« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

Trois coups de coeur à suivre

lundi 27 avril 2009

Quand le Bibliophile déménage...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Ce soir, je cède la parole à la plus talentueuse des personnes ayant collaboré au blog, et qui n'a pas démérité ces dernières smeaines...

"Il ne vous aura sans doute pas échappé que votre blog préféré a souffert, ces derniers temps, d'une petite désaffection de son auteur ...

Laissez moi donc vous en conter quelques raisons et vous raconter l'histoire, ou plutôt devrais-je dire le calvaire, du bibliophile déménageur.

Dans le rôle du bibliophile déménageur : l'auteur de ce blog, mon mari.
Dans celui de l'épouse (modèle) à la fois secrétaire générale, organisatrice, assureur, responsable de tout : moi, son épouse.

Pour compliquer le tout dans le cas qui nous occupe : le bibliophile déménageur travaille et se situe déjà au point d'arrivée lorsque son épouse elle gère la zone de départ : l'empaquetage, le chargement, l'équipe aux mines patibulaires qui président aux destinées de tous leurs biens mobiliers. Le bibliophile déménageur est donc coupé de tout, coupé de ses livres, et suis le déménagement à distance, par téléphone.

Scène I : Le convoyeur de fonds (Convoi exceptionnel)
Le week-end précédent le déménagement le bibliophile dénémageur qui ne s'est occupé de rien est pris de panique. Alors que dans un élan de fierté orgueilleuse il avait bien précisé aux déménageurs qu'il était Hors de question qu'ils touchent à Ses Livres, il se trouve bientôt fort dépourvu, à 2 jours du départ, devant sa (grande et précieuse) collection.
Telle la fourmi devenu, le voila qui se met alors à emballer frénétiquement ses livres, et par la même à faire des allers-retours incessants au Bricorama pour acheter des caisses qu'il capitonne lui-même pour y placer ses ouvrages. Quelle industrie !
De plus en plus inquiet devant l'ampleur de la tache, ne voyant plus venir le bout de sa collection, ce qui devrait le ravir bientôt le terrasse.

Le deuxième soir venu, enfin, ça y est, les livres sont emballés, les caisses alignées.

Alors, dans la nuit, le bibliophile déménageur sélectionne quelques caisses prestigieuses, les caisses qui ne souffriraient aucune perte, aucun désamour, aucune manipulation hasardeuse ... et les prend amoureusement une par une pour les poser sur le cuir accueillant de sa voiture. Il part alors tout seul avec ses quelques livres dans la nuit, organisant lui même un petit déménagement de fortune pour ses plus beaux ouvrages.

Scène 2 : le "vrai" déménagement : les meubles, les chats, les livres : chargement, organisation, départ du camion.
Lundi matin, à 8 heures, 3 hommes forts débarquent sans crier gare au domicile du bibliophile déménageur. Celui-ci, parti dans la nuit, ne se doute encore de rien ...

8h30
- "Allo, chérie, tout va bien ?"
- "Non, rien ne va"

La phrase fatidique est lancée, Madame a paniqué, tout va partir à veau l'eau.

- "Comment ça rien ne va ?"
- "Et bien les déménageurs ont des mines bizarres, ils ne sont pas aimables, ce sont des grosses brutes et ils me disent qu'ils n'auront pas fini ce soir et que le déménagement va s'étaler sur 4 jours au lieu de 2"...

Alors là, le biblipohile déménageur rentre en transe.
- "Comment ça des grosses brutes ? Tu leur as bien dit de ne pas empiler plus de 3 caisses de livres l'une sur l'autre ?"
Madame est interdite ...... Alors même que milles problèmes se posent, la voilà partie voir au bas de la rue, jusque dans le camion, pour vérifier les dites caisses, qui sont hélas bien amoncelées les unes sur les autres, empilées pêle-mêle par le gros bras en chef.

Premiers échanges un peu tendus entre Madame et la Grosse brute malaimable.

Une trentaine de coups de fil plus tard, vers 18h, le premier camion est enfin chargé, toutes les caisses de livres y ont été entreprosées. Le chauffeur peut donc faire route, lorsqu'un deuxième événement survient: un appel du bibliophile déménageur pour s'enquérir du mode d'organisation de la nuit.

Là ça se complique. Il est prévu que le camion dorme avec le chauffeur sur une aire d'autouroute. Le bibliophile déménageur fond les plombs (pardonnez moi l'expression, mais dans ce contexte, rien d'autre ne me vient à l'esprit).

