« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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lundi 11 novembre 2013

Brève de comptoir bibliophile: de l'évolution des prix en salles des ventes. Accusés, levez-vous!

Amis Bibliophiles bonsoir,

Si l'est bien une chose que je dois à ce blog, en dehors de milliers d'heures passées à écrire des messages, c'est de m'avoir permis de rencontrer une foule d'amoureux du livre: relieurs, libraires, bibliophiles, universitaires... Certains sont devenus des amis et l'un de mes grands plaisirs est de les retrouver autour d'une bonne table pour parler livres. 

On évoque et on présente nos dernières trouvailles, tordant le cou à l'idée que les bibliophiles se jalousent, on raconte les dernières ventes aux enchères auxquelles nous avons assisté, nos dernières visites en librairies et on partage avec l'air entendu des vieux conspirateurs des anecdotes croustillantes...

Depuis un moment déjà, nous évoquions l'envolée des prix en salle des ventes, vieux serpent de mer des bibliophiles, qui interpelle certains d'entre nous et remet en question une habitude bien ancrée d'acheter en salle, plutôt que de jamais mettre un orteil dans une librairie.

Lecteurs attentifs des catalogues, nous avions en effet remarqué qu'au delà des régulières "ventes montées", - ventes aux enchères alimentées par des fonds de librairies -, apparaissaient de plus des lots présentés quelque temps auparavant par des libraires bien connus: des ouvrages de voyages bien traçables qui apparaissent au Grand Palais sur un stand d'un libraire après avoir été proposés dans les catalogues ou la vitrine du même libraire... et que l'on découvre dans une grande vente aux enchères allemande 3 mois plus tard. D'autres qui sont au Grand Palais puis proposés dans une vente normande, etc, etc. 

Il était temps de se poser sérieusement la question autour d'un grand Bourgogne, se pouvait-il vraiment que les prix s'envolent en salles, préparant un nouveau paradigme bibliophile? Etait-ce pour cela que des livres proposés en librairie se retrouvent dans des ventes? Ou était-ce simplement un mécanisme ancien du marché devenu plus visible grâce à internet? 

Cela tombait bien, nous avions un libraire à table... et celui-ci nous étonna en livrant son analyse, très personnelle, de la situation: 

Oui, les adjudications des livres importants s'envolent en salle, oui cela touche aussi des livres moins importants. Oui cela pose la question de tenter sa chance en salles plutôt que de conserver longtemps un livre en stock. Oui le marché de la librairie est aujourd'hui à deux vitesses: si l'on parle vraiment de livres de bibliophilie, un fossé se creuse entre libraires ayant des trésoreries importantes et accès à des livres "sans prix" (et donc les clients qui vont avec), et libraires plus contraints.

Mais alors pourquoi? Là encore, notre ami libraire, connu pour son franc-parler, proposa une interprétation très personnelle: si les prix en salles augmentent, ce n'est pas sous les coups de boutoir d'un Léviathan qui n'impacte finalement le marché qu'à sa marge, c'est sous l'impulsion des bibliophiles eux-mêmes...

Les bibliophiles seraient en effet de plus en plus présents en salles des ventes, poussés par plusieurs facteurs: 

- l'accueil poussiéreux des libraires qui ne savent plus attirer les jeunes amateurs, 

- jeunes amateurs qui maîtrisent les nouveaux moyens de communication (accès simplifié aux catalogues de ventes, plus simplement qu'à ceux des libraires, possibilité d'enchérir à distance, depuis son fauteuil, sans avoir à subir la pression de la salle, etc.),

- écart de prix favorable entre le prix en salles et le prix en librairie (supposé ou réel d'ailleurs); encore que le retour de balancier actuel modérera à terme cette idée. (Une remarque intéressante d'ailleurs de la part du convive: peu importe finalement les libraires qui "braient" - je le cite - et assurent que leurs prix en magasin sont plus faibles qu'en salles si personne ne franchit leur pas de porte...)

(Là, le bibliophile avait déjà noirci un coin de nappe, on a ouvert une 2ème bouteille)

Bref, les bibliophiles font monter les prix en salles, simplement parce qu'ils sont plus nombreux à y assister et à franchir le pas (merci les systèmes d'enchères en live depuis son fauteuil), motivés par une idée - juste ou fausse d'ailleurs, c'est sans importance - que les prix sont moins élevés en salles que chez les libraires. Idée tenace, entretenue par le bon sens: "les libraires achètent en salles pour revendre dans leurs librairies, c'est donc forcément moins cher pour un bibliophile d'acheter en salle"... CQFD. 

Finalement, plus les amateurs verront de libraires en salles des ventes, plus ils seront confortés dans l'idée que les prix y sont moins élevés. La logique est assez imparable.  

