« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier

"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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mardi 3 décembre 2013

Connaissance de la reliure: reliures d’orfèvrerie de Strasbourg et d’ailleurs

Amis Bibliophiles bonjour,

Le Musée des Arts décoratifs de Strasbourg conserve et présente dans son intégralité, une collection singulière de 13 reliures d’orfèvrerie du XVIIIe siècle.

Il ne s’agit pas ici de  reliures médiévales d’apparat, ecclésiastiques pour la plupart, aussi désignées sous ce nom de reliures d’orfèvrerie et qui associent métaux précieux, bronze, gemmes, camées ou pierreries.

Les livres de Strasbourg semblent avoir jusqu’à présent attiré l’attention des seuls spécialistes des arts décoratifs et guère des gens du livre. Ils sont dans un état de conservation exceptionnel.

Livre de cantiques, Jonas Lorenz, strasbourg 1775, Isaac Kübler orfèvre
La collection strasbourgeoise comporte essentiellement des livres imprimés à Strasbourg de 1723 à 1777 (par Johannes Beck, Joh. Heinrich Heintz, Johann Daniel Dulssecker, Conrad Schmidt, Jonas Lorenz). Un  livre est imprimé à  Colmar par  J. Heinrich Deckers, un autre à Bâle par Jos Jakob Flick. Il s’agit exclusivement de livres religieux, cantiques et psaumes luthériens.

La collection strasbourgeoise


Les corps d’ouvrages classiques sont pourvus d’une couvrure de chagrin ou de velours sur laquelle sont serties des pièces d’orfèvrerie en argent, coiffes, fermoirs, encadrements et motifs centraux. Les décors sont gravés, ciselés,  ajourés ou repoussés en rond de bosse. Pour la plupart, ils reprennent les décors dorés des reliures du XVIIe siècle à écoinçons et fers dorés aux centres des plats. L’usage d’un style de décor un peu démodé avec le temps n’est du reste guère surprenant sur des livres religieux de présent.



Deux de ces reliures sont constituées de montures en argent doré sur lesquelles sont fixées des décors en argent repoussé ou ajouré. On pourrait leur rapprocher  une autre reliure à monture d’argent  conservée au musée Unterlinden de Colmar. 

Deux des orfèvres  sont identifiés, Johann Philipp Kremer et Isaac Kubler.

En dehors de cette collection strasbourgeoise  ce type de reliure en argent se retrouve assez rarement. La Bnf conserve (Rés. 8° NFA 40) un exemplaire unique de reliure dite «de Charenton» sur un nouveau testament protestant de 1658 chez Etienne Lucas à Charenton. Ce livre de luxe  présente « un décor doré plus soigné que de coutume, un compartiment mosaïqué au centre des plats, des tranches ciselées et peintes, et surtout une très inhabituelle ferrure d’argent disposée en bordure ».

Vente Couppel du Lude
En ventes publiques, une reliure ajourée en argent sur fond de velours rouge faisait partie de la vente Couppel du Lude le 23 novembre 2009. Elle couvrait « Comes theologus » de Pithou établie par Claude Le Peletier chez Denis Thierry à Paris en 1684. Une autre reliure en argent à décor ajouré est présente dans la vente d’une partie de la collection du château de Beaumesnil le 9 décembre 2013 (n°193).

Carnet à reliure d'orfèvrerie, donné par le comte de Paris et le
duc de Chartres à M. Bizouard en 1851 (Musée du château de Chantilly)
Dans la collection du duc d’Aumale à Chantilly sur un agenda, là encore le caractère d’objet précieux, voire de bibelot, l’emporte sur le livre.

La collection de Strasbourg me semble cependant particulièrement précieuse en ce qu’elle reflète une continuité de production et de vogue régionale.

Lauverjat

Référence : Deux siècles d’orfèvrerie à Strasbourg, éditions des Musées de Strasbourg, 2004.

mercredi 28 août 2013

Connaissance de la reliure: la reliure à la « Du Seuil »

Amis Bibliophiles Bonjour,

Poursuivons notre chemin sur la route de la reliure avec aujourd’hui un autre type de reliure ancienne, la reliure dite à la « du seuil ».

 
Augustin Dussueil est né au début du mois de septembre 1673 à Méounes, dans le Var. Il est le fils d’Honoré Dussueil et Isabeau Billone, comme l’atteste son acte de baptême :

« Augustin DUSSUEIL, fils d'Honoré et Isabeau BILLONE a été baptisé le 2 septembre 1673. Le parrain Louis DUSSUEIL, la marraine Anne JAUFFROY du lieu de Signe. Par moi. Signé : BARRY, vicaire, H. DUSSUEIL. L. DUSSUEIL. »

Augustin est le quatrième enfant d'une famille qui en comporta neuf, six filles et trois garçons, tous nés à Méounes entre 1665 et 1685, du mariage d'Honoré DUSSUEIL (1641-1721) avec Isabeau BILLON (1647-1697). Bien que sa famille paternelle exerce diverses activités dans le tissage, le jeune Augustin choisit une autre voie, en rejoignant à Paris son cousin Jean Billon de Cancerille, où celui-ci jouit une assez grand crédit après divers voyages en Perse (il devînt par la suite ambassadeur du Roi).

