« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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mercredi 2 octobre 2013

Protection du patrimoine ou censure par excès de puritanisme? La vente des ouvrages de la préfecture de Police de Paris annulée

Amis Bibliophiles bonsoir,

Comme plusieurs d'entre vous, je suivais avec intérêt la vente de 30000 livres anciens de la Bibliothèque de la Préfecture de police de Paris. La vacation, sous le marteau de l’étude Néret-Minet Tessier & Sarrou devait avoir lieu le 30 septembre.


Las, cette vente a été annulée à la dernière minute suite à une décision du Préfet de Police. Si l'étude s'excusait pour la gêne occasionnée, elle n'avance aucun raison pour cette annulation, qui reste un fait rare dans le petit monde des ventes aux enchères.

Selon le journal Le Parisien, la Préfecture de Police a indiqué que "la vente a été annulée parce qu’une note signée par le directeur de cabinet de la préfecture demandant au commissaire-priseur d’exclure un certain nombre d’ouvrages n’a pas été prise en compte". La PP ne précise cependant pas de quels ouvrages il s'agit. Forcément, cette explication ne pouvait qu'attiser la curiosité des amateurs.

En effet, le catalogue ne contenait aucun ouvrage rarissime, mais plutôt des curiosités, des ouvrages trop sulfureux pour que la Préfecture de Police s'en sorte sans voir son image écornée par les gazettes: l’Histoire des syndicats en France, imprimé spécialement pour Maurice Papon, mais aussi des ouvrages sur l'homosexualité, les filouteries, les drogues, la prostitution, les religions ou l'histoire des crimes parisiens.

Ainsi, par exemple un lot estimé à 100 euros autour de l’homosexualité, comptant près de 11 volumes, dont Les procès de sodomie par le docteur Hernandez; L’éternuement et le bâillement dans la magie, l’iconographie et le folklore médical de P. Saintyves, aux éditions Émile Nourry, datant de 1921.

On y trouvait aussi Les Ruses des filous dévoilées, contenant le détail des ruses, finesses, tours industrieux employés par les filous pour faire des dupes, ainsi que les aventures auxquelles leurs friponneries ont donné lieu, ouvrage facétieux et utile à tout le monde... par Joseph-François Tissot aux éditions Pillot jeunes, 1804; Sorcellerie, magnétisme, morphinisme, par le docteur Paul Regnard, chez Plon, Nourrit & Cie, 1887 ou encore La rue du Cherche-Midi et ses habitants depuis ses origines jusqu'à nos jours, P. Fromageot, typographie Firmin-Didot, publié en 1915.

Les ouvrages étaient pour la plupart vendus en lot.


La bibliothèque de la Préfecture de Police fût créée en 1957, au sein des bâtiments du 4e arrondissement, par la fondation Louis Lépine, qui souhaitait offrir à la consultation des ouvrages susceptibles d'intéresser les fonctionnaires de police. En quelques décennies, elle acquiert un fond nombreux de plus de 40.000 ouvrages. La fondation avait décidé de se séparer de plusieurs centaines d'ouvrages après avoir mis en place le projet de construire une médiathèque, plus moderne et mieux fourni.

Ces livres ne font toutefois pas partie des archives de la préfecture de police, conservées, elles, au Musée de la Préfecture de police (rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, 5e arrondissement de Paris).

Le catalogue est toujours consultable ici: http://www.bibliorare.com/pdf/cat-vent_neret30-09-2013-cat.pdf

H

6 commentaires:

Daniel a dit…

On voit que c'est la bibliothèque de la police, ça commente pas beaucoup

Daniel B.

Anonyme a dit…

Circulez y'a rien à voir...

N.

calamar a dit…

franchement, est-ce que ça méritait une vente ? 30000 livres, estimation totale 60000 euros ?

Anonyme a dit…

Enfin comme d'habitude certaines estimations étaient ridiculement basses, sur des sujets pointus des lots de livres à 2 euros le livre alors que chacun se revendrait entre 50 et 100 voir plus!, l'ensemble aurait sans doute fait beaucoup plus que 60000 euros.

Anonyme a dit…

plus c'est pointu moins c'est cher

d'ailleurs, c'est comme les livres rares.
Un livre rare c'est un livre qui était déjà chiant lorsqu'on l'a édité.

Hugues a dit…

Classe, et tellement faux...
:)
Hugues

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