« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

lundi 31 août 2009

Charles Motteley et les Elzevirs

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Nous retrouvons ce soir Rémi, qui nous présente un de ses ouvrages.

"Je propose de partager avec vous une acquisition effectuée il y a quelques mois sur ebay, pour une somme toute modique, et qui intéresse, je pense, les bibliophiles que nous sommes. Il s’agit d’une brochure de Charles Motteley, publiée en 1847, et intitulée Aperçu sur les erreurs de la Bibliographie spéciale des Elzevirs.
Le bibliophile Charles Motteley possédait, dans la première moitié du XIXe siècle, l’une des collections les plus importantes d’ouvrages hollandais de petit format, dont bon nombre sont sortis des presses des Elzevier. Motteley avait vendu une partie de sa collection en 1824, mais l’essentiel sera dispersé lors d’une seconde vente en 1848. Sa collection et ses compétences avaient fait de Motteley le plus fin connaisseurs des Elzevier et de leurs imitateurs.
Dans cet Aperçu sur les erreurs de la bibliographie spéciale des Elzevirs Motteley corrige les bibliographes qui l’ont précédé – notamment Brunet et Bérard. Il écrit ainsi dans l’avertissement : « Aidé de notre faible instinct, d’une certaine expérience, mais surtout d’une bibliothèque elzévirienne que l’on chercherait peut-être vainement ailleurs, nous avons cru pouvoir asseoir notre jugement sur de nombreux objets de comparaison ». L’ouvrage est ainsi construit : le titre de chaque édition est donné, suivi éventuellement de l’avis de Brunet ou de ses confrères bibliographes, puis de l’opinion de Motteley, qui rectifie les attributions en se basant sur le matériel et le « style » typographique, donnant au passage un certain nombre d’indications historiques sur les différents imprimeurs cités.
L’ouvrage est modeste : il ne comporte qu’une quarantaine de pages et n’a aucun caractère d’exhaustivité. Motteley y démontre son érudition, ses compétences et son œil typographique, mais, par sa faible ampleur, l’ouvrage peut paraître décevant. Cela s’explique aisément : en réalité, plutôt qu’une œuvre achevée et complétée, le texte de Motteley est un véritable programme bibliographique. Dans l’avertissement, après avoir cité les érudits qui se sont intéressés aux Elzevier (« MM. Adry, Peignot, Beuchot, Nodier, Bérard, Jacob (de la Haye), Pieters, Dodt van Flensburg, Rammelman-Elsevier, de Reume… »), Motteley en appelle à une étude physique des ouvrages, qui complètera les seules analyses littéraires ou esthétiques. S’il n’utilise pas l’expression de « bibliographie matérielle », il en a déjà l’idée et emploie un terme curieusement proche : « malheureusement tous ces savants […] ne nous ont pas fait connaître avec la même exactitude la typographie matérielle des Elzevirs. C’est cependant là le point essentiel sous le rapport de la bibliographie ». Motteley appelle ainsi ses confrères à « passer en revue toutes les jolies éditions hollandaises et belges du XVIIe siècle, pour arriver à une bibliographie spéciale des Elzevirs et de leurs annexes, aussi parfaite que possible ». Motteley mourra en 1856 sans avoir vu son vœu exaucé. Son point de vue sera pourtant entendu, puisque trente plus tard, paraîtra la véritable somme d’Alphonse Willems, qui demeure incontournable : Les Elzevier : histoire et annales typographiques (1880).
L’Apercu de Motteley paraît relativement rare. Le catalogue joint à la fin du volume, mentionne la justification : un exemplaire unique sur peau de vélin (aujourd’hui conservé à la réserve de la Bibliothèque nationale sous la cote RES-Q-695) , 15 exemplaires numérotés sur papier bleu, 30 exemplaires numérotés sur papier superfin de Hollande, et 200 exemplaires sur papier ordinaire, soit 246 exemplaires mis en vente par l’éditeur. Mon exemplaire a cependant une particularité intéressante : il est imprimé sur papier de chine, et porte un titre à l’encre rouge. Au verso du dernier feuillet se trouve imprimée la phrase suivante : « il n’a été tiré que 2 exempl. sur papier de chine », suivie du chiffre 2, numéroté à la presse (les exemplaires courants sont numérotés à la main). Les deux exemplaires sur papier de chine, qui ne sont pas mentionnés dans la justification, constituent donc très probablement un tirage hors commerce, peut-être destiné à l’auteur lui-même ou à son éditeur."

