« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

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dimanche 30 décembre 2007

Enchères, et avec des os...

Amis Bibliophiles bonsoir,

Ne vous inquiétez pas, je reprendrai le cycle des reliures très prochainement, mais puisque nous avons évoqué récemment les ventes aux enchères, je me permets un petit message sur le sujet.

En effet, je me suis aperçu que si vous connaissiez tous bien ebay, les salles des ventes sont moins familières à la plupart d'entre vous.

A défaut de pouvoir se rendre aux vacations, vous savez probablement qu'il est possible d'enchérir à distance, soit en participant aux enchères en direct par téléphone (au moins à partir d'un certain montant), soit en confiant à l'avance le montant de vos ordres soit à la société de ventes, soit à l'étude de l'expert.

Il faut savoir une chose, c'est que si vous laissez vos ordres aux bons soins des organisateurs de la vente, il est fort probable (c'est regrettable, et même interdit) que le commissaire priseur commence les enchères au niveau de votre enchère. Je m'explique, si l'estimation du lot est de 100 euros et que vous laissez un ordre de 130 euros, il est très fréquent que le commissaire priseur débute l'enchère en disant "j'ai preneur à 130 euros", ce qui pose deux problèmes :

1. Il aurait dû commencer l'enchère autour de 60 euros, et vous auriez pu en théorie remporter le lot à 60 euros si aucun autre enchérisseur n'en veut, voir à un prix entre 60 et 130 si vous découragez les autres enchérisseurs. Vous payez donc d'entre "plein-pot".

2. Il arrive tout aussi fréquemment que si le commissaire-priseur dit "j'ai preneur à 130 euros", il ajoute délicatement à l'attention de la salle, "un tout petit effort et c'est pour vous", et quand on est dans la salle on entend alors 135 euros, voire 131, et le lot part... Vous avez servi à "pousser" le lot, sans aucune chance de l'emporter. (les SVV préfèrent un paiement immédiat plutôt que devoir attendre et envoyer le lot).

Naturellement, ceci n'arrive pas dans les sociétés de ventes les plus sérieuses.

Autre chose, soyez très vigilant à la lecture du catalogue et aux estimations. La tendance actuelle est à la sous-estimation significative des lots afin d'attirer le chaland, mais le danger peut-être plus sournois, comme l'anecdote ci-dessous le relate.

Le lundi 19 novembre 2007, le tribunal d'Angoulême a condamné un couple d'experts bien connus à 5000 euros d'amende chacun pour "atteinte à la sincérité des enchères" lors d'une vente ayant eu lieu en 2001. En effet, l'experte, libraire de son état, et son mari, professeur d'Université avaient été chargés par des héritiers de l'expertise et de la mise aux enchères d'une bibliothèque. Il semblerait que l'experte ait rapidement remarqué au moins deux livres de grande valeur dans la bibliothèque, a priori volontairement négligé de passer une annonce dans la Gazette de Drouot, et proposé des estimations très en deçà de la valeur réelle des livres.

Plus, lors de la vente, plusieurs personnes remarquent que l'experte et son mari se font des signes. Ce dernier achète pour le compte de la librairie de sa femme et remporte neuf livres anciens à des prix intéressants. Seulement au lendemain de la vente, la famille a des soupçons sur le rôle du couple et la justice est saisie. Un autre expert est nommé, et il estime les deux ouvrages à un prix au moins 5 fois plus élevé que l'expert mise en cause, ouvrages que son mari avait remportés lors de la vente, qui s'est déroulée sans grande publicité....

Les deux ouvrages principaux? De Re Metallica d'Agricola et de Nieremberg historia natura un ouvrage reprenant l'histoire naturelle du Mexique avec une description des espèces animales et les us et coutumes des Aztèques et des Incas.

Prudence donc. Le mieux est vraiment de se rendre dans les salles des ventes si vous le pouvez, mais en restant vigilant : à ne pas se laisser entraîner par des enchères difficiles à assumer financièrement, à ne pas se laisser abuser, etc.

Pour ma part, j'ai passé deux mois à Drouot à observer avant de passer ma première enchère. Mais vous savez que je suis un garçon un peu lent!

H

22 commentaires:

Jean-Claude a dit…

Il m'a fallu quelques minutes pour comprendre ce soir, mais il faut avouer que vos titres sont souvent assez drôles!!

