« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

mardi 31 mai 2011

Les mauvais comptes de Balzac l'éditeur, suite....

Amis Bibliophiles bonsoir,


Jean-Paul complète ce soir l'article d'Olivier sur Balzac éditeur....


Pour les bibliophiles, le plus précieux des deux ouvrages édités par Honoré de Balzac en 1826
est un in-octavo intitulé Œuvres complètes de La Fontaine ornées de trente vignettes dessinées par Devéria et gravées par Thompson [portrait de La Fontaine] Paris A. Sautelet et Cie, place de la Bourse. [filet] Imprimerie de Rignoux, rue des Francs-Bourgeois-S.-Michel MDCCCXXVI.


Cet ouvrage porte en effet au verso du faux-titre : « H. Balzac, éditeur-propriétaire, rue des Marais-S.-Germain, n° 17 ». Suit une notice sur la vie de La Fontaine par Balzac. Les vignettes sont étonnamment médiocres : le graveur, Charles Thompson (1791-1843), ne semble pas pourtant avoir trahi les dessins d’Achille Devéria (1800-1857), mais le dessinateur n’était pas un animalier !


Le texte est imprimé sur deux colonnes (sauf la notice de Balzac qui est à longues lignes) en caractère dit « mignonne ». Le volume fut tiré à 3000 exemplaires sur papier cavalier vélin de la fabrique Montgolfier d’Annonay.

Rignoux était imprimeur de l’Ecole de médecine.

Il existe des exemplaires portant sur le titre le nom et l’adresse de « Baudouin frères, rue de
Vaugirard » au lieu de « Sautelet et Cie ». Les exemplaires avec couverture sont rarissimes. Il a été tiré 1 exemplaire sur papier de Chine.

On sait que Balzac, mauvais gestionnaire, était menacé par la ruine. Espérant s’en sortir ainsi, Balzac céda l’édition du La Fontaine au libraire Alexandre Baudouin qui le paya en créances sur trois autres libraires ! L’un d’eux était Charles-François Frémau (et non Frémeau), libraire à Reims, rue Pavée d’Andouilles (aujourd’hui rue du Cadran-St-Pierre) sur lequel on sait peu de choses. Il avait édité en 1825, avec Baudouin et l’imprimeur Joseph Tastu, le célèbre in-8° de C. Leber « Des cérémonies du sacre », avec 48 planches du sacre de Louis XVI gravées par Patas et retouchées. 

Frémau était en faillite et, comme Balzac, voulait régler cette affaire à l’amiable. Après de nombreux échanges épistolaires, Frémau réussit à payer Balzac en livres de son fonds!

H

dimanche 29 mai 2011

La parole aux bibliophiles: un mauvais livre de Balzac, ou Balzac imprimeur

Amis Bibliophiles bonjour,


Un mauvais livre de Balzac ou une petite babiole bibliophilique qui m'est tombée entre les mains par hasard.


Voici donc un petit livre (deux volumes reliés en un) qu'un bibliophile (anonyme) a cru bon de faire relier en maroquin et d'indiquer en queue du dos « H.B. ». Le texte est un grand classique, Les contes de La Fontaine. Rien de très original.


La bibliophilie comme le diable va se nicher dans les détails car le livre, à proprement parler, n'a rien pour lui qui semble justifier de le préserver de cette manière. A vrai dire, ce livre, il est presque illisible. Typographie trop petite, aération absente, justification approximative (je suis poli).


A quoi bon casser sa tirelire (la reliure est simple, mais le maroquin reste une peau chère) pour un aussi mauvais livre ?

Mais voilà, c'est une des impressions de Balzac.


Eh oui c'est donc le Balzac imprimeur. Il vient d'abandonner l'édition (de La Fontaine déjà...) et de se faire imprimeur. Il y laissera une montagne de dettes (113 000 francs).

On ne dira jamais assez merci aux bibliophiles qui nous précèdent. Qui irait sauver et recouvrir de maroquin un mauvais livre (au plan technique) d'un grand auteur dû à celui que cette expérience malheureuse et ruineuse de l'édition puis de l'imprimerie inspirera Les illusions perdues.

Au numéro 103 de la vente de la bibliothèque de Mme Anne-Marie Meininger, grande spécialiste de Balzac (Tajan, 15 mars 2007) on trouve ces deux volumes dans une demi-reliure veau et des défauts (mouillures) que mon exemplaire n'a pas et la mention « Très rare impression balzacienne ». Estimé 150-200 euros il n'atteint finalement que 121 euros (merci à ebibliophilie.com en passant). La médiocrité n'est jamais récompensée...