Merci Rémi,

H

dimanche 30 août 2009

Le Bon Homme Misère

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Peu de choses sur ebay, en effet, j'ai juste trouvé ceci il y a quelques jours:
L'Histoire Nouvelle et Divertissante du Bon Homme Misere,... etc. A Caen, chez Chalopin, pour 18 euros. Je viend d'en terminer la lecture, elle est amusante. Je crois que c'est un classique du colportage.
H

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonjour,

Dimnanche, jour de chine et je reviens déjà à 9h de ma petite tournée de chineur. Bredouille comme toujours en ce qui concerne les livres anciens. Comme d'habitude, je termine cet exercice par un petit tour sur ebay, et vous fait partager quelques trouvailles:












Bonne chasse!

H

vendredi 28 août 2009

Verlaine Bibliophile

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je cède ce soir la parole à Jean-Paul, qui vous propose un texte sur Verlaine et ses biblio-sonnets...
"Vers la fin du mois de septembre 1895, Paul Verlaine (1844-1896), malade et sans un sou, essayait de revendre à des libraires parisiens des volumes dédicacés par ses amis écrivains. C’est chez le libraire Chacornac, quai Saint-Michel, qu’il rencontra un homme de lettres, Paul-Louis Dreyfus Bing (1852-1913), dit Pierre Dauze, très lié avec Anatole France, fondateur de la Revue biblio-iconographique, qui lui proposa de composer une série de 24 sonnets sur des sujets bibliophiliques assez précis : publiés chaque semaine, ils lui seraient payés 10 francs chacun. Après leur publication dans la Revue, les sonnets seraient rassemblés en une plaquette tirée à petit nombre (131 exemplaires). Emporté par la maladie, Verlaine ne put fournir que 13 sonnets.

Voici celui que la Bibliophilie:

« Le vieux livre qu’on a lu, relu tant de fois !
Brisé, navré, navrant, fait hideux par l’usage,
Soudain le voici frais, pimpant, jeune visage
Et fin toucher, délice et des yeux et des doigts.

Ce livre cru bien mort, chose d’ombre et d’effrois,
Sa résurrection « ne surprend pas le sage » ;
Qui sait, ô Relieur, artiste ensemble et mage,
Combien tu fais encore mieux que tu ne dois.

On le reprend, ce livre en sa toute jeunesse,
Comme l’on reprendrait une ancienne maîtresse
Que quelque fée aurait revirginée au point ;

On le relit comme on écouterait la Muse
D’antan, voix d’or qu’éraillait l’âge qui nous point :
Claire à nouveau, la revoici qui nous amuse. »

Les autres sujets étaient les suivants:
Bibliomanie
Bibliothèque
L’arrivée du catalogue
Edition originale contemporaine
Désappointement
Pauca mihi
Les quais
Bibliophobes (2 sonnets)
Bibliotaphe (3 sonnets)
Sous le titre de Biblio-Sonnets. Poèmes inédits, le recueil sous emboîtage ne parut qu’en 1913 chez H. Floury. Après une préface posthume de Pierre Dauze, datée du 11 janvier 1896, sont reproduites 20 lettres de Verlaine écrites entre le 12 octobre 1895 et le 7 janvier 1896, veille de sa mort. Le volume est illustré avec 1 vignette, 13 bandeaux et 14 culs-de-lampe gravés sur bois par le genevois Richard Ranft (1862-1931). Un tirage spécial était réservé aux membres de la Société « Les XX », fondée par Pierre Dauze en 1897.

Les sonnets trahissaient la commande, « épouvantables travaux forcés » écrit son biographe Alain Buisine, et le manque d’inspiration du poète. Pierre Dauze avait avoué à Verlaine : « les sonnets ne me donnent pas complète satisfaction ». Mais la poésie verlainienne est-elle compatible avec l’univers de la bibliophilie ?

Le poème autographe intitulé « Bibliophobes » (s.l., s.d., 2 p. in-8°), signé deux fois « Paul Verlaine » a été vendu 20 000 € en 2004."

Merci Jean-Paul,

H

mercredi 26 août 2009

Books Wanted

Amis Bibliophiles Bonsoir,

J'ai retrouvé l'image que cherchait Pierre: "Books wanted for our men, etc.". Il est amusant de constater qu'il existait aussi des variantes plus sobres.
En me promenant d'image en image, je suis tombé sur celle-ci, assez intéressante je trouve, d'un libraire américain qui faisait paraître une annonce avec la liste des livres qu'il recherchait, et les prix qu'il était prêt à payer.
H

mardi 25 août 2009

Gaultier Garguille, approuvé par Turlupin et Gros Guillaume

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Il me semble bien rare qu'un livre de bibliophilie n'ait qu'une vertu... On l'appréciera pour son texte (avant tout), sa reliure, l'édition, la typographie, son originalité et en le découvrant, à chaque fois ou presque, on pourra lui découvrir un autre charme.

