« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

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mercredi 5 décembre 2007

Moi Pierre B. amateur et libraire...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Deux choses...

La première est une toute petite pierre jetée dans le jardin des "tradis" du blog en guise de clin d'oeil, par Pierre Berès, Pierre Bergé et Jean-Baptiste Proyart. La seconde est une liste de questions posées par un ami du blog, qui débute plus ou moins en bibliophilie et aimerait avoir vos lumières sur quelques questions. J'ai déjà répondu à certaines de ses interrogations en privé, je vous laisse la main pour les autres (une occasion pour les "tradis" de se rattraper... je précise que je plaisante, pour éviter un feu nourri des deux parties, "tradis" et modernes, avec moi au milieu en guise de casque bleu).

Vous vous souvenez sans doute de mes interrogations sur le fait de faire relier ou pas des brochés 18ème, assez abîmés, et notre débat sur la valeur globale des brochés d'époque, que certains considèrent très élevée. Il se trouve que dans le catalogue de la vente Pierre Berès qui aura lieu les 17 et 18 décembre, on trouve deux numéros identiques (86 et 398 - Curabelle, Examen des oeuvres de Sr Desargues), l'un en reliure banale de l'époque, l'autre broché. Les exemplaires sont très comparables, si ce n'est que le broché semble en meilleur état (le relié est très court de marges). Les deux présentent la même collation, le broché a été annoté à l'époque, mais de façon intelligente et intelligible. Or voilà, il se trouve que le broché est estimé 500/800€, alors que le relié (reliure usée), lui, est estimé 2000/3000€.Il sera intéressant de voir quelle valeur les grands bibliophiles et marchands accordent à un broché légèrement meilleur qu'un relié.

Alors bien sûr, ce n'est pas exactement notre débat (puisque je souhaitais faire relier des ouvrages brochés qui risquaient de tomber en morceaux), mais cela rejoint quand même pas mal d'échanges eus ici, dans lesquels certains vantaient la valeur originale/elle des brochés d'époque... Il semblerait que dans les grandes ventes, on préfère quand même les reliures plein veau... même usées... A voir, à valider avec les résultats de la vente.

C'était juste une remarque, que les "tradis" se contiennent (on parie qu'ils ne pourront pas résister?), je suis d'ailleurs moi-même plus "tradi" que "moderne", mais sans être intégriste!

Deuxième partie du message, les questions de Pascal...

Je vous les livre, à vous de jouer (travaillez plus! vous y gagnerez comme dirait l'autre):

"- Qu'est ce que signifie gravures avant la lettre?
- Quel est l'intérêt d'un livre à grandes marges?
- Qu'est ce qu'une "belle typographie"?
- J'ai acheté, il y a 2 ans à Brassens , les 36 volumes de texte et les 3 volumes de planches (complets) de l'encyclopédie Diderot édition pellet à Genève 1777. Ils sont dans leur reliure d'attente, si j'en crois Jean-Paul et les autres leur valeur n'en est que plus grande, la plupart des exemplaires que je vois en vente sont "reliés" (à toi de jouer Polo!)."

H

P.S. : aiguisez vos plioirs, demain je vous proposerai un débat.

12 commentaires:

Anonyme a dit…

Dans votre message initial, il n'apparaissait pas que les brochés en question fussent délabrés...ou me trompe-je ?
La réponse eût été différente : pourquoi les avoir pris ?

Montag(nards sont là)

bertrand a dit…

Entre parenthèses et pour ceux qui ont déjà en mains le dernier catalogue papier de la vente Bérès des 17 et 18 décembre prochain, qui a dit que les livres n'avaient pas d'odeurs ?

Ouvrez votre catalogue Bérès à la page 200, plongez votre nez à bout touchant de la marge de fond...

Et humez ! Point n'est besoin d'humer bien fort....

Un délicat fumet d'usine pétrochimique qui me rappelle vaguement le passage long du périphérique lyonnais vous monte illico aux narines !! Un mélange entre colle d'écolier et fleur exotique extra-planétaire !!!

Non, je vous le dis, rien ne vaut un bon vieux volume du XVIIIè qui a passé sa longue vie au coin d'une cheminée bourguignonne...

Allez, sur ce clin d'oeil, je laisse la main aux "modernes" pour répondre aux diverses questions de Pascal.

Amitiés synthétiques Béresoïdales, Bertrand

bertrand a dit…

A y regarder de plus près et si je ne me trompe pas, les numéros 86 et 398 de CURABELLE ne sont pas semblables par le contenu, puisque le 86 contient un "relié à la suite" annoncé comme RARE, ce qui explique peut-être l'estimation à 2/3.000 contre 5/800 euros pour l'autre.

Par ailleurs, comme de toute façon les estimations sont ici très "subjectives" (fortement influencée par le nom et la renommée même du vendeur) il est difficile de s'y fier.

Pour ma part entre un broché pleine marge et un relié court des oreilles, pas d'hésitation, je choisis le broché mais ce n'est qu'un ressenti personnel et sans valeur d'enseignement.

