« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

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mercredi 31 août 2016

Miscellanées bibliophiles: il faut que tu respires, des ventes silencieuses qui font du bruit, usine à gaz et jeu vidéo

Amis Bibliophiles bonjour,

Quel plaisir de vous retrouver après cette longue absence! J'en avais besoin, pour profiter pleinement de mes vacances, mais également pour respirer un peu.

J'en ai déjà parlé ici, il devient parfois difficile de concilier vie professionnelle, familiale - mais aussi d'autres projets -, et écriture régulière du blog. Du reste, au delà du temps et de l'énergie qui me manquent, j'en viens aussi à manquer de sujets de conversation! :)

Bref, c'est la rentrée, je vais essayer de vous proposer quelque chose cette année encore. Je continue de réfléchir à l'évolution du blog, et puis, bien sûr, il y a ce livre qui va bien finir par sortir!


Quelques miscellanées pour démarrer...

Les ventes silencieuses font grand bruit

Avez-vous remarqué cette nouvelle tendance, celle des ventes (parfois qualifiées de silencieuses) qui se multiplient sur internet. Nous connaissions bien sûr ebay, mais ce sont désormais des maisons bien installées comme Godts ou Aguttes, qui proposent des ventes entièrement online. Il faut reconnaître que ces ventes regroupent encore des invendus de ventes précédentes ou des ouvrages qui ne "méritent" pas les honneurs d'une vente classique. Il est tout à fait probable que cette tendance se généralise dans les mois/années à venir, offrant une nouvelle étape dans la chaîne de valeur de la vente de livres rares: ebay, ventes silencieuses organisées par des SVVs, ventes classiques.

En écrivant ces lignes je m'interroge d'ailleurs... seriez-vous intéressés de voir le Blog proposer un service de vente aux enchères à ses lecteurs, où vous pourrez vendre et acheter entre passionnés? 

De la librairie ancienne à l'usine à gaz

En passant, dans la même veine, certain d'entre vous ont sans doute reçu un mail de la librairie Gribaudo-Vandamme (très active sur ebay), qui explore à son tour de nouvelles voies: rapidement, cet acteur propose "d'optimiser la vente de vos livres de 150% avec une méthode simple". 
1/L'idée est trier votre bibliothèque en "trois ensembles : Livres précieux et recherchés (3% de votre bibliothèque /42% de sa valeur). Livres de moindre valeur et peu recherchés (37% de votre bibliothèque /50% de sa valeur). Livres de faible valeur (60% de votre bibliothèque /8% de sa valeur). Nous prendrons en compte la cohérence du fond et nous constituerons des ensembles thématiques. Nous ferons l’inventaire de votre bibliothèque en y apportant des estimations.
2/Pour chaque type de livres nous avons plusieurs options de vente. Nous nous occupons de cela pour vous  selon vos directives."
Les "différentes techniques" de vente vont de ebay à Drouot en passant par le courtage auprès de libraires pro, mais aussi Brassens, les institutionnels, etc.
Je suis un peu dubitatif mais cela illustre une fois encore que l'enjeu est toujours le même, trouver les bons livres. Et d'ailleurs, j'ai probablement tort quand je dis "toujours le même", puisque cette tendance ne fait que s'accroître au détriment de la valeur marchande des ouvrages moyens. 

Du jeu vidéo au livre ancien

Il n'est plus à prouver que le jeu vidéo et le livre précieux sont des cousins. Produits culturels, présence de livres rares dans de nombreux jeux vidéos, parfois au centre de l'histoire, souvent dans les décors, ventes aux enchères de jeu vidéo organisées de façon très semblables à celles des livres, etc.



Saviez-vous que depuis toujours ou presque la BNF archive et enregistre les créations vidéoludiques de la même manière que les ouvrages imprimés et qu'elle accorde une importance toujours plus grande à ce secteur culturel?

Elle va encore plus loin ces derniers jours puisqu'elle "a choisi de mettre à l'honneur le jeu vidéo cette semaine à l'occasion de la sortie mondiale de la sixième extensiondu jeu vidéo World of Warcraft (WoW pour les initiés). La BNF s'associe au studio Blizzard et au collectif de #streetart ARTtitude, clôturant ainsi un cycle d'hommage à #WoW qui a mobilisé, depuis juin 2015, 27 artistes dans quatre métropoles européennes. Une fresque originale de l'artiste français Tsuchinoko représentant Illidan, un des personnages du jeu, est installée sur la tour des temps du 30 août au 7 septembre. Pour la composer, 330 affiches ont été apposées sur les parois vitrées des étages de magasins.
Blizzard Entertainment et l'équipe d'ARTtitude investissent également le hall Est de la BnF du 30 août au 2 septembre!" 



