« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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samedi 1 novembre 2014

Miscellanées bibliophiles: Aristophil, catalogue de la vente Robert Danon, ventes Pierre Bergé, reliures de Benoît Lecourt

Amis Bibliophiles bonjour,
 
Un fidèle lecteur du blog aimerait savoir si l'un de vous posséderait un exemplaire du catalogue de la vente Robert Danon ("Manuscrits enluminés et livres rares", Drouot, 21 mars 1973) comportant les prix d'adjudication obtenus ?
 
Une lectrice, cette fois, prépare actuellement une thèse de doctorat à l'Université Lumière Lyon 2 qui porte sur Benoît Lecourt (aussi orthographié "Le Court", "De Court" ou "Court"), Benedictus Curtius en latin, un juriste, auteur et bibliophile lyonnais du XVIe siècle. Son travail consiste notamment à reconstituer et à étudier la bibliothèque personnelle de ce personnage.

Les livres qui ont formé la bibliothèque de Benoît Lecourt étaient très souvent reliés aux armes du juriste (décrites par W. Poidebard dans l'Armorial des bibliophiles de Lyonnais, Forez, Beaujolais et Dombes, Lyon, Société des bibliophiles lyonnais, 1907.). Certains exemplaires portent également son ex-libris en latin, "Benedictus Curtius Symphorianus" ou "Benedictus Curtius Lugdunensis", et/ou des annotations manuscrites de sa main.

Depuis deux ans, cette chercheuse mène donc l'enquête pour retrouver les exemplaires qui ont été dispersés avec le temps et grâce aux catalogues des bibliothèques publiques, aux index, bibliographies et autres ouvrages sur la reliure ancienne, elle a pu comptabiliser une centaine de titres.

Cependant, ses recherches se limitent au "domaine public", or elle imagine que des exemplaires doivent également être conservés par des bibliophiles dans des bibliothèques privées, et elle souhaiterait approcher le monde des bibliophiles pour, si possible, ajouter quelques titres et quelques descriptions de reliures à ses notes... auriez-vous des conseils, ou mieux, des ouvrages ayant appartenu à Lecourt?
 
Vous êtes plusieurs à avoir demandé si l'article de Charlie Hebdo consacré à Aristophil était en ligne. C'est chose faite, vous pouvez le trouver ici: http://www.charliehebdo.fr/news/ces-niches-fiscales-qui-transforment-le-papier-en-or-107152.html
 
C'est une bibliothèque bien secrète qui sera mise aux enchères prochainement par les SVV PBA et Sotheby's, celle de Pierre Bergé. Rassemblant plus d’un millier de livres et manuscrits précieux du XVe au XXe siècle, cette collection fera l’objet de sept vacations thématiques à l’Hôtel Drouot, à partir de début décembre 2015.

La première vente proposera un florilège d’une centaine de pièces littéraires couvrant six siècles depuis Saint-Augustin jusqu’à André Breton - de l’édition princeps des Confessions imprimée à Strasbourg en 1476  jusqu’au manuscrit autographe de Nadja  (1928) offrant d’innombrables variantes inédites. .

La bibliothèque de Pierre Bergé représente l’aboutissement d’une aventure personnelle et professionnelle entamée il y a près de soixante-dix ans quand le jeune provincial fou de littérature, débutait à Paris comme courtier en livres anciens ; une vie jalonnée de compagnonnages littéraires et artistiques inaugurée avec Pierre Mac  Orlan, Jean Cocteau, Jean Giono ou Bernard Buffet, avant la rencontre décisive avec Yves Saint Laurent. Le couple qu’ils formèrent devait révolutionner le monde de la Haute Couture et imposer une liberté et un style de vie. Cet itinéraire singulier s’est continûment nourri de lectures.

La  bibliothèque,  bâtie  dès  l’origine  autour  d’enthousiasmes  littéraires  et  de  quelques écrivains fétiches- Montaigne, Flaubert, Stendhal ou Gide- est à l’image de son concepteur, c'est-à-dire à  rebours de  l’esprit d’accumulation encyclopédique, uniquement guidée par des goûts et des dégoûts marqués et assumés, autant que par le plaisir du texte.

