« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

frise2

mardi 13 juillet 2010

Bibliophilie et Sciences: une famille de physiciens, les Bécquerel

Amis Bibliophiles bonjour,

Lesquels parmi vous votent pour que Bernard se décide enfin à écrire un article pour la Nouvelle Revue des Livres Anciens?

Voici un nouvel article de sa plume, qui vient rejoindre la catégorie "Bibliophilie et Sciences".

La famille Becquerel compte quatre générations de physiciens. On connaît surtout Henri Becquerel mais les quatre générations ont marqué la physique du XIXème.

- Antoine César Becquerel (1788-1878), professeur de physique au Muséum national d'histoire naturelle, découvre en 1819 l'effet piézoélectrique de certains cristaux. En 1839, avec son fils Edmond, il présente pour la première fois un effet photoélectrique à l’origine des piles photovoltaïques, effet qui n’a été compris qu’en 1887 par Hertz.

- Alexandre Edmond Becquerel (1820-1891), fils du précédent, occupe la chaire de physique au Conservatoire des arts et métiers à partir de 1852 et, à la suite de son père, devient professeur de physique au Muséum national d'histoire naturelle. Il s'intéresse tout d'abord à la phosphorescence et à l'étude de la spectroscopie, parvenant à obtenir grâce à la photographie une reproduction du spectre solaire. En 1866, il effectue les premières mesures de température à l'aide de la pile thermoélectrique.

- Henri Becquerel (1852-1908), fils du précédent, entre à l'École polytechnique en 1872, puis à l'école des Ponts et Chaussées. Après avoir été assistant au Muséum national d'histoire naturelle, il y devient professeur de physique en 1892, occupant la chaire que son père et son grand-père ont précédemment tenue. Egalement professeur de physique à l'École polytechnique, il découvre en 1896 le phénomène de la radioactivité au cours de ses recherches sur la fluorescence des cristaux. Ayant placé des sels d'uranium sur une plaque photographique dans un lieu sombre, il s'aperçoit que la plaque a noirci, faisant apparaître une silhouette des minéraux. Ce phénomène prouve que l'uranium émet un rayonnement, effet connu par la suite sous le nom de radioactivité. En 1903, il partage le prix Nobel de physique avec Pierre et Marie Curie pour leurs travaux sur la radioactivité. Son nom reste attaché à l’unité d'activité nucléaire, le Becquerel.

- Jean Becquerel (1878-1953) succède à son père Henri Becquerel à la chaire de physique appliquée du Muséum national d'histoire naturelle. Poursuivant les travaux de son père, il porte ses recherches sur l'étude des propriétés optiques et magnétiques des cristaux à très basse température.

La bibliothèque de la famille s’est enrichie au cours des générations. Elle a été dispersée dans les années 1980 par la librairie Brieux et j’ai eu l’opportunité d’acheter quelques ouvrages importants dont la collection des Annales de chimie et de physique en reliure quasi uniforme (le dernier volume date de 1908, année du décès d’Henri Becquerel). Je vous présente quelques ouvrages de ces illustres physiciens.

DIVERS MÉMOIRES LUS À L’ACADÉMIE DES SCIENCES.
Paris, 1829 à 1860. 1 volume in-4 ; (2), 40 pp. - 22 pp. - pp (23) à 34 - pp (35) à 49 - pp (50) à 56 - 19 pp. - 44 pp. - pp 49 à 57, 1 pl. - 34 pp. - 12 pp. - 16 pp. - 18 pp. - 4 pp. - 5 pp. - 4 pp. - 24 pp. - 12 pp. - 21 pp. - 9 pp. - pp (835) à 850.

Réunion exceptionnelle de vingt tirés à part de textes d’Antoine César Becquerel portant sur l’électrochimie et publiés dans les Mémoires de l’Académie des Sciences ou dans les Comptes Rendus. Ce volume provient de sa bibliothèque.

TRAITÉ EXPÉRIMENTAL DE L’ÉLECTRICITÉ ET DU MAGNÉTISME ET DE LEURS RAPPORTS AVEC LES PHÉNOMÈNES NATURELS.
Paris, F. Didot. 1834, 1835, 1836, 1837, 1840.
7 tomes reliés en 4 volumes in-8 ; 1er volume : (4), 563, (1) pp. - (4), 517, (3) pp, 6 pl. - 2ème volume : (4), XVI, 450 pp, 6 pl. - (4), XXV, 333, (3) pp, 3 pl - . 3ème volume : (4), 316 pp, 2 pl. - (4), IV, 288 pp, 5 pl. - (4), 440 pp, 5 pl - . 4ème volume : (4), 547 pp, 18 pl.

