« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

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jeudi 4 mars 2010

Ebayana

Amis bibliophiles bonsoir,

Comme chaque jeudi, et après les catalogues de nos amis libraires, voici une sélection de livres anciens en vente sur ebay





















Bonnes enchères!

H

90 commentaires:

Anonyme a dit…

Reste plus qu'à trouver ceux que vous suivez et que vous n'avez pas mis...

Olivier a dit…

Padeloup... J'ai empoigné mon google books pour aller voir le catalogue de la vente de 1783. Pas trouvé (mais je me suis découragé...). Par contre amusant de voir que l'exemplaire numérisé est rempli d'annotations ("piqué", "rogné", + les prix). On s'occupe depuis longtemps de la même manière pendant les ventes de livres...

Anonyme a dit…

Cohen (p 483) mentionne un exemplaire du Nouvel Abrégé Chronologique 'en maroquin rouge ancien, avec la suite des portraits ajoutés, 48 fr, vente du duc de la Vallière (1784, n° 5040)'. Je présume qu'il doit s'agir de l'exemplaire en vente sur ebay.

martin a dit…

Le catalogue est sur google books.
m. r. = maroquin rouge, rien de plus.
Pas la moindre trace d'un Padeloup.

Aucune preuve qu'il s'agisse de l'exemplaire du duc de La Vallière.
Une note manuscrite, je suppose.

Soit comme il veut, le livre est dans un état déplorable.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Bien d'accord avec vous Martin.Le vendeur n'a jamais vu d'ouvrage sortant de la bibliothèque de La Vallière ... certes, certains ont pu être malmenés...

Anonyme a dit…

Pourquoi un ouvrage acheté dans une salle des ventes classique se vend-il souvent deux fois plus cher aux enchères sur ebay ? Certains vendeurs ebay semblent en tirer leur revenu.
Est-ce la description photographique qui explique cette différence de prix ou bien la plus large audience de ebay (bien que les catalogues de vente classique soient aisément accessibles sur Internet) ?
Quant aux ouvrages proposés en achat immédiat en ebay, il n'est pas rare qu'ils soient plus chers que les prix pratiqués par les libraires de St-Germain des Prés ...

Anonyme a dit…

A qualité égale, il faut acheter là où c'est le moins cher.

René de BlC

calamar a dit…

La présence de nombreuses photos est certainement un élément important. Quand on ne peut pas se déplacer pour assister à une vente aux enchères, il est très difficile de se rendre compte de l'état réel des livres. D'autant que maintenant les mentions "la description du catalogue n'engage personne, les enchérisseurs ayant eu l'occasion de se rendre compte par eux-mêmes de l'état et de la complétude des ouvrages" deviennent un peu trop courantes. Même la collation n'est pas garantie !
Personnellement, dans ces cas-là, je mise toujours en dessous de l'estimation. Bon, évidemment, je suis loin d'obtenir tous les livres que je mise !
Du coup on pourrait effectivement être tenté de miser plus cher sur ebay qu'en salle des ventes (sans compter les 20% de frais).

calamar a dit…

texte complet du catalogue :
-----------------------
5040 Nouvel Agrégé chronologique de l'hiftoire de France, par le Pref. Henault. Paris, Prault Pere, 1752. in4. G.P.m.r.
Avec des vignettes, &c. gravées par M.Cochin, & les portraits d'Odieuvre.
-----------------------
c'est effectivement un peu court pour conclure que c'est le bon exemplaire !

Mike a dit…

Le fait que des vendeurs professionnels achètent en salle et revendent à profit sur ebay ne tend-t-il pas à démontrer qu'ebay est devenu un lieu de vente (et d'achat) comme un autre, même si certains en ont encore une image péjorative?

Pour ma part, je m'attache peu à l'endroit où le livre est proposé, tant que celui-ci me convient et est à un prix que je peux payer. Calamar a d'ailleurs bien raison en précisant qu'ebay, paradoxalement, offre aujourd'hui plus de garanties qu'un achat en salles, et permet le plus souvent de voir plus d'images d'un ouvrage, même quand il n'est pas d'une extrême rareté.

Enfin, point qui peut-être intéressant, un ami libraire m'expliquait récemment que les libraires connus des svv peuvent s'acquitter de leur achats sous des délais plus ou moins longs, exemple: vous achetez des livres à Drouot début mars, vous ne les paierez que fin mai si la svv a confiance en vous. Dans l'intervalle, vous pouvez les revendre sur ebay, idéalement avec profit, ce qui peut constituer une solution intéressante pour une profession hélas souvent confrontée à des problèmes de trésorerie.

Mike

Gonzalo a dit…

Plusieurs points pour expliquer les prix faits sur ebay par rapport aux svv.

- D'abord, l'audience énorme d'ebay
- ensuite la centralisation: je cherche sur un seul site, c'est beaucoup plus économique pour l'acheteur que de devoir faire un travail de veille, guetter les catalogues au format word sur interencheres, etc. (personnellement, je n'achète en salle des ventes que dans ma ville, parce que je reçois les catalogues. Je n'arrive pas à suivre les dates des différentes ventes sur interenchères).
- Enfin, les descriptions ebay qui sont souvent bien plus détaillées que celles des catalogues. (et avec plus de photos).

Benoît a dit…

J'ose à peine vous annoncer que je travaille depuis un moment à un article sur ce sujet... Papier que j'avais promis à Hugues il y a déjà 3 semaines... Et que j'ai dû reporter suite des problèmes personnels. Je vous promets du coup, pour faire excuser mon retard auprès du maître de céans, des analyses fouillées et documentées autant que faire se peut, sur ce nouveau phénomène. Qui n'est pas si nouveau, puisqu'il n'est finalement soutenu que par un média supplémentaire... Article à venir, donc...

Ugo a dit…

A L'ATTENTION DU BIBLIOPHILE RHEMUS

Cher monsieur

Je suis le vendeur de l'ouvrage "duc de la Vallière". Puisque vos commentaires ne sont pas anonymes, ce dont je vous félicite (il y a même votre photo), j'aimerais satisfaire une petite curiosité. Qu'est ce qui vous fait croire que je n'ai jamais vu un ouvrage provenant de ces ventes ? et deuxième curiosité : supposant que vous ne disposez pas du "Catalogue Des Livres De La Bibliothèque De Feu M. Le Duc De La Vallière" et convenant que sa numérisation par google est totalement indigeste, avez vous pris la peine de le consulter en bibliothèque publique ? Dernière question, sachant que je suis libraire depuis 23 ans, sachant que je suis occasionnellement expert à Drouot, sachant que je suis connu comme le loup blanc dans cette honorable maison, sachant aussi que je fais partie des libraires qui tiennent le mieux (je veux dire avec avec constance et régularité) un certain niveau sur ebay (je parle d'ouvrages aux enchères; l'achat immédiat me paraissant inapproprié sur ce site) qui de nous deux, de vous ou de moi, a le plus de chances d'avoir manipulé des livres rares et précieux dont des ouvrages provenant des rayonnages de ce brave duc ? Et c'est là que l'on atteint la ligne de partage des eaux. J'achète et je vends; vous commentez.
Si vous étiez un grand bibliophilie, je vous connaitrai; ce milieu est un tel microcosme... Je ne pense même pas vous avoir remarqué à la salle des vente de Reims ou l'on m'appelle par mon prénom (c'est vrai que j'ai un nom compliqué). Je mettrai ma main à couper que votre bibliothèque ne provoquerait qu'un bâillement de ma part entrainant une crampe de la mâchoire ce qui pourrait vous donner une certaine utilité puisque vous êtes médecin. Donc cher docteur, modérez vos jugements à l'emporte pièce ou alors trouvez à les motiver, sinon vous ne démontrerez qu'une chose : vos frustration en tant que bibliophilie.

Ugo Paolantonacci

Mike a dit…

:) Revoilà Mike! Comme tout le monde le sait, je suis un vilain garnement... je ne résiste donc pas à l'idée de me lancer.... ce qui me vaudra les réprimandes d'Hugues...

M. UP, si vous étiez un grand libraire, tout le monde ici vous connaîtrait, ce qui n'est pas le cas. Moi, pourtant je vous connais, libraire, courtier, vilipendeur d'ebay pendant longtemps, avant d'y arriver et de vous en faire le chantre à la faveur d'un retournement de veste rapide, je vous ai aussi vu vous prendre une gifle d'un libraire lors d'une vente à Saint-Germain-en-Laye et vous faire remettre à votre place par un amateur lors d'une vente Bergé. Il est clair que votre caractère vous vaut des amitiés sincères.

Je ne suis pas toujours d'accord avec M. Fontaine (ma nature est ainsi faite :)), mais qui ici peut douter de sa bibliophilie? Soyons sérieux. Si je me souviens bien, M. Fontaine a la soixantaine, on lui doit le Bibliophile Rémois, on lui doit deux ouvrages sur les livres anciens, on lui doit un article mensuel dans le Magazine du bibliophile, on lui doit encore la Nouvelle Revue des Livres Anciens, parraînée par M. Galantaris, que vous devez connaître. Donc, comme dirait mon beau-frère, faut quand même pas pousser mémé dans les orties.

Votre ouvrage est intéressant, mais votre description est limite, comme souvent sur ebay, et comme souvent elle se fait retoquer par les lecteurs vigilants du blog. Soyez beau joueur, ademttez-le, l'ouvrage reste beau.

Mike.

Ugo a dit…

Cher Mike Anonymus

Mr. Fontaine a au moins une grande qualité par rapport à vous, il ne se réfugie pas derrière l'anonymat d'un pseudo.
Vous semblez en savoir quelque peu sur moi... vous voyez bien que je suis connu. Aussi, histoire de vous répondre voici ce que j'ai à déclarer.

