« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

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jeudi 26 juin 2008

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonsoir,

La saison touche à sa fin et les maisons de vente organisent les toutes dernières ventes avant deux mois d'interruption. Côté ebay, pas de trêve, les affaires continuent... En voici une petite sélection, forcément personnelle.

Beau recueil de gravures, avec des animaux étranges...

Les Manteaux du Comte de Caylus avec la seconde partie "que l'on peut se dispenser de lire"!

L'âne d'or d'Apulée, 2 volumes, 1736

La Religieuse Cavalier, curieux ouvrage licencieux 1696

Curieux recueil de chansons manuscrites, 1820

Le Moreri, dictionnaire in-folio, 1681

Gastronomie : instructions pour les confitures et les liqueurs, 1740

Le Troisième voyage de Cook, le résume en in-8

Pour les amateurs de belles reliures :

Superbe : Amours des Dames illustrées, 1691, relié par Hardy

Saint Augustin, élégant maroquin du 17ème

Les Fleurs Animées, par Grandville

L'ouvrage que les lecteurs du blog vont s'arracher : les souvenirs d'un bouquiniste!

A vous de jouer !

Bonne chasse.

H

91 commentaires:

Wall a dit…

Pourquoi faut-il toujours faire de la pub pour les livres qui m'intéressent???? :)

Il y en a bien un que j'espère pouvoir acheter dans le lot, s'il ne monte pas trop...

Wall

Hugues a dit…

Désolé Wall :)
Dites nous lequel, ça ne changera rien et on essaiera de ne pas vous pousser!
H

Wall a dit…

De toutes façons, c'est normal. A mon avis, je suis loin d'être le seul dans ce cas. En plus, comme j'aime les belles reliures, il devient rare que vous en mettiez en avant sans que je les vois.

Celle qui m'intéresse est le Saint Augustin, mais je n'ai aucune idée du prix que cela peut faire, et ma limite est somme toute assez basse (je pense)

Wall

Etienne a dit…

Hum... Ce Saint Augustin tant suivi devrait faire 300-400, non?
Etienne

Mitch a dit…

Bonjour, j'ai quelques reliures veau à "ranimer" et quelques dorures à "magnifier", sauriez-vous si on peut se procurer de la cire 213 via internet?
Merci
Mitch.

Anonyme a dit…

http://www.bnf.fr/PAGES/infopro/conservation/cons_infos_cire.htm

Anonyme a dit…

Bonsoir, je suis contre la cire 213. Une preuve simple : aller voir la notice et constater : à utiliser avant deux mois après ouverture. Cet écrit, est-ce une cire de conservation du cuir des reliures ? Autre défaut : contient de l'eau et un solvant ; bref tout ce qu'un cuir ancien déteste. Cordialement, Michel.

Nicolas a dit…

disons que la cire 213 tue les microbes et autres champignons...
elle n'est pas forcément là pour rendre plus beau votre livre... c'est une cire de conservation !
par ailleurs il faut penser à mettre des gants lorsque vous l'utilisez...

xavier a dit…

Une fois ouverte la cire 213, se conserve dans la bas du réfrigérateur, dixit mon ancien instructeur de bibliophilie
Xavier

Hugues a dit…

Moi j'aime bien la 213, mais si Michel m'envoie un échantillon de la sienne, je veux bien vous faire un article comparatif façon 60 Millions de Consommateurs...
H

Gonzalo a dit…

"je suis contre la cire 213. Une preuve simple : aller voir la notice et constater : à utiliser avant deux mois après ouverture. Cet écrit, est-ce une cire de conservation du cuir des reliures ? Autre défaut : contient de l'eau et un solvant ; bref tout ce qu'un cuir ancien déteste. Cordialement, Michel."

Et que proposez-vous en remplacement?

Un traitement imparfait est toujours mieux qu'aucun traitement. J'ai sauvé plusieurs reliures desséchées (et même épidermées!) grâce à cette cire. Le cuir qui menaçait de céder (au charnière) est redevenu souple et la reliure n'en est pas moins belle.
Les veaux clairs ont tendance à foncer, mais c'est le seul inconvénient (d'ailleurs annoncé sur la notice) que j'ai à noter.

Je doute qu'une institution publique ayant du personnel aussi compétent et des moyens financiers aussi conséquent ait perdu du temps et de l'argent à mettre au point un produit malsain.

Anonyme a dit…

Bonjour à tous, pour Hugues: chiche, il me faut l'adresse. Pour Gonzalo : il existe à travers le monde d'autre formule, celle du british museum en fait partit. Avantage ; pas de solvant, pas d'eau. Principe actif : essence de cédre (bactéricide et fongique naturelle) qui a fait ses preuves : principe essentiel pour la momification. Quand à l'institution, je leur est vendu cette cire... Je ne dit pas que la cire 213 est malsaine, mais que les recherche sur les cires sont en perpétuelle mouvement. Tout comme les recherches sur la restauration des reliures et du papier, on est seulement à l'ère préhistorique. Pour ceux que cela intéresse, je leur tiens à leur disposition les dernier articles de recherche européen sur le sujet. Cordialement, Michel.

alex. a dit…

La reliure absorbe au cours du temps diverses poussières, pollutions atmosphériques, projections, dégradations chimiques, épidermures de frottements, taches diverses sur sa surface, etc.
De plus, au 17e siècle, les peaux des reliures étaient recouvertes d’une multitudes de petits points noirs : la jaspure. Au départ, la jaspure masquait les irrégularités de la surface de la peau. Au cours du siècle suivant, la jaspure devient un concept décoratif. Au début du 18e siècle, elle sera remplacée par la marbrure.
La jaspure était un liquide coloré projeté sur la surface de la peau mais la composition de ce liquide à base de sulfate de fer (vitriol) et de noir de fumée est un heureux combiné chimique qui provoque une détérioration à la surface de la peau (craquement, puis fissures et parfois perforations profondes).

Les principes à retenir :
- bien maîtriser les quantités de produits,
- ne jamais mouiller le cuir,
- bien masser (être régulier sur la surface de la peau).

Ma méthode (tirée de plusieurs enseignements) :
1. Avec une éponge naturelle, humidifiée et essorée au maximum, associée à un savon (type BRECKNELL), je nettoie la surface de la peau (les poussières superficielles) puis je rince à sec. Ce nettoyage flatte la couleur du cuir. Les petites épidermures s’estompent et les dorures retrouvent comme un claquant.
2. Pour ma part, je réencolle ensuite légèrement la surface de la peau par massage avec un mélange de colle KLUGEL G (colle de restauration chez STOULS) diluée à 25% dans de l’alcool éthylique. J’élimine le surplus avec un chiffon et je fais sécher rapidement. Ce réencollage améliore la présence des craquelures de surface et surtout le manque de résistance mécanique du cuir.
3. Je nourris le cuir avec une cire (213 ou British Muséum de Londres). La cire 213 est à base d’un liquide mouillant, en fait de l’essence de Térébenthine qui fonce la teinte d’un cuir ancien mais c’est toujours mieux que rien.
Dans tous les cas, le cuir est beaucoup plus lisse en surface, la résistance de la reliure est améliorée et la teinte de la peau est plus proche de sa couleur d’origine.

Gonzalo a dit…

Merci pour ces conseils Alex.
Une simple question au sujet de votre étape 2: le réencollage du cuir n'empêche-t-il pas la cire de pénétrer le cuir (étape 3)?
Je n'avais encore jamais lu qu'il fallait encoller un cuir. D'autres lecteurs pratiquent cela?
J'admets ne pas bien comprendre la logique "mécanique" de cette opération: un cuir encollé n'est-il pas plus rigide, donc plus cassant?
Beaucoup de questions, mais le sujet me semble aussi complexe qu'intéressant.

A bientôt.

PS/ Michel, désolé pour le tonsans doute trop aggressif de ma précédente intervention sur ce fil. J'espère que vous ne l'aurez pas mal pris.

PPS/ Peut-on se procurer la cire de la British library quelque part sur leur site? Je ne l'ai pas trouvé dans la rubrique "online shop".

Pilou a dit…

Bon, puisque l'on en est à l'ebayana, voici une petite folie américaine à 1200$:
http://cgi.ebay.com/1535-Coverdale-Leaf-Bible-1st-Ed-EXTREMELY-RARE-NT_W0QQitemZ130233362821QQihZ003QQcategoryZ29223QQssPageNameZWDVWQQrdZ1QQcmdZViewItem

Et ensuite, un attrape-couillon:
http://cgi.ebay.com/1200-manuscript_W0QQitemZ260255939430QQihZ016QQcategoryZ2201QQssPageNameZWDVWQQrdZ1QQcmdZViewItem
Si quelqu'un est prêt à perdre 1500$...