- "Ce n'est pas posssssssible, tu te rends compte, une aire d'autoroute ? Mais c'est ma VIE qu'ils ont dans ce camion, tous mes livres, c'est imposssssssssible !" (Note du Bibliophile: je jurerais bien avoir dit "notre vie").

Le bibliophile appelle lui même la société de déménagement, monte sur ses grands chevaux, menace, vitupère, se fait expliquer que cette pratique est courante, que le chauffeur va dormir dans le camion ... rien n'y fait. Il va même demander une escorte spéciale pour le camion, ou alors qu'on décharge sur le champ tous ses livres. C'est la crise. Madame recolle les morceaux sur place. De guerre lasse et après discussion avec le chef de l'organisation, elle obtient que l'on pose un plomb (justement) sur le camion, une sorte de scellé garantissant son inviolabilité, et que le bibliophile déménageur, ou plutôt sérieusement déménagé devrais-je dire, pourra lui même couper à l'arrivée.

Scène 3 : l'arrivée sur place, le déballage, la collection sauvée
4 jours plus tard .... le plomb a été coupé par Madame, le bibliophile déménageur ayant suivi toute la scène par téléphone, dès l'aube.

5 jours plus tard : "Mais, il ne me manque pas un livre ?".

Madame, ayant rangé, trié, agencé plus de 300 cartons en 5 jours n'en peut plus.

Le bibliophile déménageur est néanmonis content, après lui aussi avoir déballé quelques cartons pour participer à l'effort collectif il a pu s'adonner à son plaisir favori, tout seul, dans son nouveau bureau, son antre : déballer tous ses livres, les regarder, les admirer, leur donner à chacun une place. La place qu'ils méritent, sûrement."

Ben oui, sûrement, comment en douter? Mais d'ailleurs, il ne me manquerait pas un livre? Allez, je revérifie...

H

vendredi 24 avril 2009

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonjour,

Internet est enfin de retour depuis une heure, sans tarder je vous propose donc de découvrir ce que je suis sur ebay en ce moment.

La Star du moment, les petits Molière, à un prix.... consistant... même si j'avoue ne pas être capable de juger la valeur de ces ouvrages (et la paresse de chercher)...

Un traité ésotérique sur les esprits, de 1621, vendu par notre ami Jean-Luc.

De la Manière d’enseigner et d’étudier les Belles-Lettres, 1765, 4 volumes aux armes de Luynes

Les Essais de Montaigne, 1602, à Leyde

Une autre édition des Essais également de 1602, mais dans une édition plus à mon goût chez Abel L'Angelierde");

Une reliure mosaïquée signée René Kieffer

Le superbe Atlas du Manuel d'Anatomie descriptive, de Cloquet et ses 340 planches

Autre petit bijou pour les amateurs, la Géométrie de Descartes, 1664... 45 euros!!!

Les psaumes de David, dans une belle reliure de l'atelier des Charenton, proposée par l'ami Frédéric

Un très curieux ouvrage d'astrologie de 1560, chez Rouillé, à Lyon, joliment illustré

Pour les amateurs, une semaine sainte en maroquin rouge aux armes royales

De rerum natura de Lucrèce et l'Astronomicon de Manilius, 1548 & 1551, chez Gryphe et de Tournes, joliment relié

Le Matthiole, ici une édition de 1572 avec plus de 1000 bois gravés

Un bel atlas de Desnos: Atlas chorographique, historique et portatif des Elections du Royaume. Généralité de Paris

Et juste pour le plaisir, deux ouvrages à tout petits prix:

Voltaire, les Contes de G. Vadé, 1764, en Edition Originale

Bussi Rabutin, l'Histoire amoureuse des Gaules en format Cazin, 1780

Je reposterai un autre message ce soir.

H

mardi 21 avril 2009

La Roue à Livres, l'un des articles les plus lus sur le blog

Amis Bibliophiles Bonsoir,

(n'ayant pas internet, je me permets de reposter depuis mon bureau, en quelques clics, un des articles les plus lus sur le blog, pour ceux qui ne le connaissaient pas encore).

Ah, des livres, j'en ai, vous en avez, nous en avons... Je suis Bibliophile, vous l'êtes, nous le sommes... Mais qui sait peut-être en est-il parmi nous qui lisent leurs livres précieux!

Pour ceux-là, voici l'outil indispensable qui leur permettra de parcourir moult livres sans se mouvoir : la roue à livres.

