« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

dimanche 30 décembre 2007

Enchères, et avec des os...

Amis Bibliophiles bonsoir,

Ne vous inquiétez pas, je reprendrai le cycle des reliures très prochainement, mais puisque nous avons évoqué récemment les ventes aux enchères, je me permets un petit message sur le sujet.

En effet, je me suis aperçu que si vous connaissiez tous bien ebay, les salles des ventes sont moins familières à la plupart d'entre vous.

A défaut de pouvoir se rendre aux vacations, vous savez probablement qu'il est possible d'enchérir à distance, soit en participant aux enchères en direct par téléphone (au moins à partir d'un certain montant), soit en confiant à l'avance le montant de vos ordres soit à la société de ventes, soit à l'étude de l'expert.

Il faut savoir une chose, c'est que si vous laissez vos ordres aux bons soins des organisateurs de la vente, il est fort probable (c'est regrettable, et même interdit) que le commissaire priseur commence les enchères au niveau de votre enchère. Je m'explique, si l'estimation du lot est de 100 euros et que vous laissez un ordre de 130 euros, il est très fréquent que le commissaire priseur débute l'enchère en disant "j'ai preneur à 130 euros", ce qui pose deux problèmes :

1. Il aurait dû commencer l'enchère autour de 60 euros, et vous auriez pu en théorie remporter le lot à 60 euros si aucun autre enchérisseur n'en veut, voir à un prix entre 60 et 130 si vous découragez les autres enchérisseurs. Vous payez donc d'entre "plein-pot".

2. Il arrive tout aussi fréquemment que si le commissaire-priseur dit "j'ai preneur à 130 euros", il ajoute délicatement à l'attention de la salle, "un tout petit effort et c'est pour vous", et quand on est dans la salle on entend alors 135 euros, voire 131, et le lot part... Vous avez servi à "pousser" le lot, sans aucune chance de l'emporter. (les SVV préfèrent un paiement immédiat plutôt que devoir attendre et envoyer le lot).

Naturellement, ceci n'arrive pas dans les sociétés de ventes les plus sérieuses.

Autre chose, soyez très vigilant à la lecture du catalogue et aux estimations. La tendance actuelle est à la sous-estimation significative des lots afin d'attirer le chaland, mais le danger peut-être plus sournois, comme l'anecdote ci-dessous le relate.

Le lundi 19 novembre 2007, le tribunal d'Angoulême a condamné un couple d'experts bien connus à 5000 euros d'amende chacun pour "atteinte à la sincérité des enchères" lors d'une vente ayant eu lieu en 2001. En effet, l'experte, libraire de son état, et son mari, professeur d'Université avaient été chargés par des héritiers de l'expertise et de la mise aux enchères d'une bibliothèque. Il semblerait que l'experte ait rapidement remarqué au moins deux livres de grande valeur dans la bibliothèque, a priori volontairement négligé de passer une annonce dans la Gazette de Drouot, et proposé des estimations très en deçà de la valeur réelle des livres.

Plus, lors de la vente, plusieurs personnes remarquent que l'experte et son mari se font des signes. Ce dernier achète pour le compte de la librairie de sa femme et remporte neuf livres anciens à des prix intéressants. Seulement au lendemain de la vente, la famille a des soupçons sur le rôle du couple et la justice est saisie. Un autre expert est nommé, et il estime les deux ouvrages à un prix au moins 5 fois plus élevé que l'expert mise en cause, ouvrages que son mari avait remportés lors de la vente, qui s'est déroulée sans grande publicité....

Les deux ouvrages principaux? De Re Metallica d'Agricola et de Nieremberg historia natura un ouvrage reprenant l'histoire naturelle du Mexique avec une description des espèces animales et les us et coutumes des Aztèques et des Incas.

Prudence donc. Le mieux est vraiment de se rendre dans les salles des ventes si vous le pouvez, mais en restant vigilant : à ne pas se laisser entraîner par des enchères difficiles à assumer financièrement, à ne pas se laisser abuser, etc.

Pour ma part, j'ai passé deux mois à Drouot à observer avant de passer ma première enchère. Mais vous savez que je suis un garçon un peu lent!

H

samedi 29 décembre 2007

Identification

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Un jeune et sympathique bibliophile Bourguignon aimerait savoir si l'un d'entre nous pourrait l'aider à identifier l'ex-libris suivant :
Il est apposé au contreplat d'un volume intitulé : Catalogue de livres anciens, rares et curieux, etc, provenant de la bibliothèque de M. Louis Loviot. Paris, Librairie Henri Leclerc, 1919. In-8 de 95 pages. Reliure demi-chagrin lie de vin à larges coins, tête dorée (reliure signée Petitot).

Merci pour lui.

H

Le Magazine du Bibliophile Décembre - Janvier

Amis bibliophiles Bonsoir,

Quittons quelques jours le chemin de la reliure. Comme chaque mois, voici une petite analyse du Magazine du Bibliophile (numéro de décembre-janvier). C'est donc un numéro couplé, qui vaut pour deux mois, même si le nombre de pages lui, reste le même. Pour être plus objectif, j'ai consulté deux autres abonnés, mais il se trouve que nos avis étaient identiques!

Que vous dire? Et bien que finalement le blog peut servir à quelque chose puisque c'est l'image que j'avais eu tant de mal à dénicher sur le net qui illustre le portrait de Saint Wiborade, patronne des bibliophiles, dont Jean-Paul nous avait parlé sur le blog.

Vous trouverez également un bon article sur les "livres qui ouvrent l'appétit", de Brillat-Savarin à Comus, qui est plutôt intéressant.

Pour le reste, trois articles qui me laissent extrêmement dubitatifs :

- un article de 4 pages sur Saint-Nicolas, qui n'a aucun rapport avec la bibliophilie et trouverait mieux sa place dans le Figaro Magazine par exemple. Mais j'imagine que la rédaction s'en est rendue compte au bouclage et a ajouté un 1/6 de page d'informations bibliographiques (en dehors de cela, et encore, l'article est sans intérêt pour un bibliophile).

- une interview de 4 pages sur la Bande-Dessinée. Mais la bande-dessinée fait elle partie de la bibliophilie? Je n'ai pas la réponse, mais je doute que les abonnés au Magazine du Bibliophile s'abonnent pour ce type d'article.

- et enfin, le plus sidérant, un article d'une page sur la "Cathédrale d'Amiens en couleurs"... qui ne parle aucunement de livres, et qui se rattache difficilement à la bibliophilie par la phrase de conclusion : "ce qui retiendra l'attention des bibliophiles passionnés par le Moyen-Age, ce sont ces couleurs utilisées symboliquement, aussi bien dans les vitraux que sur les pierres des églises et dans les livres..." Mouais... Je ne nie pas l'intérêt culturel de la chose, mais au niveau de la bibliophilie en revanche, c'est plus mince... Ce n'est en tout cas pas pour cela que je m'abonne.

Pour le reste, un portrait d'un collectionneur d'ouvrages russes, l'agenda... et une déclaration d'intention ayant une vraie dimension stratégique dans l'édito : l'effort qui sera fait sur les coquilles, défaut parfois pointé du doigt par les lecteurs qui écrivent au magazine. Le rédacteur en chef secoue un peu les annonceurs, et conclue sur un projet pour 2008, le rétablissement d'un "Courrier des Lecteurs", qui pourra tenir lieu de forum... qui sait, des débats s'y tiendront même peut-être? Sourire.