Bibliothèque choisie donc, sans distinction de cultures, Pierre Bergé ayant traqué les œuvres de ses auteurs de prédilection dans leurs langues originelles. D’où la présence de nombreux Russes   (Pouchkine,   Gogol,   Tolstoï,   Dostoïevski,   Tourgueniev,  Maïakovski,   etc.),   des Américains Edgar Poe, Walt Whitman ou Gertrude Stein, de Britanniques de Shakespeare à Joyce,  d’Italiens  (Dante,  Pétrarque,  Le  Tasse, Casanova,  Svevo,  etc….),  de  Cervantès, des Portugais Camoens et Pessoa, ou de nombreux écrivains, poètes et philosophes allemands tels que Grimm, Kleist, Schopenhauer, Hölderlin, Goethe, Schiller, Walter Benjamin ou Paul
Celan.

La partie française, la plus nombreuse, mêle aux Classiques sur six siècles – de Christine de Pisan à René Crevel – les grands irréguliers de la littérature, de Sade à Roussel.

Mécène,  hommes  d’affaires,  mélomane  –  il  a  dirigé  l’Opéra  de  Paris  de  1988  à 1994  – spectateur  engagé,  écrivain,  amateur  d’art,  volontiers  provocateur,  Pierre Bergé  est  un homme  de  projets  et  de  passion.  Sa  bibliothèque est  à  son  image,
c’est-à-dire d’abord littéraire, mais aussi ouverte à  la  botanique et  à l’art des jardins, à la musique (qui fera l’objet  d’une  vacation  particulière) ou aux grands débats philosophiques et politiques représentés, entre autres, par les œuvres de Freud, Marx, Bakounine ou Guy Debord.

Cette  bibliothèque  tenue  secrète  –  elle  est  à  la  fois  la  part  la  plus  intime  et  la  plus personnelle des collections réunies par Pierre Bergé – n’a fait l’objet que de rares expositions confidentielles jusqu’à son dévoilement partiel à la Bibliothèque de l’Arsenal en 2013 : les pièces exposées étaient peu nombreuses, une trentaine, mais représentatives de l’esprit de la  collection. Car le lecteur est doublé d’un bibliophile attaché à la qualité des exemplaires (tirages  sur  grands  papiers,  reliures  contemporaines  de  l’édition,  nnotations,  etc.)  et surtout aux liens et aux échos parfois insoupçonnés qui relient les œuvres entre elles.

Ainsi,  le  «  goût  Bergé  »  s’incarne  dans  ces  exemplaires  qui  jettent  un  pont  entre  les différents acteurs de la vie intellectuelle et artistique comme l’exemplaire des Maximes de Chamfort annoté par Stendhal, le Félicia du chevalier de Nerciat ayant appartenu au marquis de Sade, la Notice littéraire sur Théophile Gautier offerte par son auteur, Charles Baudelaire, à Gustave Flaubert ou l’édition originale de l’Ile au trésor (Treasure Island, 1883) adressée par Stevenson au modèle du personnage de Long John Silver, son ami William Ernest Henley.
(Source Drouot.com).
 
Je ne sais pas vous, mais j'aimerais fort repartir de l'un de ces ventes avec un petit paquet sous le bras.
 
H

14 commentaires:

Anonyme a dit…

PB a été assez traditionnel dans ses choix de livres ( contrairement aux choix picturaux) surement l'absence d'influence de YSL qui ne s'interessait pas à la bibliophilie.

Je n'acheterai rien lors des vacations, j'attendrai 10 ou 15 ans que les lots ressortent doucement lors d'autres ventes et avec des prix soutenus par aucun effet marketing.

a+
JLP

Anonyme a dit…

Certes oui, M. JLP, mais vous êtes un peu pisse-froid, si vous me permettez, laissez-nous nous rêver à ces exemplaires, avant de signaler que vous, vous les achèterez à meilleur prix dans 10 ou 15 ans... Moi, dans 10 ou 15 ans, je ne suis pas sûr d'être là pour en profiter (et je ne suis pas vieux)... Je suivrai donc la vente ;-)
Merci donc à Hugues d'avoir relayé cette info, que j'avais par ailleurs... Mais le Blog du Bibliophile est LE lieu où signaler une telle vente.. De belles vacations à venir... Vous nous les rachèterez à vil prix dans 15 ans cher ami ! (et oui, une vente, aux enchères ou pas, c'est toujours assorti de marketing)
B.

