« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

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dimanche 14 octobre 2012

Quel est le meilleur magazine pour Bibliophiles: une étude du Blog du Bibliophile qui consacre Plume et Arts & Métiers du Livre


Amis Bibliophiles bonjour,

J’ai profité de ma récente visite au Musée des Lettres et Manuscrits, pour acheter le magazine Plume et soumettre les trois magazines existant autour de la bibliophilie à un panel de 6 personnes, composé de trois bibliophiles (dont deux abonnés ou ex-abonnés à Arts&Métiers du Livre et/ou le MdB), un professionnel de la presse, et deux professionnels du livre ancien. Je n’ai pas voté. 

L’objectif était de comparer les 3 derniers numéros de ces magazines grâce à un ensemble de critères. Je ne suis pas non plus un professionnel des études et des sondages, et j’ai construit cette grille rapidement après des échanges avec les membres du panel. L'objectif était d'aboutir à une sorte de note sur 100.


Les résultats sont intéressants, ils vous permettront peut-être de découvrir l’un ou l’autre des magazines. J’ai occasionnellement ajouté des verbatims ou des remarques qualitatives issues de mes discussions avec les membres du panel.

Côté chiffres :
  

MdB
Plume
A&M
Pages
46
96
96
Nb Num. /an
10
4
6
Nb Pages / an
460
384
576
Prix au numéro
8.80€ -
(0.19€ /page /an)
5.90€ -
(0.06€ /page/an)
8.50€ -
(0.09€ /page/an)
% Pub
2%
5%
8%
Note (/20)
12/20
15/20
15/20

Pas de net vainqueur, même si le prix du MdB semble élevé, notamment à la page, ce qui le pénalise. Au final, comme nous le verrons plus tard, c’est le moins fourni  et le moins qualitatif des trois périodiques qui est le plus cher (MdB). 

A noter que la part légèrement supérieure de la publicité dans Arts & Métiers du Livre ne semble pas gêner les lecteurs, mais il est vrai que, d’une part, la pagination est importante, et que d’autre part, les encarts publicitaires sont plutôt réussis. Arts & Métiers du Livre semble aussi compenser son prix par la fréquence de ses numéros, intermédiaire dans le classement.

Qualité du magazine (critères matériels):


MdB
Plume
A&M
Impression générale
2/5
5/5
5/5
Dos
2/5 (broché)
5/5 (collé)
5/5 (collé)
Couverture
2/5
5/5
5/5
Maquette
3/5
4/5
4/5
Note (/20)
9/20
19/20
19/20

Très net avantage pour Plume et pour Arts & Métiers du Livre. Le MdB souffre de son aspect proche du fanzine, qualifié d’amateur par 2 des 5 personnes qui l’ont eu entre les mains. 

Son dos broché n’aide pas. Sa maquette non plus, en dehors des articles de fond, elle est souvent assez simple (Verbatim d’un bibliophile face à la rubrique «pages de garde actuelles» : «quelles marges !»). Plume et Arts & Métiers du Livre sont des revues parfaitement exécutées, à l’excellent rapport qualité prix, en particulier pour Plume, la moins chère des trois, et probablement la plus qualitative sur le plan matériel.


Le MdB pâtit aussi probablement de la comparaison directe avec les deux autres.
Arts & Métiers du Livre et Plume sortent premiers de ce classement. Le MdB est surclassé.
  
Se les procurer :
  

MdB
Plume
A&M
Abonnement
5/5 (79€)
5/5 (20€)
5/5 (47€)
Distribution
1/5
3/5
4/5
Fréquence
4/5
2/5
3/5
Régularité
1/5
5/5
5/5
Note (/20)
11/20
15/20
17/20

Pas de surprise ici, si les trois revues sont disponibles par abonnement, seul Arts & Métiers du Livre et Plume sont disponibles en kiosque (plus rare pour le second), alors que le MdB n’est disponible que sur abonnement et chez certains libraires. La fréquence du MdB est bien sûr meilleure, mais il pâtit fortement de ses retards et de l’irrégularité de ses parutions, qui n’ont que rarement été communiquées aux abonnés, et toujours à posteriori, le comble pour un magazine par abonnement. Ce critère a valu au MdB une note minimale de plusieurs personnes interrogées. 