Loin de moi la pensée d'être un grand libraire ou un libraire tout court et je ne sais pas ce qui vous a fait déduire cela de mon message.
Le mot juste dans mon cas est courtier et je le revendique; J'étais et suis toujours il me semble, l'un des meilleurs de Paris (n'y voyez aucune prétention, juste une bonne connaissance du marché et de la concurrence); tout simplement parce que je travaille avec les plus actifs. Donc, relayés par des libraires installés, les livres que je traite se retrouvent parfois dans les grandes bibliothèques universitaires américaines, dans celle du Vatican par le biais d'une dynastie de libraires qui la fournit depuis 3 générations et aussi sur des catalogues qui sont mis en exergue sur ce site.
Voila une reconnaissance qui me flatte...
D'autant que c'est ce travail de courtier qui me motive parce que je peux réfléchir sur des livres que, tout seul, je serais forcé d'ignorer. Cela va d'un Jean de Ketham colorié au tampon comme il se doit, au triomphe de l'empereur Maximilien, ouvrage illustré par Durer tiré sur velin et connu à 80 exemplaires; en passant par les sainctes pérégrinations de Jérusalem de Breidenbach bien complet de sa vue dépliante de Jérusalem de plus 1,20 m de long...
Mais ne vous y trompez pas, on ne me paye pas pour acheter ce que tout un chacun peut lire sur des catalogues. On me rétribue pour le reste, ce reste qui demande un peu de réflexion et pas mal de jugeote. J'espère que vous me comprenez... Et n'allez pas croire que je ne mets que le second choix de mes trouvailles sur ebay. Je mets sur ebay tout ce que j'achète avec mes propres deniers et qui me paraît tenir la route; pour le reste, je fais des lots.

En outre pour me qualifier de libraire il me faudrait un lieu ad hoc, c'est à dire une librairie avec heures d'ouverture et obligation de m'y tenir. Je n'ai qu'un bureau face à la bibliothèque nationale, ce qui me permet d'aller consulter le "Catalogue Des Livres De La Bibliothèque De Feu M. Le Duc De La Vallière" sans me prendre les pieds dans la version numérisée par Google.
Je ne reçois quasiment personne dans ce bureau, du moins coté particuliers; et je veille, quand cette situation se présente, à ce que tous les fauteuils soient envahis de livre afin d'ôter toute velléité de s'y asseoir et de me prendre plus de temps que je ne suis prêt à en donner. Un peu comme chez mac-do. Par contre si mon interlocuteur me parait intéressant je ne lui ménage pas mon temps car rien de tel qu'un passionné (chose que je ne suis pas puisque je suis marchand) pour augmenter votre niveau de connaissance. Le cas n'est pas si rare et croyez bien que j'éprouve beaucoup de plaisir à échanger (debout) sur un ouvrage.

Ugo a dit…

Cher Mike Anonymus (Part two)

Par exemple, vous parlez de Christian Galantaris. J'ai eu l'honneur pour ma première vente à Drouot d'assurer la seconde partie d'une vacation dont il faisait la première. A ce titre, Mr. Galantaris est un peu mon parrain et je n'en suis pas peu fier. J'avoue avoir rougis (au moins autant que sa légion d'honneur) quand il a annoncé : « et maintenant j'ai le grand plaisir de céder le micro à »... votre serviteur. Voila une reconnaissance qui m'apporte bien du bonheur; merci pour moi. Avec Mr. Galantaris vous pouvez parler des heures entières, il a arpenté des hectares de connaissance et cependant est le premier à reconnaître qu'il peut se tromper. Je me rappelle lui avoir présenté une toute jeune thésarde qui travaillait sur les Deveria; sa première réaction fut de lui demander ce qu'elle pensait de l'attribution à Achille d'un certain portrait d'Honoré. De la part d'un homme qui a signé il y a plus de 30 ans un ouvrage intitulé "les portraits de Balzac" c'est une belle preuve d'humilité et de capacité à se remettre question. Tout le contraire de votre ami Fontaine de Reims qui affirme sans savoir.

Je continue à éplucher vos dires, je vois que vous parlez d'une gifle. Vous vous trompez, cela ne se passait pas en banlieue mais à Drouot. Parce que hors Drouot je suis tout à fait charmant; ce qui n'est pas le cas à Drouot car non seulement je suis sur mon territoire mais qu'en plus je défends ma gamelle ; j'y suis donc parfaitement imbuvable... c'est comme ça.
Je vous signale que le libraire en question a depuis disparu du métier comme beaucoup de bibliophiles (je ne vise personne sur ce site) qui se sont improvisés marchands de livres, y ont passés leurs collections et dilapidé leurs économies. Ils sont depuis retournés dans le travail salarié, sécurité qu'ils n'auraient jamais du quitter. Quand j'ai commencé ce métier on m'a prévenu qu'il fallait 12 ans pour former un libraire. J'ai 23 ans de banc de nage et j'en apprends encore tous les jours.

Ugo a dit…

Cher Mike Anonymus (Part three)

Ensuite vous parlez d'un amateur qui m'aurait remis en place lors d'une vente Pierre Bergé. Là je pense sérieusement que vous délirez. Voyez-vous mon cher Mike, je suis très honorablement connu dans cette étude et si ce n'est pas moi qui suis reconnu, c’est ma capacité si ce n’est à acheter, du moins à « pousser ». Vous pouvez bien sur m'apostropher dans une vente; mais, quant à me remettre à la place que vous m'imaginez cela est purement impossible. J'étais donc acteur, c'est à dire acheteur pendant ces ventes Beres et vous pouvez compter sur le tandem qui tient le marteau depuis le rachat de l'étude Buffetaud par Pierre Bergé pour savoir de quel coté est beurré leur tartine et éliminer le quidam qui s'en prend aux clients connus.
Au passage je ne peux que constater la navrante absence, sinon comme spectateurs, des gros bataillons de bibliophiles français lors de cette liquidation Beres (et comment appeler cela autrement ? ). Quant on voit la première édition de Lavoisier d'une insigne rareté en plein maroquin aux armes royales vendue 3 figues et 2 cacahouètes à l'un des meilleurs libraires de France qui en rigole encore.

Bien sur les grands bibliophiles étaient présent. Mais peut-être plus conscients que vous ne l'êtes de la réalité du marché, ils avaient laissé leurs ordres à leurs libraires habituels.
Bien sur les prix adjugés étaient rarement à la portée d'un bibliophilie moyen (je parle finance et non qualité). Mais à peu prés partout dans le monde; sauf en France quoique cela commence à se voir; des bibliophiles s'unissent sous forme d'association pour acheter certains livres dont ils ne pourraient que rêver individuellement et arrivent très bien à lutter contre ce genre de situation. Bien sur il n'ont pas la satisfaction de la possession personnelle puisque l'ouvrage est en propriété partagée. Mais je peux vous assurer que ces gens se font plaisir, atteignent leurs but et ont autre chose à faire que de bloguer sur le dos des livres que je vends. A titre d'exemple, essayez de trouver un Marsile Ficin à prix honnête sur le marché; voire, essayez d'en acheter un vente public. Il vous faudra beaucoup de persévérance et encore plus de chance.

Ugo a dit…

Cher Mike Anonymus (Part four and last)

Je remarque, cher Mike que vous concluez en annonçant que mon livre est intéressant mais ma description limite. Pour moi elle me semble honnête; d'ailleurs les lecteurs de ce blog ont su trouver les références nécessaires, à savoir le numéro 5040 de la vente de 1784. Après c'est juste une question de bon sens (bon sens dont parait manquer le sieur Martin; cf son commentaire plus haut) : comment voulez vous qu'il y ait deux exemplaires de cet ouvrage ??? Quant à l'attribution à Padeloup (à son atelier pour être tout à fait honnête) je vous conseille le polycop du cours donné par Isabelle de Conihout à l'École de l'Institut d'histoire du livre qui doit être encore disponible auprès de l'IHL. C'est payant pour l'avoir mais vous ne regretterez pas votre investissement.

Allez mon cher Mike Anonymus, je vous remercie de cette occasion que vous m'avez donnez de parler de mon métier et si vous avez appris deux ou trois choses au passage, croyez bien que je ne le regrette pas.
À très bientôt donc pour me voir acheter sous votre nez les livres que vous convoitez et ne craignez pas de vous faire reconnaître, cela ne vous coûtera pas plus cher ; j'ai la tête très froide quand il s'agit de mon petit commerce.

Ugo Paolantonacci

Hugues a dit…

Hum hum, et je fais quoi moi avec tout cela?? Chers lecteurs, un avis?
Hugues

Benoît a dit…

Pour moi on s'éloigne du ton du blog... Mais ces interventions sont pleines d'infos sur le marché... Et UP assez convaincant, avouons-le... Il est marchand et l'assume, froidement. Etant donné la cruauté du cirque du marché de l'art...

martin a dit…

Juste quelques remarques, puisqu'on parle de mon premier commentaire:

Il suffit de rechercher "Hénault intitle:catalogue intitle:vallière" pour trouver le lot 5040 de cette vente. Difficile? Compliqué?
Quelques secondes pour constater que M. de Bure n'a pas pu identifier le relieur comme le sieur Ugo. Il n'a même pas remarqué le surplus de portraits.

Une recherche "Hénault Odieuvre intitle:catalogue" vous aurait appris que la présence de ces portraits dans les éditions de 1749 et 1752 n'est pas extraordinaire, bien au contraire. On peut, bien sûr, consulter Cohen ou Brunet en bibliothèque publique avant de se prendre les pieds dans les catalogues numérisés.

Bref: Il n'y aucune liaison apparente entre votre Hénault et le duc de La Vallière. Quant à l'attribution à Padeloup, vous avez trouvé la bonne expression, me semble-t'il: affirmer sans savoir.

Martin Anonym Sartorius

PS: Je veux bien établir une petite liste d' exemplaires en maroquin rouge de cette quatrième édition avec les portraits d'Odieuvre, mais c'est payant.

Anonyme a dit…

Un monde sans pitié...

Dieu (ou Diable) que je suis bien dans ma campagne profonde, je bénis le Dieu (ou Diable) Internetus de me permettre de faire ce métier (libraire ou bibliophile, au choix), sans avoir à croiser tout ce monde qui m'affole.

Anonyme, et fier de l'être.

calamar a dit…

Il existe des gens passionnés, c'est certain.
A noter que Mike est fondé à qualifier Ugo de "libraire" puisque c'est lui-même qui se qualifie ainsi dans son premier message ("sachant que je suis libraire depuis 23 ans...").
Et on apprend (ou on a la confirmation) de moeurs intéressantes (qu'il vaut mieux connaître avant de se lancer) comme le fait qu'il existe des pousseurs d'enchères (dixit message part three). C'est une des raisons qui font que je n'enchéris jamais directement dans une vente : je laisse toujours un ordre d'achat, bien mieux toléré qu'une intervention directe (aucun pousseur d'enchères ne sait qu'il ne s'agit pas d'un contrère !).

Par ailleurs je crois remarquer un mépris pour le travail salarié. Je me trompe peut-être... désolé, tout le monde ne peut pas être marchand ou "courtier", ou rentier. Si les marchands ne vendaient qu'aux marchands, ça tournerait vite en rond, non ?
il faut aussi des "vrais gens".
A moins que ce ne soient des intrus à peine tolérés ?
(mais je me passionne... vite une camomille !)

