« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

Trois coups de coeur à suivre

dimanche 29 mars 2009

Ebayana + nouvelles du front.

Amis Bibliophiles Bonjour,

Vous le savez, je suis au milieu d'un déménagement et j'ai préféré me réserver la tâche d'emballer les livres plutôt que de confier ce travail aux déménageurs; travail épuisant, fastidieux, mais également, je dois bien vous l'avouer assez agréable: c'est une occasion unique de reprendre en main chacun de mes livres, de le feuilleter, de l'emballer dans du papier bulles et de le caler dans une caisse. J'ai finalement opté pour des caisses dépliables (Bricorama, 4 euros pièce). Chacune peut contenir une trentaine de livres de format in-12 ou une petite dizaine de formats in-4. Mais, Sainte Wiborade, que c'est long!
Et voici ci-dessous ce à quoi ressemble ma bibliothèque en ce moment:
Avant de vous faire partager les ouvrages que je surveille sur ebay, je voulais vous présenter une acquisition récente: les Oeuvres complètes de Rousseau, format Cazin, joli maroquin rouge, 28 volumes imprimés vers 1780 (j'ai oublié de regarder avant de les emballer!). Acheté sur ebay, 480 euros quand même.
Une sélection sur la baie?











Bonne chasse!

H

28 commentaires:

Henri II a dit…

Il y a aussi un Bulliard
http://cgi.ebay.fr/ws/eBayISAPI.dll?ViewItem&ssPageName=STRK:MESELX:IT&item=230334370614
certes incomplet mais les exemplaires complets sont rarissimes et de plus bien trop chers pour mes pauvres moyens.

Tout de même 210 planches en couleurs dans celui-ci

Thierry a dit…

Mon cher Hugues,

bravo pour cette très jolie série de Rousseau...à un prix certes coquet mais somme toute raisonnable pour 28 volumes en maroquin rouge du 18ème (qui plus est en très bon état il me semble).
Néanmoins, mais centres d'intérêt me portent plus vers votre série de Polybe (17ème peut-être...)dont je n'ai pas manqué de relever la présence dans vos cartons avec une pointe d'envie.
Si vous voulez un jour vous en défaire...
Amitiés,
Thierry

Le Bibliophile Rhemus a dit…

"Oeuvres de J-J Rousseau" : Londres, 1780-1790 ; Neuchatel, 1790 ; Paris, 1791.

Anonyme a dit…

Bonsoir
Acheter 28 volumes avant de déménager! Et si s'était de la passion ou le besoin irrépressible de faire du sport? Il doit bien y avoir un Voltaire de Kehl à acquérir quelque part?
N'écoute pas Hugues ces paroles pleines de fiel et de grosse jalousie. J'espère qu'à ton arrivée les rayonnages seront prêts, rien de plus déprimant qu'une bibliothèque dans des cartons.

En ce qui concerne les Chroniques de Monstrelet, Paris 1595, le livre n'a pas été vendu à 1004 euros "prix de réserve non atteint". Est-il légitime de commencer dans ce cas les enchères à 9,99 euros? Il me semble que la pratique en salle des ventes si souvent décriée n'ose pas (et n'en a pas même le droit) une telle mascarade. Et il ne s'agit pas de savoir si le prix de réserve est justifié ou pas, aucun enchérisseur n'espérait, je pense l'emporter pour quelques euros.
Lauverjat

pierre a dit…

Bonjour,
Les enchères accouplées à un prix de réserve qui est exorbitant sont fréquentes. Elles font perdre du temps et des illusions à l'enchérisseur et je trouve le procédé d'autant plus inélégant qu'elles sont quelquefois associées à une mention de type "petit prix de réserve" qui est mensongère.
A boycotter ! (ce n'est que mon avis).
J'ai aussi remarqué la belle série des "Polybe". On sent poindre chez notre bibliophile une tradition militaire bien ancrée... La question est peut-être indiscrète mais où vont atterrir ces ouvrages ? Nord, est, ouest, sud de la France ?
Pierre

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Bien dit, Pierre et Lauverjat.