C’est Arts & Métiers du Livre qui sort premier de ce classement.

Contenu rédactionnel , aspects quantitatifs:


MdB
Plume
A&M
Impression d’ensemble
2/5
5/5
5/5
Nb articles de fond
2.5/5
(3 articles)
4/5
(10 articles)
4.5/5
(6 articles)
% Articles de fond / tot
32%
56%
64%
Pages Actualités
3/5 (6.5 pages ou 14%)
3/5 (30 pages ou 31%)
3/5 (16 pages ou 17%)
Pages Ventes,
Cat. de Libraires & Agenda
2/5 (17.5 pages ou 38%)
3/5 (13 pages ou 13%)
4/5 (12 pages ou 12.5%)
Note (/20)
9.5/20
15/20
16/20
Le total ne fait pas 100%, car il y a des rubriques non mentionnées dans le tableau ci-dessus.

Le nombre importants d’articles de fond de Plume et Arts & Métiers du Livre par rapport à la pagination globale favorise nettement ces deux périodiques. La dernière partie du MdB est souvent citée par les lecteurs comme peu utile, notamment les trop longues pages consacrées à annoncer des dates de salons.

Plume
Arts & Métiers du Livre
MdB
Contenu rédactionnel, aspects qualitatifs :


MdB
Plume
A&M
Diversité des sujets
3/5
4/5
3/5
Place consacrée au livre
2.5/5

2.8/5

2/5
Qualité des articles
3.5/5
4/5
4/5
Qualité et richesse de l’illustration
3/5
4/5
4/5
Originalité / envie de lire Agenda
2/5
4/5
3.5/5
Note (/20)
14/20
18.8/20
16.5/20

A&M du Livre est légèrement déclassé sur le critère « Place consacrée au livre », les lecteurs signalant que la plupart des articles, sinon la totalité, tournent autour de la dimension technique du livre. 

Ecueil évité de peu par Plume, notamment grâce à son dossier « Livres d’exception » dans ce numéro. Les membres du panel soulignent néanmoins le fait que Plume peut peut-être sur la longueur accorder « trop » de place à l’autographe et au manuscrit au détriment du livre. Avec 10 articles de fond assez divers, Plume se classe 1er sur ce critère. Le MdB est à peine au-dessus de la moyenne sur ce critère, mais la remarque qui revient le plus souvent est « oui, le livre est au centre, mais il y a trop peu d’articles de fond dans le MdB au profit de pages d'intérêt relatif », cf plus haut. 


Note Total / 100
MdB
55.5%
Plume
82.8%
A&M du L.
83.5%

Arts & Métiers du Livre sort vainqueur de ce classement et c’est une surprise pour tous les membres du panel. En effet, si l’écart est net avec le MdB, déclassé sur trop de critères, les membres du panel pensaient tous individuellement que c’était Plume qui sortirait vainqueur. 

On pourrait résumer en disant que Arts & Métiers du Livre est le magazine préféré du panel, les chiffres le montrent, mais que les personnes interrogées ont trouvé le numéro en question trop centré autour de la reliure. Plume étant le magazine que les membres du panel aimeraient voir devenir un peu plus bibliophile, ce qui ferait de lui le magazine idéal.

Il est intéressant de noter que l’écart entre Arts & Métiers du Livre et Plume se fait principalement sur le critère « se les procurer », ou la diffusion à grande échelle du premier lui donne un avantage certain (2% au total – si on retranche ces 2%, Plume repasse très légèrement devant).

La remarque la plus fréquente est que Plume a tout pour devenir le magazine de référence pour les bibliophiles, à la condition (d'en avoir envie et) d’accorder un peu plus de place aux articles sur le livre de bibliophilie (cf ci-dessus). De mon point de vue, je pense que Plume bénéficie dans le numéro étudié de la présence d'un long et intéressant article consacré aux "Livres d'exception". On gagnerait à refaire le même test dans quelques mois, ce qui permettra aussi de voir quelle direction a pris le MdB après les difficultés importantes qu'il connaît actuellement et depuis quelques mois. 

