« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

jeudi 16 juillet 2009

Le salon du livre de Lourmarin

Amis Bibliophiles Bonsoir,

J'ai le plaisir de vous annoncer les 6èmes Journées Internationales du Livre Ancien et de la Bibliophilie qui se tiendront les Samedi 12 & Dimanche 13 Septembre 2009 à Lourmarin en Provence, de 9 heures 30 à 19 heures.
Vous y retrouverez 130 Exposants Professionnels, venus de toute l'Europe, et même cette année des Etats-Unis, qui vous présenteront un large choix d'ouvrages.
Si mes obligations professionnelles me le permettent, je serais heureux de vous y retrouver et d'y organiser un déjeuner/dîner des bibliophiles du blog.

En attendant, le blog prend lui aussi quelques vacances. A bientôt!

H

Lauverjatiana VII

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je vous propose une lecture de catalogues de libraires de notre ami Gilles, un opus volontairement plus provincial et moins dispendieux, ce qui fait du bien juste après le Grand Palais.

La librairie “L’Echo du Passé” est installée dans l’Allier à Jaligny-sur-Besbre et fête ses 20 ans et son 33ème catalogue.
Parmi les 669 ouvrages, livres anciens, modernes et de documentation, décrits: “Vie de Michel de l’Hôpital chancelier de France” de Levesque de Pouilly, chez David Wilson en 1764, un in-12 en veau avec portrait en frontispice (150 euros). De Sainte-Palaye et Millot une “Histoire littéraire des troubadours, contenant leurs vies, les extraits de leurs pièces & plusieurs particularités sur les moeurs, les usages & l’histoire du douzième & du treizième siècles” chez Durand en 1774 en 3 volumes in-12 plein veau (300 euros). De Thiers l”Histoire de la Révolution française” chez Furme en 1865 en 10 volumes demi-chagrin, sans rousseurs [précise-t-on] (180 euros) et l”Histoire du Consulat et de l’Empire” chez Paulin 1856-1862 en 20 volumes in-8 et un atlas in folio en demi-percaline, complet de ses cartes et ses gravures (220 euros). De Fischbach un “Album du siège et bombardement de Strasbourg” chez Munch (en 1872), ouvrage in-4 en demi-basane, riche de 20 lithos en couleurs (220 euros). De Léon Bienvenu dit Touchatout, l”Histoire de France tintamarresque depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours”, au bureau de l’éclipse (en 1872) un in-4 illustré par Lafosse en demi-chagrin (65 euros). L”Histoire de Perse depuis le commencement de ce siècle” (de La Mamye-Clairac) chez Jombert en 1750, en 3 vol in-12 basane de l’époque, unique édition (450 euros). De l’abbé Prévost, l”histoire de Manon Lescaut et du chevalier des Grieux” chez Werdet et Lequien en 1827, en un volume in-8 relié en demi maroquin par Pagnant (90 euros).enfin de Henri Bouchot “le livre, l’illustration, la reliure” chez Quantin en 1886, in-8 en pleine percaline éditeur (20 euros)!

