« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

vendredi 30 novembre 2007

Ici repose la bibliographie... Débat...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Un petit débat pour débuter le week-end. Avant l'arrivée d'internet, l'information était beaucoup moins disponible pour les particuliers. C'était encore plus vrai pour le livre ancien.

Je me suis rendu compte qu'internet avait à la fois modifié mon comportement d'acheteur et ma façon de récupérer de l'information : ainsi, avant d'effectuer un achat, je me rends presque toujours sur addall ou un autre site pour : 1. avoir une idée des prix pratiqués sur l'ouvrage convoité, 2. vérifier que l'ouvrage est bien complet, c'est-à-dire effectuer une "collation rapide".

En effet, je trouve presque toujours un ouvrage semblable vendu par un ou plusieurs libraires, qui en font une description plus ou moins précises, mais dans laquelle figure les informations de base (année, auteur, pagination, nb de planches, etc.), ce qui me permet de me faire une idée plus précise du livre que je veux acheter.

Je ne rechigne pas à acheter des ouvrages de référence de temps en temps, mais globalement, je préfère acheter des "livres" plutôt que des bibliographies.

Je me demandais si, avec toute l'information disponible sur internet (via les sites marchands évoqués ci-dessus, mais aussi quantité d'autres sites où trouver de l'information sur l'auteur, le contexte historique, etc.), cela ne signifiait pas d'une certaine façon la fin de la bibliographie à l'ancienne...

Alors certes, experts et libraires auront toujours besoin de cette information, mais désormais, les amateurs ne peuvent-ils pas s'en affranchir? Quel avenir pour la bibliographie, donc?

Et puis, en général, a-t-elle un sens pour l'amateur?

H

jeudi 29 novembre 2007

Le mot du rédac chef adjoint...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Bertrand m'a contacté dès ce matin pour me proposer un article faisant suite au portrait de Xavier, que je vous ai proposé hier. Je lui ai évidemment répondu "Super idée coco!" (on parle comme ça dans les grandes rédactions). Le voici donc :

C’est avec grand plaisir que je vous offre à tous ce soir un petit morceau méconnu d’Anthologie de la Reliure d’Art au XIXè siècle.
Je vous propose de lire (en version numérisée par mes soins – désolé pour les yeux et l’inconfort qu’il peut en résulter) les quelques 68 pages d’un petit opuscule paru en 1882 chez O. Marpon et F. Flammarion à Paris.

C’est un joli in-12 imprimé sur papier vélin teinté.

Il a pour titre « La reliure moderne, critique d’un praticien, étude sur les relieurs et sur la reliure en général, destinée aux amateurs de livres. »

Il fait partie de ma bibliothèque personnelle depuis déjà quelques années (eh oui Xavier et Jean-Paul, vous n’êtes pas les seuls à rechercher les ouvrages relatifs à l’histoire du Livre ou de l’Imprimerie (Books on Books comme disent les anglo-saxons) !

Il se présente avec ses couvertures gris-bleues qui ont été conservées en parfait état, le tout relié très sobrement en bradel pleine toile bleue marine, discrètement signée à froid au contre-plat par PIERSON.

Je vous laisse découvrir cette « perle rare » dont je n’ai trouvé qu’un seul exemplaire sur le net en archive coté B-849 et faisant partie de la vente de bibliographie Bérès d’il y a quelques temps. L’ouvrage était coté 100/150 euros dans une fine reliure demi-maroquin de Gruel. Vendu 175£ d’après Forest Books (1).

Quoi qu’il est soit ce petit opuscule dont le ton est pour le moins acide et pour le pire pamphlétaire à souhait est assez rare semble-t-il. En tous les cas je ne l’ai trouvé numérisé nulle part. Maintenant c’est fait !

L’ouvrage se décompose en trois parties. La Reliure à l’Exposition Universelle de 1878. La Reliure à l’Exposition Internationale de 1879. Chronique de l’Exposition Universelle (Extrait du Bulletin de la Papeterie). Cette dernière partie étant signée L. Guillet et les deux premières, V. Wynants, relieur-doreur.

Je ne sais rien de l’un ni de l’autre de ces deux auteurs. Wynants se déclare relieur-doreur et est délégué des relieurs parisiens à l’Exposition Universelle, donc je suppose qu’il occupait une place relativement importante au sein de sa communauté. Pourtant aujourd’hui, force est de constater que l’on ne rencontre guère de reliures d’art de cette époque (1870-1880), signées V. Wynants (d’ailleurs si vous en voyez ou en possédez merci de me le signaler pour information).

J’ai repéré toutefois un exemplaire de l’Histoire d’un crime de Victor Hugo, Paris, Calmann-Lévy, 1877-1878, 2 volumes in-8 demi-maroquin grenat à coins, dos à 5 nerfs, ornés de fers dorés, tête dorée (reliure de Wynants). EO avec envoi autographe de V. Hugo à M. Molinari. Est. 1.500/1.700 euros (je ne connais pas le résultat). Vente Drouot du 2 juin 2006, n° 413.

De L. Guillet je ne sais rien.

Dans ce pamphlet on y démonte allègrement des carrières bien établies… Lortic, Marius-Michel, Magnier, Engel, Duru, etc… tous sont passés en revue et critiqués de manière à nous proposer un tableau très intéressant de l’état de la Reliure d’Art à Paris et en Province dans les années 1860-1880.

Je vous laisse maintenant découvrir ce document, en espérant avoir modestement contribué à faire sortir de l’ombre un texte que tout le monde appréciera ici, j’en suis certain.

C’est ici : http://picasaweb.google.fr/libalise/LARELIUREMODERNEEN1882 , cliquez sur la première photo (couverture en couleurs gris-bleu) et choisissez l’option de visualisation « diaporama » et faites avancer ou reculer les images une à une manuellement en cliquant avec les flèches gauches ou droite.

Bonne lecture à tous ! N’hésitez pas à commenter.

PS : bien que j’ai pris les photos dans une définition d’image plus grande, je sais que dans Picassa la lecture des caractères peut s’avérer difficile. Si vous souhaitez recevoir l’ensemble des images de ce document sous format JPG pour une lecture plus aisée, n’hésitez pas à envoyer un mail à Hugues qui se fera un plaisir de me transmettre votre demande.

Amitiés bibliophiliques, Bertrand

(1) 290. [WYNANTS (V.)] La Reliure Moderne. Critique d’un Praticien Étude sur les Relieurs et sur la Reluire en Général Destinée aux Amateurs de Livres. O. Marpon et F. Flammarion, Paris. 1882. 12mo, 68,[4]pp., with the bookplate of Léon Gruel, orig. printed wrappers bound in, cont. half red morocco, singed at foot of spine by Gruel, marbled sides, spine gilt, t.e.g. a nice copy. Provenance: Léon Gruel. £175.

H

mercredi 28 novembre 2007

Xavier : Portrait d'un Bibliopégimane

Amis Bibliophiles Bonjour,

Comment les autres vivent-ils leur bibliophilie? Vous le saurez en lisant les portraits de bibliophiles que je vous propose régulièrement sur le blog.

Aujourd'hui, découvrez Xavier, qui sera présent au dîner des bibliophiles le 17/12, et dont l'approche est très particulière.

Bonjour Xavier, pourriez-vous nous parler un peu de vous et de votre bibliothèque?

