"La bibliophilie est une éthique de la curiosité, un ensemble cohérent de gestes et d'attentions qui repose sur un système de valeurs et la maîtrise d'un savoir."

Yann Sordet, Directeur de la Bibliothèque Mazarine (DEL t.I, 2002, p. 286)


Fait divers: un relieur se guillotine avec un massicot

vendredi 30 décembre 2011

Amis Bibliophiles bonjour,

C'est une effroyable découverte que firent deux ouvriers relieurs en arrivant comme chaque matin à l'atelier de leur employeur. Ils parlaient du naufrage d'un navire ou encore de cette manifestation de croque-morts, mais ils étaient loin d'imaginer que l'horreur à laquelle ils allaient être confrontés... 


... mais laissons plutôt le Supplément Littéraire Illustré du Petit Parisien en date du dimanche 19 juin 1910 nous en dire plus sur cette triste affaire... 

"Tous nos lecteurs ne savent pas ce qu'est un massicot. Le "massicot" est une machine destinée à couper le  papier et dont la pièce principale est une longue et forte lame qui, actionnée par une force motrice, tranche des épaisseurs considérables de feuilles de papier avec autant d'aisance qu'un couteau entre dans une motte de beurre.
C'est cet appareil qui servit, il y a quelques jours, à un malheureux désespéré pour se suicider. 

En pénétrant dans l'atelier de reliure où ils sont employés, 37 rue de l'Amiral-Roussin, deux ouvriers, Philippe Cordebaigt et Antoine Lassouche, reculèrent terrifiés. Au milieu de la pièce, leur patron, M. Stanilas Ruffin, célibataire, âgé de cinquante-trois ans, gisait sanglant. Le malheureux, affolé par le mauvais état de ses affaires, s'était tué en choisissant un horrible mode de suicide.

Le désespéré, en effet, avait passé le cou dans le talon du massicot et avait jouer le déclic. L'appareil avait rempli le rôle d'une véritable guillotine. La tête, horriblement grimaçante, et presque détachée du tronc, ne tenait plus que par quelques lambeaux de chair et restait suspendue au dessus d'une mare de sang noirâtre et coagulé.

Les ouvriers allèrent avertir M. Coueille, commissaire de police du quartier Necker, qui procéda aux constatations d'usage."

Etait-ce pour la qualité de son travail ou pour ce trépas mystérieux...? Stanislas Ruffin n'eût pas droit aux égards du Fléty. La chose est désormais réparée. 

H

7 commentaires:

Bernard,  30 décembre 2011 11:33  

Bravo Hugues!!! Bonne ambiance pour les fêtes!!!!

Hugues 30 décembre 2011 11:35  

Rires!
Demain, il y aura un conte de Noël. Promis.
Hugues.
P.S.: personne ne trouve ça bizarre?

Anonyme,  30 décembre 2011 12:07  

Il ne s'agit pas d'un suicide mais d'un meurtre ! L'affaire était pourtant facile à élucider... (le bras n'est pas assez long pour atteindre la barre du massicot) Hercule Gandillet - le frère.

Hugues 30 décembre 2011 12:11  

Elémentaire mon cher Hercule, reste à connaître le mobile... Bibliophile déçu, confrère jaloux, ouvriers mal payés?
H

Textor 30 décembre 2011 15:02  

L'histoire ne dit pas si la peau de ce relieur a servi à couvrir une édition du Guillotin de Courson...

Olivier,  30 décembre 2011 16:17  

Un bibliophile a qui on avait rendu son exemplaire "un peu court en tête" évidemment.
;-)
Olivier

Pierre 30 décembre 2011 23:01  

Des confrères qui en voulaient à sa peau, sans doute ;-)) Pierre

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