« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

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mardi 2 septembre 2008

Point de vue sur la Baie

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Autre moyen d’assouvir son besoin en livres, ebay a également profité de l’été pour changer un peu, en particulier au niveau de la navigation et des recherches. J’aurais aimé pouvoir comparer ebay avec un autre site d’enchères mais force est de constater que le premier site marchand dans le monde est aujourd’hui en situation de quasi-monopole. Cette situation changera-t-elle ?

Ce qui est curieux, c’est de constater qu’une situation monopolistique ne rime pas forcément avec confort (même si je suis peu inquiet pour ebay !) et que les derniers ajustements de tarification auxquels à procédé ebay illustrent bien que le site rencontre ses premières interrogations. En effet, les analystes financiers attribuent ce revirement d’ebay à la menace venant d’Amazon, qui est aujourd’hui la 2ème plate-forme commerciale dans le monde. Ainsi ebay a réduit ses frais de mise en vente pour les objets vendus à prix fixe, tout en augmentant sa commission sur le prix final des objets mis en vente aux enchères. L’objectif est d’augmenter la part des objets vendus à prix fixes sur ebay, et de se rapprocher ainsi du modèle économique d’Amazon, qui prend des parts de marché importantes sur ces objets vendus à prix fixes ; notamment parce que finalement, il est plus sûr d’acheter à un autre particulier via le système de paiement d’amazon que directement à un autre particulier comme c’est le cas sur ebay (avec les risques liés au commerce entre particuliers). Autre pierre lancée dans le jardin du site d’enchères, amazon vient de lancer un concurrent à paypal, « checkcout by amazon ».

Cette nouvelle politique de prix soulève d’importantes critiques de la part des utilisateurs-acheteurs sur ebay outre-atlantique, qui sont très attachés au système des enchères et ne comprennent pas ce changement d’orientation.

J’avoue que je trouve également cela étrange ou décevant: ebay n’est pas un site de vente à prix fixe, son ADN est fondé sur les enchères. D’ailleurs, si l’on considère que ce site devait devenir un site de vente à prix fixe, il ne serait plus alors qu’un site parmi d’autres (pour les livres, abebooks ou LRB par exemple, que je citais hier), quand il est aujourd’hui un leader incontestable sur les enchères. Le désintérêt pour le site serait évident.

Vous le savez je ne considère pas ebay comme un ennemi de la bibliophilie, au contraire même, mais j’avoue que mon intérêt pour le site faiblirait significativement face à cette nouvelle logique. L’intérêt d’ebay, comme dans une vente en salles, est de réussir à acheter un livre à un bon prix… et non pas de l’acheter à un prix fixe. Personnellement, et c’est le principal commentaire que font aussi les ebayers américains, sur une marchandise comme le livre ancien, cela m’amène à ne pas considérer/regarder les livres vendus à prix fixes en achat immédiat. Comme nos amis américains, je les ignore aujourd’hui totalement. Finalement, si je souhaite acheter un livre à prix fixe, je préfère me rendre chez un libraire ou dans un salon.

Je ne sais pas si ce vent est arrivé jusqu’à nous, mais il me semble constater que les livres proposés en achat immédiat (et donc à prix fixe) sont de plus en plus nombreux sur ebay France. Le fait est que lorsque ces livres sont en achat immédiat, il est rare que le prix soit abordable. Quitte à payer cher, autant toucher le livre, parler à un sympathique libraire, etc. Qui sait, ebay va peut-être finalement ramener les bibliophiles dans les librairies, avec cette nouvelle politique ? Ou alors peut-être est-il temps de créer une alternative à ebay, fondée à nouveau sur les enchères, comme cet autre site étranger d’enchères sur lequel j’achète régulièrement des livres à de bons prix…

H

P.S. : j’ai oublié galaxidion dans ma comparaison des sites… je crois que cet oublie parle de lui-même.

51 commentaires:

Mike a dit…

J'observe aussi cette tendance aux livres en achat immédiat sur ebay depuis quelques mois. Même réaction : j'occulte immédiatement ces livres de ma sélection, et je ne leur accorde plus un regard. Non seulement les prix proposés en achat immédiat sont rarement intéressants (il n'y a qu'à voir le nombre de fois ou ces livers passent et repassent sans être vendus), mais c'est pour moi antinomique avec ebay.
Et puis, c'est vrai, quitte à se lancer dans un gros achat, autant l'avoir entre les mains.
Mais c'est surtout une question de principe... je suis allergique à ce type d'offres sur ebay, site sur lequel ma démarche s'apparente plus à celle d'un chineur.
Qui dit chine dit possibilité de faire de bonnes affaires, ce qui ne rime pas vraiment avec ces livres en achat immédiat.
Mike

Tristan a dit…

la recrudescence réelle de ces livres proposés en achat immédiat à des prix élevés est à mon avis la conséquence directe du nombre grandissant de libraires qui vendent sur ebay. Et comme ils ne souhaitent pas prendre de risques: ils utilisent ebay comme abebooks, en somme... Je ne fais pas non plus attention à leurs livres.
Tristan

tex_242 a dit…

Pour info : voici un lien vers un site qui monte, que je teste depuis quelques semaines pour des achats de cartes postales et dont je suis très satisfait : http://www.delcampe.com/

Cordialement,

Hector
http://hectorbuissneg.canalblog.com/

Hugues a dit…

Je connais delcampe, mais il faut avouer que l'offre en livres anciens est très très réduite, voire inexistante. Je n'ai jaamis rien acheté sur ce site, mais je crois que Bertrand y a déjà fait un achat (si ma mémoire est bonne).
Hugues

bertrand a dit…

C'est exact Hugues, j'ai fais un achat sur Delcampe. Un achat curieux d'ailleurs. J'ai racheté un livre que j'avais vendu plusieurs mois auparavant (je crois même près de 2 ans auparavant...) à un libraire. regrettant cette vente à peine fut-elle conclue (je pensais et je pense toujours - à tort ou à raison - ne pas l'avoir vendu au bon prix à cette date). J'ai donc racheté l'exemplaire vendu une première fois sur Ebay, racheté sur Delcampe, replacé sur Ebay et sur mes autres places de vente en ligne. Anecdotique. Geste pathétique d'un libraire, j'en conviens.

Je ne suis pas intervenu sur les derniers messages (méta-moteurs, article de Bernard, etc.), cependant tous lus avec grand intérêt. Tout simplement parce que je suis en train de rédiger les notices du prochain catalogue de 50 livres choisis que j'ai promis pour le 15 septembre... et ce n'est pas gagné (les journées ne faisant que 24 heures).

Juste un mot concernant Ebay, je pense que le gros boom de la rentrée en la matière c'est la déclaration obligatoire des particuliers au RC au delà d'une certaine limite de CA réalisé (à priori 2.000 euros). Plafond que d'aucuns explosent allègrement (à vrai dire sans que cela me gène le moins du monde). Mais je pense qu'au fil des 3 mois qui vont venir, c'est à la disparition de certains "gros" particuliers que nous allons assister. Est-ce bien ? Est-ce mal ? L'avenir le dira. Ce qui est certain c'est que les professionnels sont désormais plus facilement identifiables, et cela ne peut être un mal.

Amitiés, B.

Eric a dit…

"déclaration obligatoire des particuliers au RC au delà d'une certaine limite de CA réalisé (à priori 2.000 euros)."

==> Troll ?

