« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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lundi 2 janvier 2012

Conte de Noël pour bibliophile: deux bois de Gustave Doré pour le Don Quichotte et le La Fontaine sauvés du feu.

Amis Bibliophiles bonjour,

L'édition de Don Quichotte publiée par Hachette en 1863 (L'Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche. Avec 370 gravures de Gustave Doré, A Paris, Hachette, 1863, deux volumes in-folio) est l'un des grands livres de la bibliophilie, elle réunit en effet deux immenses noms (4 si on compte Viardot et Hachette), l'auteur Cervantès et l'un des plus grands illustrateurs français, Gustave Doré.

C’est à la demande du public et des éditeurs que Doré s’orienta vers les grands formats. Le Don Quichotte faisait partie de ses projets dès 1855 et c’est suite à sa rencontre avec Louis Viardot, auteur d’une nouvelle traduction, qu’il se lança dans l’aventure.

L’ouvrage fût édité par Hachette et connût immédiatement un grand succès: Doré connaît l’Espagne et son Don Quichotte "est un personnage noble, exalté et tragique, un rêveur idéaliste condamné à souffrir dans un monde insensible au message qu’il veut porter. Doré accentue ainsi les effets dramatiques. La dimension comique du personnage est alors reléguée. En réalité, Doré nous montre un personnage baignant complètement dans le Romantisme de l’époque… Ses gravures en pleine page, aux décors fouillés, amples, profonds et spectaculaires, composent probablement l’ensemble le plus emblématique de l’iconographie du Quichotte, en France, en Espagne et au-delà, tous siècles confondus.".

Si l'ouvrage reste dans la mémoire des bibliophiles, chez nos amis de Hachette, un livre chasse l'autre et les bois qui ont servi à graver ces merveilleux ouvrages devinrent vite fort encombrants... Aussi au fil du temps les employés de l'auguste maison prirent l'habitude de démarrer le feu du poêle avec le bois trouvé dans les locaux. 

C'était encore le cas dans les années 1960, soit un siècle après la parution du Don Quichotte de Doré, et c'est à ce moment précis qu'un ami d'une des lectrices du blog sauva du poêle deux bois, dont l'un du Don Quichotte (l'autre provenant sans doute d'une fable de La Fontaine)... Deux de sauvés pour combien de sacrifiés? Nous ne le saurons jamais, mais comme les bureaux d'Hachette n'ont jamais hébergé de forêt, on peut frémir...

Les bois sont aujourd'hui dans les mains d'orfèvre de Claire et c'est très rassurant. 

Le premier issu du Don Quichotte, mesure 123 x 82 x 20 mm., il porte au verso l'inscription "Ch XXIII - 1er volume". Il n'a plus son cartonnage, mais porte bien la signature de Doré. En vérifiant dans mon exemplaire, il s'avère que ce sont très exactement les dimensions de la gravure qui termine le chapitre 23.




Le second bois est issu d'une boîte qui contenait à l'origine deux bois gravés et qui porte l'inscription "Le Rat et l'Eléphant". Il est également signé Doré et ses dimensions sont 168 x 78 x 23. Il est fort probable qu'il vienne du La Fontaine illustré par Doré, mais ne le possédant pas, je suis incapable de situer cette gravure, et la scène ne montre ni rate, ni éléphant. :)




Deux bois donc qui furent sauvés des flammes, un joli conte de Noël si on oublie les stères qui furent sacrifiés au confort des employés de Hachette jusqu'à la fin des années 60... Vive le chauffage central.

H

3 commentaires:

Bertrand a dit…

Pour mémoire :

http://bibliophilie.blogspot.com/2008/01/gustave-dor-un-bois-original-pour-le.html

C'est bien la mémoire !

Meilleurs voeux !

B.

Anonyme a dit…

Bonjour,

En générale toutes les matrices sont détruites lorque une édition est terminée. C'est bien triste mais il en a toujours été ainsi. Aujourd'hui certains artistes se limitent à faire un petit trou dans la plaque lorsqu'il ságit d'une eau-forte pour éviter tout usage illicite et rendre possible sa commercialisation future.

J'ai eu l'occasion de voir une exposition à Bilbao, il y a quelques années, ou étaient mis en regard les dessins à l'encre de chine réhausées de craie blanche de G. Doré et les gravures sur bois effectuées par H.Pisan(le 5ième grand nom)à partir de ces originaux. La comparaison en dit long sur le talent du graveur qui arrive à traduire sans trahir G. Doré bien que la technique utilisée soit différente.

Salutations depuis Madrid et meilleurs voeux à cet excellent blog.

Sylvain

Daniel a dit…

C'est bien le bois utilisé dans le bandeau de la fable le rat et l'éléphant page 511 de l'édition Hachette 1868 dont j'ai un exemplaire en main, le deuxième bois absent devait sans doute être le petit rat placé en fin de fable en cul de lampe. Chaque fable avait en général un bandeau , un cul de lampe. Parfois un hors texte en plus.

Daniel B.

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