« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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samedi 8 septembre 2012

Promenade de bibliophile: à Bourges, le livre dans tous ses états

Amis Bibliophiles bonjour,


Le bibliophile prend-t-il des vacances demandait Hugues dans un récent billet. Certes, oui, vu de l’extérieur si ses finances le lui permettent. Pour le sentiment intérieur toutefois il reste aux aguets, la conscience rivée sur ses chers livres...

Aussi de passage à Bourges, charmante ville aux rues anciennes et aux maisons à pans de bois, ai-je eu le bonheur de découvrir une exposition. Le Musée des Meilleurs Ouvriers de France (Mof!) présente “le livre dans tous ses états”. L’entrée est gratuite comme dans tous les musées appartenant à la ville. J’ai bien sûr couplé cette visite avec une exploration des librairies ayant pignon sur rue.


L’exposition se poursuivra jusqu’au 10 mars 2013, étant entendu que des ouvrages seront remplacés par d’autres d’ici là.


Le titre est un peu extensif mais le sous-titre explicite “artisans d’art et artistes du XIIe au XXIe siècle”. En effet il s’agit surtout de reliure et de relieurs. Une dizaine de vitrines présentent des livres désirables. L’exposition s’articule autour de trois provenances. 


La bibliothèque patrimoniale des Quatre Piliers de Bourges a sorti de ses réserves d’une part des livres manuscrits , le Breviarum Bituricense du XV et les Heures à l’usage de Bourges de Guillemette Hemetout sur peau de vélin par exemple. 

Fanfare aux armes de Anne Lévis de Ventadour
D’autre part elle présente des reliures aux armes ou à décors des XVIIe et XVIIIe siècles. J’ai remarqué en particulier une fanfare aux armes de Anne Lévis de Ventadour et une reliure italienne aux armes de Jérôme Frédéric de Roye de la Rochefoucauld. Ces deux archevêques avaient en effet légué leurs bibliothèques à l’archevêché. Lesquelles enrichirent ensuite la Bibliothèque Municipale.

Le musée a largement fait appel aux collections des meilleurs ouvriers de France. Parmi ceux-ci, Catherine Chauvel qui témoigne, expose son prix en maroquin du Pakistan, Roger-Vincent Seveno, outre ses propres réalisations, ouvre sa collection de reliures contemporaines (Femme Manqbetou, reliure mosaïquée de Chalmette en 1930) et de missels (reliures en ivoire, soie, nacre, écaille etc).

Reliure Chalmette, Femme Manqbetou
Enfin la Bibliothèque de Riom-Communauté qui s’attache à constituer une collection de reliures contemporaines, a prêté des réalisations de Annie Boige, Florent Rousseau, Alain Taral et autres.  Un large panorama donc, de livres choisis et divers, éloge de la reliure de qualité sans excentricité.

Bourges : Promenade bouquinière...

La ville de Bourges réserve bien des trésors à ses visiteurs: Cathédrale, Musées, Hôtel Jacques Coeur, Hôtel Lallemant et rues anciennes. La bibliothèque patrimoniale des Quatre Piliers souffre en revanche d’horaires d’ouverture réduits. Bourges conserve encore une large activité de librairie ancienne même si celles en boutiques  sont  moins nombreuses qu’autrefois. Au numéro 16 de la rue d’Auron, presque en face de la maison attribuée à la belle famille de Jacques Coeur, la librairie le Futur Archaïque était ce jour d’août fermée. Cette librairie généraliste propose un important rayon régionaliste et quelques livres anciens. Derrière les jardins de la cathédrale à l’angle de la rue des Trois Maillets et de la rue Bourdonnoux signalons le Mots de Pass’ à l’activité de bouquiniste.  


Quelques mètres plus loin Pass’Age fait la part belle aux vieux papiers. Toujours rue Bourdonnoux, un peu plus bas, voici l’Hôtel Lallemant ayant appartenu à cette famille de bibliophiles, aujourd’hui Musée des Arts décoratifs qui expose quelques rares reliures. De l’autre côté de la rue et avant la place Gordaine, au numéro 5, voici le Jardin des Lettres. Cette librairie généraliste accueillante et bien tenue propose notamment un rayon littérature, des ouvrages de bibliophilie, du régionalisme, des cartes, plans et gravures et un important rayon de livres anciens. 


