« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier

"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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dimanche 31 mars 2013

Dans la bibliothèque du bibliophile: Romans et Contes, 1778, EO, maroquin de Lortic

Amis Bibliophiles bonjour,

Bon week-end Pascal à tous, plutôt que des miscellanées, voici une fiche de bibliothèque. Au même titre que l'édition des Contes des fermiers généraux ou que les Fables par Oudry, Romans et Contes, par Voltaire est l'un des grands textes les mieux illustrés du XVIIIe siècle.

Romans et Contes
Voltaire

Bouillon, aux dépens de la Société Typographique, 1778.

3 volumes in-8 [210 x 134 mm] de VI, 304 p., VIII, 320 p., VI, 236 p., 102 p. 

La plus belle édition des Romans et Contes et un des plus beaux illustrés du XVIIIe, composée de Zadig, La Princesse de Babylone, Le Blanc et le noir, Micromégas, Candide ou l'optimisme, l'Homme aux Quarante Ecus et une trentaine de contes en prose et en vers. L'illustration se compose d'un portrait de Voltaire et 57 figures hors texte de Monnet, Marillier, Moreau le jeune, et 13 vignettes par Monnet. 




Le frontispice du troisième volume montre Voltaire près de son feu à Ferney, récitant ses contes à quelques familiers de sa maison.

Exemplaire bien complet de l'avis du relieur et à très grandes marges, gravures avant les numéros (d'un parfait contraste).

Magnifique reliure en plein maroquin rouge à la dentelle signée Lortic avec fers spéciaux "à l'oiseau" (avec son étiquette sur un feuillet liminaire de chaque volume). 





Dos richement ornés avec utilisation d'un fer "à l'oiseau" au centre des caissons, plats magnifiquement décorés d'une dentelle aux petits fers avec là aussi l'utilisation d'un autre fer à l'oiseau et de délicats papillons, dans un encadrement de filets, de pointillés et d'une fine guirlande; filet double sur les coupes. Contreplats marbrés entourés d'une large et magnifique guirlande composée d'un décors de différents oiseaux posés dans une vigne. Toutes tranches dorées.


Un des rares exemplaires des Romans et Contes en maroquin et l'une des plus belles réalisations de Lortic que l'on puisse trouver, dans une remarquable condition.



H

samedi 16 mars 2013

Un merle blanc aux enchères, où les Fables de La Fontaine illustrées par Oudry, avec les gravures en couleurs.

Amis Bibliophiles bonsoir,

Contrairement à ce qu'on peut parfois lire ici ou là, les Fables de La Fontaine illustrées par Oudry, ces fameux quatre volumes in-folio bien connus des bibliophiles, ne sont pas des livres rares à l'échelle de la bibliophilie. On les croise plusieurs fois par an dans les ventes aux enchères et il en est toujours quelques exemplaires en vente chez les libraires; en veau, et même en maroquin. On es croise à partir de quelques milliers d'euros en veau ou en maroquin postérieur, et jusqu'à quelques dizaines de milliers d'euros pour les exemplaires en maroquin d'époque.

Plus rares sont les exemplaires reliés dans des reliures particulières, notamment celles portant des fers spéciaux et animaliers. En général, dans ce cas, on tourne plutôt autour de 80 - 100 000 euros. 




Encore plus rares sont les exemplaires dont les gravures sont en couleurs. C'est justement l'un de ces exemplaires qui sera mis aux enchères le 19 mars à Stockholm chez Auktionsverket (http://auktionsverket.com/auction/rare-books/2013-03-19/).


Lors de la même vente seront mis aux enchères quelques autres livres en langue française, dont une Histoire Naturelle des Oiseaux de Buffon, elle aussi avec les gravures en couleurs, ou une très belle reliure parisienne du XVIe siècle.

Mais revenons aux Fables de La Fontaine par Oudry, ainsi décrites par la maison de ventes:


EXTREMELY RARE HAND-COLOURED COPY OF LA FONTAINE'S FABLES ILLUSTRATED BY OUDRY.

LA FONTAINE, J. de. Fables choisies, mises en verse. I-IV. Paris (chez Desaint & Saillant - Durand, de l'imprimerie de Charles-Antoine Jombert) 1755-59. 
Folio (427x286 mm). 1 hand-coloured engraved frontispiece portrait Charles-Nicolas Cochin after Jean-Baptiste Oudry - Dupuis, 4 titles with hand-coloured woodengraved vignettes, many hand-coloured woodengraved vignettes in the text, 275 finely hand-coloured engraved plates Aubert, Aveline, Bacquoy, Beauvois, Cochin and others after Oudry (all, partly some occasional spotting and some offsetting). Edition on paper Hollande. Second state with the word "Le leopard" written on the banner. 

