« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

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dimanche 7 octobre 2007

Vie pratique : le Kit du Bibliophile...

Amis Bibliophiles bonsoir,
Pour revenir au commentaire posté récemment, que mettriez vous dans le kit idéal du bibliophile? Quels produits d'entretien, quels accessoires éventuels (mais sans évoquer les bibliographies, que nous avons déjà évoquées et qui sont évidemment absolument nécessaires).

En ce qui me concerne, j'avoue que j'essaie de n'acheter que des livres en très état, et de fait mon budget entretien et assez réduit. Mais peut-être est-ce un tort, d'ailleurs, qu'en pensez-vous au passage, même des reliures en état parfait nécessiteraient un entretien fréquent?
Du coup, je n'utilise que la cire 213 de la BN, qui m'a été conseillée par ma restauratrice (qui est, il est vrai restauratrice à la BN), et le savon Brecknell, qui présente l'avantage d'être utile aussi bien pour un maroquin que pour une selle de cheval (les fidèles comprendront).

Un libraire m'a également conseillé une crème hydratante disponible en pharmacie (Yctiane), qui semble assez efficace. Voilà à quoi se résume mon "kit".
Il est vrai que je n'effectue aucune réparation, ni aucune restauration, même la plus menue, qu'il s'agisse de la reliure ou du papier. Je laisse cela aux professionnels.

Et vous? Qu'utilisez-vous? Quels sont vos trucs?
H

12 commentaires:

Anonyme a dit…

J'utilise aussi la cire 213, mais c'est surtout parce que je ne connais qu'elle... Pour ce qui est des restaurations, j'ai souvent été déçu par les restaurations de professionnels (je 'nai sûrement pas choisi les bons), aussi, mes livres restent souvent en l'état (ou simplement stabilisés), qui n'est pas forcément parfait. Mais je préfère souvent une reliure d'époque endommagée à qq chose de plus récent mais qui, enlève une part du caractère originel de l'ouvrage. Bon, je sais que je serais pas suivi sur ce terrain là par nombre d'entre vous, mais "nobody's perfect"...
Puisqu'on parle d'entretien, peut-être certains d'entre vous pourront m'aider à résoudre ce problème que je ne suis sûrement pas seul à connaître : des reliures en maroquin XIXe dont le cuir sec se fendille au niveau des mors lorsquon ouvre l'ouvrage. Comment l'assouplir et pouvoir de nouveau ouvrir le livre sans l'abîmerun peu plus à chaque fois? Merci.
Philippem

bertrand a dit…

Bonsoir,

j'utilise également la cire BNF 213 disponible sur le site de la BNF par VPC.

Elle me convient parfaitement, elle est très bien pour qui concerne le veau brun ou fauve, les basanes sombres, et ce depuis les livres les plus anciens (XVIè jusqu'aux livres modernes).
Méfiez-vous cependant de cette cire 213 pour le veau clair (blond) ou les cuirs délicats, il se peut que le cuir change de teinte.

Surtout de pas frotter trop fort au moment de l'application sur le cuir, vous risqueriez de "brûler" le cuir, et dans ce cas, le cuir change de teinte et ne revient plus à sa teinte d'origine.

Malgré tout pas de panique, même pour le veau blond, par expérience, je peux vous dire que si la cire 213 est appliquée en petite quantité et sans trop frotter, le cuir (même s'il fonce après cirage), retrouve sa teinte d'origine en à peine quelques jours (le temps que les solvants s'évaporent).

Je sais qu'il existe une cire dont a recette est celle préconisée par la British Library, moins agressive pour les cuirs clairs... mais j'ai essayé et je n'ai pas trouvé l'essai probant. Je reste donc fidèle à la 213 qui a l'avantage d'entretenir, embellir et protéger le cuir (insectes, moisissures, etc).

Passons au Brecknell maintenant.

Et là je dis : Attention !

Si le Brecknell (savon "basique" dérivé de produit caustique - soude dérivée) est idéal pour éliminer les impuretés organiques incrustées dans les dorures des reliures anciennes, il ne faut cependant pas en abuser. Pourquoi ?

Tout simplement parce que si vous en abusez, il faut savoir que la dorure des livres anciens se faisait à l'aide de colles "organiques" (blanc d'oeuf notamment et autres), donc, si le brecknell bien à passer sous la fine pellicule d'or de vos titres ou fleurons de livres anciens, il dissout la colle organique qui retenait depuis des siècles parfois, l'or sur le cuir. D'où un décollement partiel ou total voire désastreux de l'or qui décore le dos des reliures. Donc, prudence. J'ai fais l'expérience et n'utilise plus le Brecknell désormais que dans des cas extrêmes d'encrassement des or (cas où on ne voit quasi plus les or).