Ugo a dit…

Mon cher Martin

Je vais donc vous livrer mes secrets de cuisine. Croyez bien que cela me gène car j'apporte la preuve que je n'ai pas la science infuse, ce que je suis le premier à reconnaitre mais le marché étant tellement frileux sur frileux sur ebay qu'il vaut mieux pour bien vendre assener des certitudes, de préférence encadrées des superlatifs "somptueux", "extraordinaire" et j'en passe.
Donc c'est bien une note ancienne en page de garde qui m'a mis sur la piste du Duc de la Vallière. Vous l'aviez deviné, bravo à vous. J'ai ensuite demandé son avis à Dominique Courvoisier qui est pour moi l'un des deux meilleurs experts français; avec Galantaris cela va sans dire. Il m'a répondu que cette reliure correspondait tout à fait et qu'il y avait toute les chances que l'ouvrage vienne bien du feu duc. J'ai ensuite vérifié dans la vente avec d'autant plus de facilité que la note en question me donnait la date ce qui au passage m'assurait que son rédacteur avait une vague idée de quoi il parlait. Avec ces trois indications concordantes je me suis donc autorisé à annoncer cette provenance. Vous pouvez toujours poser la question à Courvoisier qui est d'une grande disponibilité. Bien sur il ne vous le certifiera pas mais vous donnera son opinion. Ceci d'une manière toute à fait gratuite je vous prie de le croire. Le travail sur un livre est souvent fait de déduction et je me sens très à l'aise avec cette attribution. Après il vous faudrait un code barre mais on ne va pas commencer à "marcher sur la tête". Ceci dit l'acquisition d'un livre est affaire de confiance entre celui qui le vend et celui qui l'achète; l'acheteur étant celui qui vivra désormais avec et comment côtoyer un ouvrage dont on doute ? Il est bien évident qu'une transaction ne peut s'opérer sans cette condition. Je fais donc confiance aux client qui m'accordent la leur pour que cet ouvrage fasse un prix honnête et poursuive son existence dans les rayonnages d'un amateur moins suspicieux. Quant à l'attribution à Padeloup, je ne peux que vous souhaiter de vendre votre liste d'exemplaires en maroquin de cet ouvrage, cela vous permettra de financer l'achat du polycop que je vous indique plus haut et dont je persiste à vous recommander la lecture.

Ugo Paolantonacci

Ugo a dit…

Monsieur Calamar

Quand vous parlez de "pousseur d'enchères" vous vous méprenez. Je ne suis pas là pour engraisser les études même si je leur rapporte pas mal au fil du temps. Quand je parle de pousser, il s'agit juste de cette situation fréquente ou j'essaie d'avoir un ouvrage mais n'arrive pas à être le meilleur enchérisseur. Il faut bien qualifier cet acte. Je n'ai pas acheté ce livre, je l'ai poussé au prix que je m'étais fixé (voire un peu plus par dépit) mais je ne suis pas arrivé à l'avoir. C'est le jeu normal des enchères il me semble.
PS Oui j'ai dit que j'étais libraire dans mon premier message. Lapsus de ma part, croyez bien que je me renie en tant que tel.

calamar a dit…

Ah, effectivement, dans ce sens nous sommes tous pousseurs d'enchères.
Je vous prie donc de m'excuser de vous avoir assimilé à cette population (bien réelle malheureusement) d'enchérisseurs, qui regardent qui s'intéresse à un lot, et, s'il ne fait pas partie du métier (au sens large) s'arrangent, soit pour lui souffler le lot, soit lui faire payer un "bon prix".
Ceci dit, je ne suis pas de votre opinion (ou de ce qui me semble votre opinion) concernant les libraires.

Cordialement
Calamar (oui c'est un pseudo anonyme, désolé...)

Ugo a dit…

Cher monsieur Calamar (part one)

Une petite réponse à votre dernier post. Loin de moi tout esprit de polémique, considérez plutôt cela comme un cadeau que je vous fais puisque vous avez avez eu la gentillesse de vous montrer courtois à mon égard ce qui me manquait un peu sur ce blog depuis l'ouverture de cette discussion. Je devine que les blogueurs sont friands de ce genre d'histoire et puis aprés tout je trouve assez agréable de parler de mon métier (m'humaniserais-je? vite-vite retrouvons mon armure de marchand! ).

Je ne suis pas d'accord avec vous (et n'y voyez pas d'offense) quand vous dites que les gens du métier vont systématiquement pousser un particulier qui à le malheur de prendre des enchères. Cela était encore vrai il y a une quinzaine d'années mais les choses ont bien changé depuis. Avant on pouvait parler de "bande noire" qui plombait les enchères pour mieux s'adonner à d'illegales révises au sortir de la salle. Aujourd'hui les libraires (et courtiers) sont de vrais chacals entre eux. On se pousse à mort quitte à disparaitre pour un moment des salles, le temps de bosser comme un forcenè afin d'éponger la perte (dans mon cas ebay me sauve la mise à chaque fois grace à son turn-over et c'est la grande force que me donne ce site, merci à lui). Ainsi il y a toutes les chances qu'un libraire soit moins féroce avec un particulier qu'avec un concurrent parce que pousser pour pousser c'est bien gentil mais il faut pouvoir revendre derrière. Ce que ne peut pas faire systématiquement un libraire en boutique et peut se permettre un ebayeur dans mon genre. Alors abandonner son enchère devant un particulier est moins cuisant que devant un confrère, c'est une manière de botter en touche; l'ouvrage n'est plus sur le marché et il n'existe pour ainsi dire plus, du moins ne risque pas d'être revendu à un client (bien souvent le même) par un libraire plutôt que tel autre. Et bien souvent le marchand clôt son enchère en annonçant avec un sourire, un peu forçé il est vrai (disons un rictus) :"on lui laisse !"
Par contre il est tout fait vrai qu'un particulier (ou un libraire) qui estimera possible de se conduire comme un habitué des salles alors qu'il n'est qu'un inconnu n'aura pas les mêmes facilités que moi. Les enchérisseurs connus ont des privilèges qui peuvent paraitre anormaux à l'observateur de passage mais me paraissent une chose naturelle (et je conçois tout à fait que cela puisse choquer). J'entre en salle avant l'ouverture des portes, je choisis ma place, j'ai plus facilement accès aux manettes et paniers, on m'ouvre les vitrines le jour de l'exposition "sous vitrine fermée", j'ai des délais de payement, j'ai même droit aux yeux doux des CP, etc..
Que voulez-vous c'est la nature; il me parait normal qu'on favorise ceux dont on est sur qu'ils vous rapportent puisque l'unique moteur de ce marché, qui est en amont de celui du contact entre le libraire et le bibliophile, est l'argent .
Cela durera jusqu'à ce que je fasse un faux-pas c'est à dire que je laisse impayé, l'un de mes bordereaux; Ce jour on me tombera dessus à bras raccourci et un fax du "service d'alerte" partira immédiatement en direction de toutes les études de France et de Navarre pour m'afficher comme mauvais payeur. Et il ne me restera plus qu'à me reconvertir. A dieu ne plaise que ce jour n'arrive jamais et je me souhaite d'ailleurs une bonne continuation.

Ugo a dit…

Cher monsieur Calamar (Part two)

Si vous parlez d'arrangement, vous parlez de révise mais la révise est n'est qu'un vague de reflet de ce qu'elle à pu être dans le passé.
Est-ce à dire que les révises ont totalement disparu, pas vraiment mais elles ont changées de nature . On asssiste plutôt à des regroupements de libraires qui entretiennent des liens commerciaux fréquents, parfois des liens d'amitiés. Prenons le derniére vente Beres qui est une véritable honte pour notre marché. Je ne dirais rien sur le principal expert, pourtant ex-employé de Beres, si ce n'est que sa fatuité n'a d'égale que son incapacité. Voici donc une vente proprement hallucinante faite de paniers et de manettes ou les illustrés modernes se mélanges aux 16°, Chagall s'imbrique dans Froissart et Thouvenin frotte ses plats sur les mors de Grollier. Quel particulier aurait pu y faire sa pelote ? mais quel libraire isolé aussi ?
Il y eu ainsi 3 principales bandes française, quelques unes secondaires qui firent de la figuration et une légère opposition étrangère, celle de Quaridge en l'occurrence. Mais, même si ses employés sont très talentueux ils ont été complétement dépassés par la "furia Francese".

Sur ces 3 bandes, 2 se valaient financièrement mais n'avaient pas les mêmes compétences. La plus performante fur bien sur celle qui était emmenée par le meilleur libraire français; représentant en outre les plus importantes librairies américaines et Italiennes.
La troisième bande quoique moins argentée restait à considérer à cause de ses spécialisations. Je ne peux guère vous en dire plus sur ces intervenants, ce serait les nommer, je n'ai pas à le faire (hormis Quaridge qui est un peu une usine à gaz donc je ne vais pas me gêner) mais vous pouvez essayer de deviner.
Ainsi les paniers se chiffrèrent en plusieurs dizaines de milliers d'euros, la troisième bande fit profil bas vis à vis de la meilleure, la seconde se retrouvant dans la position de l'acheteur qui fait payer mais n'a pas les livres.
A l'issue de la vente les livres furent partagés ou rachetés et la révise n'intervint que sur les ouvrages qui ne trouvaient pas de destinataires parce qu'il fallait bien équilibrer les comptes.
Bien sur c'est scandaleux; pauvre Béres... mais à qui la faute et comment les choses pouvaient se passer autrement vu la manière dont les livres étaient présentés. Des maquignons sur un marché à bestiaux n'auraient pas fait pire. Est-ce la faute des libraires ou celles de l'étude ou plutôt de l'expert si cette vacation n'autorisait que ce type de fonctionnement?

Il reste bien sur des petites révises qui ont lieu quotidiennement dans les cafés entourant Drouot. Elles ne dépassent que rarement la centaine d'euro et correspondent au mode "survie" qui est malheureusement le lot de nombreux libraires et bouquinistes.

Voila, j'espère vous avoir intéressé. on est loin de la preuve par 9 de ma provenance duc le la Vallière mais le sujet commence à me lasser. D'autant que j'aurais des choses à dire sur la bibliothèque de ce bon vieux duc. Mais il se trouve que n'étant pas salarié (état que je respecte tout autant que celui de libraire, mais je ne suis ni l'autre ni l'autre) et qu'il faut me faut aller roder aux abords du marigot si je veux ramener son cuissot de gazelle à ma petite famille pour le repas du soir.