Modèle Ramelli

La première Roue à Livres est apparue dans le "Le diverse et artificiose machine del Capitano Agostina Ramelli" (des machines artificieuses, etc), de Ramelli (1531-1600), paru à Paris en 1588. Le texte, en français et en italien qui accompagne la gravure 188 précise "qu'avec cette sorte de machine un homme peut voir et lire une grande quantité de livres sans se mouvoir d'un lieu; outre elle porte avec soi une belle commodité, qui est de tenir et occuper peu de place, etc.".

Modèle "Zeising"

Une seconde Roue à Livres fît son apparition en 1611 dans l'ouvrage de Heinrich Zeising, "Theatrum machinarum", mais tout porte à penser quand on compare les deux images, qu'il s'agît d'une copie de l'image du Ramelli (probablement d'Andreas Bretschneider), qui était connu en Allemagne, puisqu'une traduction parût quelques années plus tard, en 1620. Il est en effet amusant de constater que si le lecteur change à peu près sur les deux gravures, le décor est très semblable, avec une porte à l'arrière-plan et une bibliothèque en haut à droite. (Celle de 1620 aura subi quelques modifications, se situant à mi chemin entre la Ramelli d'origine et celle de Zeising).

Modèle de la traduction allemande du Ramelli, 1620

Plus curieuse est cette roue à livres qui apparaît dans un livre chinois du missionnaire jésuite Terrence Schreck en 1627. Lors de son séjour en Chine, cet érudit travailla avec le chinois Wang Cheng à un ouvrage sur les technologies occidentales, et copia lui aussi la gravure originale de Ramelli avec quelques changements (mais la porte et la bibliothèque n'ont pas bougé même si cette fois c'est un chinois qui actionne la roue! Public oblige!).

Le Modèle Chinois, Schreck, 1627

Il est très intéressant de voir que Schreck n'a pas travaillé à partir de la gravure de Zeising, mais directement à partir de celle de Ramelli. En effet, la porte de la gravure chinoise possède 3 verrous, comme celle de Ramelli, alors que celle de Zeising n'en comporte qu'un!

Enfin, plus proche de nous, c'est le français Nicolas Grollier de Servière qui dans son ouvrage "Recueil d'ouvrages curieux de mathématiques et de mécanique", chez Forey, à Lyon, en 1719, va pour la première fois depuis 1588 proposer une gravure différente. Il critique au passage la complexité du modèle de Ramelli et son illustration est en effet plus simple.

Le Modèle Grolier de Servière

Grolier de Servière décrit ainsi la Roue à Livres : "Les deux grandes roues sont solidement attachées l'une à l'autre par un axe qui les fait tourner ensemble sur les pieds droits. Entre ses deux grandes roues, et autour de leur circonférence, il y a des tablettes ou pupitres qui y sont retenus par des espèces d'axes coudés et mouvants dans les grandes roues, en sorte que, lorsque les roues tournent, le poids des pupitres les tient toujours dans la même situation et les empêche de basculer et de perdre leur équilibre. Avant de travailler, on range sur les pupitres tous les livres dont on juge que l'on aura besoin".

Pour l'histoire, on notera également la présence d'une Roue à Livres sur le portrait de Charles V assis en costume royal, peint en page frontispice de la traduction française du Policraticus de Jean de Salisbury (BNF, ms fr. 24287). Charles V possèdéait en effet une superbe bibliothèque de près de 900 volumes, installée au Louvre dans la tour de la fauconnerie.
Aujourd'hui, on peut encore voir des Roues à Livres au Smithsonian Institute, à la bibliothèque de Wolfenbüttel, en Basse Saxe. 

La Roue du Smithsonian Institute

J'ai pris plaisir à écrire ce message, et notamment à débusquer les analogies entre les premières gravures, toutes inspirées de la Ramelli, toutes si semblables et pourtant toutes si différentes. J'espère que vous prendrez plaisir à le lire!

H

Toujours pas internet...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Toujours pas internet... Hélas.

H

mercredi 15 avril 2009

Lauverjatiana IV : au fil des catalogues

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Toujours pas de connexion internet, mais des amis fidèles qui permettent d'alimenter le blog: merci à Gilles pour cette nouvelle Lauverjatiana, ou lecture sélective et attentive des catalogues de libraires.

