« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

samedi 31 octobre 2009

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonjour,

En marge du débat sur la possession des livres et l'état de bibliophile, posté ce matin, et que vous trouverez ci-dessous... les ouvrages que j'ai pu repérer sur ebay.

















Bonne chance,

H



Débat: être bibliophile, une affaire de "possession"?

Amis Bibliophiles Bonjour,

Echange matinal mais intéressant avec un bibliophile: être bibliophile passe-t-il forcément par le fait de posséder des livres? Lui pense que ce n'est pas une condition sine qua non. Moi si.

En d'autres termes, qu'est ce qui définit le mieux le bibliophile? Vaste question. Précisons donc: est-ce la passion du livre, quitte à n'en posséder qu'un nombre faible ou point du tout, ou plutôt le fait d'en posséder un nombre significatif? Question subsidiaire, avoir manipulé un grand nombre de livres et les aimer (un expert, un libraire, un conservateur, un bibliothécaire) suffit-il à faire de vous un bibliophile?

Pour moi, le bibliophile est un collectionneur. On parle donc bien de propriété, de possession, voire d'accumulation, plus ou moins contrôlée de livres. Je pense que le bibliophile est quelqu'un qui a la passion des livres anciens et/ou rares, certes, mais que cela ne suffit pas.

En effet, j'ai le sentiment que le bibliophile est en quelque sorte la somme de contacts (très) personnels avec les livres, d'expériences heureuses ou malheureuses, qui vont de l'achat involontaire d'un incomplet à une main levée trop vite, ou trop tôt, ou trop tard dans une salle des ventes, à une trop longue hésitation chez un ami libraire qui fait qu'un livre finalement nous échappe, à un chopin trouvé sur un vide grenier; d'atermoiements face à un ouvrage trop cher, une folie, de la nécessité de se séparer d'un ouvrage, des hésitations face à des restaurations nécessaires ou pas, etc.

De ces expériences, de ces contacts multiples avec les livres naît une connaissance très personnelle et unique. C'est cette expérience individuelle unique qui à mon sens fait le bibliophile, et qui explique d'ailleurs qu'il n'y ait pas deux bibliophiles identiques. Et puis, aimer (ou aimer mieux) ne passe-t-il pas connaître ou connaître mieux? Si vous êtes bibliophile, vous savez bien que chaque nouveau livre acquis, sa découverte, son étude, sa comparaison, les déceptions ou les joies qu'il fait naître sont autant de pas sur le chemin de la connaissance et d'une bibliophilie personnelle "plus aboutie" (je ne suis pas très content de cette formulation).

Si l'on va plus loin, et si l'on considère la relation intime qui existe entre un bibliophile et chacun de ses ouvrages, nous sentons tous confusément, même s'il est assez politiquement incorrect de l'exprimer ouvertement, que la possession est centrale. L'émoi que l'on ressent à avoir déniché, acquis un livre puis à le posséder, au delà de l'instinct de propriété (posséder un livre, un objet aussi charnel, culturel, n'est pas posséder un nouveau téléviseur) fait toute la différence. Peut-on imaginer un bibliophile qui ne vivrait que dans les bibliothèques, ou en rêvant des livres des autres, dans la contemplation, peut-être doublée de l'accumulation de connaissance, mais sans ce rapport personnel et individuel à chaque ouvrage? Je n'y crois pas une seconde, cette passion nous pousse à l'action, à l'action d'acquérir, de construire, pour connaître mieux, et finalement aimer mieux.

Pour autant, les moyens financiers ne sont pas décisifs, nous l'avons déjà vu: on peut aujourd'hui acquérir des livres de bibliophiles pour le prix de quelques places de cinéma, et si on y pense, c'est beaucoup plus "rentable" (là encore, expression malheureuse: je ne parle pas de revente, mais de temps de lecture et surtout du fait que chacun de ces ouvrages nous accompagnera ensuite pour une vie ou presque). En disant cela d'ailleurs, on se rend bien compte que la relation au livre est centrale et qu'elle passe par la possession.