On ne répétera jamais assez (au débutant, mais aussi à ceux qui croient ne plus l'être)qu'il y a au moins deux principes de base à suivre sans faille, faute de quoi on fait erreur (que cela plaise ou non) :
1- ne jamais acheter d'ouvrage incomplet, quelle que soit la raison (sauf si on est un casseur de livres ?)
2- boycotter les ventes avec prix de réserve, qu'il faut associer, dans l'esprit, à des ventes truquées.

Toutes les vérités sont bonnes à dire.

Bibliomab a dit…

Pour ma part je me contenterais bien d'un incunable incomplet !

Il y'a incomplet et incomplet ! ;-)


Bien cordialement

Léo

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Un incunable incomplet n'a qu'une valeur historique ou documentaire : il n'a plus rien d'autre qui puisse satisfaire un bibliophile digne de ce nom.

Toutes les vérités sont bonnes à dire.

Anonyme a dit…

Vivement que la NRLA sorte, qu'on ait plein de bonnes leçons comme ça.

Montag

justicier_ masqué a dit…

Bonsoir,
Je ne comprend pas le problème posé par le prix de réserve. Celui-ci permet au vendeur de vendre à un prix acceptable pour lui, afin, entre autres, de ne pas vendre à perte, surtout qu'actuellement sur ebay il y a beaucoup moins d'enchères. Quant à ceux qui écrivent "petit prix de réserve", il s'agit simplement d'indiquer que le prix est inférieur au tarif courament pratiqué chez un libraire qui a pignon sur rue. Je suis un vendeur professionnel et je pratique souvent de cette manière.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

On vend ou on ne vend pas.

Le prix de réserve, petit ou pas, est fixé par le vendeur à un niveau subjectif : le vrai prix d'une marchandise, quelle qu'elle soit d'ailleurs, est celui réalisé quand elle est offerte à l'appréciation de plusieurs amateurs, généralement informés des prix pratiqués, souvent très différents d'ailleurs, par les professionnels.

justicier_ masqué a dit…

La vente de livres avec un prix de réserve est pratiquée couramment dans les maisons de ventes aux enchères (officiellement ou officieusement), donc je ne comprends pas pourquoi cela crée autant de polémiques de le faire sur ebay.

Anonyme a dit…

"2- boycotter les ventes avec prix de réserve, qu'il faut associer, dans l'esprit, à des ventes truquées."
Pourquoi? Vous êtes souvent le meilleur enchérisseur sans atteindre le prix de réserve et cela vous pose problème?

Le prix est de toutes façons entièrement subjectif, que ce soit le prix désiré par le vendeur ou le prix que sont prêts à mettre les amateurs. J'ai déjà vu en vente aux enchères (ebay ou non) des livres se vendre le double, voire plus, des prix pratiqués chez les libraires.


Personnellement, je vends régulièrement sur ebay des livres (entre autres choses), certains avec prix de réserves. Cela ne vaut que pour les livres que j'ai payé "assez cher" et sur lesquels je ne veux pas risquer de perdre. Ce que je veux dire par "assez cher", c'est que je l'ai payé à l'unité un prix XXX (forcément plus cher qu'un livre en lot) et mon prix de réserve est au moins ce prix, pas beaucoup plus. Ce n'est pas avec ce genre de livre que je fais de l'argent, c'est plus avec les lots, mais bon, c'est le plaisir de voir passer quelques belles pièces.

Un "semi-professionnel" (semi car provisoire en attendant de trouver un boulot stable), bibliophile (en suis-je digne?) et un peu atterré des jugements à l'emporte pièce de certain

Hugues a dit…

Au milieu du gué en ce qui concerne mon déménagement, je n'ai pas le temps de nourrir le blog (sans parler des pbs de connexion/abonnement à internet à résoudre), mais je suis de près les commentaires, assez pour les modérer en tout cas:
Encore une fois, il y a autant de bibliophilies que de bibliophiles, l'important me semble être la relation personnelle qu'a chacun avec les livres et sa passion, et le degré d'exigence qu'il y consacre. On peut après tout se faire plaisir avec un livre incomplet (qui ne l'a jamais fait?), tout en sachant que sur ce livre précis, ce n'est pas la démarche bibliophilique la plus parfaite, si tant est que cela soit important.
En ce qui concerne les ventes avec prix de réserve sur ebay, cela ne me pose pas de problème, après tout chacun est libre d'enchérir ou pas. En revanche, je me demande souvent pourquoi les vendeurs n'indiquent pas les prix de réserve.
Ce qui me gêne plus sur ebay à dire vrai, ce sont les ventes à prix fixes, qui pour moi ne sont pas dans l'esprit du site.
merci pour votre fidélité!
H