Anonyme a dit…

Surtout Hugues, n'effacez pas ces savants commentaires, je dois dire, sans aucune hypocrisie, ni aucune forfanterie de ma part, que les derniers commentaires de M. Ugo sont d'un intérêt majeur pour nos chères têtes blondes apprentis bibliophiles et apprentis libraires.

Merci à lui de nous éclairer au froidement et aussi franchement sur l'état actuel de la "haute bibliophilie" et de la "haute librairie",

sur ce je retourne à ma grotte,

Anonyme, et toujours fier de l'être (le même que ce matin)

Anonyme a dit…

On ne peut pas accuser Ugo de langue de bois, et ce n'est déjà pas rien dans ce métier. Merci à lui pour cette franchise.

Pour être franc, je viens d'imprimer l'intégralité de ce fil pour pouvoir le lire, le soir, au coin de la cheminée, à mes enfants. Très instructif !

On aimerait d'ailleurs en savoir plus !!

Qu'advint-il finalement de ce libraire expert à particule qui fut l'expert éclair des ventes Berès et dont les deux premiers catalogues ne semblent suivi de ... RIEN ? Peut-on espérer le voir encore cette année sur les bancs du Grand Palais à palabrer "Haute bibliophilie" avec ses collègues hautement libraires ?? J'aimerais un avis pour ne pas dire un bulletin de santé de cette librairie aussi vite créée qu'éteinte.

Hannibal Smith

calamar a dit…

Cher Ugo,
merci de vos interventions, qui sont effectivement très intéressantes.
Il est possible qu'actuellement les pratiques que je craignais il y a 20 ans à mes débuts aient changé, voire pratiquement disparu.. comme j'ai adopté un autre mode de fonctionnement, je ne peux pas m'en rendre compte.
Mais j'avait bien remarqué ce que vous présentez de façon éloquente : il semblerait que dans certains cas l'organisation même de certaines ventes pousse au crime. Mais il me semble que ces pratiques soient assez isolées ?
(il est vrai que mes moyens financiers réduits limitent mes investigations ; je n'ai par exemple pas envisagé de participer aux ventes Bèrès).

Jacques a dit…

En tout cas, cela prouve une nouvelle fois l'intérêt de ces ebayana: ils mettent en avant des ouvrages, posent des questions, évitent parfois de faire de mauvais achats... et maintenant suscitent des commentaires passionnants!
Jacques

Ugo a dit…

Cher monsieur Hannibal

Ma foi je ne sais pas ce qu'est devenu ce monsieur. Je ne savais même pas qu'il avait infligé un deuxième catalogue a ses concitoyens.
Si ce monde est bien fait il doit cuver sa honte en un lieu secret; mais comme ce monde s'avère parfois bancal il n'est pas impossible qu'il ressurgisse un de ces quatre.


Cher monsieur Calamar

Il est bien évident que cela ne s'est passé qu'une fois et il y a très peu de chance que ces faits se reproduisent. Ils ne sont que le résultat d'une conjonction de phénomènes malheureux dont la volonté de la famille Beres de boucler la succession avant la fin de l'année fiscale, La pression du staff Pierre Bergé pour que cette affaire soit menée à terme dans les meilleurs délais au moment ou l'enseigne s'étendait en Belgique et décidait (ils en sont revenus) d'y concentrer leurs grandes ventes de livres, l'incompréhension de l'étude à l'égard du livre en général et de son marché en particulier, la vacuité intellectuelle du soi-disant expert et son immense prétention à croire que l'audience des ventes Beres lui permettait de faire tout et n'importe quoi. Il y a donc peu de risque qu'une pareille conjonction se reproduise.

A l'intention de Mr. Fontaine

J'ai certainement exagéré à votre égard. Mais voyez-vous, me lapider en une seule phrase et sans rien connaitre de mon activité me semblait profondément injuste. D'où ma réaction tout à fait injuste elle aussi.


Bien cordialement à tous les trois.

Anonyme a dit…

"Aujourd'hui les libraires (et courtiers) sont de vrais chacals entre eux. On se pousse à mort quitte à disparaitre pour un moment"

Qu'il est triste et cuisant de constater que vingt siècles après J. Christ, l'homme n'a toujours pas évolué ! Je ne peux que vous inciter, Ugo, à faire lire nos amis Sénèque et Epictète aux hommes que vous côtoyez, car il est manifeste qu'ils en ont grand besoin. Que mon âme est affectée de voir, dans un domaine aussi beau et noble, des esprits aussi rampants, aussi peu spirituels, des âmes aussi basses... A analyser leur mode d'existence, on en vient à penser qu'ils pourraient tout aussi bien être marchands d'armes fourbies : quelle admirable société qui fait regarder le sacré, la spiritualité même, à travers le prisme de l'argent, qui, d'un milieu qui pourrait être chaleureux en fait un milieu méprisable, où toutes les consciences se liguent, trament, envient, se ravalent et s'entre-déchirent à l'envi, incapables de voir que la séparation des consciences est illusoire, est même la première illusion que l'on a reçu !

Me dire que presque tous les livres rares et précieux passent nécessairement par ce genre de milieux sociaux ou d'esprits éteindrait presque en moi la passion que j'ai pour eux !

Quel dommage que ce blog accorde tant d'importance à ces sacrilèges !

"si je veux ramener son cuissot de gazelle à ma petite famille pour le repas du soir"

Qu'il doit être doux pour vous, Sieur Ugo, de vous retrouver au sein de votre petite famille, après avoir passé votre journée avec des fauves sanglants et des loups d'airain.

François.

Anonyme a dit…

J'aime quand les esprits deviennent mesurés !

J'adore qu'un plan se déroule sans accroc ! aurait dit Hannibal Smith (le vrai).

Je vous promets que si je vois ce libraire-expert de nature volatile sur les bancs du Grand Palais, je vous le dirai et ferai même une photo. Il faut toujours prendre en photos les oiseaux rares.

Hannibal Smith (l'autre)

Anonyme a dit…

François, vous illuminez mon après-midi !

Moi qui me pensait seul au monde !!

Merci.

Anonyme, et fier de l'être (le même que ce matin et ce début d'après-midi)

Hugues a dit…

François, merci pour votre commentaire, juste une précision par rapport à cette phrase: "Quel dommage que ce blog accorde tant d'importance à ces sacrilèges !"

Ce n'est pas le cas, ce sont en général les intervenants via les commentaires, qui y accordent de l'importance.

Hugues

Anonyme a dit…

Hugues,

Votre distinction est tout à fait juste. Mes excuses pour cette calomnie envers le blog.

Quel malheur pour celui qui aime les livres rares et précieux et dont l'esprit est éthéré et exempt des viles notions sociales, d'être dans l'impossibilité de ne pas être confronté un jour ou l'autre à ces esprits imprégnés par le mauvais Esprit de la société qui ont fait du livre ancien un milieu hostile et tristement mercantile !

François.

Anonyme a dit…

C'est vrai François.

C'est vrai aussi qu'il n'y a encore pas si longtemps, mes ancêtres avaient les sabots de bois crottés dans la cour de ferme d'un maître violent et arrogant. Ils ne savaient ni lire, ni écrire, les livres dont on parle n'ont jamais été faits pour eux. Croyez-vous qu'aujourd'hui ils soient plus fait pour les classes sociales les plus défavorisées ? Je ne crois pas. D'où le hiatus sans doute. Ne vous méprenez pas sur mes intentions. Je suis tout comme vous dépité à l'idée de ces côtés bassement mercantiles du marché du livre ancien (rare dirons-nous), ma remarque ne visant qu'à expliquer peut-être pourquoi nous en sommes là.

Anonyme, et fier de l'être (le même que ce matin et ce début d'après-midi)

Anonyme a dit…

Que la révolution, cette fois, commence à Drouot... En route, morbleu !

François.

Anonyme a dit…

Et ce n'est pas, ventrebleu, Montag qui me contredira...

F.

Anonyme a dit…

Profitons aujourd'hui les beaux livres que nous avons loisir de pouvoir toucher, aimer, lire, nous estripaillerons le gredin plus tard.

Chaque chose en son temps,

Anonyme, et fier de l'être (le même que ce matin et ce début d'après-midi et du soir)

Anonyme a dit…

Il fallait lire dans mon dernier commentaire : "Profitons aujourd'hui des beaux livres ..."

Anonyme, et fier de l'être (le même que ce matin et ce début d'après-midi et du soir)

Pierre a dit…

Quelle différence y a t-il entre un courtier qui vend sur un site marchand et un libraire, sans boutique comme c'est de plus en plus le cas, qui vend sur un site marchand ?

Merci à Hugo de nous avoir si gentiment parlé de son activité commerciale. Après cela , il est peu probable que le tableau sinistre qu'il nous a fait du monde des salles des ventes puisse provoquer de nouvelles vocations ! Son monopole est assuré ;-)) Pierre

Lauverjat a dit…

"Amis bibliophiles" bonsoir,

Pour répondre à Hugues, il semble que les protagonistes de cet intéressant débat s'assagissent et je les en remercie. Et si je regrette la vivacité de M. Hugo Paolantonacci contre Jean-Paul Fontaine, ses arguments quant à l'attribution de son livre à Padeloup et la Vallière méritaient de figurer d'emblée dans son annonce, mais son développement s'avère fort instructif.
Enfin pour ceux qui n'ont pas suivi, la dernière vente Berès (décembre 2007) comptait à partir du 586ème numéro, 55 lots de livres "en vrac", listés, dont les plus beaux scores furent, frais compris, 112 623 euros, 131 999 euros, et 217 980 euros. Pas à la portée du premier amateur venu, j'espère pour les acheteurs que ces livres étaient complets... Je me demande encore quelle mouche avait piqué les organisateurs de cette vente pour adjugé, au beau milieu de cette "braderie", 55 catalogues Sotheby's 18 euros 17 frais inclus!
Lauverjat

Gonzalo a dit…

Marrant, le genre de personnalité qu'on rencontre dans les milieux bibliophiliques.

Une série de messages aussi agressifs que longs, teinté d'un poil de mégalomanie (ou de suffisance, je n'en sais rien) (mais on est là dans un milieu de collectionneurs et de marchands, donc c'est un peu normal et je ne vous jette pas la pierre [Bérès!... calembour facile, je vous l'accorde]). Mais en même temps pleins d'informations, tout à la fois sinistres et cyniques.