Ce traité d’Antoine César Becquerel est le premier grand traité français sur l’électricité et le magnétisme.

TRAITÉ D’ÉLECTRICITÉ ET DE MAGNÉTISME ET DES APPLICATIONS DE CES SCIENCES À LA CHIMIE, À LA PHYSIOLOGIE ET AUX ARTS.
Paris, F. Didot. 1855-1856.. 3 volumes in-8 ; XVI, 456 pp, 3 pl. - (4), 475, (1) pp. - (4), 412 pp, 14 pl.

Cet ouvrage résume les leçons qu’Antoine César Becquerel et son fils Edmond donnaient, l’un au Muséum d’Histoire Naturelle, l’autre au Conservatoire des Arts et Métiers.

SUR LES RADIATIONS ÉMISES PAR PHOSPHORESCENCE.
Paris, Gauthier-Villars. 1896. 1 volume in-4 ; pp (417) à 496.

Ce volume contient le cahier des Comptes Rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des Sciences du 24 février 1896 (n° 8, tome 122). Dans ce cahier, dont la couverture rose imprimée a été conservée, Henri Becquerel annonce la découverte de la radioactivité naturelle. L’article occupe les pages 420 et 421. Becquerel pense alors que l’exposition préalable des sels d’uranium à la lumière est nécessaire à l’émission du rayonnement. Le 2 mars 1896 Becquerel annonce que l’excitation préalable à la lumière est inutile : les sels d’uranium émettent naturellement des radiations pénétrantes. Rapidement Becquerel montre que le phénomène est dû à l’uranium seul. Deux ans plus tard Pierre et Marie Curie annoncent la découverte de deux éléments radioactifs nouveaux, le radium et le polonium.

RECHERCHES SUR UNE PROPRIÉTÉ NOUVELLE DE LA MATIÈRE.
Paris, F. Didot. 1903.
1 volume in-4 ; (4), 360, (4) pp, 13 pl.

Ce volume constitue le tome 46 des Mémoires de l’Académie des Sciences. Dans l’avant-propos Henri Becquerel indique : « Le présent Mémoire est divisé en deux parties. La première comprend les recherches faites en 1896 et 1897 dans lesquelles, après avoir découvert les propriétés radiantes de l’uranium, j’ai étudié les caractères physiques du rayonnement nouveau. La seconde renferme mes travaux depuis 1898, époque à laquelle les nouveaux produits découverts par Mr. et Mme Curie donnèrent à la question une extension considérable en révélant des phénomènes que le faible rayonnement de l’uranium eût été, sinon impuissant, du moins beaucoup plus long à manifester ».

LE PRINCIPE DE RELATIVITÉ ET LA THÉORIE DE LA GRAVITATION.
Paris, Gauthier-Villars. 1922. 1 volume in-8 ; X, 342 pp.
Publication des leçons donnée par Jean Becquerel à l’Ecole Polytechnique en 1921 et 1922. L’ouvrage est divisé en deux parties : 1ère : La relativité restreinte. 2ème : La relativité généralisée – Gravitation et électricité.

Vous trouverez l’histoire de cette lignée exceptionnelle sur le net. On en rencontre quelquefois en sciences : les Cassini, les Curie, les Friedel … Leur bibliothèque était une bibliothèque de travail. Les livres étaient bien et solidement reliés, sans ostentation, comme je les aime.

Une indication pour les cristallographes : la librairie Brieux disperse actuellement la bibliothèque de la famille Friedel.

Merci Bernard,


H

3 commentaires:

Anonyme a dit…

A notre époque où les sciences sont si injustement vilipendées, existe-t-il encore des dynasties de physiciens ?

Merveilleuse et inépuisable librairie que celle de Bernard, et ses nombreux articles se passent de commentaires. Mais ce qui va sans dire va encore mieux en le disant.

René de B l C

Le Bibliophile Rhemus a dit…

L'appel avait déjà été lancé...
On attend le texte de Bernard avec impatience à la Rédaction de LA NRLA.

Pierre a dit…

Où, comment faire magistralement le grand écart entre la bibliographie, la biographie, la bibliophilie et la vulgarisation scientifique...

Bien sûr, un article dans la NLRA ! Descartes ou Newton auraient ma préférence... Pierre

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...