Jean-Paul a dit…

Au sujet d'ebay (eh oui, Bertrand, il est tard et je suis toujours là !) : l'"in-folio, très belle reliure aux armes de Louis XIV, 1651" porte sur sa page de titre le cachet du Grand Séminaire de Laval, non signalé par le vendeur .....

Jean-Paul

Pilou a dit…

En parlant d'enchères, après être allé à Brassens ce week-end, je crois que je garderai mon argent pour m'acheter un bon petit bouquin sur ebay. Trop cher, pas assez de choix en livres anciens, j'ai été bien déçu. Trop de poches aussi. Peut-être aussi que la période des vacances de Noël n'est pas le meilleur moment pour chercher la perle rare (si jamais elle existe, mais ça m'étonnerai), en raison du manque de roulement dans les stocks.
Peut-être qu'un jour j'irai aussi en salle de vente, pour voir un peu à quoi ça ressemble!

Guillaumus a dit…

Merci pour cet article fort intéressant, malgré ses côtés attristants...
De mon côté, je n'ai pas eu à me plaindre d'ordre laissé, mais il est vrai que je n'en laisse qu'à un seul expert en qui j'ai toute confiance. Pour ce qui est de la sous-estimation des lots, je suis d'accord avec Hugues, même s'il existe aussi un expert, qui organise plutôt des ventes en province (Dordogne notamment), dont la tendance est plutôt, me semble-t-il, à la surévaluation...
A cet égard, je possède plusieurs lettres de Léopold Carteret (l'auteur des deux guides sur les illustrés romantiques et sur les livres modernes), en tant qu'expert de ventes aux enchères, à une de ses clientes. Elles m'ont intéressé à deux titres:
+ La méthode d'estimation: à cette époque (1930-38), les catalogues ne sont généralement pas accompagnés d'estimations; Carteret en fournit à sa cliente, en additionnant divers facteurs (ex.: n° 62 de la vente du 23.12.1937, Droz, Monsieur, Madame et Bébé, rel. Mercier: livre charmant 700 + reliure magnifique 1500 = 2200).
+ La façon d'appliquer les ordres de la cliente. Ainsi, pour une vente d'avril 1935, la cliente a laissé deux ordres, un pour le n° 78 (Hugo, Notre-Dame-de-Paris, Paris, Testard, 1889, ill. Merson, 2 vol. sur Chine, rel. Maylander) et le n° 142, Banville, Gringoire, rel. janséniste bleue de Mercier fils. Voici le compte rendu de Carteret:
"Chère Madame, J'ai pu vous obtenir le n° 78, Notre-Dame, à 4120. Vous serez enchantée de cette acquisition. Je n'ai pas cru bon de vous acheter Gringoire pour deux raisons:
- La première qu'un client aurait dépassé votre limite et que je désire ne pas surcoter un papier ordinaire (...)
La seconde et importante raison est que la reliure janséniste grenat extérieur genre paroissien était triste et qu'un bleu clair à l'intérieur faisait une opposition malheureuse qui vous aurait choquée."
2 remarques: que pensez-vous de la 1ère raison (ne pas surcoter un papier ordinaire): sincérité ou désir de privilégier un autre client ? Pour la 2de raison, il est piquant de lire que la description du catalogue était: "Belle reliure doublée"...
Bonne année à tous,
Et encore pardon d'être si long,
Guillaumus

Gonzalo a dit…

J'ai aussi assisté à plusieurs ventes en pur témoin, avant d'oser passer ma première enchère.

Et que de pression au moment de détacher le premier chèque...

Normalement, si un commissaire priseur commence la vente à un prix au dessus de l'estimation, il ne doit pas se contenter de dire "on a preneur à 500 euros", mais doit indiquer (enfin, c'est la moindre des honneteté) "on commence à 500 euros par ordres d'achats successifs".

Un autre problème avec les ordres d'achat, c'est lorsque l'on repère la perle rare sous-évaluée dans un catalogue (vous savez, le trésor non identifier, du genre "livre de musique probablement du XVIIeme siècle" qui s'avère être un livre de 1536, ou bien une édition commune de Platon, mais portant en guise de signature "non identifiée" la signature de Montesquieu).Mettons que je repère un trésor non identifié dans un catalogue. S'il est évalué à 200 euros et que je laisse un ordre d'achat maximum à 5000 euros, le commissaire priseur et l'experts vont avoir la puce à l'oreille, et refaire l'expertise... Etlà, à cause de mon ordre d'achat, c'est la fin d'une opportunité royale! L'expert s'empressera de compléter sa description au moment de la vente, et tous le monde se précipitera dessus...