Wall a dit…

Quelqu'un saurait-il mettre un nom sur le monogramme de cette reliure?

http://cgi.ebay.fr/ws/eBayISAPI.dll?ViewItem&rd=1&item=200232978788

(je n'en suis pas l'acheteur, c'est par curiosité)

Wall

Olivier a dit…

Une impression rouge particulièrement adaptée... :
http://cgi.ebay.fr/LES-CHEMISES-ROUGES-REGNE-DES-ANARCHISTES-RARE_W0QQitemZ120277763556QQihZ002QQcategoryZ47381QQssPageNameZWDVWQQrdZ1QQcmdZViewItem
Olivier

Hugues a dit…

Il y a avait aussi cette extravagance hier soir :
http://cgi.ebay.fr/ws/eBayISAPI.dll?ViewItem&rd=1&item=280237879501&ssPageName=STRK:MEWA:IT&ih=018
H

Anonyme a dit…

Bonjour, la cire british museum peut être fabriquer par un pharmacien ; la formule n'est pas secrète : vaseline, cire d'abeille blanche officinale et essence de cèdre. La cire 213 a une composition en eau de 45 à 55 % suivant la formule donné par Arles ou la BNF Paris. Une cire de conservation n'est pas faite pour pénétrer en profondeur, mais pour assurer une protection contre les agressions extérieures. Je suis d'accord avec Alex. sur tout son article. Nous essorons l'éponge dans un chiffon pour être sur d'avoir une humidification minimale. Bref, un sujet en perpétuelle mouvement...
Pour Gonzalo : pardonner, et la cire se procure en france chez nous ; mais ne voulant pas profiter de la situation j'attends le diagnostic de Hugues pour son essais comparatif type 60 millions ... Bonne journée, Michel.

Wall a dit…

Je n'ai pas eu le Saint Augustin :(

2ème meilleur echérisseur, ma limite était donc trop basse... mais bon, mon porte-feuille d'étudiant ne pouvait fournir plus

Wall

Frédérick a dit…

Dommage pour toi Wall
Il n'est pourtant pas parti si cher que cela.
Cela reste une bonne affaire

Pilou a dit…

Enfin, pas cher, ça reste tout de même 256€, sans compter les frais de port, soit la moitié de mon salaire de job étudiant. Je comprends tout à fait Wall. Il y a des priorités pour vivre, et le livre ancien n'en fait sûrement partie.

Tiens, à ce propos, une petite anecdote, qui m'a cependant consterné et vraiment énervé, ce week-end à Saint-Sulpice. Un libraire (enfin, je n'en suis pas sûr, vu son attitude "commerciale") a réussi à me sortir une phrase qui ne fait que confirmer mon opinion vis-à-vis des libraires, et penser également que les bons sont exceptionnels... Alors que je regardais une "Histoire du Bas-Empire" en assez moyen état (très bon état pour le libraire cité par Bertrand), je tombe sur la fiche de prix et la range immédiatement (parce que je venais de trouver la même édition, dans un meilleur état à 100€ de moins deux stands plus loin). Et le vieux c** (désolé, pas de respect pour ce type, il n'en a pas eu pour moi) me sort:
"Ah, bah on s'arrête tout de suite au prix. Dans ce cas, ça ne sert à rien de venir, on n'a rien à faire ici."
J'ai été réellement choqué.

D'ailleurs, un point qui m'a révolté sur ce salon, c'est la propension des libraires à croire que le lecteur potentiel est un vieux grabataire au porte-feuille bien garni ou un milliardaire russe, et que le jeune est forcément un gamin inapte à apprécier un livre et tendant à la destruction de la marchandise, ou bien entendu au vol. Trois libraires m'ont retiré les livres des mains en me disant de faire attention "parce que les livres sont vieux, et qu'ils sont fragiles", jusqu'à ce que je dise au dernier que je travaillais avec des archives sûrement plus anciennes que ses bouquins, et que je prenais bien plus de précaution à manipuler et à entretenir mes livres que lui qui avait pointé une lumière ultra-agressive en plein sur ses étagères, ce à quoi il n'a su que répondre.
Que dire dans ces cas-là à ces libraires, si ce n'est "je n'ai plus dix ans"? Peut-être qu'ils ne s'étonnent pas si de moins en moins de jeunes achètent des livres anciens et que nombre de libraires mettent la clé sous la porte.

Enfin, que retenir de ce marché, si ce n'est bien sûr un nouvel excellent rendez-vous avec les membres du blog? Des augmentations de prix inacceptables entre le salon du Grand-Palais et ce marché chez le même libraire (50€ de mieux sur un livre, soit une inflation de 12,5% sur deux mois, ou 75% à l'année... Heureusement que ce ne sont pas les produits de première nécessité qui prennent autant leur envol. On se croirait revenu en Allemagne en 1930!), un bon resto, et quand même de "bons et gentils" libraires, pour finir sur une note positive.

bertrand a dit…

Pilou pilou pilou... calme et raison il faut garder !

dixit "Il y a des priorités pour vivre, et le livre ancien n'en fait sûrement partie."

Attention Dieu écoute ta réponse à cette question :

"les lunettes YSL, les pompes Weston, les polos au crocodile, etc, seraient-ils pour toi des "priorités pour vivre"... ??

Quant aux libraires qui t'ont agréssé, ce sont les "grincheux" du métier, ne pas y faire attention et ne pas généraliser.

Pour faire un comparatif qui n'a que peu de rapport. J'ai peur des chiens, vraiment. Tout cela parce que petit j'ai été mordu plusieurs fois sérieusement. Désormais j'ai la hantise lorsque je croise un chien, même petit (on ne rigole pas), et en plus (comme on me le dit dans mon entourage), le chien sent lorsqu'on a peur de lui... et cela l'incite à l'agressivité...

Ne serait-ce pas ton cas avec les libraires ?? (avoue que le raccourci métaphorique a de l'audace !!). Tu as peur des libraires, de leurs réactions, en clair et de manière générale, tu ne les aimes pas, ils le sentent (comme les chiens...) et ils t'agressent !!!

Que penses-tu de ma métaphore caninobibliopolistique ??

Amitiés de nuit,

Bertrand

Wall a dit…

Pour moi, ce n'est pas cher non plus 256€, mais je ne pouvais pas plus. Mais bon, je ne me plains pas, j'ai pu faire de superbes achats ces deux derniers mois.


J'ai maintenant 24 ans, je termine mes études, et cela fait 6 ans que j'écume les libraires des villes où je passe. Le seul qui m'a réellement mal accueilli (et même mis à la porte) est un libraire qui est un ami d'ami, dont les prix sont prohibitifs.

Je crois qu'il faut y aller au culot, et en plus, de voir un jeune, ça leur fait souvent baisser les prix (dans mon cas).

Wall

Anonyme a dit…

Bonjour,
pour poursuivre le bavardage sur les cires, la cire du British Museum est-elle la cire Renaissance mise au point par cette institution selon Picreator son fabricant ?
Elle cire TOUT, du marbre au cuir en passant par le bois et le métal.
Je l'utilise pour faire briller les fourneaux de mes pipes, je ne l'ai jamais utilisée sur du cuir, trop ciblée "cosmétique" à mon goût.
Bonne journée !
PLC, P pour Pierre.

Hugues a dit…

Le point que soulève Pilou est intéressant. Bibliophilie est souvent affaire d'argent.
Néanmoins, et je le redis, la qualité du bibliophile n'a rien à voir avec le compte en banque.

Je me dis même, allez soyons fous, que chaque bibliophile devrait passer par cinq ans de purgatoire, avec des moyens financiers réduits pour apprendre, apprendre à être malin et devenir, de fait, sélectif. Quand on moins d'argent, on réfléchit plus avant de se lancer dans un achat, j'ai vécu tout ceci quand j'étais étudiant.

Oui mais voilà, il n'y avait pas le blog, et je ne connaissais aucun autre bibliophile... et Dieu sait que j'ai fait de nombreuses boulettes.

J'ai passé un moment avec Pilou au marché de Saint-Sulpice, c'était très intéressant. Et c'est vrai qu'on constate un écart énorme entre ceux qui font les prix et ceux qui les paient. Sous mes yeux, un libraire a proposé un livre "pas cher" à Pilou... 650 euros. Certes, pas cher, mais 650 euros pour un étudiant, c'est une somme folle.

J'ai écouté avec attention la discussion entre eux deux : d'un point de départ un peu tendu, fondé sur la (non) discussion sur le prix... à une complicité évidente entre les deux interlocuteurs une fois que Pilou a commencé à expliquer au libraire pourquoi son livre était intéressant. Il l'a d'ailleurs mieux "vendu" que ce professionnel.

La preuve était faite : un bibliophile sans argent expliquait à un libraire ce qu'était un livre...

H

Jean-Paul Fontaine a dit…

J'aime bien l'histoire de Pilou et Hugues.

bertrand a dit…

J'ai déjà dis, dans un commentaire précédent, il y a de cela pas mal de semaines maintenant, que c'était dans les moments de crise financières graves que j'achetais le mieux ! Cela peut paraître paradoxal puisque c'est un libraire qui s'exprime supervisé par un bibliophile de 20 ans d'âge (en bibliophile, +17, faites les compte vous aurez mon âge...)