Le libraire Jean-Marc Dechaud (10, rue de Chinon, 37220 Crissay-sur-Manse) présente son catalogue numéro 23. Illustré en noir et blanc in-texte et d’un encart de reproductions en couleur, ce catalogue aux notices sérieuses, aux références éprouvées et aux collations explicites et détaillées, compte 116 pages pour 405 numéros et plusieurs index (bibliographies, provenances, impressions, envois, relieurs, thèmes).
Les 49 premières références consacrées à l’Humanisme et Renaissance” constituent la spécialité chérie de notre libraire. Une édition illustrée de “La vie des douze Césars” traduite par Baudoin, à Paris chez Gesselin en 1611, in-4 parchemin déboîté, riche d’un frontispice et de 12 hors-textes en taille douce (800 euros).Une “Sentence...Qui fait défenses à tous compagnons & Apprentifs de pratiquer ou faire pratiquer le prétendu droit de Bienvenue...” soit une sorte de bizutage chez les compagnons sabotiers à Angers où cette plaquette de 3 pages a été imprimée en 1754 (38 euros). L’édition originale anonyme, des “Institutions de Physique” de Gabrielle-Emilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise Du Chatelet, éditée à Paris en 1740 ornée d’un frontispice, de 22 en-têtes gravés et de 11 planches hors-texte (1250 euros). De l’imprimeur-juré parisien, Claude-Louis Thiboust, la seconde édition de “Typographiae excellentia. Carmen/ L’Excellence de l’Imprimerie, poëme latin” donnée par le fils de l’auteur en 1754, ornée d’un portrait et de deux gravures représentant une fonderie de caractères et une imprimerie en demi-percaline XIXe (300 euros). La “Pharsalia...” de Lucain chez Louis Elzevier à Amsterdam en 1651, un volume in-24 en veau fauve au semé de fleurs de lys dorées (320 euros). “Epistolae selectae & in libros tres distributae opera D. Petri Canisij..” édition de lettres choisies de Saint Jérôme , un vol in-16, imprimé à lyon par Pillehotte en 1606, relié en veau fauve, les plats ornés d’une composition de filets de roulettes et de petits fers dorés, comportant dans un médaillon central les initiales S.R. du tribunal pontifical de la Sacra Rota et l’emblème aux clefs de Saint-Pierre en sautoir surmontées d’ne ombrelle ouverte signifiant l’élection Papale. 
La bibliothèque nationale italienne possède cinq reliures du même type et de la même époque (1200 euros). Les “Heures nouvelles...” (Nancy, Pierre Barbier, 1776) in-16 valent, bien sûr, pour une rare reliure mosaïquée ajourée ornée de gouaches sous mica attribuée à Jubert relieur du roi (4500 euros). De même cette reliure siamoise en quatre parties (ce qui est exceptionnel) de l’époque sur un recueil de chansons populaires des Pays-Bas donné par Van Dans “Thirsis Minnewit...” à Amsterdam chez Johann Kannewet vers 1720 (le format est omis). Une reliure siamoise ou jumelle intègre tête-bêche plusieurs volumes en soufflets d’accordéon, deux tranches alternent donc ici avec deux dos (12 500 euros). 
Comme vous voyez l’amateur de reliures est à la fête.   
Le catalogue de “Livres Historique et Documentaire” à l’enseigne “le Curieux” de la librairie historique Clavreuil fête en avril son 370ème numéro (37, rue Saint-André-des-Arts). Il compte 2118 références du XVIe siècle au livres actuels classés en 53 rubriques de matières, chronologiques ou géographiques. Le bon usage d’un tel catalogue est à mon avis de dévorer toutes affaires cessantes les rubriques qui vous concernent en priorité puis de reprendre l’intégralité -ou presque- à tête reposée. Donner une sélection d’une telle “somme” est une gageure. “La légende de maistre Pierre Faifeu” de Charles de Bourdigné, publiée en 1723 à Paris chez Antoine-Urbain Coustelier, un petit in-8 en maroquin cerise signé Brany (relieur à Paris de 1850 à 1870); il s’agit de la troisième édition après celles de 1526 et 1532 (800 euros). “Eloge de Jean-Baptiste Colbert, discours qui a remporté le prix de l’Académie française en 1773" par Jacques Necker, imprimé à Paris chez Demonville en 1776, in-8, 100 pages bradel papier moderne (180 euros). Une curiosité: “Histoire d’un pou François ou l’espion d’une nouvelle espèce...” en fait une satire sur la mission de Franklin en France par Delauney, in-8 bradel papier publiée à Paris en 1781, à la suite “Histoire d’une épingle, par M.Ségur jeune” à Paris (1791), le libraire précise que la première page est transpercée d’une épingle! (200 euros). De Bourienne, “Mémoires sur Napoléon, le Directoire, le Consulat, l’Empire et la Restauration.” à Paris chez Ladvocat en 1829 en dix volumes in-8 demi-basane de l’époque (500 euros). De Gourgaud, “Napoléon à Paris, ou translation de ses cendres ...” à Paris, P-H Krabbe, 1841, in-8 riche d’un frontispice de 2 portraits et de 2 planches gravées, en demi-veau rouge de l’époque au dos orné d’emblèmes impériales, aigle, bicorne, N, Légion d’Honneur (280 euros). Les 5 volumes in-8 brochés de la vente de la “Bibliothèque de M. Lucien Gougy” (Paris, 1934-1936) avec 62 planches hors-texte (150 euros). Pour terminer le “Voyage dans les Alpes” de Saussure donné à Genève chez Barbe, Manget et Cie, 1786-1787 en quatre volumes in-8 en basane fauve striée , dos à nerfs cloisonnés et fleuronnés , tranches marbrées, 15 planches hors-texte sur 14 dépliants, (1200 euros).