Amusant, même si on peut regretter qu'en l'occurrence cette action ne soit avant tout une opération marketing.

Bref, I'm back!

H

33 commentaires:

Anonyme a dit…

Le service d'enchères via le blog me laisse particulièrement dubitatif. Ca marchera peut-être un peu mais ce sera vite mauvais. Trop restrictif, à moins de faire un maximum de publicité (mais là, ce n'est pas la même optique).

Pour Gribaudo, son business plan était déjà particulier. Volume énorme pour une rentabilité très médiocre. Je me demande si ce genre de mail fonctionne réellement. En revanche, ce qui est intéressant dans ce mail, ce sont les chiffres donnés (même s'ils sont déjà faux appliqués à ma bibliothèque, mais c'est un cas particulier).

Pour la conservation des jeux vidéos, cela me rappelle cette annonce ebay avec la collection ultra complète de 22 consoles avec TOUS les jeux vidéos parus. Une collection monumentale d'un français mais vendue aux USA, les seuls à être prêts à mettre autant d'argent (autour d'un million d'euros de mémoire) pour ce type de biens.
De mon côté, je préfère rester dans les livres!

Hugues a dit…

Pour ce qui est des enchères sur le blog, je parle bien sûr avec un outil ad-hoc. Type ebay.
Hugues

philippek a dit…

Bonne rentrée Hugues!
Pour Gribaudo, je suis moi aussi très dubitatif.Je ne vois pas qui pourrait faire appel à eux, à part ceux qui ne connaissent pas le livre ancien. Cela me fait penser aux cartes postales qui laissent penser qu'une vue est belle alors que ce n'est pas vraiment le cas.Enfin, ce n'est que mon avis...
Bonne reprise à tous.
Philippe

Gonzalo a dit…

Welcome back ! :)

Comme l'anonyme ci-dessus, je suis dubitatif sur l'opportunité d'offrir une plate-forme d'enchère via le blog.
Celui-ci est un outil efficace d'information, voire de formation, pour les bibliophiles débutants. Si des enchères y était proposées, je ne les fréquenterai pas : à quoi bon enchérir quand on sait que la salle est remplie de personnes informées ? Le jeu des enchères ne fonctionne (pour moi) que lorsque j'ai l'espoir de faire de bonnes affaires ! ;)

On nous avait annoncé la disparition des "forums" traditionnels sur internet. Il se trouve que je fréquente, depuis quelques semaines, des forums d'amateurs (rien à voir avec les livres), et je me rends compte que ça fonctionne encore très bien. Une communauté de gens motivés, cultivés, qui discutent de choses et d'autres. Ca ne remplace pas le format blog, mais ça peut le compléter : c'est plus spontané, chacun ayant la possibilité de poster ce qu'il veut, de poser des questions librement. Avec une poignée de modérateurs, ça pourrait fonctionner correctement.
Ca permet, aussi, de faire des recherches dans les discussions précédentes, mieux que dans les commentaires du blog (difficilement interrogeables). Bref : ça pourrait fonctionner. Nous sommes une bonne communauté ; il y a un vivier, de la passion, et je ne crois pas qu'il existe, par ailleurs, un forum de bibliophiles.
En plus, ça ferait une bonne base pour recruter des contribueurs pour le blog, ou pour trouver des idées de sujets...

Gonzalo a dit…

(désolé pour l'orthographe)

bernard Burnet a dit…

bonjour cher Hugues.
vraiment content de vous retrouver ,et de retrouver le blog actif...je serai ravi de vivre l'evolution de votre blog et l'idée d'une vente aux encheres me semble compliquée mais seduisante.
juste pour vous saluer, fidelement.gepobe

Cabrol Pierre a dit…

J'ai reçu aussi l'e-mail de Gribaudo. Il m'a semblé que c'était effectivement plus destiné à quelqu'un qui hériterait d'une bibliothèque sans s'y intéresser. Je ne sais plus si c'est Gribaudo, mais j'ai également reçu des messages de recherche ciblés, le libraire agissant pour le compte de plusieurs bibliophiles. je suis plus ouvert à ce genre de choses.

Pour ce qui est vendre, si l'envie ou le besoin m'en venait, sauf urgence je préférerais m'en charger moi-même. Je pense que je pourrais éprouver de l'intérêt à disperser mes livres, comme j'ai du plaisir à les réunir

Anonyme a dit…

Welcome back cher Hugues !

B.