Elle en pose une autre... si les prix deviennent plus hauts en salles, où les libraires vont-ils se fournir, et l'habitude de passer des livres de librairie en vente peut-elle se généraliser?

Il était tard, on avait parlé de tout et de rien, mais ce petit moment resta dans ma mémoire. Où en étais-je moi même d'ailleurs? La réponse était dans la question.





signe

19 commentaires:

Anonyme a dit…

J'ai remarqué avec étonnement les prix très soutenus des ouvrages en ventes publiques ces derniers mois (prix auxquels il faut rajouter des frais de plus en plus élevés parfois au delà de 25%).
En revanche, je ne trouve pas le phénomène sur EBay ou, étonnement, les prix restent très inférieurs aux salles des ventes.
Certains rétorqueront que sur EBay on ne peut pas toucher le livre convoité mais en salle des vente par téléphone ou en Live non plus.
Je ne m'explique donc pas cet écart de prix parfois important pour un même ouvrage.

sebV a dit…

L'effet des live, bibliophiles et libraires de province "montent" plus facilement aux ventes parisiennes. Ça évite peut être aussi des petits arrangements entre amis en salle?
Acheter sur ebay revendre en svv peut être le nouvel équilibre du libraire ?

Le bon plan reste toujours d'être l'intermédiaire qui prend son % de comission sans risque financier

NB: les prix des libraires ne sont donc pas délirants face à un prix librement fixés par enchères contradictoires? :D

Olivier a dit…

J'ai tendance à penser que cela va réhabiliter le travail des libraires qui font l'effort de mettre en valeur des livres qui échappent au "mainstream".
La vraie valeur ajoutée des libraires je trouve c'est, tout de même, de donner envie de livres qu'on ne connaissait pas ou à côté desquels on était passé jusqu'alors.
Olivier

Anonyme a dit…

C'est vrai que l'écart de prix entre les salles et ebay, pour les belles pièces, est énorme.

Naturellement, ces belles pièces sont rares sur ebay, courantes en svv.

Il faut croire qu'une grande partie des acheteurs en svv ne vont jamais sur ebay.

Et ça ce comprend, sur ebay il faut "chercher", pour la svv il suffit de feuilleter un catalogue.

L'investissement temps n'est pas le même et... Le temps c'est de l'argent :)

calamar a dit…

oui, ebay a toujours (inconsciemment) un côté péjoratif qui n'incite pas à pousser les enchères... alors qu'on hésite beaucoup moins (on se laisse prendre ?) en SVV. Il faut dire tout de même que celles-ci sont riches d'un carnet d'adresses important : pratiquement tous les enchérisseurs potentiels sont au courant. Si tel lot apparemment hors du commun ne se vend pas, c'est qu'il y a un pb. Alors que sur ebay on peut espérer avoir moins de concurrence.
Idem pour les librairies physiques, d'ailleurs. Dans certaines d'entre elles, même avec catalogue sur internet, il faut vraiment insister pour acheter...

Anonyme a dit…

Cela laisse donc de possible affaires à faire sur EBay même si avec le site enchère Bibliophiles, trouver une édition des fermiers généraux à 500 Euros que personnes n'auraient vu est devenu impossible.

Anonyme a dit…

Évidemment que les prix ont monté puisqu'il y a beaucoup plus de particuliers qui achètent en salle des ventes. Ils sont persuadés que c'est moins cher. Si tel était le cas, les libraires achèteraient TOUT dans la vente. Mais la plupart du temps, ils ne font que "pousser" les enchères. Et quand un bibliophile a un lot adjugé, c'est généralement le prix auquel AUCUN libraire ne veut acheter.
Puisque il y a de plus en plus de bibliophiles qui n'achètent que dans les ventes, les libraires s'adaptent, et mettent en vente leurs livres. J'estime à deux-tiers la proportion des livres provenant de libraires qui passent en vente. Et dans certaines salles de ventes, cette proportion est plus élevée encore. Mais, chut !, si vous leur dites, ils ne vous croient pas...
Quand à ebay, c'est un autre marché. J'ai acheté un jour un livre par erreur dans une grande vente à Drouot. (je me suis trompé de numéro, on rigole pas, ça arrive...) Un exemplaire incomplet et moche d'un livre du XVIe. Je l'ai bien précisé dans mon annonce et mis en vente à la moitié de mon prix d'adjudication. Il s'est vendu 80 % plus cher à Drouot.
Allez comprendre...
un libraire.

Anonyme a dit…

S'ils achètent si peu en salles, on se demande pourquoi les libraires y passent autant de temps....