Dans ce cas précis, celui des Chansons de Gaultier Garguille, une fois passés les charmes de l'originalité de l'ouvrage, le texte léger et amusant, la coquille sur la page de titre, une reliure bien exécutée... c'est en tournant la dernière page que j'ai découvert un autre charme à cet ouvrage: son approbation.
L'ouvrage, signé Hugues Guéru, est paru à Londres (?) en 1658, suivant la copie imprimée à Paris en 1631 (et non 1731 comme on peut le lire sur la page de titre). C'est un petit volume in-12, avec un frontispice gravé, dans reliure de maroquin vert signée Petit (succ. de Simier). Il porte l'ex-libris de Jules Lemaitre.

Voici ce que nous propose Wikipedia sur Guéru:

Hugues Guéru, surnommé Fléchelles ou Gaultier-Garguille, comédien et poète, né à Sées vers 1581 et mort à Paris le 10 décembre 1633. Dans les farces qu'il représentait, il introduisait souvent des couplets grivois de sa composition. « [...] à lui les rôles de vieillards ou de cocus. Sa calotte noire, son masque chevelu avec la barbe pointue et l’habit noir soulignaient un corps maigre, aux longues jambes, dont les contemporains admiraient la souplesse de marionnette. » (Mazouer, 2006, p. 36)

Les foires à l'époque étaient, par la difficulté de communication, des lieux privilégiés d'échanges et de rencontres. Les ouvertures de foire correspondaient en général à quelque grande fête de l'Église et se faisaient avec des cérémonies spectaculaires. L'ouverture de la foire du Pré à Rouen est le « théâtre » choisi par notre auteur pour sa facétie qui contient des détails de mœurs, des descriptions de coutumes et de personnages connus.

Le 5 septembre 1620, il épouse Aléonor Salomon, belle-fille de l'acteur Tabarin. L'acte de mariage précise que Hugues Guéru est « aagé de trente-huict ans ou environ », ce qui le fait naître vers 1581 ou 1582, et non en 1573 ni en 1593, comme le répètent ses biographes.

Il se spécialisa dans les rôles de vieillards d'abord au Théâtre du Marais, puis à l'Hôtel de Bourgogne. Il était maigre, avec de longues jambes fines et un gros visage, aussi ne jouait-il jamais sans son masque à grande barbe pointue ; il portait une calotte noire et plate, des escarpins noirs et des manches de frise rouge, un pourpoint et des chausses de frise noire. Surtout réputé sous le nom de Gaultier-Garguille dans un répertoire de farces, il jouait quelques fois aussi les rois dans des pièces sérieuses sous le pseudonyme de Fléchelles.

Il a également écrit un recueil de chansons et quelques prologues imprimés en 1631."
Ce recueil en voici une réimpression. Sur la gravure en frontispice, on découvre Guéru, puis à la suite 64 chansons légères. Un exemple?

"Elle m'a prefté fa cage
Pour mettre mon perroquet
La cage eftoit trop petite;
Il n'entra que le bec".

Le blog n'étant pas destiné à diffuser des messages érotiques (il y a d'autres endroits pour cela, même sous des prétextes bibliophiliques ou artistiques quelconques d'ailleurs... :) ), le blog étant ouvert à tous, et sans contrôle d'accès parental, je m'arrête ici.

Et je reprends mon propos: texte amusant et qui se lit avec le sourire, beau témoignage d'un certain art de l'époque, coquille sur la page de titre, joli frontispice, belle reliure... et puis, quand on tourne la dernière page, on arrive à l'approbation et on découvre que la farce a été poussée jusqu'au bout puisque cesont Turlupin et Gros Guillaume qui la signent.
"Nous soussignez maîtes ès Arts comiques recreatifs, certifions avoir lu curieusement le recueil des Chansons plaisantes du facétieux Gaultier Garguille, auquel nous n'avons rien trouvé qui ne soit capable non-seulement de désopiler la rate, mais de purger entierement l'humeur mélancolique. En foi de quoi nous avons figné la présente approbation. A Paris, en l'Hôtel où l'on se fournit de Ris pour le Caresme, le dernier de Décembre mil six cent trente-un". Turlupin. Gros-Guillaume.

Sur ce dernier sourire, on referme l'ouvrage et on se dit que décidément, c'était un beau moment. Vive la bibliophilie qui chaque jour nous ouvre des horizons nouveaux, nous rends curieux, nous oblige doucement à apprendre, nous accompagne.