Un numéro sauvé par Sainte-Wiborade et son apôtre rémois, que les lecteurs du blog connaissaient déjà, mais un numéro vraiment très moyen et fort peu axé sur la bibliophilie...

H

Qui aime bien châtie bien.

vendredi 28 décembre 2007

Les reliures III : la Reliure Romantique

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Poursuivons notre route sur le chemin des reliures, avec les reliures romantiques, emblématiques de la première moitié du 19ème siècle. Je passe en effet sur les reliures napoléoniennes, qui ne différent des reliures de l'Ancien Régime que par un goût prononcé pour les décors antiques et pour les emblèmes de l'Empire : aigle impériale, N couronné, abeilles, etc.

Reliure plein maroquin bleu marine à gros grain, riche décor doré au dos et sur les plats, à noter le titre Rabelais au dos, à peine lisible car imprimé aux petits fers dorés gothiques ! Reliure signée et datée en bas du dos (ce qui est assez rare pour les reliures romantiques - Pequignot 1835). Edition de Rabelais sur deux colonnes, 1835. Reliure strictement de la même année que l'édition.

En général, on appelle romantiques les écrivains du début du 19ème siècle qui se sont affranchis des règles de pensée, de composition et de style établies par les auteurs classiques. J'ai le sentiment qu'il en est de même pour la reliure romantique, qui incarne une forme de renouvellement du genre, mêlant le classicisme d'un 18 ème flamboyant et de nouvelles tendances, plus « sensibles », plus expressives et plus figuratives : le gothique remis au goût du jour (voir les reliures à la cathédrale, les rosaces, etc.), mais aussi le rêve, l'exotisme, etc., que l'ont retrouve dans de nouveaux types de fers et qui s'expriment sur de nouvelles matières (maroquins à grain long, cuirs de Russie, maroquins et veaux de couleurs violette, rose, lilas, bleue, etc.).

Reliure plein maroquin rouge à grain long, dos lisse orné de fers dorés et de fers noirs, large encadrement des plats par une frise dorée. Sur les poésies de Madame Amable Tastu. Classique de l'époque romantique. Volume in-8 édité en 1827.

Je vais peut-être m'attirer les foudres de certains d'entre vous, qu'ils veuillent bien me pardonner, la vulgarisation étant l'un des objectifs du blog, mais on peut globalement dire que la dénomination reliure romantique rassemble la grande partie des reliures réalisées au 19ème siècle, après le premier empire... La tendance s'éteint après 1850, et la tendance devient moins marquée, d'autant que les reliures industrielles et les pasticheurs viennent concurrencer l'époque romantique.

Ce qui, donc, caractérise la reliure romantique ? Les fers se diversifient vraiment et deviennent figuratifs, plus expressifs, les dos sont ornés de fleurons qui peuvent être longitudinaux et, surtout, les demi-reliures font leur apparition (massive) sur le marché. Et si elles sont au départ négligées par les bibliophiles, mêmes les grands relieurs de l'époque en proposent à leurs clients.

Reliure dans le style de Thouvenin mais non signée. Volume in-24 relié plein veau aubergine, dos à faux nerfs plats, décors de filets dorés et de fers à froid, plats richement ornés d'une rosace centrale et de multiples décors de fleurs tourbillonantes à froid, le tout dans un encadrement de filets dorés. Recouvre "Le mérite des femmes" par Legouvé, classique romantique parmi les classiques, réédité de très nombreuses fois dans les années 1810-1840. Cette édition date de 1826. La reliure est strictement contemporaine.

Ce qui change également, c'est que cette période est aussi celle de grands bouleversements industriels. On trouvera donc simultanément plusieurs types de reliures au 19ème : la reliure de luxe, réalisée par de grands relieurs, qui continue à employer des matériaux nobles, et qui peut-être romantique ou pastiche, et la reliure industrielle qui peut utiliser des cuirs, mais repose généralement sur des cartonnages, ou des percalines. A la frontière entre ces deux univers, se trouve des relieurs semi-industriels, comme Gruel, qui utilise encore le maroquin et vend des quantités importantes d'ouvrages religieux reliés de maroquin.

Ces différentes appellations se mélangent peu à peu, et on pourra trouver simultanément sur le marché des cartonnages romantiques, des reliures pastiches extrêmement proches des reliures du 18 ème, des maroquins semi-industriels de Gruel, des cartonnages industriels, des maroquins romantiques très 19ème à la cathédrale et, comme nous l'avons vu il y a quelques jours, des pastiches à la fanfare de reliures du 17 ème.

Je ne suis pas spécialiste, mais cela me semble cohérent avec la révolution industrielle qui touchera (aussi) le monde du livre au 19 ème : les nouveaux moyens technologiques permettent de proposer des reliures à des prix réduits, pour le plus grand nombre, mais une élite bibliophilique continue de rechercher des reliures de grande qualité, qu'elles soient romantiques ou pastiches.

Reliure plein maroquin rouge à grain long, dos plat orné de fers dorés et à froid, plats idem, cartonnage bradel recouvrant un almanach des Dames pour l'année 1819. Etui de maroquin décoré de même. Petit bijou bibliophilique destiné aux dames de l'époque romantique.

Les grands noms de l'époque? Thouvenin, Bozérian, résolument romantiques, et d'autres noms tels que Cuzin, Capé, Chambolle, Duru, Gruel, mais aussi à la fin du siècle les débuts des grands relieurs qui marqueront la première partie du 20 ème siècle, Marius-Michel par exemple, et prépareront les bibliophiles à la reliure d'art.


H

jeudi 27 décembre 2007

Les Reliures II : la reliure à la « Du Seuil »

Amis Bibliophiles Bonjour,

Poursuivons notre chemin sur la route de la reliure avec aujourd’hui un autre type de reliure ancienne, la reliure dite à la « du seuil ».

Augustin Dussueil est né au début du mois de septembre 1673 à Méounes, dans le Var. Il est le fils d’Honoré Dussueil et Isabeau Billone, comme l’atteste son acte de baptême :
« Augustin DUSSUEIL, fils d'Honoré et Isabeau BILLONE a été baptisé le 2 septembre 1673. Le parrain Louis DUSSUEIL, la marraine Anne JAUFFROY du lieu de Signe. Par moi. Signé : BARRY, vicaire, H. DUSSUEIL. L. DUSSUEIL. »

Augustin est le quatrième enfant d'une famille qui en comporta neuf, six filles et trois garçons, tous nés à Méounes entre 1665 et 1685, du mariage d'Honoré DUSSUEIL (1641-1721) avec Isabeau BILLON (1647-1697). Bien que sa famille paternelle exerce diverses activités dans le tissage, le jeune Augustin choisit une autre voie, en rejoignant à Paris son cousin Jean Billon de Cancerille, où celui-ci jouit une assez grand crédit après divers voyages en Perse (il devînt par la suite ambassadeur du Roi).

Il semble qu’avant d’avoir pu créer son propre atelier, Augustin travailla avec Philippe Padeloup, puisqu’il épousa Françoise, la fille du grand relieur le 23 novembre 1699. C’est par ce mariage qu’il fît définitivement son entrée dans la corporation. Le contrat de mariage, conservé au Archives Nationales, sème une nouvelle fois le trouble quant au patronyme d’Augustin, puisqu’il stipule que « fut présent Augustin d'USUEIL, libraire à Paris, demeurant rue Saint-Jacques, paroisse Saint-Séverin, fils d'Honoré d'USUEIL, marchand demeurant en la paroisse de Meosne près Marseille en Provence ». On notera avec intérêt que la dot de Françoise est constituée en partie par « un an de nourriture et de logement » au domicile de Philippe Padeloup, signe évident de la proximité qui va exister entre les deux hommes.