Amitiés, Bertrand

Gonzalo a dit…

- Une gravure avant la lettre est la version imprimée du dessin avant l'ajout des divers titres, légendes, et autres mots qui viendront la compléter. C'est la version "originale" de la gravure, dans le sens où le dessin est seul, "pur".

- Le seul intérêt d'un livre à grande marge est qu'il est plus joli. Seul intérêt, mais fondamental! Les livres rognés trop courts sont souvent laids et désagréables à lire. Avec de grandes marges, les pages respirent... Le lecteur aussi!

- Une belle typographie est une belle typographie... Ca dépend des gouts de chacun, ça dépend aussi du talent du compositeur... A lire, sur le sujet, l'excellent recueil de textes de Jan Tschichold, grand typographe du XXème siècle (qui a révolutionné les titres des Penguin, notamment), qui traite de sujets aussi variés que la tranchefile, les jaquettes, les proportions des pages, la mise en page du titre, et (spéciale dédicace à Bertrand et Jean-Paul, mes acolytes en tradition) "l'importance de la tradition pour la typographie". Ce recueil est intitulé "Livre et Typographie", publié che Allia, et vendu 24,40. (inutile de préciser que, je n'ai aucune action chez Allia...).

- Pour le dernier point des questions de Pascal, je n'ai aucune idée de la réponse.

Pascal, pour vous répondre de manière plus générale, je vous encourage à visiter les salles des ventes, les musées, les librairies anciennes, mais aussi les librairies "normales" (voire même la Fnac!), pour le simple plaisir de feuilletter le maximum de livres possibles, en jettant un oeil à tout ce qui fait du livre un objet (couverture péliculée, ouvrage broché, jaquette, "cousu-collé", etc.)... Vous distinguerez vite les différents partis pris typographiques (Gallimard, Actes Sud, Fata Morgana ou le Dilettante ne fabriquent pas les mêmes types de livre). Vous verrez qu'à force, et assez vite, vous deviendrez sensible aux belles typographies, vous aurez vos collections préférées, etc. Pour vous donner un simple exemple, j'ai beaucoup de mal avec les pléiade, qui utilisent un joli garamond, mais n'ont ni marge ni interligne... Je préfère encore la typo des livres de chez Allia (puisque j'en ai parlé plus haut), qui respire bien. Le livre ancien n'a pas le monopole de la "belle typographie", et les livres de l'ère industrielle savent parfois être élégants (ça, c'est pour montrer que je ne suis pas si "tradi" que cela...)!

Pilou a dit…

Et au contraire, il y a des livres qui ont une typographie vraiment horrible... Je (ne) vous conseille (pas) le livre de Patrick Villiers, Marine Royale, corsaires et trafic dans l'Atlantique de Louis XIV à Louis XVI, dont la typographie est absolument ignoble, du style listing des vieilles imprimantes modèles années 80, qui rendent le livre difficile à lire par moment.
Comme quoi, une belle type peut tout de suite aider à mieux rentrer dans l'ouvrage...

pascal de soissons a dit…

bonsoir
et un grand merci à gonzalo et pilou, j'y vois un peu plus clair et cela me permet de mettre des termes sur des ressentis à la lecture de certains ouvrages (Tant anciens (où je n'ai pas beaucoup d'expérience) que modernes (XIX et XX où je suis un peu plus fourni).
pascal

bertrand a dit…

Message qui n'a rien à voir avec le fil mais qui peut être utile à tous,
en effectuant des recherches je suis tombé sur un site de textes numérisés que je ne connaissais pas, le voici :

http://www.scribd.com/doc/16890/Colette-La-naissance-du-jour

Pas mal fait du tout je trouve.

Bonne utilisation à tous,

Amitiés, Bertrand

Hugues a dit…

Montag : je l'es avais achetés pour leur particularisme, il s'agissait des livres en couleurs de caraccioli. Je signlais que j'avais peur qu'ils se détériorent. Ils étaient dans un état moyen pour un broché, et moi, les brochés, je les laisse à Bertrand, je déteste ça.
Il va se régaler à la vente Berès, les brochés sont les estimations les plus basses du catalogue.
Merci à Gonzalo et Pilou pour les réponses à Pascal, où on constatera que le "tradi intégriste" est finalement assez peu aidant!
Sourire
Hugues

Anonyme a dit…

Ah ! OK...Joli !
je ferme ma boite alors...comme celle que vous devriez leur faire. Je persiste.

Montag

Hugues a dit…

C'est ce que j'avais finalement décidé de faire... Mais finalement, je les ai revendus et j'ai acheté en salles l'exemplaire en vélin que je mettais en avant la suivante passée.
"Amélioration", une notion essentielle de ma bibliophilie.
Hugues

Anonyme a dit…

C'est une force que vous avez de ne pas vous attacher à vos achats. J'ai beaucoup de mal à me défaire des livres, même de ceux qui me deviennent moins proches. Je ne sais pas si d'autres sont dans le même cas.
Enfin, c'est un autre débat...

Montag

Hugues a dit…

Je ne dis pas que c'est simple de me séparer d'un livre... mais je le fais toujours pour en acheter un autre... Donc parfois j'y arrive!
Sourire
H

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