Lorsqu'on est "raide" comme on dit dans le métier (et ailleurs aussi), on est bien obligé de devenir exigeant, pointilleux, sélectif sur ses achats... On peut en faire moins alors il faut (c'est ici alors un impératif commercial) qu'ils soient meilleurs.

En même temps, j'ai aussi été sans l'sou pendant mes études, dans mes premiers jobs, etc... jamais je ne me souviens en avoir voulu à qui que se soit. C'est ainsi. Partir avec seulement 10 euros en poche dans un salon ou une brocante peut vous permettre de rentrer avec LE livre de votre vie. Encore faut-il ne pas passer à côté. Et là, l'argent ne fait rien à l'affaire. J'en connais de bien plus riches que moi à qui j'ai soufflé sous le nez des affaires que leurs billets de banque n'ont pas aidé.

Bertrand

Eric a dit…

Ceci dit, j'ai eu l'impression, comme Pilou, de prix plus soutenus qu'au grand palais. Le marché du livre ancien doit bien se porter. Tant mieux.
Eric

Olivier a dit…

Une question qui me turlupine depuis quelques jours : comment les libraires établissent-ils leur prix? Comme noté dans les commentaires, on constate souvent sur des salons des écarts très importants de prix pour des exemplaires comparables situés à quelques stands d'écart. Comme je suis parfois sidéré par les prix demandés pour des livres dans des états minables, je me demandais quelle horlogerie mentale est parfois à l'oeuvre chez les libraires lorsqu'il s'agit de fixer un prix?
Amicalement,
Olivier

PS : encore un très beau portrait...

Bertrand a dit…

Critères pour l'évaluation du prix marqué des livres (dans le désordre) :

- prix d'achat
- résultats de vente (argus / salle)
- antériorités
- caractéristiques de l'exemplaire (reliure, provenance, état)
- gourmandise du libraire
- générosité du libraire
- imagination du libraire
- travail du libraire

A savoir, si un livre est trop cher par rapport à sa qualité et ses caractéristiques, il restera sans aucun doute sur les rayons du libraire et très probablement le libraire fermera ses portes sous peu.

A savoir, si un livre est trop peu cher, les livres partiront de son stock si vite et sans rien y comprendre, il finira rayons vides, sans marges qui lui permettraient de racheter des livres, et très sûrement en quelques mois le libraire fermera ses portes.

A savoir qu'un beau livre et qu'un livre môche n'ont rien en commun, ni au niveau du plaisir bibliophilique et à fortiori au niveau du prix.

En conclusion, je me contenterai de rappeler un citation que j'ai repris sur mon site de librairie, et qui est due au libraire Gumuchian dans les années 20-40 :

""On sait que, selon la parole d'un écrivain bibliophile de jadis, le rapport d'un bel exemplaire à un mauvais exemplaire est comme de dix à un."
Librairie Gumuchian, 1928.

Pas de langue de bois ici donc.

Amitiés, Bertrand

Hugues a dit…

Bertrand,
Il me semble que tu oublies quelques élements pour fixer le prix :
1. Tête du client
2. Age du client
3. Tenue du client
4. Profondeur de la moquette de la librairie.
5. Emplacement de la librairie
6. Pseudo-rareté de l'ouvrage (à ne pas confondre avec le fait qu'il soit recherché)
7. Humeur du client
8. Emplacement du lieu de vente et capacité de celui-ci à attirer le pigeon!
Bah quoi, on peut plus plaisanter? Je parle bien sûr d'une certaine race de libraires (il en est de même pour d'autres corporations), et pas de gentils libraires qui viennent sur le blog.
Quoiqu'il en soit, il me semble que c'est surtout le prix d'achat qui détermine dans la plupart des cas le prix de vente (sauf pour les chopins bien sû). Entre x3 et x5, et pour les chopins, il n'y a pas de limite, ça peut être x1000.
H

Martin a dit…

Rien de plus difficile que de fixer les prix.
En principe, je demande ce que je serais prêt à payer si j'avais les moyens.

Anonyme a dit…

Bonjour, pour répondre à Pierre sur la cire Renaissance : elle est différente de la cire British Museum. Le nom commercial de la british museum est : Pliantine, mais elle contient un solvant. Celle que je propose ressemble exactement à la Britsh museum sans le solvant : hexane ( dans certain cas essence de térébenthine). Le cuir est effectivement une peau (tannée) et je n'ai pas encore vu en cosmétologie le produit miracle pour les rides. Par contre leur approche scientifique sur les états de surface nous intéresse pour les cuirs, ainsi que les phénomènes d'absorption, etc. Une restauratrice de cuir archéologique n'utilise aucun produit, mais seulement des variations d'humidité relative pour enlever de l'eau au cuir et le conserver. A la différence c'est qu'une reliure est manipulée, alors que les cuirs archéologiques non. Cordialement, Michel.

Bertrand a dit…

Tu as raison sur au moins un point Hugues, c'est que le client y fait aussi, et je dois bien dire qu'il y en a à qui je fais un prix avec plaisir, et d'autres avec qui le courant ne passe pas... c'est comme ça. Les prix sont les mêmes pour tous au départ, bien souvent pas à l'arrivée. Après tout c'est ma liberté d'indépendant qui s'exprime.

En ce qui me concerne, première règle à observer pour obtenir un discount : NE JAMAIS DENIGRER OU DEVALORISER LE LIVRE QUI INTERESSE.

Amitiés, Bertrand

PS : cet après-midi je vais essayer d'inculquer aux enfants de l'école du village "l'amour des livres". Beau challenge que je répète 2 ou 3 fois par ans dans des écoles primaires de ma région. Bénévole (pour les tordus qui se poseraient la question).

Gonzalo a dit…

"PS : cet après-midi je vais essayer d'inculquer aux enfants de l'école du village "l'amour des livres". Beau challenge que je répète 2 ou 3 fois par ans dans des écoles primaires de ma région. Bénévole (pour les tordus qui se poseraient la question)."

Belle démarche! Tiens nous au courant... Indique le blog à ceux chez qui tu crées des vocations!

JM a dit…

Vraiment, ce délit de faciès est inquiètant... S'il faut maintenant prier pour avoir une tête qui revient au libraire pour espérer un bon prix dans une librairie... Où va-t-on? Que je sache, ce n'est pas le cas chez le coiffeur, le boulanger, etc.

De qui accepterait-on cela? Et après les libraires viennent pleurer...

JM

Bertrand a dit…

JM ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. J'ai écris :

"d'autres avec qui le courant ne passe pas"

Ce qui n'est en rien un délit de faciès. Je pense simplement, que justement je ne suis pas coiffeur, boucher, artisan platrier, et que j'attends plus qu'un simple "vous désirez madame... s'il vous plait Monsieur, vous me mettrez deux andouillettes." Ce n'est pas pour cela que j'ai fais ce métier.

Alors oui, si le client est déagréable, hautain, qu'il ne fait que critiquer les livres, leur prix, etc... je n'ai qu'une envie... le voir sortir de ma boutique au plus vite...

Mais j'imagine que vous n'êtes pas dans ce cas, que vous êtes un bibliophile sympa, et c'est très bien ainsi.

Je revendique le droit au libraire de choisir les clients avec qui il a envie d'être sympa, comme le bibliophile revendique son droit de voleter de libraire en libraire sans se préoccuper des états d'âmes du métier.

Amitiés, Bertrand

Eric a dit…

Je comprends qu'il puisse y avoir une marge de négociation lors de la vente d'un livre. Cela peut être le geste commercial qui permet de conclure la vente. Je crains néanmoins qu'à force de proposer des prix à forte variabilité (quelle qu'en soit la raison, épaisseur de la moquette ou client antipathique), le libraire ne dévalorise le livre qui se trouve relégué au même niveau qu'une cuisine, un canapé ou un tapis.
Eric

Bertrand a dit…

Tu as raison Eric. Et Hugues ajouterait (je ne crois pas trahir sa pensée en disant cela) : Que ce n'est pas le livre qui fait le libraire mais le libraire qui fait le livre. Donc... disparités des livres évidentes selon que vous êtes libraire puissant ou misérable (Cf. La Fontaine pour la suite)

...

Je trouve que cela reflète assez bien la réalité actuelle et sans doute des temps passés, même si je n'adhère pas à cette vision des choses. Cela ne devrait pas être ainsi. Un livre est un livre, rare il est, rare il est, beau il est, beau il est, à tel prix il est chez le libraire puissant, à tel prix il devrait être chez le libraire misérable...