Le téléphone peut être une solution.

Gonzalo a dit…

De manière générale, peut-être vaut-il mieux laisser un ordre à une salle de vente lorsque l'on a vu au moins une ou deux ventes dans cette salle auparavant, histoire de voir comment sont traités les ordres.

Les phrases du type "vous n'êtes vraiment pas loin" peuvent passer. Pour ma part je ne trouve pas ça trop choquant, à partir du moment où l'enchère a commencé plus bas que l'estimation et que l'ordre a vraiment été traité. Si une enchère arrive à 600 euros sur ordre, avec un prix de départ de 50 euros, et si une seule personne enchérit contre l'ordre d'achat, on peut aussi comprendre que le commissaire priseur donne une petite indication à son client, qui a pris la peine de se déplacer et qui est généralement un habitué, alors que celui qui laisse l'ordre est sans doute un total inconnu.
Mais encore une fois, le prix de départ doit être relativement bas.

olivier a dit…

Bonjour à tous,
Tout à fait d'accord avec Hugues. Mieux vaut être présent (même si les pratiques varient selon les salles des ventes). Quant aux pratiques des experts et commissaires priseurs, il y aurait de la matière à créer un sujet sur le thème...
Pour ma part j'ai la chance d'avoir deux salles dans un rayon de 100 mètres autour de mon bureau ce qui me permet d'assister le plus souvent. D'ailleurs ma "première fois" dans uen salle des ventes, j'ai d'abord observé mais je n'ai pas été aussi patient qu'Hugues et suis reparti avec La Pucelle (amusant pour une "première fois", non?)de Voltaire dans une très jolie reliure pour 15 euros . A vrai dire je me suis presque surpris à lever la main... Une après-midi entière pour un livre...! Depuis j'avoue prendre beaucoup de plaisir à ces ventes, dans lesquelles je vois un jeu avec ses stratégies, sa mise en scène, ses décharges d'adrénaline. Et puis, à vrai dire je trouve qu'on a plus à y gagner (dans tous les sens du terme) qu'à passer sa nuit au casino.
Bonne année bibliophilique à tous (et avec quelques heures d'avance).
Olivier

PS : pour rebondir sur le sujet du MdB, pour ma part je n'ai pas renouvelé mon abonnement, ce blog m'apportant bien plus que le magazine.

Jean-Paul a dit…

Je n'ai jamais compris comment un (vrai) bibliophile peut acquérir un livre sur ordre dans une vente publique ! La moindre des choses est de pouvoir examiner le livre désiré, pour s'assurer de son état ! C'est d'ailleurs le principal problème avec ebay, malgré, parfois, les bonnes photographies. Ma modeste expérience de quarante années de pratique des salles de ventes publiques confirme ce sentiment avec, en outre, de multiples cas où manifestement les ordres sont donnés par des spéculateurs plus que par des amateurs.

Jean-Paul

Hugues a dit…

C'ets une vraie question et j'aurais tendande à penser comme Jean-Paul, mais hélas, le bibliophile est un "névrosé", ou au moins une forme de "fétichiste", il lui est donc extrêmement, il m'est donc extrêmement, difficile de résister à la possibilité d'acheter un ouvrage si longtemps convoité lors d'une vente. Surtout s'il pense qu'il peut obtenir l'ouvrage à un prix intéressant.

D'ailleurs, les grands bibliophiles n'étaient pas toujours présents lors des ventes, et laissaient communément des ordres à des tiers de confiance, il n'est donc pas absolument nécessaire d'être présent pour obtenir son diplôme de bibliophilie.

Et puis, la vente sur catalogue, à des libraires, et également une vente à distance au fond, sans pouvoir souvent obtenir ne serait-ce qu'une image du livre convoité... Et alors là, il faut bien l'avouer, alors que le risque est comparable, le prix est en général deux à trois fois plus élevé qu'au cours d'une vente.

