« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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mardi 16 octobre 2007

Solution Enigme n°11

Alcide d'Orbigny bien sûr!

En juillet 1826, alors qu'il n'est âgé que de 23 ans, le jeune Alcide d'Orbigny (1802-1857)embarque pour Rio de Janeiro (il croise Humbolt sur la corvette La Meuse le 30 juin, juste avant de partir). Il est chargé par Cuvier, du Museum d'Histoire Naturelle, d'aller rassembler des spécimens pour enrichir les collections du musée.
Le périple à travers l'Amérique du Sud commence, il manquera d'ailleurs d'y laisser la vie plusieurs fois (abandonnant une phalange à un caïman récalcitrant), connaissant même une incarcération au Brésil (les brésiliens prîrent son baromètre pour un outil d'espion) et revenant à bon port en 1834, malgré la faiblesse des ressources qui lui avaient été attribuées par le Museum.
Durant son voyage, il va collecter, observer, décrire dans tous les domaines de la zoologie aussi bien en invertébrés qu'en vertébrés, de la botanique, de l'anthropologie et de l'ethnologie. Les formidables collections qu'il rassemble sont expédiées directement au Muséum. Il rapporte ainsi les premiers poissons connus du Chili, des dizaines d'espèces de Crustacés, des centaines d'oiseaux, des milliers de parts d'herbier... tandis qu'il décrit des centaines d'espèces de mollusques. Tout ce qu'il expédie est envoyé directement au Muséum pour étude et description éventuelle. Il décrira lui-même un grand nombre d'espèces. De très nombreuses espèces lui ont été dédiées comme en botanique, où 54 plantes portent son nom, sans compter le genre Orbignya. Tout l'intrigue, il décrit les chants des indigènes, leurs modes de vies, il retranscrira même certaines parties de leurs langues.
De retour en France, il consacre quatorze années, de 1834 à 1847 à la rédaction de ses mémoires, soit un ensemble de onze volumes et 4 747 pages ainsi que de nombreuses cartes et 555 planches. Cette œuvre magistrale en fait l'une des plus importantes monographies jamais réalisées d'une région du monde. A partir de 1840 il publie également un catalogue de fossiles qui est vendu sous forme de fascicules bon marché contenant des planches de lithographies. En les compilant, il compose l'oeuvre qui est toujours une référence aujourd'hui : la Paléontologie Française (42 volumes in-8, qui ne sera terminée qu'en 1894, soit 37 ans après sa mort, contenant 1440 superbes lithographies). Il y décrit bien sûr des milliers de fossiles mais c'est surtout son approche originale qui retient l'attention : en effet il accepte et encourage les contributions de géologues amateurs dont il cite parfois les noms, les utilisant même pour désigner de nouvelles espèces.
Parallèlement, il va écrire plusieurs ouvrages sur les civilisations de l'Amérique du Sud et sur son voyage en particulier (Voyage pittoresque dans les deux amériques, chez Tenré, bien connu des bibliophiles amateurs de voyages).

Globalement, il aura apporté énormément à la science du 19ème, particulièrement à la paléontologie et à la connaissance ethnologique et naturaliste de l'Amérique du Sud. Pour autant, le souvenir qu'il a laissé aux scientifiques reste contrasté : apport indéniable en termes de littérature et de spécimens pour le Museum, mais position scientifique contestée dans la mesure où d'Orbigny ne peut croire à l'hypothèse d'une Création imparfaite. dès lors, pour justifier ses positions, il va réfuter les thèses transformistes de Lamarck, assurant même que puisqu'il y a 27 étages géologiques, c'est que la genèse a du avoir lieu 27 fois...
Son souvenir est encore très vivace en Bolivie, où il incarne encore une forme d'humanisme à la française, il y a d'ailleurs un musée d'Orbigny à Cochabamba.

Les indices : très rares furent les voyageurs polygraphes qui consacrèrent du temps aux fossiles. Alcide d'Orbigny se caractérise également par son très jeune âge, et il fût également élève de Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire et Brongniart.

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H

Pour en savoir plus : www.orbigny.org

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