Il semble qu’avant d’avoir pu créer son propre atelier, Augustin travailla avec Philippe Padeloup, puisqu’il épousa Françoise, la fille du grand relieur le 23 novembre 1699. C’est par ce mariage qu’il fît définitivement son entrée dans la corporation. Le contrat de mariage, conservé au Archives Nationales, sème une nouvelle fois le trouble quant au patronyme d’Augustin, puisqu’il stipule que « fut présent Augustin d'USUEIL, libraire à Paris, demeurant rue Saint-Jacques, paroisse Saint-Séverin, fils d'Honoré d'USUEIL, marchand demeurant en la paroisse de Meosne près Marseille en Provence ». On notera avec intérêt que la dot de Françoise est constituée en partie par « un an de nourriture et de logement » au domicile de Philippe Padeloup, signe évident de la proximité qui va exister entre les deux hommes.

Augustin, Françoise et leurs 7 enfants vécurent ainsi rue Saint-Jacques à Paris, au cœur de la vie intellectuelle de l’époque. Françoise décède le 16 février 1714 et il est intéressant de constater que sur l’acte de décès, il est stipulé qu’Augustin est désigné comme « relieur de Monseigneur et de Madame la Duchesse de Berry ». Cette dernière jouera un rôle important dans la carrière du relieur en lui confiant un grand nombre de volumes (dont les plus connues, aux « armes de France, à la bordure engrêlée de gueule, qui est de Berry, accolées d'ORLEANS » et au dos les lettres « M.L » entrelacées), mais aussi en lui faisant profiter de ses relations. Ainsi, elle intervint auprès du Régent pour qu’Augustin soit reconnu publiquement.

Berry décida d'apporter un appui décisif à son relieur en intervenant auprès du Régent pour qu'une reconnaissance particulière lui soit conférée, et fait exceptionnel, il fût reconnu « relieur ordinaire » alors qu’il n’y avait aucune vacance de la charge (on n’avait semble-t-il jusqu’alors jamais attribué plus de deux charges à la fois). Le brevet officiel fût délivré en ces termes le 26 février 1717 : « le Roy estant à Paris, ayant esgard aux témoignages avantageux qui lui ont esté rendus de la probité et capacité d'Augustin de SUEIL, maistre relieur à Paris, et voulant en cette considération le traiter favorablement, sa Majesté, de l'avis de M. le duc d'ORLEANS, son oncle Régent, a retenu et retient le dit de SUEIL en la charge de l'un de ses relieurs ordinaires pour par luy en faire les fonctions, en jouir et user aux mesmes honneurs, prérogatives et priviléges dont jouissent les autres relieurs de Sa Majesté, avec le pouvoir de mettre au devant de sa boutique un tapis chargé des armes et panonceaux de Sa Majesté. Et pour assurance de Sa volonté, Elle m'a commandé d'expédier au dit de SUEIL le présent brevet qu'ELLE a signé de sa main et fait contresigner par moy conseiller, secrétaire d'Estat. ». L'autorisation de mettre sur sa boutique « un tapis décoré des armes » royales était souvent accordée à des imprimeurs ou à des libraires royaux, mais, selon Thoinan, rarement à des relieurs. Selon cet auteur, « c'est peut-être ici la seule fois qu'elle est mentionnée dans un brevet de relieur ».

Dès lors, l’atelier d’Augustin connût un essor considérable, écoulant ses reliures aussi bien en France qu’à l’étranger, notamment en Angleterre. Ainsi, dans la perspective de la vente de la bibliothèque de François de Loménie de Brienne, évêque de Coutances, qui fût faite à Londres, Augustin fût chargé de relier 400 volumes, dont 140 in folio, 155 in 4° et 145 in 8° et 12° (Thoinan). Dans leur catalogue, les libraires anglais indiquèrent que la vente comportait des livres en excellente condition « nouvellement et très joliment couverts, dessus et dedans, en maroquin, par le fameux DUSUEIL » (Thoinan).

En 1728, la carrière d’Augustin se poursuit avec le décès de Louis-Joseph DUBOIS, relieur ordinaire du Roi, qui laisse une place vacante, rapidement attribuée à Augustin, dans un nouveau brevet :
« Aujourd'hui, 15 février 1728, le Roi estant à Versailles, bien informé de la capacité d'Augustin de SEUIL et de sa fidélité et affection à son service, Sa Majesté l'a retenu et retient en la charge de l'un des relieurs de sa maison, vacante par le déceds de Louis de BOIS, dernier possesseur d'icelle ; pour le dit de SUEIL l'avoir et exercer en jouir et user, aux honneurs, autorités, privilèges, franchises, libertés, gages, droits, fruits, profits, revenus et esmoluments accoutumés et y appartenants tels et semblables qu'en a jouy le dit du BOIS et tant qu'il plaira à Sa Majesté... »

Augustin compte alors dans sa clientèle presque tous les bibliophiles de son temps et son nom devait traverser les années en « estant toujours accompagné des plus pompeux éloges » (Thoinan). De ses reliures, on admirait « la perfection de ses corps d'ouvrage, la délicatesse de sa couvrure, la qualité de ses maroquins, l'élégance et le fini de ses dorures... » (Thoinan). Pour autant, Augustin ne signe pas ses reliures et il désormais très difficile de les identifier, à part pour celles issues du catalogue de Loménie.