Je vous avoue pour ma part que je n'achète plus sur catalogue auprès de libraires, pour plusieurs raisons : le prix, l'absence fréquente d'images ce qui me semble plus acceptable à l'ère de l'appareil photo numérique et parce qu'aussi, il est vrai, il y a moins de catalogues qu'auparavant.

H

bertrand a dit…

Allez, j'y vais de mon ptit billet, le dernier de 2007 sans doute !

Concernant les ventes aux enchères de livres il y aurait certainement autant de pages à écrire que les Misérables du brave Hugo ! Sinon plus !

Mon expérience personnelle. Expérience à la fois de marchand et d'amateur.

Personnellement je ne féquente que très peu les salles des ventes. L'ambiance ne me plait pas trop, trop électrique et pas assez de libertés à mon goût. Et puis je n'aime pas faire des recherches sur un ou plusieurs livres listés sur un catalogue de vente, tout ça pour arriver au final à n'avoir presque toujours rien...

Parlons des belles ventes de livres. Sans citer de noms, sans froisser personne, je dirais simplement : dans 9 cas sur 10 je n'ai pas confiance. Je n'ai pas confiance dans les estimations. Je n'ai pas confiance dans l'expert (vous jugerez vous même que pour bien des experts la notion de "bel exemplaire" est une notion subliminale voire astrale...), je n'ai surtout pas confiance dans les commissaires priseurs qui sont là (et uniquement là) pour engranger du chiffre d'affaire, qu'ils vendent des briquets en argent, des livres reliés par le vieux Marius, ou bien des photos érotiques des années 50...

De tout celà il résulte un malaise qui fait que je ne me laisse que rarement griser par le jeu des salles des ventes.

Une seule fois j'ai donné un ordre à éxécuter sur papier à un expert bien connu... M. L. qui officie entre autres dans la ville des andouillettes...

Eh bien ! Mon cochon (ça c'est pour le rappel de l'andouillette...), nous n'avions pas les mêmes valeurs (toujours de cochon... les rillettes...), son "bel exemplaire" sur catalogue une fois arrivé en carrosse à mon domicile s'est méchamment transformé en citrouille...

Que dire ? Que je n'avais qu'à être présent à la vente. Eh bien c'est ce que je fais maintenant systématiquement si je veux y acquérir un livre. Mais c'est rare.

Sans parler des "finauderies" des amateurs (enfin si on pey appeler ça ainsi...), genre changer un livre de carton pendant la visite ou en mettre un tout au fond d'un autre en espérant tromper le collègue... Bref ! Que des belles choses. L'humanité dans toute sa splendeur...

Et qu'on aille pas me dire par élan de confraternalité que Messieurs les grands libraires et Messieurs les grands commissaires priseurs (les membres du Blog qui ont assisté à Bérès savent de quoi je veux parler) sont épargnés par cette adrénaline monético-dollaresque qui enflamme toutes les orbites (terrestres) dès qu'on évoque des nombres eurotiques à plus de 5 zéros !!!

Non. Pas de vente pour moi ou presque pas, seulement si je peux y assister et ne pas être dupe des "magouilles" quasi omniprésentes des acteurs.

Par ailleurs je tenais à signaler, et cela n'est pas pour défendre le métier de libraire (mais un peu tout de même), que bien des fois je vois des particuliers se jeter sur des ouvrages en salle des ventes qu'ils auraient payés moins chers chez un libraire (je veux parler du régionalisme notamment - où des ventes entièrement montées n'existent que pour soutenir voire surcôter certains ouvrages... mais c'est un autre débat). Evidemment je ne dis pas que c'est vrai pour toutes les ventes, mais cela se vérifie souvent.

Encore une chose. Que dire de très beaux catalogues de vente de livres présenté à A. (ville d'Uzanne pour les incultes...) dont 3 numéros sur 5 sortent directement de l'inventaire de la librairie C. à P. (rue St dédé des artistes...). Est-ce vraiment sérieux ? Nous prendrait-on pour des pigeons ? Surtout lorsque (comme moi) on est dans la salle et que devant moi j'avais l'acheteur même de la Librairie C. (rue St dédé...) qui a acheté par ailleurs pratiquement tout le reste du catalogue de la vente...