Le MdB, justement, à peine au dessus de la moyenne, a été régulièrement qualifié de «quasi fanzine», ce qui est peu compatible avec le prix, qui est le plus élevé. Cette défaillance dans le rapport qualité/prix du MdB a été soulignée par la totalité des membres du panel. Le MdB est trop cher aux yeux des lecteurs. En résumé : 1 à 2 articles intéressants, perdus dans une masse de contenus d’un intérêt très relatif. La difficulté à se le procurer, la qualité matérielle globale, et le passage obligé par un abonnement, pénalisé par une inacceptable irrégularité – soulignée par 4 membres du panel sur 6-, le condamne à ne jouer qu’un rôle de figurant dans la pièce jouée par les deux autres . C’est dommage pour les deux articles de fond appréciés qui n’y trouvent probablement pas l’écho qu’ils pourraient trouver ailleurs.

Au final, le meilleur magazine "pour bibliophiles" selon cette rapide étude comparative, serait donc actuellement Arts & Métiers du Livre mais le magazine idéal après en avoir discuté avec les 6 membres du panel pourrait vite devenir Plume, une très agréable surprise pour tous, s'il intégrait trois ou quatre articles de fond (sur 10 actuellement) consacrés au livre, du type de ceux qui sont dans le MdB, et avec une régularité légèrement supérieure et une plus grande facilité à se le procurer (cf Arts & Métiers du Livre). Comme le soulignait un autre bibliophile (non membre du panel) et avec qui je discutais du sujet, Plume a un positionnement encore indécis, mais un contenu et un style qui pourrait se révéler prometteurs.

Cette petite étude, réalisée sur un numéro de chaque magazine, n’a évidemment pas de valeur scientifique. Peut-être donne-t-elle tout simplement un pouls, c'est bien sûr à chacun de se faire propre avis Je rappelle que je n'ai pas voté, et que je ne suis abonné à aucun de ces magazines.

H

Pour mémoire, les sommaires des trois numéros sont (je ne prends en compte que les articles de fond):

MdB:
- Le fabuleux succès de l'Imitatio Christi (article inspiré de l'expo à la Mazarine)
- Histoire de la presse et journaux de collection
- Mercier de Compiègne, libraire-imprimeur dans le Paris de la Révolution

Plume:
- Verlaine emprisonné
- La bibliothèque du barreau: le Droit en mémoire
- Dossier: livres d'exception
- Montmorency: un paradis perdu de Jean-Jacques Rousseau
- Blake et Mortimer expliqués
- Bruno Fuligni... Vos papiers!
- L'Avesta, le livre sacré des anciens perses. Ainsi parlait et... écrivait Zarathoustra
- La calligraphie japonaise: un exercice du regard
- Erik Satie: électron libre, subversif et provocateur
- La bibliographie, une discipline confidentielle et atypique

Art & Métiers du Livre:
- Lise Follier-Morales, de la gravure à la dominographie, itinéraire d'une artiste heureuse
- La Bibliothèque Jacques Prévert de Montbard
- Le Musée Gutenberg de Mayence
- Rainer Gerstenberg. L'homme qui ressuscite les caractères en plomb
- Isabelle Blivet, Atelier de restauration Alla Greca
- Joël Leick; de la feuille de papier au livre d'artiste

23 commentaires:

Le Bibliophile Rhemus a dit…

A propos du prix.
Ma modeste, mais réelle, expérience d'éditeur de revues m'oblige à signaler qu'un élément n'a pas été pris en compte dans cette analyse : tout le monde sait que "l'assise financière" des propriétaires de AML et de PLUME est très supérieure à celle du propriétaire du MDB.
D'où ma question : les revues AML et PLUME ne se vendraient-elles pas à perte ?

Jacques L. a dit…

Difficile de savoir, mais il est vrai que le fait que AML soit disponible en kiosque permet à un plus grand nombre de personnes d'acheter cette revue. Ne serait-ce que parce qu'il est possible de la feuilleter et de se dire, "ça m'intéresse, ou pas".
Alors que quand on est abonné, on doit souvent "subir" le contenu d'un magazine dans lequel on se reconnaît moins.