En vedettes ce jour là, l’analyse démontrée ou la méthode de résoudre les problèmes de Mathématique [de Charles Reyneau], Paris, 1708 aux armes de Rochechouart et ex-libris du duc de Mortemart, en deux tomes in-4°, et Recueil ..ou description du cabinet de Grollier de Servière, Lyon, 1719 ouvrage  in-4° à planches dans une reliure en veau marbré aux petits fers en écoinçons et papiers de garde gaufrés et dorés..
Ah  les belles vacances du bibliophile!

Lauverjat

8 commentaires:

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Belles vacances en effet Lauverjat !
Rencontre peu commune chez un libraire de province : la première édition de la Description du cabinet de Grollier de Servière !Combien pour le collectionneur ?

Anonyme a dit…

Le Bibliophile Rhemus écrit : "Rencontre peu commune chez un libraire de province" !!!

Au XXIe s., à l'ère de l'internet et des réseaux, peut-on laisser dire une énormité de la sorte ?

Les provinces des libraires aujourd'hui regorgent parfois de bien plus de trésors que les grandes villes du royaume, n'en déplaise aux bibliophiles vieille roche ! Il faut vivre avec son temps.

Ce serait un peu comme dire que les très beaux livres, vous savez, ceux de haute bibliophilie, ne se trouvent que dans quelques librairies select ... ce serait ignorer la provenance d'une partie non négligeable de leurs magnifiques exemplaires ... les librairies de province justement !

Signé
Un libraire de province.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Pourquoi réagir de la sorte ? (sourire)
On ne peut donner un avis sans être systématiquement critiqué par un esprit chagrin ?
Tout le monde sait bien que la "haute bibliophilie" est en province, dans le pays chartrain, et n'a rien à envier à la capitale.
N'empêche que cette édition en particulier est rare, et comme je ne pouvais savoir, avant de fouiller l'hexagone, où on pouvait en trouver un exemplaire, je faisais simplement remarquer la bonne surprise d'en trouver un à Bourges.
Je vis et ai toujours vécu en province et connais depuis longtemps les mérites des libraires de province dont beaucoup sont des amis et que je n'ai jamais eu l'intention de critiquer.
Enfin,cher libraire de province,dites-moi pourquoi rester anonyme "au XXIe s,à l'ère de l'internet et des réseaux"? C'est dommage pour la province qui ne profite pas des moyens d'aujourd'hui pour mieux se faire connaître, ce qui m'aurait évité de dire une "énormité de la sorte".

Le Bibliophile Rhemus a dit…

J'ai cherché sur le net : 2 exemplaires aux USA et 1 exemplaire à Vichy. On ne trouve pas celui de Bourges.

Hugues a dit…

:) Tu as bien raison Jean-Paul, à l'ère de la modernité, un certain nombre de règles non écrites se sont imposées - la nétiquette -, notamment celle de ne pas rester anonyme quand on exprime un avis tranché.
Ce doit être une mauvaise habitude de certains libraires de province, il sortent d'un anonymat pour entrer dans un autre, peu importe qu'internet soit de la partie! Rires.

Hugues, né en province, habitant en province, ami de nombreux libraires de province.

Pierre a dit…

Jolie ballade, Lauverjat, qui me donne envie de m’arrêter à Bourges quand je traverserai la France, fin octobre, pour aller en Bretagne. Pierre

Fadette en Berry a dit…

Bravo pour ce reportage mettant en rapport la ville de Bourges et les livres...
L'enlumineur Jean Colombe, qui termina l'illustration des Très Riches Heures du duc de Berry, était lui-même originaire de cette ville.

Anonyme a dit…

Sur le livre en vedette : c'est une unique provenance, les ducs de Mortemart sont des Rochechouart! J'espère que le libraire, que je connais, ne s'est pas fait avoir!

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