Se déclarer au RC pour vendre sa voiture d'occasion... Je n'y crois pas un instant.

Eric

bertrand a dit…

Entièrement d'accord avec toi Eric, cela peut paraître totalement "peu crédible", seulement dans le nouveau règlement Ebay en vigueur au 1er septembre, il est bien spécifié que le vendeur "particulier" qui aura réalisé 3 mois consécutifs des ventes pour 2.000 euros (soit 6.000 euros entre le 1er septembre et le 1er décembre - c'est tout de même déjà une somme), sera averti par Ebay et tenu de se déclarer en tant que professionnel et donner son RC, si le vendeur s'y refuse son compte sera "bloqué". C'est ce que j'ai lu en tous les cas, sera-ce appliqué ? C'est une autre histoire.

Amitiés, B.

Michel a dit…

Bonsoir Hugues,
Vous disiez au contraire aimer le système des achats immédiats quand vous vouliez faire des affaires au nez et à la barbe de tous le monde ???
Raison supplémentaire pour laquelle je suis contre les achats immédiats ...

Jean-Marc a dit…

Petite démonstration de ce qui se passe sur e-bay. J'avais repéré depuis longtemps un ouvrage qui m'intéressait. Au fil des mois, il a été proposé aux enchères à une mise à prix de 550 €, puis est passé de nombreux mois en Achats immédiats d'abord à 550 €, puis est monté à 750 € pour revenir à 450 €. En désespoir de cause , l'acheteur l'a proposé aux enchères à 320 €. Je viens de l'acheter à ce prix, étant le seul enchérisseur.

Que ce livre très spécialisé ne se vende pas sur e-bay montre que tous les bibliophiles et les libraires ne se sont pas encore précipités sur e-bay. Je pense qu'à Grenoble ou Passy (le Passy près de Chamonix, célèbre pour son Salon du Livre de Montagne), il aurait pu se vendre sensiblement plus cher.

Pour une occasion comme celle-là, que d'ouvrages sans intérêt sur e-bay. Décidément, je reste fidèle aux libraires et aux salons. Ce sont eux qui m'ont permis d'acheter les quelques beaux livres qui sont venus compléter ma bibliothèque cette été. En revanche,financièrement, je ne pense pas avoir fait des affaires...

Jean-Marc

bertrand a dit…

Je pense surtout qu'il serait sage, comme toujours, de ne jamais rien généraliser. Faire une affaire sur Ebay, faire une affaire auprès d'un libraire directement, dénicher le livre qui vient d'arriver avec un mauvais prix sur abebooks ou sur addall, passer tous les jeudis chez son libraire du coin, tout ceci montre tout simplement qu'il n'existe pas qu'une seule voie pour se rendre au paradis du bibliophile, et heureusement. Eloignons-nous des pensées dogmantiques trop assurées. Ce qui est vrai pour l'un ne le sera pas pour l'autre, et c'est heureux.

B.

Jean-Marc a dit…

Sage pensée vespérale.

Jean-Marc

frédérick a dit…

pardonnez-moi d'être aussi catégorique, mais les livres à vendre en achat immédiat ne sont d'aucun inrérêt (ou si peu, du moins ils sont délaissés par les clients) et ils sont hors de prix. J'irai même plus loin. Ils sont toujours par groupe de 5 à 10 livres, sans parler de ces cartes et de ces portraits qui polluent les recherches. Je serais moins nuancé que Hugues, et tout à fait de son avis... ces livres là, on s'en tape le coquillard. Vive les enchères, même avec leurs inconvénients.

bertrand a dit…

Vous partez du principe qu'Ebay est une place de marché différente des autres, pas moi.

Je ne fais aucune différence entre mettre mes livres sur Ebay, Abebooks, Galaxidion, etc. C'est une porte ouverte sur le monde, une de plus, avec ses particularités certes.

D'ailleurs pendant que j'y suis je vais me faire plaisir de lâchant un mot à un collègue qui se reconnaîtra peut-être. Acheter des livres sur Ebay, il veut bien. En vendre ? Ah ça non ! Jamais. Une sorte de honte pour un libraire de vendre via Ebay (surtout des livres qui se veulent de bon niveau). Quel paradoxe ! Trop bon pour acheter, trop mauvais pour y vendre. Je n'adhère absolument pas à cette vision ségrégationniste qui ferait de Ebay un sous-marché indigne d'une frange non négligeable de la librairie ancienne. Je vends sur Ebay, en achat immédiat, parfois en mise à prix 1 euro sans réserve, parfois à prix de départ. Sans honte, sans fierté non plus. C'est la même chose qu'ailleurs, à cela près, qu'Ebay, on ne peut que le reconnaître donne une visibilité immédiate que d'autres ne peuvent fournir actuellement.

B.

Bergamote a dit…

A vrai dire, je n'aime pas acheter aux enchères. Que ce soit dans un hôtel des ventes ou, pire, sur ebay .
Il m'arrive tout de même y faire un tour de temps en temps, lorsque je reçois une alerte par exemple. Mais , paradoxalement, je n'y regarde généralement que les enchères. En effet, pour ce qui est des "achats immédiats", je préfère Priceminister : je paie Priceminister, qui ne paie le vendeur qu'une fois que je dis avoir reçu le livre en question.
Le système Paypal, pour ebay, me met un peu en confiance.
Amazon, en revanche, pas du tout : qui est payé quand ? Je n'ai toujours pas compris (et non je ne suis pas blonde *clin d'oeil*)

Gonzalo a dit…

J'ai en page d'accueil de mon navigateur un affichage des derniers ouvrages entrés sur ebay en achat immédiat dans la catégorie pré-1700. Je pense qu'environs 98% des livres proposés en achat immédiat sont beaucoup trop chers, mais j'ai ainsi pu acquérir (à deux reprises suelement) des ouvrages mis en vente à un prix dérisoire par des vendeurs qui n'en connaissaient pas la valeur, et qui venaient tout juste de mettre l'ouvrage en vente.

Je pense que tout nouveau livre en achat immédiat qui n'est pas vendu dans la journée ne vaut pas le coup. D'où l'intérêt de trier les achats immédiats par date de mise en vente.... Le tri est quasi automatique!

bertrand a dit…

Attendre "la faute", le "faux pas", du libraire ou du particulier est légitime mais est-ce réellement un processus d'achat bibliophilique ??

Peut-on se construire une bibliothèque faite de "fautes d'appréciations" de la part des vendeurs ?

Je ne fais que poser la question. Intéressante en fait.

B.

Jean-Luc a dit…

Je ne crois pas du tout que ce soit Amazon qui précipite eBay dans l'achat immédiat. Comme je l'écrivais ici il y a un moment déjà, c'est plutôt le mûrissement naturel du modèle eBay :

[Les premières conséquences de ce système économique sont visibles sur eBay.com où la proportion d’enchères à dramatiquement chutée au profit des offres en achat immédiat. eBay tente de soigner cette nécrose par l’option de la meilleure offre négociée, mais ce ne sera pas suffisant.]

Le modèle économique d'eBay demande un mûrissement avant de se stabiliser et l'eBay de 1998, de 2002 et de 2008 n'ont rien à voir entre eux alors que la plateforme est restée sensiblement la même.