Bonjour à tous, je m’appelle Xavier, j’ai 42 ans, dans la vraie vie j’ai un emploi dans la sécurité informatique (spécialité les…virus), donc… très (trop) éloigné des livres.
Ma bibliothèque est en grande partie constituée d’ouvrages sur la reliure, de catalogues d’expositions, manuels de réparation en Français et en Anglais, manuels de dorure ou de son histoire, de fabrication de chemises/étuis et autres boîtes de protection, de manuels de bibliophilie, d’ouvrages sur les moulins à papier, de papier marbré, imprimeurs/caractères, filigranes, etc.
Depuis quand la passion de la bibliophilie s'est-elle emparée de vous?

Ma passion des livres remonte à mon enfance. La bibliophilie à proprement dit, m’est venue vers 1994, en suivant des cours du soir de reliure d’art, j’ai suivi ces cours durant 3 ans. J’y ai appris l’art de faire, mais pas la rapidité, et à partir de ce moment j’ai commencé à rechercher des livres qui "méritaient" une reliure de protection, et j'ai travaillé dessus lors des mes cours; car on ne relie pas n'importe quoi, il faut que l'ouvrage le mérite.
Par la suite, on m'a enseigné à garder toutes les parties d'un livre, d’où le fameux "couv. et dos. cons." Aujourd'hui, je parle plus de reliure que je n'en fais, je reprendrai des cours en 2008 pour me "remettre dans le bain" et mobiliser du temps pour cette activité.

Donc depuis quelques années, je me sers de ces acquis pour effectuer les quelques réparations de mes livres, (nettoyage, réparation de pages, recollage de dos, etc.)
Quels sont vos domaines de prédilection, ou votre approche est-elle éclectique et vous fonctionnez au coup de cœur?

On l'aura deviné….LA RELIURE et tout l'art du livre, books on books disent les Anglophones. Et à une moindre échelle : esoterica, brigandage, crimes et délits, pirates des mers, un peu de curiosa, et les ex-libris

Où achetez-vous vos livres? Internet salons, libraires?

Je n'achéte sérieusement "un peu plus cher" que depuis fin 2005, ma collection est déjà bien fournie. Ici, j'ai fait le calcul : 28% sur internet, 18% Ebay, 32% les librairies, 11% les salons, 11% pour les SVV (chiffre en nette progression).
Ceci mérite des explications.
28% d'achat via internet veut dire : achats à des libraires lointains (étranger, France, quand je peux je récupère en main propre), via AbeBooks, Oak Knoll, ViaLibri, Chapitre, PriceMinister…
32% d'achat en librairie signifie : achat en direct à la BNF/BHVP (cat. d'expositions)/libraires des puces de Clignancourt, Parc Brassens (très peu d'achats).
11% de SVV en France/Belgique, enchères par téléphone ou assis dans la salle, mais plus jamais par ordre d'achat ferme (NDLR : un sujet que j'aborderai bientôt).
Quel est le ou les livres qui vous font rêver? Et les livres que vous possédez déjà et qui vous sont particulièrement chers?

Je rêve devant :
les Grolier, Maioli, Pillone, les roses de Redouté, la chronique de Nuremberg, Duhamel du Monceau et son Traité des arbres fruitiers et sur ces constructions navales, les reliures médiévales, islamiques, les reliures de Cretté (le MAITRE des filets), etc.
et ….je ne rêve pas devant : les reliures à plaques, les pleines toiles éditeur (même si c'est pratique pour "les outils du libraire")
et ….. j'aime discuter avec : Mr de Verbizier (le doreur de la rue Buffon, à Paris), Mr Desmars (avec lequel j'ai suivi ses cours "d'initiation à la bibliophilie", Galaxidion/association GIPPE)
Je possède et ils me sont chers :
- Mon tout premier achat "sérieux" (10 ans déjà) en bibliophilie :
R.Devauchelle- La reliure, recherches historiques, techniques et biographiques sur la reliure Française, édition de tête et son portfolio, achat en librairie, et un autre Devauchelle et "La Reliure en France, de ses origines à nos jours. 1959-1961", acheté en salle.
- A.Jammes-La réforme de la typographie royale sous Louis XIV, le Grandjean. Gr. in-folio de 1961, achat en SVV (une bouchée de pain !)
- Mes ouvrages d'Octave Uzanne, Gumuchian et son catalogue de Reliures du XVe au XIX siècle, Béraldi et son pendant les 4 volumes de Ch.Meunier (un régal !), mes quelques livres de Marius Michel, les 2 manuels de reliure de Gruel, mes catalogues de ventes Beraldi, Bérès, Rahir, Vicaire…
- Enfin, deux de mes livres favoris sont "le catalogue des livres de M. le comte de Fortsas", et son analyse par Vincent Fuente-Histoire de la bibliothèquedu comte de Fortsas". Tout deux disponibles aux éditions des cendres (un achat économique !). (NDLR, j'en ai déjà longuement parlé sur le blog, si le sujet vous intéresse).

Enfin, vous êtes un visiteur fidèle du blog... qu'en attendez-vous?"

En premier qu'il m'instruise et me distraie, j'aime beaucoup y lire les débats (y ont étés parfois virulents à mon goût, mais depuis quelque temps, la barre a été redressée et j'apprécie vraiment beaucoup plus)

Merci beaucoup Xavier, à bientôt!

H


Les Images :
- Uzanne : L'art dans la décoration extérieure des livres en France et à l'étranger. Les couv. illustrées, les cartonnages d'éditeurs, la reliure d'art
P., L-Henry May,1898, in-4. 64 ill. h.t, III-307pp , 128 ill. en coul. par Louis Rhead. couv. art nouveau réalisée en couleurs par l'artiste d'origine américaine Louis Rhead (1857-1926)
Maroquin citron, dos à nerfs orné et mosaïqué, plats encadrés d’une large mosaïque de mar. bleu foncé, de filets dorés et d’un semis de fleurons au centre des plats repoussés, dentelle intérieure, gardes de moire. [Becquet]. Les couv. illustrées en couleurs cons.
- Uzanne : La reliure moderne, artistique et fantaisiste
P., Rouveyre, 1887, front. gravé de Lynch, et de 72 pl. ht représentant des reliures, chaque pl. est protégée par une serpente qui porte un numéro et la description de la reliure.


- Maruis Michel : Exposition rétrospective. Mai-juin 1927.
P., Ecole Estienne, 1927.
In-4 br, couv. imprimée. Catalogue de cette exposition rétrospective consacrée à Marius Michel au Palais des Beaux-Arts de la Ville de Paris en mai-juin 1927.

- Gruel : Manuel historique et bibliographique de l'amateur de reliures
Paris, Gruel, Engelmann et Leclerc, 1887-1905. in-4.
L'ill. comprend de très nombreuses pl. en héliogravure et en chromolithographie h.t.
Tiré à 1000 ex. numérotés pour le premier vol. (à 50 ex. sur japon, 250 sur papier des Vosges et 700 sur Rives) et 700 numérotés pour le second (à 50 ex. sur japon, 50 ex. sur papier des Vosges et 600 ex. sur Rives)
2 vol. in-4, reliure différente sur chaque vol., v1 : ex. 666, demi reliure genre monastique, veau, coins, composition de fers estampés à froid à la main, signée [Gruel] en queue, dos à 5 nerfs ornés
v2 : ex. 312. dos à 5 nerfs)
- L'enfer : Apollinaire (G.), Fleuret (Fernand), Perceau (Louis)-L'enfer de la Bibliothèque nationale, icono-bio-bibliographique descriptive, critique et raisonnée, complète à ce jour de tous les ouvrages composant cette célèbre collection.
P., Bibliothèque des curieux, 1919.
Cat. des ouvrages conservés sous la cote "Enfer" à la Réserve du département des Imprimés.
L'édition de 1919 ne diffère que par la préface de la précédente, publiée en 1913 par le Mercure de France. Classement dans l'ordre des cotes. Table des titres, index des noms d'auteurs, préfaciers, annotateurs, traducteurs et illustrateurs.
demi veau vert foncé, dos lisse, ex. 671 sur vélin

mardi 27 novembre 2007

Retape bibliogastronomique!

