« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier

"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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mardi 22 mai 2012

Un bibliophile sur le Titanic, ou le destin de Harry Elkins Widener

Amis bibliophiles bonsoir,

La nuit du 14 au 15 avril 1912 fût fatale pour environ 1500 passagers qui avaient pris place à bord du Titanic... ainsi qu'à un nombre inconnu d'ouvrages anciens dont on peut présumer qu'ils étaient précieux. Ceux-ci voyageaient en effet avec le jeune Harry Elkins Widener, 27 ans, qui était l'un des jeunes bibliophiles les plus gâtés et les plus prometteurs des débuts du XXe siècle. 

Né en 1885, Harry Elkins Widener a développé très tôt un goût pour la bibliophilie, qu'il a cultivé après son passage à Harvard en 1907, et que l'immense fortune de ses parents lui a permis de développer très rapidement malgré son jeune âge Ainsi, a seulement 27 ans, il possédait (presque)... une bible de Gutenberg, comme nous le verrons ci-dessous.


Ses goûts étaient assez larges, et le portaient plutôt vers les auteurs anglo-saxons du 19ème en édition originale (Dickens, Stevenson, Brontë, etc.) sans pour autant dédaigner les grands classiques puisqu'il avait hérité d'une Bible de Gutenberg qui fait aujourd'hui la fierté de la Bibliothèque de Harvard: c'est de plus un exemplaire bien connu, qui a successivement appartenu à Pierre Henri Larcher (Paris, 1814), Lord Ashburnham (1840), dont le fils le revendît à Bernard Quaritch (1896). Peu de temps c'est Robert Hoe qui en devînt l'heureux propriétaire (il la rangeait d'ailleurs juste à côté de mon exemplaire Hoe qui porte donc des poussières de Bible de Gutenberg, sourire), puis à nouveau Quaritch avant que le grand-père de Harry Elkins Widener ne l'achète. L'exemplaire fût remis à la bibliothèque en 1944.

Il a particulièrement marqué le jeune Harry qui évoque la Bible dans une lettre adressée à son ami Luther Livingston, libraire à Philadelphie le 10 mars 1912, un mois avant la tragédie, dans laquelle il lui écrit qu'il va effectuer un voyage rapide vers Angleterre, à bord du Mauretania, avant de revenir avec le voyage inaugural du Titanic. Il termine sa lettre par les mots suivants: "un secret,... grand-père a acheté l'exemplaire Hoe. N'est-ce pas merveilleux? J'espérais que ce soit pour moi, mais ce n'est pas le cas!".

La bibliophilie et l'acquisition de nouveaux ouvrages anciens était d'ailleurs l'une des raisons de son voyage en Europe. Il voyageait avec ses parents et on sait qu'il fit notamment l'acquisition d'une seconde édition des Essais de Bacon (1598). Après l'Angleterre, la famille visita la France avant de ré-embarquer pour les Etats-Unis via Cherbourg et le nouveau flambeau de la White Star Line, le Titanic.
Le célèbre paquebot fit en effet escale à Cherbourg: parti de Southampton le mercredi 10 avril 1912 à midi, le nouveau palace flottant devait, quelques heures plus tard, toucher le port de Cherbourg et faire son entrée par la passe de l'ouest à 18h30. Au delà du prestige, cette escale permettait d'embarquer 274 passagers supplémentaires dont les Widener.

La famille et les domestiques occupaient les cabines de première classe C-80-82 (numéro de billet 13503, prix 211 Livres Sterling). Et le soir du drame la famille Widener participait d'ailleurs à un dîner donné par le capitaine en compagnie des passagers les plus riches.

A 23h40 le Titanic percuta un iceberg sur le flanc tribord avant de sombrer à 2h20 au large de Terre-Neuve. Entre 1 491 et 1 513 personnes périrent.

Les témoignages rapportent que Harry Widener aida sa mère à embarquer sur le canot n°4 avant de rebrousser chemin dans l'attente du départ du canot principal, ce qui décida malheureusement de son destin puisqu'il disparu avec le paquebot. L'épave fut localisée en 1985. Elle git à 3 843 mètres de profondeur à 650 km au sud-est de Terre-Neuve et fait actuellement l'objet de fouilles.


Une anecdote que Madame Widener ne confirma jamais prétend que Harry rebroussa chemin pour aller récupérer son Bacon. 


Ce qui est certain en revanche, c'est que Madame Widener fît un don de 2 millions de dollars pour construire dans l'enceinte de Harvard une bibliothèque qui abriterait la collection de son fils et servirait de mémorial. Cette bibliothèque ouvrît ses portes en 1915 et existe toujours et fût conçue pour abriter 3 millions d'ouvrages sur plusieurs dizaines de kilomètres de rayonnages.

H

dimanche 13 mai 2012

Miscellanées de Monsieur H: Cazin existe, je l'ai rencontré ou des nouvelles de l'ouvrage de Jean-Paul Fontaine, aux éditions Héxaèdre... et une jolie plaque... de Marius Michel?

Amis Bibliophiles bonjour,


Une petite photo vaut souvent mieux qu'un long discours. Nombreux parmi vous sont ceux qui ont souscrit à l'ouvrage de Jean-Paul Fontaine sur Cazin (Cazin, l'éponyme galvaudé, édition courante, aux édition Hexaèdre) et qui attendent impatiemment des nouvelles de l'ouvrage.

Et bien l'ouvrage est sorti des presses, et je le prouve: il est dans les mains de ces deux messieurs sur la photo ci-dessous.