La librairie ancienne Bruno Sepulchre offre un catalogue tout en couleurs qui outre des livres propose des cartes manuscrites, des peintures, divers objets et même le buffet bibliothèque de Julien Gracq!. J’ai retenu “De la Bibliomanie” s.n. [Bollioud-Mermet] , La Haye, 1761 en E.O. non rogné sous couverture de papier dominoté (550 euros).
De Beauvarlet Charpentier, “le troubadour ou les Etrennes d’Erato. Avec la musique des airs nouveaux choisis.” A Paris à la librairie économique, 1807, ce volume in-12 en demi-basane comporte un frontispice gravé par de Launay d’après Ronchin qui représente un troubadour, en regard on a relié le lavis original où apparaissaient des armes royales soigneusement modifiées sur la gravure (250 euros).
“Au jardin d’Epicure” librairie tenue par M. Thierry Connault 34, rue porte de la Barre à Chinon (petite ville, grand renon!) livre son neuvième catalogue. De Marie-Joseph Chenier, “Charles IX, ou l’Ecole des Rois, tragédie” à Paris chez Bossange et à Nantes chez Louis, 1790, in-8 broché tel que paru. E.O. de cette pièce satirique contre le régime de Louis XVI (150 euros). Du comte Louis Clément de Ris, “Critiques d’Art et de Littérature” Paris, Didier et Cie, 1862, in-12 demi chagrin prune, plats de percaline, le plat supérieur orné du fleuron doré du Lycée Louis le Grand. Cette édition originale contient les portraits d’artistes du temps, Mme Récamier, Sand, Béranger, Delacroix. Ex-libris du bibliographe Georges Vicaire au contre plat (90 euros). Anonyme mais de l’Abbé Duclos, précurseur de Brunet, “Dictionnaire bibliographique, historique et critique des livres rares précieux, singuliers, curieux et recherchés qui n’ont aucun prix fixe...” Paris, Cailleau, 1791, 3 volumes in-8 en basane marbrée (280 euros). De Martial d’Auvergne, les “Plaidoyers et Arrests d’Amours. Donnez en la Cour et Parquet de Cupidon...” édition rouennaise de 1627 chez Jacques Besongne petit in-8 en veau blond du XIX, fente au mors supérieur (500 euros).
La librairie Jean-Luc Devaux, (26, rue François Péron à Moulins) présente son catalogue été 2009 riche de 443 numéros variés (dont un quart régionaliste) et quelques planches illustrées. De Gillet, l”annuaire du département de la Nièvre pour 1807" un petit in-8 de 132 pages imprimé à Nevers par Lefevre en 1806, une demi-toile écrue modeste avec l’ex-libris du relieur neversois Montchanin (70 euros). De Louis Raynal “Histoire de Berry depuis les temps les plus anciens jusqu’en 1789" à Bourges chez Vermeil, 1845-1846 en 4 tomes in 8, en 8 volumes brochés, 5 cartes et plans et 35 planches de sceaux et blasons gravés (550 euros). Le “Procès verbal des séances de la chambre de la Noblesse lors de la convocation des trois Ordres du Bailliage de Nivernois & Donziois pour les Etats-Généraux...” à Nevers 1789, imprimerie de la veuve Le Febvre, in-4 de 56 pages broché, tirage réservé aux membres de l’ordre avec circulaire (400 euros). De Pierre Garnier “Nouvelles formules de médecine, latines et françoises... nouvelle & dernière édition...[avec] Traité pratique de la Vérole” à Lyon, Certe, 1739. Un volume in-12, veau époque (200 euros). De Claude Vignon , alias Noémie Rouvier, “Vingt jours en Espagne” chez Monnier à Paris, 1885, un volume in-8 orné de 16 photogravures à pleine page dans un demi- maroquin kaki à coins signé de Pagnant (100 euros).
Pour finir, un peu plus cher à 600 euros, une reliure (non signée) en maroquin outremer à décor floral, mosaïqué et de filets dorés, centré sur le titre doré du dos avec gardes de tabis sur “la révolte des anges” d’Anatole France, avec bois gravés de Siméon, éditée à Paris, Mornay 1921.

Merci Gilles

H

mardi 7 juillet 2009

Bibliophilie physicienne, les écrits de Paulian

Amis bibliophiles Bonsoir,

Jour du bac... je suis certain que vous excellâtes tous un jour en physique, et comme vous avez presque tout oublié, la physique vous rattrape par la bibliophilie. Voici un post de Bernard, le physicien bibliophile, sur le père Paulian.

"Après Nollet et Sigaud de la Fond je vous présente aujourd’hui quelques ouvrages d’un Jésuite oublié Aimé Henri Paulian (1722-1802) qui enseigna la physique à Avignon. Il a été très attaqué par les encyclopédistes. On rencontre ses livres sur ebay et ailleurs. Ils ont été populaires et utilisés surtout dans les collèges jésuites.
Traité de paix entre Descartes et Newton précédé des vies littéraires de ces deux chefs de la physique moderne.

Avignon, Vve Girard. 1763. EO.

3 volumes in-12 ; (2) pp, portrait, X, 405, (1) pp, 2 pl. - IV, 374, (1) pp, 4 pl. - (2), XVIII, 381, (2) pp.