Pour faire court sur les raisons du recentrage :

Coté vendeurs : il existe un seuil de rentabilité à partir duquel un vendeur commence à gagner de l'argent. En dessous de ce seuil, même si l'enchère finale est haute, le vendeur reste déficitaire. Il existe des outils qui permettent de calculer ce seuil et même des blogs où on s'amuse à calculer combien les vendeurs perdent par enchère... sans souvent s'en douter le moins du monde. L'opacité est grande, plusieurs années de ventes sont parfois nécessaires pour saisir les pièges comptables d'eBay.

Coté acheteurs : les longs délais d'enchères (jusqu'à 10 jours) ont favorisé l'automatisme de la comparaison des prix et de la rareté présumée avec des sites comme abebooks. Ajoutons à cela la systématisation du recours au snipe et nous avons une perversion de l'utilisation du modèle qui ressemble plus à une partie de poker avec le vendeur qu'à des enchères négociées.

Le réajustement des vendeurs était prévisible et prévu. Et si, comme je le crois, nous arrivons à un point de mûrissement d'eBay en France, le recours à l'achat immédiat va s'amplifier et eBay devrait mettre en place (cet hiver ?) une option de prix négocié. Patch retardateur pour gagner du temps sur un eBay 3.0 sur lequel l'équipe de San José planche déjà.

Gonzalo a dit…

>> "Peut-on se construire une bibliothèque faite de "fautes d'appréciations" de la part des vendeurs ? "

Peut-être pas une bibliothèque complète, mais quand on a des moyens limités c'est toujours mieux que rien... et surtout,ça n'empêche pas de faire des achats "normaux" par ailleurs! ;o)

bertrand a dit…

Tout à fait d'accord avec toi Gonzalo, comme je le disais c'est bien légitime.

Quant à Jean-Luc, bravo encore une fois pour cette analyse. Décidément votre boule de cristal m'en bouche un coin !

B.

pierre a dit…

Il existe en effet des pièges comptables à Ebay...

Je n'étais qu'un acheteur de livres anciens sur Ebay ; zen! J'ai eu la mauvaise idée de vendre un véhicule HY tube par ce site ; pas zen ! J'avais proposé le règlement Paypal lors du questionnaire de vente... mauvaise manipulation sans doute mais je me suis retrouvé vendeur professionnel et il a fallu trois mois et un désabonnement total à paypal pour arrêter les prélèvements mensuels indus... Quand au service gestion, je n'ai pas su en démêler les arcanes... A leur décharge, je suis quelquefois mode d'emploi-résistant...

Comme Bergamote, j'utilise Priceminister pour mes achats immédiats ainsi que abebook. Je ne fais jamais d'achat immédiat sur Ebay car je perdrais trop de temps à surfer sur ce site que j'ai choisi pour les enchères.
Pierre

pierre a dit…

Un très bon point pour Ebay. La nouvelle page d'accueil et la navigation sont excellentes. De nombreux liens existent qui ne peuvent laisser indifférents les surfeurs curieux.
Un bémol. Ou allons nous trouver le temps pour nous occuper de nos livres avec toutes ces offres chronophages ?
Le bibliophile va t-il devenir plus "homme de bonnes affaires" que contemplatif ?
Pierre

bertrand a dit…

Je vous transmets ce message diffusé via la liste Livre-rare-book... encore à propos d'Ebay (c'est pourquoi j'ai pensé bien de le placer en copie ici) :

Collectif des Brocanteurs et Antiquaires
Syndicat National ( E-1141 Nice 26.06.07) cba11syndicat@orange.fr

LE CBA ET LE GBS ASSIGNENT EBAY-FRANCE
DEVANT LE TRIBUNAL DE COMMERCE DE PARIS


Après que le Conseil d¹Etat ait obligé le Gouvernement à publier le décret
qui permettra de réglementer efficacement les activités des vide-greniers,
le CBA et le GBS ont demandé à leur avocat de mettre en place une action
permettant de remédier le plus rapidement possible aux activités dissimulées
des faux-particuliers sur le site eBay France.

Le Collectif des Brocanteurs et Antiquaires (CBA) et le Groupement des
Brocanteurs de Saleya (GBS) viennent donc d¹assigner le site eBay-France
devant le Tribunal de Commerce de Paris à la date d¹audience du 25 Septembre
2008.

Il sera alors demandé aux juges consulaires d¹ordonner la suspension sur le
site eBay-France des ventes entre particuliers sauf à justifier de mesures
efficaces pour remédier au travail dissimulé (dont le site s¹est fait le
champion) et aux dommages graves causés à la profession par cette
concurrence déloyale qui met en jeu l¹avenir immédiat du commerce de l¹objet
ancien.

A ce sujet d¹ailleurs, les tribunaux, faisant application de la loi, ont
rappelé, à plusieurs reprises, à eBay-France, qu¹il restait tenu à veiller à
n¹être pas utilisé à des « fins répréhensibles ». Cette audience sera une
audience de procédure où les parties échangeront leurs pièces et
conclusions.

La question que pose implicitement cette assignation est de savoir si eBay
France peut continuer, au vu de tous et plus particulièrement du
gouvernement et des services compétents de l¹Etat, à violer la loi aux
prétextes que « le statut de professionnel du commerce n¹est pas bien défini
en France » (dixit Catherine Brel, juriste senior eBay-France) et qu¹eBay
n¹est jamais qu¹un « vide-grenier planétaire » (dixit A.von Schirmeister,
directeur général eBay-France).

CBA ­ Syndicat national de professionnels du commerce de l¹objet ancien
regroupant 700 brocanteurs, antiquaires et bouquinistes.
GBS - Association loi 1901 de professionnels du commerce de l¹objet ancien
de la région Paca


Contact : Jacques SALOU Secrétaire Général - 06 99 25 66 51

Vincent P. a dit…

Bonjour,

Je vois qu’Ebay déchaîne toujours les passions de tous les côtés à la fois : acheteurs et vendeurs.

Acheteur je le suis depuis 7 ans et continuerais à acheter.

De toutes les manières : enchères, achats immédiats et offres directes.

Enchères :
Il est de plus en plus dur de trouver de « beaux et bons » livres à pas cher, des « chopins » comme dirait Hugues, aux enchères.
En effet ce type d’ouvrage est de suite repéré, suivi et les enchères à 90% (voire plus) sont au niveau de celles des salles des ventes, donc pas ou peu intéressants pour les libraires, mais restant le plus souvent achetables pour les particuliers.
Une seule exception notable à ce fait : si un livre rare n’est pas sur l’un des sites de référencement des libraires (addall, abebooks…) il reste facile de l’acheter aux enchères à un prix souvent dérisoire. Ma librairie a ainsi pu acquérir à peu de frais un guide 18eme sur Amsterdam, en français, tout simplement aucun exemplaire n’était à ce moment proposé par les libraires. Si actuellement il en repassait un autre sur Ebay je suis prêt à parier que le fait de l’avoir mis à 380€ faciliterait la recrudescence des enchères…
Il reste aux libraires tout un tas d’ouvrages de documentation historiques, scientifiques…(et il y en a à la pelle…), et là les prix restent très abordables.

Achats immédiats :
Pourquoi tant de haro sur ce type d’achat ?
Là permettez-moi de ne pas comprendre. Oui il est sûr que les prix sont souvent les mêmes que ceux de la librairie ancienne, mais bon il reste toujours des affaires à faire, des « chopins ».
A ce propos j’ai vu très récemment passer de très nombreuses réactions sur un livre de la collection de La Bédoyère, Adams, Hoe…en maroquin somptueusement doré, et tant pis je me lâche (et balance…) acheté au Canada, sur Ebay, en achat immédiat pour 850 dollars canadiens, une misère (550 euros ou moins peut-être).
Alors ne pas regarder ces achats immédiats est tout simplement stupide, pardonnez moi : même si dans 99,99% des cas on achète pas, au moins on ne se prive pas d’un potentiel achat.