Anonyme a dit…

L'idée d'un service d'enchères via le blog me paraît une excellente idée. C'est l'occasion d'échanger, d'acquérir et de céder des ouvrages, bref de partager notre passion commune pour la bibliophilie. Tout ce qui facilite l'échange (matériel, intellectuel et émotionnel) est pour moi toujours judicieux. L'argent, faire une belle affaire, cela est secondaire, non ?

F.

Anonyme a dit…

Je rejoins totalement Gonzalo à propos de l'idée d'un forum (j'en pratique régulièrement quelques uns, sur des sujets de passions hors bibliophilie).
Néanmoins un forum demande je crois encore plus de travail qu'un blog...

Mais cela reste une idée à creuser, même si ce format relève du Web 1.0 !

On peut du reste y adjoindre une section "Achats/Ventes", etc... Dans bien d'autres domaines ce format a prouvé son efficacité...

Mais bon, facile d'évoquer tout cela ; après il y faut les bonnes volontés, les petites mains, etc.

Quoi qu'il en soit la communauté regroupée autour de ce Blog possède un noyau solide, qu'il s'agisse de lecteurs "silencieux", de commentateurs ou de contributeurs... Il y a certainement à construire autour de ce capital humain, le premier !

B.

Gonzalo a dit…

Plus de travail, oui et non : une fois le forum mis en place (et il existe des outils gratuits qui fonctionnent bien), la souplesse de l'outil permet de nommer plusieurs "modérateurs" qui seconderaient Hugues dans sa tâche. Ca permettrait de conserver le blog en l'état, voir de ralentir légèrement le nombre de publication si Hugues est débordé, tout en maintenant une dynamique collective et une vivacité d'échanges réguliers... Nous serions nombreux, je pense, à visiter le forum quotidiennement. Il se passserait des choses tous les jours ! :)

J'ai conscience que ce type d'outil a l'air un peu ringard (c'est ce qu'on trouvait sur le net au début des années 2000), mais ça fonctionne très bien !

Hugues a dit…

Il y a déjà eu des tentatives de forum sur la bibliophilie, ils ont fait des bides... donc je passe mon tour à ce niveau là! :)

Pour les enchères, il y a pas mal de sites de collectionneurs (tire-bouchons, jeux vidéos) qui ont mis en place ce système avec semble-t-il quelques succès.

Avantages: livres choisis, frais réduits, confiance, possibilité pour les pro et les bibliophiles de vendre en confiance
Défaut: les acharnés du chopin n'y trouvent pas leur bonheur.

H

Alexandre a dit…

Excellente idée les enchères sur le site !
Les livres pourront circuler bien plus facilement d'une collection à une autre sans intermédiaire inutile. Les librairies de qualité sont indispensables et un vrai bonheur, mais si rares ... la grande majorité faisant du copier coller des salles de ventes à leur catalogues avec x3 ou x4 sur les prix.
Bref j'achète l'idée, merci Hugues !

calamar a dit…

bonjour Hugues, bonne rentrée !

Dans les messages divers de Gribaudo, son analyse de la répartition en valeur/masse d'une bibliothèque standard est intéressante ; je n'y connais rien, Est-ce que c'est une méthode couramment employée pour évaluer une bibliothèque ? il faudrait que je fasse l'effort (objectivement) chez moi, pour voir...

pour le forum, effectivement certains forums de collectionneurs vivent bien ; mais en général c'est du genre "j'ai trouvé ce machin en brocante, je n'y connais rien, merci de me dire ce que c'est" - ce qui ne va pas bien loin et s'appliquerait assez mal au livre ancien, j'imagine.
Pour les ventes, difficile de concurrencer eBay ;)
mais un "service" de recherches/propositions, peut-être ?

Anonyme a dit…

En pratique, on dit que dans une bibliothèque classique, quelques livres (qu'on compte généralement sur les doigts des mains) voire un seul livre vaut la majorité de la bibliothèque. Donc je pense que Gribaudo a plus ou moins raison.

Par bibliothèque classique, j'entends bibliothèque familiale, formée par un bibliophile modeste plutôt. Les bibliothèques plus spécialisées (livres rares, reliures, ésotérisme, etc.), du type Pierre Bergé ou H.O. ( ;) ) par exemple, sortent totalement du classique, et là c'est au cas par cas.