H

Pour compléter, Gros-Guillaume ou Robert Guérin, dit La Fleur, et plus connu sous le nom de Gros-Guillaume, est l'un des acteurs français les plus célèbres du xviie siècle. Il serait né vers 1554 et est mort à Paris en 1634.

Entré à l'Hôtel de Bourgogne en 1598, il y prend la direction d'une troupe deux ans plus tard et y constitue la sienne en 1612. À partir de 1622, il est le chef incontesté des « comédiens du Roi » et le restera jusqu'à sa mort.

Selon Maupoint (Bibliothèque des théâtres, 1733), il aurait été boulanger avant de devenir «farceur». C'était, dit-il « un franc yvrogne, gros, gras & ventru, qui ne paroissoit sur le Théatre que garotté de deux ceintures, l'une au-dessous du nombril, & l'autre près des tétons, qui le mettoient en tel état qu'on l'eût pris pour un tonneau. Il ne portoit point de masque ; mais se couvroit le visage de farine, ensorte qu'en remuant un peu les lèvres, il blanchissoit tout d'un coup ceux qui lui parloient ».

Atteint de gravelle, ses grimaces de douleur feront partie de son jeu et ne l'empêcheront pas de vivre 80 ans. Il sera enterré à la paroisse Saint-Sauveur. Gros-Guillaume, tu me fais tout l'effet d'être un mec sympa. (Hugues)

lundi 24 août 2009

Résolutions Bibliophiliques

Amis Bibliophiles bonsoir,

Le retour des vacances et la fin de l'été ne sont-ils pas les meilleurs moments de l'année pour prendre de bonnes résolutions? Je préfère ce moment au début de l'année calendaire, alors que les rigueurs de l'hiver m'encouragent peu à remettre en cause des habitudes qui finalement tiennent chaud.

Et puis l'été, c'est aussi la trêve des confiseurs dans les salles des ventes, on est parfois loin de son libraire préféré, pas de grands salons et les tentations sont moins nombreuses. Le moment idéal vous dis-je.

Mais comment ne pas succomber, au fil des mois qui viennent, en croisant tous ces livres qui me manquaient à mon insu.... et sans lesquels je faisais semblant d'être heureux. Résolutions de Bibliomane. A l'ancienne. Comment ne pas sauver cette petite plaquette, cette édition originale qui s'étiole en Amérique du Nord, loin de sa mère patrie, comment ne pas être bon, avec tous ces amis, ces livres, alors qu'eux-mêmes sont si bons avec moi lorsqu'ils viennent se reposer enfin dans ma bibliothèque?

Prendre des résolutions!

Résolution n°1: comme toujours aucun incomplet ou ouvrage en mauvais état (jusque là, c'est facile).

Résolution n°2: ne pas aller s'aventurer dans des domaines bibliophiliques dangereux, qui vous happent avant que vous ne vous en rendiez compte (sciences, médecine, chasse, gastronomie), rester fidèle à ses amours passées.

Résolution n°3: ne faire aucune exception à la résolution n°2, même pour une raison forcément excellente (Non, les ouvrages de chasse ne sont pas des utopies, même un petit peu).

Résolution n°4: acheter moins, acheter mieux. Comparer les prix et les états.

Résolution n°5: tout oublier et faire comme l'an passé, après tout, on a bien vécu...

Résolution n°6: publier les n°2 et 3 de La Nouvelle Revue des Livres Anciens, en évitant de renouveler les erreurs typographiques.

Résolution n°7: tant bien que mal, faire vivre le blog!

H

samedi 22 août 2009

Ebayana pour Bibliophiles

Amis Bibliophiles bonjour,

Je vous propose aujourd'hui une sélection de livres pour bibliophiles, ou de livres sur les livres. On en trouve en effet quelques uns de très intéressants sur ebay en ce moment.

Bonne chasse,
H

La Reliure Française de Béraldi, un très bon ouvrage, ici à très bon prix

Encore mieux, le grand classique: L'histoire de l'édition française, les 4 volumes, l'édition Promodis, introuvable!

Le bel ouvrage de Devauchelle: La Reliure, assez peu fréquent et très intéressant

Autre livre intéressant: les reliures de la BN, bien relié

Le Manuel de Bibliophilie de C. Galantaris, hélas deux fois trop cher...