Augustin, Françoise et leurs 7 enfants vécurent ainsi rue Saint-Jacques à Paris, au cœur de la vie intellectuelle de l’époque. Françoise décède le 16 février 1714 et il est intéressant de constater que sur l’acte de décès, il est stipulé qu’Augustin est désigné comme « relieur de Monseigneur et de Madame la Duchesse de Berry ». Cette dernière jouera un rôle important dans la carrière du relieur en lui confiant un grand nombre de volumes (dont les plus connues, aux « armes de France, à la bordure engrêlée de gueule, qui est de Berry, accolées d'ORLEANS » et au dos les lettres « M.L » entrelacées), mais aussi en lui faisant profiter de ses relations. Ainsi, elle intervint auprès du Régent pour qu’Augustin soit reconnu publiquement.
Berry décida d'apporter un appui décisif à son relieur en intervenant auprès du Régent pour qu'une reconnaissance particulière lui soit conférée, et fait exceptionnel, il fût reconnu « relieur ordinaire » alors qu’il n’y avait aucune vacance de la charge (on n’avait semble-t-il jusqu’alors jamais attribué plus de deux charges à la fois). Le brevet officiel fût délivré en ces termes le 26 février 1717 : « le Roy estant à Paris, ayant esgard aux témoignages avantageux qui lui ont esté rendus de la probité et capacité d'Augustin de SUEIL, maistre relieur à Paris, et voulant en cette considération le traiter favorablement, sa Majesté, de l'avis de M. le duc d'ORLEANS, son oncle Régent, a retenu et retient le dit de SUEIL en la charge de l'un de ses relieurs ordinaires pour par luy en faire les fonctions, en jouir et user aux mesmes honneurs, prérogatives et priviléges dont jouissent les autres relieurs de Sa Majesté, avec le pouvoir de mettre au devant de sa boutique un tapis chargé des armes et panonceaux de Sa Majesté. Et pour assurance de Sa volonté, Elle m'a commandé d'expédier au dit de SUEIL le présent brevet qu'ELLE a signé de sa main et fait contresigner par moy conseiller, secrétaire d'Estat. ». L'autorisation de mettre sur sa boutique « un tapis décoré des armes » royales était souvent accordée à des imprimeurs ou à des libraires royaux, mais, selon Thoinan, rarement à des relieurs. Selon cet auteur, « c'est peut-être ici la seule fois qu'elle est mentionnée dans un brevet de relieur ».

Dès lors, l’atelier d’Augustin connût un essor considérable, écoulant ses reliures aussi bien en France qu’à l’étranger, notamment en Angleterre. Ainsi, dans la perspective de la vente de la bibliothèque de François de Loménie de Brienne, évêque de Coutances, qui fût faite à Londres, Augustin fût chargé de relier 400 volumes, dont 140 in folio, 155 in 4° et 145 in 8° et 12° (Thoinan). Dans leur catalogue, les libraires anglais indiquèrent que la vente comportait des livres en excellente condition « nouvellement et très joliment couverts, dessus et dedans, en maroquin, par le fameux DUSUEIL » (Thoinan).

En 1728, la carrière d’Augustin se poursuit avec le décès de Louis-Joseph DUBOIS, relieur ordinaire du Roi, qui laisse une place vacante, rapidement attribuée à Augustin, dans un nouveau brevet :
« Aujourd'hui, 15 février 1728, le Roi estant à Versailles, bien informé de la capacité d'Augustin de SEUIL et de sa fidélité et affection à son service, Sa Majesté l'a retenu et retient en la charge de l'un des relieurs de sa maison, vacante par le déceds de Louis de BOIS, dernier possesseur d'icelle ; pour le dit de SUEIL l'avoir et exercer en jouir et user, aux honneurs, autorités, privilèges, franchises, libertés, gages, droits, fruits, profits, revenus et esmoluments accoutumés et y appartenants tels et semblables qu'en a jouy le dit du BOIS et tant qu'il plaira à Sa Majesté... »

Augustin compte alors dans sa clientèle presque tous les bibliophiles de son temps et son nom devait traverser les années en « estant toujours accompagné des plus pompeux éloges » (Thoinan). De ses reliures, on admirait « la perfection de ses corps d'ouvrage, la délicatesse de sa couvrure, la qualité de ses maroquins, l'élégance et le fini de ses dorures... » (Thoinan). Pour autant, Augustin ne signe pas ses reliures et il désormais très difficile de les identifier, à part pour celles issues du catalogue de Loménie.

Augustin décède en février 1746 alors qu'il était dans sa soixante treizième année. Au passage, on relira avec intérêt la lettre adressée de Billon à sa famille en 1728 :"Notre cousin DUSSUEIL vient d'être fait le premier relieur du Roy ; il a toujours envie de rentrer dans tous ses biens à Meunes ; il a son committimus il appellera toutes les parties à Paris pour y plaider où il gagnera tous ses procès. Il commencera par le S. Renaud s'il ne luy rend pas tous ses papiers ; M. Joseph Dussueill ne le paye pas, M. l'abbé Lejean et M. Chabert de Meunes ; ils s'en repentiront tous de ne l'avoir fait car les Ministres du Roi le protègent tous ; il doit relier au Roy une bibliothèque en marroquins du levant de trente six mille volumes."

Voici donc pour la vie d’Augustin Dussueil, du Seuil, d’Usueil ou même de Seuil, puisqu’on voit bien que son patronyme a beaucoup évolué selon les écrits, et au fil du temps, ce qui était chose courante à l’époque.

Mais qu’en est-il des reliures dites à la « du seuil » (j’ai choisi cette orthographe, qui me semble être la plus usitée ) ? Et bien, comme pour les reliures à la fanfare, elle est apocryphe, car même si Augustin laissa son nom à un type de reliure, il semble qu’elles aient existé bien avant sa naissance.
Les définitions changent, notamment en ce qui concerne le nombre de filets. Pour résumer, on peut dire que la reliure « à la du seuil » est une reliure présentant deux encadrements de filets dorés sur les plats, avec des fleurons aux angles de l’encadrement intérieur. L’appellation est néanmoins utilisée de façon plus courante, pour toutes les reliures anciennes avec des encadrements de filets.

Voici comment Nodier évoque Du Seuil dans le bibliomane, que j’ai déjà évoqué longuement sur le blog : « Depuis le moment où nous avions renoncé à l'espoir de le conserver (Le Bibliomane se meurt, NDLR), on avait roulé son lit près de sa bibliothèque, d'où nous descendions un à un chaque volume qui paraissait appelé par ses yeux, en tenant plus longtemps exposés à sa vue ceux que nous jugions les plus propres à la flatter. Il mourut à minuit, entre un Du Seuil et un Padeloup, les deux mains amoureusement pressées sur un Thouvenin. »

Ce qu’il faut retenir ? Si vous croisez une belle reliure du 17ème ou du 18ème présentant des encadrements de filets dorés, avec des fleurons, vous pouvez la qualifier de reliure "à Du Seuil", même si ce n’est très certainement pas Augustin Dussueil, l’un des grands relieurs de l’histoire, qui l’a réalisée.