Anonyme a dit…

Ce personnage est à l' opposé de tout ce que j' apprécie.
Glisser parmi mes livres un exemplaire à sa marque serait pour moi une honte absolue,la preuve irréfragable de la vacuité de me ma bibliothèque
frs

Benoît a dit…

Une sorte d'approche inversée de la provenance donc. J'apprécie beaucoup M. Bergé, mais ce n'est pas le sujet. Faites vous passer un test de conformité à tous les anciens propriétaires de vos ouvrages? Comment vous y prenez vous pour identifier tous les salauds du XVII, XVIII et XIXe qui hantent probablement (disons statistiquement) vos rayonnages? J'aime un livre pour ce qu'il est, pas pour son pedigree. Comme le dit Hugues, nous ne sommes de toutes façons que des passeurs.
Benoit

Anonyme a dit…

Combien de livres sont achetés que pour leur pedigree ?
Je ne me permettrai jamais d' assimiler - sans preuves - le collectionneur visé à un " salaud du XVII, XVIII et XIXe ".
Mais pour moi intégrer un livre à sa marque dans ma bibliothèque, c' est un peu comme venir à une réunion de bibliophiles en 4X4 blanc !
frs

Anonyme a dit…

bien agressif B.

Un salaud célèbre, c'est pas mal non plus dans une bibliothèque. J'en ai pour ma part quelques sympa du style Philippe Egalité, un courrier de Robespierre à côté d'une note signée de Marie Antoinette. J'ai même un ouvrage du Berghof saisi par la 2eme DB. C'est juste l'histoire.
Mais c'est vrai que Bergé n'est pas des plus séduisant ( pas assez méchant, pas assez bon), et qu'on l'oubliera facilement après sa mort.

jlp

Anonyme a dit…

Je suis tout de même étonné que Pierre Bergé ait pu soutenir un intèrêt intellectuel quelqu'il soit : il me semblait intéressé que par l'argent et l'art d'en faire! Après, admettez que tous les goûts sont dans la nature, et que les exemplaires dont il est fait mention semblent légendaires. Pierre Bergé est vieux, aigre, et ne songe plus qu') alimenter sa Fondation pour perpétuer sa vie, soyons magnanime, il a sans doute des qualités. Signé furax !

Anonyme a dit…

Le catalogue méritera une préface élogieuse du grand homme par un académicien complaisant … et vénal !

Olivier a dit…

Ben voyons, Robespierre est un salaud...
Olivier

philippek a dit…

Pour ma part, j'irai avec joie et sans me poser de question à cette vente.

Hugues a dit…

Bon, et bien moi j'aime Robespierre (pas un salaud, juste "pur") et Bergé (capitaine d'indsutrie, dans un pays où l'argent est maudit, et où on a plus de respect pour un gagnant à Euromillions que pour un chef d'entreprise)...
Hugues

Lauverjat a dit…

Un homme qui aime les livres ne devrait pas être complétement mauvais. Robespierre aimait-il les livres? D'autres les ont fait brûler. Je préfère ceux qui les rassemblent et vendent leur collection aux enchères.

eric P a dit…

Concernant Benoît Lecourt: (bon courage, car il n'y a pas grand chose sur internet)

http://www.abebooks.co.uk/servlet/BookDetailsPL?bi=11750763811&searchurl=an%3Dmartial+d%26%23x27%3Bauvergne+court+benoit+de

https://www.bl.uk/catalogues/bookbindings/Results.aspx?SearchType=AlphabeticSearch&ListType=Owner&Value=719

Anonyme a dit…

salaud : Populaire. Homme méprisable, qui agit de manière déloyale.

Oui c'est vrai Robespierre est plus un tueur de sang froid, c'est le Torquemada de la république française, avec probablement quelques décès en plus.

Et puis il a loyalement envoyé à l’abattoir un paquet de type via le comité de salut public.

J'aimerai avoir un livre avec envoi à Staline ca ferai un jolie pendant.

jlp

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