16e en jaquette marbrée du 19e et, en ce qui me concerne, j’ai évolué vers une demande d’absence totale de restauration. Ce point là n’est pas toujours facile à vérifier, sur des vélins rigides réemboités par exemple.
J’ai acheté il y a quelques temps deux ou trois livres dont la reliure avait souffert et je les ai fait restaurer ; je m’aperçois que je ne les considère plus maintenant avec le même plaisir qu’un ouvrage inviolé. Par contre, je ne regrette pas d’avoir fait procéder de façon exceptionnelle au doublage des marges extérieures mouillées de deux folios d’un incunable pour qu’ils ne partent pas en poussière, mais c’est un coût supplémentaire significatif.

Quand on tient l’impétrant dans ses mains, il se passe toujours un curieux dialogue intérieur où sont passés en revue tous les aspects (belle reliure ! –oui, mais manque un fermoir …– beau texte !- oui, mais 2e édition …- beaucoup de marginalia !- oui, mais un peu cours en tête… - Beaux bois gravés !- oui, mais du foxing...- parfum suave ! – oui, mais trop ciré…- pas trop cher ! – oui, mais fin du mois…- etc…

enfin, vous connaissez.

Raphael

Hugues a dit…

Merci Raphael... Vous me faites sourire avec votre approche olfactive. J'imagine que vous avez lu "Le Parfum".

Pour la reliure d'origine je suis moins catégorique, même si d'accord avec vous à 99%... j'ai un petit Cicéron 17ème qui a été relié postérieurement par Simier en cuir de Russie bleu... Thibault chancèlerait en le voyant, lui qui aime ce genre de sensations :)

Je fais restaurer rarement, et je suis donc sélectif à l'achat. Avec le temps j'ai remarqué que la restauration coûtait cher... et prenait un temps fou...

H

Anonyme a dit…

Un bibliophile anosmique...

un nouvel oxymore ?

Philippe a dit…

En parlant d'odeur, l'une de mes dernières acquisitions, un vieil Horace de 1710, qui n'vait pas dû voir le jour depuis un bon moment m'a rappelé beaucoup de souvenir. Son odeur est la même que celle des livres d'une bibliothèque où j'allais souvent plus jeune en Angleterre. C'est très étrange comme sensation. Mais bien agréable!

Hugues a dit…

J'ai un livre 18ème qui sent très fortement l'alcool... mais bon, ça ne compte pas, c'est une ancienne cave à liqueur camouflée sous les sermons de Bourdaloue!
H

Pierre Bouillon a dit…

Bien dit. Je suis comme vous: il faut absolument que le livre soit complet. Je peux pardonner beaucoup à un livre ancien (reliure qui a souffert, rousseurs...)mais si une page manque ou s'il y a une perte de texte je n'achète pas. Ma plus grande crainte quand j'achète c'est que le livre soit incomplet.
J'ai déjà acheté un dictionnaire d'Émile Littré qui était incomplet ( un cahier en doublon mais un manquant si je me souviens bien ); je l'ai donné. Je n'aime pas qu'un livre sente fort le tabac ou l'humidité mais je l'achèterai tout de même s'il manque vraiment à ma collection.
Pierre B.

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