Augustin décède en février 1746 alors qu'il était dans sa soixante treizième année. Au passage, on relira avec intérêt la lettre adressée de Billon à sa famille en 1728 :"Notre cousin DUSSUEIL vient d'être fait le premier relieur du Roy ; il a toujours envie de rentrer dans tous ses biens à Meunes ; il a son committimus il appellera toutes les parties à Paris pour y plaider où il gagnera tous ses procès. Il commencera par le S. Renaud s'il ne luy rend pas tous ses papiers ; M. Joseph Dussueill ne le paye pas, M. l'abbé Lejean et M. Chabert de Meunes ; ils s'en repentiront tous de ne l'avoir fait car les Ministres du Roi le protègent tous ; il doit relier au Roy une bibliothèque en marroquins du levant de trente six mille volumes."

Voici donc pour la vie d’Augustin Dussueil, du Seuil, d’Usueil ou même de Seuil, puisqu’on voit bien que son patronyme a beaucoup évolué selon les écrits, et au fil du temps, ce qui était chose courante à l’époque.

Mais qu’en est-il des reliures dites à la « du seuil » (j’ai choisi cette orthographe, qui me semble être la plus usitée ) ? Et bien, comme pour les reliures à la fanfare, elle est apocryphe, car même si Augustin laissa son nom à un type de reliure, il semble qu’elles aient existé bien avant sa naissance.

Les définitions changent, notamment en ce qui concerne le nombre de filets. Pour résumer, on peut dire que la reliure « à la du seuil » est une reliure présentant deux encadrements de filets dorés sur les plats, avec des fleurons aux angles de l’encadrement intérieur. L’appellation est néanmoins utilisée de façon plus courante, pour toutes les reliures anciennes avec des encadrements de filets.

Voici comment Nodier évoque Du Seuil dans le bibliomane, que j’ai déjà évoqué longuement sur le blog : « Depuis le moment où nous avions renoncé à l'espoir de le conserver (Le Bibliomane se meurt, NDLR), on avait roulé son lit près de sa bibliothèque, d'où nous descendions un à un chaque volume qui paraissait appelé par ses yeux, en tenant plus longtemps exposés à sa vue ceux que nous jugions les plus propres à la flatter. Il mourut à minuit, entre un Du Seuil et un Padeloup, les deux mains amoureusement pressées sur un Thouvenin. »

Ce qu’il faut retenir ? Si vous croisez une belle reliure du 17ème ou du 18ème présentant des encadrements de filets dorés, avec des fleurons, vous pouvez la qualifier de reliure "à Du Seuil", même si ce n’est très certainement pas Augustin Dussueil qui l’a réalisée.

H
 

mardi 19 mars 2013

Sublimes reliures des bibliothèques R. et B. L.: Meunier, Levitsky, Marius Michel, Maylander, Cretté, Mercier...

Amis Bibliophiles bonjour,

Il était difficile de laisser passer cette semaine sans vous présenter quelques unes des incroyables reliures qui seront mise en vente demain chez Binoche et Giquello, à Paris, Drouot, salle 2.


La vente réunit un exceptionnel ensemble de 127 livres illustrés entre 1883 et 1933, pour une estimation de 1 000 000 à 1 500 000 €. Elle présente un panorama de la création des deux époques Art Nouveau et Art déco, si distinctes l’une de l’autre, dans des reliures décorées d’époque, dues aux meilleurs ateliers.

La première partie de la vente, consacrée à l’Art Nouveau, est composée d’un ensemble de 53 ouvrages illustrés par BelleryDesfontaines, Caruchet, Courboin, Maurice Denis, de Feure, Grasset, Legrand, Leheutre, Lepère, Mucha, Lucien et Camille Pissaro, Raffaelli, Robaudi, Giraldon, Somm, Rippl-Ronaï, Rivière, Roche, Rops, Rudnicki, Schwabe, Steinlen dans de somptueuses reliures décorées, mosaïquées ou doublées de Charles Meunier, Levitzky, Noulhac, Ruban, Mercier, Marius-Michel, Kieffer, Chambolle-Duru. Ces livres sont souvent enrichis d’aquarelles ou dessins originaux par Bottini, Courboin, de Feure, Legrand, Lepère, Mucha, Rassenfosse, Schwabe, Steinlen, Valloton, qui en font parfois des exemplaires uniques.

