« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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jeudi 12 novembre 2015

Dans la bibliothèque des bibliophiles du Blog: le dernier achat de Calamar, Paul et Virginie par... Edmond de Favières

Amis Bibliophiles bonjour,

Voici le dernier livre reçu, ouvrage qui trouvera aisément sa place dans ma bibliothèque.

Il se présente sous la forme d'une plaquette brochée, de 20cm sur 12cm, sous brochure de papier bleu, avec une étiquette (la couverture est peut-être postérieure).


Malgré son format apparent, le livre est un in-4  composé de 4 cahiers, soit 32 pages ; et il n'y a pas d'espace perdu.


Il s'agit de "Paul et Virginie, comédie en trois actes et en prose, mêlée d'ariettes, représentée par les comédiens italiens, le 15 janvier 1791". 

L'ouvrage, anonyme dans cette édition, est d'Edmond de Favières (1755-1837) ; la musique est de Kreutzer.

L'immense succès de la pastorale de Bernardin de Saint-Pierre a donné lieu à toutes sortes de publications, produits dérivés (comme on ne disait pas encore), et contrefaçons. Dans le lot se trouvent des adaptations pour le théâtre, le théâtre chanté, comme ici, ou même l'opéra.

La pièce d'Edmond de Favières, représentée pour la première fois en 1791, aura un succès important et de nombreux imprimeurs la diffuseront.

Paul Toinet, dans sa bibliographie de Paul et Virginie, recense une dizaine de ces impressions, entre 1791 et 1800.

Il faut dire que la pièce finit mieux que le livre : Paul sauve Virginie, ils vécurent heureux et riches (l'histoire ne dit pas s'ils eurent de nombreux enfants) avec leurs bons esclaves noirs.


L'exemplaire ici présenté est publié par Alphonse Bérenguier (1747-1820), imprimeur libraire à Avignon. Il donnera plusieurs éditions successives de ce texte, toujours sous ce même format (32 pages bien employées). Curieusement, aucune de ces impressions n'est recensée par Paul Toinet.

Ces ouvrages, largement diffusés, mais de petite valeur, devenus assez rares, mais sont peu recherchés ; sauf par les monomaniaques de Paul et Virginie tels que Paul Toinet.

Le peu d'intérêt des (vrais) bibliophiles pour ce genre d'ouvrages m'a permis de le trouver sur ebay pour une somme symbolique : en gros, les frais de port...

Calamar

4 commentaires:

Philippem a dit…

Une sympathique acquisition Calamar ... Je ne savais pas qu'Avignon était déjà spécialisée dans le théâtre au XVIIIe siècle !

Anonyme a dit…

Jolie pièce, comme je les aime, dans son authentique "reliure" de papier bleu.

Belle acquisition !

René

Cabrol Pierre a dit…

Ayant du goût pour ces livrets, souvent bien grossièrement imprimés, mais qui ont à mes yeux l'avantage de me donner l'impression de toucher du doigt les émotions ressentis par les spectateurs, j'ai commencé il y a quelques années à en constituer une bibliothèque, qui compte à ce jour un peu plus de huit cent références (leur faible prix, pour celles de la seconde moitié du dix-huitième siècle, autorise bien des envies). Je vais regarder si celle-ci y figure. La reliure de papier bleu ajoute au plaisir. Elle est sans doute contemporaine, car c'était une reliure d'attente fréquente, beaucoup d'amateurs rassemblant en volumes des sélections de leur choix. Il y avait à Avignon un libraire actif en la matière, avec revendeurs à Paris, Philippem. Il n'est pas rare que certaines de ces éditions, notamment celles provinciales, ne figurent pas au catalogue papier des imprimés de la bibliothèque nationale.

Anonyme a dit…

Vrai bibliophile ou pas, on ne résiste pas à ces plaquettes, généralement mal imprimées mais sur un beau papier :). En plus c’est une impression du fameux Alphonse Berenguier. Imprimeur du Lycée , puis du Département du Vaucluse tenant boutique près des ci-devant jésuites. Une figure en Avignon pendant la Révolution.
Textor

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