H
Sources diverses: le Magazine du Bibliophile, Le Fléty, le Dictionnaire Encyclopédique du Livre et l'excellent article de Jérôme Dusseuil sur son aïeul, paru en 2004.

mercredi 26 décembre 2007

Les reliures I : la reliure à la fanfare

Amis Bibliophiles Bonjour,

J'ai déjà évoqué la reliure de nombreuses fois sur le blog, mais pour être plus clair, j'ai décidé de me lancer dans une typologie des reliures que je connais. Aujourd'hui, la reliure dite "à la fanfare".
Le style "à la fanfare" caractérise un type de reliure qui apparaît au milieu du 16ème siècle et qui durera jusqu'au premier tiers du 17ème.

Comme nous l'avons déjà évoqué à de nombreuses reprises, le terme est apocryphe et est en fait le résultat de la collaboration entre Nodier et Thouvenin. Pour faire court, Nodier, bibliophile et grand amateur de reliure, demande à son relieur favori, Thouvenin, d'exécuter pour lui une reliure pastiche sur un ouvrage de 1610 (ou 1613, selon les sources), intitulé "Les Fanfares et courvées abbadesques des Roule-Bontemps de haute et basse coquatigne". L'imitation eut du succès et pour pouvoir la désigner plus facilement on utilisa la dénomination "reliure à la fanfare", qui resta, et qui par extension, désigne désormais toutes les reliures de ce type, exécutées au 16ème et au 17ème siècle.

Comment reconnaître une reliure à la fanfare? En vérité, si vous en croisez une, il vous sera difficile de ne pas la remarquer, tant ces reliures sont spectaculaires. La décoration de type fanfare concerne principalement les plats, encore que le motif de la dorure puisse se prolonger sur le dos.
La dorure recouvre en effet entièrement les plats, et est exécutée au petit fer.

Pour Hobson, "le décor dit à la fanfare repose sur de stricts jeux de rubans dessinant, à partir d'un ovale central laissé vierge de toute dorure ou marqué des armes d'un possesseur, des compartiments de formes et de tailles diverses qui structurent toute la surface des plats et qui sont ensuite complétés de feuillages et de petits fers dont le nombre et la disposition déterminent la densité d'une composition toujours unique (1935)." Les zones délimitées au départ par les rubans ou filets, sont de forme ovale, ronde, quadrilobée ou carrée.

Si l'on entre dans le détail, on connaît deux sortes de reliures "à la fanfare":

- les "fanfares primitives" ou "fanfares vides" sur lesquelles les zones délimitées par les rubans ou les filets sont vides.
- les fanfares classiques, que l'on appelle simplement fanfares, sur lesquelles les plats sont entièrement couverts de petits fers et les zones délimitées par les rubans ont accueilli des ornementations de plus en plus riches et de plus en plus raffinées.
L'origine des reliures à la fanfare? On raconte (merci Gonzalo et Jean-Paul), mais sans que des preuves formelles aient pu être apportée, que les relieurs du milieu du 16ème s'inspirèrent du caparaçon d'un sergent apparaissant dans une gravure du livre d'entrée d'Henri II à Paris (réf. exacte: C'est l'ordre qui a este tenu a la nouvelle et ioyeuse entrée, que treshault, tres excellent, & tres puissant prince, le roy tres chretien Henry deuzieme de ce nom, à faicte en sa bonne ville et cité de Paris, capitale de son Royaume, le sezieme iour de Iuin M.D.XLIX., Paris, Jacques Roffet dict le Faucheur, disponible sur Gallica : http://www.exlibrisdatabase.com/images/fanfare.jpg).

Voici pour les reliures "à la fanfare". Sur le plan pratique, on en trouve encore parfois sur des ouvrages du 18ème. Naturellement quelle que soit l'époque, il s'agît le plus souvent de maroquins... et naturellement, elles sont recherchées des bibliopégimanes!

H

lundi 24 décembre 2007

Un peu de poésie pour Noël

Amis Bibliophiles Bonjour,

24 décembre oblige, vous comprendrez que je ne poste pas de message à caractère bibliophilique aujourd'hui.

Néanmoins, voici un petit moment de rêve.



Yael Naïm, New Soul. Superbe, le disque est un très joli cadeau de Noël.

(Les garçons, on évite de tomber amoureux svp).

Joyeux Noël à tous.

H

dimanche 23 décembre 2007

Portrait de Trautz.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

En hommage à la fidélité de Martin pour le blog, laissez moi vous conter l'histoire du plus allemand des relieurs parisiens, Georges Trautz. En effet, saviez-vous que Trautz, dont le nom est si souvent associé à Bauzonnet est né en Allemagne, dans le duché de Bade en 1808. Il fait ses premiers pas dans la reliure en tant qu'apprenti dans un atelier d'Heidelberg, puis se déplace à travers l'Allemagne avant de rejoindre Paris en 1830.
Il passe trois ans en tant que doreur chez Kleinhans avant de rejoindre le grand atelier de Bauzonnet comme ouvrier-doreur, où il contribue grandement au prestige déjà grand du maître (le baron Pichon saluera la beauté des dorures de Trautz)... Amour... Ich liebe dich, etc., notre ami Georges épouse la fille du patron et devient associé dans l'atelier. Les reliures sont alors signées Bauzonnet-Trautz jusqu'en 1851, année de la retraite de Bauzonnet. Dès lors, les reliures seront signées Trautz-Bauzonnet, ce qui est un élément de datation important si vous avez des reliures de cet atelier.
Tout au long du 19ème, l'atelier est une référence et les bibliophiles s'arrachent leurs réalisations. Le Baron de La Roche-Lacarelle dira même "Trautz ou rien".

Las, Trautz ne prendra pas de disciple, contrairement à d'autres ateliers qui laissèrent une trace importante dans la bibliophilie (Marius Michel, par exemple, père et fils, mais qui forma également Cretté). Aussi, à sa mort, son fils ne suivra pas ses traces, et l'atelier fermera définitivement ses portes.

L'atelier Trautz-Bauzonnet est l'un de ceux dont j'apprécie le plus le travail, qui est vraiment d'une grande finesse. Mais je l'avoue, j'ignorais que Trautz était compatriote de Schiller.

H

samedi 22 décembre 2007

Des chopins à moins de 50 euros...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

J'aurais dû faire de message plus tôt, mais figurez que Pierre Berès n'a pas trouvé mieux que de caler ses ventes la semaine passée, modifiant tous mes plans de parution...

Enfin, quoi qu'il en soit, voici vos trouvailles pour moins de 50 euros. Cela démontre clairement qu'on peut se faire plaisir avec cette somme.

Voyons un peu :

Pour 13 euros, Philippe propose le catalogue de la collection Rabelaisienne (avril 1877), achat sur ebay :

Guillaumus, de son côté est allé flâner du côté de Livre rare books et a déniché et acheté les trois ouvrages suivants :

Pour 46 euros :

Senac de Meilhan (Gabriel)Une préface des annales de Tacite
in-12°, 64 pp, br - 1/10 sur papier de Chine de tête - quelques rousseurs éparses Publiée avec un mot d'Avertissement par C.-A. Sainte-Beuve, et suivie d'une lettre du Prince de Ligne à M. de Meilhan Paris Académie des Bibliophiles 1868.