La Librairie Bertran à Rouen, (110, rue Molière), propose un catalogue titré “Les normands navigateurs, Voyages, Normandie, Varia” décrivant 841 numéros. 
Si vous n’êtes pas normand ne passez pas pour autant votre chemin car cette brochure A 3, illustrée en noir et blanc recèle bien des tentations. Pour sa rareté signalons “les chroniques de normendie....” imprimées à Rouen par Jean de Burges aux environs de 1513. Un petit in-4 gothique sur deux colonnes de 138 ff. avec deux grands bois gravé, relié en vélin légèrement postérieur (3000 euros). Une mazarinade imprimée à Paris en 1649, “Les Maltotiers ou pescheurs en Eau trouble. En vers burlesques, Langue Normande. Les Pesqueux en Yau trouble” in-4 de 8 pages en demi-percaline (30 euros). De Noël Taillepieds “Recueil des antiquitez et singularitez de la ville de Rouen...” chez Martin le Mesgissier à Rouen, une édition originale de 1587 au format petit in-8 en vélin de l’époque (950 euros). Un livre ésotérique de Jean Gaffarel ‘Curiositez inouyes sur la sculpture talismanique des persans. Horoscope des Patriarches et lecture des estoiles” de 1650 sans lieu d’impression, au format petit in-8 en vélin époque. Le livre comprend deux planches repliées d’alphabet hébreu céleste. Il s’agit de la quatrième édition (550 euros). Surtout si vous héritez d’un oncle d’Amérique, cette première édition en lettre ronde du “Roman de la rose” révisée par Marot, édition de Galliot du Pré (devise : vogue la Galée) de 1529, in-8, illustrée de 51 gravures sur bois dans le texte, dans un maroquin rouge du XVIIIe siècle, large encadrement sur les plats filets et roulette dorées. (8000 euros). Les amateurs de reliure et d’éditions XIXe préféreront cette E.O. d’Alphonse Daudet “Premier Voyage. Premier Mensonge. Souvenirs de mon enfance”, Paris, Ernest Flammarion [1900], un des 20 exemplaires sur chine, illustré par Bigot-Valentin, relié en maroquin prune par Lortic un double filet d’encadrement doré sur les plats avec entrecroisement aux angles (mais pas de photo, dommage!) (950 euros)

La librairie Au Jardin d’Epicure tenue par Thierry Connault, 34, rue Porte de la Barre à Chinon 37500 (petite ville, grand renon) sort son huitième catalogue fort de 305 numéros dont la moitié imprimée avant 1900.
 “L’Alcoran de Louis XIV ou le testament politique du cardinal Jules Mazarin. Traduit de l’italien” imprimé à Rome en 1695 est dû à Courtilz de Sandras. Cet ouvrage satirique en E.O. in-12 sort d’une presse hollandaise, ici en cartonnage moderne non rogné (180 euros). De Dezallier d’Argenville, l’E.O. de 1742, in-4 en veau marbré de l’époque mais restauré de “L’histoire naturelle éclaircie dans deux de ses parties principales, la lithologie et la Conchyliologie dont l’une traite des Pierres et l’autre des Coquillages.”à Paris chez De Bure. Cette édition comporte un frontispice et 32 planches hors-texte, elle voit paraître pour la première fois le terme de conchyliologie inventé par l’auteur, elle inspira Linné (1750 euros). “Les Noëls Bourguignons...” de La Monnoye, Paris, Lavigne, 1842, in-8 en demi-veau marbré, une première édition de ces Noëls en patois avec traduction et glossaire (150 euros). Un recueil de 4 pièces de théâtre du XVIIIe , “Cénie” de Françoise de Graffigny, 1756, “Iphigénie en Tauride” de Guymond de La Touche, 1758, “Hypermnestre” de Le Mierre, 1759, “Le Marchand de Londres...” de Lillo, 1758, en un volume in-12 en veau marbré de l’époque. [Ne croyez vous pas que vu la modicité de ces pièces de théâtre des XVII et XVIII, qu’on rencontre assez souvent, il doit être possible de former encore une belle collection si on y met un peu de discernement et de recherche?] (100 euros).