La deuxième partie concerne la période Art Déco et l’on y retrouve les plus grands illustrateurs de cette période : George Barbier, Lepape, Iribe, Berque, Boussingault, Brunelleschi, Léon Carré, Cassandre, Paul Colin, Dinet, Domin, Foujita, Gontcharova, Haas-Heys, Jouve, Khnopff, Laboureur, Lalau, Marie Laurencin, Charles Martin, Marty, Orazi, Sylvain Sauvage, F.-L. Schmied, Tijtgat, Van Dongen, dans des reliures décorées, mosaïquées, laquées ou doublées de Canape, Schroeder, Maylander, Cretté, Jeanne Langrand, Paul Bonet, Levitzky, Marius-Michel, Duhayon, Gruel, Creuzevault, Semet et Plumelle, Leroux, Noulhac, Marot-Rodde, Sue et Mare, Pierre Legrain, Dunand, Mercher.




Reliure de Ch. Meunier pour A Rebours de HUYSMANS illustré par LEPERE. 1903  

SCHMIED (F.-L.). - NOAILLES (Comtesse de)
LES CLIMATS.
Reliure de Maylander

RASSENFOSSE (Armand). - BAUDELAIRE (Charles)
LES FLEURS DU MAL. 
Reliure de Marius Michel

LUNOIS (Alexandre) - BALADES DANS PARIS, reliure de Meunier

MUCHA (Alphonse). - FLERS (Robert de)
ILSEE PRINCESSE DE TRIPOLI.
Reliure de Meunier

BOUFFLERS (Stanislas de).
ALINE, REINE DE GOLCONDE, Reliure de Meunier

Feure - Schwob, La Porte des rêves, reliure de Meunier

UZANNE (Octave)
DICTIONNAIRE BIBLIOPHILOSOPHIQUE
Reliure de Weckesser

BARBIER (George). - LOUYS (Pierre)
LES CHANSONS DE BILITIS 

Reliure de Mercier 
DINET (Étienne). - SLIMAN-BEN-IBRAHIM
RABIA EL KOULOUB ou le Printemps des coeurs.
Reliure de Maylander

GRASSET (Eugène) - HISTOIRE DES QUATRE FILS AYMON, reliure de Meunier

JOUVE (Paul). - KIPLING (Rudyard)
LE LIVRE [et le Second Livre] DE LA JUNGLE.

Reliure de Cretté 
MUCHA (Alphonse). - FLERS (Robert de)
ILSEE PRINCESSE DE TRIPOLI.
Reliure de Meunier

SCHWABE (Carlos). - COURBOIN (Eugène). - LUNOIS (Alexandre). - SÉON (Alexandre). - HARAUCOURT (Edmon
L'EFFORT. La Madone. L'Antéchrist. L'Immortalité. La Fin du monde.
Reliure de Meunier

ROBAUDI (Albert). - SAND (George)
LA PETITE FADETTE.

Reliure de Levitsky 
SCHWABE (Carlos). - BAUDELAIRE (Charles)
LES FLEURS DU MAL
Reliure de Meunier
On est peu de chose, non?

H

mardi 12 mars 2013

Les différents types de reliure: la reliure à la médaille


Amis Bibliophiles bonsoir,

Le catalogue numéro 63 de la librairie Michel Bouvier offrait un bel et sobre exemple de reliure à la médaille.

Ce type de décor peu courant nous vient d’Italie où le royaume de France disputait ses intérêts. Il fut importé à Lyon tout d’abord, puis connut une vogue limitée au milieu du XVIe siècle, où il s’inscrivait dans le goût de l’antique.
Martial, Lyon, 1553, Librairie Michel Bouvier, cat n°63.
Les modèles les plus typiques représentent un portrait en buste de profil, doré dans un ovale serti au centre des plats de la reliure. L’effet recherché est celui d’une médaille ou d’un camée à l’antique. On note que les portraits gravés en frontispice adoptent à la même époque cette présentation, tout comme les médaillons en bas-reliefs de l’architecture.

Les médailles représentant Henri II sont les plus nombreuses. Hobson en dénombre onze variantes différentes sur 42 livres. Selon Devauchelle, Etienne de Laulne grava le modèle pour le relieur Claude de Picques.
Médaille Henri II, Christie's 7 octobre 2005
La bibliothèque du château de Chantilly conserve les Coutumes de Sens de 1556 ornées de la médaille du roi. Un exemplaire figurait à la vente Michel Wittock du 7 octobre 2005, la reliure  peut être datée entre 1554 et 1569 (ou 1559 date de la mort du roi).
Aemyle, Paris, 1550, Christie's, Michel Wittock n°1, 7 octobre 2005
Plus original, le livre de la librairie Bouvier porte une médaille qui pourrait représenter le poète Martial.

Cependant le sujet du médaillon n’est pas toujours un portrait, les reliures à l’effigie du roi Henri II présentent parfois au second plat une médaille du Triomphe de la France, Victoire ailée sur son char.  Les  reliures milanaises du début du XVIe siècle présentent des camées à sujets mythologiques, Jugement de Paris, Mucius Scaevola, nymphe et faune, etc.