Photo: Héxaèdre
A droite, vous le reconnaîtrez sans doute, c'est Jean-Paul qui pose avec son bébé, à gauche, ce n'est pas Huber-Martin Cazin, mais Rémy Bellenger, l'éditeur des éditions Héxaèdre, qui a permis à cette belle aventure de se concrétiser enfin (et au milieu, le portrait de Jarry). Il n'y a plus qu'à surveiller vos boites à lettres.

Plus de renseignements ici si vous n'avez pas encore réservé le votre: http://www.hexaedre.fr/accueil/accueil.html


Autre sujet... 
J'aimerais avoir votre avis sur un fer acquis il y a quelques jours. 

Ce fer mesure 157 x 105 mm, des dimensions habituellement proches du format in-12 donc. 


Il va rejoindre ma collection de petits objets autour de la bibliophilie. Son style rappelle incontestablement les reliures de Marius Michel et leurs décors végétaux. Et c'est d'ailleurs ainsi que le vendeur le présentait, comme un fer utilisé par Marius Michel entre 1884 et 1887. Hélas, hormis la ressemblance évidente avec les décors du maître, rien ne vient réellement étayer cette appartenance...  

Je me demandais si l'un de vous pouvait me donner plus de renseignements: j'imagine qu'un fer n'était pas utilisé une seule et unique fois et qu'il devrait donc être possible d'identifier un ouvrage sur lequel il aurait été employé, afin d'authentifier sa provenance de manière définitive. Cela parle-t-il à l'un d'entre vous? Mieux un tel ouvrage se trouverait-il dans l'une des bibliothèques des lecteurs du blog?


Autre solution? Pensez-vous qu'il existe quelque part un registre des fers employés par les Marius Michel? Pas à ma connaissance. Bref, je patauge.

Marius Michel? Pas Marius Michel? D'autres relieurs ont également imaginé des décors floraux de cette complexité.

H

samedi 12 mai 2012

Etats d'âme d'un bibliophile, ou l'honneur perdu du petit marquis(et)

Amis Bibliophiles bonjour,


Ah, je pensais en avoir fini avec cette histoire de Divina Proportione... le libraire pouvait interroger sa conscience, n'étant pas cité, il pouvait même s'en sortir honorablement, les bibliophiles pouvaient regarder d'un oeil un peu plus attentif certains livres importants qu'on leur propose, et les bons libraires continuer de faire honnêtement leur travail.

C'était sans compter la nouvelle du jour... et le message courageusement envoyé par M. Marchiset, de la librairie l'Intersigne à Paris à ses contacts facebook... qui reprend partiellement le commentaire qu'il avait posté sur le blog, et que j'avais en effet censuré, puisque M. Marchiset m'y accusait très élégamment des pires maux, franchissant allègrement le point Godwin et me renvoyant aux heures sombres de l'Histoire de France et de Vichy (bien loin, à l'opposé même, de celui que je suis pour qui me connait un peu et connait mes engagements). Enfin bref, n'ayant pas envie de me faire insulter à tort sur mon blog, j'avais coupé. 

M. Marchiset, n'écoutant alors que son courage a décidé d'envoyer hier ce commentaire (expurgé de ses références nauséabondes, et oui, le courage a ses limites) à ses contacts facebook par email. Enfin pas tous, il ne me l'a pas envoyé. Et oui, le courage a vraiment ses limites. Et juste avant de fermer son compte facebook. Le courage oui, vraiment.

Bref, M. Marchiset répandait la bonne parole, me citant nommément, contestant le contenu du message sur le blog (nous y reviendrons), et terminant son mail par une charmante loghorrée (http://fr.wikipedia.org/wiki/Logorrh%C3%A9e) sur ebay, que je vais reprendre ici "C'est bien dans la mentalité de ce blog, dont un des buts est d'ailleurs de promouvoir le para-commercialisme au travers d'un site où tout le monde peut vendre tout et n'importe quoi, surtout des incomplets, et cela sans registre du commerce ... Qu'on se le dise". Oui, qu'on se le dise! (mais nous allons également avoir l'occasion d'y revenir).

J'ai consulté plusieurs conseils, amis, bibliophiles, libraires pour savoir quelle suite donner à tout ceci. Et finalement, j'ai décidé d'y répondre, en essayant de rester modéré.

Cela fait plus de cinq ans que j'anime ce blog gratuitement, avec passion, en plus d'obligations professionnelles prenantes, etc. J'y ai souvent parlé des libraires, en bien comme en moins bien. J'y ai fait l'apologie du salon du Grand Palais, y consacrant récemment 4 ou 5 messages en un mois, j'y parle aussi d'ebay, source d'approvisionnement intéressante pour les amateurs de livres et les libraires (nous y reviendrons, cela vous fera sourire). Je n'ai jamais rien demandé à personne, j'ai refusé les offres d'achat d'espace publicitaire d'abebooks, de fnac.com et d'autres, j'ai essayé de me faire plaisir. 

Parfois aussi, deux ou trois fois, je suis tombé sur des personnes qui n'appréciaient pas ce travail et qui, bien abritées derrière leur écran répandaient ici leur mal être, m'obligeant contre mon gré à activer la modération des commentaires et à en censurer quelques uns. Je l'assume totalement, et comme dit un ami croisé au Grand Palais, après tout, c'est mon blog. 