Que dire aussi de cette loi qui interdit désormais à l'expert d'une vente d'acheter pour son propre compte des livres dans cette vente même !!! Est-ce vraiment respecté ??? (ceux qui ont assisté à Bérès savent que non... car quelques fois les experts et les commissaires priseurs, bien qu'ils prennent toutes les précautions nécessaires pour "pratiquer" en toute discrétion, en arrivent à se mélanger les pinceaux... et si désormais vous ne devez plus jamais entendre dans une vente le nom de l'expert comme acquéreur... n'entendez-vous jamais ce discret : "expert pour"... mais qui se cache vraiment derrière ce "expert pour" ? Vous ne le saurez jamais. Moi non plus. Mais comme dirait quelqu'un, je gage sur ma foi que ce ne sont pas toujours de riches expatriés usatiques.

PS : par ailleurs je rappelle que je suis en province, donc forcément un peu limité et frustré des ventes de livres... Je serai proche de Drouot, je pense que j'y serais tous les jours... on ne va tout de même pas se refaire un 31 décembre !!

Amitiés bibliophiliques, Bertrand
Meilleurs voeux 2008 plein de santé, de prospérité et de maroquins rouges !!

Jean-Paul a dit…

Bertrand,

Puis-je me permettre de rappeler, sans vouloir froisser qui que ce soit, que :

- outre l'absolue nécessité d'être présent à la vente (le colonel Sicklès assistait aux ventes personnellement, ainsi que beaucoup d'autres "grands" (?) bibliophiles),

- les commissaires-priseurs sont rémunérés au pourcentage,

- les experts aussi d'ailleurs, et il faut savoir, si on ne le sait pas, que n'importe qui peut se déclarer "expert" : le seul problème étant d'avoir quelques compétences, sinon on est vite démasqué ; j'ajouterai même que pour être expert auprès d'une Cour d'Appel, il suffit d'avoir une officine (expérience personnelle),

- enfin, qu'il faut mieux avoir des estimations hautes quand vous êtes vendeur, car en cas de vol lors de l'exposition de vos livres (cela est plus fréquent qu'on ne le croit)l'assurance vous rembourse au mieux sur l'estimation haute (expérience personnelle).

Jean-Paul

Jean-Paul a dit…

Confirmation de ce que je tente d'expliquer depuis quelques temps déjà : le "rare le berceau de la France maroquin 1780 superbe", qui démarre à 249 € ! n'a pas de page de titre sur les deux tomes ! Le vendeur, incompétent et sans scrupules, ne le signale pas, mais est bien obligé de répondre aux questions qu'on lui pose !

Jean-Paul

Jean-Paul a dit…

Il ne s'agit pas ici d'être d'accord ou pas : un livre sans page de titre n'a aucune valeur bibliophilique... dans certains cas, il peut avoir une valeur documentaire, c'est tout.
Soyez vigilants et rigoureux, sinon vous n'aurez plus que vos yeux pour pleurer quand, pour une raison ou une autre, vous devrez vendre tout ou partie de votre bibliothèque.

Jean-Paul

Jean-Paul a dit…

Bêtisier ebay : "Le livre est muni d'une couverture NON collante de papeterie (épaisse) pour protéger le livre, ainsi que du papier buvard pour absorber d'éventuelles coulures de la colle du scotch qui sert à tenir la couverture, lors de grandes chaleurs" (sic, 31/12/2007)... C'est la fête !!

Jean-Paul

A.A.A a dit…

> Bertrand, j'aimerais profiter de la présence d'un libraire ayant un très joli catalogue, pour vous demander qu'elles sont vos sources principales d'approvisionnement.

Si ce n'est les ventes, avez vous la possibilité de récupérer des bibliothèques de particuliers? Ou faites vous les salons (bien que les prix y soit assez élevé)?

J'espère ne pas être trop indiscret.

Bonne année bibliophilique à tous

bertrand a dit…

Bonjour A.A.A. et meilleurs voeux à tous pour 2008.

Pour répondre à votre question sur l'approvisionnement des libraires et notamment le mien, je vous dirais que chaque cas est certainement un cas particulier, et le fait que je sois en province m'incite à privilégier certaines sources que je négligerais sans doute si j'étais dans une grande ville, voire la capitale Paris.