Amitiés misérables, Bertrand

Bergamote a dit…

Bertrand : "cet après-midi je vais essayer d'inculquer aux enfants de l'école du village "l'amour des livres" Tu veux bien nous en dire plus ? (je suis une grande curieuse :)

Bertrand a dit…

En réponse à Bergamote : j'ai pris l'habitude d'intervenir auprès des enfants dans les écoles maternelles de ma campagne (aujourd'hui celle de mon village, Alise-Sainte-Reine en Bourgogne). J'arrive à l'école avec un gros carton de vieux livres, cartonnages d'enfants du XIXe s., vieilles reliures en cuir des siècles précédents, quelques vieilles bandes dessinées, des livres illustrés). J'étale le tout devant moi sur une table, les enfants se placent en face, et j'essaye de leur retracer avec des mots simple, ce qu'était un livre hier, ce qu'il est aujourd'hui, on parle invention de l'imprimerie, fabrication du papier, composition d'une reliure. Le tout sans prétention et espérant qu'ils retiendront au moins une ou deux choses, ce qui serait déjà beaucoup : par exemple que les vieux papiers étaient fabriqués avec de vieux chiffons, que les reliures en cuir sont faites avec des peaux d'animaux, que l'imprimerie est une invention géniale qui a évité de devoir recopier dans le froid d'un scriptorium le même manuscrit...

Les enfants en général apprécient, posent beaucoup de questions. Ce qui est amusant c'est de voir que les enfants de 5 à 11 ans aujourd'hui sont plus familiers avec un ordinateur et internet qu'avec un livre dans les mains... Il y a beaucoup de travail à faire pour sauver le livre papier dans la mémoire collective des enfants (comme des adultes d'ailleurs). A ma modeste place, j'essaye d'y contribuer.

Bilan des instituteurs avec qui j'ai longuement conversé ensuite aujourd'hui : les enfants de nos campagnes, abrutis en masse par une TV omniprésente... manquent cruellement de curiosité intellectuelle... et c'est bien dommage. Du coup, lorsque je suis rentré... ma fille pleurant pour avoir son dessin animé préféré ou une émission banale pour enfant pour "passer le temps" de 6 à 7, s'est vue opposer une fin de non recevoir.

Voilà, en resumé à quoi s'est limité mon action du jour.

Amitiés, Bertrand

Pilou a dit…

Bertrand: La question majeure avec les relations au libraire n'était pas celle de l'argent. Mais comme tu penses que pour moi, il représente l'élément primordial de détermination de la valeur d'un livre, tu as évidemment estimé que je critiquais les libraires sur l'établissement de leurs prix. Effectivement, je ne peux pas m'habiller chez Dolce & Gabbana ou Zadig & Voltaire, porter des Rayban en or et écailles, et avoir un téléphone de chez Vertu et investir dans les livres. On le sait tous très bien. Mais comme il s'agit très sûrement d'une blague (encore que je sens que la fierté du libraire a été touchée, ce qui pourtant n'était absolument pas le but de mon message et tu le comprendras par la suite, je l'espère), je laisse dire, et je passe au point qui nous intéresse dans la discussion.

Mon précédent message n'avait donc pas pour sujet le prix des livres, bien qu'il ait subi une certaine inflation au cours de l'évènement de ce week-end, mais l'attitude des libraires vis-à-vis de certains acheteurs. Et tu ne fais que confirmer mes soupçons à leur propos. Le libraire vise un certain type de clientèle, et déteste tous les autres. D'ailleurs, pour reprendre ta métaphore que j'estime être tout à fait déplacée (je peux t'affirmer que je n'ai pas peur des libraires, mais je n'aime pas leurs méthodes de vente), je pense qu'au contraire, ce sont les libraires qui ont peur de leurs clients. Peur des jeunes, bien entendu, ces destructeurs de la civilisation qui veulent s'en prendre à leur commerce et à leur marchandise. Et peur aussi de ne plus trouver de marché. d'où la raison de ces baisses de prix effrénées. Pourquoi, lorsque je vois un libraire, il me dit immédiatement "mais ne vous inquiétez pas, les prix peuvent être négociés", ou encore, "il est à 350€? Bon, eh bien, ça fera en réalité 300€". Qu'est-ce si ce n'est de la peur, peur de voir le client partir, de voir la concurrence se développer contre soi, etc. Et pire que tout, c'est ce préjugé sur les gens qui me fait honnir une partie de la profession. Donc, Bertrand, si je te comprends bien, pour toi, il y a client et client. Si je te reviens, tu me fais un prix. Autrement, je paie plein pot. Pourtant, il me semble que c'est interdit, mais je ne suis pas juriste.

Malheureusement, encore une fois, le débat a été orienté du point de vue de l'argent, alors qu'il ne tenait qu'un rôle mineur dans mon intervention précédente, mais cette levée de bouclier prouve encore une fois que le prix des livres est une question sensible. Je ne te jetterai pas la pierre, c'est ton gagne-pain, donc c'est tout à fait normal de défendre son activité. Mais il faut également savoir apprécier la critique, et ne pas taper sur le client et le respecter, quelle que soit son allure, sa tête ou la taille de son porte-monnaie (et je le répète, oui, j'ai d'autres priorités que le livre ancien - ou plutôt d'autres priorités que de mettre 500€ dans un livre-, ce qui, bien sûr, me discrédite totalement aux yeux de la communauté bibliophilique!).

Bertrand a dit…

Pilou, tu me vois navré de ta réaction. Dommage. Tu vois, à vouloir mettre de la législation partout et à vouloir m'interdire de trouver un client sympa et donc de lui offrir les frais de port et lui faire 10% et un autre, un vrai chieur (excusez mais il faut appeler un chat un chat) auquel je n'aurais pas le droit de tout simplement lui dire que le prix est affiché dans le livres... ça m'énerve ! Ou plutôt ça me donne envie d'offrir encore un livre ou un manuscrit de gastronomie à Bergamote ou un petit traité de sorcellerie à Frédérick. Pilou, là franchement, tu ne donnes pas une bonne image, et ce soir désolé, mais je n'aurais rien envie de t'offrir...

Vraiment dommage que tu aies cette vision réductrice des choses.

Amitiés, Bertrand

Hugues a dit…

Hurlement de sirène, crissements de pneus, la police du blog débarque : bon, Pilou, Bertrand, on met les mains en l'air, là, doucement, pas de geste brusque!

Difficile de voir deux amis se lancer des noms d'oiseaux à distance sans intervenir.

Comment vous dire les choses? Bertrand, Pilou a raison, faire les prix à la tête du client est scandaleux. Quand on vient voir un ami libraire, ce n'est pas un problème, oui mais voilà, en pratique, c'est impossible d'être ami avec tous les libraires! Donc fatalement, 9 fois sur 10, on se retrouve jaugé. Pilou l'a vécu, je le vis encore, c'est très désagréable, surtout quand tu entres dans une librairie moins grande que ta propre bibliothèque, avec un libraire qui lui, vend des livres comme des téléviseurs.

Pilou, Bertrand a raison, c'est un des plaisirs du commerce que de pouvoir faire un geste vers ses cliens.

Je me demande s'il n'y a pas une incompréhension. Je vais faire simple :
1. Bertrand plaide le fait de pouvoir BAISSER les prix pour ses amis,
2. Pilou s'insurge contre le fait que certains libraires AUGMENTENT les prix à la tête du client.

Vos avis ne me semblent pas antagonistes, sauf si Bertrand me dit maintenant qu'il adore monter un prix pour un client qui ne lui revient pas et que Pilou me dit qu'il refuse toutes les ristournes amicales... Non mais.

Allez, filez, galopins va!
H

Bertrand a dit…

Exactement Hugues ! Il fallait résumer et clarifier la problématique, et c'est fait. Pilou m'aura sans doute mal compris. Je n'ai jamais parlé à aucun moment "d'augmenter les prix" à la tête du client !! jamais !! mais se réserver le droit de faire ou non une remise, ça oui. Je pense que c'est une situation somme toute tout ce qu'il y a de plus normale.

Bertrand

Raphael a dit…

Bravo Bertrand pour cet engagement très touchant pour la défense du livre que nous aimons, auprès des enfants.

Trés belle histoire d'une journée particulière.

Je ne serais pas le seul certainement à vouloir intercéder en faveur de la jeune personne qui, elle, n'y a pas trouvé son compte !

yvan a dit…

Un bonsoir amical à tous,
en un clic, je me suis cru à un repas familial où la discussion dérapait sur le gouvernemant actuel. En gros, chacun voit midi à sa porte. Et les généralités, si elles peuvent ressembler à la vérité, ne sont pas toujours bonnes à dire (ou à écrire). Pour ce qui est du prix d'un livre, c'est à chacun de le décider, l'acheteur suivant ses priorités ou de son envie, au libraire suivant son besoin commercial (son prix d'achat, la nécessité de vendre vite ...);ou effectivement son envie de faire plaisir ( qui n'est peut-être pas forcément gratuit pour lui et ce dans tous les sens du terme). En cela on mesure sa liberté.
Par contre, personnellement, il me semble que les manifestation réservées aux livres anciens sont assez élitistes. Et il me semble aussi que les exposants ont tendances à augmenter les prix de départ, quitte à baisser en fin de journée. Q'en pensez-vous ?
Pour finir, j'apprécie de plus plus ce blog, d'une part j'augmente mes connaissances sur le sujet, et d'autre part, les personnes qui participent sont passionnées et de ce fait sont attachantes. J'oublie un truc, et pas des moindres, vous me faîtes aussi rêver lorsque vous dévoiler vos collections. (Pas jaloux, mais admiratif, car vous vous gérez vos collections, je me sens pour ma part un peu biliomane !!!)
Pour tous merci et bien cordialement.