J'en profite pour citer la « maîtresse de maison » (Mme Meininger) à propos de Balzac imprimeur :
“En mars 1826 Balzac achète pour 30.000 francs un fond d’imprimerie situé 17 rue des Marais-Saint-Germain, actuelle rue Visconti. Le mois suivant, en avril 1826, il sollicite un brevet d’imprimeur, qu’il obtient le 1er juin sous le N° 2354. L’une des premières déclarations d’impression faites par Balzac sera la
Physiologie du mariage ou méditation sur le bonheur conjugal. Pensant qu’un imprimeur doit fondre ses caractères Balzac deviendra fondeur de caractères mais cela ne sauvera pas son imprimerie, dont
les difficultés financières sont essentiellement dues à la grande crise économique des années 1826-1830.
En avril 1828 , il doit renoncer à la fonderie en faveur d’Alexandre de Berny et en août 1828 il vend son fond dont le passif s’élève à 113.000 francs. Il aura donc imprimé pendant deux années de 1826 à 1828. La liste complète de ces impressions n’ a jamais pu être établie.” Anne-Marie Meininger

Sur cette période de la vie de Balzac qui n'a alors pas encore 30 ans :http://fr.wikibooks.org/wiki/Utilisateur:Kerguelen
Sur Balzac imprimeur : http://balzac.typographie.org/bio/balzac.html

Olivier

jeudi 26 mai 2011

Ebayana: belles reliures, impressions anciennes, ouvrages de bibliophilie...

Amis Bibliophiles bonjour,



















Hum... ça laisse rêveur:










H

mercredi 25 mai 2011

Actualités Caziniennes ou des nouvelles du futur ouvrage de référence sur (les) Cazin

Amis Bibliophiles bonjour,


La souscription au Cazin, l’éponyme galvaudé est théoriquement close depuis le 22 mai, à minuit : les cazinophiles, du moins ceux qui auront reçu l’information, sont 120. Nous sommes donc loin du nombre nécessaire pour faire rouler les presses …
Etiquette du libraire Cazin, à Reims

Le 9 mai dernier, le professeur Frédéric Barbier, qui m’avait invité à faire une conférence à l’École pratique des hautes études, m’a proposé d’appuyer ce dossier auprès d’une grande maison d’édition, à la rentrée de septembre, et de laisser la souscription se poursuivre jusque là.

Sauf avis contraire des souscripteurs, que je préviendrai par courrier individuel, j’ai retenu cette solution qui est aujourd’hui la seule réponse positive à ce projet éditorial, qui n’est effectivement pas une bonne opération commerciale pour un éditeur.

Portrait : et si c'était lui ?
Pendant ce temps, les recherches sur Cazin, qui se poursuivent, permettent :

1. de lancer un appel : je recherche un exemplaire du Traité économique et physique des oiseaux de basse-cour, par Pierre-Joseph Buchoz, publié en 1775 et portant, évidemment, l’adresse « A Rheims, chez Cazin, Libraire ».

2. de voir évoluer Cazin, l’éponyme galvaudé : c’est aujourd’hui un in-8° de 382 pages, avec 72 illustrations à pleine page, dont plusieurs inédites.

J’espère que la publication se fera cet automne et qu’ainsi je pourrai, enfin, passer la main à de jeunes chercheurs : le sujet, qui couvre la moitié du XVIIIe siècle, est en effet loin d’être épuisé.

Donc, si vous le voulez bien, la souscription reste ouverte pendant tout l’été.

Jean-Paul Fontaine

dimanche 22 mai 2011

Quand la reliure faisait la Une des journaux ou une reliure aux armes de Catherine de Médicis dénichée en brocante... O tempora, o mores

Amis Bibliophiles bonjour,

Il faut avouer qu'on ne croise pas tous les jours une reliure aux armes de Catherine de Médicis, même au Grand Palais. Aussi quand mon oeil endormi se posa sur l'étal de cette brocante, je franchis en un temps record les quelques mètres qui me séparaien du stand. Mon jour était venu, effacé le Lycosthènes de Montaigne, oublié le tome de la Bible de Gutenberg retrouvé dans un presbytère, à moi la gloire, ou au moins la joie de dénicher ce petit trésor... dont je devinais qu'il était de format in-folio.