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je prie à l'avance les non-parisiens de bien vouloir m'excuser, mais je relance les invitations pour le dîner des bibliophiles, qui aura lieu à Paris, le 17 décembre 2007.

Bertrand, Jean-Paul, Xavier, Jean-Marc et votre serviteur sont d'ores et déjà inscrits, et Xavier et Pilou vont bientôt confirmer (si, si). Venez-nous rejoindre! L'idéal serait d'être une dizaine.

Le dîner aura lieu dans un restaurant de cuisine française, sur les lieux mêmes où Molière donna les représentations de sa première pièce, "le cocu imaginaire"..., mais également là où le Grand Cardinal et Cyrano de Bergerac venaient manger leurs rôtisseries.

Comme dirait un commissaire-priseur, le prix est étudié et ne grèvera pas votre budget livres (35 euros, tout compris, au coeur de Paris).

La soirée promet d'être intéressante, vous pourrez assister à des scènettes de la vie du bibliophile (Jean-Paul, dans sa fameuse scène d'amour avec une bible de Gutenberg, Bertrand, dans son fameux rôle de docteur libraire et mister bibliophile, etc, etc.). Blague à part, c'est le moment où jamais si vous voulez partager autour de votre passion, apporter un livre pour le faire découvrir aux autres, etc.

Je compte sur vous! Faites comme moi, laissez votre timidité sur vos rayonnages et joignez vous à nous.

Ci-dessous, le message du jour : Les Travaux de Mars, Manesson-Mallet.

H

Solution : les Travaux de Mars de Manesson Mallet

Amis Bibliophiles Bonjour,

La solution de l'énigme était bien sûr les Travaux de Mars de Manesson-Mallet. Pilou (en tête), Martin et Françoise sont les seuls à avoir trouvé la bonne réponse.

"Les travaux de Mars, ou l'Art de la Guerre" est paru en 3 volumes entre 1684 et 1685 chez Denys Thierry, à Paris et est l'oeuvre majeure de Alain Manesson-Mallet.

Alain Manesson-Mallet (1630 - 1706) était un ingénieur et sergent-major d'artillerie au Portugal, et qui fût également nommé maître de mathématiques des pages de la petite écurie du roi.

L'ouvrage en question est composé de trois parties. La première enseigne la Méthode de fortifier toutes sortes de places régulières et Irrégulières. La seconde, explique leurs Constructions, selon les plus fameux Auteurs, qui en ont traité jusqu'à présent, et donne aussi la manière de les bâtir. La troisième, enseigne les fonctions de la Cavalerie et de l'Infanterie, traite de l'Artillerie, et donne la Méthode d'attaquer et de défendre les Places. L'ouvrage se termine par une étude de la Milice des Turcs, tant pour l'Attaque que pour la Défense.
C'est une véritable encyclopédie de l'art militaire au 17ème siècle, et en couvre tous les domaines, de l'artillerie à la poliorcétique en passant par l'art de jeter des grenades ou de se tenir en formation. Si l'ouvrage est célèbre et recherché c'est surtout en raison de ses 418 gravures sur cuivre représentant des costumes, des vues de villes, de fortifications, des plans de batailles avec ceci de particulier que chaque gravure est placée dans un paysage avec des personnages et des habitations, ce qui donne de grands enseignements sur les habitudes de l'époque (on y voit par exemple la moisson, au pied des remparts).
L'ouvrage est recherché et doit faire partie de toute bonne bibliothèque consacrée à la Militaria.

Mannesson-Mallet, fidèle à son goût pour les ouvrages illustrés, publiera également un autre livre fort connu : La Description de l'Univers, en 5 volumes, et contenant de très nombreuses cartes.

Un exemplaire des Travaux de Mars est en vente sur ebay, pas très beau, mais bon :
L'exemplaire en vente sur ebay


H

lundi 26 novembre 2007

Enigme Bibliophilique n°23 (?)

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Comme chaque lundi, voici une énigme.

Saurez-vous identifier cet ouvrage?

Mon auteur est passé des pages et de la petite écurie aux canons, et laissera au moins trois grands ouvrages aux bibliophiles.

En ce qui me concerne, mes trois parties illustrent magnifiquement l'état de l'Art sous le Roi Soleil, mais constituent également un précieux document sur les grandes villes du Royaume.

Qui suis-je?

Un indice? "Pas d'Hercule", mais presque.

une idée? blog.bibliophile@gmail.com


H

dimanche 25 novembre 2007

Miscellanées de Monsieur H.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Avant toute chose, un petit retour sur le sondage : à 81%, vous venez sur le blog tous les jours, merci beaucoup! Mais vous fûtes seulement une trentaine à répondre, alors que vous êtes environ 120 visiteurs différents à passer ici chaque jour.

J'en relance un sur les moyennes d'âge immédiatement. Il se trouve dans la colonne de gauche.

Pour le reste, et j'en appelle aux parisiens, vous ne pouvez pas me laisser dîner le 17 décembre seul avec Jean-Paul et Bertrand, ça va être humiliant pour moi au niveau des connaissances! Alors, Pilou, A.A.A., Alain, Jean-Marc, Xavier, Intaglio et tous ceux qui sont de Paris sans avoir renseigné la carte... Ne me laissez pas tomber et joignez-vous à nous!

Je suis un peu en repos ce soir, je vous propose d'ailleurs de continuer tranquillement le débat. L'arrivée du livre virtuel, que va lancer Amazon peut-il encore modifier la place du livre dans la société? Dans 5 siècles, verra-t-on lors des ventes en salles des catalogues proposant en première partie des livres "antiques" (nos livres anciens), puis des livres anciens (nos livres actuels) et enfin des livres virtuels de toutes époques ("exceptionnel, le Bx1215, premier livre virtuel de l'histoire, lancé par Amazon en 2007, estimation 200 000 crédits stellaires")?
En passant, j'ai reçu le catalogue d'une vente Pierre Bergé consacrée aux livres érotiques, et pour la première fois, le catalogue était entouré d'un bandeau "avis parental" enpêchant les enfants (ou vos épouses) de l'entrouvrir. Avez-vous déjà vu cela?

Enfin, et je terminerai par cela ce soir, j'aimerais préparer une sorte de bétisier de la bibliophilie et y consacrer un message. Si vous avez des anecdotes, vous pouvez me contacter : blog.bibliophile@gmail.com

H

Dîner Bibliophilique le 17 décembre

Amis bibliophiles Bonjour,

Au moment où l'on évoque la disparition des sociétés de bibliophiles, je vous propose un dîner entre bibliophiles, le lundi 17 décembre 2007, c'est-à-dire entre les deux parties de la prochaine vente Bérès (du 17 au 18 décembre).
Je l'organiserai dans un lieu simple et convivial, idéalement dans un restaurant disposant d'une salle privative, pour que nous puissions deviser en toute tranquillité. Soyez rassurés, je choisirai un endroit à la portée de toutes les bourses... il faut se nourrir certes, mais mieux vaut garder nos sous pour les livres, et ce d'autant plus que ce sera la vente Bérès (on peut rêver!).

Pas de thème, si ce n'est la convivialité et la simplicité, et la possibilité, enfin, de faire connaissance IRL comme disent les internautes (In Real Life).