Bertrand a dit…

Ne t'inquiètes pas Raphaël, ma fille n'est pas brimée, au pain et à l'eau dans ma cave avec pour seul plaisir la lecture de bibliographies du XIXè s. imprimées sur papier vergé...

Je te rassures, elle profite bien de la vie et des nouvelles technologies (Youtube est bien pratique pour lui trouver des cartoons dans la minute.

Amitiés, Bertrand

Olivier a dit…

Mon point de vue de béotien :
1 - le marché du livre rare a longtemps réduit à des initiés, proche des collectionneurs d'oeuvres d'art. Cela provoque des réactions de l'ordre de : 1) "qu'est-ce que ce que vous voulez?" en rentrant dans une librairie [eh oui je fais plus jeune que mon âge...] pour le pire; 2) "Ah que c'est agréable de voir un "jeune" s'intéresser au livre ancien" (Eh oui je fais toujours jeune...] pour le meilleur
2 - je me refuse (et [dans l'ordre] mon banquier, ma compagne et mon fils dès qu'il saura parler ) à dépenser plus de 10% de mon salaire mensuel pour ce qui occupe l'essentiel de mes loisirs. Je vous renvoie aux grilles salariales de l'enseignement supérieur...
3 - il y a plein de margoulins dans le monde des livres anciens : 1) je ne sais pas ce que j'achète; 2) je ne sais pas ce que je vends; 3) je suis preneur des informations de mon "intéressé qui en sait plus que moi mais ne paiera jamais le prix que je demande sans que je sache pourquoi"; 4) je ne comprends pas pourquoi ce libraire prend plaisir à ce qu'il fait, fait venir des gens de loin, etc.
4) Je n'ai pas honte de ma bibliothèque dont je sais pourquoi chacun des volumes se trouve où il se trouve
5) j'ai acheté 2 maroquins (un vert et un rouge) pour 10 euros samedi et j'ai croisé, jeudi, l'acheteur de l'exemplaire annoté par Rabelais à Toulouse dans une librairie toulousaine (cf. post précédent) et il semblait aussi ravi que moi.
6) La vente de ma bibliothèque ne sera pas commenté dans 200 ans mais je pourrai en parler des heures avec mon fils (dès qu'il saura lire)
7) Ma question sur la fixation des prix était une vraie question et je m'étonne qu'un seul libraire (plus que compétent) y réponde.
Amitiés à tous,
Olivier

Olivier a dit…

Yvan,
Une expérience vécue : passer chez un librairie une veille de Salon et constater que les prix ont... doublé le lendemain. Il est vrai que l'endroit était accessible aux grabataires qui confondent euros et francs... Je plaisante évidemment. Sur la seconde partie. Evidemment.
Olivier

Gonzalo a dit…

Je mets mon grain de sel... sans vouloir relancer le débat entre Bertrand et Pilou.

Contrairement au boucher ou au boulanger, le libraire d'ancien a une responsabilité patrimoniale. Certes, légalement, il n'a pas le droit de refuser une vente. Mais il a parfaitement le droit d'accorder une réduction à l'acheteur qui lui semble le plus sympathique. Hugues a bien fait la distinction.

Bertrand a raison, mille fois raison, de revendiquer un droit de "choisir ses clients". Sinon, les riches peuvent tout s'offrir, et les pauvres rien. Un libraire doit pouvoir, s'il est consciencieux et intelligent, choisir de donner le livre à l'amateur plutôt qu'à l'investisseur, choisir de vendre le livre au chercheur (pour lequel le livre est aussi un outil de travail) plutôt qu'au nouveau riche qui ne s'en sert que pour s'offrir une légitimité culturelle de façade.

Il y a de bons et de mauvais acheteurs, comme il y a de bons et de mauvais libraires. Je n'achète pas aux libraires que je juge orduriers. Que les libraires qui me jugent irresponsables ne me vendent pas de livres.

Comme Pilou, je subis les réflexions dégueulasses d'un certain nombre de bouledogues du livre ancien (d'ailleurs, jamais les plus compétents...). A moi de leur prouver que je traite les livres mieux qu'eux.

Le libraire est responsable de l'avenir et du destin de ce qui n'est pas qu'une simple marchandise. On ne vend pas un manuscrit médiévale à quelqu'un qui n'en prendra pas soin...
C'est, en tous cas, mon avis, et je comprends la position de Bertrand.

Après, reste à distinguer les bons des mauvais libraires, les gens ouverts et les imbéciles, les gens généreux et les grossiers (grossistes?).

Bergamote a dit…

Bertrand : merci pour ta réponse. J'essaie pour ma part, dans une moindre mesure, de parler de livres anciens à mes élèves, de temps en temps. Je leur ai montré une table de logarithmes que j'étais en train de relier, avec explication de la couture, des cahiers, etc. Ils ont beaucoup aimé cet "ancêtre de la calculatrice" et, contrairement à ce que je craignais, n'ont pas semblé trouver cela "vieux jeu", "has been" ou démodé. J'ai même eu l'impression de lire de l'admiration dans leurs yeux.

Je ne reviendrai pas sur la question des prix, je partage l'avis de mon bibliophile de mari :)

Pour ce qui est de me faire toiser lorsque j'entre dans une librairie, parce que je ne suis pas habillée en bonne bourgeoise, j'ai décidé de ne plus y prêter attention. J'aime les livres, et je peux mettre 500 euros pour un ouvrage (même si je ne l'ai encore jamais fait :) donc peu importe le regard du libraire, s'il ne comprend pas que je suis une acheteuse potentielle, tant pis pour lui...
Ceci dit, je n'ai plus eu cette impression depuis pas mal de temps (argh, je vieillis !).
Reste que je suis loin d'être prête à franchir le pas de téléphoner à un libraire qui ne reçoit que sur rendez-vous. Cela me met mal à l'aise.
Une petite anecdote, pour finir : un soir, tandis que je cherchais les horaires d'ouverture d'une librairie, j'ai décidé de téléphoner à ladite librairie, pensant trouver sur le répondeur les informations que je cherchais. Quelle ne fut pas ma surprise, à 23h, de tomber sur le libraire qui faisait transférer tous les appels vers son domicile... Libraire qui m'a d'ailleurs très aimablement répondu, expliqué ses horaires, demandé quels livres je cherchais... Heureusement que je n'ai pas téléphoné à 2h du matin !

Mike a dit…

Je m'étrangle en lisant certains commentaires.... le libraire d'ancien aurait une "responsabilité patrimoniale"?

De qui se moque-t-on, si l'on compte sur les libraires pour défendre notre patrimoine, autant faire immédiatement une croix sur ce patrimoine. Trouvez moi un libraire qui refuse de vendre un livre très cher à un étranger, expliquez moi comment les plus grands livres finissent dans des collections étrangères, si ce n'est pas parce que ce sont des libraires qui les ont vendus? Expliquez moi ce que font ces cohortes de libraires français présents à la Book fair de New-York, où ils vendent des incunables français avec l'espoir d'en vendre le plus possible et le plus cher possible!

Le libraire, un rôle patrimonial, quelle énorme plaisanterie.

Le libraire, ne l'oublions pas, est un commerçant, ce qui n'a rien de péjoratif, mais il ne mérite pas plus de respect (ni moins d'ailleurs), qu'un boulanger qui fabrique son pain de ses mains. Le libraire est un intermédiaire, il ne produit rien, si ce n'est des fiches, et sa valeur ajoutée réside dans cela : trouver de bons livres, bien les mettre en valeur, bien les renseigner, et les revendre.

Le libraire est un commerçant, et il préfèrera (et c'est bien légitime) vendre très cher à un inconnu que pas cher à son voisin. Alors arrêtons les hypocrisies sur "je fais des prix à mes amis et pas de prix aux abrutis"... En passant, avec la librairie telle qu'elle évolue aujourd'hui, comment font les libraires pour savoir que leur acheteur potentiel, à l'autre bout du monde (là encore, foin de patrimoine), et avec qui ils conversent par email est une personne "bien sous tout rapport", ou "dont la tête leur revient", comme dit Pilou? Ils leur font passer un test?

Doit-on mettre en place un diplôme de "bon bibliophile" pour pouvoir entrer dans une librairie? Je rêve. Quel marché peut prétendre choisir ses acheteurs, aucun, et ce'st encore moins vrai d'un marché qui connaît des difficultés, comme celui du livre ancien.

Messieurs les libraires, quand on est bibliophile et qu'on lît vous histoires de "prix selon le client", on ne peut qu'être révolté. Vous ne vivez que par les bibliophiles, ce sont eux et personne d'autre qui vous nourissent, pourquoi avez-vous un tel dédain pour eux? Atterissez.

Mike

Vincent a dit…

A l'attention de Mike.