Quelques exceptions? Nous avons tous été des bibliophiles débutants, plus animés par la ferveur que capables d'acquisitions nombreuses et onéreuses, ce pré-état de bibliophile, cette gestation n'est bien sûr pas concernée par mon propos. Les moyens financiers? J'ai autant de respect pour un bibliophile ayant rassemblé des séries noires que des incunables, cela ne compte guère...

Les bibliophiles les plus intéressants sont-ils les plus passionnés? Oui, possible, sans doute, mais il faut en passer par la possession, ne serait-ce que pour se former le goût, et vivre le plaisir unique que procure selon moi la bibliophilie: une relation intime au livre, personnelle, sentimentale, qui transcende le texte...

Votre avis? Posséder pour mieux bibliophiler?

H

mercredi 28 octobre 2009

Un relieur indélicat

Amis Bibliophiles bonsoir,

Je manque d'énergie ce soir... je vous propose de retrouver un message posté il y a fort longtemps sur le blog, à propos d'un relieur indélicat...

L'un des principaux atouts que peut présenter un livre ancien est la provenance... Et ce relieur-restaurateur parisien l'avait bien compris. Longtemps restaurateur attitré de grands libraires, son talent était tel que ses pastiches de reliures anciennes étaient vraiment très difficiles à identifier, même pour un professionnel. Il abusa même un expert en signant une reliure mise aux enchères, et que l'expert qualifia bien d'ancienne, tout en avouant ne pas connaître ce relieur...

Notre ami aurait pu s'en tenir à cela d'ailleurs, mais comme souvent, c'est l'occasion qui fît le larron et lorsque les conditions furent réunies il passa à un stade supérieur. Il avait en effet réussi à se procurer le fer de Mme de Pompadour et celui de Napoléon. Une fois récupérés les catalogues de leur bibliothèques, il ne lui restait plus qu'à trouver les ouvrages des dits catalogues dans des conditions plus modestes, puis à y frapper les armes des deux personnages historiques... quitte à réemboiter les textes dans des maroquins... La valeur des ouvrages était alors décuplée, voire plus.

Et c'est semble-t-il bien ce qu'il fît. Je dis "semble-t-il" car dans l'univers feutré des livres anciens de luxe, les scandales se nouent rarement au grand jour. En fait, c'est une vente à Drouot qui attira l'attention des amateurs et des professionels. Celle-ci proposait en effet un (trop) grand nombre de reliures de grande provenance, notamment des reliures aux armes de l'Empereur et de la Pompadour. Tous furent stupéfaits de la richesse de la collection et d'autant plus sceptiques. Rapidement, certains firent le lien entre les volumes présentés, un libraire s'étant retiré, et notre fameux relieur-restaurateur... La vente devînt alors suspecte et les résultats ne furent pas à la hauteur des espérances.

Il est clair que les bibliothèques de Napoléon et Madame de Pompadour (on cite aussi celles de la Comtesse du Barry, ou de Marie-Antoinette) n'ont fait que s'accroître depuis la disparition de leur propriétaires... ce qui n'est pas courant.

La vigilance est donc de mise quand on vous propose une mariée trop belle, à des conditions inespérées... Mieux vaut être vigilant, même si les experts eux-mêmes avouent qu'ils peuvent se laisser tromper par de telles reliures lorsqu'elles sont bien exécutées.

Comment les identifier? Difficile, on ne peut que conseiller de se méfier des armes dont la dorure semble éclatante, et encore, cela n'écarte pas les falsifications anciennes, qui existèrent aussi. Le meilleur moyen reste peut-être de vérifier que la dorure ne recouvre pas d'accrocs ou d'épidermures. En effet, les armes étaient le plus souvent poussées juste après la reliure, alors que le maroquin ou le veau étaient encore immaculés, les dommages "normaux" liés au temps doivent donc apparaître au dessus de l'or de la dorure... et non au dessous!

H
Images : les armes de la Pompadour, et celles de Napoléon.

samedi 24 octobre 2009

Ebayana

Amis Bibliophiles bonjour,

Quelques nouvelles de la NRLA n°2? Le cahier couleurs est bouclé, les articles réunis, les illustrations en noir et blanc rassemblées, les étiquettes d'enveloppe imprimées (immense progrès!), l'inédite gravure de couverture prête... Nous allons entamer la relecture. Tout va bien.