Ce qui me surprend dans cette affaire, Ugo, c'est que, sous prétexte d'autodéfense (et de contre-attaque à l'égard de ce pauvre Jean-Paul, dont la carrière bibliophilique ne fait pourtant aucun doute) vous avez donné à ce débat une importance qu'il n'aurait jamais pris tout seul. Et vous vous êtes sans doute fait, je le déplore, une contre-publicité qui ne peut que nuire à votre commerce sur ebay.

Je n'en suis ni heureux, ni triste. Mais ca se confirme: j'aime bien les gens passionnés!

Tout ceci est tellement humain.

Bergamote a dit…

Gonzalo, président !

Anonyme a dit…

Je ne vais pas me faire l’avocat de Mr Hugo il n’en a pas besoin.
Mais que demande-t-on à un vendeur sur Ebay ?
-Une description précise avec des photos de bonne facture qui illustrent les qualités et les défauts du livre désiré.
-Une expédition rapide et un bon emballage.
C’est ce que j’ai constaté avec ce marchand.
Il doit bien y avoir une raison s’il est répertorié au Top 10 des vendeurs Ebay comme j’ai pu le lire par ailleurs.
D’autre part j’ai appris aussi à me méfier de vendeurs dont l’accueil chaleureux et le verbe mielleux n’avaient d’autre but que de vous « coller » un rossignol à bon prix.
Pour terminer une question : Si l’entente des acheteurs en salle des ventes était parfaite, ne se ferait elle pas au détriment des vendeurs ?
Bonne journée.

J.

Bernard a dit…

Tout ce coté mercantile me fatigue. On est loin de l'amour des livres...
Bernard

martin a dit…

Juste une dernière remarque sur la précision de cette description:
D'après le vendeur, il y aurait dans cet "assemblage judicieux" 72 portraits et donc 7 surnuméraires, il en faut normalement 65.
C'est ni précis ni correct.
Titre gravé, explication du frontispice, 71 portraits, 3 planches (dont 2 dépliantes). Tout à fait normal et facile à vérifier.

Ugo a dit…

Martin à la lanterne ! (part one)

Vous disposez certainement d'une documentation qui m'est inconnue. Je regrette vraiment que vous n'ayez pas poursuivi votre dernière assertion "... et facile à vérifier" par la citation de vos sources, j'ai un peu l'impression de me battre contre des moulins à vents.

Voici donc le récit de l'ascension d'une certaine bibliothèque à la recherche de la justification de mes imprécisions.

Dans un premier temps et sachant qu'il est quasiment impossible de le voir se tromper concernant cette période, je grimpe jusqu'à ce bon vieux Brunet Tome IV page 159 qui annonce 65 portraits de rois et celui de la reine Marie Leczinska, notez qu'il annonce des rois et une reine, on y reviendra. Notez aussi que Brunet poursuit ainsi : "on trouve quelquefois dans ce volume la planche représentant la pyramide dressée devant la palais en 1597, celle du massacre de la Saint-Barthélemy et celle de l'assassinat d'Henry IV qui se rapportent aux mémoires de Sully édition in-4°". Je souligne ce "quelquefois"; nous avons donc un ouvrage qui ne contient pas toujours ces 3 planches, elles sont bien présentes ici.
Vous conviendrez qu'il est très difficile de se montrer plus savant que Brunet, il en a vu mille fois plus que tous les lecteurs de ce Blog, vous et moi inclus.
Cependant je conviens que 65 portraits de rois et 1 portrait de reine cela fait 66 mais que toutes les éditions que j'ai trouvé en bibliothèques publiques annonçaient 65 j'en ai conclu que dans "et celui de la reine" il fallait lire "dont" à la place de "de". Conclusion malheureuse et toute fait hâtive, j'y reviendrai aussi.

Continuant à faire de l'alpinisme dans les rayons, j'empoigne Graesse Tome V page 9 qui me donne la même collation que Brunet.


Soigneusement encordé je me hisse jusqu'à L'incontournable "Inventaire du fonds français des graveurs du XVIII°" sur lequel travaillent encore les Bénédictins de la Bibliothèque nationale. Malheureusement, ils n'ont pas encore atteint la lettre "O" ou alors elle est en attente de publication.

Je pendule sur la corniche et me retrouve face à Charles Leblanc "l'amateur d'estampes" mais l'ouvrage est muet sur le sujet. Je pitonne ensuite jusqu'à Maxime Preaud "Dictionnaire des éditeurs estampes de l'ancien régime" mais si la fiche sur Odieuvre est longue et cite bien l'ouvrage elle ne dit rien sur le nombre de gravures.

Il ne me reste plus qu'à descendre en rappel jusqu'à l'ami Cohen pour m'apercevoir, ce dont je me doutais, qu'il ne considérait pas l'ouvrage comme entrant dans son propos. Par contre il s'intéresse, colonnes 325 et 326, à Dreux du Radier pour le titre "l'Europe illustre... souverains, princes, prélats...et dames célèbres...Ouvrage enrichis de portraits par les soins du sieur Odieuvre... "; 6 volumes , 1 frontispice et 600 portraits. Je vous prie à nouveau de noter le "...et dames célèbres", nous y reviendrons aussi.

Bien sur vous pouvez avoir d'autres sources que les miennes qui donneront tort à Brunet et Graesse, ce qui serait tout de même stupéfiant . Mais tant que vous ne les citez pas, je ne peux que conclure que mes vérifications me donnent raison; et même si vous arrivez à démontrer mon erreur (et celle de Brunet, bravo à vous !!!), au moins j'aurais prouvé ma bonne foi, car les vérifications habituelles ont bien été faites.

Ugo a dit…

Martin à la lanterne ! (part two)

Mais revenons-en à nos portraits surnuméraires. Vous avez noté la formule de Brunet "65 portraits de rois et celui de la reine Marie Leczinska" : 65 rois ET 1 reine, vous avez aussi la formule du titre de Dreux du Radier "souverains, princes, prélats...ET dames célèbres". Je reprends mon Duc de la Vallière (oui, je sais vous n'y croyez pas, mais peu me chaut...) et je décompte : 4 portraits de souveraines : Anne de Bretagne, Catherine de Médicis Marie de Médicis et Anne d'Autriche. Sachant la considération qu'entretenait l'époque pour la femme, il y a toutes les chances pour que leur présences si elle avait été prévue, ait été mentionnée dans le titre comme c'est le cas dans Dreux du radier; ce que corrobore Brunet en annonçant 65 portraits de rois et ne citant qu'un seul portait de reine. Qu'il ait trouvé nécessaire de citer ce portrait de reine, peut se comprendre comme une précision par rapport au titre : on annonce un recueil de portraits de rois mais il y a aussi celui d'une reine.
Nous voici donc avec 4 portraits surnuméraires, leur provenance est facile à comprendre : le Dreux du Radier est un assemblage des estampes d'Odieuvre et nous lisons cette précision chez Cohen "les épreuves de premier tirage auraient été seules à l'adresse d'Odieuvre . Il existe des exemplaires sur grand papier avec des entourages aux portraits" ; effectivement en observant attentivement les estampes et c’est visible sur les photos, on s'aperçoit qu'il y a deux traces de coup-de-planche (ou de cuvette si vous préférez), une première en bordure du portrait proprement dit, une seconde qui correspond à l'encadrement. Voici donc la superposition de 2 plaques, l'une pour le portrait, l'autre pour l'encadrement.

Nous allons encore trouver deux autres planches surnuméraires avec les doubles portraits de Louis XIV et Louis XV que vous pouvez tous voir sur les photos accompagnant ma description.
Aucun doutes qu'ils viennent eux aussi de l'assemblage Dreux du Radier et qu'il parut intéressant au relieur (au moins que ce ne soit sur ordre du Duc... ) de les représenter à deux ages de leur vie.
Prenons d'abord ceux de louis XV puisqu'ils viennent en tête de l'ouvrage. Le premier portait est à l'adresse de l'ouvrage : "
Odieuvre marchand d'estampes, quai de l'Ecole vis-à-vis la Samaritaine, à la belle Image"
Le second est une adresse différente : "chez Odieuvre marchand d'estampes, rue des postes cul, sac des vignes". Voici donc notre cinquième portrait surnuméraire"

Quant à ceux de Louis XIV ils sont à la même adresse mais vous pouvez constater que le dernier contient une légende dans l'ovale "Ludivicus Magnus Rex Christianissimus " et c'est le seul de tout l'ouvrage. Voici bien certainement le sixième portrait surnuméraire.

Ugo a dit…

Martin à la lanterne ! (part three)


Reste le septième portrait surnuméraire, et là honte à moi !!! mille fois honte !!! j'ai mal lu Brunet, je me suis dans ma grande suffisance cru plus rationnel que lui et dans ma grande bêtise je me suis fié aux descriptions d'obscurs bibliothécaires qui font ce qu'ils peuvent mais n'ont pour rôle que de décrire ce qu'ils ont entre les mains. Vous avez tout à fait raison Mr. Martin. Ma fiche est d'une totale imprécision : il faut 66 portraits et non 65 ; il n'y en a donc que 6 de surnuméraires et non 7.

A part ça, je me demande quels sont vos buts (du moins tant que vous n'aurez pas cité vos sources et démontré que vous avez raison... d'ailleurs sur la base de quelle biblio, je serais curieux de le savoir); est-ce de la malveillance ? Que lui voulez-vous à cet ouvrage ? Peut-être voulez-vous l'acheter ce soir au prix le plus bas possible… ce serait une explication??? et aussi que me voulez-vous à moi ? Je serais heureux de le savoir.
C'est d'autant plus malheureux que je prenais plaisir à participer à ce blog; mais s'il s'agit de se battre en permanence contre des gens comme vous; je préfère m'en désintéresser parce que je n'en ai ni le temps ni l'énergie. J'ai mieux à faire croyez moi.

Anonyme a dit…

En tous les cas, si la moitié du quart du tiers des libraires qui vendaient des livres anciens sur Ebay appliquaient la même démarche que notre ami Ugo, Ebay deviendrait plus sérieux qu'aucune salle des vente bien renommée ne l'a jamais été...

Merci pour ces explications qui ma foi me convainquent assez, au moins de votre bonne foi et de votre sérieux.

Looping (le pote à Hannibal Smith, hier...)

martin a dit…

Pas encore lu plus que la première phrase. Faut que je mange d'abord.

Une première source: Reynaud 231-2

On peut aussi consulter le Mercure de France, janvier 1751, gratuit sur le net.

Ugo a dit…

Ça devient vraiment pénible...

Vous appelez ça de la biblio ??? Reynaud contre Brunet et Graesse ?
Le mercure de France de 1751 ?

J'espère que vous avez d'autres sources à fournir parce que là ce n'est vraiment pas sérieux.