Cet ouvrage est le plus rare de l’auteur. Le premier tome expose les travaux de Descartes, le second ceux de Newton et le troisième cherche à concilier les deux théories. Paulian est newtonien pour « la physique céleste, la lumière et les couleurs » ; il est cartésien pour ce qui concerne « la dureté, l’élasticité, les fermentations et les tuyaux capillaires ». Ce traité sera réédité en 1769 sous le titre : Système général de philosophie.

Dans une lettre de janvier 1764, Voltaire écrit : « Le P. Paulian, jésuite d’Avignon, qui a déjà fait quelques compilations, vient de publier, en trois volumes, un Traité de paix entre Descartes et Newton, avec la vie de ces deux illustres philosophes. Et le titre, et le fond, et la forme de cet ouvrage, sont très dignes d’un moine; mais Descartes et Newton ne méritaient pas un tel médiateur, et certainement ils ne lui ont pas donné de pleins pouvoirs. »
Dictionnaire de physique portatif.

Avignon chez la Veuve Girard. 1760. 2ème édition.

1 volume in-8 ; (2), XXIV, 400, 38 pp, 6 pl.

Le titre complet est : Dictionnaire de physique portatif dans lequel on expose les découvertes les plus intéressantes de newton et les notions géométriques nécessaires à ceux qui veulent se former une idée de la physique moderne. L’édition originale date de 1758.
Dictionnaire de physique.

Avignon, Louis Chambeau. 1761. EO.

3 volumes in-4 ; XVI, L, 620, (2) pp, 5 pl. - (2), XLVIII, 621 pp, 7 pl. - XXIV, 528 pp, 4 pl.

Ce dictionnaire de physique fut le plus populaire au XVIIIème siècle. Dans l'une des préfaces, l'auteur explique que son Dictionnaire de Physique n'a aucune commune mesure avec son Dictionnaire portatif paru en 1758 et qu'il « renferme non seulement ce qu'il y a de plus facile, de plus curieux et de plus intéressant dans la physique expérimentale mais encore ce qu'il y a de plus sûr et de plus relevé dans la physique spéculative ». Outre les articles relatifs aux différentes branches des sciences, il fournit les notices biographiques de nombreux savants et l'exposé de leurs systèmes généraux et particuliers pour former une « histoire critique des ouvrages des physiciens qui ont paru jusqu'à nous ». Le troisième volume se termine par un Projet d’un exercice de physique ; « Quelque étendues que soient les questions qui entrent dans ce Projet d’un exercice de physique, il nous paroît qu’on peut les apprendre dans l’espace de deux ans à tout enfant d’esprit qui aimera l’étude ».

Une vignette, répétée trois fois, représente l’intérieur d’un cabinet de physique.

En mars 1762, Voltaire écrivait : « Un autre jésuite appelé le P. Paulian, d’Avignon, a fait imprimer un Dictionnaire de physique en trois volumes in-4°. Jamais un jésuite ne fera un bon ouvrage, ni de physique, ni de philosophie. L’esprit monastique s’opposera toujours à toute vue grande et profonde dans les sciences. Les jésuites de toute l’Europe ne se sont prêtés à leurs progrès que parce qu’il ne leur a pas été possible de les empêcher. Leur premier vœu serait de bannir la lumière et la science de la terre; le second, d’en usurper les honneurs et la gloire parmi les nations qui en prennent le goût malgré eux. Mais qu’on me montre un seul jésuite qui ait été véritablement utile aux lettres par ses découvertes et par son génie: vous n’en trouverez aucun. Ceux qui ont du génie parmi eux sont obligés de le dénaturer ou de le dérober à l’inquisition de leurs supérieurs, ou bien ils se tournent à l’étude de la science absurde appelée en grec théologie, ou bien ils sont persécutés et malheureux dans leur cloître. M. de La Chalotais, dans son compte rendu au parlement de Bretagne, a judicieusement remarqué que les jésuites étaient au moins de deux siècles en arrière en fait de lumières et de sciences. Ils sont encore à oser prononcer le nom de Newton. L’étude des anciens philosophes se réduit parmi eux à cette absurde scolastique qui a régné pendant tant de siècles barbares, et les grands philosophes modernes n’ont jamais été nommés par un jésuite sans être attaqués ou blâmés. Croyez-vous que jamais le nom de Montesquieu ait été prononcé avec éloge devant les écoliers des jésuites? Voilà cependant les gens qu’on voudrait nous faire regretter en France pour l’instruction de la jeunesse, tandis qu’un des plus cruels fléaux dont une nation puisse être affligée, c’est sans contredit de voir l’éducation de la jeunesse entre les mains de moines avilis par une servitude d’esprit cent fois plus outrageante pour l’honneur que celle du corps. Ainsi quand on vous dit que le P. Paulian est jésuite, vous savez quelle est la physique qu’il peut enseigner dans son dictionnaire. »
Dictionnaire des nouvelles découvertes faites en physique...

