« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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mardi 4 octobre 2011

Bibliophilie et Sciences: le merveilleux pouvoir des aimants.

Amis Bibliophiles bonsoir,

Le pouvoir merveilleux qu'ont certaines roches d'attirer le fer a fait autrefois l'objet de nombreuses observations et de nombreuses recherches. Je vous présente trois ouvrages sur ce sujet parus vers 1700. Tout d'abord , un livre superbement illustré de Dalancé:

 
Traitté de l’aiman.
Amsterdam, Henry Wetstein. 1687. EO.
1 volume in-12 ; frontispice, (18), 140, (8) pp, 33 pl. {21 pl des fig. 1 à 28 et 12 pl des fig. A à N}


Joachim Dalancé [ou d’Alancé] (1640-1707), est un scientifique français, ami de Henry Oldfenbourg, lié à Leibniz et Huygens. Le traité est divisé en deux parties :  « La première contient les expériences ; la seconde les raisons que l’on peut en rendre ». Les figures sont dues à Adriaan Schoonebeek (1651-1705).

Dalancé est également l’auteur de Traittez des Barométres, Thermométres, et Notiométres, et ou Hygrométres paru chez le même éditeur en 1688.

Un deuxième ouvrage très curieux de Vallemont:
Description de l’aimant qui s’est formé à la pointe du clocher neuf de N.D. de Chartres...
Paris. 1692. EO.
1 volume in-12 ; (12), 215 pp.

L’abbé Pierre Le Lorrain de Vallemont (1649-1721), jésuite, docteur en théologie vint habiter Rouen, où il paraît que son caractère vif et inquiet le brouilla bientôt avec tous ses confrères. Il se rendit alors à Paris et se chargea de l'éducation du fils de M. Poilart, conseiller au parlement, et ensuite de celui du marquis de Dangeau. Il suivit son nouvel élève à Versailles, et il nous apprend lui-même qu'il y demeura dix ans. Il fut attaché ensuite, comme professeur, au collège du cardinal Lemoine où il rassembla un cabinet de curiosités. Il se retira à Pont-Audemer où il mourut en 1721, à l'âge de 72 ans.

Après un violent orage qui eu lieu en octobre 1690 et  qui ébranla le clocher de Notre Dame de Chartres on démolit celui-ci. « On trouva dans la démolition de la pointe de ce clocher, du fer qui en tenait les pierres jointes, et autour duquel il s’était formé une espèce de rouille épaisse, ou de croûte ferrugineuse, dont une partie est sans doute du meilleur aimant qu’on puisse jamais tirer des minières de la terre ». La Hire de l’Académie des Sciences, donne une interprétation de ce phénomène dans le journal des savants du 3 décembre 1691; mais Franklin a découvert le premier que le fluide électrique donne au fer les propriétés de l'aimant. L’auteur donne dans cet ouvrage une autre interprétation  ainsi que sa théorie générale du magnétisme.

Un troisième livre très rare de Puget:

Lettres écrites à un philosophe sur le choix d’une hypothèse propre à expliquer les effets de l’aiman.
[Lyon. 1702]. EO .
1 volume in-12 ; (2), 138 pp.

Louis de Puget (1629-1709), philosophe cartésien, et célèbre naturaliste, est l’un des fondateurs de l'Académie des Sciences de Lyon. Sa fortune lui permit de se monter un cabinet d'histoire naturelle, qui devint le plus riche de l'Europe en aimants et en microscopes. Ses découvertes sur le double courant de l'aimant, et sur la déclinaison de l'aiguille aimantée, lui valurent de la réputation, et en même temps une querelle avec Joblot.

L’ouvrage, recueil de trois lettres sur le magnétisme écrites à Joblot, débute par un simple faux-titre ; il semble avoir été distribué directement par l’auteur qui note, page 2 :  « Je me suis réservé tous les exemplaires, que je n’estime pas assez, pour consentir qu’on les achète ». Dans ces lettres, Louis de Puget soutient l’hypothèse des tourbillons de Descartes pour expliquer les effets de l’aimant. La seconde lettre est datée de Lyon, juillet 1699 et la dernière et troisième de Lyon, août 1699. (Journal des Sçavans du lundi 31 juillet 1702, pages 512 et 513).             

Bernard

8 commentaires:

calamar a dit…

article très intéressant, comme toujours. Et qui va bien finir par nous faire nous pencher sur ces livres scientifiques, dont la cote va forcément monter...

Textor a dit…

Article magnétique, merci !
T

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Très intéressant, comme toujours, bien sûr. Sujets sérieux et pointus, raisons peut-être de l'indifférence relative des foules...?

Pendant que je vous ai sous la main, si je puis m'exprimer ainsi, connaissez-vous le lieu et la date de naissance du mathématicien Jean-Baptiste Labey, qu'on ne donne que vers 1750 en Normandie, et peut-être en 1752 en Calvados ?

Bernard a dit…

D'après l’École polytechnique, Jean Baptiste Labey est né le 18 juin 1852 à La Chapelle Infraix (?)dans le Calvados. Il fut professeur de Bonaparte à l’École Militaire de Paris. Il enseigna les mathématiques à l’École Polytechnique de 1799 à 1807 et de 1812 à 1814.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Merci !
Suffisait de demander...
18 juin 1752 à La Chapelle-Hainfray,rattachée en 1865 à Valsemé (Cavados).

syllabe a dit…

Coup de foudre pour cet article .

Pierre a dit…

Excellent article. L'histoire de la science est passionnante, présentée comme cela ! Pierre

Anonyme a dit…

Non ! Calamar, ne pas se pencher sur les livres scientifiques. Contrairement aux apparences, nous ne sommes déjà que trop nombreux.

René

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