À suivre...

Merci Gilles,
H

mardi 14 avril 2009

Des nouvelles de la Nouvelle Revue des Livres Anciens

Amis Bibliophiles Bonjour,

Ne dites pas à mon employeur que je suis bibliophile... n'ayant toujours de branchement internet à domicile, je profite de quelques minutes de répit pour poster des nouvelles de la Nouvelle Revue des Livres Anciens.

Sauf problème de dernière semaine, le numéro 1 de « La Nouvelle Revue des Livres Anciens » paraîtra comme prévu fin mai-début juin. Nous devons être présents avec lui au prochain Salon du Livre Ancien, au Grand Palais.

Nous avons commencé le travail de conception de l’ensemble de la collection et la mise en page du premier numéro avec Sandra Rota, notre maquettiste qui, non seulement est pleine de talent et d’idées novatrices, sans modernité outrancière, mais partage aussi notre enthousiasme dans cette aventure éditoriale. Son professionnalisme nous évitera quelques erreurs de la part de fondateurs parfois trop idéalistes et moins inventifs et réalistes qu’elle-même.

Nous ne pouvons pas tout vous révéler aujourd’hui, car nous comptons évidemment sur l’effet de surprise. L’aspect physique de la revue sera plus esthétique que prévu, le rapport avec le beau livre ancien nous y oblige. Tous les textes sont des études apportant un minimum d’inédit de haut niveau et à la portée de tous les lettrés, et nous espérons bien poursuivre de cette manière. Les illustrations sont presque toutes en couleurs ; vous verrez pourquoi nous utilisons très honnêtement l’adverbe « presque ». 

Nous pouvons vous révéler, à défaut du titre de leurs études, les auteurs des textes du premier numéro, dans l’ordre alphabétique, car nous savons qu’ils sauront se taire. : Didier Barrière (Imprimerie nationale), Jean-François Cornu (avocat), Jean-Paul Fontaine (rédacteur en chef de « La NRLA »), Christian Galantaris (libraire expert), Bertrand Goguel (architecte et urbaniste en chef de l’Etat, architecte des bâtiments de France), Philippe Hoch (conservateur en chef, chargé de mission au département de la Moselle), Rémi Jimenez (doctorant), Jean-Dominique Mellot (conservateur en chef à la BnF), et votre serviteur (directeur de la publication de « La NRLA »). En outre, un entretien-portrait avec une personnalité incontournable de la bibliophilie constituera ce qu’on a l’habitude de nommer une exclusivité. Quelques pages d’analyses, courtes mais précises, d’ouvrages rares et précieux anciens, peu connus, et d’ouvrages récemment sortis des presses complèteront ce numéro. Votre exemplaire portera le numéro correspondant à votre place dans l’ordre d’arrivée des souscriptions.

Enfin, pour répondre à une question souvent posée : le tarif pour les deux premiers numéros publiés en 2009 est un tarif de souscription ; il ne pourra pas être reconduit pour l’abonnement aux trois numéros qui seront publiés en 2010 ; non fixé aujourd’hui, le tarif d’abonnement 2010 vous sera communiqué dès la sortie du premier numéro de 2009.
Merci pour votre (im)patience.

Hugues et Jean-Paul 

mercredi 8 avril 2009

Déménagement en cours

Amis Bibliophiles Bonjour,

Emménagement en cours... pas encore d'accès internet dans mon nouveau domicile... Je ne peux donc pas nourrir le blog: si vous avez des messages/textes à poster, ils seront plus que bienvenus!

Sinon, patience... :)

Merci
H

samedi 4 avril 2009

Anecdote, Ebayana

Amis Bibliophiles Bonjour,

Nouveau et dernier week-end passé à emballer des livres et à les mettre en caisses... En attendant, un fait divers bibliophilique et quelques livres que je surveille sur ebay, et que je partage avec vous.