Offres directes :
Ces dernières sont proposées sur les sites Ebay étrangers et permettent de faire une offre au vendeur, inférieure à l’achat immédiat il va de soi.
Et là il faut oser, avoir du culot.
Je me suis très récemment mordu les doigts de ne pas avoir proposé un prix pour un incunable vénitien de 1498 relié en maroquin vert du 19eme, proposé en achat immédiat à 3100€ et qui a été raflé en proposition directe pour…1250€. Là il fallait oser, mais bon si je vous dis que derrière l’acheteur se cache l’un des plus grands libraires parisiens vous ne serez pas étonné. Joli coup, bravo, rien à dire…

Et je suis vendeur depuis presque aussi longtemps que j’achète.
Beaucoup aux enchères, mais depuis peu aussi j’opte pour l’option achat immédiat.
Pourquoi ?
Parce que être vendeur particulier ou professionnel sur Ebay ne veut pas dire être un pigeon, et je comprends tout à fait que l’on ait envie de vendre ses livres à un prix que l’on estime juste. Pour ma part je mets toujours un achat immédiat qui satisfera (tout au moins devrait satisfaire…) toutes les parties et ne propose jamais de livres qui figure ou figureront sur mes catalogues. C’est un choix, mais je comprends très bien que pour d’autres libraires Ebay soit un autre débouché, une autre porte pour reprendre les mots de Bertrand.

Ebay reste et restera pour ma librairie et moi-même un canal de vente et d’achat, voilà.
Delcampe est un site plus que marginal, mais bon là aussi à relativiser car je n’y ai acheté qu’une seule fois mais quel achat : un lot de 3 ouvrages reliés en maroquin du 18eme et 19eme siècles signés dont un livre d’emblèmes en français de 1549 in-8 et livre de numismatique de 1508…pour 1200€, un rêve non ?

Quant au fait que les particuliers qui font plus de 6000€ sur 3 mois (2000€ par mois) soient obligés de se déclarer en quoi cela est-il grave ou gênant ?
Il faut quand même que les gens comprennent que lorsque vous faites 24000€ (160.000 francs d’avant 2002 pour ceux qui ont encore du mal avec nos euros lol) de chiffre d’affaires par an (et là de suite ça parle un peu plus non ?), vous sortez du cadre de la brocante faite 2 ou 3 fois par an dans votre ville avec des affaires de famille. Pas de mauvaise foi SVP…
Je ne veux taper sur le para-commercialisme présent sur Ebay (et qui de facto a remplacé le courtage traditionnel), mais bon là je pense que cotiser pour la Sécurité Sociale et la retraite est loin d’être un crime, et que dans l’absolu c’est un acte de citoyenneté (sans aucune démagogie).
Et puis avec le nouveau statut qui sera mis en place cela devrait (au conditionnel quand même) être beaucoup plus facile (à ce propos voir sur Ebay l’article concerné), pas très cher et pas contraignant (si je me rappelle bien 15% du CA impôts compris).

Merci d’être allé jusqu’au bout.

Amitiés bibliophiliques,
Vincent P., Libraire.

bertrand a dit…

Tout est dit !

Bravo Vincent !

Idem pour moi.

Amitiés, B.

Anonyme a dit…

200 % (ou plus) d'accord avec Vincent ! Merci d'avoir si bien exprimé tout ça.

Julien

bertrand a dit…

Eloignez les enfants de l'écran svp !

Euh... je sais pas si c'est moi qui ai des visions libidineuses... mais bon... un avis médical me rassurerait.. Jean-Paul ??

Voir ici (+ de 18 ans) :

http://cgi.ebay.fr/G-Cuvier-Eloges-historiques-vers-1869_W0QQitemZ300254295347QQcmdZViewItem?hash=item300254295347&_trkparms=39%3A1|66%3A2|65%3A1|240%3A1308&_trksid=p3286.c0.m14

Cuvier a vraiment changé ces dernières années, c'est dingue !

B.

Jean-Luc a dit…

Excellent :-)
"Si verge courge" ou "Georges Cuvier" ?

Voilà ce que c'est de passer par un hébergeur gratuit pour ses photos. Attribution d'un même code à un nouveau upload et voilà le travail !

Etienne a dit…

Bien dit Vincent P., et dans ce grand élan de générosité citoyenne n'oublions par tous les libraires qui participeront à l'effort, en déclarant immédiatement et rétroactivement toutes les transactions au noir qu'ils ont effectuées ces 30 dernières années.

Il est normal que nous leur tirions leur chapeau, quitte à ne plus entendre, comme on me l'a proposé au Salon SLAM de l'an passé "c'est 500 euros, mais je peux faire un bel effort si vous me payez en espèces".

Il n'y a pas à dire, nous vivons dans un beau monde, où main dans la main, libraires et bibliophiles vont dans la même direction : les bibliophiles n'auront plus leur droit de vendre leurs livres pour en acheter d'autres, sauf si bien sûr ils les vendent à un libraire, et de leur côté, les libraires poursuivront leur commerce dans la grande tradition qui est la leur, en déclarant intégralement toutes leurs transactions... et en rejetant en masse les transactions opaques.

J'en ai la larme à l'oeil tellement c'est beau. (poil au dos)
Etienne.

AMDG a dit…

Exactement, et de mon côté, je m'engage à baiser les orteils des libraires à chaque fois que je leur achète un livre et qu'ils me remettent une facture... et cela aussi parce que je sais bien qu'ils sont tous prêts à signer une charte ambitieuse, qui va ringardiser celle du SLAM.
Elle commencera par ces mots "Nous, libraires, nous nous engageons à pratiquer une politique d'achat à un juste prix et nous n'hésiterons donc pas à suggérer à nos acheteurs, mais aussi à leurs veuves, de consulter les résultats obtenus par des livres comparables dans les ventes aux enchères passées pour établir une transaction vertueuses, qui n'abusera ni de la naïveté, ni du malheur, ni de la précarité du vendeur...".
Il ne s'agît pas de surpayer, mais de payer juste.

C'est beau, c'est pur, ça donne envie d'acheter en librairie, tiens!
Et les autres? Haut et court, sans discuter (même pas le prix).
AMDG

bertrand a dit…

J'ai la triste impression que bibliophiles (ou qui se disent tels) et libraires (ou que se disent tels) se promènent sur ce blog avec une Kalaschnikov dans le dos, près à dégainer sur le premier qui bouge une oreille... avec en plus cette haine farouche du libraire-roublard...

Ne pourrait-on essayer d'être un tantinet civilisés ??

Amitiés nocturnes, B.

Vincent P. a dit…

Bonsoir,

Je ne reviendrai que très brièvement sur ces deux messages suscités par le mien.

A Etienne : désolé de vous décevoir mais depuis quelques années entre les cartes bancaires et les chèques il ne reste quasiment pas de place pour le cash (ou alors comme vous l’indiquez uniquement dans la tradition des salons avec le petit jeu « cash-cash » entre libraires et bibliophiles). Et votre seconde partie de message anti-libraire je vous la laisse car ça ne rime à rien du tout (poil au…je vous laisse la suite car vous êtes très fort !).