La technique mise en œuvre est particulière et ne se contente pas d’un simple estampage du cuir. Une réserve est découpée au centre du plat et remplie d’un enduit ductile à base de plâtre et de colle (gesso). Cet enduit est estampé avec une matrice gravée en creux.  Après séchage l’estampage est recouvert de cuir et peint à l’or.
La Loupe, Paris, 1560, catalogue Pierre Berès,
manuscrits & livres du quatorzième au seizième siècle.
On utilise parfois le terme de reliure au médaillon mais ce terme est aussi utilisé  pour de simples estampages en forme de médaillons, d’autres incrustations (de parchemins ou d’ivoires peints) ou de simples mosaïques de cuir comme sur les reliures du XVIe siècle de la Librairie de Fontainebleau, pourvues des armes royales dorées sur une pièce de cuir mosaïquée, disposée en médaillon au centre des plats.

Toucher du doigt ce type de reliure reste exceptionnel. Pour vous consoler, vous pourrez, ces jours-ci, contempler un écho contemporain. Sous le numéro 62, la vente du 20 mars 2013 Binoche et Giquello, propose l’exemplaire “Les Chansons de Bilitis”   relié par Georges Mercier en 1930 et qui inclut au centre du premier contreplat une authentique médaille en bronze.
Reliure doublée de Georges Mercier, Binoche et Giquello 20 mars 2013
Lauverjat

lundi 7 janvier 2013

Portrait d'une grande famille de relieurs: les Derome aux xviie et xviiie siècles


Amis Bibliophiles bonjour, 

« Les livres décrits dans ce catalogue sont en partie reliés par le célèbre Derome, le phénix des relieurs ». C’est ainsi que le rédacteur anonyme du Catalogue des livres rares et précieux de M. Goutard (Paris, De Bure l’aîné , 1786, in-8°), avec un précis sur sa vie et sur sa bibliothèque par Louis Popon de Maucune, qualifie le travail de l’un des plus fameux relieurs du xviiie siècle, Nicolas-Denis Derome.

Si Nicolas-Denis Derome fût sans conteste le plus célèbre de cette longue dynastie de relieurs, il n’est pas le seul Derome à mériter l’intérêt des bibliophiles, et il nous a semblé opportun de proposer une synthèse des informations disponibles sur cette illustre famille.

Cette dynastie de relieurs parisiens fût fondée par Pierre Derome au début du xviie siècle. Pierre Derome, marié à Marie Pétillon en 1630, aurait eu deux fils, Claude et André, tous deux marchands libraires et relieurs au quartier Saint-Hilaire, la paroisse de tous les relieurs. André se maria à Marie Élie avant 1665, dont il eût un fils, Jacques, et une fille, Marie, qui épousa le 3 octobre 1689, à Saint-Hilaire, « Valentin Plumet, libraire-relieur, âgé de 24 ans, fils de Nicolas Plumet, parcheminier ». Le jour de son mariage, Marie avait 23 ans et était orpheline de père et de mère. C’est à partir de ces deux frères, Claude et André, que la dynastie se scinda en deux branches distinctes, qui se perpétuèrent sous un nom ou un autre, jusqu’au xixe siècle.

La branche Claude Derome 

Claude Derome se maria deux fois. La première fois avec Jeanne Audot, le 25 juin 1651. Il demeurait alors sur le territoire de Saint-Sulpice et, selon l’acte lu par Auguste Jal, il signait «claude de rome», sans majuscule. Après le décès de Jeanne Audot, Claude Derome épousa, avant 1662, Barbe Gaubot ou Gobiau, dont il eût au moins trois enfants : Marie, Colombe et Louis. Marie épousa « Claude Gérard, marchand libraire-relieur ». Colombe mourut le 20 septembre 1683 : elle était alors l’épouse du libraire « Henry Delatte ». Barbe Gaubot survécût à Claude Derome, se remaria à Vincent Robert, libraire, et décéda le 13 avril 1691 : elle avait alors 53 ans.

Louis Derome :
L’unique fils de Claude, Louis Derome, est né en 1662. Le 25 janvier 1687, à l’âge de 24 ans et demi, Louis épousa « Anne Sénécar, âgée de 19 ans, fille d’Éloy Sénécart, marchand libraire » à Saint-Hilaire.  