Pour vous inscrire (c'est gratuit bien sûr), il vous suffit de m'envoyer un email à blog.bibliophile@gmail.com.

Allons, dépassez votre timidité, votre réserve, et venez!

H

samedi 24 novembre 2007

Débat : la fin de la Bibliophilie, ou seulement la fin de l'histoire?

Amis Bibliophiles Bonsoir,

En 1992, en partant du concept proposé auparavant par Hegel, l'américain Francis Fukuyama publia en 1992 un livre qui fît grand bruit, La Fin de l'Histoire et le dernier homme, dans lequel il énonce l'hypothèse que l'Histoire s'est achevée avec l'éclatement de l'Union soviétique, et la chute de diverses dictatures (Espagne, Grèce, Chili, etc.). En effet, selon lui, le jour où un consensus universel sur la démocratie arrivera, les conflits idéologiques n'auront plus lieu d'être.

Sa théorie sera à mon sens balayée avec les conflits en Irak et au Proche-Orient, mais bon... quel rapport avec la choucroute comme dirait mon ami Bertrand, dont le bons sens me ramène si ce n'est souvent sur terre, du moins généralement autour de quelques bières blanches?

Et la fin de la bibliophilie alors? Toujours aucun rapport?

J'avoue que le dernier débat qui a animé le blog et illustré une fracture nette entre les Modernes ("fais ce que voudras, relie si tu le souhaites, etc.") et les traditionnalistes ("touche pas à mon broché ou le fantôme de Clouzot viendra te massicoter!")... ce débat disais-je m'a conduit à me poser la question suivante :

La bibliophilie ne serait-elle pas morte au début du 20ème siècle? Les grandes sociétés de bibliophiles ont disparu, les grands bibliophiles encore vivants sont des hommes nés avant 1940, les revues bibliophiles n'ont pas survécu... Qu'en est-il?

Devons-nous parler de bibliophilie au passé uniquement? Ou bien est-elle en train de changer? Ce sport qui était très élitiste, avouons-le, il y a une centaine d'années a-t-il perdu de sa saveur en se démocratisant? les Jean de Bonnot et consorts lui ont-ils coupé les jarrets?

Ne sommes nous pas finalement, que de gentils amateurs avec une minuscule? Non, mais alors quoi? C'est quoi la bibliophilie aujourd'hui? Quelque chose de moins social, de moins statutaire et de plus personnel?

Ouh la, mal la tête moi... Et vous, sinon, un avis?

Hugues

Narcisse?

Amis Bibliophiles Bonjour,

J'ai croisé ceci au cours d'une lecture en ce début de week-end, une définition du blog par Jean-François Kahn.

Blog : "journal intime transformé en lettre ouverte. Permet d'être entendu quand on parle tout seul. Collectivisation du narcissisme".

Amusant. Si j'en arrive là, prévenez-moi!

H

vendredi 23 novembre 2007

Des Livres à l'honneur : Les "Livre à la Mode" de Caraccioli

Amis Bibliophiles Bonsoir,

A l'honneur ce soir, l'un des livres de ma bibliothèque que je préfère, une prouesse typographique : la trilogie de Caraccioli, le "Livre à la Mode" vert, le "Livre à la Mode" rouge, et "Le Livre de Quatre Couleurs".

Louis Antoine Caraccioli (1719 - 1803) est écrivain français issu d'une branche cadette de la maison napolitaine des Caraccioli. Il entra chez les Oratoriens en 1739, séjourna quelque temps en Pologne, où il fit l'éducation du prince Rzewusky, puis revint à Paris, où il se livra tout entier aux lettres et vécut du produit de sa plume. Ruiné par la Révolution française, il reçut de la Convention, en 1795, une pension de 2000 francs.

On connaît les pages de titre imprimées en rouge et en noir, voir celles imprimées intégralement en rouge que Bertrand nous a présentée récemment... mais l'apport du marquis de Caraccioli à la bibliophilie est unique. Il est en effet à ma connaissance le premier (et le seul) à avoir proposé des livres entièrement en couleurs, et ce dès le milieu du 18ème siècle.

Ces ouvrages sont l'incarnation de l'esprit à la française du Siècle des Lumières et deviendront rapidement des succès auprès des beaux esprits, courtisans et autres petits-maîtres de la Cour.

En 1757, Caraccioli propose son premier "Livre à la Mode", publié "A Verte Feuille", par l'imprimerie du Printemps, au Perroquet, en "l'année nouvelle", qui est entièrement dans un beau vert émeraude.
Deux ans plus tard, en 1759, devant le succès de ce premier opuscule, Caraccioli récidive avec un deuxième "Livre à la Mode", imprimé intégralement en rouge vermillon/rose; puis avec un troisième "Livre à la Mode", imprimé entièrement en jaune.

En 1760, il bouclera la boucle avec l'incroyable "Livre de Quatre Couleurs", "Aux Quatre Eléments, de l'imprimerie des Quatre Saisons, en 4444". Cette fois-ci l'ouvrage est imprimé en 4 couleurs : une préface en jaune orangé, une partie en bleu turquoise, une partie en marron, une partie en rouge écarlate, et une dernière partie en jaune orangé.

L'ouvrage est un petit bijou, qu'il faut vraiment avoir tenu dans ses mains pour réaliser combien il est unique par rapport à toute la production typographique du 18ème.

De plus, le texte est lui aussi très agréable, et Caraccioli se moque d'ailleurs de lui-même et des modes dès le début, quand il souligne que vraisemblablement la couleur seule de ses ouvrages suffira à leur succès, dans une époque où l'on s'entiche de tout et de rien, sous les prétextes souvent les plus futiles. Il écrit également qu'il propose à ses lecteurs des livres qui leur ressemblent, colorés "... je vous offre (...) le plus beau des vermillons, tel enfin qu'il brille sur vos visages magnifiquement et furieusement enluminés"... Les ouvrages traitent en particulier de ces futilités qui caractérisent la vie d'une cour : on s'enflamme pour les éventails, on compare l'Etiquette, on démarre la partie imprimée en marron par une digression sur l'invention des toilettes, que l'on doit à deux singes du Serrail du Grand Seigneur, et tout ceci se termine par le testament du baron de Muscoloris, grand-petit maître de la Frivolité.

J'ai la chance de posséder trois des quatre ouvrages (vert, rouge et quatre couleurs), reliés dans un même volume. C'est un petit bijou que je ne me lasse jamais de lire et de contempler, et assurément l'une des prouesses typographiques et, osons le dire, marketing, du 18ème siècle. Souvent, j'essaie d'imaginer comment il fût accueilli dans ses salons par la Cour de Louis XV... probablement avec ferveur et délicatesse!

Voici quelques images. J'ai essayé de rendre les couleurs, pas simple...

H

jeudi 22 novembre 2007

Courrier du Coeur....

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Courrier des lecteurs :

1. Je n'en ai pas fait une promotion particulière, mais si cela vous tente, vous pouvez répondre à un petit sondage dans la colonne de gauche.

2. Benoît alias Wall aimerait vous interroger sur un point : il se prépare à faire relier quelques livres, et on lui propose, pour faire quelque chose qui sorte de l'ordinaire de les faire en poisson voire en requin.
Sa question : "quelle est la résistance de ces cuirs? Quelqu'un a-t-il déjà essayé parmi les lecteurs du blog?"