Au fait soyez gentil donnez moi le lien pour le Mercure de France parce que je n'arrive pas à le trouver et je me méfie de la lecture que vous en faites.

Bon appétit tout de même...

martin a dit…

Tout d'abord mes excuses à Ugo: Ce n'est point personnel, j'ai tout simplement l'habitude de vérifier tout. Si j'ai envie et le temps.

Votre exemplaire peut bien être celui du duc de la Vallière, en reliure de Padeloup, pourquoi pas? Mais pourquoi?

Soit comme il veut, dans son état actuel, ce livre ne m'intéresse pas.

Reynaud décrit un exemplaire de la quatrième édition de l'Abrégé du président Hénault en maroquin rouge (!) contenant un frontispice, l'explication du frontispice, 71 portraits et 3 planches, dont 2 dépliantes.
Lewine parle d'un frontispice et de 71 portraits pour la troisième édition de 1749, en mentionnant un exemplaire de la quatrième avec 240 portraits et les 3 autres planches (plus le supplément).
Cohen et Sander se contentent d'un frontispice et de 36 portraits pour l'édition de 1749, en ajoutant pour la quatrième: "les portraits de Boizot s'ajoutent aussi à cette édition."
Graesse confond la quatrième édition de 1752 avec le supplément de 1756 mais dit de celle de 1749: "aussi n'en recherche-t-on que les ex. sur gr. pap., où sont insérés les portraits d'Odieuvre."

A qui la palme?

Dans le Mercure de France (janvier 1751, p. 121) le sieur Odieuvre, rue des postes, etc. avertit le public qu'il "continue avec succès la suite des portraits des personnes illustres de tous les genres." Entre beaucoup d'autres, on trouve chez lui "72 (portraits) pour l'abrégé chronologique de l'Histoire de France, de M. le Président Henault, & 3 Estampes historiques".

Pas très précis non plus, mais bon... Un indice? Lien direct en recherchant "hénault odieuvre intitle:mercure".

Anonyme a dit…

Bon, quoi qu'il en soit, le livre est vendu, a peine plus de 600 euros. C'est maigre! De quoi faire faire quelques cauchemars post-mortel, au duc de La Valliere. Il faut dire que cet histoire chronologique, aussi bien illustrée et reliee quelle était ne fait aujourd'hui plus fantasmer grand monde. Ce qui valait poids de l'or hier ne se vend plus très bien aujourd'hui. Merci pour ces échanges de commentaires intéressants.

Mr. T

Anonyme a dit…

Cohen précise que l'exemplaire La Vallière a été revendu en 1891 lors de la vente Destailleur (n° 1687).
Le catalogue de cette vente (dont le contenu est accessible sur Google Books uniquement en simulant une connexion en provenance des Etats-Unis) décrit l'exemplaire ainsi :
"Paris, Prault, 1752, in-4, mar. rouge, dos orné à la grotesque, fil., tr. dor.(rel. anc.)...
Bel exemplaire du Duc de La Vallière contenant ajouté le Recueil des portraits des rois de France ..., 1738, (titre, front. et 72 portraits) et 3 estampes : massacre de la St-Barthélémy, assassinat de Henri IV, etc ..."

Anonyme a dit…

dos à la grotesque...

heinhein ! Ugo avait probablement vu juste !

Mr. T

martin a dit…

Bravo!

calamar a dit…

eh bé... bravo à tout le monde. Je ne suis pas près de me faire vendeur ! j'auairs bien trop peur de me faire écharper pour une imprécision quelconque... tout de même plusieurs raisons de se réjouir : beaucoup de sérieux dans tout ça, et merci google books !
"patience et longueur de consultation d'internet font plus que..."

Ugo a dit…

Chapeau Martin !

Merci à Mr. T pour ses conclusions qui me font chaud au cœur, je remarque qu'entre Mr. T et Hannibal Smith il y a a sur ce blog un embryon d'agence tous risques auquel je ne manquerai pas de faire appel la prochaine fois que je trébucherai sur un bouquin.

Pour ce qui du Duc de la Vallière je pense avoir expliqué plus haut ce qui m'avait autorisé cette affirmation, je précise que la clé de voute de mon raisonnnement était l'avis de cet expert bien plus savant que moi que je ne vais pas citer une seconde fois. Sans cela et ne disposant pas du catalogue de la vente Destailleur, l'affirmation m'aurait paru bien légère.

Pour en revenir à mon échange avec Mr. Martin, il va de soi qu'il a vu plus juste que moi. Ayant déjà rencontré le Henault en in-quarto mais sans les portraits, je ne me suis pas interrogé plus avant et me suis contenté d'en collationner les pages sans faire de recherches. C'était emprunter la mauvaise piste. Je me suis focalisé sur Odieuvre, c'est à Henault qu'il fallait s'intéresser. A ma décharge l'ouvrage avait 2 titres celui du Henault à la date de 1752 et le titre-frontispice du Odieuvre à celle 1738 et je comprends assez mal qu'à une époque friande de nouveautés et de nouveaux artistes, le sieur Odieuvre ait conservé un titre qui renvoyait à près de 15 ans en arrière.
Donc j'ai planché pendant pendant une heure pour découvrir quels étaient les 6 portraits surnuméraires par rapport à l'édition de 1738 et ce qu'en disait Brunet. Je pense les avoir trouvé; mais ceci pour par grand chose et l'ami Martin l'a bien démontré.
Oublions les références citées, la seule qui me parait valable est Lewine. Pour le reste Reynaud ne fait (en général) qu'un survol à haute altitude des sujets qu'il est censé décrire, Cohen n'a pas l'air de vraiment d' intéresser au sujet (à moins que ce ne soit la production d'Odieuvre qui le rebute) quant à Graesse, je ne me gène pas pour dire (du moins quand il ne vient pas à l'appui de mes dires) qu'il s'est contenté de copier Brunet et quand ce n'est pas le cas, il se plante plus souvent qu'à son tour. Reste la référence qui au premier abord m'a paru inacceptable voire ridicule celle au Mercure de France. Et là tout est dit. Odieuvre tenait une sorte de supermarché de l'estampe, principalement grâce à de jeunes artistes qu'il payait un quignon de pain (cf. Cohen) , à sa décharge il faut dire que ceux-ci connurent pour la plupart une célébrité ultérieure et qu'on peut lui reconnaitre d'avoir su les distinguer. Je ne connaissais pas vraiment Odieuvre avant ce échange, il serait intéressant de consulter sa bio publiée en 1899 par l'abbé Guery. Alors promis, la prochaine fois que je prends une thésarde comme esclave, je la colle au fers sur ce sujet.
Reste que partant de mon attribution Duc de la Valliére je me suis laissé emporter par mon enthousiasme, l'assemblage du Henault et des gravures d'Odieuvre étant chose banale; ce qu'a trés bien démontré le camarade Martin Martinovitch. Alors s'il gigote encore à l'aplomb de sa lanterne, je le décroche sur le champ et lui tire mon chapeau pour s'être montré plus pointu, plus logique et plus savant que moi.

Pour passer à autre chose je m'aperçois que je cite (froidement et cyniquement diront certains) dans deux fiches d'ouvrages aux reliures évoquant Napoléon, mis en ligne hier au soir; un libraire dont les descendants sont encore en activité. Alors si cela intéresse quelqu'un je vous promets de vous donner ici quelques exemples de la manière dont on fait fortune en librairie, ce qui vous permettra de comprendre pourquoi les gens comme moi s'ils sont à considérer comme de vils mercantis restent tout de même fréquentables.

Bien cordialement à messieurs T et Martin.

nounours pascal a dit…

Bonjour à Tous

Ouf, tout se calme.
C'est toujours un peu dérangeant de voir des polémiques se développer sur le Blog.
Quoi qu'il en soit cette "dispute" a été très enrichissante.
Elle m'a permis de découvrir tout le travail de recherche qu'il faut pratiquer ainsi que l'existence de nombreux ouvrages de références.
Si tous les vendeurs professionnels pouvaient inclure ne serait ce qu'une partie de leur recherche dans leur descriptif, l'éducation bibliophilique s'en trouverait fortement améliorée.

Merci pour ce débat

Pascal de Soissons

Anonyme a dit…

A lire les commentaires rassurés de Bernard et de Pascal, on finirait par croire que la bibliophilie c'est du plan-plan dans un canapé, le soir, au calme, loin des tempêtes et du cri des loups.

Mais si ce n'était que cela mes chers amis, je vous le dis tout rond, la bibliophilie ça serait d'un chiant ! mais alors !! incroyable !

Heureusement, la bibliophilie c'est aussi et surtout, des luttes, des cris, des pleurs, des joies, des orgasmes passionnels devrait-on dire, des lamentations de plaisir et de douleur, des déchirements entre concurrents, marchands, bibliophiles, tous dans un sac bien hermétique dont on ne s'échappe pas si facilement.

Personnellement je trouve triste l'idée d'une bibliophilie recroquevillée dans son coin, sûre de ses certitudes, imbue de sa suffisance centripète et des algèbres mathémateux d'étudiants attardés à la recherche de sensations solitaires.

Il fallait le dire non !

La bibliophilie, ça se partage ! Les boires et les déboires. Que ceux qui veulent vivre ça sur leur île le fasse, ça ne me gêne pas, mais qu'ils ne demande pas que cela soit la règle absolue.

Du sang, de la chique et du molard disait-on dans les cours de récrés !!

Merci à Ugo pour avoir su dynamiter ce possible ennui du bibliophile solitaire qui s'endort, seul, au fond des bois.

Mr. T (qui va chercher Looping à l'asile, pas loin...)

Bernard a dit…

"ce possible ennui du bibliophile solitaire qui s'endort, seul, au fond des bois." C'est ce que nous nous disions hier lors d'un bon repas à Paris, discutant "paisiblement" de livres sans orgasme et crachat.

Bernard

Anonyme a dit…

Et vous avez bien raison Bernard, tout est possible, du plus calme au plus fougueux.

Je respecte tout.

Mes mots faisaient "bon mot" vous l'aurez compris.

Aucune agression de ma part, croyez-le bien.

Mr. T (qui retourne chercher Looping à l'asile, pas loin...)

Ugo a dit…

Mr. T Président !

Anonyme a dit…

Ugo,

si j'osais mettre à l'épreuve votre franchise, démontrée avec brio ces derniers jours, je vous demanderais ce que vous pensez du prix final de ce livre ?

612 euros ?

Nous direz-vous honnêtement combien vous en espériez ? combien pour vous aurait été le juste prix (s'il existe) ?