Anonyme a dit…

Le mail de Gribaudo est très amusant pour qui l'a vu agir en vente de manette à Drouot...vu sa bonne connaissance des livres, je n'ai aucun doute sur sa capacité à faire une juste estimation, mais quand on vit depuis des années sur tout ce qui passe au travers des évaluations des commissaires-priseurs et experts, c'est juste étrange et un peu hypocrite ; du même niveau que les libraires qui critiquaient ebay et y achetaient à tour de bras !...Je suis assez d'accord pour dire que les libraires évaluent une bibliothèque sur les belles pièces et la bonne bouquinerie mais ne tiennent pas compte du reste, ces 60 % de livres voir plus qui feraient 8 % de la valeur, finissant souvent offert à des associations ou dans une benne à papier, les bibliothèques désherbent sans vergogne, mais les libraires aussi question de survie sans doute. Le calcul est rapide si pour gagner ces 8 % il faut passer 60 % du temps voir plus, avoir des locaux immenses etc...Il me semble en plus que la vraie proportion est plus proche de Pareto 20 % des livres 80 % de la valeur, le reste pschitt….l’autre vision pour qui a de la place est de dire que ces 80 % de livres c’est que de la marge puisque le libraire ne les paient pas…alors ces livres peuvent dormir tranquillement sur des étagères et être vendus pas cher au fil des ans.

Paul Emiste

Anonyme a dit…

Tiens, Philippe Bouvard disperse sa bibliothèque chez Millon le 4 octobre. Je ne savais pas le créateur des "Grosses Têtes" des nôtres...

http://www.lefigaro.fr/culture/encheres/2016/09/01/03016-20160901ARTFIG00268-philippe-bouvard-disperse-les-joyaux-de-sa-bibliotheque.php

B.

Anonyme a dit…

@ Alexandre : ce n'est pas toujours vrai, je viens d'acheter à un libraire, sous Vialibri, un livre en parfait état dont plusieurs exemplaires fort semblables étaient proposés à des prix de 3 à 5 fois plus élevés.

@ Calamar : je consulte régulièrement plusieurs Forum (hors bibliophilie) sur des sujets très spécifiques (photographie et radio-électricité)qui sont fort sérieux et très bien tenus. Je reconnais hélas que la plupart sont de véritables poubelles quant au contenu et surtout à l'orthographe.

J'ai acheté à trois reprises à Gribaudo : la première fois le livre m'est parvenu trempé comme sortant du bain, les 2 autres fois, ils n'ont pas retrouvé le livre.
Sans doute n'ai-je pas eu de chance.

René

Anonyme a dit…

Je n'ai as reçu le mail de Gribaudo, mais la réalité c'est que tout se joue sur les livres importants. Le professionnel qui est capable de bien les valoriser proposera in fine bien plus pour l'ensemble que celui dont la spécialité est de bien valoriser les ouvrages de peu de valeur
Eric

Anonyme a dit…

De toutes façons on sait bien que les libraires sont tous des voleurs, j'en connais même qui se vantent de faire x 100 voire plus. Quelle bande d'arnaqueurs.

Rourrrrrou a dit…

"De toutes façons on sait bien que les libraires sont tous des voleurs, j'en connais même qui se vantent de faire x 100 voire plus. Quelle bande d'arnaqueurs."

Tiens, un libraire qui passe sur le blog!

Un pigeon

Anonyme a dit…

Bonjour Hugues,

Je ne crois pas beaucoup à une nouveau site d'enchères. Vous n'aurez pas la visibilité de Ebay. Soit les vendeurs seront opportunistes (comme sur ebay) et demanderons des réserves trop élevées.; Soit les réserves seront basses, et peu sont ceux qui voudront prendre le risque de vendre sur un site récent n'ayant pas la visibilité d'un ebay.

Pour les autres modèles, on a le prix décroissant (ça peut-etre rassurant pour le vendeur, c'est peut-etre une solution à investiguer) Expertissim est sur le principe, mais je n'ai pas entendu que leur santé financière était brillante.

Et puis le dernier problème est le volume de livres en ligne. s'il n'y a pas en permanence de milliers d'ouvrages, et de préférence des ouvrages un minimum intéressant, on se lassera vite.

Et puis faire un site coute de l'argent, coute des frais de fonctionnement, or à mon sens le seul argument d'un anti ebay serait de pouvoir proposer des frais inférieurs, mettons 5%.
Un petite plateforme commerciale un peu sécurité (je ne parle pas des solutions de Gribaudo justement) coute autour de 30ke, un k pour le ssl, quelques tests réguliers pour valider la securité, mettons 5k/an et l'hebergement 1k soit
capex de 30k et reccurent de 7k. mettons cela sur 7 ans = 79k ==> faire 1,500k de vente sur 7 ans pour equilibrer, soit 200 k par an.
C'est déjà beaucoup il me semble.