Anonyme a dit…

Mon propos n'était pas de critiquer le prix de réserve décidé par le vendeur selon ses critères. Dans une salle de vente, l'estimation basse ne peut pas être inférieure au prix de réserve. Il me semble que c'est une mesure propre à clarifier les choses, l'acheteur passe son chemin ou pas. Je comprends l'envie du vendeur d'attirer l'acheteur par un prix attractif. (attractif, pas ridicule) Il me paraîtrait souhaitable que les enchères avec prix de réserve ne commençassent pas en deçà des 2/3 du prix de réserve par exemple.
Dans l'exemple du Monstrelet le livre a été "ravalé" ce qui n'est jamais très bon pour un objet. Ce livre était cependant de qualité et me semblait désirable (malgré quelques défauts) même si je n'avais pas enchéri, je ne suis pas frustré, rassurez vous.
Et que dire des livres "qui ne sont plus disponibles" subitement retirés de la vente sur e-bay, les enchères étant nombreuses et ayant cours?
Cordialement
Lauverjat

pierre a dit…

Va pour le consensus mou ! Après-tout, l'acheteur n'est pas obligé d'aller sur Ebay.

Mais il est dommage pour un vendeur que son offre ne soit pas sélectionnée à cause d'une appréhension plus ou moins légitime de l'acheteur . Le vendeur pourrait en effet afficher le prix de réserve. Il pourrait aussi pratiquer la transparence avec l'achat immédiat qui lui éviterait de perdre de l'argent.

Attention tout de même ! A vouloir ôter tout facteur de risque pour le vendeur, ce dernier peut perdre son fond de clientèle : l'acheteur à la recherche d'une bonne affaire... A ce compte et je prêche pour ma paroisse, autant aller chez un jeune libraire (j'ai dit jeune ?) ayant boutique et espérer faire une bonne affaire en jouant sur le faux-pas ou la négociation à brûle-pourpoint.

Cordialement. Pierre

Le Bibliophile Rhemus a dit…

L'atterrement n'est pas une attitude bibliophiliquement positive.

Anonyme a dit…

Sur le fond, vous avez raison, bibliophile Rhemus, on ne devrait pas s'attacher à des exemplaires incomplets, mais qui d'entre nous n'en a pas au moins un? Un ouvrage qui sans cela serait inaccessible? Et rassembler des reliures armoriées ou des provenances, n'est-ce pa aussi collectionner des pages d'Histoire? Toutes les grandes ventes récentes ou anciennes (Bérès, Rahir, Esmérian, ...) présentent des ouvrages incomplets et je vous défie de me citer un "expert" actuel dans les ventes duquel ne se trouve aucun incomplet ou dépareillé... Peut-on dire pour autant que leurs ventes ne s'adressent pas à des bibliophiles.
Bien cordialement et respectueusement néanmoins ...
Philippem

Le Bibliophile Rhemus a dit…

L'idéal serait de faire disparaître définitivement tous ces incomplets qui perturbent et le marché et les esprits...mais le mot "euthanasie" traverse le mien...encore une situation insoluble en ce monde.

Hugues a dit…

Allons Jean-Paul, tu t'égares, un peu d'ouverture et de tolérance. Et si les incomplets jouaient un rôle: débuter, apprendre, reconnaître ses erreurs, rêver, etc.?
J'ai des incomplets, peu, mais j'en ai. Quel bibliophile n'en a pas d'ailleurs, quel grand bibliophile n'en a jamais proposé dans ses ventes d'ailleurs?
Comme dirait un grand penseur "ce n'est pas parce qu'on a fait une erreur, qu'on doit prendre goût à la chose". Indiana Jones Snr.
H

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Effectivement, Hugues, tout le monde a le droit à l'erreur ; c'est la répétition de l'erreur qu'il faut éviter. Mais tenter d'ériger cette erreur en standard obligatoire, dans le cursus d'un bibliophile, est une faute.
L'esprit de tolérance, que je pratique aujourd'hui plus qu'hier,ne peut toutefois supporter ce qui est intolérable.