Merci encore une fois de votre franchise.

Anonyme (fier de l'être, le même)

Jean-Luc a dit…

"Je vous promets de vous donner ici quelques exemples de la manière dont on fait fortune en librairie, ce qui vous permettra de comprendre pourquoi les gens comme moi s'ils sont à considérer comme de vils mercantis restent tout de même fréquentables."

J'ai jamais vu autant de provocation déblatérée sur ce blog et j'ai presque honte d'avouer que cet électrochoc est pour le moins agréable. Juste un peu triste par la réserve de notre bibliophile rhémois, lui-même pourtant souvent en verve, mais je suppose que sa posture est sans doute dictée par une juste prudence. On attend maintenant avec impatience que Ugo tienne ses promesses.

Ugo a dit…

Cher Monsieur Fier de l’être (Ne voyez aucune distance dans le fait que je vous appelle par votre nom de famille, mais il y a tellement de gens qui se prénomment anonyme sur ce blog que je m’y perds un peu.)

j'en espérais au bas mot 1000 E alors 612 E, c'est vrai que ce n'est pas lourd mais comme disait l'autre :"huissiers, affaire suivante!"

Pourquoi ce flop ?

Peut-être parce que l'on attend d'un maroquin d'illustre provenance une certaine perfection qui convenons-en n'était pas au rendez-vous.

Peut-être aussi, parce que ma fiche le desservait. Trop tape-à-l'œil, trop clinquante.
Je ne pense toujours pas que ma description était limite (cf. les commentaires plus haut) et je maintiens que ma démarche était honnête. Que l’ami Martin ait démontré par A + B que je m’égarais en pensant que cet assemblage était unique ne change rien à la question. Mais si l’ouvrage a déclenché tant d’interrogations chez nos amis blogueurs, c’est bien que je ne suis pas arrivé à convaincre.
J’ai péché par orgueil imaginant que le fait d’être l’un des bon vendeurs d’ebay (cf. ma régularité à mettre des ouvrages qui sortent de l’ordinaire) suffisait pour qu’au moins 2 ebayeurs me suivent, y croient et enchérissent l’un contre l’autre. Ce ne fut pas le cas.
D’accord j’étais un peu limité par la manière dont j’avais formé ma conviction. Un note en page de garde et une fiche obscure chez de Bure avec pour ciment l’avis de Courvoisier. Déjà que je me suis senti géné (et je le suis encore) de le citer sur ce blog, cela m’aurait paru du plus extrême mauvais goût de le faire sur ebay. En outre je pensais que les aficionados connaissaient mieux les livres issus de la bibliothèque de ce bon vieux duc et que le dos à la grotesque aurait parlé de lui-même en appui du reste. Apparemment ce n’était pas le cas. Bien sur, si j’avais disposé du catalogue Destailleur les choses auraient été plus faciles. Mais pour trouver Destailleur il fallait chercher Henault et moi je grattais du coté d’Odieuvre.

Ugo a dit…

Cher Monsieur Fier de l’être (part two)

Mais bon j’en reviens à mon orgueil qui me fit penser qu’il suffisait d’affirmer pour que l’on me croie. Mon orgueil me coûte un billet de 500 ce n’est pas la première et ce ne sera pas la dernière fois. Par exemple je ne cite pas mes sources bibliographiques, c'est peut-être un tort; mais voila on est sur ebay et, ne vous en déplaise, je ne pense pas que ce soit mon rôle d'y faire de la pédagogie. Je trouverais cela plutôt prétentieux. Pour ceux qui en ont besoin, qu'ils aillent à la rencontre des (vrais) libraires ce qui sous-entend aussi d'acheter à prix fixe et de moins espérer faire un "coup" (ce qui est la motivation de beaucoup d'ebayeurs). Beaucoup de mes clients n'ont aucune idée de la pléthore de biblios disponibles. Ils courent sur AddAll ou autre, comparent les collations et s'en contentent (ce qui est dommage) ensuite ils divisent le prix par X pour fixer leurs limites d'enchères. Aussi je me contente de la formule qui clôture toutes mes fiches "Ouvrage collationné complet. Reliure de l'époque"; quand c'est le cas bien sur. Avec cela je réponds aux 2 principales interrogations que se posent les gens. C'est aussi une garantie, si je me suis trompé, je vous reprends l'ouvrage que ce soit dans 7 jours ou dans 10 ans. Pour le reste je réponds aux questions posées par mail, ce qui me permet d'établir un semblant de contact direct avec le possible enchérisseur. Si je construisais mes fiches comme je le fais pour les catalogues de vente publiques, je crois (à tort peut-être, mais c'est mon choix) que cela me desservirait. Je fais des fiches aussi sérieuses que possible sans fioritures ni superlatifs de vendeur de tapis et j'estime que cela suffit. Pour moi vendre sur ebay c'est un peu comme vendre aux puces... n'ayons pas l'air trop savant et laissons l'acheteur arriver à ses propres conclusions. Sinon qu'est-ce qu'on fout là et pourquoi n'est on pas au Grand Palais, allée centrale avec petits fours et flonflons ?
Sur ebay on a affaire à de vrais collectionneurs et aussi à des gens motivés mais n'ayant qu'une vague idée de ce qu'on leur vend. Par exemple la personne qui m'a acheté la petite Diderot la semaine dernière confondait la grande et la petite, il m'a fallu 3 mails pour lui expliquer ce qu'il en était et au passage lui donner confiance en ma description. Le vrai bibliophile saura vérifier que je ne ne lui vends pas un rossignol, l'amateur de passage aura besoin de croire en ce que je lui raconte et c'est à moi de lui inspirer ce sentiment.
Pour ce brave duc je n'y suis pas arrivé et c'est peut-être en ce cas d'espèce qu'il aurait fallu changer de comportement. Sauf que tout reposait sur ma conviction de chasseur de livres et que j'aurais du comprendre qu'on ne peut aborder ebay comme on aborde des gens avec lesquels on travaille depuis 20 ans et qui apprécient et reconnaissent votre instinct.
Heureusement je ne suis pas très friand de ce genre d’ouvrages, ce qui atténue grandement mon dépit. Mon goût me porte plutôt vers les seizièmes et je serai infiniment plus décontenancé si le bout d’Amadis de Gaule que je viens de mettre en ligne ne faisait pas le prix que j’en attends sinon plus…

Ugo a dit…

Cher Monsieur Fier de l’être (part three)

Quant au juste prix, pour moi il n’y en pas. Vous avez à l’heure actuelle sur ebay deux Choiseul Gouffier l’un à 18995 E et l’autre incomplet de 20 planches (sur 148) à 6800 E. Lequel se vendra ? peut-être aucun des deux… Vous retrouvez cet ouvrage sur addall (dont je ne me sers pas comme outil de travail) dans une fourchette de prix allant de 36,500 E à … 18995 E, ce dernier étant le même que celui qui est sur ebay. Avec au milieu un exemplaire à 20000 E proposé par une (très) grande librairie parisienne. Je connais tous ces libraires un par un (et croyez bien que je respecte l'ebayeur en question, c'est un monsieur qui a su coller le virus à son fils et il est touchant de les voir dans les ventes échanger pour ne pas dire communier sur les livres qu'ils visent). Celui à 36500 est proposé par l’incompréhensible Forum antiquariat que je qualifierai de l’homme le plus cher du monde (à moins qu’il ne vive sur une autre planète). Je connais aussi l’exemplaire proposé par la (très) grande librairie à vous de deviner pourquoi. Je sais que c’est un exemplaire qui n’est pas génial et si c’était le cas il devrait être proposé à 25000 et plus.
Quant à celui de notre camarade ebayeur il part d’une démarche assez désespérante (mais respect à lui cependant); on courre sur addall ou autre, on prend le prix d’une grande librairie française et on affiche un prix un peu moindre. Bien sur à condition d'être suffisamment argenté pour ne pas se sentir obligé de vendre.
Que préférez-vous pour le même prix (on n’est plus à mille euros près) acheter un grand voyage chez l’un des trois spécialiste de la place à savoir Chamonal, Clavreuil ou Lebail (l’ordre n’est qu’alphabétique), chez qui vous aurez la chance de voir d’autres choses sur le même thème et apprécierez certainement une communication qui vous rendra plus riche de quelques informations ou chez Tartempion dons la seule justification est de vous dire que chez un tel il coûte tant ?

Ugo a dit…

Cher Monsieur Fier de l’être (part four)

Entre 36,500 E à … 18995 E, quel est le juste prix... je suppose 25000 mais ce n'est qu'une moyenne. Alors qui a raison, je n'en sais rien. Cependant, chez cette (très) grande librairie française, le prix est aussi fonction des autres ouvrages que le livre côtoie car il y a un niveau à maintenir. Offrez leur 160000, les yeux dans les yeux, et je suis convaincu qu'ils vous le céderont avec le sourire. Pour moi, il vaut mieux parler de prix auquel un livre se négocie, auquel une transaction peut s’opérer. Bien sur cela n’est valable qu’à mon niveau de mercanti indécrottable qui ne sait faire autre chose que d’acheter et de vendre, qui déprime quand des ouvrages trainent dans ses rayons et qui remercie vivement ebay d’être un marché d’usage facile et d’une grande fluidité dans les transactions. D'ailleurs c'est pour moi l'exercice le plus difficile de mon métier que de mettre un prix sur livre. Mais dans le monde normal, ce monde composé de distingués bibliophiles et de sémillants libraires qui communient dans l’amor librorum qui les unit, le prix (marqué) d'un livre n'est bien souvent que le résultat d'une information prise chez les confrères et modulées suivant la spécialisation du détenteur, le prix payé, ses besoins d'argent et l'intérêt qu'il porte à l'ouvrage. Un peu comme la démarche addall mais en plus soft et en plus raisonné. C'est un prix du marché retaillé en fonction de facteurs propres au libraire détenteur. Quant au juste prix, il me semble que c'est celui qui signe le chèque qui le fixe.