Sinon, j'aime bien l'argument de notre libraire de la manette, le livre est un produit et il le traite comme tel. Ca me rappelle un peu le feu ebibliophilie dont j'avais bien apprécié la publication en 2012 ou 2013 ?

jlp


Philippem a dit…

Bonne rentrée à tous ! Ah, le bonheur de retrouver le blog ... Je ne sais pas si un forum ou un service de vente entre bibliophiles sont des évolutions aisément réalisables, mais pour ma part, je suis avide de tout ce qui peut faire vivre ce blog et maintenir ce contact entre nous...
Très amicalement,
Philippem

Marc Georges a dit…

Bonjour,

votre article soulève un point intéressant : la tendance actuelle du marché du livre ancien : tout pour l'ouvrage exceptionnel, le moyen et le médiocre n'ayant plus de valeur.

Il est vrai qu'à ce jour, on ne peut constater qu'une inflation très importante sur les ouvrages de première qualité, et une baisse des prix pour le reste.

Mais cela ne pourra durer.

Pour les livres de premier rang, internet leur offre un plus grande visibilité. Il y aura donc plus d'acheteurs potentiels pour un produit rare. Donc l'évolution des prix perdurera.

Pour les livres de seconde catégorie, la braderie va cesser. Les vendeurs s'apercevront que le prix d'un livre n'est pas le seul élément qui guide l'achat. Les vendeurs professionnels constateront que dans cette fuite en avant, ils sont condamnés à faire du volume pour préserver leur marge. Hors, nous ne sommes pas dans un marché de volume. Ces "libraires" devront refaire leur marge en augmentant leur prix. Quand on analyse la structure de coût pour ce type de libraire. sa principale charge n'est pas dans le coût de stockage du livre, mais dans son prix d'achat et dans la rotation de son stock. Il aura deux solutions : marge faible et rotation rapide. C'est ce qui l’expérimente aujourd'hui. Mais la rotation du stock ne sera pas élevée, et si tel est son cas, il aura un problème d’approvisionnement (le renouvellement de son stock). Deuxième solution, son coût de stockage étant marginale, il augmente sa marge pour fiancer une rotation longue de son stock, un livre quel qu’il soit finissant toujours pas se vendre. le marché va aller vers ce système.

Dans le livre d'occasion, c'est déjà le cas. Il y a quelques années, on trouvait pléthore de livres à 1 cens sur Amazon et sur Ebay. Ce temps là est révolu. Les vendeurs se sont aperçus que malgré ces prix, le volume de vente n'était pas là.

Et en dernière remarque sur ma réflexion, qui fait le marché du livre ancien aujourd'hui sur Ebay : les libraires. Ce sont les premiers acheteurs. Ils sont donc bien conscients que certains prix sont des opportunités.

Marc
Librairie 42 Lignes

Anonyme a dit…

Bonjour,
La dernière analyse est intéressante mais elle me semble oublier un point non négligeable : la baisse du nombre de bibliophiles. Or cette armée achetait des livres anciens (il y a quelques dizaines d'années, quand pour avocats, médecins et autres, je ne suis pas sectaire, cela "faisait bien" d'avoir une bibliothèque). Ils ne pouvaient pas forcément acheter des livres de grande valeur mais plutôt des "ouvrages moyens", ceux dont le prix baisse aujourd'hui. Il ne faut pas se leurrer, aujourd'hui, un trentenaire attiré par l'art et collectionneur va davantage acheter des originaux de BD, du street art ou de la photo...
Le capital culturel du livre ancien moyen, au sens sociologique (on ne parle pas du contenu) ne peux que continuer à baisser, je le crains. En revanche, dans un monde où les écarts de richesses continuent à augmenter ainsi que le nombre de "très riches", se battre pour posséder un livre ayant appartenu à Marie-Antoinette ou le bicorne de Napoléon ne peut que faire grimper la cote d'objets symboliques.

Anonyme a dit…

ne peut, désolé.