Quant à AMDG, pour les factures elles sont envoyées systématiquement avec les livres, alors…Et je suis entièrement d’accord avec votre phrase sur l’achat juste, enfin quelqu’un qui a compris ! Bravo.

Petit message d’un insomniaque à un autre : Bertrand, il semble bien que notre génération de « jeunes » libraires soit confrontée au réflexes « un peu » hostiles de bibliophiles qui sont les cousins pas si éloignés que ça des « Tontons flingueurs »…

Amitiés bibliophiles,
Vincent P.

Etienne a dit…

Bertrand,
Je n'ai bien sûr rien contre vous, mais j'avoue que le message LRB que vous avez relayé m'a laissé sans voix... Que brocanteurs et certains libraires se posent en chantres de la régularité comptable est en effet a delà du comique. C'est un peu comme si quelqu'un qui roulait sans permis depuis 50 ans fustigeait la première personne à prendre un sens interdit.
Brocanteurs plus encore que libraires d'ailleurs, vous n'allez pas me dire que vous payez avec une carte sur les brocantes, soyons sérieux (et je ne parle pas de demander une facture).
Ces pétitionnaires et leurs gesticulations sont absolument ridicules ou devraient en tout cas être portés par d'autres porte- étendard. Le ridicule de la situation décrédibilise la démarche, mais il est vrai (et heureusement d'ailleurs) que les bibliophiles et autres chineurs ne vont pas se mettre à envoyer au impôts une déclaration de tous les objets achetés aux brocanteurs/libraires avec leurs prix. Dommage en même temp, je crois qu'on se paierait une bonne tranche de rigolade à ce "bal des faux-culs".
Maintenant, gardez à l'esprit que les bibliophiles (ou les chineurs) ne sont pas regroupés en association, ni en syndicats, il est donc sain que nous puissions aussi nous exprimer, même si cela ne cadre pas avec votre vision.
Le marché, la chine, la bibliophilie n'appartiennent pas aux libraires ou aux brocs (mais plutôt aux bibliophiles, si l'on devait faire pencher la balance d'un côté), nous, bibliophiles (sur ce point précis Bertrand, il est dommage qu'à vos yeux, parce que j'ai un peu "flingué" certains libraires je devienne immédiatement un bibliophile "ou qui se dit comme tel", alors que vous ne connaissez rien de moi). Je disais donc nous bibliophiles avons aussi le droit de nous exprimer et de soulever les problèmes auxquels, quoi que vous fassiez ou disiez, nous sommes très fréquemment confrontés. Allez donc faire un tour à Brassens pour en être convaincus, on peut même vous y dire "désolé, je ne prends pas les chèques".
Etienne
P.S. Etienn, qui se dit bibliophile, et qui pense aussi que bibliophile ne rime pas forcément avec béni oui-oui ou introverti en chaussons qui laisse la parole aux professionnels du marché. Nous aussi avons droit à la parole, même si nous ne sommes pas d'accord avec vous. Mais il est vrai qu'un client silencieux et qui paie eh espèces doit avoir un charme fou.

Jean-Paul Fontaine a dit…

A Bertrand : bonne fête !

A Gonzalo ("des vendeurs qui n'en connaissaient pas la valeur" : c'est quoi, la "valeur" d'un livre ancien ? Qui décide ? Qui a le bon chiffre ?

A Jean-Marc : la Bibliophilie, est-ce "faire des affaires" ?

A Etienne : nous sommes, encore pour longtemps, dans un marché capitaliste libéral, avec ses avantages et ses inconvénients.

Jean-Marc a dit…

Effectivement, la bibliophilie, ce n'est "faire des affaires", mais parfois, ce n'est pas désagréable de joindre l'utile à l'agréable ou, pour parler comme Hugues, trouver un "Chopin".

Jean-Marc

bertrand a dit…

Etienne, je ne mettais pas en cause le bien fondé de votre bibliophilie, et je suis en partie d'accord avec vos constatations, ce que je peux vous dire par ailleurs, puisque vous citez Brassens (on pourrait y inclure quelques marchés, salons, brocantes), c'est que la plupart ou en tous les cas un bon nombre, des énergumènes qui se disent libraires et croient en faire le métier, n'en sont pas, et ne sont que de vils pendards ! Ca c'est dit. Des brebis galeuses, des margoulins, il y en aura toujours, et dans tous les camps. Que dire d'un "bibliophile" qui vient me narguer avec des livres chinés à 2 euros sur un vide-grenier (science naturelle XIXe assez rare avec planches en couleurs) ? Que dire de libraires sur Ebay ou en brocante qui ne décrivent pas correctement les livres intentionnellement. Même dans la profesion nous sommes pris pour des c... par nos propres collègues !!! Dur. Alors merci Etienne de simplement comprendre que certains libraires, peut-être les générations les plus jeunes (sans vouloir me flatter), essayent de faire un métier "propre", fait de "passion" où évidemment l'argent est roi, car c'est une obligation, mais où les "combines à papa" ont tout de même laissé la place à autre chose. Encore que, et vous avez raison, quand un client-bibliophile m'a raconté la semaine dernière les entourloupettes, les arnaques, les révises, les marchandages, les malhonnêtetés dont étaient capables certains "grands" libraires de la capitale à l'hôtel du vice (Drouot), je me dis que de ma campagne natale au milieu des vaches je suis bien loin de tout cela... et tant mieux. La compromission n'a jamais été mon truc. D'ailleurs pour ceux que cela intéresse ils pourront me retrouver aux côtés de Bernie Bonvoisin au Zenith de Dijon en octobre... A bon entendeur...

Merci Etienne pour votre point de vue intéressant.

Amitiés, B.

Jean-Paul Fontaine a dit…

Ah ? Bertrand, Mesrine était bibliophile ?

bertrand a dit…

Qui sait Jean-Paul... le vice et la vertu se cachent bien souvent là où on ne les chercheraient pas...

Woody Allen a bien envie d'envahir la Pologne lorsqu'il écoute Wagner...

Amitiés, Bertrand

Hugues a dit…

Bonjour! J'ai dû m'absenter de façon imprévue et suis donc resté loin du blog pendant trois. Mon retour était prévu hier mais j'ai été retenu en otage en rase campagne dans un train à soi disant grande vitesse par la SNCF... 7 heures sans explications...
Je vois que le blog est bien vivant lui! Je découvre vos échanges... En quelques mots : vous connaissez ma position sur le prix "le bon prix, c'est celui qu vous êtes prêt à mettre, en dessous c'est mieux, au dessus c'est moins bien".
Sur les mots d'Etienne : il est bien que les bibliophiles puissent aussi intervenir dans ce débat et il est vrai que certains "pro" sont surtout des escrocs.
Jean-Luc, j'aime beaucoup vos analyses, mais là, je ne vous suis pas toujours: que faites vous des très nombreux libraires étrangers et estimables qui vendent sur ebay en démarrant à 1 euro (daniel good et consorts)? Ils sont moins malins que les français, ou les français seraient-ils plus frileux? Et que dire de Hugues777 qui est le premier vendeur sur ebay france et qui démarre à un euro? Stupide?