3. Isabelle, de son côté me signale le lien suivant, dont j'avoue qu'il m'a pas mal bluffé. Je trouve assez sympa le fait qu'il y ait du son. C'est un détail, mais ça change pas mal de chose.

http://www.mediatheque-aurillac.fr/user/files/www/ms002/index.htm

4. Cadeaux de Noël : j'ai reçu un email (et non pas un courriel, je le précise, arf...) de Nathalie, qui souhaite offrir un livre à son mari, et qui me demande conseil... Stop, Messieurs, Nathalie est déjà prise, comme je viens de le dire, inutile donc de rêver à une moitié qui vous offrirait un livre pour Noël! Je lui ai répondu de mon mieux, mais je demandais si de votre côté, il vous était déjà arrivé d'offrir ou de recevoir un livre ancien. Cela me paraît particulièrement délicat, non?

H

mercredi 21 novembre 2007

Livre et Cinéma : Barry Lyndon.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je consacre parfois des messages aux liens entre la bibliophilie et le cinéma. Ce soir, c'est Bertrand qui vous propose un parallèle entre "Les Mémoires de Barry Lyndon", de Thackeray et le film "Barry Lyndon" de Stanley Kubrick.

"Vous êtes sans doute nombreux à avoir entendu parler, voir vu ou revu, l’excellent film de Stanley Kubrick, sorti en 1975 intitulé « Barry Lyndon ». Avec Ryan O’Neal dans le rôle titre et Marisa Berenson en diaphane et vaporeuse Comtesse de Lyndon.

Film d’une durée de près de 3 h, éprouvant pour les uns, fascinant pour les autres (dont je suis). Des images naturelles sublimes et une musique divine que tout le monde connaît.

Ecoutez plutôt … La Sarabande de Haendel (1735)



Le contexte est celui de l'ascension et de la chute d’un jeune irlandais dans l’Irlande et l’Europe du milieu du XVIIIè siècle. Le Jeune Redmond Barry fuit son pays à la suite d’un duel au cours duquel il croit avoir tué son rival. Il se retrouve engagé dans l’armée anglaise, participe à la guerre de sept ans, ne se fait pas à la dureté de la vie militaire, déserte en se faisant passer pour un lieutenant en mission diplomatique, pour finalement se voir forcé de servir l’armée prussienne ennemie. Il se lance ensuite avec succès dans la carrière du jeu, gagne suffisamment d’argent pour devenir influent et rencontrer lors de parties de cartes la séduisante Comtesse de Lyndon, alors mariée à un Lord richissime mais impotent. Lorsque le Comte de Lyndon vient à mourir un soir de jeu, ayant compris que sa femme ne lui appartenait plus, Redmond Barry ne met pas longtemps avant d’épouser la belle et fragile Comtesse. Il porte désormais le titre de Lord Barry Lyndon. [c’est ici le sommet de sa gloire].


Tout de suite après Barry Lyndon devient méprisant et ignore son épouse. Son jeune beau-fils, Lord Bullingdon, n’appréciera quant à lui jamais son beau-père et lui fera finalement payé cher après avoir lui-même souffert les brimades et les coups de fouet. Barry Lyndon est coureur de jupon, il trompe son épouse avec les servantes, participe à des orgies nocturnes. La comtesse de Lyndon lui donne cependant un fils, Bryan, mort prématurément d’une chute de cheval. Ce sera le signal déclencheur de l’interminable chute de Barry. La suite n’est que la lente descente aux enfers d’un homme ambitieux qui n’aura jamais convaincu le monde dans lequel il voulait évoluer. Criblé de dettes, il met tout la fortune des Lyndon aux quatre vents. Il finira par se battre en duel contre son beau-fils, Lord Bullingdon, et sera blessé. Amputé de la jambe droite, devenu indésirable et chassé des domaines des Lyndon, il part, jouera … mais sans réussite cette fois… La Comtesse de Lyndon, amoureuse encore sans doute, lui envoie régulièrement quelques subsides…

Mais saviez-vous quelque chose de l’œuvre littéraire dont le film est inspiré ?

« Les Mémoires de Barry Lyndon » est l’œuvre du romancier anglais William Makepeace Thackeray (1811-1863). Le roman paru d’abord en feuilleton dans le Fraser’s Magazine, en 1844, sous le titre de The Luck of Barry Lyndon.

Il sera publié en volume en 1856 sous son titre définitif. Thackeray s’est inspiré pour cette histoire des grands romans anglais du XVIIIè siècle, notamment de Fielding l’auteur de Tom Jones (1749).

Ce roman est méconnu en France. Il n’a été traduit pour la première fois en français qu’en 1865 (Paris, Hachette, in-12) par Léon de Wally [un exemplaire de cette traduction relié en demi-chagrin rouge est actuellement à vendre sur Abebooks dans une librairie française pour 180 euros] Nous n’avons pas trouvé d’exemplaire de la première édition anglaise de cet ouvrage.

Quand le cinéma fait découvrir la littérature.

En espérant vous avoir fait passer un bon moment, à mi chemin entre le cinéma et la littérature anglaise du XIXè siècle.

Du chef d’œuvre cinématographique au simple film, comme du chef d’œuvre littéraire au simple bouquin, il n’y a souvent qu’un petit quelque chose qui fait la différence.

A vous de juger.

Pour réagir à cet article si vous en avez envie, pour une fois, vous pouvez être aussi bien cinéphile que bibliophile ou mélomane.

Bertrand "

H
P.S. : j'ai ajouté musique et video de mon côté, je ne pense pas que vous puissiez les voir si vous êtes sous mac. Désolé. H

mardi 20 novembre 2007

Solution : le Roman Bourgeois de Furetière

Amis Bibliophiles Bonsoir,

La solution était donc le Roman Bourgeois, de Furetière et je félicite particulièrement Martin et Bertrand qui ont tous deux trouvé la réponse.
Décryptage?

La première partie vous mettait sur la piste de Scarron et de son oeuvre le Roman Comique, paru en 1651 (mais "je ne suis pas comique", je suis donc... bourgeois)... Donc c'était le Roman de Scarron... La pièce de titre différe un peu, il vous suffisait de chercher un "Roman", paru 15 ans plus tôt ou 15 ans plus tard.

La querelle représentait la dispute entre Furetière et l'Académie, et le Jeu de Boule des procureurs est une satyre qui clôt le Roman Bourgeois de Furetière. Vous y étiez.
Mais qu'est ce donc que ce Roman Bourgeois?

En 1666, Antoine Furetière (1619-1688) décide de secouer un peu le cocotier des règles académiques, et publie son Roman bourgeois. L'ouvrage est immédiatement décrié par ses pairs parce qu'il rompt avec la tradition romanesque dictée par le bon goût de l'époque en mettant en scène le peuple ordinaire, et non pas un Cid, par exemple.

De plus, l'ouvrage rompt également avec les canons stylistiques de l'époque, mêlant scènes, discours, anecdotes, parodies, ce qui en rend parfois la lecture éprouvante.

Enfin, Furetière y critique violemment les "usages intéressés du mariage bourgeois et les mécanismes de ses ruptures, où la haine et l’avidité jouent les premiers rôles, et il soumettait les robins à une satire virulente".
C'est un ouvrage attachant, "déconstruit", une réelle curiosité qui passe aujourd'hui pour la première rupture dans la tradition romanesque ancienne.
Antoine Furetière, lui, restera dans l'histoire pour avoir été l'Académicien qui, excédé par la lenteur de l'institution, proposa son dictionnaire personnel, avant la parution du monument...

L'entreprise n'étant pas du goût de tous ses collègues académiciens et les accusations devenant de plus en plus aigres, Furetière intente un procès qu'il eût probablement perdu si sa mort n'était venue mettre un terme à la querelle.

