« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

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jeudi 5 novembre 2015

Amis bibliophiles... Et si vous nous parliez de votre dernier achat?

Amis Bibliophiles bonjour,

Vous aimez les portraits du blog, vous aimez donner votre avis sur le blog, partageriez-vous avec les autres lecteurs du blog un achat récent?

Je me disais ce matin que les lecteurs du blog représentent une masse considérable d'acquisitions d'ouvrages et qu'il serait intéressant d'en découvrir quelques uns.

Si vous le souhaitez, je vous propose de m'envoyer une ou plusieurs photos du dernier ouvrage que vous avez acheté et de le présenter en répondant à ces trois questions:

1. Présentation de l'ouvrage
2. Pourquoi l'avez-vous acheté? (malgré les apparences, la question la plus difficile).
3. Auprès de qui? où?
4. A quel prix?

Un véritable exercice de transparence. Je suis curieux de voir combien d'entre vous accepteront de s'y prêter.

Vous pouvez m'envoyer photos et commentaires à blog.bibliophile@gmail.com

Je commence. Voici mon dernier achat:


1. L'ouvrage en question:
Procez et amples examinations sur la vie de Caresme-Prenant.
1760.
Petit volume in-8, demi-maroquin cerise à coins. 
Charmant recueil de huit plaquettes facétieuses et gaillardes originellement éditées à l'époque du Vert-galant et réimprimées ensemble vers 1760 sous les mêmes dates. 
Ces pièces dans la tradition rabelaisienne "sont recherchées à cause de la singularité de leurs titres" (Brunet, Manuel du libraire et de l'amateur de livres, IV, 893-894). 
I. - PROCEZ ET AMPLES EXAMINATIONS SUR LA VIE DE CARESME-PRENANT. Dans lesquelles sont amplement descrites toutes les tromperies, astuces, caprices, bisarreries, fantaisies, brouillemens, inventions, subtilités, folies, débordemens et paillardises qu'il a commis et fait pratiquer en la présente année. Avec la Sentence, Mandement, et Bannissement général donnez et publiez contre luy, de l'Ordonnance et commission du seigneur Caresme. Traduit d'italien en français. Paris, 1605. (9) ff. Gay, Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes et au mariage, III, 870-871. 
II. - TRAICTÉ DE MARIAGE ENTRE JULIAN PEOGER DIT JANICOT, & JAQUELINE PAPINET SA FUTURE ÉPOUSE. Lyon, 1611. (8) ff. Gay, Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes et au mariage, III, 1233. 
III. - LA COPIE D'UN BAIL ET FERME FAICTE PAR UNE JEUNE DAME DE SON CON. POUR SIX ANS. Paris, Pierre Viart, 1609. (3) ff. "L'original de cette pièce est introuvable aujourd'hui, mais elle a été réimprimée textuellement, dans le XVIIIe siècle, à la suite de Procès et amples examinations." (Gay). Gay, Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes et au mariage, I, 724. - Pia, Les Livres de l'enfer, p. 158. 
IV. - LA RAISON POURQUOY LES FEMMES NE PORTENT BARBE AU MENTON, AUSSI BIEN QU'A LA PÉNILLIÈRE ; et ce qui a esmeu nosdictes Femmes à porter les grandes Queuës. Paris, 1601. (4) ff. Gay, Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes et au mariage, III, 930. - Pia, Les Livres de l'enfer, p. 653. 
V. - LA SOURCE ET ORIGINE DES CONS SAUVAGES, et la manière de les aprivoiser, et le moyen de prédire toutes choses à advenir par iceux. Plus la cruelle Bataille de Messer Bidault culbute et ses compagnons contre le Reverend Monflard le Baveux, ses aliez et confederez. Plus enrichy du Bail à Ferme desdits Cons, avec les sens et rentes et tout ce qui en despend. Lyon, Jean de la Montagne, 1610. (12) ff. Pièce en prose et en vers. Gay, Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes et au mariage, III, 1143. - Pia, Les Livres de l'enfer, p. 705. 
VI. - LA GRANDE ET VÉRITABLE PRONOSTICATION DES CONS SAUVAGES, AVEC LA MANIÈRE DE LES APRIVOISER, NOUVELLEMENT IMPRIMÉ PAR L'AUTORITÉ DE L'ABBÉ DES CONARS. Sans lieu ni date. 10 pp. Pièce en vers. Mouillure marginale pp. 5-6. Gay, Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes et au mariage, II, 428. - Pia, Les Livres de l'enfer, p. 319. 
VII. - SERMON JOYEUX D'UN DÉPUCELLEUR DE NOURRICES. Sans lieu ni date. 11 pp. Pièce en vers. "L'?uvre est un peu hardie, ainsi que le titre le fait soupçonner, mais une certaine liberté de langage n'effrayait personne au XVe siècle" (Gay). Mouillure marginale pp. 5-6. Gay, Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes et au mariage, III, 1110. - Pia, Les Livres de l'enfer, p. 693. 
VIII. - LA SOURCE DU GROS FESSIER DES NOURRICES, ET LA RAISON POURQUOY ELLES SONT SI FENDUES ENTRE LES JAMBES. Avec la complainte de Monsieur le Cul contre les Inventeurs des Vertugalles. Rouen, Yves Bomont, sans date. 18 pp. "Cette Source est en prose ; c'est comme une variante de la Branche de Renart : Comment Renart parfist le c. et du vieux fabliau : Du c. qui fut fait à la besche" (Gay). Mouillures marginales pp. 9-12. Gay, Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes et au mariage, III, 1142-1143. - Pia, Les Livres de l'enfer, pp. 704-705. 