Réactions diverses à cet ebayana, certains d'entre vous regrettent que je mette un livre convoité en avant, d'autres se félicitent d'y voir apparaître leur ouvrage, etc. En passant, dans son dernier ouvrage, Umberto Eco, très grand bibliophile cite ebay comme source d'approvisionnement... Comme quoi!













H

vendredi 23 octobre 2009

Miscellanées de Monsieur H.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

J'espère que vous allez bien. Le deuxième numéro de La Nouvelle Revue des Livres Anciens est à la maquette, nous touchons au but. Jean-Paul et moi en profitons pour développer des compétences insolites: il est devenu un typographe de talent, je maîtrise désormais les arcanes de la bureautique.

Mais passons. Trois petites choses ce soir: un conseil, une information, un débat sans cesse renouvelé.

Le conseil: Camille, jeune lectrice du blog aimerait bénéficier de vos conseils. Je lui cède la parole. "Pouvez-vous m'aider? J'ai 23 ans, une licence d'anglais acquise en juin et je suis aujourd'hui dans le flou total. Ne m'épanouissant définitivement pas dans mes études j'aimerais me réorienter. Je débute une L 1 en littérature mais mon but n'est pas de devenir enseignante, bien au contraire. Cependant je suis à la fac et les cursus que l'on nous propose nous emmènent droit vers l'enseignement.
Y a t'il des écoles, des formations particulières pour travailler dans les métiers du livre ? Je sais que c'est très vaste mais je suis un peu perdue et même si je sais très bien ce que je veux devenir, ce que je ne veux pas, j'ai besoin d'aide dans mes recherches?" Qu'en pensez-vous?

L'information: la librairie Anne Lamort m'a contacté suite à la publication de son dernier catalogue, consacré au curiosa et autres ouvrages érotiques. Ce n'est en effet pas la spécialité habituelle de cette libraire très sympathique. Si ce type d'ouvrages vous intéresse, je ne peux que vous conseiller de contacter la librairie.
Anne Lamort Livres Anciens
3 RUE BENJAMIN FRANKLIN
75116 Paris
Téléphone : 01.42.24.11.41

Le débat: des lecteurs du blog me contactent régulièrement pour discuter de positions défendues ici sur l'achat de livres incomplets. Mon avis est que l'achat d'ouvrages incomplets doit être évité à tout prix, en dehors de circonstances particulières, il me semble en effet que c'est de l'argent "gâché"... Quelles circonstances alors pourraient le justifier? Des moyens financiers limités, des débuts en bibliophilie, mais je n'en vois guère d'autre... Et vous qu'en pensez-vous? Achetez-vous des incomplets?

H

lundi 19 octobre 2009

Lauverjatiana VIII

Amis Bibliophiles bonsoir,

Ce soir, Gilles vous propose sa lecture sélective des catalogues de nos amis libraires...

Voici la rentrée et ses vendanges, une noble cuvée de catalogues, et matière à reprendre notre chronique.
La librairie Dimitri Kronis (4 rue Gît-le-Coeur à Paris) à deux pas du quai, livre un catalogue de 485 numéros dont beaucoup concernent l’histoire, les voyages, la Vendée et les Chouans. Commençons par l”Histoire de la Louisiane et de la cession de cette colonie par la France aux Etats-Unis de l’Amérique septentrionale...” de Barbe-Marbois, une E.O. de 1829, chez Firmin-Didot, un in-8 demi- veau de l’époque orné d’une carte coloriée (1350 euros).

De Bossuet, l’édition originale de la Relation sur le Quiétisme” à Paris chez Jean Anisson en 1692, un in-12 en plein maroquin rouge de Thibaron-Joly (600 euros), de l’abbé Colas, “les Récollets à Corbeil (1635-1790), une plaquette tirée à 50 exemplaires à Orléans en 1888 chez Herluison in-8 en demi-chagrin de Durvand provenant de la bibliothèque du château de Saint-Germain-les-Corbeil (150 euros). “Le Livre d’or des métiers. Histoire de l’imprimerie, arts et professions qui se rattachent à la typographie...” de Paul Lacroix, édité à Paris, à la Librairie historique, archéologique et scientifique de Séré en 1852, un in-4 demi chagrin de l’époque (180 euros).
Le très beau catalogue en couleurs de Hugues de Latude à Villefranche de Lauragais (31290) se divise en quatre chapitres, livres variés, sciences, histoire naturelle géologie minéralogie et médecine et comprend 255 numéros.