Contemporary French red morocco, slightly worn and rubbed, 2 inner joints split, some corners bumped, boards with gilt bordure, gilt inner dentelles, richly gilt spines in compartments, spines faded and partly with damages to edges. 4 volumes. 

Sander 1065. Cohen-Ricci 548-50. Second issue.
Collation: 1 frontispiece portrait, (4), (i)-xxx, xviii, (1)-124 pp., 70 plates; (4), ii, (1)-135, (1 blank) pp., 68 plates; (4), iv, 146 pp., 68 plates; (4), ii, 188 pp., 69 plates. 

Jean-Baptiste Oudry (1685-1755), French painter, elected in the Royal Academy in 1719, he began his sketches based upon the fables of La Fontaine in 1729 as he became the director of the Beauvais tapestry factory, and made a total of 276 sketches before finishing in 1734. 
"One of the most ambitious and successful of all illustrated books" (Ray, The art of the French illustrated book, 5).

Copies with fine hand-coloured plates are extremely rare. There have only been a few royal copies on the market the last 40 years that have been hand-coloured, which indicates that this copy could have belonged to a member of the royal family or a highly distinguished person at the court.
The latest auction record we could find, was in 2011, as an handcoloured but incomplete copy was sold with provenance of Louis XV.

Un bel ouvrage, qui a largement le temps d'effectuer le trajet depuis Stockholm jusqu'au Grand Palais, où nous le croiserons peut-être. L'estimation, large, se situe entre 72 et 97 000 euros. Les paris sont ouverts.






Cher Erick, les colonnes du blog te sont ouvertes pour un petit article de présentation de ces Fables, ouvrage que tu connais sur le bout des doigts :)

H

lundi 4 mars 2013

Une rareté bibliophilique: Rodogune, Princesse des Parthes, gravé par Mme de Pompadour


Amis Bibliophiles bonjour,

De la Pompadour nous connaissons le goût pour les livres, les armes, les armes imitées par des doreurs peu scrupuleux, mais savez-vous qu'elle est allée plus loin que ce "simple" goût des livres et qu'elle s'est investie personnellement dans un ouvrage?


Cet ouvrage, le voici, il s'agît d'une édition de Rodogune, Princesse des Parthes, une tragédie de Pierre Corneille, parue en 1760, et dont le frontispice a été "gravé à l'eau forte par Mme de Pompadour". 


Je sais encore peu de choses de cette nouvelle acquisition, mais l'histoire raconte que la Pompadour était fort curieuse des étapes qui procèdent de l'impression d'un ouvrage. Le roi Louis XV fît donc venir à Versailles des ouvriers de l'Imprimerie Royale, ainsi qu'un presse, qui fût installée dans les appartements de la favorite, qui étaient situées "au Nord", d'où l'indication de lieu sur la page de titre.



La Marquise de Pompadour eut donc ainsi la possibilité de suivre les différentes étapes et de graver elle-même le frontispice, gravé par Boucher.... et retouché par Cochin. L'histoire ajoute également que le tout aurait été gravé avec des caractères d'argent. En réalité, Cochin en est l'auteur, comme des autres planches publiées de la marquise, dont il était l'un des protégésLes caractères furent fondus en alliage d'argent et de cuivre, pour les rendre plus durs, par Fournier.


Michel 188: Le rôle de Cochin dans la gravure de ce frontispice est connu par une confidence faite à Joly que celui-ci a transmise à Heinecken: "

Je vais donc notter tout ce que je sais m'ajouta-t-il (Cochin), et mettre de petites anecdotes à l'occasion d'une...vignette que l'adulation a citée comme étant gravée par Mad. de Pompadour tandis que Boucher étoit l'auteur du sujet, et moi le graveur derrière la tapisserie, la marquise ayant eu la foiblesse de laisser mettre son nom comme graveur; et moi de ne rien dire sachant bien que le diable n'y perdroit rien..."


Il n'y aurait eu qu'une vingtaine d'exemplaires imprimés: 4 sont connus au CCFR, un autre (l'exemplaire du frère de la Pompadour, si ce n'est de la favorite elle-même) réalisa l'enchère record de l'une des sessions de la bibliothèque de Robert Hoe en 1912, en atteignant 1200$.

Cet exemplaire, l'un des ouvrages favoris de Hoe, portait la mention manuscrite suivante: «En l'année 1760, ma soeur [Mme de Pompadour] voulant connoistre l'art de l'imprimerie, on établit dans son appartement à Versailles une des presses de l'imprimerie royalle et on imprima devant elle la tragédie de Rodogune. On a mis au Nord parce que son appartement est exposé au Nord...». E. Picot, Bibliogr. cornélienne, n° 599.


L'exemplaire ici présenté porte les ex-libris d'Ambroise Firmin Didot et de Martin Jones. Il est relié en maroquin rouge de l'époque à dentelle, la pièce de titre est montée en long. C'est un assez élégant format in-4 de [4]-80 pages.