Daniel a dit…

Fort heureusement les libraires n'achetent pas qu'en salle, j'ai acheté dans les 5 dernières années qu'une seule fois à Drouot, un peu plus en province, il y a d'autres manières de s'approvisionner pour un libraire que les SVV. Puisque les bibliophiles sont vieillisants suivant la pluspart des analystes, le stock va tourner encore plus vite, heureux le jeune libraire qui vendra deux fois le même livre dans sa carrière, il ne sera pas obligé comme le chantait Brassens de mettre la fessée à la veuve! mais il lui rachetera ses livres ;)) Pour un libraire travaillant seul et a petit échelle, une ou deux bonnes adresses par an suffisent à son bonheur, et le complément en SVV sur du ponctuel. Tant qu'en SVV il y aura 35 a 40 % de frais 10/15 vendeur + 25 acheteur, il y aura de la place pour que le libraire achete moins cher qu'en SVV imédiatement une bibliothèque et que le vendeur payé comptant et pas six mois plus tard gagne plus, c'est gagnant gagnant, effectivement il faut de la trésorerie au libraire. Je trouve qu'il y a pas mal de "livre frais" jamais vu en svv, dans les catalogues des grands et moins grands libraires et également sur le net comme ebay.


Daniel B.

Anonyme a dit…

- erreur de frappe : il s'est vendu 80 % plus cher QU'à Drouot.
- "S'ils achètent si peu en salles, on se demande pourquoi les libraires y passent autant de temps" : Les libraires sont à l'affût, et peuvent enchérir sur 30 ou 40 numéros et n'en avoir aucun. Surtout quand ce sont eux les vendeurs... Par ailleurs, ce sont toujours les mêmes qu'on y voit.

Anonyme a dit…

libraires viennent donc en salle pour enchérir sur leurs propres livres... Et pousser les enchères...
ils ne me décevront décidemment jamais.

Daniel a dit…

Suite à la remarque de livres qui se trouvent chez des libraires, sur des salons, puis en SVV, le dépot vente pour les grosses pièces, semble se pratiquer de plus en plus, donc rien d'étonnant, le libraire a le livre en dépot quelques mois ou lors d'un salon comme au grand palais, mais le livre ne lui appartient pas, si il ne le vends pas, le particulier utilisera un autre canal de vente. Quand par choix, stratégie ou contrainte on ne souhaite pas faire l'avance de trésorerie, on prend le risque de perdre la vente, cela me parait normal. Idem pour les antiquités haut de gamme, par exemple certaines grandes enseignes du Louvre des antiquaires travaillent presque uniquement en dépot vente, pas d'avance de trésorerie, et ils payent quand l'objet est vendu. Rien d'étonnant que les objets qui trainnent trop partent en SVV mais pas forcément déposé par celui qui les présentait précédement à la vente en boutique.

Daniel B.

Anonyme a dit…

Pas mal de libraires ne mettent pas un pied en salle des ventes.

Ils ont des circuits annexes d'approvisionnement, via leurs carnets d'adresse, le courtage... Ca semble plutôt bien marcher pour ceux que je connais qui utilisent ces canaux.

Pour les libraires qui achètent principalement des livres à l'unité en svv, s'approvisionner doit devenir onéreux je suppose, parce que depuis 2 ans, clairement, les prix en svv ont vraiment augmentés.



Anonyme a dit…

... je rejoins le constat sur les SVV...
... concernant Ebay, j'ai longtps été méfiant... et puis ce site (merci au Maître des lieux) m'a poussé à y regarder de plus près.
Incontestablement, sans prétendre y trouver LE manuscrit de Socrate à 15 euros, on peut y faire de beaux achats, sans forcément collectionner l'édition rare que tout bibliophile doit avoir (on se demande pourquoi d'ailleurs), dès que l'on aime les livres anciens pour les lire, feuilleter ou seulement posséder.
Si je regarde dans mes achats sur le dernier mois... quel libraire vendrait en librairie une édition des Aventure de Télémaque dans une édition de 1745 complète des gravures et de la carte, dans un demi-velin d'origine en très bel état pour... 32 euros (plus port) !? Quel libraire pourrait mettre en librairie un "Examen du discours sur la loi salique" par pierre de Belloy dans son édition de 1587, couverture velin, le tout en bel état, pour 182 euros (plus port) !? Dans quelle librairie ancienne oserions-nous trouver une édition de 1650 d'un ouvrage de Claudiani avec une belle reliure à semis de fleurs de lys, le tout en très bel état... pour 25 euros (plus port) -cet ouvrage était seulement accessible dans les vieux papiers, ce qui explique je pense le prix ridiculement bas ?! Non vraiment sur Ebay, à condition d'être attentif à la description et aux photos et de ne pas se précipiter on peut trouver de belles choses abordables... certes on ne voit pas, on ne touche pas, on ne sent pas mais quel plaisir à la réception !
Xavier (uniquement acheteur sur Ebay et non vendeur)