Pour 45 euros :

APULEE.
L'Ane d'or, 2 vol.
L'Ane d'or. P., A l'Enseigne du Pot cassé, 1929, 2 vol. in-8, demi-chagrin bleu, dos à nerfs décoré de motifs dorés, tête dorée, couv. et dos cons., non rogné, 250 et 282 pp. (SS15) - De la collection Antiqua, un des 300 vergé de tête.

et pour 45 euros encore :

JUSTINI HISTORIARUM ex trogo Pompeio libri XLIV.
Parisiis ex typographiâ Joseph Barbou 1770. In-12 VIII 441pp 2ff n ch. pleine basane havane racinée, dos lisse orné de filets et fleurons dorés, pièce de titre grenat, triple filet doré sur les plats, tranches dorées, rel époque. orné d'un frontispice par Gravelot et 1 vignette en tête de chapitre. Coiffe usée en tête et petit manque en queue, 2 coins émoussés.

Alain, de son côté, propose cet ouvrage, un peu trop abîmé à mon goût, mais qui s'est arrêté à 35 euros sur ebay :

1) Histoire critique de la république des lettres tant ancienne que moderne. 424 Pages. Tome 9 mais les Articles sont complets. Nombreux Articles de Bibliophilie. Bon état intérieur. Page de titre imprimée en rouge et noir; A Amsterdam chez Jacques Desbordes; 1715.

2) Relié à la suite : traité historique de l'établissement et des prérogatives de l'Eglise de Rome et de ses évèques. Ouvrage illustré d'1 Titre-Frontispice gravé. Bon état intérieur. Légères mouillures au bas de quelques pages dont la page de titre, sans gravité. A Paris chez Sébastien Cramoisy. 1688.

Pilou, qui rédige une thèse assez proche du sujet propose cet ouvrage de Boussut, le tome 2 du traité d'Hydrodynamique, chez Jomber, 1771, pour 52 euros.Bertrand, de son côté fait honneur à sa profession en ayant fait plusieurs chopins sur ebay:

- Un très bel exemplaire en demi maroquin citron à coins des Mémoires de Grammont. Edition Jules Bonnassies, 1876, sur beau papier. Avec 6 eaux-fortes de L. Chauvet. Réédition conforme à la princeps (originale) de 1713. Numéroté. acheté 34,50 euros.
- La Bibliophilie Nouvelle 1933-1939 - Chroniques du Bulletin par Fernand VANDEREM. 1 volume in-8 broché. Très bon état. 15,50 euros.

Ainsi que les deux ouvrages suivants :

- Un recueil d'articles XIXè siècle d'Octave Uzanne. (notre hôtel des ventes, les artistes originaux : albert Robina, eugène Grasset,...) reliés en un volume intitulé Miscellanea Octave Uzanne. acheté 13,75 euros

- Discours critiques sur l'histoire et le gouvernement de l'ancienne Rome. Traduits de l'anglais. A Paris, chez De Hansy le jeune, 1770. 1 volume in-12, cartonnage original en papier peint à fleurs du XVIIIè très bien conservé. 14,50 euros

Pris par le blog, je n'ai pas trouvé grand chose, mais je vous offre la possibilité de faire votre petit chopin dès maintenant, avec un très bon petit ouvrage, qui est en achat immédiat sur ebay, pour 50 euros pile. C'est un bon coup, je le garantis. :)

Le voici :

Un bon ouvrage 17-18ème, avec des gravures... Les 7 trompettes : 50 euros en achat immédiat

H

vendredi 21 décembre 2007

Enigme du vendredi...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Voici l'énigme du vendredi. Quand/si vous avez la réponse : blog.bibliophilie@gmail.com

Fastoche cette semaine! Un peu de musique pour vous aider...



Ne prenons pas de précaution inutile et entrons immédiatement dans le vif du sujet.

Célèbre comédie amoureuse du 18ème siècle, écrite par un français, je vais acquérir une dimension européenne au fil des siècles, faisant l'objet de reprises et d'adaptations qui accroîtront encore ma renommée.

Ma première version fût refusée par les Italiens et ce n'est que révisée que je pus enfin rencontrer la faveur du public.

Ma collation : [5]-46-[2]-132 pp ...

Mon auteur : aux occupations éclectiques, c'est le moins que l'on puisse dire, mais on peut également ajouter grand amateur de veuves, et inventeur génial.

Retrouvez mon titre, et le nom de mon premier éditeur.

H
PS : l'adagio pour cordes de Samuel Barber... ça remonte le moral, n'est-ce pas? Ne vous fiez pas au morceau lui-même, mais au reste.

jeudi 20 décembre 2007

Charles Nodier et Thouvenin, des reliures d'exception, les reliures aux écussons

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Lors de la dernière vente Berès, un lot a particulièrement retenu mon attention, le numéro 59, qui proposait un ouvrage de 1605 dans une "fausse reliure aux écussons de Nodier et Thouvenin".

J'ai voulu en savoir plus. Voici le fruit de ses quelques recherches :

J'ai déjà évoqué Charles Nodier (1780 - 1844) sur le blog. Académicien
et écrivain français à qui l’on attribue une grande importance dans la naissance du mouvement romantique, il fût également conservateur de la Bibliothèque de l'Arsenal. Son relieur favori était Joseph Thouvenin (ancien élève de Bozérian), avec lequel Nodier remis au goût du jour le style "fanfare", inventant le nom même de ce style "fanfare" au passage.

Charles Nodier admirait le travail de Thouvenin et pour lui marquer sa reconnaissance, il fît pour son relieur ce que Béraldi appelle "un honneur sans pareil et unique dans l'histoire du livre" en lui demandant d'associer leurs deux noms sur ses reliures.
Ainsi, sur chaque plat des relires confiées par Nodier à Thouvenin, on pouvait retrouver deux supra-libris différents : sur le premier plat, celui de Charles Nodier "Ex Musaeo Caroli Nodier", sur le second plat, celui de Thouvenin, "ex Opificina Jos. Thouvenin". Chacune des deux mentions était entourée d'un écusson ovale et c'est pour cela qu'on appelle cette série de reliures, exécutées dans les années 1830-1834, les "reliures aux écussons". Il semblerait également que certaines reliures exécutées dans les années 1820 aient été frappées des écussons a posteriori.

On connaît aujourd'hui environ 70 reliures aux écussons et elles sont donc très recherchées, quelques unes d'entre elles ont été vendues pendant les ventes Berès (mais je n'ai pas les prix finaux, je devais dormir lundi dernier au moment fatidique).
Le catalogue est malheureusement assez imprécis en ce qui concerne ce lot ("fausse reliure aux écussons de Nodier et Thouvenin"), alors, est-ce une reliure à l'imitation, ou bien est-ce l'un des reliures modifiées a posteriori? Vraie question.

Cet hommage de Nodier à Thouvenin en tout cas est une vraie particularité bibliophilique que je tenais à vous faire partager.