Deux ou trois fois, j'ai également dénoncé des pratiques qui me semblaient douteuses. Une première fois sur les manipulations dont avait fait l'objet un De Revolutionibus (en vérité, un article proposé par un libraire membre du Slam), et récemment, donc sur les manipulations dont a fait l'objet un Divina Proportione. L'objet du délit ! Vous vous doutez bien que lorsqu'on publie un tel article, on se pose plusieurs fois la question avant d'appuyer sur "publier". En vérité, je me suis interrogé pendant près de 15 jours, en en discutant très souvent avec ma source. Bien sûr aussi, vous vous doutez que lorsque l'on écrit ceci, on a de quoi étayer son propos (même si ce n'était pas dans le message). De le "bétonner". 

Il se trouve aujourd'hui que M. Marchiset (on se demande bien en quelle qualité? Libraire? Président d'Honneur du Slam? Défenseur des faussaires et autres bidouilleurs?), conteste ces éléments. Il soutient par exemple que j'ai manipulé les photos. Il a raison, enfin presque, puisque la photo n'est pas celle de la vente Chausson comme je l'ai écrit pour protéger ma source... mais une photo envoyée par le libraire qui a modifié le livre, ce qui est encore plus atterrant et édifiant... Et où figure donc bien l'ex-libris Barget. 

Enfin bref, je maintiens ce que j'ai écrit dans cet article, et je tiens à la disposition du Slam, par exemple, un certain nombre de preuves écrites envoyées par le libraire lui-même, qui confirment qu'il propose un exemplaire complet portant l'ex-libris Barget (alors que pour mémoire l'exemplaire portant cet ex-libris était incomplet quand il a été vendu par Chausson). Ces écrits sont signés du libraire en question. Preuves irréfutables à la disposition d'un syndicat qui désirerait y jeter un oeil. Ces écrits sont accompagnés de photos prisent par le libraire qui ne laissent aucun doute sur la modification de l'exemplaire. Dans ces écrits, le libraire reconnaît également les pratiques de manipulation... 

Mais cela M. Marchiset, si vous m'aviez contacté avant, peut-être auriez-vous pu en être informé avant de vous égarer et de me diffamer. En effet, pensiez-vous vraiment que j'aurais écrit ceci sans un dossier en béton? Non. Les preuves donc, sont à disposition.  

Et si vous me permettiez d'aller plus loin, M. Marchiset, peut-être auriez-vous même pu lire vos emails, puisqu'un email vous signalant cette manipulation probable vous a été adressé en qualité de président d'Honneur du Slam, à l'adresse email de votre librairie au mois de novembre 2011. J'ose espérer que simplement, vous ne l'aviez pas vu... Il est également à la disposition d'un syndicat ou d'une personne indépendante si nécessaire.

Sur le fond du message donc, je maintiens tout tel que vous pouvez le lire, et j'ai les preuves écrites, photographiques et électroniques de ce que j'avance. Au passage, je remarque n'avoir reçu aucun email, appel téléphonique ou courrier de la part du libraire incriminé (que je n'ai pas cité), et qui est pourtant au courant de ce message sur le blog. Surprenant.

Heureusement, M. Marchiset était là pour défendre "l'opprimé" et intervint deux fois: la première en postant un commentaire insultant de façon anonyme sur le blog (oui, l'anonymat, le courage des petits marquis), puis une seconde fois donc, via sa diatribe sur facebook (signée cette fois-ci, facebook n'autorisant pas l'anonymat, mais expurgée des relents nationalistes qui avait fait tout le charme vichyste de son premier message, et avant de fermer son compte facebook, la queue entre les jambes)... 

Je m'interroge en revanche toujours sur la qualité de M. Marchiset pour intervenir ainsi. Mon message dérangeait-il ses habitudes? Le Landernau? Ou bien, mais je ne peux y croire en tant que président d'Honneur du Slam? Si c'était le cas, je me serais attendu à recevoir un courrier du Slam, très belle institution dont je respecte infiniment le travail, et avec lequel j'aurais volontiers partagé les preuves évoquées ci-dessus... je ne peux donc y croire. Et puis, je me fais une idée bien plus haute du Slam (cf mes nombreux messages sur le Salon du Grand Palais par exemple), et bien plus haute de l'honneur. Je ne comprends pas, donc.

A moins que, à moins que, à moins que la réponse ne soit à trouver dans le dernier paragraphe du délicat message de M. Marchiset: son héroïque diatribe contre ebay. En effet, si mon souvenir est bon, j'avais eu une discussion à ce sujet avec M. Marchiset sur facebook, alors qu'il se perdait en reproches contre ebay. J'avais simplement, de mémoire, mentionné qu'ebay était une source d'achat comme une autre, et qu'il appartenait à chacun de trier le bon grain de l'ivraie. M. Marchiset m'avait alors accusé d'être un fossoyeur de la librairie (alors que je viens d'acheter 4 ouvrages en 15 jours, 3 au Grand Palais, à des libraires du Slam... et un la semaine passée... à un libraire du Slam... enfin bref). J'étais resté très factuel, rappelant simplement à M. Marchiset que si ebay était haïssable à ce point, je ne comprenais pas pourquoi il y achetait aussi souvent...