Nîmes, Gaude. Avignon, Niel. 1787. EO.

1 volume in-8 ; (4), XXXVIII, (2), 523, (2) pp, 1 pl, 1 tableau.

Cet ouvrage est destiné à compléter le Dictionnaire de Physique dans lequel il sera refondu dans l’édition de 1789. Il contient une violente réfutation du Système de la Nature du Baron d’Holbach et de nouveaux articles, en particulier sur les aérostats et les découvertes récentes sur l’électricité.
L’électricité soumise à un nouvel examen...

Avignon, Vve Girard et F. Seguin. 1768. EO.

1 volume in-12 ; XLVIII, 286, (2) pp, 2 pl.

L’ouvrage est une réponse aux critiques que lui avait faites l’abbé Nollet concernant l’article « Electricité » de son dictionnaire, paru en 1761. La première partie est formée de neuf lettres adressées à l’Abbé Nollet. La seconde partie, écrite en latin, donne la théorie de l’auteur concernant les phénomènes électriques.
La physique à la portée de tout le monde...

Nîmes, J. Gaude. 1791. (2ème édition) - 1790. (EO).

2 volumes in-8 ; 416 pp. - 416 pp, 1 pl.

Amusant ouvrage dans lequel l'auteur, abordant la question de la navigation aérienne si controversée à l'époque, s'en montre un ardent détracteur. On peut en juger en lisant les premières lignes du chapitre consacré au parachute: « Tant d'accidents arrivés à nos nouveaux Icares dans les plaines aériennes, auraient dû naturellement dégoûter les astronautes de ces périlleux voyages. Mais raisonne-t-on, lorsqu'on est téméraire par caractère? On se fait gloire d'affronter les dangers les plus évidents; et l'on crut, en cas de malheur, se garantir de la mort, en se servant d'une machine à laquelle on donna le nom de parachute. » La planche dépliante représente trois sortes de Montgolfières.
Merci Bernard,
H

dimanche 5 juillet 2009

Papiers décorés, pour le plaisir des yeux.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Martin, dont je viens de recevoir le très joli catalogue, m'a envoyé quelques très jolis papiers décorés. Les voici, certains sont assez originaux.
H

La Nouvelle Revue des Livres Anciens, un bulletin paroissial?

Amis Bibliophiles Bonjour,

Quelques nouvelles de La Nouvelle Revue des Livres Anciens: nous commençons à travailler sur le numéro 2. La liste des auteurs se précise, et nous tenons bien sûr compte des remarques et critiques diverses que vous avez formulées, d'autant plus (je pense aux erreurs typographiques par exemple), que nous en étions hélas déjà conscients à la livraison.

En ce qui concerne le cahier central et les illustrations en couleurs, si nos finances nous le permettent, nous passerons de l'un à l'autre. Pour ce qui est des illustrations en noir et blanc au fil du texte, c'est également noté. J'ajoute que je trouve le sommaire un peu difficile à lire, ce qui sera également résolu.

Globalement, vos commentaires et vos critiques sont très positives et encourageantes, et nous vous en remercions. Nous avons reçu de très nombreux témoignages de satisfaction de votre part, via les commentaires du blog, par email ou même par courrier.