H

mercredi 19 décembre 2007

Espace, frontière de l'infini... "Débat" : le livre est mort...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Petit dialogue entre un vulcain et un terrien en 3265 :

"- Tiens, je suis allé à une vente sur Alpha du Centaure hier, la vente "Pilou 139", mais si, tu sais le descendant d'un grand bibliophile du 19ème siècle, sur Terre, ou bien n'etait-ce pas plutôt au 18ème... je m'y perds avec ce nouveau calendrier interstellaire... On est quel jour aujourd'hui? KV LXIV? Enfin bref, et bien figure toi que j'ai fait quelques Claydermans (illustre compositeur français qui remplaca Chopin dans le coeur des mélomanes au milieu du 21 siècle)...
- Naan? Raconte moi ça, la dernière fois que je suis allé à une vente à la porte d'Orion je n'ai rien trouvé à part un vieux Kindle de génération 83...
- Et bien moi mon cher, j'ai déniché deux digidisks des oeuvres de Brett Easton Ellis, édition originale en format phonebook, ses deux premiers best-sellers uniquement diffusés sur téléphone portable...
- sur quoi?
- Téléphone portable, tu sais les intercoms primitifs.
- J'en ai entendu parler, mais jamais vu.
- Bah, moi non plus, mais bon.. Enfin bref, deux digidisks en format phonebook pour 500 crédits! T'imagines! La Bibliothèque Des Racines Humaines n'en a qu'une dizaine...
- Ils sont complets?
- Euh, non... C'est un peu le problème, pas de générique de début et l'hologramme de l'Institut Cosmique de Contrôle des Données n'est plus présent.
- Dommage, mais ça explique le prix... C'est devenu trop souvent le cas sur les livres anciens, le Grand Conflit a fait pas mal de dégâts.
- C'est vrai, quand tu penses qu'avant il paraît qu'on imprimait des livres sur du papier...
- Du quoi?
- Je sais pas, un truc comme des feuilles de silicium, ou du latex je crois. Enfin organique en tout cas.
- Organique? Tu plaisantes? Tu imagines le coût?
- Tu as raison, c'est probablement une légende.
- Bon sinon, tu en es où au niveau de ta bibliothèque?
- Ca se construit, ça se construit.... Je suis de plus en plus bibliopégimane, je me réoriente en ce moment sur les boîtes de Mega Data File, on en trouve encore, récemment j'en ai rentrée une en adamantium, avec un dos lisse!
- Naaaaan, dos orné?
- Oui, superbe... Moitié moins cher que chez le dataseller des quais de la ceinture de la Grande Naine...
- Tu m'étonnes, tous des escrocs ces marchands! Je préfère encore prendre un cargojet pour le satellite xb24 d'ebay, c'est celui qui est consacré au grand marché des données, et s'il me reste du temps je file sur la planète mère ouvrir un compte paypal en grognioks de Gondor.... ces satanés barbares de la frontière refusent les crédits quand je leur achète des mutapets pour ma fille...
- Ah les chiens! Ca me fait penser qu'il faut que j'y aille, Kirk 239 m'attend sur l'Enterprise. Je te laisse!
- A plus, Longue vie et prospérité.".

Vous croyez que je plaisante?

Savez vous que 5 des 10 romans les plus vendus cette année au Japon ont été écrits sur des téléphones portables. Ils ont été vendus à 400.000 exemplaires en moyenne. Que nous serait-il arrivé si La Fontaine avait écrit ses fables sur un téléphone portable?

Et que penser de la numérisation des livres, documents et notamment des bibliographies dont les versions papiers deviendraient obsolètes (volume occupé, difficulté à compulser…), sujet que nous évoquons souvent sur le blog?

La technologie présente des avantages mais aussi des inconvénients et non des moindres. Voici en substance les idées développées dans un article du dernier " Pour la science n°361 nov 2007 pp 14 et 15 "

De nos jours des données de tous ordre sont écrites et conservées sous forme numérique pour la commodité et la compacite (1 DVD = plusieurs kilo de papier)

La mémoire de l'humanité est donc de plus en plus numérique, bien que cette technique soit extrêmement instable. Ce problème tient donc en 2 points.

Le premier c'est le caractère indirect du stockage : il est tout à fait impossible de lire avec ses yeux un document sur support numérique, il faut passer, pour cette lecture, par des appareils en constante évolution . qui peut lire aujourd'hui des données stockées il y a 10 ans sur disquette 5,25 pouces ? (plus de lecteur et plus de logiciel)

Le deuxième problème tient dans la durée de vie du support, les bandes magnétiques, les CD et les DVD tout comme les disques durs ont une espérance de vie d'une dizaine d'années (voire parfois beaucoup moins).

Pour préserver les données il faut régulièrement les recopier sur un support neuf.

Si l'on néglige, durant quelques années, ce travail de recopie, l'information est perdue !

Alors quoi? Le Livre est-il en voie d'extinction (où sont passés les papyrus d'ailleurs?), que devons nous commencer à collecter pour être les bibliophiles de demain? Des DVDs? Des disque durs, des cartes SIM?

Entre nous, le Livre n'est-il pas "fini"? Terminé, hors de propos? Nous, gardiens du temple, comment devons vivre cela? Et qu'est ce que cela va signifier pour les livres anciens? On est fichus (grosse panique de l'auteur!!).

C'est un vrai faux débat entre nous, amoureux du livre, mais pour le reste de la société?

H

P.S. : merci beaucoup à Pascal pour l'idée.

Les Nourritures Terrestres ou le dîner des Bibliophiles

Amis Bibliophiles Bonjour,

Qui? Comment? Pourquoi? Lundi dernier s'est tenu à Paris le dîner des lecteurs du blog, dont j'ai si souvent parlé ici.

Voici un bref compte-rendu, pour décider ceux qui n'ont pu venir cette fois-ci à nous rejoindre la fois prochaine?

Qui? Avant tout, c'est une sensation étrange de pouvoir enfin mettre des noms sur les pseudos qui accompagnent les commentaires du blog, et de faire mieux connaissance avec leurs auteurs. Ainsi, vous qui ne vîntes pas, il est important que vous sachiez que Gonzalo ne porte pas de sombrero en permanence, que Pilou possède un système pileux tout à fait normal (en apparence au moins!), que Jean-Marc n'est pas venu à skis et qu'il mange autre chose que du gratin, que Pascal "de" Soissons, habite en fait près de Soissons, et qu'il est donc inutile de lui demander si sa famille descend en droite ligne de la noblesse mérovingienne, et que Jean-Paul, possède également une belle collection de cravates livresques, etc. etc.

Comment? Nous nous sommes rejoints vers 20h15 et quittés juste après minuit. Je crois que le dîner a été honnête sur le plan de la cuisine, les livres amenés par chacun ont circulé entre les plats et la bonne humeur et l'humour étaient de rigueur. Un non bibliophile nous aurait sans doute pris pour une belle brochette de farfelus, en entendant comparer les odeurs réciproques des livres 16ème et 19ème, en voyant Xavier examiner chaque papier en transparence, en écoutant Valérie nous expliquer que le délicieux dessert qu'elle avait amené pour chacun venait directement d'un livre de cuisine du 18ème qu'elle avait d'ailleurs apporté (pralines en olive caramélisées, si je me souviens bien).

De mon côté, en dehors de l'émotion de voir ces lecteurs et amis réunis, j'ai réalisé qu'il devait sans doute être bien rare de trouver 10 bibliophiles, aussi passionnés et en même temps aussi éclectiques, autour d'une seule table. Les échanges, 100% bibliophiliques, furent passionnants.

Pourquoi? Pourquoi ne pas venir la prochaine fois? Je pense que ne renouvellerons l'expérience quelques fois dans l'année, par exemple autour du Salon du Grand Palais. Je vous en reparlerai.

Je termine avec trois mentions spéciales : une pour Valérie, pour la remercier une nouvelle fois pour son dessert, une pour Jean-Paul, pour la délicate attention qu'il a eu pour chacun de nous, et une conjointe pour Rémi/Gonzalo et Philippe/Pilou, pour leur jeunesse et en même temps leur déjà excellente connaissance des livres à seulement 22 et 23 ans! Impressionnant!

H

mardi 18 décembre 2007

Compte rendu de la vente Pierre Berès

Amis Bibliophiles Bonsoir,

"T'as pas 10 euros?". Voilà ce qui suffisait pour repartir de ces deux jours de la 6ème vente du fonds de la librairie Pierre Berès avec un petit morceau d'histoire.