En tant que bibliophile, puis libraire d'ancien (dans l'ordre chronologique de l’évolution de ma carrière) je suis un peu surpris par la violence du propos.

Le rôle patrimonial du libraire est établi: il a pour rôle de faire découvrir ou redécouvrir certains livres ou auteurs (les fameuses fiches), et de participer ainsi à la préservation de la culture et de la mémoire collective.

En aucun cas il n'a vocation à se substituer à l'Etat français dans son rôle patrimonial stricto-sensu, à savoir "conserver" le patrimoine français sur le territoire.

Donc oui les libraires vendent à tous, et en particulier aux grandes institutions (américaines entre autres) qui ont les moyens d'acquérir les livres qu'ils proposent sur catalogues.

Il n'y a là aucun paradoxe me semble-t-il.

Votre confusion des rôles à tenir par chacun se nourrit d’un imaginaire où le libraire, l’antiquaire…bradent le patrimoine.

Et d'ajouter même que sans les ventes à cette bibliophilie internationale la librairie ancienne aurait presque disparu en France depuis ces dix dernières années (d'où la présence de ces libraires à New-York, qui d'ailleurs ne vendent pas beaucoup d'incunables, et qui si ils en ont sont obligés d'avoir une autorisation de sortie du territoire).

Beaucoup de gens veulent avoir à côté de chez eux un boulanger, un boucher, un caviste, un quincailler, un fleuriste...et un libraire pour les bibliophiles.
Mais ces personnes vont au supermarché car les petits commerçants sont trop chers, même si ils vous apportent le petit plus, à savoir le conseil...

Les libraires existent grâce aux bibliophiles, oui, mais de moins en moins.
Cette relation a tendance à disparaître suite à la place prise par les salles des ventes et Internet (c’est un autre débat), mais également de la faute même des libraires.

Il est vrai que tous les libraires ne sont pas aimables, loin s'en faut, et longtemps les préjugés de l'apparence ont joué.
Mais les temps ont changé et les libraires s'adaptent je pense.

Personnellement il ne m'est jamais arrivé d'être désagréable au premier abord.
Mais comme dit Bertrand, le chieur est la personne redoutée de tous les libraires, et généralement celui-ci cumule les tares: à savoir enquiquinant, radin ou mesquin, et désagréable...

Je me souviens de ma première participation au salon de la Mutualité en 2003. J'y vendais entre autres une édition commentée de Descartes de la fin du 19eme siècle, tirée à 150 exemplaires, un des 25 sur Chine, ET reliée en demi-maroquin à coins signée de David, pour l'horrible somme de 250 euros.
Un des ces phénomènes de salon (je n'exempte pas les libraires d'une certaine discourtoisie naturelle mais bon...) m'a fait "la danse du ventre" pendant les 3 jours de la foire pour obtenir une réduction.
Je voulais lui faire 10% de remise (remise dite confraternelle, i.e entre libraires, mais depuis longtemps acquises à toutes (ou presque) les clients qui la demandent), mais non ce n’était pas assez.
Le dimanche soir, et derniers instants de salon, il revient pour m’offrir 180 euros.
Même si le salon fut très très moyen au niveau financier, je lui opposais un non ferme, définitif. Se ravisant il accepte ma première remise de 10%...
Alors là mon grand plaisir fut de lui opposer le prix marqué. Cris d’orfraies, battements de bras, bombement du torse de la part du pécore…Mais rien n’y a fait, le livre disparut dans les malles de rangement.
Bref ça fait du bien sur le moment, et quand on y repense on se demande comment ce monsieur pense que les libraires vivent.

Aucun dédain pour cette personne, juste du ras-le-bol : vous négociez votre entrecôte ? votre baguette ? Non ? Alors pourquoi le faire chez le libraire ?
Parce que le livre n’arrive qu’en dernier rang de la vie quotidienne, alors on peut se permettre de demander au libraire un sacrifice financier puisqu’on considère qu’on en fait un soi-même (psychologie compliquée du libraire-bibliophile…).

Oui je suis un commerçant, j’achète et je vends.
Et la description de Bertrand pour fixer un prix est exacte, matinée un peu de la suite ajoutée par Hugues.
Mais c’est dur, très dur.
Ne vous méprenez pas, je ne me plains pas : je suis heureux de mon métier, juste un peu désabusé de voir les réactions de certains bibliophiles, voilà.

Bon c’est trop long déjà et je m’éloigne du sujet initial de la réponse.

Cordialement,
Vincent

Pilou a dit…

Je crois qu'effectivement, comme le dit Hugues, j'ai été mal compris de la part de Bertrand. Bien entendu, je ne critiquais pas les gestes commerciaux, mais juste la propension de certains libraires à "noter à la gueule". C'est inacceptable. Le pire est je pense les libraires qui ne notent pas le prix sur les livres, et lorsque vous leur demandez le prix, réfléchissent quelques secondes, vous toisent et vous sortent un chiffre, parce qu'il faut en sortir un (le plus élevé possible, bien entendu).
Et d'ailleurs, j'ai bien parlé d'une petite partie des libraires qui agissaient de la sorte face aux clients. Et tu sais très bien Bertrand, que tu n'étais pas concerné par mes critiques. Malheureusement, on fait d'une généralité des cas négatifs d'une profession, car ce sont ceux dont on se souvient le plus. C'est souvent de cette manière qu'un groupe est identifié. Pourtant, lorsque les mauvais cas se multiplient et représente un bon pourcentage des membres du groupe identifié, peut-on parler de généralité ou de réalité?
Et encore une fois, je le répète, mon propos n'était pas de dénoncer la politique de prix de la librairie ancienne (parce que j'ai effectivement l'impression que l'on n'a retenu que ça de mon message), mais l'attitude des libraires. Je me fiche du prix. Chacun est libre de dépenser autant d'argent qu'il le veut dans le livre, suivant ses moyens. Et d'ailleurs, quitte à dépenser 100€ de plus dans la même édition d'un livre, j'aurais préféré le faire si le vendeur m'avait fait bonne impression. C'est également un métier et un milieu qui fonctionne à l'affectif.
Mais ça, certains ne l'ont pas compris, de même qu'ils n'ont pas compris qu'un étudiant qui n'est pas près à dépenser trop d'argent aujourd'hui, peut, d'ici quelques années être un excellent client. Mais, là, je dis tant pis pour eux! Certains n'ont pas compris qu'ils étaient des commerçants comme les autres, au même titre que, pour reprendre l'exemple cité plus haut, un boulanger ou un boucher. Même s'ils ont un soi-disant rôle de passeurs culturels. Et le statut de marchand passe d'abord par la formation d'une clientèle, et donc par le respect de celle-ci (et non pas par le mépris, bien entendu).

Pierre a dit…

Vincent,
Je confirme que le client enquiquinant est par nature "tout commerce"... Une sorte de sacerdoce en somme. Quand je l'ai compris, j'ai pris un fin plaisir à le renvoyer poliment chez mes confrères les moins amènes en prétextant une absence totale de compétence dans mon domaine. Ce doit être mon côté enquiquinant !
Merci encore pour tous vos commentaires toniques mais courtois qui donnent une bonne image des bibliophiles (sauf les enquiquineurs).
Pierre

