« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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mercredi 21 novembre 2007

Livre et Cinéma : Barry Lyndon.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je consacre parfois des messages aux liens entre la bibliophilie et le cinéma. Ce soir, c'est Bertrand qui vous propose un parallèle entre "Les Mémoires de Barry Lyndon", de Thackeray et le film "Barry Lyndon" de Stanley Kubrick.

"Vous êtes sans doute nombreux à avoir entendu parler, voir vu ou revu, l’excellent film de Stanley Kubrick, sorti en 1975 intitulé « Barry Lyndon ». Avec Ryan O’Neal dans le rôle titre et Marisa Berenson en diaphane et vaporeuse Comtesse de Lyndon.

Film d’une durée de près de 3 h, éprouvant pour les uns, fascinant pour les autres (dont je suis). Des images naturelles sublimes et une musique divine que tout le monde connaît.

Ecoutez plutôt … La Sarabande de Haendel (1735)



Le contexte est celui de l'ascension et de la chute d’un jeune irlandais dans l’Irlande et l’Europe du milieu du XVIIIè siècle. Le Jeune Redmond Barry fuit son pays à la suite d’un duel au cours duquel il croit avoir tué son rival. Il se retrouve engagé dans l’armée anglaise, participe à la guerre de sept ans, ne se fait pas à la dureté de la vie militaire, déserte en se faisant passer pour un lieutenant en mission diplomatique, pour finalement se voir forcé de servir l’armée prussienne ennemie. Il se lance ensuite avec succès dans la carrière du jeu, gagne suffisamment d’argent pour devenir influent et rencontrer lors de parties de cartes la séduisante Comtesse de Lyndon, alors mariée à un Lord richissime mais impotent. Lorsque le Comte de Lyndon vient à mourir un soir de jeu, ayant compris que sa femme ne lui appartenait plus, Redmond Barry ne met pas longtemps avant d’épouser la belle et fragile Comtesse. Il porte désormais le titre de Lord Barry Lyndon. [c’est ici le sommet de sa gloire].


Tout de suite après Barry Lyndon devient méprisant et ignore son épouse. Son jeune beau-fils, Lord Bullingdon, n’appréciera quant à lui jamais son beau-père et lui fera finalement payé cher après avoir lui-même souffert les brimades et les coups de fouet. Barry Lyndon est coureur de jupon, il trompe son épouse avec les servantes, participe à des orgies nocturnes. La comtesse de Lyndon lui donne cependant un fils, Bryan, mort prématurément d’une chute de cheval. Ce sera le signal déclencheur de l’interminable chute de Barry. La suite n’est que la lente descente aux enfers d’un homme ambitieux qui n’aura jamais convaincu le monde dans lequel il voulait évoluer. Criblé de dettes, il met tout la fortune des Lyndon aux quatre vents. Il finira par se battre en duel contre son beau-fils, Lord Bullingdon, et sera blessé. Amputé de la jambe droite, devenu indésirable et chassé des domaines des Lyndon, il part, jouera … mais sans réussite cette fois… La Comtesse de Lyndon, amoureuse encore sans doute, lui envoie régulièrement quelques subsides…

Mais saviez-vous quelque chose de l’œuvre littéraire dont le film est inspiré ?

« Les Mémoires de Barry Lyndon » est l’œuvre du romancier anglais William Makepeace Thackeray (1811-1863). Le roman paru d’abord en feuilleton dans le Fraser’s Magazine, en 1844, sous le titre de The Luck of Barry Lyndon.

Il sera publié en volume en 1856 sous son titre définitif. Thackeray s’est inspiré pour cette histoire des grands romans anglais du XVIIIè siècle, notamment de Fielding l’auteur de Tom Jones (1749).

Ce roman est méconnu en France. Il n’a été traduit pour la première fois en français qu’en 1865 (Paris, Hachette, in-12) par Léon de Wally [un exemplaire de cette traduction relié en demi-chagrin rouge est actuellement à vendre sur Abebooks dans une librairie française pour 180 euros] Nous n’avons pas trouvé d’exemplaire de la première édition anglaise de cet ouvrage.

Quand le cinéma fait découvrir la littérature.

En espérant vous avoir fait passer un bon moment, à mi chemin entre le cinéma et la littérature anglaise du XIXè siècle.

Du chef d’œuvre cinématographique au simple film, comme du chef d’œuvre littéraire au simple bouquin, il n’y a souvent qu’un petit quelque chose qui fait la différence.

A vous de juger.

Pour réagir à cet article si vous en avez envie, pour une fois, vous pouvez être aussi bien cinéphile que bibliophile ou mélomane.

Bertrand "

H
P.S. : j'ai ajouté musique et video de mon côté, je ne pense pas que vous puissiez les voir si vous êtes sous mac. Désolé. H

2 commentaires:

Isa a dit…

Merci pour ce bel article. "Barry Lyndon" est aussi un de mes films préférés. Les images y sont superbes et la musique le rend inoubliable : impossible de ne pas penser au film quand on entend la Sarabande de Haendel.
Il y a des passages particulièrement marquants comme la bataille rangée au son du fifre que vous montrez en extrait mais j'ai surtout retenu les scènes filmées à la lumière des bougies, les tenues et coiffures extraordinaires de Lady Lyndon...
C'est un des premiers films que j'ai pensé à m'acheter en DVD : rien ne vaut le grand écran d'un cinéma mais la qualité de l'image est tout de même bien rendue.
Merci aussi de m'avoir appris que ce n'était pas un scénario original mais l'adaptation d'un roman anglais du XIXème... On s'instruit décidément tous les jours avec ce blog.
Cordialement,
Isabelle

Bertrand a dit…

Quatre années auront été nécessaires pour que je trouve l'exemplaire de l'EO sans date (1865) chez Hachette de ce livre.

C'est fait ! Exemplaire demi-chagrin vert de l'époque. Bien conservé.

B.

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