De ce mariage naquirent treize enfants, dont deux au moins semblent être décédés en bas âge : 
1. Anne-Colombe, morte le 26 décembre 1697 ; 
2. Claude, mort le 6 septembre 1692, à l’âge de 3 ans et demi, et donc né vers 1689. 
Les autres furent : 
3. Éloy, né le 9 avril 1690; 
4. Marie-Louise, née le 8 mai 1691 ; 
5. Marie-Claude, née le 14 septembre 1692 ; 
6. Marie, née le 28 février 1694 ; 
7. Louis (II), né le 18 septembre 1696 ; 
8. Léon, mort le 15 novembre 1701 ; 
9. Étienne, né le 6 octobre 1698 ; 1
0. une autre Marie-Louise,selon Jal, née le 18 janvier 1700 ; 
11. Marie-Anne, née le 12 juillet 1701 ; 
12. Nicolas-François, né le 30 mai 1706, et 
13. Jean-Louis, né le 9 janvier 1709, alors que Louis Derome est âgé de 47 ans et est qualifié de « marchand libraire-relieur » sur le baptistaire de son fils. Il demeurait rue «Chartière» et signait alors indifféremment « Louis de Romme » et « Louis de Rome ».

Louis (II) Derome:
Louis (II) Derome, né de Louis et Anne le 18 septembre 1696, épousa « Claude-Élisabeth Doré » à Saint-Hilaire le 15 juillet 1720. Il eût au moins quatre fils : Jean-Baptiste-Joseph, Louis-Éloy, Louis-Nicolas et Jacques (II).

Jean-Baptiste-Joseph devint maître relieur papetier et épousa Anne-Denise Boutault en 1749. On peut donc raisonnablement dater sa naissance entre 1720, année de mariage de ses parents, et 1724, s’il suit les habitudes familiales et se marie entre 20 et 25 ans. Il était établi rue des Amandiers. Selon Jal, il eut au moins sept enfants dont les destins furent liés de près ou de loin à la communauté des relieurs parisiens.
Les autres fils de Louis (II) étaient :
- Louis-Éloy, maître relieur, qui épousa Marie-Françoise Cornu-Limage le 23 octobre 1781. Ses témoins furent ses deux frères, Jean-Baptiste-Joseph et Jacques (II), tous maîtres relieurs. Louis-Éloy signait « L.E. Derome ».
Jean-Baptiste-Joseph et Jacques (II), cités ci-dessus.
- Louis-Nicolas, qui épousa le 6 septembre 1745 Marie-Anne Boileau, fille mineure de Jean-François Boileau, fondeur en caractères d’imprimerie, rue Chartière. Il signait « Louis-Nicolas De Rome ».

Des quatre frères, Jean-Baptise-Joseph semble avoir été le plus estimé et le plus apprécié de ses pairs. Ses cinq fils deviendront plus tard maîtres relieurs. On sait peu de choses de Jacques (II).

De la branche issue de Claude Derome, essentiellement établie rue des Amandiers, sur la montagne Sainte-Geneviève, neuf membres sont reçus entre 1743 et 1777, dont trois, les trois fils de Louis (II) Derome, exercèrent les fonctions de garde ou de syndic de leur communauté.

La branche André Derome

Il semble que la seconde branche des Derome, et particulièrement Jacques-Antoine, soit issue de André Derome, fils de Pierre Derome.

Jacques (I) Derome, fils d’André né vers 1666, se maria quatre fois. 

Sa première épouse fût Marie Blajard, dont il eut deux enfants, une fille, Marie, puis Jacques-Antoine. Alors que Jal précise que Marie décéda le 20 juillet 1698, Jules Guiffrey donne cette date comme celle de la naissance de Jacques-Antoine. À moins d’un extraordinaire concours de circonstances, décès d’un enfant et naissance d’un autre le même jour, on peut estimer que Jal se trompe et il semble pertinent de conserver le 20 juillet 1698 comme la date de naissance de Jacques-Antoine. 

Après Marie Blajard, Jacques (I) épousa Marie Nion, puis, le 5 octobre 1720, Catherine de Boissy. Au décès de Catherine, Jacques (I) se maria une quatrième et dernière fois, avec Marie Dupont, le 13 février 1724. 


De cette ultime union naquit un autre Jacques, qui mourût âgé de deux jours, le 26 avril 1725. Jacques (I) signait soit « de rome », soit « j. de rome ». Âgé de 79 ans, il décéda le 28 janvier 1745 et fût inhumé au cimetière Saint-Benoît ; les témoins de son inhumation furent ses petits-fils, Charles et Nicolas.

Le seul héritier de Jacques (I) Derome est donc Jacques-Antoine
Né le 20 juillet 1698, Jacques-Antoine épousa Anne Vauvilliers, le 23 juillet 1718.  
Ils eurent onze enfants : 
1. Marie-Anne, le 19 août 1719 ; 
2. Jacques-Marin, le 7 septembre 1720 ; 
3. Charles, le 9 septembre 1721 ; 
4. Marie-Jeanne, le 9 septembre 1722 ; 
5. Étienne, le 20 octobre 1723 ; 
6. Nicolas, le 30 novembre 1724 ; 
7. Marie-Thérèse, le 30 décembre 1725, qui mourût probablement très jeune ; 
8. une autre Marie-Thérèse, le 22 mars 1728 ; 
9. Jacques, le 2 avril 1729 ; 
10. Anne-Louise, le 31 juillet 1730 ; 
11. Nicolas-Denis le 1er octobre 1731.

