« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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lundi 16 juillet 2012

Promenade de Bibliophile: l’exposition organisée par la bibliothèque Mazarine à Paris, “un succès de librairie européen, l’Imitatio Christi, 1470-1850"

Amis Bibliophiles bonjour,


Vendredi 6 juillet, l’exposition organisée par la bibliothèque Mazarine à Paris, “un succès de librairie européen, l’Imitatio Christi, 1470-1850", a fermé ses portes. 


À chaque fois que je pénètre dans l’ancien collège des Quatre-Nations j’éprouve les mêmes sentiments de calme, d’harmonie et de jubilation. Il faut franchir la passerelle des Arts et s’émerveiller des vues incomparables sur Paris, entrer dans la cour de l’Institut, monter à gauche cet escalier en colimaçon, et péristyle orné de bustes, puis pénétrer dans la bibliothèque elle même.  L’exposition se tient, tout au bout de l’immense salle en retour couverte de livres jusqu'au ciel, autour du globe céleste, un peu après les deux girafes, la grande et la petite. Dans une atmosphère feutrée où la pendule égrène ses quarts d’heure et le parquet ses craquements assourdis, emplie des odeurs de cire et de papier, à l’abri de la touffeur et des clameurs de la ville, vous contemplez, seul au monde, la quarantaine de livres présentée.

L’exposition est née de la publication de l’ouvrage dirigée par Martine Delaveau et Yann Sordet, “Edition et diffusion de l’Imitation de Jésus-Christ (1470-1800), études et catalogue collectif”. Cette oeuvre monumentale (514 pp) recense 932 éditions sur la période considérée. Ce nombre explique à lui seul, le retentissement de ce livre dans l’histoire de l’imprimerie et des idées.

“L’Imitation de Jésus-Christ” est née de la réunion de quatre traités dont le plus ancien manuscrit date de 1427. Son auteur le moins contestable reste le chanoine Thomas Hemerken dit de Kempis. Nous devons son identification, entre autres, aux travaux de Gabriel Naudé bibliothécaire de Mazarin qui étudia la question de l’attribution et écarta les prétendants, Giovanni Gersen et Jean Gerson.

L’exposition commence, bien sûr pour une oeuvre née avant l’imprimerie, par la présentation de deux manuscrits. Cependant la première édition,  sortie de la Réserve de la BSG, provient des presses de Gunther Zainer à Augsburg en 1470 au plus tard, soit du vivant de l’auteur.  Il faut attendre 1488 pour voir la première édition française imprimée à Toulouse chez Heinrich Mayer ornée d’un bois gravé à pleine page.

Le bibliophile s’attarde sur l’édition archaïsante de la veuve Kerver, Yolande Bonhomme de 1554, “Eternelle consolation” qui passe pour une édition vernaculaire de l’Imitatio. Ce livre est présent dans la plupart des grandes collections des amateurs français de l’ancien régime tels que Henri d’Hoym, le marquis de Paulmy, Girardot de Préfons, ou Etienne-Charles de Loménie de Brienne. L’exemplaire présenté est un rare exemple de reliure “en trompe l’oeil” (j’y reviens tout à l’heure).

Parmi les versions exposées je note l’édition Plantin-Moretus de 1599, in-18 ornée d’un cuivre, établie sur un manuscrit autographe de 1441, l’exemplaire personnel et annoté de Naudé, qui juge “fautive” l’attribution à Ionnis Gessen par cette édition romaine de 1616, l’édition royale in-folio de 1640, qui inaugure l’Imprimerie Royale, ornée du frontispice gravé d’après Stella et recouvert d’un maroquin rouge issu peut-être de “l’atelier du Louvre”, l’édition en caractères de civilité de Pierre Moreau à Paris en 1643, des éditions en arménien, en arabe et même en breton à Quimper en 1743 (par un ancêtre du Textor? NDLA). Enfin pour clore cette présentation et sortir de ses limites temporelles, Les Imitation de Léon Curmer de 1836 et 1856, monumentales productions historicistes et éclectiques ornées de reliures de velours couvert de plaques de chêne sculptées  des ateliers Gruel.


Le catalogue de cette exposition est sur chaque livre fort passionnant, in-4 cartonné de 198 pages, co-produit par les Editions des Cendres et la Bibliothèque Mazarine, il vous en coûtera 32 euros.

Lauverjat
P.S.: ayant beaucoup voyagé ces derniers temps, je n'ai pu hélas poster ce message avant, et maintenat l'exposition est fermée. Mince... Ruez-vous sur le catalogue!

5 commentaires:

Textor a dit…

Grrr ... dire que je suis allé faire des recherches à la Mazarize et qu'aborbé par icelles, je n'ai pas vu qu'il y avait une expo !
Textor

Pierre a dit…

La publication de l’ouvrage dirigé par Martine Delaveau et Yann Sordet ferait mon affaire. Une référence surement ? Pierre

Le Bibliophile Rhemus a dit…

L'ouvrage de Delaveau-Sordet a reçu le prix de bibliographie du SLAM cette année : il est publié aux éditions de la BnF et coûte 190 € (le paradis a toujours été cher ...)

Olivier a dit…

Et alors ça ressemble à quoi une bonne imitation du Christ? ;-)

C'est le mécréant qui parle...
Olivier

Hugues a dit…

Jim Lebowsky, the big Lebowsky, le Duc, le Dude. Meilleu imitation du Christ selon moi.... Et celle en laquelle j'ai envie de croire!
Hugues

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