« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

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dimanche 13 juillet 2008

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Aaah, l'été, la saison de tous les chopins sur ebay. Ce fût en tout cas le cas pour moi ces trois ou quatre dernières années, et je viens de réitérer deux jolis coups, dont un achat en direct en demandant au vendeur d'enlever son livre du site...

Le nombre de livres reste a peu près constant, mais le nombre d'acheteurs potentiels se réduit, aux plus malins de tirer leur épingle du jeu.

En attendant, voici une petite sélection :

Un manuscrit de Papus... pour 20 euros...

Et un envoi au même Papus

Les Fleurs Animées de Grandville, à un prix encore dérisoire...

Un intéressant manuel, pour apprendre à décrypter les manuscrits. Pour Gonzalo et les autres

Un essai sur la Franc-maçonnerie

Ce livre d'heures à prix sacrifié, vous en pensez quoi?

Une reliure "Lettriste" (je ne connaissais pas ce terme), de Max Fonsèque, élève de Lortic

Une autre de Marius Michel

Et un autre maroquin, Dorat, relié par Gruel

L'un des livres les plus suivis en ce moment, le croiriez-vous?

Un Alde de l'ami Frédéric... Ptolémée et ses planètes

La Pucelle d'Orléans, par Voltaire : un curiosa

Une belle édition des Essais de Montaigne, 1611

Bon, bien sûr, les meilleurs chopins, ce sera à vous de les trouver!

H

20 commentaires:

Gonzalo a dit…

Pour le livre d'heure, c'est vrai que ça peut être une impression parisienne. Mais j'irais avec prudence: à vu de nez, il manque au moins la moité des feuillets.

Bonne mise en pratique de mon article *sourire*. Si je prends le détail de la collation donnée : Manquent les cahiers A et B, cahier C est complet, manque D1 et un autre feuillet du cahier D, manque un feuillet au cahier E, cahier F complet, manque un feuillet au cahier G, manque feuillet H1, manque un feuillet au cahier I, cahier K complent, manque cahiers L et M, manque deux feuillets au cahier N [à moins que ce soit un cahier de 6 ff.], cahier O complet, manque deux feuillets au cahier P [à moins que ce soit un cahier de 6 ff.], il y a un feuillet en trop au cahier R (?!?!?), manquent 3 feuillets au cahier R, manque un feuillet au cahier T, cahier V complet? [demi feuille?], cahier X et y complet, manque un feuillet au cahier X.

Es-tu toujours tenté???

;o)

Pour les Jules Verne, quelle classe!

Gonzalo a dit…

Quant à la précision: "I offer you the ENTIRE BOOK for 1500$ to start", elle est franchement abusive.

Mais je n'ai aucune idée de la valeur d'un tel livre d'heure (complet) sur le marché...

Olivier a dit…

Bonsoir,
Moi je trouve mon livre d'heures tout court et incomplet (visiblement moins que celui en vente) qu'il était (cf. post précédent)fort bon marché ;-)
Olivier

bertrand a dit…

Une belle annonce comme on les aime...

claire, nette, précise, en deux mots érudite et très exacte...

http://cgi.ebay.fr/MESSES-RELIURE-EN-MAROQUIN-18-LIGATURE-BINDING_W0QQitemZ150269872682QQihZ005QQcategoryZ151050QQssPageNameZWDVWQQrdZ1QQcmdZViewItem

Je vous laisse apprécier le mariage d'une reliure de 1724 avec le style Louis XVI... un antiquaire frustré sans doute...

Bertrand

Gonzalo a dit…

"Les Messes de ce Tome 13°, non négligeables sont offertes."


C'est vraiment sympa de sa part de laisser le livre dans sa reliure... C'est vrai que le texte n'est pas toujours négligeable...

Benoît a dit…

"un achat en direct, en demandant au vendeur de retirer son livre du site" ??? Pas très règlo, non ? Je suis assez débutant sur eBay (je vends un peu, mais a priori je pensais que ce type de demande était mal vu par eBay... Suis sûrement très naïf. Merci d'éclairer ma lanterne !