En effet, M. Marchiset, défenseur de l'opprimé contrefacteur et pourfendeur du site ebay, celui-là même qui rappelle que "C'est bien dans la mentalité de ce blog, dont un des buts est d'ailleurs de promouvoir le para-commercialisme au travers d'un site où tout le monde peut vendre tout et n'importe quoi, surtout des incomplets, et cela sans registre du commerce ..." est l'heureux détenteur d'un compte ebay que je qualifierai tout de même de bien garni sous le pseudonyme "pseudonyme66" devenu "bibliophil66" hier soir (référence ebay: pseudonyme66 (tersign@noos.fr), Alain Marchiset, 66 rue du cherche-midi, 75006 Paris). Et oui, on est créatif où on ne l'est pas! :) 

image cliquable pour une meilleure qualité
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Tout de même bien garni en effet, puisque ce pseudonyme, créé en 2004, inscrit comme vendeur particulier, compte aujourd'hui 352 évaluations. 351 évaluations en tant qu'acheteur il est vrai (les achats étant réglés par la librairie l'Intersigne), ce qui fait tout de même beaucoup pour un pourfendeur du site... Mais M. Marchiset, que voulez-vous, ne peut visiblement s'empêcher d'acheter sur un site, je cite "où tout le monde peut vendre tout et n'importe quoi, surtout des incomplets, et cela sans registre du commerce ..". C'est très vilain M. Marchiset d'encourager le para-commercialisme (enfin, vous me répondrez que vous le faites en secret, en disant l'inverse en public, donc ça peut passer, si on n’est pas trop regardant, votre signature en quelque sorte).

Un acheteur fidèle sur ebay donc. Plus drôle maintenant. 

Au moment même où M. Marchiset pourfend ebay... il se découvre une nouvelle passion, la vente sur ebay et se met lui aussi à y vendre des livres. Ainsi, en date du 3 mai, M. Marchiset signait-il sa première vente avec talent (http://cgi.ebay.fr/ws/eBayISAPI.dll?ViewItem&item=200747947176#ht_500wt_1416)... et méritait une fort honorable évaluation "IMPECCABLE - EBAYEUR à RECOMMANDER ++++++++++++".

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Bravo M. Marchiset, vous avez donc raison, c'est donc bien en effet un site "où tout le monde peut vendre tout et n'importe quoi". 

En tout cas, sachez que j'ai une grande admiration pour l'ensemble de votre oeuvre. Une telle inadéquation entre les paroles et les actes, c'est du grand art! Ou le discrédit. Au choix. 

Pour résumer, M. Marchiset, vous prenez la défense d'un contrefacteur (en quelle qualité?), vous diffamez quelqu'un qui ne vous a rien demandé (dans son dos naturellement, en expurgeant votre message de ses relents nauséabonds), sur des bases fausses puisque je rappelle pour que vous l'ayez bien compris que je tiens à la disposition du Slam un dossier complet (emails et photos) prouvant ce que j'avance, vous essayez d'en effacer maladroitement les preuves en fermant précipitamment vos deux comptes facebook (voir ci-dessous)... et vous vilipendez ebay, ce qui est votre droit après tout, mais qui est plus surprenant quand on y mène comme vous une confortable carrière d'acheteur et une prometteuse carrière de vendeur. L'éloge du mensonge. Bref, faites ce que je dis, mais pas ce que je fais.

Bien le bonjour donc M. Marchiset, et toutes mes félicitations. 

Voyez-vous M. Marchiset, je suis d'un bon naturel (ce qui me conduira sans aucun à doute à publier vos excuses et à effacer ce message quand je les aurais reçues), mais quand on me cherche, on finit par me trouver (en passant, je vous ai cherché au Grand Palais, où était votre stand?). 

Ce qui est désolant, c'est que vous m'ayez contraint à ennuyer mes lecteurs avec tout ceci et je les prie de m’en excuser. Mais c'est votre message sur facebook, auquel je me réserve le droit de donner des suites, qui m'y a contraint. 

En passant, j'ai bien noté lors de notre conversation téléphonique de vendredi que vous m'avez assuré que le Slam vous fournirait un avocat le cas échéant, ce qui n'a pas laissé de me surprendre... puisque évidemment, je ne peux pas imaginer que vous parliez au nom du Slam, syndicat hautement respectable, au sein duquel j'ai de nombreux contacts amicaux et sympathiques, emprunts de respect mutuel. Avec ce comportement, vous ne faites que nuire à cette très respectable institution, c’est infiniment regrettable. Et évidemment le Slam n'a rien a voir dans tout ceci.

Vous vous égariez sans doute. Une fois encore.

Commentaire ajouté samedi matin : étant contrarié, mais ouvert, j’ai proposé vendredi soir à M. Marchiset de tirer un trait sur cette histoire sous réserve d’excuses publiques de sa part, en lui demandant de bien vouloir me faire part de ses intentions. Je n’ai reçu aucune réponse, mais la lecture de mon mail l’a simplement amené à fermer immédiatement son compte facebook, dans l’espoir probable d’effacer toute trace, de changer son pseudonyme sur ebay (qui passe donc de pseudonyme66 à bibliophil66) et de rendre son profil confidentiel dans un autre vain effort d'effacer toute trace compromettante. 

image cliquable pour une meilleure qualité, à noter l'icône à droite du pseudo qui illustre le changement
Ca fait beaucoup pour quelqu’un qui est en paix avec lui-même. Finalement, contre mon gré, je poste donc ce message, parce qu'il y a des limites à ce que je peux accepter, et le mensonge et la diffamation publique en font partie. Vos excuses publiques sont encore bienvenues M. Marchiset. 