10 euros. C'est en effet le prix auquel sont partis les deux lots les moins chers de la vente. Pour le reste, sans bourse bien garnie, il était délicat de se frayer un chemin entre les adjudications toutes plus disputées les unes que les autres, par une salle comble, et une douzaine de téléphones.

C'était clairement l'événement bibliophilique de la semaine : on pouvait se voir remettre sur sa bonne mine des ouvrages de quelques milliers d'euros pendant quelques minutes au cours de l'exposition, pour les contempler et rêver, on pouvait mettre un visage sur la plupart des grands libraires français et européens, présents dans la salle, et imaginer quels grands noms se cachaient derrière les enchères téléphoniques les plus élevées.

Que vous dire de plus? De mon humble avis, les prix ont été très soutenus, et pour répondre à une question posée sur le blog il y a quelques jours, très au delà des estimations du catalogue. Le sommet de la vente a été atteint avec le très attendu exemplaire de Paradis artificiels, Opium et haschich, exemplaire de Charles Baudelaire, abondamment annoté par Baudelaire lui-même en vue de ses conférences de Bruxelles (lot 449), qui a atteint la "coquette" somme de 375 000 euros, sans les frais (environ 21%).

Mais, curieusement, on pouvait aussi trouver dans le catalogue des lots estimés à 20 ou 30 euros, et qui furent vendus de la même façon! Comme je le disais plus haut, vous pouviez donc repartir de la vente avec un petit morceau du mythe Berès en poche : pour 10 euros, vous rentriez chez vous avec sous le bras 4 volumes de la revue "Le Studio"n Londres, 1898-1905, dans une élégante reliure Bradel de l'époque.

D'autres prix à la volée? 4200 euros pour un Songe de Poliphile, l'édition de 1600, mais seulement 100 euros pour deux volumes in-12 en veau moucheté de Zayde, Histoire Espagnole, par la Comtesse de La Fayette (1725), ce qui est à mon avis moins cher que sur ebay, en passant.

7800 euros pour les Contes et Nouvelles en vers de La Fontaine (1685, exemplaire de 1er tirage en maroquin de l'époque), 8200 euros pour un De L'esprit de Helvetius en maroquin citron (EO, tirage 1B), 36000 euros pour l'Encyclopédie en format in-folio, plein veau.

Globalement, je pense que la grande majorité des lots sont partis à plus de 3000 euros. Un moment difficile donc pour un bibliophile qui tient un blog et qui avait souligné quelques ouvrages dans son catalogue.

Mais voilà, je ne reviens pas bredouille! J'ai acheté un ouvrage que je ne connaissais pas, dans un domaine qui n'est pas habituellement mien, mais je suis quand même très satisfait de mon "exemplaire Berès", ma petite portion du mythe.

C'est le lot 150 : Nicolas Pradon, "Le Triomphe de Pradon", Lyon, 1684, un volume in-12 en maroquin rouge, curieusement signé "Duru et Chambolle", avec un beau frontispice. Le voici. Il est en état parfait. Le prix? 150 euros! Aucun regret donc!

Voici quelques photos:



Si vous avez vous aussi assisté à la vente, n'hésitez pas à ajouter votre commentaire.

Ce que j'en retiens en quelques mots? Pour emprunter à Pibi son style télégraphique : Grand moment de la bibliophilie - stop - Enchères très soutenues - Stop - Prix très/trop élevés - Stop - 10 lots à moins de 200 euros - Stop - Mais je m'en suis bien tiré :) - Stop.

H
P.S : en marge de la vente se tenait le dîner des bibliophiles du blog, je vous en parle demain, avec un débat en cadeau!

dimanche 16 décembre 2007

Solution de l'énigme

Amis Bibliophiles Bonsoir,

La solution était "Les Simulachres & Historiées face de la Mort", à Lyon, 1538, chez les frères Trechsel.

La réponse précise était "sous l'écu de Coloigne".
Bravo à tous ceux qui ont cherché (une trentaine de mails de personnes différentes hier après-midi), et à tous ceux qui ont trouvé.
Comment trouver?

La musique est la Marche Funèbre de Siegfried (titre indiqué en allemand au bout de quelques secondes de video), et de la marche funèbre à la Danse Macabre, il n'y a qu'un pas, que je vous ai aidé à faire avec Saint-Saens (compositeur d'une Danse Macabre déjà proposée sur le blog).
Il "restait" à trouver la bonne édition, celle éditée par deux frères, sur les bases du travail du Jeune. Le Jeun est Holbein le Jeune, auteur des gravures de la première danse macabre imprimée en France.... par les frères Trechsel.
L'enseigne est l'écu de Cologne, comme on peut le voir sur la page de titre de l'ouvrage, qui est disponible ça et là sur le net.

H

Pierre Berès, bibliophile à 11 ans, libraire à 17 ans...

Amis Bibliophiles Bonjour,

Demain, vous le savez, débutera à Drouot la 6ème vente du fonds la librairie Pierre Berès.

Mais qui est Pierre Berès? Revenons quelques instants sur ce grand homme de la librairie ancienne.
Né en 1913, Pierre Berès a dédié sa vie au livre précieux. Il est entré en bibliophilie aux premiers âges de l’adolescence, en collectionnant d’abord les autographes, avant de se lancer, à 16 ans, dans le commerce de livres. A 17 ans, alors que sa « librairie » est sa chambre d’adolescent, il lance son premier catalogue (!), et à 24 ans, il ouvre sa première librairie.

Le jeune homme est passionné, il a un instinct très sûr, mais surtout il est ambitieux et c’est un travailleur acharné. La crise de 1929 et les opportunités d’achat qu’elle engendre lui permettront de se constituer rapidement un fonds très important, le point de départ de son activité, et qui fait presque immédiatement de lui l’un des plus grands libraires de la place parisienne, alors qu’il n’a que 27 ans.

Tout au long de sa vie, Berès « créera » ainsi, à force de rencontres avec des grands auteurs, mais aussi de grands collectionneurs, les conditions de son succès.

Il est proche de Gide, Aragon, Eluard ou Paul Morand, mais aussi des grands collectionneurs comme Patino, André Rodocanachi.

Ses faits d’armes sont nombreux, on s’en doute, mais on retiendra par exemple qu’en 1957, il achète la collection Pillone, composée de 168 livres du 15ème et du 16ème siècle, réunis par un vénitien vers 1590, qui avait fait peindre la tranche des volumes par Vecellio, un peintre de l’entourage de Titien. Pierre Berès les acquiert d’un seul tenant pour 15000 livres sterling. Il les écoulera au fil des ans, lentement, et très chers, non sans en avoir offert 3 à la Bibliothèque Nationale.

En 1947, il est envoyé à New-York par Jacques Chaban-Delmas, jeune maire de Bordeaux pour acheter Le Livre de raison, annoté par Montaigne, mis aux enchères lors de la vente Lucius Wilderming. Il part avec 1500 dollars… et le livre est adjugé 21000 dollars.. Pour l’arracher, Pierre Berès n’hésitera pas à emprunter sans en référer à son commanditaire. Le livre est aujourd’hui encore à la bibliothèque de Bordeaux.

L’homme est entouré de légendes. D’une part sa collection personnelle, car l’homme n’a pas hérité d’une librairie, comme nombre de ses confrères, il est à la base un vrai bibliophile, qui fait fantasmer les amateurs et dont les pièces sont distillées au cours des ventes de Pierre Bergé.