Hugues a dit…

C'est assez simple Benoît... Vous repérez un livre sur ebay, vous le voulez vraiment... l'idée de le perdre aux enchères vous inquiète : vous contactez le vendeur, vous lui demandez s'il est intéressé par une offre directe, s'il vous répond oui, il y a alors deux solutions :
1. Il ajoute l'option "achat immédiat" à son livre et vous l'achetez immédiatement via ce biais -> C'est la formule que je conseille, car elle protège l'acheteur, elle nécessite néanmoins une bonne synchronisation.
2. Le vendeur préfère vous le vendre hors ebay, et vous traitez alors directement par mail.

Ce n'est pas toujours comme cela qu'on fait les meilleures affaires, parce que justement, on est prêt à payer... mais quand même, on peut faire quelques achats intéressants.
H

Olivier a dit…

Et celui-là son cachet a été annulé? :
http://cgi.ebay.fr/AMBROSIUS-Opera-Froben-q513-1527_W0QQitemZ230271176590QQihZ013QQcategoryZ34188QQssPageNameZWDVWQQrdZ1QQcmdZViewItem
Olivier

Gonzalo a dit…

> "Et celui-là son cachet a été annulé?"

Pas forcément annulé. Mais ça n'est pas un cachet de collection publique, mais un cachet de monastère. Tant qu'on ne pourra pas prouver que le livre a été volé (ou plus souvent, pour ce type de cachets, emprunté et non rendu), comme il n'appartient pas à la nation mais à un propriétaire privé (hé oui, l'Eglise n'a plus rien à voir avec l'état depuis 1905!), la vente me semble règlementaire... Enfin j'espère ne pas m'attirer les foudres de Jean-Paul, notre expert ès cachets!

Martin a dit…

Etant donné qu'il s'agit d'un vendeur et d'un monastère alllemand, le cas se présente un peu différemment.
Bibliothèque publique ou privée, n'importe. En Allemagne, on ne peut pas devenir possesseur d'un bien volé. Il y a des exceptions (vente publique principalement), mais, en principe, le possesseur légitime, ou son successeur, peut demander la restitution.
Pour les bibliothèques monastiques, c'est un autre, vaste sujet.

Gonzalo a dit…

autant pour moi, je n'avais pas repéré la nationalité du vendeur.

En France aussi, on ne peut devenir propriétaire d'un bien volé. Mais pour prouver qu'il a été volé, dans le cas d'une bibliothèque monastique, c'est assez compliqué. La question ne se pose pas pour les bibliothèques publiques, car le patrimoine public est inaliénable (alors que le monastère a le droit de vendre ses livres s'il le souhaite).


La question est de savoir si le bien a été volé, puis de le prouver... Je ne crois pas qu'en terme de droit, le vendeur (ou l'acheteur) puissent être inquiétés. Mais Jean-Paul, peut-être, nous dira... ;o)

Martin a dit…

Possesseur, propriétaire... Vous voyez déjà mon principal problème. Ni juriste, ni français. Soit.
Ce qui m'a un peu dérangé dans votre message précédant, c'était le terme "à la nation".

Olivier a dit…

Je reste fasciné par l'absence de statut juridique des livres anciens... ramenés à celui des stylos que l'on oublie de rendre au sein d'une administration...
Saint-Yves (patron des juristes sauf erreur...) priez pour eux (les livres et ceux qui en sont les dépositaires).
Olivier

DD. a dit…

Ne vous êtes-vous jamais posé la question, lors de la vente au hasard des enchères ou chez un libraire d'un beau livre en maroquin aux armes de la marquise de Beloeil ou de la duchesse de Monfoutoir, si, pris d'un élan de généalophilie subite, les descendants de ces braves adoubés n'avaient pas le droit de réclamer la propriété de ces biens de leurs chers livres (parfois si chers...) éparpillés dans la nature bouquinière ??

Je me pose quelque fois la question. DD.