La fête ne serait pas totale sans deux réserves, l'une de la part d'esprits chagrins qui n'ont pas souscrit à la Revue mais s'autorisent à en sourire, l'autre de la part d'un original, ex-libraire, que sa retraite récente semble aigrir, et qui nous a fait le plaisir de nous adresser un charmant email. Nous le remercions chaleureusement parce que sa lecture nous a beaucoup fait rire. Je crois que c'est le lot de tout périodique de recevoir des courriers de la part de ce genre particulier de lecteurs... et encore, je dis "lecteurs" alors que ce sympathique correspondant débute son email en confessant ne pas avoir lu la revue.... Sourire.

Voici donc quelques extraits de ce bêtisier très personnel, qui aurait pu avoir un sens s'il avait été constructif et argumenté:

"présentation digne d'un bulletin paroissial de province désargenté.... maquette d'une ringardise affligeante... portraits de "notables" rigolards par le "photographe professionnel du département..." et j'en passe. La lecture me fait encore sourire. Surtout quand on connaît le correspondant, qui a laissé dans l'histoire de la librairie une trace inversement proportionnelle au temps qu'il nous fait perdre, et qui est hélas immense.

Enfin bref, nous sommes toujours preneurs de vos commentaires et critiques, qui vont nous aider à professionnaliser un peu cet amateurisme que nous assumons!

H

samedi 4 juillet 2009

Femmes Bibliophiles, les "Cent femmes amies des livres"

Amis et Amies Bibliophiles Bonsoir,

La Bibliophilie passe souvent pour être une passion très masculine: il n'y a qu'à parcourir les travées du Salon du Grand Palais ou celles du marché Georges Brassens pour en être convaincu.
Les interventions sur le blog sont également essentiellement masculines d'ailleurs, et même si les professions de la "filière bibliophile" sont naturellement mixtes (relieures et relieurs, restaurateurs et restauratrices, etc.), je connais personnellement peu de bibliophiles de sexe féminin. Elles existent pourtant et on jalonné l'histoire de la bibliophilie.

Parfois, même, elles se sont rassemblées dans des sociétés. Ainsi ai-je sous les yeux une charmante plaquette, qui regroupe les statuts et le règlement intérieur de la société bibliophilique "Cent femmes amies des livres".

Cette jolie publication brochée (28 pages, format in-8) nous apprend beaucoup sur ces bibliophiles que j'aurais aimé rencontrer (mais peut-être cette société existe-t-elle toujours d'ailleurs?).
Voici quelques extraits:

"Article 2. - Cette Société a pour but de mettre en relation les femmes s'intéressant aux questions de bibliophilie et d'établir des éditions de luxe

Article 3. - (plein de sagesse) La Société étant constituée dans un but purement artistique et littéraire, toute discussion politique ou religieuse est formellement interdite dans les réunions.

Article 4. - La Société se recrute parmi les femmes s'intéressant aux questions de bibliophilie.

Article 5. - Le nombre des membres de la Société est fixé à 100. Tout membre ayant participé à sa fondation a droit au titre de fondatrice.

...

Article 11. - La radiation pour cause d'indignité sera prononcée par le Comité après audition de l'intéressée et enquête verbale".

Cette société publiait des ouvrages dont le tirage était limité à 130 exemplaires. Les 30 exemplaires "ne plus" seront réservés aux artistes, aux auteurs et au libraire agrée, qui était Auguste Blaizot.

La présidente d'honneur était Madame Paul Deschanel, épouse du président de la République, et on retrouve quelques autres noms illustres dans la liste des membres: La Comtesse de Noailles ou Mme Funck-Brentano par exemple.

Les adresses personnelles, elles, ressemblent à un guide des adresses les plus huppées de Paris, et si quelques membres ne sont pas parisiennes, c'est parce qu'elles habitent des châteaux en province.

Il est amusant de noter que dans cette liste de 100 membres, toutes les bibliophiles mariées (il y a quelques très rares demoiselles) sont présentées sous leur nom d'épouse, sous la forme "Mme Edouard Imbs", "Mme Achille Hauser", etc.

Ce qui évidemment amène à s'interroger, ces femmes bibliophiles étaient elles également épouses de bibliophiles, ou était-ce simplement le poids des habitudes de l'époque (cette plaquette date de 1927)? Je penche plutôt pour la seconde solution. Mais vous me direz, être femme de bibliophile est déjà un sacerdoce!

H

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