Donc pour résumer je dirais que les achats aux particuliers de livres à l'unité presque exclusivement, quelques fois en lots (morceaux de bibliothèques ou bibliothèques entières - fort rare) sont ma source principale. Le fait que j'ai une librairie incite nombre de personnes à prendre contact directement avec moi et nous pouvons ainsi discuter. Malheureusement cela se résume bien souvent à de courtes discussions puisque les livres que je recherche (belles reliures, éditions originales rares, bibliophilie) sont des thèmes qui ne sont pas si souvent présents en grande quantité chez les particuliers en général.

Par le biais de mon site internet donc je reçois des propositions.

Par le biais d'Ebay aussi (puisque ma librairie y est présente avec une boutique virtuelle).

J'achète aussi via Ebay soit à des particuliers, soit à des collègues professionnels (ce ne sont pas là d'ailleurs que l'on fait les moins bonnes affaires pour qui sait y regarder d'un peu plus près et sortir des sentiers battus).

J'ai ouvert une boutique Ebay pour y présenter de beaux livres. Le pari est osé car Ebay est plutôt un marché destiné au tout venant et aux livres en dessous de 100 euros, mais avec le recul, en proposant de la qualité et du service là où la majeure partie ne proposent que du médiocre et peu de service, il s'avère que le choix est juducieux et fonctionne.

Je ne ferai pas comme d'autres de mes collègues qui, crachant sur Ebay pour vendre, ne s'arrêtent pourtant pas d'y acheter sous des pseudos mouvants et ondulants. Il faut assumer ses achats et ses ventes.

Avec Ebay je dirais que tout le monde est sur un pied d'égalité pour acheter. Le marchand, le particulier, le fin connaisseur, le novice, au départ tout le monde a la même chance de remporter un objet. C'est un peu un jeu (dangereux parfois je le reconnais).

Sinon ma boutique physique en Bourgogne me permet de recontrer également pas mal de personnes.

J'aime bien aller à Brassens et ramener 1 ou 2 livres. C'est mon côté chineur. Et je maintiens qu'il y a encore des affaires à y faire. Comme sur les quais de la Seine d'ailleurs. Rares, certes, mais ils existent.

Mes achats en salle des ventes représentent sans doute moins de 20% de mon approvisionnement. Je fréquente les salles de Dijon, Auxerre, Troyes et Paris quelques fois.

Voilà.

Amitiés bibliophiliques pour 2008, Bertrand

dede155 a dit…

Meilleurs Vœux à toutes et à tous, avec de nombreux chopins à la clé pour 2008.

Il est proposé actuellement un recueil de gravures de Callot sur Ebay.
Que peut on penser de ce type d’ouvrage ou plus exactement sur une compilation de gravures comme celle-ci ; j’avoue ma totale ignorance .
L’ouvrage par lui-même ne m’intéresse pas mais les gravures me fascinent, certainement en rapport à quelques livres scolaires d’histoire consultés il y de cela bien longtemps, et plus récemment, après la lecture de la Colline inspirée de Barrés, la description de ces fameux poiriers « penderet » encore visibles au début du siècle dernier me glacé le dos.

Cordialement
J.

Gonzalo a dit…

J'aime beaucoup ce genre de recueil de gravures lorsqu'ils ont une cohérence (ici les séries semblent complète, c'est pas mal), même si je n'ai pas la chance d'en posséder. Après, mon intérêt pour les "recueil factices" varie en fonction de la qualité du recueil, évidemment.

Meilleurs voeux à tous!

Mike a dit…

Bertrand, vous parlez des experts et des comissaires-priseurs... toute congrégation possède ses brebis galeuses... aussi me semble-t-il légitime d'ajouter les libraires qui trop souvent exploitent l'ignorance de personnnes ayant hérité de livres sans en connaître la valeur.

Et quand je dis "trop souvent", je veux en fait dire "toujours".
Je n'ai jamais entendu dire un libraire en train d'acheter une bibliothèque "elle est sublime, elle vaut 10000 euros, mais je ne peux vous en donner que 5000", mais plutôt, pour la même bibliothèque, "dommage que les livres soient abîmés" ou "j'en ai déjà trois comme ça", ou encore "ça ne se vend plus ça aujourd'hui, je peux à la limite vous en offrir 800 euros... ça tombe bien, je les ai en espèces sur moi... Qu'en dites-vous?".

Quand un particulier met ses livres en vente dans une société de ventes, il est au moins sûr que le commissaire défendra ses intérêts au mieux, puisqu'il y trouve aussi le sien. De plus, dans une vente, les livres sont visibles d'un grand nombre de personnes, ce qui permet de lisser les effets pervers.