L'affaire n'a jamais été ébruitée. En octobre 2008, les douanes de Reims contrôlent un automobiliste américain sur l'autoroute A4 au péage de Taissy. Ils découvrent deux valises contenant des livres et des registres de feuilles manuscrites. Après examen de ces documents, il apparaît qu'un certain nombre d'entre eux peut relever de la réglementation des biens culturels, ce qu'une expertise va confirmer. Il s'agissait de 59 documents d'une valeur estimée à plus de 3 millions d'euros. Parmi les pièces les plus remarquables de la saisie : des manuscrits de l'écrivain et poète argentin
Jorge Luis Borges, une photographie avec dédicace de l'écrivain russe Fedor Dostoïevski, une aquarelle de Victor Hugo ou encore une édition du Candide de Voltaire de 1759. L'américain revenait d'Allemagne où il aurait acheté ces documents sans aucun justificatif, lors d'un Salon du livre ancien. L'affaire a été récupérée par les douanes judiciaires de Metz. Une en quête est en cours. (Journal L'Union)
Et toujours la Description de l'îsle des Hermaphrodites nouvellement découverte, utopie de 1724, 87 euros!

L'extraordinaire ouvrage de Rochefort sur les Antilles, en EO, mais trop cher pour moi.. :(

Une édition des Essais de 1617

Un ouvrage miniature dans une charmante reliure maçonnique

Le bel ouvrage de Baif, De Re Navali, 1541

L'Histoire Naturelle de Pictorius, à Bâle, 1563

Que pensez-vous de ce "superbe" ouvrage... je suis très sceptique: provenance, description, histoire, évaluation du vendeur.

Une jolie reliure de maroquin bleu, sur un ouvrage de Feuillet

Une autre, dans une reliure de maroquin signée Vermorel

Et une troisième du grand relieur Cretté, sur un ouvrage malheureusement peu intéressant...

Un nouvel ouvrage maçonnique très intéressant mis en vente par frère Jean-Luc, un manuscrit de 1785 sur les degrés

La Satyre Ménippée, 1709, trois volumes aux armes, avec les jolies planches dépliantes, et à un très bon prix

Le Comte de Valmont... 6 volumes signés Bozerian

Une autre belle édition des Essais, plus tardive (1781), 3 volumes en maroquin

L'une des stars du moment sur ebay: la Démonomanie des Sorciers de Bodin, 1582... et en in-4 s'il vous plait!

L'atlas du voyage de Pallas en Russie, 1793.

L'Histoire Naturelle des Oiseaux de Buffon, 9 volumes, avec les belles planches. Egalement en in-4!

Bonne Chasse,
H

jeudi 2 avril 2009

Miscellannées de Monsieur H.: une invitation, un dilemme, une question

Amis Bibliophiles Bonsoir, 

Quelques miscellannées:

1. Une question. Un lecteur du blog, Jean, cherche des informations et une évaluation d'un ouvrage sien, pouvons-nous l'aider: il s'agît du "Traité de la vie que doivent mener ceux qui aspirent à devenir membres réels de la nouvelle jérusalem, d'après les préceptes du décalogue. Ouvrage signé BC (Bénédict Chastanier, traducteur français de Swedenborg) Londres, T. Spilsbury, Snow hill 1787."
Une idée?

2. Un repas des bibliophiles à Lourmarin? 
Mathieu vient de recevoir le bulletin d'inscription au Salon du Livre ancien de Lourmarin (http://www.villagesdefrance.free.fr/page_lourmarin.htm) auquel il participe chaque année avec le même engouement, ce qui lui a fait repenser à un projet esquissé il y a maintenant à peu près un an : le repas des bibliophiles en Provence. Nous en avions parlé à propos de l'édition 2008 du Salon et l'enthousiasme était, semble-t-il, général.

Cette année le Salon du Livre ancien aura lieu les 12 et 13 septembre 2009 dans ce beau Luberon où règne encore à cette période de l'année un grand ciel bleu et une température clémente. La qualité des livres présentés dans ce salon véritablement bibliophilique et à visée internationale comme en témoignent les nombreux collectionneurs italiens, espagnols et anglais présents chaque année ainsi que les nombreux libraires du SLAM, ne décevra aucun d'entre vous et ceux qui avaient fait le déplacement en 2008 pourront le confirmer. Quant à la bonne chère, les bonnes tables sont légions dans la région et celle de Reine Sammut, pour ne citer que la plus connue que certains ont d'ailleurs déjà testée (n'est-ce pas Frédérick?), pourrait être un endroit des plus adapté pour un dîner de bibliophiles samedi soir. Voilà qui est bien alléchant. 

Sachez également, pour ceux que le déplacement effraie, que la gare la plus proche est celle d'Aix-en-Provence (voire Avignon). Il faut compter 3h00 de TGV au départ de Paris et le trajet vous en coûtera environ 80 euros en première classe si vous réservez assez tôt. Des navettes peuvent être mises à disposition pour relier Aix ou Avignon à Lourmarin (il faudrait simplement dans ce cas que les horaires d'arrivée des trains soient portés à la connaissance des organisateurs du salon). 