H.

dimanche 6 mai 2012

Une enquête du Blog du Bibliophile: de la manipulation sur les livres de valeur, ou quand certains libraires ne sont plus les meilleurs amis des bibliophiles.... ou encore les tribulations d'un exemplaire de la Divina Proportione

Amis Bibliophiles bonjour,


Pour le bibliophile, l'amour du livre est une passion, pour d'autres il est moins question d'amour et le livre n'est qu'une marchandise comme une autre... Et lorsque cette marchandise peut potentiellement représenter une somme conséquente, et si on prend un peu l'habitude d'observer les pratiques du monde de la librairie, on découvre parfois des pratiques qui laissent un peu pantois...

Je vous propose aujourd'hui une petite enquête du Blog du Bibliophile sur les pratiques étranges d'une très grande librairie du circuit international (dont le propriétaire fût également quelque temps, c'est cocasse, l'un des garants de la probité de la librairie ancienne dans le monde, au travers son appartenance à la Lila), autour d'un livre bien connu, la Divina Proportione, dans son édition de 1509; superbe ouvrage dont une partie des illustrations est souvent attribuée à Léonard de Vinci. 

La page de titre et l'ex-libris manuscrit Barget chez Chausson - image cliquable
Le 8 juin 2011, l'étude toulousaine Chausson mettait un exemplaire incomplet (79 planches sur 87, 15 planches des lettres de l'alphabet sur 23, etc.) de la Divina Proportione... par Luca Paccioli de Borgo, un bel in-folio imprimé à Venise en 1509 et relié en demi-basane du XIXe. 

En plus de quelques notes manuscrites en italien dans les marges, cet exemplaire présentait une particularité qui le rend reconnaissable, un ex-libris manuscrit "Barget régnant Louis XII roi de France" sur sa page de titre. Estimé de 7 000 à 10 000 euros, il fût finalement adjugé à un acheteur étranger pour 8 900 euros.

La description de l'ouvrage lors de la vente Chausson,
avec la mention de l'ex-libris- image cliquable

Or, à la mi-avril 2012, une très grande librairie du circuit européen proposait à un bibliophile, en avant-première de la Book Fair de New York, un bel exemplaire de la Divina Proportione, édition de 1509, relié en plein parchemin du XVIe siècle. 

Cet exemplaire présentait l'avantage d'être complet, et le libraire soulignait dans sa description que quelques feuillets restaurés avaient été lavés (une différence de papier trop importante?). Il était proposé à 150 000 euros. 

La description ne faisait part d'aucune autre marque significative concernant l'ouvrage. En fait il fallait voir le livre pour découvrir qu'il portait un ex-libris manuscrit non mentionné dans la notice sur la page de titre. Cet ex-libris, vous l'aurez deviné, était un ex-libris français, "Barget régnant Louis XII roi de France", celui-là même qui se trouvait sur l'exemplaire incomplet, relié en demi-reliure XIXe, vendu par l'étude Chausson de Toulouse le 8 juin 2011, et adjugé 8 900 euros.   

La description de l'ouvrage proposé au bibliophile en avant-première de la Book Fair, par le libraire, qui portait la page de titre  avec l'ex-libris manuscrit Barget (mais dont il n'est pas fait mention) - image cliquable
Une découverte qui pose beaucoup de questions. 

D'abord, parce que je suis bibliophile avant tout, sur l'exemplaire lui-même: s'agît-il de l'exemplaire "Barget" incomplet qui aurait été complété puis réemboîté dans une reliure XVIe en parchemin? Ou, plutôt, d'un autre exemplaire incomplet relié lui en parchemin XVIe et auquel il aurait manqué au moins la page de titre? Dans les deux cas, il me semble que cette restauration, dans un sens ou l'autre, aurait méritée d'être annoncée. Ce n'est hélas pas le cas pour l'ouvrage proposé à ce bibliophile en avant-première de la Book Fair de New York il y a 3 semaines. 

Mais aussi la question des pratiques de certains libraires (certains seulement) et de la prudence qui doit être de mise sur des ouvrages importants: ouvrages réemboîtés, remontés, recomposés, feuillets, pages de titres et colophons refaits... Si les faux sont assez rares dans l'univers du livre ancien pour des raisons de coût, ils deviennent beaucoup plus tentants sur les ouvrages très importants, dont le prix final permet de considérer un "travail de restauration" tout en préservant une rentabilité intéressante. Plus tentants pour certaines personnes en tout cas. Se pose alors la question de l'éthique et la nécessité de signaler ou pas ces restaurations (les restaurateurs sérieux que je connais mentionnent les restaurations "lourdes" de ce type sur les factures, mais sont rarement dupes quant au fait que ces remarques soient conservées dans des descriptions destinées à la vente)... 

A moins qu'il ne s'agisse d'étourderie, car c'est vrai il est arrivé à chaque bibliophile, et à chaque libraire, d'oublier de façon totalement sincère quelque chose dans la description d'un ouvrage...

H

lundi 2 avril 2012

Miscellanées du Monsieur H. : la mort du bibliophile, les salon du Grand Palais, un déjeuner de bibliophiles, des questions sur des cachets...

Amis Bibliophiles bonsoir,

Le salon du Grand Palais approche. Il se tiendra à Paris les 27, 28 et 29 Avril 2012 de 11h à 20h. Une belle occasion de faire de nouvelles acquisitions mais aussi et plus simplement de découvrir des ouvrages uniques, magnifiques, passionnants, d'échanger avec des libraires et d'autres amateurs.