Vendre ses livres à un libraire, c'est toujours faire une mauvaise affaire quand on est un particulier.

Plus important: les libraires ne sont pas plus honnêtes que les experts et les commissaires priseurs, mais experts et commissaires-priseurs sont ebaucoup plus contrôlés, ce qui réduit les "écarts de conduite", dirons-nous.

Ou plus directement, les arnaques.

Mike

Hugues a dit…

Ce n'est pas faux Mike, je partage certains de vos avis, mais il faut garder en tête que contrairement aux commissaires-priseurs, les libraires sont des professionnels du livre, qui jouent un rôle important dans sa connaissance et son partage. Un rôle central dans notre passion, qui s'il a ses travers, apporte également beaucoup de choses.

Ce qui est amusant, quand on veut vendre un livre à un libraire, c'est de le proposer à plusieurs libraires, et de faire dans le même temps une petite étude des prix pratiqués sur le net.

En ce qui me concerne, le seul moment auquel je peux vendre un livre à un libraire aujourd'hui, c'est parce que je convoite un de ses livres... et l'on essaie alors de procéder à un échange de bons procédés. (mais c'est pas facile, et très rare)

H

bertrand a dit…

Vous avez tout à fait raison Mike, personne n'est épargné lorsqu'il s'agit de passer du côté obscure de la Force... Reste à se sentir bien tous les matins dans ses baskettes et à pouvoir toujours bien se regarder devant une glace le matin.

Par ailleurs, n'oubliez ce que j'ai écris :

"Et qu'on aille pas me dire par élan de confraternalité que Messieurs les grands libraires et Messieurs les grands commissaires priseurs (les membres du Blog qui ont assisté à Bérès savent de quoi je veux parler) sont épargnés par cette adrénaline monético-dollaresque qui enflamme toutes les orbites (terrestres) dès qu'on évoque des nombres eurotiques à plus de 5 zéros !!!"

Donc je ne faisais pas de grande différence de traitement entre libraire et commissaires priseurs et experts dans mon billet précédent.

Pour ma part, je me sens bien.

Quant à votre arrêt sans appel : "Vendre ses livres à un libraire, c'est toujours faire une mauvaise affaire quand on est un particulier."

Vous avez sans doute raison aussi. Mais reste à prouver que de les vendre à d'autres est une meilleure affaire. Cela dépend très certainement du livre en question.

Pour ma part, j'adore refuser d'acheter un ou des livres à un particulier "trop gourmand", le voir la mine réjouie le placer en salle des ventes pour espérer en tirer plus... et au final me le voir adjuger pour moins cher que je ne l'aurais payé au départ (expérience moult fois vérifiée)... Donc les salles des ventes sont intéressantes pour le particulier pour y vendre ses livres... oui, souvent certes... mais pas toujours.

Evidemment je ne parle toujours qu'en mon nom, mes propos n'engagent que moi et ne demandent qu'à être contredits.

A vos plumes.

Amitiés, Bertrand

Xavier a dit…

Je suis un habitué des salles des ventes, quinze ans de fréquentation à Drouot, pour cause de proximité, (d'abord, achats de…. tapis pour mon logement, maintenant des livres); je n'achète principalement que par téléphone partout en France et parfois en Belgique, quand j'assiste à une vente c'est plus pour le plaisir, ou vente de prestige : Berès, livres de relieurs que j'apprécie…

Un libraire Normand ami m’a affirmé que les particuliers étaient bloqués par les professionnels dans les salles des ventes (il est aussi acheteur dans les salles parisiennes); je dois dire que je n’ai jamais "vraiment" constaté ce genre de blocage, mais j'ai vu des magouilles entres acheteurs professionnels, ou des choses pas claires avec l'expert.

J'achète aussi (via internet, avec demande des précisions par mél, parfois des photos) chez des libraires Français, Européens, USA, Grande-Bretagne, et c'est très souvent moins cher qu'en salle des ventes ou sur eBay.

Quand à vendre à des libraires, cela reste difficile, j'ai quelques dépareillés et bibliographie de relieur que je propose régulièrement sans vraiment de succès. Le domaine qui me passionne reste peu partagé.
Amités
Xavier

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