Je n'ai trouvé qu'un seul autre exemplaire, en vente en la très bonne librairie Laurent Coulet.


2. Pourquoi l'ai-je acheté?
Lors d'une récente visite au Musée de Chantilly, j'avais été séduit par les facéties rassemblées par le duc d'Aumale.
Je suis tombé un peu hasard (via un mot clef) sur cet ouvrage, et je l'ai trouvé amusant et facétieux, justement. Je n'avais pas souvenir de l'avoir jamais croisé, j'aime la reliure.  Il n'était "pas cher". Affaire était faite.




3. Auprès de qui? où?
Auprès d'un libraire, via internet.

4. A quel prix?
260 euros.

H

13 commentaires:

Daniel a dit…

Quand je présente des livres de ma collection de musicologie à des amis, des visiteurs, des étudiants, (hors librairie), il y a ceux, (malheureusement la majorité) qui me posent illico la question combien ça coute ? Sans même s’intéresser au livre, à son contenu, à son histoire, comme si c’était le plus important, alors la visite tourne court et s’arrête au premier livre. Il y en a quelques un qui s’intéressent au contenu, à la reliure, à l’histoire du livre, se mettent au piano pour déchiffrer des chansons XVIIIe, alors les livres sortiront des étagères et la visite durera tard dans la nuit…peut être parlerons nous de prix, mais ce sera en dernier lieu, car, musiciens passionnés ils souhaiteront savoir si un jour ils auront accès à de tels livres. Connaitre le prix, ça se mérite, et cela n’a pas grande importance, quand je contemple les tableaux accrochés aux cimaises d’un musée, c’est bien la dernière question qui me viendrait à l’esprit, je ne me la suis même jamais posé. Le problème n’est pas tant de donner le prix d’achat sur le blog, mais plutôt par qui il va être lu, comment il va être interprété ? Donc pour ceux qui voudraient connaitre le prix du Musurgia universalis dernière acquisition présentée il y a quelques jours, ils devront passer me voir, et peut être qu’après une bonne soirée à parler de livres et de leurs contenus nous aborderons le sujet. Autant en tant que libraire aborder le prix me semble une évidence dans une conversation puisque le but est in fine une transaction, autant en tant que bibliophile présentant une acquisition à des lecteurs forcément multiples, parfois non bibliophiles et de tous horizons, cela me semble déplacé, superflu et inutile, puisque le but est de faire partager et connaitre un bien culturel au plus grand nombre, le prix risque de polluer le discours…

Daniel B.

Anonyme a dit…

Il parait qu'on ne peut pas trouver cet ouvrage sans mouillure...
Etonnant non?

Wolfi

Hugues a dit…

Envoie moi plutôt un email avec ton dernier achat cher Wolfi, plutôt que de dire des cochonneries :)
Hugues

Daniel a dit…

La reprise d'humidité, ou acidité de la colle du rabat de cuir, plus que mouillure touche le bord de quelques feuillets en contact avec les plats et les marges sont très grandes, ils pourraient donc être parfaits rognés de quelques mm, et reliés en maroquin pastiche d’époque ;) dans un atelier de banlieue Parisienne … Mais j'apprécie le veau et l'authenticité, je n'en ferai rien, une petite restauration papier à quelques bouts de marges, et une restauration de la reliure saura me combler. La bibliophilie n'est pas faite que de livres parfaits reliés en peaux de chèvres ;)) ce serait bien trop réducteur.

Daniel B

Anonyme a dit…

Je suis en accord avec vous sur le fond Daniel. Le prix des choses est une réalité prégnante dans notre existence quotidienne et les livres n'y échappent pas.

Mais je comprends que l'on veuille volontairement y échapper.

Reste qu'il est parfois intéressant d'évacuer le sujet rapidement et de passer à autre chose. Et puis les livres anciens constituent un marché, il est bon de connaître un peu les prix; ça permet de ne pas jeter l'argent par les fenêtres, plus on a de prix en tête plus on sera à même e faire un achat se conforme à nos envies nombreuse et à notre bourse fatalement limitée.

Personnellement quand le prix est abordé j'en parle volontiers et sans problème pour ce qui est des copains bibliophiles, car je sais que ce n'est qu'une question un peu rituelle, un simple élément loin de l'intérêt premier de la conversation: Le(les) livre(s).