A mon humble avis, hormis quelques exceptions, toujours compréhensibles, la logique de la présence sur ebay est de mettre ses livres aux enchères. Que les libraires aient des contraintes, évidemment, mais les bibliophiles viennent sur ce site pour le principe des enchères (même s'ils sont ouverts aux "chopins" en achat immédiat), pas pour voir des livres à prix fixes... Je suis peut-être obtus, mais ça, j'en ai la conviction, pour la majorité d'entre eux en tout cas.
Enfin, vous le savez, je vends des livres sur ebay pour payer mes acquisitions (ce qui est plus simple quand on a une famille à nourrir par ailleurs). Et mes acquisitions sont de plus en plus chères et de plus en plus faites hors d'ebay ou à des libraires. Si je ne peux plus procéder à ces améliorations à moindre coût, et bien j'achèterais moins en salons, en librairie, etc. C'est tout. Je vous rassure, mes achats me coûtent toujours plus que mes ventes... hélas. Sauf erreur de ma part, on a encore jamais vu un bibliophile s'enrichir en constituant sa bibliothèque, au contraire même, évidemment. Il serait bon de le garder à l'esprit.
H

Vincent P. a dit…

Bonjour,

J’ai assez l’impression qu’Ebay n’arrive tout simplement plus à boucler la quadrature du cercle, et que sa boulimique croissance n’arrive tout simplement plus à faire face aux défis de ses règlements qui sont la plupart hors-la-loi (en France et dans beaucoup d’autres pays) comme par exemple le fait de ne dédouaner de la responsabilité des objets mis en vente. Ces règlements sont d’ailleurs systématiquement battus en brèche par la justice et Ebay condamné et mis le nez dans ce qu’il ne voulait pas voir, au simple prétexte de la responsabilité des vendeurs (cf. les contrefaçons).

Aujourd’hui Ebay est confronté à son pire cauchemar, Bercy et l’administration fiscale.
En France vous pouvez échapper à la justice, rarement au fisc…
D’où l’obligation de se mettre en règle, et d’instaurer le plafond des 6.000€ sur 3 mois.
C’est aussi simple que ça, et l’on pourra tergiverser ad vitam aeternam sur l’ADN d’Ebay (qui comme Hugues le rappelle à très juste titre est basé sur les enchères), il n’en reste pas moins la vérité que nous sommes en train d’assister en direct à une mutation, à une évolution du site qui va allier enchères et achats immédiats.

Inquiétude ? Oui et non.
En effet je compte bien sur la roublardise toute française pour pallier et contourner cet aléa de parcours.
Par exemple mes parents, ma sœur et mon beau-frère n’ont pas de comptes Ebay, et ils ont chacun un compte bancaire en nom propre. Et voilà, d’un coup de baguette magique j’ai 4 nouveaux comptes et nouveaux pseudonymes pouvant chacun faire 6.000€ sur 3 mois…

Bertrand, Je suis entièrement d’accord avec toi sur l’analyse du métier, et je comprends mieux pourquoi on nous affuble de noms pas forcément aimables, et j’affirme ici que je suis contre toute forme directe ou indirecte de révise (au grand dam du tout Paris des libraires…).

Hugues, Même si votre raisonnement de fond est exact sur les bibliophiles et la constitution patrimoniale d’une bibliothèque, je me mets en retrait car ces dernières années le prix des livres anciens a tellement fluctué à la hausse que finalement cet « investissement » a été dès plus fructueux.
Je ne citerai que la vente de la Bibliothèque Impériale de Dominique de Villepin qui a multiplié ses estimations par 3, et qui a été constituée presque entièrement chez des marchands par l’intermédiaire d’un ancien libraire talentueux (B.Y) passé au ministère des Affaires Etrangères. Comme de très nombreux confrères j’y ai pu voir « mes » livres à des prix exorbitants.

Et là j’en arrive à Etienne puisque les quelques livres vendus pour la constitution de cette bibliothèque ont été réglés en cash.
Il ne s’agit pas d’être faux-cul que de réclamer plus de transparence, et de demander aux gens de se mettre en conformité avec les réglementations en vigueur.
D’ailleurs, les plus gros vendeurs de livres anciens sur Ebay qui étaient des « particuliers » au début sont depuis longtemps devenus des « professionnels » (je mets ces mots entre guillemets car le statut ne rime pas forcément avec les qualités).
Alors qu’est ce qui coince ?
Là je dois avouer que je sèche, même si vos arguments sur la qualité des porte-étendards est tout à fait juste. Alors quoi d’autre ?

Amitiés biblio-librairophiles,
Vincent P., Libraire

Hugues a dit…

Bonjour Vincent,
Tous les bibliophiles ne sont pas D. de Villepin (qui d'ailleurs repart en bibliophilie si j'ai bien compris, et dans un autre domaine) ou Fred Feinsilber (plus proche de l'investissement)... et je peux vous assurer que pas une fois quand j'achète un nouveau livre je ne pense au prix qu'il vaudra demain ou après-demain.
Je crois que le vrai bibliophile n'est pas dans cette logique : si lui (un jour où il aura besoin de fonds et qui l'amènera à vendre, aux enchères ou non) ou ses héritiers en tirent quelque bénéfice, tant mieux, mais ce n'est pas le moteur.
Quand à ebay, sujet central de la bibliophilie moderne à lire les commentaires que vous avez échangés au cours des derniers jours. Sujet qui passionne les foules et qui pose de nombreuses questions... Quelques remarques en "vrac" :
- Quid de l'ebayer qui vend pour 6000€ en 3 mois mais achète dans le même temps pour 8000€ (le fisc le rembourse? Sourire)... Doit-on considérer que c'est un pro qui se sert de ce moyen pour vivre?
- Quid de celui qui vend pour 10000€ en un mois, puis ne vend plus pendant 3 mois?
- Quid, comme me le confiait un libraire qui "faisait du black" selon l'expression consacrée de : "le fisc a bien d'autres choses à faire que de contrôler le nain que je suis, quand on sait le nb d'entreprises e France?"
- Quid des vendeurs inscrits sur ebay.com?
- Corollaire... Euh, ceci est-il légal sur le plan de la CNIL et des libertés individuelles, etc? Où commence l'impôt, où commencent le fichage et la délation?
- Enfin, quid d'ebay... j'ai lu il y a quelques temps un article dans la presse sur kijiji, filiale française d'ebay dont la rubrique "matrimoniale" est devenue un site de proxénétisme...
- Et, au fait, que pensez-vous de ces libraires qu continuent, avec succès, de proposer de beaux livres sur ebay à 1 euro...?
H
P.S. : ce soir, plus de douceur, avec un message pratique, et sur le transport amoureux...

Vincent P. a dit…

Cher Hugues,

Je suis tout à fait conscient du problème engendré par les achats destinés à la revente sur Ebat destinés à enrichir sa bibliothèque. Ouf c’est long…

J’ai beaucoup d’amis bibliophiles qui pratique, mais je m’aperçois de plus en plus que finalement on arrive à de la revente pure et simple avec de substantiels bénéfices à la clef.

Dans l’absolu je m’en fiche, ne me servant d’Ebay que comme une salle des ventes traditionnelle, et je suis très satisfait de l’offre proposée par ces « ratisseurs » ou « rabatteurs » qui m’économisent des frais de déplacement quelquefois importants pour pas grand-chose, et bien plus précieux me font économiser mon temps.

