« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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samedi 31 mars 2012

Les expressions de la bibliophilie: "couverture d'époque et dos conservés"

Amis Bibliophiles bonjour,

"Couverture d'époque et dos conservés", le bibliophile croise très souvent cette expression dans les notices des libraires ou des catalogues de vente aux enchères. Son sens est assez évident à comprendre, cela signifie qu'au moment de relier l'ouvrage, le relieur a préservé la couverture brochée de l'époque, voire le dos, le plus souvent relié à la fin de l'ouvrage. Cette mention accroît généralement la valeur d'un ouvrage, mais savez-vous pourquoi?

Cette mode est apparue au 19e siècle (auparavant, les ouvrages étaient livrées sous couverture d'attente, en général vierge, au relieur, qui les enlevait avant de relier l'ouvrage), et elle a trouvé son origine dans deux tendances de fond de la bibliophilie de ce siècle, qui se sont succédées.

Pour les bibliophiles de l'époque romantique, conserver la couverture brochée, et surtout le dos était capital. Aux yeux de ces puristes, les exemplaires reliés dont la couverture brochée et le dos avaient été conservés étaient des exemplaires parfaits et complets, parce qu'ils étaient rebrochables à tout instant pour peu que l'on cassât la reliure. Le processus était totalement réversible à condition que le dos soit présent. Vandérem cite d'ailleurs l'exemple d'un bibliophile l'ayant invité à visiter sa bibliothèque de livres brochés. A son arrivée, il découvre des rayonnages complets de riches reliures signées, signifiant sa surprise, il se voit répondre par son hôte: "(cet ouvrage est bien broché), il est complet: marges, couvertures, dos. On n'a qu'à casser la reliure (sic) pour en faire un broché".

Logiquement, un Vandérem relié en demi-maroquin, mais dont couverture et dos ont été conservés.
A partir du second empire, cette tendance fût renforcée par la multiplication des papiers proposés pour chaque ouvrage, qui entraînait une plus grande diversité des prix pour un même ouvrage. Dans la recherche de l'exemplaire parfait sur grand papier, conserver la couverture de l'époque sous la reliure était un atout de plus pour un ouvrage, mais c'est à partir de ce moment là que l'importance du dos est devenue encore plus grande: en effet, les prix étaient généralement inscrits sur les dos et conserver le dos permettait également de connaître le type d'exemplaire auquel on avait affaire dans le cas où l'on est pas le premier propriétaire de l'ouvrage. 

Personnellement, il m'est arrivé d'avoir des difficultés à identifier le tirage et le grand papier d'un ouvrage, et c'est une indication dans le Vicaire qui m'a permis de trouver la bonne réponse, parce que le prix était inscrit au dos de la couverture brochée, qui avait été conservée.



L'EO de Une vie de Maupassant, avec sa couverture et son dos conservés.
La date et le dos qui porte le prix qui permettent de l'identifier selon le Vicaire.

Sans parler de réversibilité et de casser une reliure pour rebrocher un exemplaire, les ouvrages reliés dont la couverture d'époque a été conservée ont donc une valeur bibliophilique plus grande, qui s'accroît encore lorsque le dos est aussi présent, ce qui est plus rare. Soyez attentifs, la couverture, premier et second plat, ainsi que le dos, peuvent parfait avoir été reliés en fin d'ouvrage.

Si l'on en croît Clouzot, dans son Guide du bibliophile français (Chapitre III - Notions générales de Bibliophilie pratique), "certains volumes de l'époque romantique ont eu la mauvaise chance d'être reliés trop tard. Trop tard pour qu'ils puissent prétendre à posséder une reliure d'époque, trop tôt pour avoir connu la mode de la couverture conservée et des marges intactes. En principe, et à moins qu'il ne s'agisse d'ouvrages extrêmement rares ou possédant une particularité attachante, ces exemplaires sont à rejeter" Vous savez ce qu'il vous reste à faire.

H

29 commentaires:

calamar a dit…

Carteret publie de nombreux exemples de couvertures, tout en signalant qu'elles sont extrèmement rares, car les relieurs les supprimaient systématiquement. A quel moment a-t-on commencé à les conserver ? sans doute pas très tôt dans le siècle, j'imagine.

Jacques L. a dit…

Excellente idée de revisiter ainsi les expressions "parallèles" de la bibliophilie. Avec la couverture, bien sûr! Je suis suis toujours dépité quand je croise un grand texte, dans une grande reliure, mais sans la couverture brochée et le dos.
Il manque quelque chose, c'est certain.
Jacques L.