Hugues a dit…

En prenant un peu de recul, plusieurs choses sautent immédiatement aux yeux :
1. Un fossé s'est creusé entre bibliophiles et libraires. Sans parti pris, les libraires, ou au moins une certaine catégorie d'entre eux, qui n'ont pas vu le marché changer, sont probablement responsables de cet état de fait.
2. Mais la librairie ancienne change et les bibliophiles doivent aussi maintenant réviser leur jugement sur ces libraires qui accompagnent le changement. La librairie de papa est vouée à disparaître.
3. Ce qui m'inquiète pourtant, c'est que je vois que le mythe du libraire/ermite atrabilaire a encore de beaux jours devant lui. Comme si cela avait un sens. On a tous le droit de ne pas apprécier son voisin, son client (mais le boucher ou le boulanger vendent à tout le monde, en passant), mais, même si ça fait mal à certains libraires de l'entendre, cela reste du commerce. Et le commerce ne repose pas sur le commerçant, mais sur le client.
4. Je ne suis pas un vrai bibliophile, mais j'ai d'autres compétences professionnelles, qui s'articulent particulièrement autour de la relation entre un client et un vendeur, avec tous ses corollaires. Force est de reconnaître, qu'aujourd'hui, le client est placé au centre de cette relation par tous... sauf encore par les libraires. Cela me surprend. Je le déplore même. Gageons que le libraire qui saura dépasser l'affect (qui ne travaille pas avec un collègue, un fournisseur ou un client qu'il n'apprécie pas?) aura toutes les chances de réussite. On le voît bien d'ailleurs avec ce qu'apporte internet : on peut être libraire sans connaître son client, à condition de bien le servir.
5. De la même manière, je suis choqué de la façon dont les libraires qualifient les bibliophiles, de "radin" par exemple... Ca peut être vrai, mais ce n'est pas très correct. Vous ne me verrez pas écrire que je connais des libraires complètement stupides (et j'en connais), d'autres qui sont uniquement motivés par l'appât (moindre défaut à mon sens, et j'en connais aussi), d'autres qui sont simplement des escrocs (j'en connais itou), d'autres enfin qui n'ont plus aucun sens des réalités quand ils font leurs prix et commence par ce demander : je mulitplie par 10 ou par 15?
6. Le libraire joue un rôle capital dans la bibliophilie, mais il ne faut qaund même pas oublier, que la bibliophilie est affaire de bibliophiles. C'est bien le client qui doit continuer a occuper la place la plus importante. La preuve, c'est quand même lui qui choisi et qui choisira, toujours, à qui il achète son livre.
7. Ne croyez pas que la vie du bibliophile soit simple, ce n'est pas qu'un porte-monnaie sur pattes qui déambule dans les allées d'un salon; il doit en permanence faire des arbitrages, souvent douloureux, pour acquérir de nouveaux livres : renoncer à autre chose, à des vacances, s'endetter, revendre, etc. Ce n'est pas forcément parce qu'on a peu d'argent qu'on est radin. Dans mon cas personnel, je gagne mieux ma vie que la moyenne des français, l'un de mes moteurs, pas seulement heureusement, c'est que cet argent me sert à acheter des livres. Car c'est de cela qu'il s'agît, n'oublions pas que derrière chaque bibliophile se cache un hommme (ou une femme), avec d'autres obligations. Gagner de l'argent pour acheter des livres, c'est déjà un bel effort! Finalement, amis libraires, je travaille pour vous.
8. En tout cas, on voit que le mur se fissure, et que libraires et bibliophiles échangent ici plus que de coutume, c'est vraiment une satisfaction.
9. Je me demande si le SLAM, plutôt que de faire faire des études de marché, ne devrait pas organiser des états généraux de la librairie ancienne, et essayer de créer un dialogue entre libraires et bibliophiles. Les seconds, assuréement, doivent réapprendre à aller vers les libraires, eux aussi d'ailleurs, portent trop souvent des oeillères et restent focalisés sur quelques mauvaies expériences passées.
Hugues

Bertrand a dit…

>Force est de reconnaître, >qu'aujourd'hui, le client est >placé au centre de cette relation >par tous... sauf encore par les >libraires. Cela me surprend. Je >le déplore même. Gageons que le >libraire qui saura dépasser >l'affect (qui ne travaille pas >avec un collègue, un fournisseur >ou un client qu'il n'apprécie >pas?) aura toutes les chances de >réussite. On le voît bien >d'ailleurs avec ce qu'apporte >internet : on peut être libraire >sans connaître son client, à >condition de bien le servir.

Chouette ! L'économie de marché bibliophilique est en route, courons-y vite !

Moi qui au hasard d'un surf internet vient d'apprendre qu'il existait une "Ecole de Guerre Economique"... me voici rassasié de mauvaises nouvelles pour aujourd'hui...

Je retourne dans ma grotte à tracer des XBOX 360 sur les parois au Stabilo Boss...

Quel monde !

Amitiés, Bertrand

Bertrand a dit…

Je persiste à croire comme le grand William Shakespeare :

"Qui néglige les marques de l'amitié, finit par en perdre le sentiment."

J'ai peur que ce soit tout le fossé qui peut exister entre les factions bibliophiliques et libraires. Mais est-ce une utopie de croire qu'aujourd'hui une amitié peut exister entre les deux. Même les bibliophiles n'y croient plus. C'est dommage.

Amitiés, Bertrand

Antoine a dit…

Peut-être parce qu'il faudrait que les libraires arrêtent de nous prendre pour des c... (pardon Hugues), notamment en disant qu'ils sont commerçants, mais qu'ils vivent dans un monde à pary, ou commerce ne rime pas avec marché et économie de marché.
Maintenant, si un tel village dans les nuages existe, dites moi où, je serais heureux de venir me servir dans les rayonnages des librairies et de repartir sans payer, mais en serrant la main du libraire et en lui disant : "nous sommes amis, pas vrai?".

Qui peut croire encore aujourd'hui que la librairie ancienne n'obéit pas aux lois d'un marché, alors que la loi du marché en est la base : "je suis libraire, j'achète pour revendre, et je fais ma marge pour vivre."

J'aime beaucoup les libraires, mais à un moment, il faut quand même qu'ils assument le fait d'être commerçant, ou alors soyez bibliothécaires, ou simples bibliophiles... Le contact avec le livre ne passe pas forcément par un acte mercantile (qui n'a rien de déshonorant au demeurant, je suis moi même commerçant).

antoine

Jean-Paul Fontaine a dit…

Je n'ai pas cessé de vous lire...je ne dis rien...je rêve !
Quelle époque !!! Descartes ! : où disais-tu que se trouvait l'âme ?

Mike a dit…

L'âme doit être dans les livres et dans ceux les aiment jean-Paul, donc chez nous tous.
Mike

Vincent a dit…

La librairie ancienne et les libraires évoluent.

Certes sans doute moins vite que les bibliophiles qui ont su bien avant eux tirer toutes les conséquences de la révolution Internet...

Mais je crois malgré tout que les préjugés des "jeunes" bibliophiles (tout est relatif dans notre milieu car jeune désigne quelqu'un de moins de 50 ans...) persistent.

Les mauvaises expériences sont souvent chez certains libraires qui se font plus gros que la grenouille de la fable.

Personnellement, étudiant puis jeune cadre de la fonction publique (pas à plaindre mais ne roulant pas sur l'or...) j'ai toujours été bien accueilli dans les honorables maisons: Librairie Historique Clavreuil du temps de la veuve de Jean Clavreuil et de son fils, Librairie Bonnefoi, Librairie Gabriel Rossignol où cet admirable libraire "à la papa" est d'une approche simplissime (malgré une apparence à la « Giscard » et son complet 3 pièces !!) et prêt à vous sortir des merveilles qui sont bien souvent sous vitrines cadenassées ailleurs, et surtout peu avare de conseils...Et je pourrai citer d'autres exemples encore.

A force de généraliser sur le mauvais accueil dans les librairies cela devient un lieu commun.

A chaque bibliophile correspond un libraire, et vice-versa. Les qualificatifs de stupide, âpres au gain...peuvent s'appliquer dans les 2 sens croyez-le bien Hugues.
Malheureusement pour les libraires ceux-ci sont moins nombreux que les bibliophiles donc ça se remarquent d'autant plus...

Et pour répondre encore à Hugues. Je n'ai personnellement jamais entendu parler les libraires qualifier de radins les bibliophiles, même si comme déjà dit je comprends l'exaspération de certains de mes confrères face à quelqu'un qui négocie outre-mesure.
A noter d'ailleurs que ces personnes sont les plus souvent celles qui ont un gros pouvoir d'achat, et non les acheteurs à budget limité et les étudiants pour lesquels les remises, paiements échelonnées quelquefois à 6 mois, voire plus, existent depuis longtemps et sont appliqués avec courtoisie et bien sûr dans les limites du possible pour chacune des parties.

Je pratique moi-même une politique de prix ajustés au mieux, et n'ai jamais cherché un rapport de 10, 100, 1000!
Ceux qui les pratiquent ne sont pas libraires, mais des boutiquiers, de luxe certes, mais boutiquiers qui vendent des livres comme d’autres des Mercédès.

Quant au terme commerçant, il ne me choque pas comme déjà dit.
Acheter et vendre c'est bel et bien du commerce, et ici encore je n'ai jamais entendu qu'un libraire ai refusé de vendre un livre. Mais il faut être deux dans une transaction et s’il y a désaccord il n'y a pas vente.

Hugues, le bibliophile est certes au cœur du processus et permet aux libraires de vivre, mais reporter toutes les défauts du système actuel sur le seul libraire est me semble-t-il très réducteur d'un malaise beaucoup plus profond auquel le bibliophile n’est pas étranger.

Le bibliophile et le libraire ne sont pas des commerçants et clients ordinaires.
Les mettre sur un plan d’économie de marché pourquoi pas, mais dans ce cas là ne vous attendez pas à une entente dès plus cordiale, les uns devenant les concurrents des autres dans les salles des ventes par exemple, et dans ce type d’échanges économiques la courtoisie n’est plus de mise.

Cordialement,
Vincent

Hugues a dit…

Intervention express entre deux réunions : je suis bien d'accord avec vous Vincent, les bibliophiles sont aussi fautifs, mais c'est finalement un peu moins grave dans la mesure où ce n'est pas eux qui vendent. Etre commerçant, c'est d'abord respecter son client.

Pour les bibliophiles qualifiés de "radin", regardez plus haut ou sur le blog, des libraires ont déjà utilisé ce mot.

je ne veux pas que mes mots soient mal interprétés : oui, c'est une économie, ne pas le croire serait naïf, voire carrément stupide, oui le libraire y joue un rôle très important, non le bibliophile n'est pas exempt de tort.
Personnellement, les bibliophiles qui négocient en permanence me fatiguent également, comme ceux qui voudraient que les libraires soient bénévoles et ne comprennent pas que tout le monde doit vivre... et que dire encore des bibliophiles qui se croient bibliophiles et qui sont loin de l'être!