Je ne pense pas qu'il faille prendre en compte ce critère cher Bibliophile Rhemus, puisque que peu importe finalement qui supporte quoi et dans quelle conditions (peut-être devrait-on louer les propriétaires d'AML et de Plume si vraiment ils perdent leur argent. Et après tout, cela ne nous regarde pas), la vie est injuste mais elle est ainsi.

Au bout du compte, c'est ce que l'on a entre les mains qui importe. Je suis peut-être naïf, mais je ne pense pas qu'un contenu meilleur soit forcément lié à un prix de vente supérieur.
Et de toutes façons, le MDB est le plus cher. A la limite, étant le plus cher, il devrait se situer dans la moyenne, ce qui n'est pas le cas. Ou faudrait-il qu'il soit encore plus cher? Cela ne rimerait plus à rien.

Jacques L.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

"Cela ne nous regarde pas", certes cher Jacques L., mais c'est déterminant pour la survie de la revue, donc de nos lectures passionnées.

Lauverjat a dit…

En ce qui concerne l'attrait des pages des trois revues présentées, les exemples choisis ici favorisent esthétiquement, pour un bibliophile, A&ML (reliures d'Isabelle Blivet). [ce numéro est riche en belles images pour bibliophile] Quant au contenu, la page de Plume me parait plus intéressante si la page du MdB est la plus mal choisie s'agissant, à mon avis, d'une nouvelle rubrique quasi hors sujet ("Notes de lecture"). A&M du livre peut prétendre au titre de meilleure revue car, disponible en kiosque, je l'achète ou pas quand les techniques graphiques prennent le pas sur la bibliophilie, ce qui est fréquent. Je me demande d'ailleurs si le nombre d'exemplaires vendus fluctue beaucoup. Je note qu'A&ML avait profité de l'éclipse du MdB pour valoriser quelques rubriques plus spécifiquement bibliophiles.

Lauverjat

Eric a dit…

Tiens, Hugues veux reprendre le BdB ? Etape 1 analyse de marché ?

Je suis abonné à A&M et MdB.
J'apprécie les 2 revues. Je m'était réabonné au MdB après une pause de quelques années où la ligne éditoriale ne m'avait pas convaincu.
Cela a visiblement changé et depuis un an j'en suis satisfait.

La question de la diffusion en kiosque est me semble-t-il fondamentale. L'un des défauts aussi de la NLRA (dont j'aurai bien aimé voir l'analyse certes à postériori sur l'ensemble des critères soumis).
J'en avais pas mal discuté avec un voisin responsable d'un petit magazine, lui aussi très spécialisé. Financièrement les ventes supplémentaires - entre les invendus et le paiement des intermédiaires- couvraient juste les frais d'impression.
Par contre cela lui permettait d'être crédible vis-à-vis des annonceurs et de se rattraper très largement au niveau de la publicité.
Et en tant qu'annonceur potentiel, cela se comprend parfaitement.

Eric

Hugues a dit…

Ah cher Eric,

Nul besoin pour moi de reprendre le BdB, puisqu'il est à moi :) Du reste, financièrement, c'est une très mauvaise affaire, puisqu'il est gratuit! Pas besoin de payer 8 euros pour le lire, non pas chaque mois ou moins, mais tous les 2 ou 3 jours. L'abonnement, de même est gratuit, et tu peux même le lire sur mobile.

Maintenant, si tu parles du MdB, tu sais sans doute qu'on m'avait proposé de l'acheter il y a quelques années et que j'avais refusé. Ce n'est pas pour l'acheter aujourd'hui! D'autant plus que le blog a plus de lecteurs, beaucoup beaucoup plus.