Nicolas

Daniel a dit…

Nicolas je suis bien d’accord, entre bibliophiles ce n'est pas un problème, le prix est un élément comme un autre du livre, et j'en parle très librement. Mais pour l'article sur le musurgia par exemple des liens ont déjà circulés dans les CNSM et des facultés de musicologie, le blog est une fenêtre ouverte vers des milieux non bibliophiles et c'est tant mieux, (merci Hugues), mais dans ce cas la prudence s'impose, avancer un prix pourrait heurter, sans rien apporter.

Daniel B.

Anonyme a dit…

Mon dernier achat ; intérêt bibliographique énorme (absent de toutes les bibliothèques consultées comme on dit, inconnue en tout cas), intérêt du contenu très satisfaisant (un classique de la littérature), intérêt pécuniaire ridicule (le libraire n'afficherait pas ça 20€!), intérêt de la reliure inexistant (malgré la reliure existante!).
Prix d'achat : 20€ en salle des ventes, plus les frais plus le port. Soit 40€.

Le genre d'achat que seuls les monomaniaques peuvent comprendre.

J'aime rester anonyme et seul mes amis connaissent ma bibliothèque. Et si un jour je la découvre, lors d'une exposition pour laquelle je preterais des livres, je m'arrangerais pour que personne ne sache que je suis le propriétaire.

À ma mort mes héritiers feront ce qu'ils voudront, quitte à coller mon ex-libris donc je dispose d'un grand nombre d'exemplaires sans jamais en avoir collé un seul!!

Un lecteur assidu

Anonyme a dit…

Bonsoir,
lecteur assidu du blog (... gratias!) l'occasion d'une contribution, anonyme certes, car qui pourrait paraître ... paraître.
Non la dernière acquisition, mais l'une des toutes dernières est "La sorcière" de Michelet dans sa VRAIE EO, non expurgée, chez Hachette en 1862 (bel ex. dans une reliure 1/2 chagrin postérieure; une pure rareté car la "rumeur" propage qu'il n'en existe que 2 ex.: 1 à la BNF ... et 1 autre :-))!!.
En soi, l'acquisition serait justifiée tant par l'auteur, la thématique multi séculaire et la rareté de l'ex.; mais, je possédais, déjà, l'un des rarissimes tirés à part de la préface de G. Bataille (aux 4 vents, 1946) pour lequel j'avais fait faire un superbe étui à ma relieuse d'art "préférée".
Au final un magnifique ensemble, unique(?), qui me réjouit (lecture vivement recommandée!) et reste modestement anonyme (extérieurement) dans ma bibliothèque; et, comme déjà dit par ailleurs, entre amis on ne parle pas d'argent
Cordialement

Rémi Jimenes a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Gonzalo a dit…

Moi, mon dernier achat, c'est un exemplaire de l'EO d'A se tordre, d'Alphonse Allais (1891). Il n'est pas vraiment présentable dans la catégorie "bibliophilie". Ca ne paie absolument pas de mine (papier acide, mauvaise reliure), et ça n'a sans doute pas la respectabilité littéraire d'une EO de Verlaine ou de Baudelaire... Mais, malgré son humour de potache alcoolisé, je considère Allais comme l'une des plus grandes plumes françaises. Et je lis plus souvent Alphonse Allais que les poètes maudits, alors cette petite chose me fait plaisir. 30€, à un libraire, sur internet.

gepobe a dit…

chers amis, cher Hugues. j'ai regardé avec bonheur ce beau livre que vous avez déniché.
flanant sur ebay , je saute sur paul et virginie 1789, imprimé chez monsieur, in-18 ...le bonheur. je demande a monsieur Paypal...tout va bien.
pour 40 euros , meme si je n'ai pas eu ma dose d'adrénaline (achat immediat)
je savoure. il est la , dans la rubrique "achetés" , je controle, me felicite, et, ah oui : collation ...mais , mais il n'est pas illustré. le vendeur est un caïd, avec une etoile rouge. c'est le prix d'une leçon. merci. gepobe

























calamar a dit…

cher Gepobe, ne vous plaignez pas : la description n'est pas fautive, et l'exemplaire n'est pas incomplet.
En effet cette édition a été tirée sur 3 papiers différents : vélin fin d'Essone, 6 livres ; écu fin d'Essone, 4 livres ; papier ordinaire, 1 livre 10 sols. Seuls les deux premiers papiers ont les illustrations.
L'annonce de votre livre montre bien la page de titre, avec la mention du prix (1 livre 10 sols), et logiquement l'ouvrage n'est pas illustré.
Son prix de vente est raisonnable ; ce n'est pas une "bonne affaire" mais un bon livre acquis à son prix.

gepobe a dit…

chers amis. merci
pour votre commentaire, Calamar. en fait je ne remets pas en cause la descrition du livre. je suis un peu faché contre moi qui ne regarde pas assez bien les articles avant de me décider.
quelques jours avant , j'ai acheté "caeremoniale epicoporum" ,avec ses 71 gravures, un peu répétés ,en bel etat et daté de 1600. combien?...et bien sur Ebay, aux encheres. mais combien dites-vous? peu importe, quand on aime...

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