Ayant publié en 1684 un extrait de son Dictionnaire, il est exclu de l'Académie le 22 janvier 1685 à une voix de majorité. Toutefois, le roi, protecteur de l'Académie, intervient pour s'opposer à l'élection d'un remplaçant du vivant de Furetière. Lié d'amitié depuis de longues années avec Jean de La Fontaine, il se brouille définitivement avec lui lorsque le fabuliste refusa de prendre parti en sa faveur dans la querelle. Vexé par le sort qui lui est fait, Furetière se lance alors dans la publication de violents pamphlets contre l'Académie et les académiciens, dont le plus célèbre est Couches de l'Académie en 1687.
J'ai pour ma part un joli petit exemplaire du Roman Bourgeois, d'une délicatesse absolue, sans défaut, dans une édition de 1714, admirablement illustrée de quelques gravures.

Enfin, si, pardon, il a un défaut, il a été relié par Duru dans une magnifique petite reliure de maroquin vert au chiffre.... Désolé pour les amateurs de
brochés!
H

P.S. : le chiffre est non identifié, si l'un de vous a une idée...

lundi 19 novembre 2007

Enigme Bibliophilique...

Amis bibliophiles Bonsoir,

Nous sommes lundi. Voici votre énigme. Saurez vous identifier cet ouvrage?

(Enigme en musique, puisse Grieg vous inspirer....)

Je ne suis pas comique, et vous n'allez pas trouver cette réponse dans un fauteuil, bien que mon auteur ait été contemporain du mari de celle qui possédait "deux grands yeux forts mutins, un très beau corsage, une paire de belles mains, et beaucoup d''esprit"...

En vérité, notre pièce de titre diffère peu, mais d'une quinzaine d'années tout de même.

Qui suis-je?

Deux indices? La querelle est une chose, mais si je me termine par un jeu de boule, c'est que mon auteur déteste (aussi) les procureurs.
Réponse à blog.bibliophile@gmail.com

H
Pas difficile... :)

Un débat, une conclusion....

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Comment conclure ce débat dont j'espère que vous l'aurez trouvé aussi passionnant que moi. Merci pour vos nombreux commentaires, et pour ceux qui ont poursuivi la discussion en m'envoyant directement des emails...

A ma gauche, les traditionalistes, qui se reposent plutôt sur des arguments énoncés au 19ème, à ma droite, des avis un peu plus ouverts. Et moi, au milieu...

Hum... En tout cas, je crois que j'ai ma réponse. Il est probable que j'opte pour une chemise et un étui, ou un emboîtage, les deux en plein maroquin, de style pastiche.

Mais... et c'est le scoop, c'est Martin Sartorius qui, par email, m'a indiqué une autre voie. Il est probable qu'en m'inspirant d'un extrait de Béraldi (Estampes et livres), je me prête à une petite transaction sur les ouvrages en question, avec les concours d'un libraire ou deux : remplaçant mes exemplaires par d'autres, reliés en vélin de l'époque, et qui présentent l'intérêt d'être reliés ensemble.
Je sais que vous aimeriez connaître les ouvrages en question, mais laissez moi un peu de temps, si tout se passe bien, je reviendrais rapidement vers vous avec un message sur le sujet.

Donc au final... chemise, étui... ou vélin.

Dans tous les cas, cet intéressant débat me conforte dans l'idée que je me faisais du blog, à savoir un espace d'échanges entre bibliophiles, qui, avouons-le, ont en général peu d'occasions de débattre, non?

Allez, vous avez bien mérité une énigme ce soir...

H

P.S. : si vous avez des idées de débat, n'hésitez pas à m'en faire part.
Images : l'extrait du Béraldi.... alors, ça vous inspire?

dimanche 18 novembre 2007

Reliure moderne et livre ancien.... Débat.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je n'en ai pas l'air comme ça, mais je réfléchis beaucoup, et en ce moment, je m'interroge sur l'intérêt de faire relier quelques ouvrages anciens.

Il s'agît d'ouvrages du 18ème, que je qualifierais de rares. Mes exemplaires n'ont jamais été reliés (brochés, sous papier), même si à la parution la plupart des exemplaires semblent avoir été reliés, exemplaires frères que l'on retrouve actuellement dans le commerce, chez quelques libraires. Ce sont des ouvrages extrêmements délicats (je parle de leurs particularités) et qui méritent beaucoup mieux.

Mon idée (pour l'instant je garde pour moi le titre des ouvrages) est de les faire relier assez simplement, dans un maroquin moderne, avec un dos à nerfs, sans ostentation, mais à la manière des maroquins de la fin du 18ème.

Nous avons déjà abordé le sujet, mais jamais directement et j'aurais aimé avoir votre avis, et profiter de votre conseil et de votre expérience.

1. Que pensez-vous de les faire relier? Les ouvrages sont réellement rares, et d'une grande finesse, mais leur aspect actuel ne leur rend pas hommage, et j'ai peur qu'ils se détériorent avec le temps.

2. Sur le plan plus pratique, avez-vous déjà fait effectuer ce genre de travail (je parle d'une reliure pastiche et non pas d'une reliure "moderne")?

3. A votre avis, combien cela peut-il coûter?

4. Connaissez-vous un relieur à qui je pourrais confier ce travail?

H
P.S. : j'ai ajouté des exemples pour donner une idée des reliures que j'imagine.

samedi 17 novembre 2007

Avis de recherche émis par Bertrand

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Bertrand s'est lancé dans une aventure bibliographique et il aimerait savoir si des membres du blog pourraient l'aider. Voici :

>Dans le cadre d'une petite étude sur les éditions illustrées hollandaises de la fin du XVIIè siècle des Fables de La Fontaine, je serai infiniment reconnaissant à toute personne possédant un ou plusieurs tomes des éditions suivantes, complets ou incomplets, de bien vouloir contacter Hugues afin de lui communiquer les éléments dont vous disposez.
Voici les éditions qui m'intéressent et dont je souhaite trouver des exemplaires afin de les comparer entre eux :

- Fables choisies... Anvers, Dunewalt, 1688. Parties I à IV. Réf. Rochambeau, n°19.
- Fables choisies... La Haye, Bulderen, 1688. Parties I à IV. Réf. Rochambeau, n°20.
- Fables choisies... La Haye, Bulderen, 1694. Partie V. Réf. Rochambeau, n°20
- Fables choisies... Anvers, Veuve de Barthelemy Foppens, 1689. Parties I à IV. Partie V (si elle existe). Réf. Rohambeau, n°22
- Fables choisies... Anvers, Veuve de Barthelemy Foppens, 1699. Parties I à IV. Partie V (si elle existe). Réf. Rochambeau, n°22
- Fables choisies... La Haye, Bulderen, 1700. Parties I à V ?. Réf. Rochambeau, n°43

Toutes informations concernant ces éditions me seront précieuses, même si vous ne possédez qu'un tome, complet ou incomplet.

J'ai numérisé l'édition de 1699, que vous pouvez retrouver en suivant le lien :
http://picasaweb.google.com/libalise

Merci d'avance de votre collaboration.

Hugues pour Bertrand

Identification d’un ouvrage du 16ème…

Amis Bibliophiles Bonjour,

Chopin ou pas chopin… Et puis d’abord, c’est quoi ce livre ?
Cet ouvrage du 16ème siècle vient de trouver asile dans ma bibliothèque, où il va pouvoir couler des jours paisibles pendant mettons, une petite centaine d’années… Je n’ai malheureusement que peu d’indications sur lui.

Pourriez-vous m’aider ? C’est une période que je connais vraiment très mal.