A noter deux expositions pendant cette manifestation: d'une part la bibliothèque de l’Ordre des avocats de Paris sera mise à l'honneur. Elle est bien sûr, riche d'ouvrages de droit mais aussi d'estampes et d'autographes comme les manuscrits d’avocats ayant plaidé la cause de Marie-Antoinette, d’Emile Zola, d’Alfred Dreyfus, mais aussi de Madame Caillaux, de l’assassin de Jaurès ou encore du maréchal Pétain. Située au coeur même du Palais de Justice de Paris, la bibliothèque des avocats n’est pas accessible au public. C'est une magnifique occasion de découvrir ses trésors.

La seconde exposition, « À table ! », présentera une sélection d'oeuvres du département des Estampes et de la Photographie de la BnF consacrées aux arts de la table. 

Vous pourrez également retrouver toutes sortes d'animations et de visites, et notamment un stand un stand d’initiation à la bibliophilie accueille les visiteurs pendant toute la durée du Salon. Des libraires membres du SLAM y répondront à toutes les questions des collectionneurs débutants, les accompagneront pour réaliser un premier achat et partageront avec tous leur expertise et leur passion. Les ouvrages proposés sur cet espace sont sélectionnés par les libraires participant au Salon, ils comportent tous une notice détaillée et grâce à eux chacun pourra s’initier aux plaisirs de la bibliophilie. (Nef Ouest, stand P9-P12.)

Le salon est également comme chaque année une occasion pour les lecteurs du blog qui le souhaitent de se retrouver autour d'un déjeuner bibliophilique. Ce déjeuner se tiendra le samedi 28 avril dans une brasserie proche du Grand Palais. Si vous souhaitez y participer, il suffit de me confirmer votre présence (blog.bibliophile@gmail.com). Les lecteurs du blog ayant déjà participé à ces agapes vous confirmeront que l'ambiance est très simple et détendue, et que pour une trentaine d'euros, vous passerez un moment très agréable à échanger autour du livre, et souvent à découvrir des merveilles que d'autres amateurs viennent d'acquérir. N'hésitez pas à me confirmer votre venue ou à me contacter pour plus d'information.



Du côté des questions posées par les bibliophiles, Nicolas aimerait en savoir plus sur les tampons apposés sur un livre ancien en sa possession: selon vous, ces tampons sont-il plutôt XVIIe ou XVIIIe (ou les deux), et sauriez-vous dans quelles conditions précises on appose le tampon "vendu" sur un exemplaire de la bibliothèque royale, à qui, comment, et pourquoi vendait-on les livres de cette bibliothèque prestigieuse? Ces tampons se trouvent sur un ouvrage du XVIIe aux armes royales.


Pour finir, cette amusante image de la mort d'un bibliophile (Schellenberg - Freund Heins Erscheinungen in Holbeins Manier (Totentanz) 1785)... se méfier des livres, toujours!


H

samedi 24 mars 2012

Testament bibliophilique... "mes livres qui ont fait le bonheur de ma vie..."

Amis Bibliophiles bonjour,

C'était une belle vente (Alde, 22 mars 2012), assurément une belle bibliothèque, très homogène (consacrée à Jean de La Fontaine) et François Teitgen était sans aucun doute un vrai bibliophile.

La lecture du catalogue est très douce, bien sûr, mais c'est la dernière volonté de François Teitgen qui m'a marqué et que j'avais envie de partager avec vous aujourd'hui:

"(que) mes livres qui ont fait le bonheur de ma vie
 n'aient pas la froide tombe d'un musée et le regard bête du passant indifférent
 et je demande qu'ils soient tous éparpillés 
sous les coups de marteau des commissaires-priseurs, 
et que la jouissance que m'a procurée l'acquisition de chacun d'eux soit redonnée 
pour chacun d'eux à un héritier de mes goûts".

Sa volonté a été respectée, l'un de ses ouvrages va rejoindre ma bibliothèque. J'ai le sentiment que chaque bibliophile se reconnaîtra dans ces quelques lignes, non?

H

samedi 17 mars 2012

Portrait d'un bibliophile d'exception: Jules-François Chenu

Amis Bibliophiles bonjour,


Les ventes de la bibliothèque de Jules-François Chenu eurent lieu à la salle Silvestre en avril et mai 1864 en 7 vacations. 

Ce bibliophile était décédé quelques mois auparavant, en octobre chez Ernest Panckouke dans l’ancien hôtel de Thou où il demeurait.  Les ventes se déroulèrent en deux parties “le catalogue raisonné de la bibliothèque” d’une part et la “bibliothèque Elzévirienne” d’autre part.  Ces catalogues furent publiés par la librairie Techener, Olivier Barbier assurant la rédaction du préambule.

Jules Chenu, né en 1806,  se destinait à la médecine mais,  (comme beaucoup d’autres...), consacra sa vie aux livres. Il tint les fonctions de sous-chef des travaux typographiques, correcteur et prote de l’imprimerie Panckouke puis chez Hachette. Latiniste, il corrigea l’intégralité des volumes de la Bibliothèque latine-française de Panckouke, mais il publia aussi à son propre compte, par exemple, la traduction du “Jardin des roses de la vallée des larmes” chez Gay en 1850. Il s’attacha également à rééditer une dizaine de petits ouvrages anciens devenus rares, à très petits tirages, comportant quelques rares papiers et souvent un exemplaire unique sur peau de vélin. 