Cinq seulement parmi ces enfants survécurent à leur père Jacques-Antoine :
- Marie-Anne, l’aînée, qui dirigeait la maison familiale où elle vivait avec son père et ses frères.
Charles, maître relieur doreur, comme son père.
- Nicolas, maître relieur, qui épousa, le 24 décembre 1758, la fille d’un autre maître relieur, au nom célèbre,  Marie-Henriette Bradel.
Nicolas-Denis, maître relieur, qui se fît appeler « Derome le Jeune », le « phénix », évoqué dans le catalogue Goutard.
- Marie-Thérèse, qui épousa Jean-Henri Fournier, maître libraire à Versailles.

1718 est une année importante pour Jacques-Antoine: il se marie le 23 juillet, juste après avoir accédé à la maîtrise le 25 juin. 

Jacques-Antoine Derome, établi rue Saint-Jacques, joua un rôle important dans sa communauté : il en est élu garde, du 2 septembre 1737 au 10 juin 1739. Très bon technicien, Jacques-Antoine excelle dans les décors à dentelle et les mosaïques, comme son contemporain Antoine-Michel Padeloup. S’il est identifié comme maître relieur doreur, le procès verbal d’apposition de scellés après son décès montre qu’il ne possède à ce moment de sa vie aucun matériel de doreur, à moins que le matériel n’ait été préalablement «mutualisé» dans l’atelier familial, ce qui expliquerait cette curieuse absence. 

Jacques-Antoine signe « Jacques antoine De Rome » ou « Derome ». Il décède le samedi 22 novembre 1760 vers 15 heures et est enterré le 24. Le samedi 22 novembre, à six heures du soir, Jean Sirebeau, commissaire au Châtelet est déjà sur place, rue Saint-Jacques, pour apposer les scellés. Il y retrouve Marie-Anne, qui gère la maison familiale et est désignée comme « principale locataire ». Il est accompagné, pour la prisée, du relieur doreur François-Laurent Le Monnier et du notaire Claude Bernard.  Ils se rendent dans la chambre de Jacques-Antoine, où ils apposent les scellés, à la demande de Marie-Anne. L’inventaire permet de se faire une idée précise des possessions du défunt :
« Un tableau dessus de porte peint sur [toille], représentant des paysages, dans sa bordure de bois sculpté doré ; une pendulle [sic] faite à Paris, dans sa boîte et sur son pied de bois de marqueterie avec ornements de cuivre en couleur.
Une cheminée composée d’une glace dans son parquet de bois peint en vert avec ornements de bois sculpté doré, surmontée d’un tableau peint sur [toille] représentant paysage.
[…] Cinq presses dont quatre à rogner et à endosser.
Une douzaine de petites presses à rogner sur tranche.
Quatre porte presse avec leur table.
Cent paires d’aist à fouetter in-12 et in-8.
Cent paires d’aist à endosser, compris les membrures et entredeux.
Vingt paires d’aist in-4 à fouetter.
Vingt paires d’aist à endosser, compris les membrures et entredeux.
Quinze paires d’aist in-folio à fouetter.
Cents paires d’aist à endosser, compris les membrures et entredeux.
Deux fers à polir, grattoirs, frotoirs [sic], racloirs, compas, règles, poinçons, chevilles, petits marteaux, sizeaux [sic], le tout de fer.
Cent paires d’aist à presser, de poirier, tant in-12 qu’in-8.
Un couzoir [sic] et sa barre garnie de ses chevillettes. »

Le vendredi 28 novembre 1760, quelques jours après l’inhumation, la levée des scellés est effectuée en présence des quatre enfants, Charles, maître relieur doreur, Nicolas, maître relieur doreur, Nicolas-Denis, le « phénix », qui a 29 ans et qui n’a pas encore été reçu maître, Marie-Anne, qui habitent tous la maison familiale, et Jean-Henri Fournier, le mari de Marie-Thérèse. 

Les cinq héritiers reçoivent chacun un cinquième de l’héritage, ainsi que quelques pièces d’argenterie. On le voit, si Jacques-Antoine ne vit pas dans le luxe, il a vécu à la fin de sa vie dans une certaine aisance.

Jacques-Antoine est l’un des grands relieurs du xviiie siècle, même si son talent a été éclipsé par celui de son fils Nicolas-Denis, au point qu’on attribuera à tort à ce dernier quelques reliures de son père, en raison de leur exécution remarquable.


Nicolas-Denis Derome, dit « Derome le Jeune », ou le « phénix », est né le 1er octobre 1731. C’est le sixième fils de Jacques-Antoine. Il a pu profiter de l’enseignement de son père jusqu’à ses 29 ans, mais aussi de celui de ses deux frères aînés, Nicolas et Charles, tous deux maîtres relieurs doreurs comme leur père, et qui habitaient la même maison de la rue Saint-Jacques. 