La NRLA, puisque tu en parles était très différente:
1. Elle était publiée par une association 1901 à but non lucratif. Notre objectif a toujours été d'essayer de ne pas perdre d'argent, et non pas d'en gagner.
2. Elle est morte de sa belle mort, en raison de l'épuisement des deux cofondateurs qui occupaient, il faut bien le dire, tous les postes, de l'écriture à l'envoi sous enveloppe, et même jusqu'au transport à la Poste.
3. Il n'était pas question pour nous de rentrer dans le système de la diffusion en kiosque, je ne suis d'ailleurs pas certain que les NMPPs ou équivalent acceptent les associations 1901 en leur sein.
4. C'était aussi une envie de se faire plaisir. Et rien qu'en cela, ce fût une très grande réussite.

Bref, une aventure personnelle, une envie de donner à la bibliophilie, et on est bien loin des ambitions des trois revues présentées ici.

Du reste, la NRLA était une revue et non un magazine. Mais je persiste à penser qu'elle n'aurait pas à rougir face à au moins l'un des trois titres présentés ici! :) Notamment au niveau du contenu bibliophilique.

Quant à l'abonnement, tu es libraire, je pense donc que ton approche est légèrement différente et c'est logique: ces abonnements sont pour toi un outil de travail, et tu peux même si tu le souhaites les passer en frais professionnels. Et donc, une goutte d'eau dans le business model d'une librairie.

Pour un bibliophile, c'est différent, et quand la déception face au contenu se répète, on lâche. Ce n'est même pas une question d'argent, mais plus d'incompréhension mutuelle. Enfin, je pense aussi que les blogs constituent une rude concurrence, quasi mortelle pour les alternatives les plus faibles en termes de contenu... Et c'est logique.

H
P.S.: mon avis personnel sur les trois revues: AML est actuellement à mes yeux la meilleure et de loin, la diffusion en kiosque permet de la consommer "à la demande" comme le dit justement Lauverjat. Plume se classe juste derrière, et avec plus de contenu "bibliophile", ferait un magazine fantastique. Probablement le meilleur. Le contenu est inventif. On sent une grande dynamique. Le MdB tente de survivre et souhaitons lui d'y parvenir, mais cela ne peut plus fonctionner dans le paradigme actuel: numéros inégaux, irréguliers, trop de pages que je ne lis jamais, et cher, trop cher. Je ne dis pas cela par amitié, mais enlève les articles de Jean-Paul, et voit ce qu'il reste...

Anonyme a dit…

Le timing est un peu cruel : j'ai reçu samedi une lettre du MdB suppliant 300 libraires de s'abonner afin de le garder en vie. Mais, ce n'est pas l'article du blog qui m'a décidé à ne pas donner suite...

Anonyme a dit…

J'ai été abonné au MDB mais je me suis désabonné il y a 2 ans. L'irrégularité sur les derniers numéros de cette année surprend. J'ai décidé de ne pas me réabonner parce qu'il y a trop peu de sujets de fond où ils sont trop spécifiques. Je suis essentiellement intéressé par les EOs 19e et 20e, et il faut avouer que le contenu est pauvre à ce niveau. C'est frustrant de recevoir un magazine auquel vous êtes abonné pour constater en un clin d'oeil qu'aucun article ne vous intéresse. Une distribution en kiosque permettrait en effet une consommation à la demande.

Je connais AML mais je ne suis pas abonné, bonne revue, belle revue, mais souvent trop orientée technique/reliure à mon goût. Je ne connaissais pas Plume, l'article m'a donné envie de la lire.

M.

calamar a dit…

Comme M, ce billet m'a donné envie de lire Plume. AML est très orienté gravure et reliure, contemporaines le plus souvent, lais avec toujours suffisamment d'articles intéressants pour que je sois et reste fidèle abonné.
Je ne connais le MdB qu'au travers d'anciens numéros, très intéressants, mais ce que j'entends (et pas seulement dans ce billet) ne me donne pas envie de m'abonner... c'est sans doute dommage qu'il n'y ait pas vraiment de magazine spécifiquement "bibliophile". Les éditions Faton publient aussi l'Art de l'Enluminure, très pointue, trop pour que j'y sois abonné. Ils ont sans doute les moyens techniques et humains pour faire une revue bibliophile de bonne qualité ?