Mais si on va au delà de tout cela, reste le livre, comme le dit Mike, finalement, c'est lui qui nous rassemble, et heureusement que nous ne sommes pas tous du même avis, sinon le blog n'a plus qu'à fermer boutique et on prend tous un abonnement au mag du bibliophile (je charie).
Hugues
Vincent : pouvez vous me contacter par email svp?

Jean-Paul Fontaine a dit…

C'était drôlement bien, la Bibliophilie "de Papa" !..."Le magazine du Bibliophile" n'est pas si mal que ça...et, par dessus tout, je ne peux me passer des libraires !

Gonzalo a dit…

Courte réponse à l'attention de Mike, qui "s'étrangle" lorsque j'écris que le libraire a une "responsabilité patrimoniale".
Connaissez-vous le nom d'André Jammes (qui vient e publier deux excellents ouvrages aux éditions des Cendres)? Avez-vous entendu parler du dernier catalogue de la librairie philippica ("la bibliothèque d'un homme de cheval en 1600", voir la présentation en page 74 du dernier numéro d'Arts et métiers du livre")? Ou peut-être connaissez vous le nom, plus ancien, de J.-C. Brunet?

Certes, une minorité. Certes, une élite. Mais les libraires jouent pourtant un vrai rôle dans la connaissance du livre ancien, et ont à ce titre une véritable fonction patrimoniale.

Jean-Paul Fontaine a dit…

Merci pour eux, Gonzalo, de l'avoir rappelé : les bibliophiles d'aujourd'hui doivent énormément aux libraires...et bien peu à Internet, sinon d'aller chercher sur Gallica ou Google Books les écrots de leurs Maîtres !

Jean-Paul Fontaine a dit…

"écrits", bien sûr...
Les bibliophiles aussi travaillent pour le patrimoine, naturellement.

Etienne a dit…

De fait Jean-Paul, puisque sans bibliophiles, point de libraires!
En ce qui concerne internet, vous avez raison... les bibliophiles d'aujourd'hui doivent énormément aux libraires...et bien peu à Internet, sinon d'aller chercher sur Gallica ou Google Books... Enfin sauf que sans internet, l'information serait concentrée dans les mains d'un petit monde... et bien de nos illustres ainés seraient complètement tombés dans l'oubli.
Internet a cette vertu là... en plus de faire vivre les libraires.
Etienne

Anonyme a dit…

Bonsoir, et dire que je suis bouquiniste et ma femme restauratrice de livre. J'ai bien peur que les gens regarde trop la télévision... Réveillez-vous ! Et vive les livres, tous les livres, beau et moche. Michel.

Tristan a dit…

"Les gens regardent trop la télévision".....
Désolé, Michel, mais que est le rapport avec la choucroute? Quel rapport entre la télévision et les livres? l'un tuerait l'autre?
Allons, soyons sérieux, et vous savez que si vous roulez à plus de 100 km votre corps se désintègre, et que le magnétoscope va faire fermer les cinémas et que l'électricité est une arme du diable? Ah le progrès quelle catastrophe, vite vite, retournons tous au moyen-âge où 99% d'entre nous n'étaient que de pauvres paysans illetrés... Mieux, retournons dans les grottes, au moins il n'y a pas de télé.... mince il n'y a pas de livre non plus...
Tristan.

Anonyme a dit…

Bonsoir, mon cher Tristan tu n'es pas sans savoir que sur tous les ponts il y a écrit "sauter" et les gens ne sautent pas. Je me demande bien pourquoi ? Et, toi tu sautes ? Michel.

Tristan a dit…

On ne doit pas fréquenter les mêmes ponts Michel. Mais je ne voies toujours pas le rapport!
T

Hugues a dit…

Michel, ça fait dix ans que je travaille dans la télévision et l'audiovisuel, j'en suis fier... et ça ne m'a pas empêché d'être bibliophile.
Hugues

Anonyme a dit…

Effectivement, il n'y a aucun rapport . Quand on ne possède pas de télévision on a un regard plus "libre". Je vois déjà les haros et Cie se lever sur moi. J'explique. La télévision demande à un individu d'être passif alors que lire demande plus d'effort et de réflexion. Quand au pont c'est du quatrième degré : sur tous les ponts il y a écrit de ne pas se pencher pour certainement éviter de tomber. Aller, je vous souhaite une agréable nuit remplie de rêves. Michel.

Tristan a dit…

Trop cliché pour prendre la peine de répondre. Résumons votre pensée...
Livre = ahhah, le rêve, bien!
Télévision = bouhou, le diable, le démon, c'est péché!
Et ben, avec des raccourcis comme ça, on va aller très loin...
T

Bertrand a dit…

Bon, en tous les cas, on sent bien que le temps est à l'orage. Que d'agressivité !

Ici en Bourgogne c'est le déluge, désolé, il faut que je vous laisse je dois aller dans ma cave pour pédaler pour fournir de l'électricité à ma TSF et pouvoir enfin me reposer devant une belle émission de l'ORTF.

Non ? Ah oui c'est vrai on est en 2008 ! Je l'avais presque oublié, à force de vivre au milieu des vieux bouquins...

Amitiés, Bertrand

Pilou a dit…

Oh my god! Mais on dérive... Zut de zut, j'aurais mieux fait de ne pas raconter ma mésaventure, on n'en serait pas arrivé là!!! Ne nous tapons pas dessus messieurs (et mesdames bien sûr). C'est à faire croire que le livre pousse les hommes à retrouver leurs plus bas instincts animaux... Regardons la télé, au moins on nous abreuvera de violence (enfin aujourd'hui, plutôt d'Ingrid Bétancourt... Heureusement, une merveilleuse coupure de la part du cable me permet d'éviter de voir tout ce déballage médiatique).
Retournons aux livres, à nos amis libraires, sans qui nous ne serions rien, et à nous même bibliophiles, sans qui les libraires ne seraient rien, et bien sûr à nos paradoxaux libraires bibliophiles.
Vive la République des Lettres et vive la France. Bon, je crois que je vais aller me coucher moi...

bertrand a dit…

Regardez bien cette annonce, et décortiquez bien les photos.

http://cgi.ebay.fr/Voyage-de-Monsieur-Le-Vaillant-1790-2-VOL_W0QQitemZ190237209203QQihZ009QQcategoryZ89674QQssPageNameZWDVWQQrdZ1QQcmdZViewItem

Je vous laisse découvrir par vous même ce qu'il y a à découvrir et qui n'est pas dit mais qui se devine facilement.

Amitiés, Bertrand

xavier a dit…

trop facile : charnières fendues sur les deux volumes

;-))

xavier

bertrand a dit…

Perdu ! Bien que ce soit exact ce qu'il y a à deviner est plus subtile que cela...

Cherche encore...

Amitiés, Bertrand

xavier a dit…

"1ère édition" en description et "nouvelle édition" sur la page de garde !!!.

x.

bertrand a dit…

C'est exact également mais ce n'est pas encore ça !!

Plus important, plus fondamental que cela. L'amateur de reliures que tu es ne devrait pas s'y tromper.

... alors ??

Sinon je te le dirai demain entre deux merguez (sourire).

Amitiés, Bertrand

Martin a dit…

1790?????????

dede155 a dit…

Bonsoir

Les caractères de la pièce de titre différents de ceux de tomaison ?

Martin a dit…

Bien vu. Et la décoration? 1790??

Martin a dit…

Décor, pardon.

bertrand a dit…

Je m'absente 2 heures pour une fondue savoyarde (en juillet oups... mais vu le temps en Bourgogne... ça réchauffe...)
et je m'apperçois que personne n'a encore trouvé !!! Damned !! Vous n'y voyez goutte ou quoi ??
Martin s'approche, dede155 aussi, mais ce n'est pas encore cela, regardez bien les photos...

Je donnerai la réponse demain matin si je vois que tout le monde sèche.

Amitiés remboitées, Bertrand

Martin a dit…

Alors à demain. Mis à part le fait évident que la reliure est plus ancienne que l'ouvrage dedans, je ne vois rien.

bertrand a dit…

Justement Martin ! C'est cela.

1. Le décor des reliures (dos orné aux petits fers) est typique de reliures exécutées plutôt vers la fin du XVIIè voire au tout début du XVIIIè s.

2. Indice des pièce de titres refaites, maquillées grossièrement.

3. Regardez bien les tranches. L'exemplaire de ce voyage édité en 1790 ont été méchamment rognées (cela se voit un peu sur les photos)

Bilan : Exemplaire remboité dans des reliures de réemploi de la fin du XVII ou du début du XVIIIè s. Erreur grossière de la part du trafiquant car le décor était facile à identifier comme n'étant pas du tout en concordance avec l'époque de cette édition de 1790.

Voilà.

Bonne soirée,

Amitiés, Bertrand

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