Quant à la délation et aux services du fisc (une belle et bonne tradition française : « la délation est l’avenir de la Nation, la s…..e est l’avenir de la Patrie » comme dirait mon ami Fred, philosophe et humaniste à ses heures), Ebay s’en chargera un de ces jours obligé par une décision de justice.
Et la CNIL n’y résistera pas. Je n’y crois plus depuis que Bercy a été autorisé (si, si) à croiser les fichiers de la Sécurité Sociale avec les siens, pour coincer les mauvais payeurs.
J’y crois dur comme fer, et cette fameuse décision des 6.000€ n’est qu’un petit pas pour tenter d’amadouer l’ogre fiscal, j’en ai bien peur.
Et à votre question des vendeurs inscrits sur Ebay.com je vous répondrai tout simplement que pour Ebay ne comptera que la domiciliation de votre compte bancaire sur lesquels sont prélevés vos frais de vente au moment fatidique (d’où l’utilité des îles Caïmans, du Luxembourg et du Lichtenstein).

Blague mise à part, pouvez-vous me contacter Hugues sur mon email personnel ? J’ai une petite idée pour un article mais aimerai votre avis éclairé.

Amicalement,
Vincent P., Libraire

PEL a dit…

Bonjour,
Serait-il possible d'envisager un post sur ce qui se passe à Drouot ? Plusieurs commentaires décrivent de manière plus ou moins claire les turpitudes qui y règnent (jusqu'au terme "hôtel du vice" de Bertrand), mais sans être si explicatif que ça : ententes entre libraires, système de surenchères fictives entre l'expert et le commissaire-priseur, voire avec quelqu'un dans la salle ? Faut-il restreindre ses achats à quelques experts en qui on a confiance ? Existe t-il des "trucs" pour repérer un ouvrage vérolé et éviter d'y perdre trop de plumes ? J'ai acheté plusieurs ouvrages en salle ou sur ordre, et ai toujours eu l'impression que les achats sur ordre étaient plus "clairs" que ceux effectués en salle, où je pouvais me laisser habilement entraîner par le commissaire-priseur.
cordialement
PEL
PS : on ne dira jamais assez la valeur de ce blog
re PS : j'ai été scotché d'apprendre que D. de Villepin avait payé sa bibliothèque (tout au moins une partie) en cash : les fonds secrets ne sont pas loin !!

Hugues a dit…

Cher PEL,
Il me semble que j'avais déjà décrit les petites choses qui peuvent se passer en salles, mais j'avoue que je suis dépassé par le contenu du blog.
J'achète régulièrement en salles, Drouot n'est pas une salle plus "dangereuse" que les autres en elle-même au niveau des pratiques expert/commissaire-priseur, elle se distingue simplement parce que les libraires y sont plus nombreux: parfois ils s'arrangent entre eux, parfois ils se combattent farouchement.
Les techniques les plus employées entre libraires sont la révise, l'entente préalable, et le fait d'enchérir pour empêcher un particulier d'acheter un livre.
Côté CP et expert, le CP peut "bourrer" vos enchères en désignant un enchérisseur fictif en fond de salle, l'expert ou les autres intervenants simuler des fausses enchères au téléphone pour vous pousser à aller plus loin.
Le meilleur conseil à donner en salles, c'est d'y aller pour observer pendant quelque temps, puis de se fondre discrètement dans la masse.
La seule que j'évite en ce qui me concerne, ce sont les ordres, que vous appréciez justement de votre côté. Les ordres n'intéressent les CP que pour faire démarrer les enchères à un niveau élevé, mais ils les détestent parce qu'en pratique cela signifie délai pour encaisser le montant de l'enchère, voire envoi par courrier, etc.
Combien de fois ai-je vu des livres dont les enchères auraient dû commencer vers 75 euros (la loi règle ce prix de départ pour les ventes cataloguées, de mémoire le prix de départ doit être compris entre 1/3 et 1/2 de l'estimation la plus basse affichée, mais je me trompe sûrement). Je reviens à ce que je disais : un livre qui était estimé 150 euros et qui devait démarré autour de 75 euros va démarrer directement à l'ordre maximum laissé par un aimable client absent de la salle, mettons à 160 euros pour faire simple. Et alors de deux choses l'une, soit il n'y a pas de concurrent dans la salle et le donneur d'ordre remporte le livre pour 160 euros (son enchère max, alors qu'il aurait peut-être pu l'avoir à beaucoup moins cher), soit il y a un concurrent dans la salle et vous entendez alors le CP dire à la salle "j'ai 160 sur ordre, un petit effort et il est à vous", et il acceptera alors la première enchère à 165 euros... Merci l'ordre.
J'évite pour ma part à tout prix les ordres.
Côté qualité des ouvrages, rien ne vaut une bonne lecture des catalogues et une visite à la salle pendant l'expo, mais sachez aussi que vous pouvez renvoyer vos ouvrages pour un écart trop évident entre description et réalité, même si c'est compliqué, peu apprécié, et long.
Mais bon, il y a aussi des salles, des CP et des experts honnêtes, si, si...
H

bertrand a dit…

Bonsoir PEL,
à vrai dire je ne fréquente pas Drouot, ou seulement pour les grandes ventes et plutôt pour l'ambiance car je n'y ai jamais rien acheté. Ce que je dis sur Drouot c'est d'autres qui me l'ont rapporté, donc évidemment cela reste à vérifier, toutefois ce monde est si petit que je pense que les echos que j'en ai peuvent bien être vrais.

Pour résumer ce qu'un amateur m'a raconté la semaine dernière (un assidu de Drouot (uniquement ventes de livres), le problème se situe essentiel se situerai au niveau du pouvoir d'achat en salle des "très gros" et "gros" libraires de la capitale, qui selon ce témoin, feraient tout pour bloquer le marché, se faire attribuer la grande majorité des lots et par là même faire plonger un maximum d'amateurs potentiels voire de faux professionnels déguisés en vrais amateurs. En clair, ces requins (il faut appeler un cachalot un cachalot), feront tout pour que 1. vous n'obteniez jamais un lot et 2. si par malheur vous l'obtenez, vous le paierez son pesant d'or ! Le processus de révise arrivant à l'issue d'une enchère gagnante pour un libraire qui se met d'accord avec d'autres etc... la suite vous la connaissez. D'autres choses pas très claires, ce sont les catalogues de ventes... Cela ne vous étonne pas de trouver en plein milieu du mois d'août une vente à Montignac arbitrée par un expert dont on passera les états de services... avec autant de belle "came" ! vente sur 4 jours ! Des Hetzel comme s'il en pleuvait, des éditions du XVIè au XVIIIè s. pour lesquels il me faudrait 4 ans pour en réunir à peine la moitié... Tout ceci n'est que "bidonage", marchandages de libraires plus ou moins véreux, acoquinés bien sagement avec les experts de la France entière... Pas vrai ? Il suffira de faire quelques recherches de livres dans les différents catalogues de libraires des mois précédents et de comparer. C'est flagrant. Alors pour ma part je préfère rester loin de tout ça. Je me sens mieux.

Je vous conseille 2 titres fin XIXè de Paul Eudel, l'un sur le truquage et les faux à l'hôtel Drouot et dans l'art en général (les livres ne sont pas épargnés) et l'autre sur l'hôtel Drouot (sa vie, ses moeurs, etc.)
tapez Paul Eudel dans abebooks ou ailleurs et vous les trouverez certainement, ce ne sont pas des livres chers. C'est savoureux. Un siècle et finalement le monde reste intact.

Amitiés, B.