Daniel a dit…

Bonjour à tous, bonne rentrée Hugues,

Je suis assez d'accord avec Marc de la librairie 42 lignes qui dit que ce sont les libraires qui font une partie du marché sur ebay, tant à la vente qu'à l'achat. Ce qui est certain c'est que les bibliophiles, soient ne sont pas assez attentifs, soit sont plus craintifs que les libraires. J'ai constaté que si l'on décide pour animer sa boutique ebay de laisser filer un très bon livre aux enchères sans réserve et qu’il fait un petit prix, 9 fois sur 10 c'est un confrère qui l'achète, alors qu’on souhaitait faire plaisir à un bibliophile. Soyez plus attentifs !
Pour les livres de la seconde catégorie, ils ont une valeur intrinsèque, et il faut que les libraires la défendent. J’ai parfois l’impression que même les libraires ne croient plus en leurs produits. Est-ce normal qu’un livre du XVIIIe soit accessible à partir de 20 euros ! ou qu’une bonne demi reliure se vende 1/20e de ce que couterait sa réalisation aujourd’hui, je ne pense pas. Il faut que les libraires croient en leurs livres et les défendent, aucune antiquité du XVIIIe est accessible à moins de 20 euros à part un livre, c’est devenu aberrant. Il y a déjà assez de messages négatifs véhiculés involontairement par des associations « boites à livres », « foire aux livres bradés à 1 euros » qui font rentrer dans l’inconscient collectif que le livre d’occasion ne vaut plus rien, si en plus les libraires en rajoute en ne croyant plus en leur produit, où allons-nous ?…
Le renouvellement des bibliophiles ne pourra se faire que si les libraires croient en leurs livres, et les vendent avec passion. On avait prédit la mort du 33 tours, il revient en force car le son est incomparable.
N’enterrons pas trop tôt les livres, caresser le dos à nerfs d’une belle reliure, sentir le doux galbe du plat et être ému par son petit souffle lorsqu’il se ferme avec précision sur sa garde peignée vernissée, que de voluptés envisageables…même lire un texte d’après-guerre sur son papier brulé de mauvaise qualité pourra également apporter une émotion en nous replongeant dans le contexte. Encore faut-il le faire découvrir aux nouvelles générations…lors d’intervention dans les écoles, quand je vois les yeux émerveillés des enfants autour de l’encyclopédie et que le temps de l’intervention initialement prévu est doublé par les questions, je garde confiance en l’avenir du livre…

Daniel B.

Anonyme a dit…

Pour rebondir sur le propos de Daniel (et quelques autres dont Eric) :
- j'achète souvent à des confrères, et bien mieux que chez les particuliers car le confrère fait son prix et peut se tromper (moi y compris). Je pense que tout le monde ici dira avoir fait des affaires en or chez le confrère X ou Y. Le fait de suivre les catalogues, les comptes de libraires (ebay ou sites spécialisés) permet de bien acheter.
- l'achat chez le particulier est un point intéressant. Etant commerçant, on se doit d'avoir marge pour vivre. Certains trouvent indécent de faire de la marge. Après, s'il est vrai que certains confrères avaient l'habitude d'acheter pour rien des bibliothèques, cette génération disparaît et la jeune me paraît moins criticable de ce point de vue. Eric met en avant le point des beaux livres qui conditionnent la proposition. Par expérience, comme j'essaye toujours de faire une proposition normale au client, en tenant compte au maximum des beaux livres, je ne rate les bibliothèques que dans deux cas : le particulier rêve complètement ou un confrère a fait une proposition à peine supérieure.
- les livres de seconce catégorie... Ah là, encore un problème de choix. Si le libraire ne veut pas être envahi, il est obligé aujourd'hui de ne pas être cher. Personnellement, je trie le rentable du non rentable, je donne le non rentable à des associations ou des brocanteurs, et je m'occupe du rentable. Le plus petit pas cher (et je tiens mes prix), le moyen à des prix convenables pour tout le monde (le client est content de payer ce prix et moi je gagne un peu dessus).
- reste un point qui m'énerve et qu'on entend souvent : les copier-coller de fiches de salle en faisant *3 ou *4. J'ai envie de dire : et alors? Si le prix final est correct, on s'en fout. Si la fiche de la salle est correcte, à quoi ça sert de la réécrire? Il m'arrive de faire des copier-coller. Pas systématiquement, car les fiches de salle des ventes sont souvent courtes, se limitant à l'aspect physique du livre (édition, reliure, état). Les marges peuvent être *3, *4 ou plus mais en même temps, ce n'est pas nous qui faisons le prix final, c'est l'absence d'encherisseur. J'ai déjà fait bien mieux que *4 sur un livre acheté en salle des ventes, avec une bonne publicité en plus, et sur un livre de valeur en plus. Ces cas sont rares, certes, mais ça arrive.

Bref, tout ça pour dire que le métier de libraire est un beau métier, que tous ne prennent pas les clients pour des pigeons, que nous savons acheter au juste prix chez les particuliers et les proposer au juste prix aussi. Et ceux qui trouvent nos margent indécentes n'ont qu'à nous faire concurrence en achetant aux enchères ou en achetant aux confrères (là où j'ai fait tous mes achats indécents!).