Scram a dit…

Nous avons le même problème dans une branche à part de la bibliophilie (qui n'est que très rarement abordée sur ce blog, la bande dessinée). Les libraires ne fonctionnent pas, les belles pièces passent en salle des ventes. Pourquoi ?
Pour la bonne raison que les libraires achetent au mieux pour faire X2 (qd ils sont honnetes et c'est rare) alors qu'en salle le vendeur a l'espoir que cela flambe un peu et il ne sera mangé qu'à 10 % de frais



Si les pro vendent en vente, c'est que le monde des boutiques est en train de disparaitre (c'est la vie, pourquoi perdre son temps à attendre le client qd il est si simple de mettre en ligne la drouille sur ebay et de refiler les pièces moyennes en VEP, les belles pièces étant vendues en direct après un coup de tel)


(je ne suis pas bibliophile, je suis juste intéressé par les ouvrages que j'aime lire en édition originale le plus souvent avec envoi. Je chine quasi uniquement sur ebay (rien à Drouot où je viens ts les jours), dans mes domaines de prédilection, les ouvrages étant bcp mais bcp moins chers que si qui est demandé en boutique)


Anonyme a dit…

Ah le pierre de Belloy sur la loi salique, pas les sous pour payer plus à ce moment là malheureusement!


Il y a un côté paradoxal dans tous ces commentaires :
- d'une part le vendeur toucherait plus en vendant en SVV
- d'autre part l'acheteur payerait moins cher en achetant en SVV

Il y a des ventes où les prix s'envolent, mais il y a aussi des ventes, de très belles ventes, où les prix stagnent voire ne sont pas élevés. Il n'y a pas de règles. Il faut être à l'affût. Le bibliophile que je suis a sa collection grâce à ça. Le libraire que je suis tourne grâce à ça.


Faire du x5 sur des très grosses pièces achetées en SVV, et revendues à un confrère, c'est possible. C'est même ce qui m'a permis de tenir cette année.

Anonyme a dit…

@ scram

"X 2 quand ils sont honnetes et c'est rare !" voila une remarque bien déplacée. Allez à la chambre du commerce, suivez les conseils créations d'entreprise, payez le RSI et les charges patronales, les frais hebergeur pour internet etc, vu ces parametres avec x 2 les formateurs vous expliqueront que vous allez vivoter, voir couler la boutique. Pour une librairie qui tourne comme dans tout autre commerce, il faut mini du x 2,5, x 3 . Un libraire est donc malhonnête si il cherche à péréniser son entreprise et vivre décement, c'est la meilleure. Qu'un marchand de vetement achete 10 euros pour vendre 100 euros, cela ne choque personne ; mais un libraire qui acheterait 10 pour vendre 30 serait malhonnete. Je me reconverti dans la frippe.

Signé Un libraire qui fait de son mieux pour satifaire vendeur et acheteur, et qui n'est pas encore enrichi avec les livres, si ce n'est culturellement parfois.

Anonyme a dit…

Je ne comprends pas qu'on puisse s'interroger sur la marge faite par les libraires, à part leur souhaiter de la faire la plus importante possible.

Enfin bon, c'est -une partie- leur taf de chercher à faire des marges.

On achète ou on achète pas au prix fixé par eux, on a pas le couteau sous la gorge non plus, si c'est trop cher ils ne vendent pas de toute façon.

En tant que particulier, j'ai financé depuis 20 ans une bonne moitié de ma bibliothèque en achetant/revendant faute de moyens pour acheter seulement, et quand je fais une marge de x10 ça me convient mieux que x2 ou x0, et je pense que c'est le cas de tous ici, sauf hypocrisie avérée.

Quand il arrive que je fasse un x10 sur un bouquin acheté 1000 euros, et bien je suis tout heureux d'avoir les 9000 de marge pour me payer un beau truc derrière, sans avoir besoin de discutailler le prix avec le libraire.

Le tout sans me sentir ni malhonnête ni coupable.

Nicolas






scram a dit…

@ Anonyme

Merci, j'ai une société et je suis organisateur de VEP (merci les charges, etc... je connais bien, c'est le jeu, si on les trouve trop exorbitantes, ben on devient salarié).

La marge dans la BD quand on propose des livres c'est X2, c'est la régle de toutes les boutiques historiques de BD de collection. Au dessus les collectionneurs considèrent que c'est du vol et se débrouillent eux mêmes (via ebay, ou en mettant en VEP). Je n'ai pas dit que c'était bien ou pas, j'ai écrit que c'était ainsi que cela se pratiquait.

Cela n'interdit pas les chopins, mais quand une vieille dame m'apporte une belle collec à vendre, je me vois mal lui dire je vous prends le tout pour 200 et j'en revends pour 30000 derrière en 5 minutes, question de déontologie.

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