Tristan a dit…

Je fréquent Drouot et je vous rassure, cela reste un endroit tout à fait vivable et franchement vous pouvez acheter des livres sans trop de problèmes. Maintenant, si vous convoitez le même livre qu'un libraire,il est assez logique qu'il essaie lui aussi de l'avoir.
La révise existe, mais est de moins en moins courante à mesure que la concurrence entre libraires s'accroit : il est moins facile pour eux de s'entendre, et leurs relations ne sont pas vraiment confraternelles.
Si vous êtes angoissé, optez pour les enchères par téléphone, c'est le plus simple.
Mais bon, puisqu'on en parlait, c'est vrai que c'est encore une autre facette du visage des libraires qui n'est pas très sympathique.
Enfin, j'ajouterai quand même qu'il faut prendre un peu de recul : Drouot est un endroit fantastique pour qui aime les livres, les libraires n'achètent jamais les 500 lots d'une vente les uns après les autres, vous pourrez donc toujours vous faire plaisir et il faut se garder d'imaginer ce lieu comme un coupe gorge.
Ca me fait penser à la vision que peuvent avoir certains provinciaux ou certaines âmes sensibles de Paris... Sodome et Gomorre réunies... Et Drouot, "l'hotel du vice" planté au milieu de tout ça, il faut raison garder, c'est complètement fantasmé. Drouot est un endroit fantastique, il y a des pratiques répréhensibles et des habitudes détestables mais cela reste anecdotique, même si cela fait beaucoup fantasmer les bibliophiles que nous sommes.
Même avis que Hugues sur les ordres, que j'évite aussi absolument.
Même avis que Bertrand sur Montignac, vente montée de toutes pièces, mais qui ne s'en cache pas d'ailleurs et qui présente un avantage pour les bibliophiles: les libraires qui y placent leurs livres n'ont pas réussi à les vendre pendant l'année, ils sont donc moins exigeants, ou plus pressés de voir rentrer l'argent, et les chopins sont tout à fait faisables, j'en ai moi-même fait quelques très beaux au fil des années, en enchirissant par téléphone.
T

Jean-Luc a dit…

Fioooou, ça a chauffé sec ici. C'est probablement ce qui rend ce blog si intéressant. Ceci dit, pour ma part, j'en ai ma claque que l'on oppose libraire à bibliophile. D'abord parce que je suis libraire ET bibliophile et qu'il n'y a pas un moitié de moi opposée à l'autre moitié. Ensuite, parce que je me considère comme un partenaire des bibliophiles en général et souvent l'ami des bibliophiles que je rencontre.

On se trompe sur la supposée opposition. Je relis l'ensemble des messages (Haaa l'avantage d'être le dernier à prendre la parole...) et je crois que l'on cherche plutôt à opposer acheteurs-vendeurs amateurs aux acheteurs-vendeurs professionnels. Ne nous trompons pas de sémantique, cela n'a rien à voir avec bibliophilie versus non bibliophile. Ni avec la bibliophilie tout court.

Hugues, j'ai bien la réponse aux enchères à 1 euro mais je crains d'arriver après la bataille (Haaa l'inconvénient d'être le dernier à prendre la parole...)

Vincent P. a dit…

Bonsoir,

Tout comme Tristan je n’ai pas l’avis tranché de Bertrand sur Drouot.
On peut toujours y dénicher et acheter. Je dois avouer qu’étant libraire parisien et connu des « gros » libraires, je ne suis pas toujours empêcher d’acheter, mais cela arrive, surtout pour les grosses pièces : je me rappellerai toujours ce coutumier incunable que j’ai poussé très loin (enchère à 5 chiffres en euros) et que j’ai perdu contre un monstre à 4 têtes s’étant entendu pour réviser. Mais au moins ce jour là j’étais fier de moi-même si je n’avais eu le livre.

Idem pour Montignac. Oui c’est une vente montée et qui ne s’en cache pas, mais qui m’a malgré tout permis d’acheter de très nombreux ouvrages bien en deçà des prix libraires, même après remise. Et puis il y a toujours pour moi de la documentation historique à petit prix, ayant ces livres comme cœur de cible pour les catalogues de la librairie.

Et quant aux ordres oui il faut bien s’en méfier et n’y avoir recours qu’en dernier ressort.
Je citerai une étude remarquable et son commissaire-priseur, Maître Lefranc à Auxerre. Vous pouvez lui laisser en toute confiance vos ordres : il m’est arrivé la plupart du temps de laisser un ordre à 300€ et d’obtenir le livre à 100. Bravo et merci à ce CP honnête.

Amitiés,
Vincent Pannequin

bertrand a dit…

Vincent, pas de soucis, à propos de Drouot... ce n'était que l'avis d'un provincial qui connait plus les vaches du pré d'à côté que le visage des libraires parisiens...

B.

Vincent P. a dit…

Bertrand,

J'aurai quand même une préférence pour nos amies les vaches...au moins elles, un jour ou l'autre, on finit par les manger!

Amitiés,
Vincent P.

Wall a dit…

Bonjour,


je reprends un peu tard la lecture de tous ces commentaires

-pour les commissaires priseurs, j'en aurais peu à conseiller, car autour de chez moi, bien peu sont réellement honnetes. Ils commencent souvent au maximum de l'ordre. En revanche, il y a toujours moyen de sympathiser avec un aide, ce que nous faisons dans une salle, et ce qui lui vaut une petite prime. Je pense en particulier à un chopin, qui n'était pas en bibliophilie. L'ordre laissé était de 50€ et l'aide avait comme ordre de le prendre à tout prix, car, le commissaire priseur prenant l'objet pour une cochonnerie, c'était très mal présenté. Nous étions dans la salle en plus, lors de cette vente courante. Tous les objets commençaient à 5€ sauf celui-là à 50... On l'a eu à 70 plus les frais de commissaire priseur et la prime pour l'aide. Ce commissaire priseur est connu pour les enchères bidon et pour démarrer aux maxima des ordres, mais aussi pour son incapacité. Nous faisons régulièrement des belles affaires là-bas, mais plus rarement dans les ventes de livres malheureusement.

-je me méfie aussi des enchères par téléphone, car il peut arriver que le commissaire priseur bourre dans la salle. Tout le monde le voit, mais pas la personne au téléphone. J'ai vu ça il y a un mois. Ils se sont retrouvés betes car ils sont restés avec l'objet (un autographe exceptionnel). Ils prétendaient monter sur ordre, mais à la mine, j'ai compris ce qui se passait, surtout quand la personne au téléphone a laissé tomber.

-concernant les 6000€ sur trois mois de ebay, ce n'est pas tout à fait ça: c'est celui qui dépasse 2000€ par mois pendant 3 mois, ce qui est très différent. On peut vendre 10000€ les 2 premiers mois et 1000€ le mois suivant, on reste particulier.

-sur les paiements en cash, il y a de la relève!! Je préfère toujours payer en cash, et ajouter cet argument en plus pour faire baisser les prix. Je ne paye pas chèque ou carte uniquement quand je ne peux pas me déplacer.

Wall

Hugues a dit…

Petit truc auquel j'ai déjà eu recours: participer aux enchères par téléphone en étant dans la salle, après l'avoir signalé à l'expert ou au CP.
1. Les libraires qui pourraient éventuellement vous bloquer ne vous identifient pas.
2. le CP et l'expert savent que vous êtes là, ce qui vous protège aussi.
H

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