Si vous avez d'autres informations, je suis bien sûr preneur.

H

mardi 15 janvier 2013

Dans la bibliothèque du bibliophile: Les Liaisons Dangereuses, 1796, 1ère édition illustrée, maroquin de Brany

Amis Bibliophiles bonjour,

Poignet cassé, le bibliophile sort une fiche de sa manche :)


Les Liaisons Dangereuses.
Lettres recueillies dans une société, et publiées pour l'instruction de quelques autres.
Pierre Choderlos de Laclos

Londres [Paris], 1796.

2 volumes in-8 [200 x 135 mm] de 1 frontispice, 415 pp., 7 figures ; 1 frontispice, (2) ff., 398 pp., (1) f. blanc et 6 figures.


Reliure en plein maroquin rouge signée Brany. Dos à nerfs orné de fers délicats, triple filet en encadrement des plats, double filet sur les coupes, large guirlande sur les chasses. Gardes marbrées, toutes tranches dorées. Quelques frottements sans gravité, quelques toutes petites piqures sur les plats. Papier en parfait état, gravures parfaitement contrastées, très belles marges.



Un des rares exemplaires sur vélin du Marais. Cohen (col. 235) observe que ce tirage de luxe va de pair avec des figures avant la lettre. Toutefois, Reynaud fait état d'un exemplaire sur papier vélin avec la lettre, comme ici (Notes sur les livres à gravures du XVIIIe siècle, p. 86).

Ex libris gravé d'Oliver Brett sur la premier contre-plat de chaque volume, ex libris de le Barbier de Tinan sur un feuillet liminaire du premier volume.

Il s'agît ici de la deuxième édition de 1796 et non de la réimpression similaire de 1812 : comme le souligne Cohen, le titre est ici sur huit lignes et le lieu d'édition et la date sont séparés par deux traits (un seul trait ondulé pour l'édition de 1812).

Illustré de 15 magnifiques gravures (2 frontispices et 13 illustrations de lettres), commandées spécialement pour cette édition à Fragonards fils, Monnet et Melle Gérard, et gravées par Baquoy, Duplessis-Bertaux, Dupreel, Godefroy, Langlois, Lemire, Lingée, Masquelier, Patas.





La plus belle édition des Liaisons Dangereuses, et la première édition illustrée. Oeuvre fascinante et considérée comme l'un des sommets de la littérature française. Vicomte de Valmont, Marquise de Merteuil... On ne présente plus ces personnages de fiction devenus aussi vivants qu'illustres. 

«Ce livre, s'il brûle, ne peut brûler qu'à la manière de la glace» (Charles Baudelaire).

Sous la Terreur, les amateurs se préoccupent davantage de sauver leur tête que d'enrichir leur bibliothèque. Fragonard, Moreau le jeune et Greuze se survivent. L'art de la vignette est tombé en désuétude sous l'empire d'un académisme glacial. Les ateliers de gravures font office d'écoles de vertus. Si Les Liaisons dangereuses ont droit de cité, c'est que l'époque y voit un pamphlet politique inspiré par l'esprit révolutionnaire. Toutefois, la sensualité fougueuse des compositions surprit et fit sensation. N'était-ce pas renouer avec le libertinage « aristocratique » sous prétexte d'en flétrir les effets ? Parmi les « striking plates » vantées par Gordon N. Ray, il y a ce tableau risqué d'une scène de séduction entre Mme de Merteuil et la « petite Volange ».

Bel exemplaire sur vélin. 

mardi 27 novembre 2012

Le recueil de plantes coloriées... par Jean-Jacques Rousseau

Amis Bibliophiles bonsoir,


Je vous présente l'un des beaux ouvrages illustrés du 18e, pour une fois, il ne s'agît pas de contes ou de fables, ni de voyages, mais de fleurs.Il s'agît en effet du Recueil de plantes coloriées pour servir à l'intelligence des lettres élémentaires sur la botanique de J.J. Rousseau, publié à Paris, chez Poinçot, en 1789. Cet ouvrage (tome 38) vient conclure les oeuvres complètes de Rousseau, proposées par Louis-Sébastien Mercier, François Henri Stanislas de L'Aulnaye, Pierre Prime Félicien Le Tourneur et Gabriel Brizard.