Le titre est : Angelus De Maleficis, repertorium primi viluminis Maleficiorum in quo coinetur tractat Angeli de Aretio.
Apparemment, à la suite sont reliés « Alberti de Gaudino, Libellus Maleficis » puis de « Bonifacii de Vitellinis, Super Malaficis… ».
Le décor de la page de titre est répété trois fois, mais le texte diffère et deux seulement sont datées (1532). Il semblerait qu’on y voit des diables et deux hérétiques, dont l’un est pendu, l’autre en pleine séance de torture, le tout devant leurs juges.

In fine, on trouve : Lugd. (Lyon, j’imagine); in editibus de Guinta et sociarum Florétini anno 1532.
J’ai peu d’informations sur le livre, si ce n’est une annotation manuscrite sur l’une des gardes « Gambillionibus, le tout premier traité de Sorcellerie ».

Hélas, je n’ai pas le Caillet, et je ne connais pas grand-chose aux impressions 16ème.

Le tout est relié dans un vélin à rabat de l’époque.

Qu’en dites-vous ?

Merci

H

vendredi 16 novembre 2007

Portrait de Gonzalo... Le Bibliophile qui aime les "pseudos"

Amis Bibliophiles Bonsoir,

L'une des choses qui me frappent régulièrement en lisant vos commentaires sur le blog, c'est leur pertinence et la qualité des intervenants.

Voici le portrait d'un nouveau venu, qui intervient régulièrement sur le blog, Gonzalo...

Bonjour Gonzalo, pourriez-vous nous parler un peu de vous et de votre bibliothèque?

Gonzalo, vingt-deux ans, étudiant en histoire. Je rédige actuellement, dans un cadre universitaire, un mémoire sur un imprimeur français du XVIe siècle.
Ma bibliothèque s'est constituée récemment. Après mon baccalauréat, il y a quelques années (j'étais alors en khâgne), j'ai commencé à acquérir des livres chez des bouquinistes ou chez Emmaüs, sans même trop savoir ce que j'achetais. J'allais au moins deux fois par semaine chez un bouquiniste, parfois tous les jours, et j'y raflais systématiquement ce qui venait d'arriver. J'ai énormément lu à cette époque. Un peu de tout, des classiques français que l'on me faisait étudier en cours, mais aussi des auteurs moins connus. Ma bibliothèque a donc grandi très vite. Depuis trois ou quatre ans, je me débarrasse progressivement des livres qui m'encombrent (voilà ce qu’il en coûte d'acheter n’importe quoi !). Le nombre de volumes de ma bibliothèque progresse de manière beaucoup plus raisonnable, mais elle gagne en qualité. Je n'ai pas une bibliothèque très importante (j'imagine que vos lecteurs en ont de bien plus belles et de bien plus complètes). Je pense posséder environs 800 volumes, je n'ai jamais pris la peine de les compter. Environs un quart constitue une "bibliothèque de travail", ouvrages de sciences humaines, d'histoire et d'histoire du livre. J'essaie actuellement, compte tenu de mes études et de mon goût pour le livre ancien, de me constituer un petit fond d'usuels d'histoire du livre. Le tout est entreposé dans des meubles de pin que j'ai fait moi-même. Une partie vitrée accueil les livres un peu rares ou anciens, ou qui me sont chers. Je suis toujours à la recherche du mode de classement idéal, qui mériterait une discussion sur le blog ! Depuis quand la passion de la bibliophilie s'est-elle emparée de vous?

Depuis peu, depuis toujours... Je suis issu d'une famille très attachée à la littérature, au texte, mais la dimension matérielle lui échappe dans une certaine mesure (non qu'elle l'ignore complètement, mais elle ne s'y intéresse que peu). Il y a cependant toujours eu une bibliothèque intéressante à la maison (bibliothèque parentale dans laquelle je puise allègrement). J'ai commencé à éprouver le besoin de posséder un livre lorsque j'ai véritablement commencé à aimer lire (c'est-à-dire ne pas aimer tout lire), le jour où j'ai su dire que Sartre m'ennuyait et que San Antonio m'enthousiasmait (j’assume!). Mais je ne m'autorise de réelles dépenses que depuis un an environ, lorsque j'ai commencé à lire des études bibliographiques et bibliophiliques, lorsque je me suis formé à l'histoire du livre (par curiosité et besoin estudiantin, car j'ai la chance de pouvoir mélanger mes études et mes passions !). Je n'ai commencé à acheter des ouvrages "un peu cher" (selon mes moyens...) que lorsque j'ai su (ou cru savoir) ce que j'achetais. Je me sentais incapable de juger de la qualité d'un exemplaire auparavant. Je me sens un tout petit peu plus capable désormais, même si je fais encore des erreurs et de mauvais choix... Je continue à apprendre. J'ai également eu la chance de pouvoir entrer en contact avec des gens d'une rare compétence notamment grâce à mes études. J'ai comme professeur l'un des meilleurs spécialistes français des incunables. J'ai pu, au cours de mes recherches, discuter avec de nombreux conservateurs de bibliothèques. Je bénéficie également des conseils avisés d'un libraire avec qui je suis en contact. Il me semble important, lorsqu’on est amateur débutant, de bien s'entourer, d'avoir des gens à qui l'on peut demander conseil, et qui peuvent également nous orienter, ou nous ouvrir à de nouveaux horizons. Votre blog joue aussi, dans une dimension moins "personnelle", ce rôle.

Quels sont vos domaines de prédilection, ou votre approche est-elle éclectique et vous fonctionnez au coup de coeur?

Je le répète, je débute. Je n'ai pas de domaine de prédilection, mais j'ai déjà eu bien des coups de coeur. Je possède assez peu d'ouvrages rares de toutes façons. Mon objectif pour l'instant n'est pas de constituer "un fond" : je veux juste pouvoir feuilleter des livres agréables de temps en temps. Mon approche changera certainement à l'avenir, mon goût va peut-être s'affirmer, ou s'orienter vers des domaines particuliers ; mes connaissances se complèteront sans doute, et je chercherai alors des choses beaucoup plus précises. J'imagine que les bibliophiles chevronnés qui vous lisent sont passés par là (dites moi si je me trompe!). Je me soucie assez peu, pour le moment, de la "cohérence" de ma bibliothèque: je pars du principe qu'une bibliothèque est forcément cohérente si une seule personne l'a composée. Et puis, la variété ne m'a jamais dérangé!
J'ai quand même une curiosité très prononcée pour tout ce qui touche à l'histoire de la typographie et aux caractères de formes particulières (expérimentations et novations diverses et variées). C'est sur ce genre d'ouvrages que mes yeux se posent lorsque je feuillette des catalogues de libraires... Les grecs du Roi me font rêver bien sûr, mais aussi les caractères gravés par Pierre Moreau au XVIIe siècle, ou les italiques aldines, par exemple. Je suis par exemple ravi d’avoir pu dénicher un modeste petit opuscule assez tardif (1785), imprimé en caractères de civilité, vraisemblablement un livre de colportage si j'en juge à la simple couvrure de parchemin qui fait office de reliure. Un ouvrage qui, sans être une acquisition phénoménale, n’a pas cessé de me réjouir par sa typographie. Je revendique cette approche plus matérielle que littéraire des livres rares ou anciens (en tous cas pour certains d’entre eux).

Où achetez vous vos livres? Internet, salons, libraires?