Textor a dit…

Voilà, Viens de finir de dépecer la reliure XIXème d’un Zola, pour retrouver la pureté de l’original broché.
Je vais tout de même insérer le maroquin dans l’ouvrage et marquer dans le catalogue « Reliure de Lortic conservée ».
T

Hugues a dit…

Oufle, sujet déjà évoque sur le blog, ici:

http://bibliophilie.blogspot.fr/2007/06/lnigme-n2.html

et ici:

http://bibliophilie.blogspot.fr/2007/04/une-histoire-de-bibliophile-ou-comment.html

Pierre a dit…

Je trouve, pour ma part, disgracieux et par trop ostentatoire de conserver le dos à un exemplaire relié. Question de mode, surtout. C'est différent pour des plats en bel état qui, s'ils sont illustrés, gardent alors leur fraicheur.

Pierre

Daniel a dit…

J'ai en main un exemplaire dans lequel le relieur a eu l’intelligence de démonter et conserver en un seul bloc les deux couvertures et le dos, et les a transformés en une sorte de planche dépliante in fine de l'ouvrage. L'ensemble de la couverture formait une grande illustration passant par le dos, qui apparaît maintenant au grand jour, alors que livre broché fermé, seul un oeil exercé l’aurait remarqué.Je trouve que l'idée est bonne et c'est dommage que cette solution ne se rencontre pas plus souvent, le dos étant probablement souvent trop difficile à décoller sans le désolidariser des plats ?? Et là vous pouvez re-brocher le livre avec la couverture intacte :))

Daniel B.

Olivier a dit…

Pour être complet, Vandérem recommandait (pour la période romantique) deux états : brochés ou en reliure strictement de l'époque (soit sans dos et couvertures que les relieurs ne conservaient pas à l'époque) et se moquait de ce fétichisme qui conduisait à de monstrueuses reliures anachroniques. Pour faire court, il préférait les modestes demi-reliures (il défend même les demi reliure en percaline, c'est vous dire) pour peu qu'elles soient d'époque à des volumes richement reliés 30 ou 50 ans après.
Dans le genre pêcheur dans le désert...
Olivier

PEL a dit…

A propos des 2 derniers billets et notamment des commentaires autour de l'ouvrage "l'histoire des imaginations... de M. Oufle"

Peut-on encore relier un broché XVIIIème ? Quels critères choisir pour respecter les "bonnes règles" de bibliophilie ?

La reliure sur le Oufle est moderne, probablement du XXème, vraisemblablement exécutée par un amateur : le choix du veau vert, dos et faux-nerfs approximatifs, coiffe irrégulière, tranche file qui semble mécanique, les gardes dont le motif est peu judicieux si on se réfère à un ouvrage de 1710 et dont l'application n'est pas parfaite : trop courtes en gouttière et des défauts au niveau du mors et du plat. Difficile de parler de "reliure en parfait état". Enfin un choix curieux : la récupération de l'ancienne étiquette de titre qui a été directement collée sur la peau. À l'avantage du relieur, le livre est maintenant protégé et il n'y a pas eu de rognure supplémentaire même en tête

Ceci dit comment faire ? Imaginons un broché XVIIIème, avec sa couverture dominotée et son étiquette de titre. Vous voulez le faire relier pour le protéger, l'habiller, et en profiter pour le nettoyer parce qu'il est plein de poussières avec des coins de pages cornés et sales. Une solution serait de la garder broché avec une boîte ou un étui mais vous préférez le faire relier.

Plus personne n'imagine jeter le papier dominoté et l'étiquette. Il faut imaginer une reliure conservant les deux : 2 choix possibles, soit recréer 2 couvertures et un dos portant l'étiquette et relier le livre ainsi, soit garder la couverture en un seul tenant comme le décrit Daniel.

Ensuite le livre lui-même et notamment les tranches : si on veut respecter la technique XVIIIème, alors il faut rogner les 3 côtés et soit dorer soit colorer. Là encore il me semble qu'on ne rogne plus qu'en tête, essentiellement pour protéger l'ouvrage de la poussière. Laisseriez-vous cette tranche de tête blanche, avec une couleur ou dorée ?

Le choix des gardes : à l'imitation des marbrés de l'époque ou on s'autorise un peu de fantaisie, sachant que de toutes façons, il s'agira d'une reliure "moderne"

Enfin la couvrure : suivre Vandérem d'après Olivier ? Mais c'est compliqué : il n'y a plus le choix qu'entre la reliure d'époque ou garder le livre broché. J'ai lu aussi sur ce blog que la seule couvrure acceptable sur ce type d'ouvrage était un plein maroquin janséniste.

On arriverait donc par exemple à un exemplaire XVIIIème ayant conservé sa brochure initiale (les 2 plats, le dos et son étiquette), rogné et doré en tête, recouvert par un plein maroquin. C'est sûr que c'est anachronique, mais auriez-vous une meilleure solution ?