Même s’il n’a pas encore été reçu maître, il ne le sera que le 31 mars 1761, il prend la succession de son père à son décès, dès 1760, mais, surtout, il signe dès cette même année ses reliures d’une étiquette qui porte : « Relié par DEROME, dit le jeune, établi en 1760, rue St jacques près le collège du plessis n°65 ».


Pour éviter la confusion avec son frère aîné, qui se prénomme également Nicolas, Nicolas-Denis se fait appeler « Derome le Jeune », comme l’avait déjà fait un autre grand relieur du siècle, son confrère Antoine-Michel Padeloup. 

Rapidement, sa renommée est immense et il est réputé tant pour ses talents de relieur que pour le raffinement de ses dorures. Il disait ainsi du corps d’ouvrage de ses volumes que c’est « la couture et l’endossure qui font le tact de la reliure ». Côté dorure, il perpétua la tradition familiale en livrant des mosaïques remarquables, avec des variantes à compartiments, mais ce sont ses dentelles aux petits fers qui firent sa gloire, notamment les célèbres « dentelles à l’oiseau ». Elles furent jugées plus fines que celles de Padeloup, dont il acheta d’ailleurs une partie des outils après son décès. 

À partir de 1780, Nicolas-Denis revînt à plus de sobriété et proposa des décors à chaînettes, d’inspiration anglaise. Néanmoins, l’irrégularité de la qualité des dorures issues de l’atelier de Nicolas-Denis Derome suggère que, face à l’afflux de commandes, le «phénix» employa plusieurs doreurs, voire sous-traita une partie de l’activité. Ainsi trouve-t-on, dans son inventaire après décès, près de 1035 fers et 12 alphabets, et, dans celui du doreur Germain-Antoine Cros, une dette active de la part de « Derome le Jeune » ainsi qu’un compte en cours avec lui pour travaux.


Nicolas-Denis, dit « Derome le Jeune » décéda le 28 février 1790 et, si son atelier fût repris par un membre de la famille Bradel, il ne survécut pas à la disparition du talentueux «phénix».

La question du nom : Derome, De Rome, ou même Deromme...

Le nom de Derome restera dans l’histoire de la reliure française comme celui du plus talentueux relieur du xviiie siècle, mais aussi comme celui porté par plus d’une douzaine de relieurs sur au moins trois générations. 

Julien Fléty indique ainsi que  plusieurs descendants de cette illustre famille de relieurs exerçaient encore à Paris au début du xixe siècle : Jacques Derome, 18 rue des Sept-Voies, Paul Derome, 9 rue des Amandiers, où exerçait déjà, au siècle précédent, Jean-Baptiste-Joseph, et même un « Deromme jeune », établi au 15 rue des Amandiers. Marius Michel lui-même, né en 1846,  évoque un « De Rome, qu’il a connu autrefois vieux et demeurant au Mont Saint-Hilaire […] sa reliure était solide et généralement appliquée aux livres destinés aux étudiants ». 

La lignée des Derome se perpétuera, quoi qu’il en soit, longtemps par le jeu des alliances, auxquelles se sont prêtés ses membres, par exemple avec les Bradel.

Il semble que les membres de la famille issue de Pierre Derome aient signé de différentes façons. Une tendance se détache néanmoins : les deux fils de Pierre, Claude et André, signaient « de rome », comme le firent ensuite leurs fils Louis (I) et Jacques. 

Le fils de Louis (I), Louis-Nicolas, signait lui aussi encore « De Rome ». C’est Jacques-Antoine qui semble le premier signer indifféremment « derome » ou « de rome ». Ses fils, eux, signaient soit « De Rome », comme c’est le cas pour Charles, soit « Derome », pour Nicolas. C’est en tout cas dans la seconde partie du xviiie siècle, probablement sous l’impulsion de Nicolas-Denis et de son succès, que la signature « Derome » s’imposa et passa finalement, probablement à tort, à la postérité.

H

Source: La Nouvelle Revue des Livres Anciens IV - HO 

Bibliographie:
FlÉty (Julien). Dictionnaire des relieurs français ayant exercé de 1800 à nos jours. Paris, Technorama, 1988.
Guiffrey (Jules-Joseph). Les Grands Relieurs du xviiie siècle. In Bulletin de la Société de l’histoire de Paris et de l’île-de-France. Paris, H. Champion, 1884, 11e année, p. 98-112.
Jal (Auguste). Dictionnaire critique de biographie et d’histoire. Paris, Henri Plon, 1867, p. 1082-1084.
Le Blog du bibliophile.
Le Bris (Sabrina). Derome, famille. In FouchÉ (Pascal), PÉchoin (Daniel), Schuwer (Philippe) [dir.]. Dictionnaire encyclopédique du livre. Paris, Cercle de la librairie, 2002, p. 754.
Marius Michel. La Reliure française depuis l’invention de l’imprimerie jusqu’à la fin du xviiie  siècle. Paris, D. Morgand & C. Fatout, 1880.
Thoinan (Ernest). Les Relieurs français (1500-1800). Paris, Ém. Paul, L. Huard et Guillemin, 1893, p. 246-256.

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