Ainsi en fit-il avec “Le cochon mitré” qu’il publia à Paris en 1850 à 110 exemplaires et dont le blog s’est déjà fait écho (http://bibliophilie.blogspot.fr/2007/10/le-cochon-mitr-solution-de-lnigme.html). Le tirage comportait un unique exemplaire sur peau de vélin que Jules Chenu se réserva, et fit couvrir par Duru d’un maroquin mosaïqué et doublé, identifiable sous le numéro 430 du catalogue de sa vente. Quant à l’exemplaire sur peau de vélin du “Jardin des roses”, Chenu le confia à Bauzonnet et Trautz qui lui offrirent la reliure. 

Outre l’édition de ces petites plaquettes, Chenu entretenait la passion des elzévirs. Il était ami du bibliophile Charles Motteley et participa à la publication du catalogue de celui-ci. Sur ce sujet il collabora au Bulletin du Bibliophile. Il corrigea également la cinquième édition du Manuel du Bibliophile. Enfin, il réédita différentes pièces sur l’affaire Libri. Les annales du Bibliophile en 1862 disent de lui "qu'amateur dans toute la force du terme (il) met à la composition matérielle de ses ouvrages un soin qui se trahit par l’observation de toutes les minuties affectionnées des bibliophiles.”


Il signe ses publications des qualificatifs “bibliophile parisien” ou “elzevirophile”. Jules Chenu, ne se contentait pas d’étudier les livres, il les restaurait lui même avant de les confier aux meilleurs relieurs Duru, Hardy, Capé, Bauzonnet, Delanoë... Il cherchait par dessus tout les exemplaires uniques spécialement pour les livres modernes où il affectionnait les exemplaires d’auteur. Le livre qui illustre ce billet comporte une page de titre unique à son adresse “de la bibliothèque de J. Chenu, 1843.”  


Il est composé d’opuscules édités à Bourges chez Vermeil de 1840 à 1842 et censément imprimés dans la même ville par Jollet-Souchois. Les pages ont été réimposées et quelques unes réécrites et recomposées pour former un livre homogène à la pagination désormais continue avec une table nouvelle. Un très gros travail en tous cas, où les noms d’éditeur et d’imprimeur disparaissent. Le catalogue de sa vente sous le numéro 573 indique “Inutile de dire qu’il serait impossible d’en trouver un semblable.”.  



La reliure d’origine en veau fauve est signée “Delanoë père”. Comment Chenu eut-il accès à la composition de ce livre? On peut se demander si l’imprimeur Jollet-Souchois ne confiait pas en sous-traitance ses lourds travaux chez Panckouke. Ce livre n’est pas le seul ouvrage né du labeur bibliophile de Chenu , on trouve par exemple les “Lettres de l’abbé Viguier, Paris du cabinet de J. Chenu, 1859", issu d’un tirage à part très restreint de la Société des bibliophiles français et doté d’une page de titre particulière ou encore “Essai sur les bibliothèques” de Gustave Brunet, pourvu d’un titre unique “Paris, du cabinet de J. Chenu, 1861".

Chenu confia ainsi à Duru de nombreux exemplaires uniques de l’imprimerie Panckouke. Ses rapports avec les relieurs semblent bienveillants. Ainsi offre t-il à Georges Trautz, avec son “souvenir affectueux” un des 18 exemplaires (un des deux sur papier jaune) de la réimpression de l’ouvrage gothique “La première leçon des matines ordinaires du grand abbé des conards de Rouen, souverain monarque de l’ordre....”, Panckouke, 1848. Cet opuscule fut relié par Trautz en 1855 en maroquin bleu à décor d’entrelacs dorés. (Chenu s’était réservé un exemplaire sur peau de vélin relié par Duru). L’exemplaire Trautz fut vendu à la cinquième vente Bérès, le 13 décembre 2006 pour 3148 euros. Chenu conservait aussi un exemplaire avec envoi autographe du poème “la reliure” du relieur Lesné, curieusement broché (n° 313).

Sa bibliothèque générale compte 674 numéros et son catalogue d’elzevirs,  repris pour la vente, 545 numéros, où pour certains les dimensions sont indiquées.

La bibliothèque générale est variée, religion, vénerie, histoire, littérature, bibliographie, catalogues de ventes, gravures, réimpressions de gothiques, ouvrages anglais, les 210 volumes de la bibliothèque latine Panckouke riches de leurs cartons, etc. Notons quelques ouvrages remarquables, un antiphonaire et des “Heures de la Vierge” enluminés du Xve siècle, un incunable du proto typographe parisien Ulrich Gering, une reliure de Le Gascon, quelques gothiques rarissimes. Parmi les provenances, signalons Louis-Philippe, la duchesse de Berry et plusieurs ouvrages du bibliophile Renouard.

Jules Chenu eut-il un ex-libris?  Je ne l’ai pas trouvé, en tous cas, il  n’y en a pas de trace sur le livre présenté où il aurait été bien inutile d’ailleurs.

Lauverjat

dimanche 11 mars 2012

Un blog sur la bibliophilie?... 5 ans après....

Amis Bibliophiles bonjour,

Le bibliophile revient de voyage, il est paresseux et subitement, il redécouvre que le Blog a eu 5 ans cette semaine... 

Voici ce que j'écrivais il y a 5 ans:

"En fait, tout est parti du besoin de partager ma passion pour la bibliophilie et le livre ancien en particulier, qui sont trop souvent un plaisirs solitaires, parfois même égoïstes... Difficile d'intéresser son entourage direct, même s'il fait preuve de la plus grande volonté et finalement, les contacts entre bibliophiles sont peu nombreux.