Voilà, vous savez tout ou presque. Nous espérons que cette idée vous plaira.Si vous souhaitez avoir des renseignements vous pouvez le contacter par mail à librairiedaprevent@yahoo.fr ou bien me contacter via le blog. Je sais, le septembre est loin, mais nous en reparlerons.

3. Dilemme: un déménagement est paraît-il l'un des grands traumatismes d'une existence. N'exagérons rien, mais cela reste un moment particulier. Pour ma part, je range et j'emballe mes livres, sensation étrange. En revisitant ainsi ma bibliothèque et face aux quintaux qu'il va bien falloir soulever à un moment ou un autre, je "tombe" régulièrement sur des ouvrages qui se sont accumulés, par exemple parce qu'ils constituaient le fond de la manette que je convoitais pour un autre ouvrage, et je m'interroge: le sujet de l'ouvrage ne m'intéresse pas, ou il manque un plat, ou la reliure est fragile, ou les trois à la fois et que sais-je encore... D'où une question lancinante et qui m'étais jusqu'alors étrangère: faut-il jeter? Je ne peux m'y résoudre, mais le fait d'avoir caressé cette idée a fait naître un doute. Peut-on jeter un livre ancien? Et son corollaire... que puis-je faire de ses ouvrages? Les donner, à qui? 

H

Reliures incroyables, "bibliophiles" irresponsables...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

J'ai reçu aujourd'hui un catalogue dont les images m'ont littéralement sidéré... et je ne résiste pas à la tentation de partager avec vous ces étonnantes images: s'agît-il ici de bibliophilie, de bibliopégimanie, ou de simple folie? Je vous laisse juge. Il s'agît de lots d'ouvrages vendus en lots par une maison prestigieuse, et qui sont tous reliés dans des peaux d'animaux plus originaux que le veau ou la chèvre. Voici les images:
Lapin et faon
divers quadrupèdes: éléphant, antilope, zèbre, girafe.
Reptiles divers, évidemment...

Vous allez me répondre qu'il s'agît là des preuves du délire d'un bibliophile, d'un chasseur blanc au coeur noir sorti tout droit du Coeur des Ténèbres de Conrad qui a fait relier de livres de chasse du19ème et du 20ème. Peut-être, mais attendez, puisque le délire va plus loin... Voici en effet un échantillon des livres qui sont ainsi reliés:

- Ad Henricum Regem, Germani Valentis Guellij PP. Prosphonematicon Carmen. Paris: FedericusMorellus, 1574. 4to (210 x 160 mm). 15pp. Binding of quarter python over cloth by J. Frankin Mowery.

- Le Dejeuné de la Rapée, ou Discours des Halles et des Ports. Nouvelle édition. [Paris:] A la Grenouillere, n.d. 8vo (160 x 100 mm). Half rattlesnake.

Epistole d'Ovido. Florence: Carlo Figiouanni, 1532. 8vo (145 x 90 mm). Bound in full python. 

Les Delices du Sentiment; or the Passionate Lovers. London: 1781. 4to (200 x 120 mm.)
Moyens. Pour la Restauration des Piliers de Dome du Pantheon Francois. Paris: 1792. 4to (305 x 230 mm). 

Il Miracolo della Sacra Imagine di Maria detta della Rondini Successo il di 10 Ottobre 1501. Bologna: Giacomo Monti, n.d. 4to (215 x 150 mm). 
Girolamo Accoramboni. Tractatus utilissimus de natura & lactis. N.p.: 1538. Half rattlesnake over cloth.

Mieux encore, si j'ose dire:

- Moliere. La Critique de l'escole des femmes. Paris: 1674. 12mo (130 x 80 mm). [Bound with:] Le Festin de Pierre and L'Escole des Maris, 1679. Full python.Condition: second work inlaid with large losses. 

- Petite Traite de l'Amour des Femmes pour les Sots. [Bound with:] Petit Commentaire sur le titre de la petite brochure; Petite Traite de l'Amour des Femmes pour les Sots.Bagatelle: 1788. 8vo (200 x 120 mm). Half rattlesnake over cloth. 

Voici qui relativise nos débats sur la bibliophilie, vous ne trouvez pas? Sourire. Sa-cri-lè-ges!

Je sais, je ne devrais pas, mais voici le nom des deux imbéciles qui ont fait relier ainsi les ouvrages: Harry & Virginia Walton (on les applaudit bien fort)

H

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