D’autre part, également, une triste rumeur qui insinue qu’il a profité de l’Occupation pour enrichir son stock, alors qu’il avait ouvert sa librairie de l’avenue de Friedland juste avant la guerre. Cette rumeur a probablement été diffusée par des confrères jaloux, car il faut bien avouer que l’activité de Pierre Berès est officielle et exposée, et que les spoliations ont fait l’objet d’enquêtes poussées depuis la guerre, notamment sur les biens juifs, sans que Pierre Berès ne soit jamais même cité. Il serait bon par conséquent de tirer un trait définitif sur ces insinuations. Avoir eu un client tel que Ernst Jünger pendant l’Occupation, auteur allemand d’ailleurs francophone et francophile, ne fait pas de vous un spoliateur.

Bibliophile et libraire d’exception, la vente de son fonds ne pouvait déboucher que sur des ventes d’exception, réunissant à Paris et au téléphone, les plus grands collectionneurs et les plus grands libraires du monde.
Au cours des 5ères ventes, on aura ainsi noté l’adjudication des lots suivants :

- Un envoi de Musset à George Sand sur La Confession d'un enfant du siècle (72 000 €)
- L'exemplaire de Madame Bovary a appartenu à Lamartine (65 000 €=
- Le Theatrum Orbis Terrarum du géographe Abraham Ortelius, imprimé à Anvers en 1573 (340 000€)
- Le Manuscrit de Voyage au Bout de la Nuit… 2 M€ (BNF)

Je serai à la vente demain, il est fort peu probable que je puisse arracher un lot, même le plus petit, mais qui sait, je vous tiendrai au courant. (Hugues, arrête de rêver).

Pour un portrait encore plus détaillé : http://www.lire.fr/portrait.asp/idC=48747/idTC=5/idR=201/idG=8

H

samedi 15 décembre 2007

Aux frontières de la bibliophilie : débat

Amis Bibliophiles Bonjour,

Bien, bien, bien, je constate qu'un week-end ne sera pas de trop pour vous aider à dénouer les fils de cette énigme.

En attendant, et pour stimuler un peu vos neurones, j'aimerais avoir votre avis sur une question que je me pose.

Ce matin, à Brassens (je parle du marché Georges Brassens, à Paris, un marché du livre ancien qui a lieu tous les week-ends), je me suis rendu compte que 50% des étals n'étaient plus consacrés au livre ancien, au sens large, mais bien à d'autres sujets.

Aussi, j'en viens à m'interroger, plus ou moins naïvement (et surtout moins) sur les trois points suivants :

1. Les collectionneurs de cartes, plans et autographes, et de manière générale de vieux papiers peuvent-ils être considérés comme des bibliophiles?

2. Les amateurs de bandes dessinées sont-ils des bibliophiles?

3. A partir de là, où se situent les frontières floues de la bibliophilie?

H
P.S. : un indice pour les "chercheurs", il s'agît de la "marche funèbre" de Wagner, dans Siegfried. A partir de là, il n'y a qu'un pas.

vendredi 14 décembre 2007

Enigme du vendredi... et du week-end...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Suivant l'idée d'Isabelle, je vous propose désormais l'énigme le vendredi soir, comme cela vous avez tout le week-end pour y réfléchir. Ce n'est plus une course de vitesse, puisque vous avez tous des contraintes différentes, mais plutôt un défi personnel.

Si vous avez la réponse : blog.bibliophile@gmail.com

Cette énigme n'est pas évidente (mais pas trop dure), mais c'est ce qui en fait le sel..., et vous pourrez réfléchir en musique.



Oeuvre majeure, je fus imprimée en France pour la première fois par une fratrie, sur la base du travail du "Jeune", effectué 12 ans plus tôt dans un autre pays.

Avec ces indices, le texte, la musique (qui elle même a un saens), vous trouverez facilement qui je suis.

Mais ce serait trop simple, aussi j'aimerais que vous me donniez plutôt la réponse suivante...

A quelle enseigne ai-je été publiée?

C'est simple, il figure au bas de ma page de titre.


H

P.S. : Klause Tennstedt à la baguette pour conduire ce passage du Siegfried de Wagner... Wagner, oui, Wagner... A consommer avec modération.. Comme dit Woody Allen "quand j'écoute trop Wagner, j'ai envie d'envahir la Pologne!". :)

jeudi 13 décembre 2007

Un exemplaire Descamps-Scrive et Octave Mirbeau

Amis Bibliophiles Rebonsoir,

Je vous parlais hier de l'exemplaire Descamps-Scrive que je possède. Il s'agît du numéro 497 de la 3ème vente.

497. HERVIEU (Paul). Flirt. Paris, Alphonse Lemerre, 1890, in-12, mar. bleu jans., doublé de mar. bleu, fil., gardes soie brochée, tr. dorées sur témoins, couv. (Marius Michel.)
Edition originale.
Un des 25 exemplaires imprimés sur papier de Hollande (n° 23).
Envoi autographe de l'auteur:
"A mon cher Octave Mirbeau ma bien tendre envie de ce qu'est son esprit et de ce qu'est son coeur."
Paul Hervieu

Suite à quelques demandes par email, je mets en ligne quelques images.
Ci-dessous, quelques questions posées par les membres du blog... demain, un long, très long, portrait de Pierre Berès sur lequel j'ai travaillé cette semaine.

H

Courrier des lecteurs...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Voici quelques questions reçues par email, dont je ne doute pas que vous connaissiez les réponses :

1. Selon vous, en dehors des livres de prix, peut-on considérer qu'un livre portant les armes d'un bibliophile a effectivement appartenu à ce bibliophile?

2. Vraie question de bibliophilie : connaissez-vous la signification et l'intérêt d'un exemplaire réglé? A quel moment ce "réglage" intervenait-il, et quel en était le but? J'ai une idée (calage du texte avant impression peut-être, ou pour rendre la lecture plus agréable en "centrant" mieux les blocs de textes?)

3. Un nouvel ami du blog cherche à identifier ce fer... Auriez-vous une idée?
4. Pascal s'interroge toujours sur la "valeur" de son encyclopédie : les 36 volumes de texte et les 3 volumes de planches (complets) de l'édition Pellet (Genève 1777). Ils sont dans leur reliure d'attente. Quoi? J'ai bien lu ou bien j'ai la berlue? En reliure d'attente... mais Bertrand et Jean-Paul en rêvent!

H

mercredi 12 décembre 2007

A quoi reconnaître un vrai bibliophile? Au goût!

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Nous avons souvent débattu de la définition de la bibliophilie et du bibliophile. Débats vains... jusqu'à aujourd'hui où je crois pouvoir affirmer qu'une nouvelle fois, c'est grâce au blog que la vérité va éclater.

Le bibliophile, vous en conviendrez tous, vous dont la modestie n'a d'égale que l'avidité à remplir vous rayonnages, le bibliophile est homme (ou femme) de goût. Le bibliophile, tout en s'en défendant, n'est souvent qu'à un demi-pas de la bibliomanie et autres névroses. Pourquoi? Car face au livre, il ne sait plus faire preuve de discernement.

Alors voilà, au contraire du bibliomane, le bibliophile saura choisir, et plutôt que de s'encombrer de volumes inutiles, il saura faire preuve de goût et s'entourer des objets suivants....

Ce n'est pas votre cas? Vous n'en possédez aucun, mais vous avez 37 éditions différentes des Fables de La Fontaine.... Aïe, mille regrets...

H

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