Sinon pour finir. Les mors qui se craquèlent, fendillent, etc.

Malheureusement, pas grand chose à faire si ce n'est confié le livre à un professionnel (un vrai... pas un charlot) qui vous fera un travail exceptionnel pour pouvoir manipuler à loisir à nouveau votre volume sans avoir un plat dans une main et le reste du volume dans l'autre.

Petite chose cependant. L'huile de pied de boeuf (qui se trouve facilement et en gro conditionnement chez les vétérinaires et autres endroits où l'on vend des produits pour l'équitation). Elle permet de nourir le cuir et de l'assouplir. Cela ne vous reconsolidera pas un mors fendillé mais cela permettre à un volume dont le cuir est jugé sec de se fendre sûrement très bientôt.

Voilà en espérant avoir apporté ma pierre.

Amitiés bibliophiliques, Bertrand

bertrand a dit…

Les puristes auront évidemment noté les fautes de frappe...

je ne vais pas faire d'errata. Les fautes sont si grossières que les lecteurs corrigeront d'eux mêmes comme dirait Claude Barbin.

Amitiés, Bertrand

Pilou a dit…

Je n'ai jamais utilisé jusqu'à maintenant de produits d'entretien pour mes livres. D'ailleurs, où peut-on trouver la cire 213?
Par contre, pendant que l'on parle de protection des livres, l'un des miens que j'ai acheté récemment, est un peu encrassé sur le dos. Autour du cuir au-dessus des nerfs se trouve une espèce de pellicule blanche, en surface, comme des champignons ou des moisissures. Savez-vous comment faire pour les retirer sans abimer le livre? De même, sur ce même ouvrage la pièce de titre se décolle un peu. Connaitriez-vous un moyen pour le recoller de manière aisée (et pas avec de la superglue!) pour m'éviter de l'emmener chez un relieur?
Merci bien!

Wall a dit…

Pour ma part, et je vais surement en faire bondir certains, je n'utilise que du cirage en crème. Je me suis fait conseiller par quelqu'un qui travaille le cuir, qui m'a dit que les cirages abiment le cuirs (chaussures comprises) car il contient de la silicone. Les cirages sans silicones, devenus rare depuis 15 ans, n'attaquent pas le cuir, au contraire.

La bibliothèque de mon père reste nickel alors qu'elle a été cirée il y a 30ans pour bien des livres, quand le cirage était sans silicone.

Avant de trouver ce cirage, mes livres restaient dans "leur jus".

Wall

Wall a dit…

désolé pour les fautes...

bertrand a dit…

La cire BNF 213 ne contient évidemment pas de silicon et a été spécialement concue par une équipe du CNRS a qui je crois que l'on peut faire confiance.

Elle s'achète en envoyant un mail à l'adresse suivante : commercial@bnf.fr
demandez un formulaire de commande pour de la cire 213.

PS : je rappelle que je n'ai aucune action dans la BNF...

Amitiés bibliophiliques, Bertrand

bertrand a dit…

je corrige "silicone" prend un "e" pour les puristes, contrairement à France Telecom qui finit par un "m", encore que quelques fois France Telecon, ça marche aussi !!

Amitiés, Bertrand

A.A.A a dit…

Pour recoller les pièces de titres ou un bout de cuir, j'utilise simplement l'excellente colle de reliure de Rougié & Plé : "colle flexiple".
Cependant, je ne sais pas si elle est particulièrement indiqué, je n'ai simplement jamais eu de problèmes.

A.A.A a dit…

J'ai une autre question, puisque beaucoup d'entre vous employent la cire 213, à quelle fréquence l'utilisez-vous ?

Faut-il renouveler l'application tous les ans, tous les 6 mois ou attendre plus longtemps ?

Jean-Paul a dit…

Un traitement à la colle de pâte, suivi d'un lustrage final avec un chiffon blanc, ravive les ors sans les abîmer.
Préparation de la colle de pâte : délayer 2 cuillers à soupe de farine dans un verre d'eau tiède ; mettre dans une casserole sur feu doux ; remuer sans arrêt jusqu'à ébullition ; faire bouillir quelques secondes puis laisser refroidir. Ajouter un peu d'eau tiède si la colle paraît trop épaisse. Conservation limitée à 3 jours au frais.

Jean-Paul

Hugues a dit…

Jean-Paul, vous faites ça très bien... On croirait lire une recette de cuisine!
Hugues

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