Je vous "épargne" les images sur les oeuvres complètes pour recentrer le message sur le recueil des plantes coloriés, et vous en proposer de nombreuses images. L'ouvrage contient 44 planches, qui ont été joliment coloriées à l'époque (le titre ne laisse planer aucun doute sur cela) et dont les couleurs sont magnifiques (les photographies ne leur rendent pas vraiment grâce). Il fût créé pour venir compléter Lettres élémentaires sur la botanique (1782).
Ce 38ème tome incarne joliment la passion de Rousseau pour la botanique. Rousseau découvrit tardivement la botanique (dans les années 1760), puis la délaissa pour copier des pages de musique ou écrire ses livres, avant d'y revenir vers 65 ans, car il préférait herboriser, ce qui le détendait, plutôt que réfléchir, ce qui le fatiguait et l'attristait, écrit-il dans la septième rêverie du promeneur solitaire. Pourtant ses Lettres sur la botanique lui permettaient de continuer une réflexion sur la culture, au sens large, commencée dans l'Émile, son traité d'éducation, et son roman, La Nouvelle Héloïse, où il s'interrogeait sur l'art du jardin.
Ici, au fil des 44 planches de Jean Aubry, chaque plante est présentée sur le feuillet de gauche avant d'être décrite de façon très pédagogique (et très scientifique) sur le feuillet de droite.

C'est le soin apporté à la coloration des images qui frappe avant toute chose... C'est très beau.

H


Retirage du message du 20 février 2010

lundi 8 octobre 2012

Dans la bibliothèque du bibliophile: la Divine Comédie ou le Terze Rime de Dante, Venise, chez Alde Manuce, 1502

Amis Bibliophiles bonjour,

On ne rentre pas aussi simplement que cela dans la bibliothèque du bibliophile... mais parfois le bibliophile ouvre les portes et sort un ouvrage.


Aujourd'hui la fiche d'un ouvrage assez attachant: le Terze Rime de Dante.

Le Terze Rime [La Divinia Commedia]
Dante
Venise, Alde Manuce 1502.

Un volume in-8 de a-z8 A-G8 H4 : 244 feuillets. Caractères italiques I1:80. 30 lignes à la page et titre courant.
Contenu : a1r titre, a1v second titre, a2r Enfer, l3r Purgatoire, x4r Paradis, H4r colophon : Venetiis in Aedib aldi accuratissime men aug 1502 (avec un V renversé pour le A d'aedibus), H4v marque typographique : Fletcher 2 et A1a. 
Sans l’ancre Aldine sur le dernier feuillet.


Maroquin lavallière orné d’un important décor rétrospectif inspiré des décors de la Renaissance : Dos muet à faux nerfs, entrelacs de filets dorés, titre doré au centre du 1er plat, date et lieu dorés au centre du second plat. Quadruple filet doré en encadrement sur les contreplats, double filet doré sur les coupes. Toutes tranches dorées. 
Reliure XIXe signée Trautz-Bauzonnet. Etat parfait.

Références: Adams D-83 ; Renouard p. 34 n° 5 ; Ahmanson-Murphy 59 (et 59.5)

Première édition aldine et première édition de Dante au format octavo, à l'égal des classiques édités dans le format des libri portabile.


Soigneusement travaillée par Bembo et achevée le 25 juillet 1502, la copie, qui porte les annotations pour l'impression, se fonde sur le manuscrit envoyé par Boccace à Pétrarque entre 1351 et 1353. Bembo a, semble-t-il travaillé à cette édition à la villa di Ricano lorsqu'il y était l'hôte d'Ercole Strozzi (cf. C. H. Clough, " The Library of Bernardo and of Pietro Bembo ", The Book Collector, 1984, pp. 312-317). 

Bembo envoyait sa copie cahier par cahier, ce qui explique qu'Alde ait pu annoncer son édition dans la préface du Pétrarque de 1501. Premier ouvrage où Alde utilise son ancre (ici non présente); Renouard pense qu’une petite série fût imprimée sans l’ancre.

Cette édition demeurera, comme celle de Pétrarque également préparée par Bembo, le texte de référence pendant tout le XVIe siècle. Son travail impliqua notamment une forte régularisation grammaticale. Le succès fut si important que ce textus receptus sera également imprimé dans les éditions à venir avec le commentaire de Cristoforo Landino (Florence, 1481) qui pourtant se fonde sur des leçons différentes. Comme le Pétrarque, ce Dante fut l'un des principaux véhicules de la réforme littéraire et de la nouvelle langue italienne. Le titre Le terze rime ne sera pas repris, sauf par les contrefaçons. Alde, dans les catalogues de sa maison d'édition, désigna plus simplement ce volume par Dante.


L’un des ouvrages les plus importants de l’histoire de la littérature et de l’imprimerie. Ouvrage très désirable pour Brunet qui souligne que les exemplaires complets et en bonne condition sont très rares.

Bel exemplaire de ce monument, dans une reliure rétrospective parfaitement exécutée par Trautz-Bauzonnet, à toutes marges et très frais. Sans l'ancre, mais comme dirait un bibliophile, les exemplaires sans l'ancre dont encore plus rares! :)

H
Au milieu du chemin de notre vie
je me retrouvai dans une forêt obscure,
dont la route droite était perdue.
(les premiers vers en français)


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