« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

frise2

vendredi 3 juin 2011

Les mots de la bibliophilie: les gravures à la poupée.

Amis Bibliophiles bonjour,

La gravure à la poupée apparaît à la fin du 18ème siècle. Jusque là, pour colorer une gravure, on utilisait l'aquarelle mais en 1765 le graveur vénitien Bartolozzi met en oeuvre un nouveau procédé pour ses gravures au pointillé.

Oeuvres Poissardes - Vadé - 1796 - 300 ex.
Le Dictionnaire Encyclopédique du Livre (T. III, "poupée", A.N.) décrit précisément le procédé de cette façon: il "consiste à déposer sur une seule plaque gravée la quantité d'encre nécessaire au remplissage des tailles pour chacune des couleurs. On utilise une poupée par couleur. Après essuyage de l'excédent d'encre, le tirage s'effectue en un seul passage sous presse, comme on le fait d'un tirage en une couleur unique"..."la difficulté tient à ce qu'il faut éviter de mélanger les encres entre elles lors de l'essuyage".

Oeuvres Poissardes - Vadé - 1796 - 300 ex.
Oeuvres Poissardes - Vadé - 1796 - 300 ex.
Pierre-Joseph Redouté utilisa cette technique pour certaines planches de l'Expédition d'Egypte et pour sa célèbre Monographie des Roses.

Oeuvres Poissardes - Vadé - 1796 - 300 ex.
Une série d'ouvrages en grand format (on comprend aisément pourquoi) sortis des presses des Didot et dont certains furent édités par Defer de Maisonneuve sont également fort connus pour être de très beaux exemples, ainsi les Oeuvres Poissardes de Vadé (1796), Les Amour de Psyché et de Cupidon ( 1797 et autres), Galatée, La mort d'Abel ou encore le Paradis Perdu.

Les Amours de Psyché et de Cupidon - Didot - 1797
Les Amours de Psyché et de Cupidon - Didot - 1797
Les Amours de Psyché et de Cupidon - Didot - 1797
Tirés en petite série, souvent sur grand papier, ces ouvrages sont aujourd'hui recherchés pour l'éclatante beauté de ces planches coloriées.

H

8 commentaires:

Pierre a dit…

La technique semble simple de principe mais irréalisable... Pouvait-on par cette méthode imprimer plusieurs feuilles de suite ? J'imagine qu'il fallait recharger fréquemment les lacunes ? Pierre

Anonyme a dit…

Oui, malheureusement Pierre, pour les gravures à l'eau-forte, avec une couleur ou plusieurs, il faut encrer à chaque tirage.

Sylvain.

Textor a dit…

Belle série, joliment colorée. Je ne connaissais pas cette technique.
T

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Textor,péché avoué à demi pardonné...
Fallait demander à DSK,le spécialiste de l'encrage à la poupée à chaque tirage ...

sebV a dit…

sauf qu'il a visiblement oublié l'étape de l'essuyage...

Le Bibliophile Rhemus a dit…

n'a pas pu...était tout nu...

Textor a dit…

Et d'ailleurs, pourquoi la poupée ? Hein, je vous le demande, Monsieur Bibliotrouvetou. Pourquoi pas le tampon encreur tout simplement? ou le pochoir ? qu'est-ce que les poupées viennent encore trafiquer dans cette affaire?
T

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Le tampon est appelé "poupée" à cause de sa ressemblance avec la "poupée" dont la fileuse garnit sa quenouille, faite d'un paquet d'étoupe ou de filasse.

Rhemus Bibliotrouvetou

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...