Un libraire qui aime son métier et pense le faire honnêtement

Anonyme a dit…

Bonjour Daniel
Je ne pense pas qu il faut considerer la valeur intrinsèque du livre.
Voyez les jolies maisons du xviii dans le cotentin ou la creuse: a 150000 on a deja de superbes demeures, a 300000 carrément des chateaux. Je parie qu ils couteraient 10 a 20 fois ce prix s il fallait les refaire.
Comme nos vieux livres...
Jlp

Anonyme a dit…

Pour re-re-rebondir:

Internet a tout bouleversé pour les ventes en SVV, sur ebay, ou encore par les associations professionnelles en ligne (Ilab, etc.). Tout est remis à plat. Ce qu'on croyait rare ne l'est plus, et la masse de livres disponibles est abondante, d'où la baisse des prix. Cela affecte surtout les livres sans pedigree. Cela avantage les clients, acquéreurs de livres modestes ou un peu moins, et cela valorise d'autant les grands auteurs reliés avec luxe dont la valeur (malgré les fluctuations) n'est pas près de baisser.

Cette situation peut affecter aussi les amateurs d'ouvrages de 2e catégorie. En SVV, les enchérisseurs sont amateurs (comme moi) ou professionnels et les prix augmentent inévitablement. J'ai souvent vu des lots vendus, que j'avais manqués, présentés ensuite dans des catalogues à des prix logiquement plus élevés (il est normal que les libraires fassent de la marge pour survivre). Par exemple, un lot qui avait atteint 3500 Euros est proposé ensuite à 6300 Euros. La raison qui, me semble-t-il, explique que ce livre ne se vend pas n'est pas que le prix en librairie atteigne près du double, mais qu'il n'y ait pas eu d'acheteur qui ait choisi d'aller au-delà de 3500. En d'autres termes, les bibliophiles sont devenus les concurrents des libraires en SVV, et les prix d'acquisition sont (bien souvent) ceux du marché. La vente du livre à 6300 Euros est improbable, à moins qu'un amateur ayant manqué la vente en SVV ne 'profite' de cette seconde chance.

J'ai parfois l'impression que les libraires surestiment (en toute honnêteté) la valeur de leurs ouvrages, ou évaluent mal le nombre de leurs clients potentiels. De là, le nombre de titres disponibles qu'on voit figurer (encore et encore) dans les catalogues de tel libraire. Pensent-ils pouvoir trouver acquéreur, tôt ou tard ? Si le temps est la richesse du libraire, n'a-t-il pas des échéances financières ?

Frank

Tiephaine G. Szuter a dit…

Bonsoir à tous,

Un véritable bonheur de retrouver un blog du bibliophile actif avec des discussions dans les commentaires! :)

Je me permets d'entrer moi aussi dans le débat avec mon point de vue partagé entre les acheteurs (j'en suis un, après tout) et les libraires (dont j'adore flâner dans les boutiques et catalogues).
Je ne suis pas un amateur avec un énorme budget (moins d'une cinquantaine d'euros par mois, sauf lot qui m'intéresse vraiment au-delà du raisonnable, typiquement un Milton ou un Grotius), du coup j'achète peu, plus souvent sur ebay qu'en librairie et à des prix jugés "bas" par des acheteurs plus professionnels. Le prix le plus élevé que j'ai pu me permettre de payer est d'à peine 200 euros pour un ouvrage plein Vélin présenté sur ces pages il y a quelques mois (j'ai tout de même récidivé en juin avec un autre Grotius, de 1724 et en français pour un prix similaire).
Nous sommes tous d'accord, l'acheteur a tendance à vouloir le meilleur prix (de son point de vue) quand le vendeur recherche le prix de vente le plus haut. Rien de mal à cela, c'est l'essence même du commerce et le livre n'est pas le seul où des bascules à x4 voire x10 et plus se réalisent quotidiennement.
Là où en revanche je suis un peu étonné voire révolté, c'est quand je vois parler de livres de "2e catégorie". Peut être est-ce parce que je reste jeune (la trentaine d'années) et relativement nouveau dans le milieu bibliophilique (une décennie), mais il ne me semble pas qu'il y ait d'ouvrages moins désirables que d'autres. Il est certain que des ouvrages dont la provenance est célèbre attire des acheteurs plus enclins à payer un prix élevé que pour des ouvrages non signés ou sans envoi (une dédicace ou un envoi pouvant parfois attirer des acheteurs institutionnels), mais tout de même. Ces ouvrages-là, par définition, sont rares, voire exceptionnels. On ne bâtit pas un modèle économique avec des biens aussi rares et aussi peu accessibles, tant pour l'acheteur que le libraire lui-même; et ceci d'autant moins quand le risque de contrefaçon est bel et bien présent.
(...)