J'ai commencé par rechercher sur internet les sites consacrés à la bibliophilie et il faut avouer qu'ils sont fort peu nombreux. Hormis les sites marchands et les moteurs de recherche, il n'y a pratiquement aucun site de passionnés. Les rares sites existants sont toujours très spécialisés, et sont le plus souvent des présentations de collections personnelles. Enfin, ils ne sont pratiquement jamais orientés vers l'échange ou le partage entre amateurs, collectionneurs et passionnés.

Partage d'histoires et d'anecdotes, partage et échange d'informations et d'opinions, et tout ce qui pourra contribuer à faire de ce blog un lieu de passage ouvert où passionnés viendront se retrouver.

Je ne promets pas de poster un message chaque jour, j'en ai en effet comme nous tous d'autres et nombreuses obligations, et je compte largement sur vous pour alimenter ce blog que je veux collaboratif.

Les sujets à aborder sont innombrables : les domaines de prédilection de chacun, les époques, la reliure, les éditions originales, la bibliographie, les ventes en salles, les ventes sur internet et sur ebay, les achats en librairie, les salons, etc.

De mon côté, je suis plutôt amateur de livres anciens consacrés aux voyages, d'ésotérisme et de curiosités, mais naturellement tous les thèmes qui tiennent à la bibliophilie m'intéressent et je compte beaucoup sur ce blog pour apprendre et découvrir.

Il me reste à ajouter que je débute également en matière de blog et je fais donc appel à votre compréhension pour les probables hésitations qui vont accompagner le lancement.

N'hésitez pas à me contacter, que ce soit pour me proposer une contribution (que je validerai forcément), ou pour simplement nouer un contact.
A très bientôt.
H."

1283 messages, quasiment 1 million de pages vues, quelques émules, et 10355 commentaires plus tard... bon allez, on va dire que le contrat est rempli :)

H
En fait, ce qui me satisfait le plus c'est le nombre extraordinaire de contacts que ce blog m'a permis de nouer, dizaines de bibliophiles, de contributeurs, libraires, chercheurs et autres, et de nombreux amis. Je suis toujours étonné en me rendant compte qu'il est lu, et c'est amusant de découvrir le regard curieux des gens lorsqu'ils mettent un visage sur mes lignes :)

mardi 21 février 2012

Découvrir la bibliothèque d'un bibliophile, partie II: les classiques reliés en maroquin


Amis Bibliophiles bonjour,

Continuons ce soir la visite de la bibliothèque de Wolfi: 

La voie que j'explore actuellement est les grands textes du siècle des lumières. Après "De l'esprit" d'Helvetius que j'avais présenté la dernière fois, un texte fondamental dans l'esprit matérialiste du 18e :

La Mettrie "Oeuvres Philosophiques" 1774, en 3 vol in-12 en maroquin rouge. Il me reste encore 2 ou 3 ouvrages majeurs à trouver sur ce sujet. Sujet passionnant!


Je ne pouvais passer les contes de La Fontaine. Mais plutôt que de présenter un exemplaire des Fermiers Généraux (je connais au moins un collectionneur monomaniaque de cette édition :)) ), je présente ici plutôt une édition que l'on rencontre moins souvent : Larmessin "Suites d'Estampes pour les contes de La Fontaine" in folio, en demi-reliure (début 20e?)
La suite de 38 gravures au format in-folio est extraordinaire! La valeur donnée par Cohen est une des plus élevées du manuel : de 1200 à 1500 Fr en comparaison avec un exemplaire des Fables par Oudry (entre 600 et 800 Fr) par exemple.







Cela me fait une occasion de faire la transition sur les illustrés 18e.

Arioste "Roland Furieux" 1775-83, 4 vol in-4 en maroquin rouge. L'édition est illustrée de 46 gravures par Cochin. Une des plus belles suites de gravures du 18e à mon avis.



Berquin "Romances" et "Idylles" 1775-77 reliés ensemble, in-8 en maroquin rouge. L'exemplaire en grand papier avec les figures avant les numéros,  provient de la bibliothèque Montgermont et Rahir (n°718)



Maintenant, un monument de l'impression 18e : Saurin "Discours historiques du Vieux et Nouveau Testament" 1728-39, 6 vol in-folio en maroquin rouge (je n'ai pas mis en illustration l'intégralité des volumes, c'est trop lourd à déplacer!). 212 gravures dont 50 sur deux pages.
Exemplaire sur papier impérial (sur les 4 papiers différents). Cohen dit que le plus beau tirage serait celui sur papier royal. Je ne sais pas, mais je constate simplement que les plus hauts personnages avaient un exemplaire sur papier impérial (Prince de Soubise, La Valliere, Gaignat, Rosny, Pompadour, Louis XV, Samuel Bernard). Je n'ai malheureusement pas pu trouver la provenance de ce très bel exemplaire. J'ai mis en illustration une côte de bibliothèque qui est collée sur tous les volumes. Quelqu'un a une idée?







Bon, on finit par le saint Graal : Voltaire "Romans et Contes" 1778, 3 vol in-8 en maroquin rouge. Toutes les gravures sont avant les numéros.



J'ai honte : il s'agit d'une reliure pastiche! Mais j'ai craqué en attendant mieux!

Bonne lecture à tous!

Wolfi

PS : je rappelle que je suis preneur d'un Montesquieu 1758 en 3 vol in-4 et d'un "Romans est Contes" en maroquin d'époque! merci de faire suivre!

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