PEL a dit…

PS : le lien pour le Oufle :

http://cgi.ebay.fr/1710-Histoire-des-Imaginations-extravagantes-de-M-OUFLE-par-lAbbe-BORDELON-/260992443143?pt=FR_GW_Livres_BD_Revues_LivresAnciens&hash=item3cc45ca307

Lauverjat a dit…

Bonsoir,
Une solution que j'ai mise en oeuvre pour un fin XVIIIe:
Utiliser la couverture de papier dominoté (restauré) pour les gardes. Récupérer l'étiquette de titre soit sur une seconde garde blanche celle là (sorte de faux titre) soit au contre-plat. Ne rien rogner du tout. Faire une demi-reliure veau brun sobre, peut-être à dos plat si le volume est peu épais, avec un papier à la cuve dans le goût de l'époque mais pas tout à fait pour marquer subtilement la date de la reliure. La pièce de titre dorée en caractères proches de la composition typo mais modernisés, sans abréviation et avec la date du livre.
Lauverjat

Barnabooth a dit…

Mais si l'on vous suit bien, Lauverjat, ne finit-on pas par obtenir des trucs qui ressemblent à ça ?

http://cgi.ebay.fr/ws/eBayISAPI.dll?ViewItem&item=290683730929&ssPageName=STRK:MEWAX:IT&_trksid=p3984.m1438.l2649#ht_13663wt_1602

C'est peut-être un pis aller plus ou moins "bibliophiliquement compatible" (plutôt moins, en l'occurence) mais ça n'en reste pas moins une horreur visuelle, à mon sens (ne serait-ce que par le choix de la percaline et du bradel)...
Dommage : "Le pédant joué" est un texte que j'adore, mais, mais ... ca a été l'une des rares fois où la reliure m'a dissuadé d'enchérir sur un livre.

calamar a dit…

ah, ce dernier exemple de reliure est vraiment un repoussoir. Mais Lauverjat parle d'un demi-veau, pas d'une demi-percaline assez mal choisie...
Ceci dit, la percaline, plus discrète, peut être une solution en cas de nécessité : on voit bien que ce n'est qu'une reliure d'attente, pour la conservation.
Il y a aussi les vélins/parchemins, qui s'accordent bien aux livres anciens, je trouve, autant qu'aux modernes.

Textor a dit…

Les goûts et les couleurs, cela ne se discute pas…. Si la beauté est la forme de la finalité d'un objet en tant qu'elle y est perçue sans la représentation d'une fin, alors ces reliures sont belles….
Par ailleurs, il est toujours possible de les arracher et d’en mettre une autre, cela ne doit pas empêcher d’acheter un livre qu’on aime.
T

Barnabooth a dit…

"Arracher" la reliure de ce Pédant Joué, Textor, vous n'y pensez pas !

Vous perdez ainsi un témoignage historiquement et bibliophiliquement essentiel sur les spécificités de la reliure amateur du début du XXIe siècle...

C'est toujours le même problème : où est le sacro-saint Authentique ? Je suis sûr que les bibliophiles du XVIIIe fronçaient le nez lorsqu'ils voyaient un livre imprimé dans le Quartier latin et relié dans le Marais.

Daniel a dit…

J'en reviens toujours à la peau de néant de ce cher Vian la seule qui habille tous les livres . Plaisanterie mise à part, je trouve que lier grande modernité et livre très ancien peut être plaisant et authentique.Un peu comme la pyramide dans la cour du Louvre. J'ai actuellement un beau livre in folio de Erasme imprimé par Gryphe en 1541 sans plat, reste la couture sur double nerf en v d'époque superbe et apparente, et les deux marques d'imprimeur au titre et dernier feuillet actuellement apparentes mais non protégées. La marque du dernier feuillet entourée de Gloses manuscrite en écriture humanistique...Que faire ??? Il est depuis plusieurs année en l'état car j’hésite sur la solution. Je souhaiterai une reliure en rien! Donc probablement en plexiglass ou une boite qui laisse visible coutures et marques d'imprimeur...tout en protégeant efficacement le livre.Si c'est très bien réalisé, avec de beaux materiaux, cela devrait être très beau. Un relieur sur Lyon a ainsi fait des boites plats plexi, dos maroquin titré qui sont très bien finies et sobres.Je vais probablement tenter cette solution, avec ce relieur ?

Daniel B.

Vicente a dit…

Moi c'est pareil : j'ai une bible en français de 1547 dont la reliure est abîmée.
Je songe à traiter les pages à l'eau de Javel pure pour les blanchir un peu (c'est un peu sale), à le rogner bien près du texte (ça fait plus propre, comme les cheveux), et à le thermocoller chez le relieur en bas de chez moi. ...