Benoît a dit…

merci beaucoup pour la réponse, Hugues... Voilà ma lanterne éclairée désormais ! Il n'en reste pas moins qu'une enchère annulée est dommageable pour le vendeur, au plan de sa réputation. Mais je comprends bien. Effectivement nous ne sommes pas sur le terrain du grand banditisme littéraire & bibliophilique !!! En parlant d'ebay, d'ailleurs, mon pseudo vendeur est r.callede. Mais en ce moment je disperse une partie de ma bibliothèque photographique récente, donc a priori rien qui puisse plaire aux participants du blog. Des E.O. 20e et des illustrés modernes (Laboureur, Galanis et Goerg) à venir - en petit nombre, je ne suis pas libraire ! -
A bientôt et bravo encore pour les contributions de haut vol, en vous lisant les uns les autres, je me rends compte que je suis vraiment un gentil débutant !!!

Jean-Paul Fontaine a dit…

En droit français, les collections des bibliothèques publiques échappent au jeu de la maxime : "En fait de meubles, la possession vaut titre". Elles ne peuvent donner lieu à une appropriation privée, et peuvent être revendiquées, sans limite de temps, par l'Etat ou par une collectivité publique.
Acheté en librairie ou en salle de ventes, qu'il soit alors identifié ou non par l'expert, ou encore reçu en héritage, un livre portant les marques d'appartenance à une bibliothèque publique doit être restitué.
Pour les autres marques d'appartenance, le bonheur du bibliophile (ou celui de ses héritiers) sera, dans tous les cas, gâché le jour où l'ouvrage sera remis en vente : aucun amateur cultivé ne voudra de cet exemplaire...

DD. a dit…

Qu'en est-il des bibliothèques privées et notamment des bibliothèques de châteaux (les plus connues notamment) ??

Si demain j'achète un livre aux armes du duc de La Rochefoucauld, est-ce que je risque de voir débarquer le descendant de La Rochefoucauld dans ma bibliothèque pour faire une saisie en arguant que ce livre lui appartient ??

Comment prouver alors, qu'à un moment ou à un autre de l'histoire des sicèles, ce livre n'a pas été volé ? Comment avoir la preuve que ce livre est bien légalement sur le marché ? Merci de vos lumières, DD.

Gonzalo a dit…

En terme légal, en France, il existe la présomption d'innocence. Il me semble, donc, qu'il faut que le plaignant prouve que le livre a été volé (ça n'est pas au possesseur actuel de prouver que le livre est sorti légalement d'une collection).

Quand serait-il, sinon, des mentions d'ex-libris manuscrites qui ornent 95% des livres anciens??? Faut-il à chaque fois mener l'enquête pour identifier les familles actuelles? Rationnellement il n'y a pas de raison d'avoir plus peur d'un cachet que d'une signature. Si un livre porte la mention manuscrite "propriété de la bibliothèque nationale", la question se pose de la même manière.

Il n'y a, à mon sens, que deux types d'anciens propriétaires: les propriétaires privés, et l'Etat. Tout ce qui n'a jamais été entre les mains de l'état peut avoir été donné/offert/vendu, et peut donc circuler librement. Enfin, c'est comme cela que je pense. Après, si un descendant vient un jour avec la preuve que le livre a été volé (une lettre de la main d'un ancêtre, par exemple), il n'y a aucun doute: il faut le rendre.

Hugues a dit…

Je vais être direct, mais le descendant d'un ancien propriétaire qui vient me voir pour récupérer un livre ferait mieux d'aller se faire directement voir ailleurs, ou alors, il sera gentil :
1. De me montrer un document qui prouve que tous les descendants de l'aieul bibliophiles en ont bien été les héritiers, et héritiers les uns des autres jusqu'à aujourd'hui.
2. Que son aieul l'a bien déclaré comme volé à l'époque, documents officiels à l'appui.
3. Plus dur, un test ADN qui démontre que c'est bien son aieul.
4. Une lettre de son aieul qui reconnait que ses descendants méritent bien de récupérer ses ouvrages.
:)
H

Jean-Paul Fontaine a dit…

A priori, les ouvrages portant les marques (timbre sec ou humide, ex-libris manuscrit ou imprimé, super-libris, etc) d'une bibliothèque privée et qui ont été vendus, et non volés, ont une "généalogie commerciale" qu'on peut retrouver (catalogue de libraire ou de vente publique). Pour ceux qui ont été volés, je rejoins l'analyse de Hugues.

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