A titre d'exemple un groupe de libraires à acheté il n'y a pas longtemps une certaine suite incomplète d'illustrations pour Don Quichotte, La suite fut complétée chez un libraire de New-York. L'un des libraires proposa de fixer le prix à 300000, un autre d'une (très) grande librairie parisienne répondit pourquoi donc ? mettons la 800000... et ainsi fut fait. Oublions le coté désespérant pour vous comme pour moi de ce genre d'information et posons -nous la question; qui à raison et quel est le juste prix ? Sachant qu'il n'y a qu'un seul client de visé et que 3 ou 800000 ne font aucune différence pour lui. Ça passe ou casse. Il sera toujours temps de repasser l'ouvrage en vente publique et de rentrer dans son fric si ça n'a pas marché

Cependant, et pour conclure, quand les libraires qui n’ont que quelques années de pratique auront compris que les ouvrages mis sur le net par des librairies qui ont trois générations derrière elles sont ceux qu’elles ne sont pas arrivées à négocier ni avec leur fichier de clients directs (ceux qu’on mobilise d’un simple coup de fil) ni grâce à leurs catalogues, ni sur les grandes foires internationales; ils auront fait un grand pas en avant dans le calcul de leurs prix de vente.

Ugo a dit…

Cher monsieur Jean-Luc

J'essaye toujours de faire en sorte de tenir mes promesse. Mais j'ai besoin d'un signe comme quoi ce que je raconte présente un quelconque intérêt.
Et là c'est au webmaster de décider. Si je retrouve une de mes reliure évoquant Napoléon dans l'ebayana de la semaine ce sera pour moi une invitation puisque c'est à partir d'elles que je bâtirais mon post. Sinon je ne me vois pas imposer de mon propre chef ma logorrhée au lecteur de ce blog, je craindrais trop de les importuner.

Bien cordialement

Anonyme a dit…

Sujet d'avance très intéressant.
Les dizaines de reliures avec armes signalées fausses de la vente Gros Delettrez de la semaine dernière. Des livres parfois formidables gâchés par des armes "Rossignolantes" !

calamar a dit…

eh oui, sur ebay comme en salle, il faut au moins deux acheteurs...
et je comprends (enfin, je crois...) les problèmes que peut poser l'estimation d'ouvrages quasi-uniques (par leur rareté, certes, mais surtout par les caractéristiques de chaque exemplaire, état, collation, provenance, reliure...). Le juste prix, c'est le maximum que veut mettre le second enchérisseur, en supposant que tous les acteurs sont complètement informés (on est dans de la théorie economique pure et dure).
Et bien sûr, ebay est très loin d'être une réunion d'acteurs complètement informés...
Je ne sais pas ce qu'il en est côté vendeur, mais côté acheteur, la démarche d'aller voir ailleurs ce que proposent de comparable d'autres vendeurs me paraît légitime, justement parce qu'on n'est pas omniscient (et moi le premier). Et "on" n'a pas le temps de vérifier complètement les références, à chaque livre proposé sur ebay ! même si "on" dispose des bibliographies adhoc.
Et c'est vrai que sur ebay cohabitent deux démarches : achat au juste prix, comme chez un marchand (le contact en moins) et tentative de faire un bon coup (comme dans une foire aux puces).
Personnellement, je pratique les deux : au juste prix quand c'est dans ma cible (et dans mes finances du moment !) et recherche de la bonne affaire (en permanence...)
Encore merci. Vivement la suite !
Calamar, tout petit petit...

Jean-Luc a dit…

Veuillez excuser la hardiesse de ma question, mon cher Ugo, mais un confrère me jure que vous êtes celui que le petit monde de la librairie ancienne appelle "Le Corse" à Bordeaux, ville où, effectivement, vous êtes connu comme le Loup Blanc pour reprendre votre expression. Est-ce bien vous ou suis-je dans la divagation la plus complète ?

Ugo a dit…

Je ne sais pas c'est vrai que je suis corse mais il y a trés longtemps que je n'y ai pas mis les pieds. Et je n'y connais plus que 3 libraires. J'étais plus assidu du temps de l'ancien expert des Chartrons (dont j'ai oublié le nom... Picot ?) qui officiait dans l'ancienne gare d'Orléans, remplacé depuis par Cécile Perrin. Vous voyez que ça remonte à loin. Cependant toutes mes amitiés aux libraires Bordelais.

Hugues a dit…

"J'essaye toujours de faire en sorte de tenir mes promesse. Mais j'ai besoin d'un signe comme quoi ce que je raconte présente un quelconque intérêt.
Et là c'est au webmaster de décider."

Le "webmaster", ou disons plutôt Hugues, moi quoi (sourire), est absolument enchanté de la teneur des échanges. Je vous renouvelle donc mon invitation faite par email de publier votre portrait, qui ne manquera pas d'être intéressant, j'en suis sûr.

Pour l'ebayana, malgré quelques demandes, j'essaie de rester indépendant des sollicitations, mais vos "reliures" me semblent tout à fait dignes d'y figurer.... réponse, sans grand suspens demain!
Hugues

Anonyme a dit…

Bonjour,

En ce qui concerne le Choiseul- Gouffier à 18.995 euros mis en vente par la librairie Metzger, la description n'est pas complète, puisque sur les photos on voit très bien que les coiffes ont été restaurées. Ne pas préciser ce détail dans l'annonce de la part d'un libraire, surtout pour un livre de ce prix, est pour moi une erreur, car tout le monde n'a pas forcément les connaissances ou le don de l'observation.

Lorenzo

Pierre a dit…

Je dois reconnaître, comme Jean-Luc, avoir un plaisir malsain à contempler ce milieu du commerce du livre ancien qui m'est fort éloigné, n'ayant ni les compétences, ni l'aplomb de ugo pour l'affronter. Nous faisons preuve d'une naïveté feinte quand nous disons que l'amour des livres ne nous soumet pas à la tentation du profit… Mais, de là, à faire un métier où l'enfer semble si proche, reconnaissez que ce n'est pas facile à admettre ! Il semble que les bravades de ugo lui soient nécessaires pour survivre dans ce monde impitoyable autant que ses compétences en bibliographie qui cautionnent le prix de ses ouvrages.

Ces commentaires sont très instructifs. Merci ! Un bon niveau d'incompétence peterienne devrait pouvoir suffire, malgré tout, à faire ce commerce du livre ancien avec plaisir et bénéfice pour toutes les parties. Pierre

Ugo a dit…

Monsieur Lorenzo

Il n'est pas du tout dans mon propos de faire du tort à la librairie Metzger père et fils. D'ailleurs je me suis bien gardé de les nommer.

Bien sur tout le monde peut voir que ses 3 coiffes sont restaurées. Il est dommage que ce ne soit pas mentionné. Un oubli peut-être ? Je peux vous assurer que celui proposé par la (très) grande librairie parisienne présente autant, sinon plus de problèmes. Et c'est bien pour cela que je suis convaincu qu'ils sont prêts à s'en débarrasser à moindre prix. Par contre vous comprendrez qu'il leur fallait bien avoir un exemplaire à proposer. Comment, de leur part, faire un catalogue de voyages avec une partie Grece, sans cette pièce ?

Pour le reste je préfère saluer chez les Metzger (avec lequel je ne sympathise pas particulièrement) la belle aventure qu'un père et un fils vivent ensemble et je suis certain que sur la durée, ils ne peuvent que se perfectionner.

Anonyme a dit…

Merci Ugo pour toutes ces considérations très intéressantes sur la librairie et votre vision des choses.

M. Fier de l'être.

Bernard (un autre) a dit…

Modeste amateur de livres, et à peine éclairé, j'ai été très intéressé par votre discussion.

Ceci, vu donc un peu de l'exterieur, bien que fréquentant les ventes aux enchères de province (avec de petits budgets), et certains professionnels, peut appeler certaines reflexions :

- tout d'abord, il existe comme dans tout système commercial des pratiques de margoulins !!! Bien sur, ne connaissant pas les marchands et autres cités ou évoqués plus haut, je ne vise personne.

- Pour le prix des livres, tout à fait d'accord : le bon prix est celui que l'acheteur décidera d'y mettre, sous couvert qu'il n'ait pas été trompé sur la marchandise, et qu'il puisse avoir un ordre d'idée de la valeur (tous les acheteurs n'ont pas ou pas encore la formation suffisante pour se confronter aux vendeurs). Si le prix est trop élevé, que ce soit en vente, en boutique ou sur internet, il ne faut pas acheter.

- par ailleurs certains libraires mettent des prix très élevés, car ils ne souhaitent pas véritablement vendre certains livres, dont ils ont besoin simplement pour "les exposer dans leur boutique".

- Si un ouvrage reste trop longtemps invendu, soit il n'a pas d'intêret littéraire, intellectuel ou bibliophilique, soit souvent le prix proposé n'est pas adapté à la marchandise.
Faut-il vendre beaucoup avec des marges modérées, ou moins avec de grosses marges ?? Telle est la question. Néanmoins, les grands marchands ont intêret à ce que les prix restent élevés.

- Quant à Ebay, ce n'est pas dans mes pratiques. C'est mon choix. Il n'est pas évident d'acheter un livre "de valeur" sans l'avoir réellement vu, touché, feuilleté ..., même si les techniques modernes nous permettent d'en avoir 100 photos. Par ailleurs, le contact avec le libraire n'existe plus (en vente aussi, mais le contact avec le livre lui persiste).


Enfin, Merci au créateur de ce blog, de permettre de mieux connaitre les livres, d'initier les béotiens et de leur permettre de s'exprimer.

Bernard (un autre)

Anonyme a dit…

Beaucoup de bruit tout ça autour de livres de qualité très moyenne, incomplets, et d'intérêt discutable, utilisant les maigres atouts dorés qui leur restent ou des états-civils laborieux pour appâter le chaland.

Preuve qu'eBay est surtout un grand émonctoire et que sa clientèle est peu considérée.

Montag

jean-luc a dit…

"eBay est surtout un grand émonctoir"

Merci Montag pour cette intervention concise, drôle et pertinente. Je garde cette nouvelle définition d'eBay dans mes petits papiers. :)

Anonyme a dit…

"eBay est surtout un grand émonctoir"

Je trouve amusant de le croire, plaisant d'en être, jubilant de me dire qu'une partie non négligeable des bibliophiles savent faire le tri.

Le fumier d'Ennius ! Voilà ce qu'est Ebay. De stercore ennii ! (pour les intimes).

Mais il n'y a que des Virgile sur Ebay, c'est un fait !

M. T

Ugo a dit…

Monsieur Montag

Visiblement on ne se comprend pas, visiblement le courant ne passe pas. C'est dommage, mais tant pis.

Je vais donc continuer à vidanger mes drouilles sur cet attrape-nigaud qu'est ebay, quant aux nigauds de clients qui me font vivre sur ce site, croyez bien que leur naïveté me fait tous les jours ricaner.

Ugo Paolantonacci

Anonyme a dit…

Monsieur,

Pardonnez, mais je ne peux résister :

"Le libraire vidange ses drouilles tout en restant coi."

Je vous salue bien

Montag

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