« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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mercredi 19 mai 2010

Bibliophilie et Sciences: l'Abbé Bertholon et l'électricité

Amis Bibliophiles bonjour,

Je suis actuellement en voyage à l'étranger, aussi je vous propose de retrouver ce soir un article de Bernard sur L'Abbé Bertholon.

"Je vous ai déjà parlé d’un abbé électricien, l’abbé Nollet. Un confrère moins connu a consacré sa vie à des recherches sur le même sujet.

L’Abbé Pierre Bertholon (1741-1800) enseigna la physique à Montpellier puis à Lyon. Ami de Franklin, il encouragea l’installation des premiers paratonnerres à Paris et participa au « procès du paratonnerre » à Arras. En 1780, un avocat de Saint-Omer, Monsieur de Vyssery de Bois-Vale, avait fait poser un paratonnerre sur le toit de son logis. Pour montrer à ses concitoyens qu’il était ridicule de considérer la foudre comme un châtiment des dieux, cet esprit « éclairé » avait demandé à ce que son paratonnerre eût la forme d’un glaive pointé vers le ciel. 

La municipalité de Saint-Omer prit peur : l’impiété notoire de ce bourgeois tout pénétré des idées philosophiques du temps allait certainement attirer sur la ville quelque châtiment divin exemplaire. Monsieur de Vyssery reçut l’ordre de défaire son installation. Celui-ci ne se tint pas pour battu. Il porta l’affaire devant le tribunal d’Arras. 

Maximilien Robespierre (1758-1794), jeune avocat stagiaire, fut chargé de plaider le dossier. Il fit appel aux travaux de Franklin qui prouvaient qu’on pouvait détourner la foudre par un paratonnerre. Monsieur de Vyssery gagna son procès le 31 mai 1782. La plaidoirie de Robespierre a été publiée à Arras dès 1782 : « 

Enfin, l’invention des paratonnerres est la plus heureuse découverte qu’on ait faite dans ce siècle. Loin d’être dangereuse en elle même, comme on l’a annoncé aux échevins de Saint Omer, elle est, au contraire, une des plus utiles à l’humanité ». Robespierre profita de ce succès pour se lancer dans la politique.

MÉMOIRE SIGNIFIÉ POUR M. CHARLES-DOMINIQUE DE VYSSERY DE BOIS-VALE... CONTRE LE PETIT BAILLY DE LA MÊME VILLE...
Arras. Imprimerie de Michel Nicolas. 1782. 1 brochure in-8 ; 96 pp.
Les trois ouvrages de Bertholon sur l’électricité sont les suivants :
DE L’ÉLECTRICITÉ DU CORPS HUMAIN DANS L’ÉTAT DE SANTÉ ET DE MALADIE...
Lyon, Bernuset. 1780. EO.
1 volume in-12 ; XII, 541, (3) pp.
L’Académie de Lyon propose en 1777 pour le sujet du prix qu’elle a donné le 7 décembre 1779, cette question : Quelles sont les maladies qui dépendent de la plus ou moins grande quantité de fluide électrique dans le corps humain, et quels sont les moyens de remédier aux unes et aux autres ? Ce prix est attribué à Bertholon ; le mémoire couronné constitue la seconde partie de cet ouvrage. La première partie étudie les effets de l’électricité atmosphérique sur l’organisme en bonne santé. L'ouvrage contient également un tableau étudiant pour l'année 1773 la corrélation entre les accès périodiques d'un maniaque, les conditions climatiques et la position de la lune. Un autre tableau statistique montre l'influence des variations de l'atmosphère (elles aussi liées à l'électricité) sur le nombre des décès, des morts subites, etc.

« On ne doit pas s'imaginer que toutes les maladies soient du ressort de l'électricité; car il n'y a pas de remède universel. [Pour connaître les cas qui relèvent de l'électricité] il faut s'instruire des cures qu'ont faites les médecins et les physiciens » … Et l'abbé Bertholon d'en citer plus d'une quarantaine en faveur de l'électricité médicale. Parmi les multiples effets bénéfiques qu'il relève, l'électricité semble triompher du « défaut de virilité ».

Cet ouvrage a paru la même année à Paris, chez Didot (même collation). Une seconde édition a paru en 1786 en deux volumes.

DE L’ÉLECTRICITÉ DES VÉGÉTAUX…
Paris, F. Didot. 1783. EO.
1 volume in-8 ; XVI, 468, (2) pp, 3 pl, 1 tableau.
Cet ouvrage résume les premières recherches sur l’influence de l’électricité sur la croissance des plantes. Il est divisé en trois parties :

1ère : De l'influence de l'électricité de l'atmosphère sur les végétaux :
De l'existence du fluide électrique dans l'atmosphère ; l'influence de l'électricité de l'atmosphère sur les végétaux , prouvée par leur analogie avec les animaux ; Dans lequel on établit l'influence de l'électricité de l'atmosphère sur les végétaux , par celle des météores , qui font des phénomènes produits par le fluide électrique ; influence du tonnerre & de la pluie d'orage sur les plantes ; influence de la neige et de la grêle sur les végétaux ; de la grande quantité d'eau que fournissent à l'atmosphère les mers , les fleuves , les terres , les végétaux , etc qui sert de milieu conducteur à l'électricité naturelle qui règne dans l'air , etc

2ème : Des effets de l'influence de l'électricité atmosphérique sur les végétaux :
L'électricité de l'atmosphère a une influence sur la production des fleurs & des fruits des divers végétaux ; effets de l'influence de l'électricité naturelle sur la respiration des végétaux ; des effets de l'électricité sur le mouvement des plantes ; du fluide électrique fixe , considéré dans les végétaux , etc

3ème : Moyen de remédier au défaut dans la quantité d'électricité naturelle , relativement aux végétaux ; de quelques insectes nuisibles aux végétaux & des moyens que l'électricité fournit pour les détruire ; des maladies des végétaux , des moyens d'en guérir plusieurs par l'électricité & de la méthode de les électriser etc
Un tirage identique a été publié la même année à Lyon, chez Bernuset.
DE L’ÉLECTRICITÉ DES MÉTÉORES...
Lyon, Bernuset. 1787. EO.
2 volumes in-8 ; XXVIII, 446 pp. - (4), 391, 3 pp, 6 pl.
L’auteur entend par météores tous les phénomènes météorologiques. Il s’agit donc d’un traité sur l’électricité atmosphérique. Bertholon rapporte les expériences de d’Alibard, Romas, Beccaria, etc.

Je vous conseille la lecture de l’ouvrage de Jean-Paul Poirier: L'abbé Bertholon - Un électricien des Lumières en province.

Merci Bernard,

H

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Comme le radium au XXe siècle, l'électricité fut considérée jadis comme une sorte de panacée capable de traiter les affections les plus diverses. Les appareillages utilisés ressemblaient plus à des instruments de torture qu'à du matériel médical ... mais est-ce vraiment différent aujourd'hui ?
Merci à Bernard pour ses articles toujours parfaitement documentés.

René de BlC

Anonyme a dit…

Je vais électriser mes plants de laitue pour voir.

Cette relation électricité-végétaux a donné quelque chose par la suite ?


Montag

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