à moins que.. la reliure à spirales peut-être ?
Ce côté modeste sera tout à fait dans l'esprit de pauvreté et de renoncement aux biens du monde prôné par NS Jésus Christo.

Anonyme a dit…

Vicente un seul mot me vient à l'esprit :
- "excellent.... !"
Quand au relieur de Lyon, la plasturgie est un beau métier.

Daniel a dit…

Allez voir la boite que ce relieur a fait sur commande d'un libraire, pour protéger une reliure de Ruette. Vous n'êtes pas obligé d'aimer mais c'est assez efficace, esthétique et bien réalisée.
http://cgi.ebay.fr/ws/eBayISAPI.dll?ViewItem&item=390072474290&ssPageName=STRK:MEWAX:IT&_trksid=p3984.m1423.l2649#ht_2743wt_880

Daniel B.

Vicente a dit…

Bien évidemment, je vous taquine, Daniel... c'est vrai qu'on pense pas immédiatement au plexiglas, pour relier un livre du XVIe. D'où mon humour un peu taquin.

Disons plutôt qu'il ne s'agit pas là de reliure, mais de... boîte d'exposition ?

(par contre, c'est vrai que je suis embarrassé, pour ma Bible...)...

calamar a dit…

qui est ce relieur/emboîteur ? c'est tentant.

Daniel a dit…

Patrice Goy a réalisé cette boite, il fait de la reliure très soignée associé à Carine Vilaine. Successeurs de Moura 58 rue Sala 69002 Lyon Tel 04 78 37 80 93. J'ai eu une boite en main, c'est vrai que c'est tentant et très bien fini.

Daniel B.

Hugues a dit…

Carine et Patrice sont des amis, et je leur confie régulièrement des travaux. Vous pouvez les appeler de ma part et vous serez bien accueillis, vous pouvez également attendre quelques jours et leur portrait ainsi qu'un présentation de leur atelier seront proposées sur le blog.
:)
H

Daniel a dit…

@ Vicente, pour votre bible je peux vous fournir la javel :) , Carine et Patrice ne font pas de restauration pour le moment.
Je travaille entre autres avec Mr Franck Michel , qui a un bel atelier sur Grenoble et encore un peu de passage, il a oeuvré à la BN et maîtrise bien les différentes techniques de restauration, il pourrait vous être de bon conseil.Vous pouvez être sur qu'il ne massacrera pas votre livre.
Beau métier car certains autres restaurateurs également doués surchargé et à 2 ans de délais ne peuvent plus prendre de nouveaux clients!...

Daniel B.

Textor a dit…

Il y a qq chose qui ne marche pas en France, les restaurateurs de livres devraient tripler leurs effectifs, ils sont tous surbookés. Ma restauratrice demande un an pour restituer un ouvrage, ce qui est incompatible avec le rythme de mes achats ;)
Et pour les boites de pexiglas, je ne suis pas fan.
T

Anonyme a dit…

Une raison simple à cela, je crois : la difficulté à se former dans un métier aussi spécifique que la restauration de livres anciens.

En formation initiale, cela se fait comme spécialisation des métiers de la reliure, mais je crois que les restaurateurs gardent assez jalousement leurs secrets (tous ceux auxquels je me suis adressé ne prennent pas d'élèves, en tout cas).

En formation continue, stages ou autres, je ne crois pas que cela existe. Nous sommes là dans un marché de niche, où la clientèle ne manque pas, certes, mais où la spécialisation se divulgue peu.

Benoît a dit…

En parlant de bons professionnels en matière de restauration, je profite de ce fil pour signaler ma restauratrice attitrée, Annie Pouchin, atelier "Au Beaurepaire du Papier", à Sens dans l'Yonne. Travail remarquable, formée à l'ancienne, et son compagnon, retraité mais souvent sur place, est un relieur Meilleur Ouvrier de France... Travail de haute qualité, à des tarifs que je crois très étudiés. Ils peuvent également réaliser des emboîtages, étuis, etc. ; pas de reliure pleine peau par contre, seulement des bradels papier, l'activité principale étant la restauration ...

Anonyme a dit…

Il n'y a pas d'ecole de restauration, seulement des artisans qui acceptent de partager leurs connaissances.
On a vu ce que cela a donné de garder ses secrets avec M. Duval, qui est parti avec ses recettes de marbrure.
Souvent le fruit de hasards bienveillants, la restauration sur une bonne base de reliure.

Anonyme a dit…

CFRPE, AAAV sont des écoles où l'on enseigne la restauration des livres anciens

Eric

Anonyme a dit…

Oui, c'est vrai. A la base les professeurs sont de très très bons praticiens relieurs, avant d'enseigner des techniques spécifiques qu'il vous appartient d'adapter à votre propre expérience et vos compétences, votre habileté.

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