Tiephaine G. Szuter a dit…


(...)C'est bien ce livre anonyme ou presque qui fait le véritable fond de commerce de la librairie, et je peux vous garantir qu'en tant qu'acheteur, j'ai tendance à fuir les vendeurs un peu top bien établis et connus, parce que leur réputation est également l'assurance d'un prix généralement plus élevé (jusqu'à +30% sur mes propres cibles d'achat) que chez un petit libraire de quartier, sans parler des scandales qui touchent ces derniers de façon exceptionnelle quand de grands noms de la librairie sont cités dans des affaires peu reluisantes (l'affaire Aristophil et la vente de la "bibliothèque de Villepin" me semblent suffisamment édifiantes).
Qu'on le veuille ou non, le livre ancien reste un produit rare, même avec internet. J'ai acquis il y a quelques années un ouvrage du 17e à un prix que j'estimais honnête (son vendeur sûrement moins), et que je n'ai jamais revu depuis où que ce soit, malgré des recherches régulières, et qui n'a semble-t-il jamais été référencé nulle part. Pour autant que je sache, j'ai depuis 8 ans l'unique exemplaire survivant d'un ouvrage de plus de 3 siècles, sur un sujet unique jamais vu nulle part ailleurs mais dont la nature religieuse amènerait un libraire à l'estimer à un prix si bas que le vendre n'aurait aucun intérêt, alors qu'il est inestimable à mes yeux. A l'inverse, j'ai acquis il y a un an et-demi un exemplaire de la deuxième livraison de l'édition originale du Capital de Marx; à l'époque on en trouvait des exemplaires sur le net sans aucun problèmes pour 300 à 400 euros (ce qui me semblait totalement fou, vu le prix que j'ai payé le mien). Aujourd'hui, la même se trouve à des 900€, voire 1500€ sur certaines plateformes. Rien ne semble pourtant avoir modifié le marché entre-temps, et le fait que ces ouvrages restent sur les étals depuis des mois indique clairement qu'il n'y a pas d'acheteurs: pourquoi, dans ce cas, maintenir un prix si élevé? Il y a quelques mois, un exemplaire de l'édition originale, première livraison est passée dans un ebayana sur ce blog (prix de vente à 2500€), il n'avait pas trouvé preneur lorsque je l'ai regardé pour la dernière fois il y a deux semaines. Le même phénomène se retrouve sur un exemplaire de Strange#1 passé lui aussi en ebayana il y a quelques mois, affiché à l'époque à 1500€. J'expliquais à l'époque pourquoi c'était beaucoup trop cher, et le fait est que même en promotion à 975€, il n'a pas trouvé preneur...

Je pense qu'il y a clairement une méconnaissance du marché du livre ancien (et qui ne touche pas que le livre ancien, comme le Strange#1 le démontre), en raison d'une distorsion provenant des ventes en salle dont les conditions sont loin d'être celles du marché (mettez un tableau dans un galerie à un prix et il ne se vendra jamais, dans une salle, il atteindra 10 fois ce prix sans aucune explication rationnelle). Or les SV sont devenues une référence alors qu'elles ne peuvent en aucun cas refléter le marché. Je me rappelle avoir amené quelques ouvrages anciens il y a quelques années chez un commissaire priseur qui m'a presque ri au nez, alors que j'ai pu en tirer plusieurs centaines d'euros en les vendant moi-même...

Se focaliser sur ces ventes-là amène forcément un gros problème de considération, à la fois du produit et du marché. Les acheteurs sont là, ils n'ont simplement pas forcément envie d'acheter un ouvrage dédicacé par son auteur à plusieurs centaines ou milliers d'euros quand ils peuvent avoir le même mais sans provenance (et moins d'ennuis sur leur authenticité) à quelques dizaines d'euros. Si certains ont les moyens, tant mieux, cela fait vivre la librairie ancienne, mais cela ne reflète en aucun cas le marché réel et courant... qui lui semble bien vivant et rentable.

Anonyme a dit…

Thiephaine
Je crois malgre tout que le marche ce fait bien aux enchères
Ey libraires et antiquaires en tout genre sont pris en ciseaux par leur clients a la vente ou a l achat.
Et en fait c est bien. Bon pere n avait jamais lache plus de 3ke chez un libraire, maintenant qu ik a la conviction d acheter au juste prix, ses livres sont achetes em moyenne 20 a 40k et les gros libraires viennent, maintenant lui parler avant les ventes ( je vous laisse deviner)
Lorsque les frais de frottemeny tomnerons enfin a rien comme en bourse, je prevois une explosion des prix.
On peut rever;-)




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