Anonyme a dit…

@ Anonyme M.
Critique peu objective pour un dix-neuviémiste : depuis 2005, JP Fontaine traite essentiellement du XIXe, bibliophiles, relieurs et éditeurs (Charpentier, Gay, Renouard, Lemerre, Jannet, Garnier, Dentu, etc.)au point d'avoir fait du MDB un magazine trop axé sur le XIX pour certains lecteurs.

M. a dit…

Cher Anonyme,

Vous citez "Charpentier, Gay, Renouard, Lemerre, Jannet, Garnier, Dentu, etc."... où sont les auteurs, où sont les relieurs, où sont les illustrateurs?

Et où est le 20ème siècle?

M.

Anonyme a dit…

Cher M.

Vous avez peut-être raison,mais il y a tout de même eu pour vous Beraldi (n°57), pour l'illustration,et pour les relieurs il y a eu La Roche -Lacarelle (n°80), Aumale (n°83), Lesné (n°97).
Vous souhaitez du XX, moi je n'en veux pas... Il en faut pour tout le monde.
Tout ne peut être fait par un seul media, raison pour laquelle il faudrait souhaiter que plusieurs revues et magazines puissent demeurer vivants.

M. a dit…

Cher Anonyme,

Vous remontez au numéro 57, nous en sommes au 103. A dix numéros par an, cela remonte donc à 5 ans... Soit 4 articles en 5 ans sur le 19ème, je vous fais confiance pour le comptage, vous avez l'air très bien renseigné pour un anonyme. Et rien sur le 20ème siècle.

Faire paraître un magazine, quel qu'il soit, c'est surtout être à l'écoute de son lectorat. Le MDB a souvent écouté les libraires, qu'il appelle au secours aujourd'hui, mais a-t-il écouté ses lecteurs? Franchement, je ne crois pas. On se demande s'il a envie d'être lu. On a vraiment l'impression d'être la 5ème roue du carrosse, mais tant va la cruche à l'eau...

Donc j'ai arrêté, et comme le dit Hugues dans son post-scriptum, on trouve aujourd'hui 10 fois plus sur les blogs en quelques clics. Gratuitement. Mais sans pour autant être un forcené de la gratuité, puisque j'achète AML à l'occasion.

M.

Anonyme a dit…

Je suis très bien renseigné,tout simplement abonné de la première heure, et toujours abonné : j'ai donc ma collection sous la main et je me suis fait un index (qui mériterait d'être fait par le MDB !)pour retrouver facilement les articles.
Le XXe ne m'intéresse pas, mais quand j'ai, dans une revue des arts, un article sur le XXe, je le lis tout de même, ne serait-ce que pour ma culture.

M. a dit…

Cher anonyme,

Je ne dis pas qu'il n'y a pas de bons articles, je dis simplement que les sujets ne m'intéressent pas. Et que j'ai longtemps espéré en ouvrant le MDB que j'y trouverait quelque chose qui me ressemblerait, mais ce ne fût que très rarement le cas.

Une question que l'on peut se poser est: y-a-t-il une vraie stratégie/vision éditorial derrière le MDB, ou est-ce simplement un canal de diffusion pour les articles de 1 ou 2 bons contributeurs.

Le MDB nous a-t-il déjà demandé, nous lecteurs ou abonnés, ce qui nous plairait? Je n'en ai pas le souvenir, et pourtant j'ai eu beaucoup de tendresse pour le MDB première époque (Epoque Renoux).

Le MDB s'adresse aux libraires pour qu'ils s'abonnent ou prennent des espaces publicitaires: ce n'est pas une démarche éditoriale, la lettre ne fait d'ailleurs pas part d'un projet de cet ordre, d'une nécessaire remise en question. C'est une approche économique, qui peut se comprendre, mais qui ne peut suffire. Je suis surpris de ceci, alors que le MDB devrait surtout se concentrer sur ses lecteurs.

Je suis un idéaliste, mais le temps où j'achetais le MDB juste pour le soutenir est révolu. A un moment on a envie de voir quelque chose se passer, un vrai contenu. Ce n'est pas parce qu'on est bibliophile qu'on doit souscrire à n'importe quoi.