De Charles Estienne “La guide et vray enseignement des chemins du royaume de France....” à Paris chez la veuve Nicolas Buffet, 1555, un volume in-16 dans un cartonnage du XVIIIe, un exemplaire modeste avec une page retranscrite d’un guide de poche devenu rare (1500 euros). “Histoire de M. G. Bosquet sur les troubles advenus en la ville de Tolose l’an 1562" imprimé à Toulouse par Colomiez en 1592, in-12 de 166 pages en basane du XVIIe accidentée (500 euros).
De Froissart “L’histoire et chronique”en première édition revue par Denis Sauvage imprimée à Lyon par Jean de Tournes 1559-1561, 4 tomes en 2 volumes in-folio plein maroquin XVIIe, de la bibliothèque Lamoignon (1200 euros). De John Long, “Voyages chez différentes nations sauvages de l’Amérique septentrionale...” la première édition française, à Paris, Prault, Fuchs, 1794, un volume in-8 demi-basane à coins avec une carte dépliante (650 euros).
La librairie Michel Bouvier 14, rue Visconti à Paris livre son catalogue 52 titré “documentation”. Résolument abordable, ce catalogue illustré compte 352 ouvrages compris entre 40 et 2600 euros. Pour ce dernier prix de Nicolas-Toussaint Desessarts, “causes célèbres, curieuses et intéressantes de toutes les cours souveraines du royaume...” imprimé à Paris 1775-1787, les 156 tomes en 49 volumes in-12 demi-veau époque constituant la tête de série...de quoi lire!

De Laurent Bordelon, “les Coudées franches, ouvrage satyrique et curieux...” Paris, Prault, 1723, basane de l’époque accidentée (90 euros). De Claude-Joseph Dorat, “les sacrifices de l’amour, ou lettres de la Vicomtesse de Senanges et du Chevalier de Versenay” chez Delalain en 1771, deux parties en un volume en basane de l’époque avec deux frontispices pour cette première édition de roman épistolaire qui préfigure les “Liaisons dangereuses” (175 euros). Imprimé pour Roret à Paris en 1833, le “Manuel du fabricant de papiers, ou l’art de la papeterie, suivi de l’art du fabricant de cartons et de l’art du formulaire” par Le Normand, en deux volumes in-16 brochés (75 euros).
A Paris la Librairie Paul Jammes publie une première partie de catalogues illustrés consacrés à la Littérature de A à L. “Huetiana ou pensées de M. Huet evesque d’Avranches” Paris, Jacques Estienne, 1722, un volume in-12 en veau époque de cette édition originale des pensées de cet érudit bibliophile (250 euros).

De Gustave Flaubert l’ E.O. de “Salammbo” Paris, Michel Lévy frères, 1863, in-8 en demi-maroquin à coins, tête dorées et couvertures conservées (900 euros). De Jean Giraudoux, “Amphitryon 38", paris, Grasset (1929) une E.O. un des 68 exemplaires sur vélin d’Arches avec envoi en plein maroquin havane doublé, quintuple encadrement d’un filet vert et cinq dorés sur les plats (600 euros). Une impression de 1824 à Lyon chez Durand et Perrin, mais en caractères Didot et non Augustaux, des “Oeuvres de Louïze Labé, lionnoise” in-8 en demi-maroquin à dos orné et mosaïqué signé Dauphin (750 euros). Enfin à l’intention spéciale des lecteurs lorrains, l’E.O. de “La colline inspirée” de Maurice Barrès, Paris, Emile-Paul frères, 1913, en cartonnage bradel avec un envoi à “Joséphin Péladan, mon ami.” (400 euros).

Merci Gilles,
H

samedi 17 octobre 2009

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonjour,

Pas mal de jolies choses sur ebay cette semaine, non?


















Bonne chasse,

H

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...