Pour la (toute petite) partie bibliophilique de ma bibliothèque, internet vient en tête: ebay bien sûr (mais prudemment), sites de libraires, site du SLAM. Internet est une véritable révolution pour les amateurs. J'ai tendance à penser que les critiques virulentes auxquelles s'adonnent un certain nombre de libraires et de bibliophiles sont vaines. Ma génération étudie, travaille, consomme et se détend avec internet. Les gens de mon âge savent pour la plupart se méfier des pièges du web. L'internet est un outil qui permet de consulter les catalogues de libraires ou de vente partout dans le monde. Plus besoin d'aller consulter l'énorme catalogue imprimé de la BnF, ni même le NUC! Le Catalogue collectif de France est également un outil d'une redoutable efficacité. Sans compter la grande quantité d'usuels qui ont été numérisés et sont désormais disponibles gratuitement (Brunet, Vicaire, Barbier, et la "biographie universelle" de Michaud sont désormais dans mon disque dur). C'est fabuleux! Je suis, vous l'aurez compris, un partisan résolu de l'utilisation du net (sans être aussi enthousiaste en ce qui concerne ebay).
J’achète aussi bien sûr chez des libraires. Parfois également en salle des ventes : ce sont des endroits où il est assez facile de faire des affaires.
Je n'ai jamais rien acheté sur un salon ; je n'ai à vrai dire pas tellement fréquenté de salons, même si un libraire que je connais bien a accepté de m'accueillir sur son stand pendant le salon du livre ancien au Grand Palais en 2007. Les tarifs pratiqués sur les salons sont souvent plus élevés qu'en catalogue, mais ces événements offrent l'avantage de rassembler un grand nombre de libraires, qui rassemblent eux-mêmes le meilleur de leur fonds. Cela présente un intérêt évident, me semble-t-il, pour l'amateur. Un salon comme celui de Paris doit aussi être envisagé comme un grand espace d'exposition (ha ! le stand de la librairie Tenschert...!). Pas obligé d'être acheteur pour y trouver de l'intérêt!

Quel est le ou les livres qui vous font rêver? Et les livres que vous possédez déjà et qui vous sont particulièrement chers?

Beaucoup de livres me font rêver. Entre autres, les incunables, les très belles impressions du XVIème siècle (allez, une au hasard qui m'a marqué lorsque j'ai commencé à m'intéresser au livre: la bible polyglotte plantinienne), les "Étrennes de poésie françoise en vers mesurés" de Jean-Antoine de Baif (1574), le"De Re diplomatica" de Mabillon (1681), l'E.O. de Tristram Shandy (1759), et toutes autres très belles, très importantes ou très étonnantes choses... Je l'ai déjà dit dans un commentaire sur le blog, je préfère réfléchir en terme d'exemplaire plus qu'en terme de titre. Un texte de peu d'intérêt peut devenir désirable s'il est bien relié. Je n'achèterai pas (ou alors à vraiment très bas prix) un livre s'il est incomplet, dérelié, sans marge, ou trop sale. Je rêve parfois à des textes dont je ne connais rien en voyant une belle typographie ou une belle reliure. Je rêve aussi parfois de posséder des beaux exemplaires de grands textes que je n'ai lus qu'en poche... L'amateur de livres rêve beaucoup! L'un des livres qui m'est le plus cher est mon premier achat "bibliophilique". Un ouvrage qui ne vaut à peu près rien d'un point de vue économique (un tome seul [sur six!], auquel il manque la plupart des gravures), mais qui m'est toujours cher. Il s'agit du deuxième tome du Traité de Diplomatique de Toustain et Tassin (1755). Toustain et Tassin, deux bénédictins de la Congrégation de Sainte-Maure, prennent la relève de Mabillon et rédigent un énorme traité de diplomatique (« l'art de déchiffrer les chartes et les diplômes »). Avec Mabillon, Toustain et Tassin inventent la paléographie et la critique scientifique des sources historiques. Témoignage émouvant pour un étudiant en histoire que celui de sa discipline en train de naître! Un volume in-quarto, relié plein veau, avec de très belles planches reproduisant divers type de documents (monnaies, inscriptions lapidaires, chartes, etc.). Les formes de lettres anciennes sont souvent reproduits en plein texte (ont-ils gravés des poinçons et fondus des caractères pour cette unique impression? j'en rêve!). J'ai acquis très récemment une impression didonne de 1783 très bien conservée, sous une reliure à plaque romantique (Restauration, pour être précis) que je me plais à attribuer à Bibolet (sans autre preuve que le style et une roulette… un peu léger, je sais!). C'est la seule belle reliure que je possède. Rien de trop fastueux, mais je l'aime beaucoup.
Je me suis également offert il y a plusieurs mois l'un des 55 exemplaires du tirage de tête (sur vergé d'Arches) de "Pseudo" d'Emile Ajar/Romain Gary. Gary est certainement l'auteur français auquel je suis le plus attaché, et Pseudo est l'un de ses livres les plus fort. Je tenais à en posséder un bel exemplaire. J'attends d'avoir un peu plus de moyens pour donner à cet ouvrage la reliure qu'il mérite. Il patiente en attendant dans son aquarium de papier cristal…

Vous savez que les lecteurs du blog aiment les histoires, auriez-vous une anecdote à nous raconter, sur une trouvaille, un livre, autre chose qui touche à la bibliophilie?

Une simple anecdote. Au cours de mes recherches sur un imprimeur du XVIe siècle, en visite dans une bibliothèque municipale, j'ai eu la chance de tomber sur un exemplaire sorti de ses presses et entièrement constitué d'épreuves d'imprimerie, corrigées à la main, qui n'était pas référencé comme tel dans le catalogue. J'en ai été stupéfait! C'est pour moi une source importante, d'autant que l'on connaît assez peu d'exemplaires d'épreuves pour l'imprimerie du XVIe siècle. Ce sont des deuxièmes épreuves, avec assez peu de corrections, mais avec des particularités typographiques intéressantes: grandes capitales utilisées "en vrac" (sans dessus/dessous) pour caler le texte dans la galée, italiques capitales manquantes et complétées par de simples traits (ce qui me renseigne sur l'état des casses d'italique dans l'atelier de mon imprimeur). C'est pour moi une trouvaille passionnante sur laquelle je travaille encore. Enfin, vous êtes un visiteur fidèle du blog... qu'en attendez-vous?

Qu'il me cultive, qu'il m'informe, qu'il me détende aussi, et qu'il crée des rapports entre les amateurs. L'amour du livre est une belle chose, autant le cultiver. Autant le partager, en partageant des connaissances, comme vous le faites et comme le font vos lecteurs dans leurs commentaires. J'apprends beaucoup à vous lire, et vous encourage vivement à continuer. Merci pour l'honneur que vous m'avez fait en me posant ces questions, j'espère n'avoir été ni trop long, ni trop ennuyeux... Il est toujours délicat de trop parler à la première personne!

Merci!
H

Légende des images :
01 - Deux pages du traité de "La Civilité qui se pratique en France", Orléans, Rouzeau-Montaut, 1785.
02 - Détail du même ouvrage.
03 - E.O. de "Pseudo" d'Emile Ajar: tirage courant (droite) et grand papier (gauche), PAris, Mercure de France, 1976.
04 - Confrontation des deux pages 38 du même ouvrage. Grand papier (et grande marge!) à gauche, tirage courant à droite).
08 - Isocrate, Orationes et Epistolae (grec et latin), Paris, Jean Libert, 1621. Détail.
10 - Toustain et Tassin," Nouveau traité de Diplomatique", t. II, Paris, Guillaume Desprez, 1755. Titre.
11 - Ibid. Incipit.
12 - Ibid. Incipit (2).
13 - Ibid. Une planche.
14 - Ibid. Une plance.

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...