M.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Il est vrai que les souhaits de ré-orientation, matérielle et textuelle, et de travail en véritable équipe éditoriale, n'ont pas trouvé d'écho.
Mais je reviens malgré tout sur les moyens financiers qui, malheureusement aujourd'hui, sont déterminants : pour faire du cousu-collé à la place de l'agraffé, pour faire de la belle reproduction couleurs (pb des droits), pour payer des auteurs compétents, pour voyager au moins en France afin de donner des informations et des images introuvables sur le net, etc.

Daniel a dit…

Le problème pour les revues de bibliophilie, ce sont les bibliophiles ! ;-) Les généralistes aux bibliothèques éclectiques sont fort rares. Pour un le maroquin signé, l'autre l'architecture, un autre Cazin, un tel cartonnage de Jules Verne...et hors de leur sujet de chasse, la curée ;-) Souvent mes clients connaissent mieux que tout expert le petit jardin clos qui les intéresse, mais ont bien peu d’intérêt pour les autres sujets. D'où la forcée frustration des lecteurs potentiels de revue de bibliophilie.

Daniel B.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Hugues, faudrait corriger les chiffres de la colonne AML du premier tableau !

Pierre a dit…

Je suis abonné au MDB et je le soutiens car il me semble proche du simple amateur de livres anciens. Ce n'est sans doute pas le plus pointu des magazines mais sa lecture me plait. Je ne suis pas gêné par sa présentation agrafée n'ayant aucune envie de le faire relier dans un maroquin ciselé. Je le reçois quand il arrive et c'est toujours une bonne surprise ;-))

Je reconnais néanmoins que A&M du livre présente d'excellents articles bien illustrés, et que la part faite aux artistes contemporains du livre donne une image plus vivante de la bibliophilie... Pierre

Olivier a dit…

Arghh! Le nouveau numéro de Plume m'a échappé (m'en vais écharper ma libraire).
Sinon suis d'accord. A&ML très constant (y compris dans ce qui ne m'intéresse que modérément). De très bons numéros de Plume d'autres moins et puis, moi, savoir ce que PPDA lit sur la plage de Saint-Barth...
MdB, vieille rengaine, ai été abonné, ne le suis plus. Ça ne me manque pas et ce d'autant moins que son mode de distribution fait que : 1) il ne me tombe pas sous les yeux à chaque fois que je vais chez le marchand de journaux; 2) j'ai tout loisir de soupeser le sommaire, lorsque j'en vois un exemplaire, et de me dire que le prix n'en vaut pas la chandelle.
Bonne soirée,

Olivier

PS : et sinon le Musée des Lettres et Manuscrits c'est comment? Dois-y aller, c'est coché. Manque de temps quand suis à Paris.

Textor a dit…

Daniel a mis le doigt sur un point essentiel. Le libraire doit avoir l’esprit ouvert à des tas de sujets pour toucher une clientèle la plus large possible alors que le bibliophile est un borné. Il vaudrait mieux créer le Magazine du Libraire que liraient peut-être quelques bibliophiles aventureux…
T

Daniel a dit…

@ Textor C'était une simple remarque avec un peu d'humour par rapport aux commentaires précédents où des bibliophiles ne retrouvaient pas "leur " sujet de prédilection en proportion convenable. Je vous rassure, il y a autant de bibliophiles ouverts que de libraires, et malheureusement sans doute autant de libraires bornés que de bibliophiles. ;-)

Daniel B.

Papyraceous a dit…

Bonjour - a mon avis AML a du mal a trouver des sujets interresant et a perdu un peu sa voi. Je n'ai vraiement pas apprecié la dernier numero et j'ai annulé mon abonnement, toutefois la redactrice en chef a etais tres correcte en essayant de me persuader de rester lecteur toute en lisant constructivement mes criticismes. je me desabonne quand meme et ils ont accordé le remboursement de mon abonnement. Ce ci est mon avis toute a fait subjective, mais je trouve que les sujets traité ne sont pas la meme que chez Plume, il y a la place pour une magazine tel AML mais il faut qu'ils restent ciblé et fidele a leur titre. Salutations - Peter

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