Une référence, Le Bibliophile Français, sublime, mais très cher

Un petit lot d'ouvrages sur la bibliophilie, dont le Philobiblion

Pour rêver un peu, un catalogue de la Librairie Sourget

Les Etrennes à un ami bibliophile

H

Une reliure mosaïquée de belle provenance, reliée par Pétrus Ruban

Amis Bibliophiles Bonjour,

Une fois n'est pas coutume, je partage avec vous une acquisition assez originale, joliment reliée, avec une provenance qui se déclare de façon élégante.
Il s'agît de l'ouvrage Une Nuit de Cléopâtre, par Théophile Gautier, à Paris, chez Ferroud, 1894. Un beau volume de format in-8, contenant 21 compositions par Paul Avril et préfacé par Anatole France.
Il est relié en plein maroquin marron, et porte deux grandes compositions mosaïquées sur les plats avec des ornements de style égyptien. Le décor est identique sur les deux plats, mais les compositions mosaïquées sont de couleurs différentes.
A l'intérieur on découvre une large bordure de maroquin, elle aussi mosaïquée dans les angles, avec un filet doré; l'ouvrage est doublé et possède des gardes de soie brodées de couleurs très vives, dans un style rappelant le décor des plats.
Les couvertures et le dos de l'époque sont conservés, le tout rentre joliment dans un bel étui.

L'exemplaire est numéroté et est l'un des exemplaires sur Grand Vélin d'Arches. Il contient un triple état des illustrations dont l'eau-forte et un état avec remarques. Il est en état parfait, les tranches sont dorées.

Cette belle création est l'oeuvre du relieur Pétrus Ruban (1851-1929). La reliure est signée en bas du contreplat par "P. Ruban 1910", qui était d'ailleurs connu pour la finesse de ses mosaïques.

Jusqu'ici, l'ouvrage est intéressant, très joliment relié, mais il a également un petit plus, de ceux que recherchent parfois les bibliophiles: c'est en effet l'exemplaire de Pétrus Ruban, le relieur, et il a lui même doré son ex-libris en bas au centre du contreplat ("Ex-libris Pétrus Ruban").
Dès lors, on peut rêver... Pétrus savait-il que cet exemplaire lui était destiné et il y a mis tout son art. Ou bien en voyant cette superbe réalisation il n'a pu se résoudre à s'en séparer... Qui sait?

Avez-vous déjà croisé d'autres ex-libris de ce relieur moins connu que d'autres, mais très talentueux?

J'ai peu d'informations sur Ruban (toujours pas de Fléty...), mais j'ai néanmoins découvert qu'il a exercé jusqu'en 1910, ce qui est précisément la date de cette reliure...

H

lundi 17 août 2009

Lectures de vacances

Amis Bibliophiles bonjour,

J'espère que vous avez tous passé de bonnes vacances et qu'elles ont notamment été riches en trouvailles de toutes sortes. Ce n'a pas été mon cas, mais je n'ai pas totalement perdu mon cas puisque j'ai croisé un merle blanc. Un vrai.

Pour reprendre en douceur, je vous propose aujourd'hui une "fiche de lecture" de Lauverjat, qui a lu Les Amoureux du Livre, de Fertiault.

"Voici une de mes lectures de vacances, butinée à petites gorgées (je ne crois pas qu’il soit possible ni souhaitable de faire autrement) : “Les amoureux du livre...” par Fertiault. Tout le contenu du livre est explicité par la page de titre que je vous laisse découvrir.
Il s’agit d’un fort et grand in-8 imprimé par Claudin libraire à Lyon et à Paris et successeur de l’imprimerie lyonnaise de Louis Perrin. L’achevé d’imprimé est daté du 30 septembre 1876. Le livre a été tiré à 120 exemplaires sur grand papier vergé teinté. La reliure de celui-ci en demi maroquin citron n’est pas signée.


Claudin dédicace son livre au duc d’Aumale et il explique que les différentes parties ont été ajoutées aux “Sonnets d’un Bibliophile” sur sa demande “car on ne se soucie guères des poésies à notre époque”(sic)! (voici 133 ans)

Les “Notes et Anecdotes” placées à la fin de l’ouvrage commentent en effet les “Sonnets”, le Bibliophiliana est un recueil de citations (tant sur l’écriture du livre que le livre lui-même), parmi les autres pièces nous trouvons une nouvelle et les commandements du bibliophile. Les préoccupations de l’auteur sont nos éternels soucis : la quête, l’accumulation et le rangement, le sacrifice financier, la hantise de la bibliomanie et la destinée de la collection.

Voici la dernière strophe du sonnet “Ophtalmie” dans lequel un aveugle parle de ses livres :
“Comprenez bien, dit-il ; je lis à ma manière.
Autrefois, je savais les trouver sans lumière.
Et, rien qu’en les touchant, maintenant, je les vois.”

Lauverjat"

Merci
H

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