Bernard a dit…

Que penser d'un incomplet annoté par l'auteur? D'un incomplet jamais rencontré complet en quarante ans de bibliophilie?
J'avoue que certains incomplet me font rêver...
Bernard

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Bernard,

il me semblait avoir bien précisé la différence entre l'exemplaire complet pour bibliophile et l'exemplaire incomplet qui conservait son intérêt historique ou documentaire.

Anonyme a dit…

Rhemus

pour être plus précis: errare humanus est, perseverare diabolicum est (ou quand l'erreur devient faute).

Votre représentation de la bibliophilie est propre à vous. Le Larousse ou le Littré disent que la bibliophilie est L'amour des livres. Autrement dit, même celui qui collectionne ses mangas est bibliophile à sa manière. Et, même si une bibliothèque qui n'aurait des incomplets paraitrait curieuse, je ne vois pas comment vous pouvez dire qu'une telle personne n'est pas bibliophile.


Actuellement, je m'oppose à mon père, bibliophile aussi, justement sur un point. Faut-il ou non rogner un livre quand on le fait relier?
Pour être plus précis, j'ai une série de livres 18e en cartonnage, comme sortis de chez l'imprimeur. Je voudrais la faire relier. Les marges ne sont pas coupées et les bords sont assez dégoûtant à mon sens, pas au sens de mon père qui lui aime ce genre de chose.
Que feriez vous, par curiosité (mon idée étant déjà faite):
- rogner les marges pour avoir de belles tranches.
- laisser en l'état.


Wall

Martin a dit…

Que feriez vous, par curiosité (mon idée étant déjà faite):
- rogner les marges pour avoir de belles tranches.
- laisser en l'état.

Acheter des exemplaires reliés et vendre les livres à quelqu'un qui les conserve dans leur état d'origine.

Bergamote a dit…

Je n'achète pas de livres incomplets (ou alors involontairement), mais si vous possédez un incunable incomplet, pas de souci, je vous en débarrasserai gracieusement *clin d'oeil*.

Plus sérieusement, pour répondre à la question de Wall (rogner les marges/laisser en l'état), je suis toujours tiraillée : j'ai un diablotin sur une épaule et un angelot sur l'autre, l'un qui me souffle que le livre serait bien plus joli avec des bords bien nets, des marges rognées, des tranches bien nettes et lisses, et l'autre qui me dit que ma rigueur de relieur m'oblige à laisser le livre en l'état et à ne pas l'amputer arbitrairement. Notez que je n'ai pas précisé lequel des deux était le diablotin...

Je pense que c'est une affaire de goût personnel, si votre objectif est de conserver ces livres, faites comme bon vous semble, comme il vous plaira.

Je crois aussi que tout dépend des ouvrages en question : j'ai relié une table de logarithmes dont les bords étaient non coupés, je n'ai pas rogné les marges (bien qu'esthétiquement, je préfère des bords bien nets). Je vais relier un Oiseau Bleu de Maeterlinck, je vais certainement le couper. Quant à mon Manuel Roret du Relieur, je me pose encore la question...

Les puristes vous diront de conserver les brochages/les cartonnages d'origine, de ne pas faire relier vos livres ; les relieurs (qui doivent bien vivre) vous diront sans doute de les relier en l'état ; si vous avez trop de scrupules à les couper mais que la vue de ces tranches imparfaites vous répugne, vous pouvez les faire simplement "ébarber" ?

lelecteurdu36 a dit…

Bonjour , j'ai lu que vous cherchiez un buffon ou un Lacépède.Allez donc faire un tour sur un autre site bien connu o utaper sur google buffon +lacepede il ya une collection qui est vendue pour une somme abordable ( 800 e).Je pesne me souvenir que le site s'appel abebook .Pour ce qui est de pagivore j'ai commandé il ya peu et j'attend avec impatience ma commande.

Bernard a dit…

Commentaire tardif pour Wall au sujet de "couper ou pas?" Si vous avez la chance d'avoir un livre XVIIIème "tel que paru", contentez vous de le faire ébarber par un relieur si les tranches sont vraiment sales et faites lui une reliure cartonnée la plus simple possible (si sa couverture est absente ou en trop mauvais état). Ou alors penser à un étui.Eviter les reliures pastiches.
Bernard

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