Las, plus je m'approchais, plus la joie s'estompait. Ce que j'avais déniché était en fait le numéro de Noêl 1929 de l'Illustration (L’Illustration est un magazine hebdomadaire français publié de 1843 à 1944. Il connut 5 293 numéros, soit 180 000 pages environ), dont une partie est consacrée aux "Belles reliures de la Bibliothèque Nationale". Je fis contre mauvaise fortune bon coeur et m'acquittais le coeur léger de la modique somme demandée, aussi bien pour ne pas rentrer bredouille (ce qui est l'habitude du bibliophile en brocante, vous le savez tous) que pour me plonger avec délice dans l'article proposé par Emile Dacier (1876 - 1952, archiviste paléographe, conservateur adjoint à la bibliothèque nationale, inspecteur général des bibliothèques et des archives; Secrétaire de rédaction de la "Revue de l'art ancien et moderne).


Celui-ci nous invite à découvrir cet "art mineur" qu'est la reliure au travers d'une douzaine de reliures anciennes conservées dans la Réserve de la Bibliothèque Nationale, d'un superbe évangéliaire de Metz (or, ivoire, pierres précieuses et émaux cloisonnés) aux reliures aux armes du XVIIIème siècle. 


Ce qui frappe, en dehors de l'évidente qualité des reliures présentées, qui ne surprendra personne, c'est la beauté des planches proposées par l'Illustration qui méritait parfaitement son nom. 


Dacier conclue par ses mots: "Et puis, qui sait? D'avoir admiré tant de chefs-d'oeuvre, peut-être un visiteur, jusqu'alors insoucieux de ces choses, sera-t-il touché par la grâce, c'est-à-dire frappé de respect pour les vieilles reliures - pour toutes les vieilles reliures, fussent-elles simplement revêtues d'un humble veau fauve et tout juste relevées d'un filet d'or sur leurs plats, comme celles que l'on s'avise aujourd'hui de transformer en bonbonnnières, après avoir éventré le livre qu'elles protégeaient et dont elles ne sont plus désormais que le couvercle dérisoire.".

Ce qui me frappe moi, c'est qu'à l'aube des années trente, la bibliophilie faisait encore suffisamment partie de de la vie "courante", pour qu'un périodique comme l'Illustration lui accorde sa Une. Nous en sommes loin désormais. Faut-il s'en réjouir?

H

P.S.: je n'ai pu résister... j'ajoute quelques publicités qui ont aussi fait le charme de l'Illustration


jeudi 19 mai 2011

Ebayana: belles reliures, impressions anciennes, ouvrages de bibliophilie...

Amis Bibliophiles bonsoir,
Voici une sélection d'ouvrages en vente sur ebay.

EROTICA. AMOURS DE ZOROAS ET PANCHARIS. 1802. GRAVURES

DE LACLOS "LES LIAISONS DANGEREUSES" E.O. 2/2VOL 1782

L'ART de BOIRE + Poèmes + 1648 + plein MAROQUIN VERT

++ PLEIN MAROQUIN NOIR + COQUILLART + Oeuvres + 1857 ++

Marquise de SEVIGNé +LETTRES+ 1726 ++ EDITION ORIGINALE

HISTOIRE DES PIRATES ET CORSAIRES - CHRISTIAN

SUPERBE ! Régnier +SATYRES+ 1733 + ENCADREMENT ROUGE

Lamartine, Voyage en Orient, Lemerre, 1887

BIBLIOPHILIE_Bibliothèque Raphaël ESMERIAN_1973

RACINE +1687 +OEUVREs +12 GRAVURES, complet + MAROQUIN

HAMILTON Memoires de Grammont RELIURE signée Ruban

Catalogue vente beaux livres DROUOT G. CHANCEL 1891

1681 BIBLIOPHILIE MAROQUIN AUX ARMES PASTICHES COLBERT

1624 EXEMPLAIRE AUX ARMES DE FRANCOIS-AUGUSTE DE THOU

LA FONTAINE + CONTES + 1668 +RARISSIME+ PLEIN MAROQUIN

LIVRE AUX ARMES DE MAZARIN-FLEURS DE LYS ET L COURONNES

Fables La FONTAINE, 2 VOL, MAROQUIN ROUGE, 1789.

VOYAGE AMERICANA RARE Commerce Angleterre et USA 1749

RELIURE MAROQUIN BLEU signée Capé - ELZEVIR - 1679 -

1839 H. DE BALZAC EO UN GRAND HOMME DE PROVINCE A PARIS

Flaubert, EO Tentation de Saint Antoine, 1874

CARTONNAGE GRANDVILLE ANIMAUX Gravures EO HETZEL 1842 d
EMILE ZOLA LE REVE EDITION ORIGINALE NUMEROTEE HOLLANDE GRAND PAPIER 
BROCHE SOUS CHEMISE ETUI EN MAROQUIN 1888

Rare LES BIGARRURES ET TOUCHES DU SEIGNEUR DES ACCORDS recueil étrange sur les REBUS, FAUX SORCIERS &c, 1662

H

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