« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

mercredi 23 avril 2014

Stephen Carrie Blumberg : bibliophile et bibliokleptomane...

Amis Bibliophiles bonjour,

Bibliophile, bibliomane, bibliokleptomane, y-a-t-il plus d’un pas entre ces différentes étapes ?
Stephen Carrie Blumberg était assurément les trois. Voici l’histoire du plus grand voleur de livres de l’histoire, ramenant l’exécrable Libri au niveau d’un simple pickpocket…

Comme nous tous, Blumberg avait un domaine de prédilection, un thème pour sa bibliothèque, le sien était simplement que tous ses ouvrages avaient été volés. Et lorsque la police de l’Iowa est venue l’arrêter le 20 mars 1990, il avait réuni près de 24 000 livres en une vingtaine d’années, tous volés.

Le FBI mît deux jours entiers et mobilisât 17 personnes pour sortir près de 900 cartons de livres de la maison de Blumberg, soit près de 24 000 livres au total.

Mais qui était Blumberg ? Le personnage est complexe et il faut se garder des jugements hâtifs. Ainsi à la différence de Libri, il est évident que Blumberg était bibliophile, dans la mesure où il n’a pas dérobé ces livres pour les revendre, mais bien parce qu’il nourrissait à leur égard une passion démesurée. D’ailleurs, en bon bibliotaphe (personne qui refuse de montrer ou de prêter ses livres), il les préservait du regard d’autrui et en jouissait seul, dans sa maison de 17 pièces. Il était également un lecteur compulsif des ouvrages ainsi dérobés. Enfin, Blumberg était l'héritier d'un famille aisée et bien que la valeur totale des livres volés avoisinât les 8 millions de dollars, il n'en a pas revendu.

En fait, ce qui est caractéristique de Blumberg, c’est qu’il n’est pas un simple bibliophile se mettant au vol pour satisfaire ses pulsions, mais plutôt qu’il est à la base un voleur de génie (le FBI le qualifiera par exemple de serrurier virtuose) dont le talent va croiser la passion, avec les conséquences que l’on sait.

Chez lui, les autorités découvrirent ainsi les plans de nombreuses bibliothèques américaines, des catalogues de collections, ainsi que l’arsenal nécessaire à un Arsène Lupin de haut vol (mais pas d’arme). Il est intéressant de constater que Blumberg aurait pu employer son talent au vol de bijoux, de diamants ou d’autres objets précieux, mais qu’il « choisit » les livres… pour pouvoir les lire, et les posséder.

Son but était vraiment de se les approprier, et il a d’ailleurs enlevé toutes les marques de propriété, rendant l’identification des ouvrages extrêmement difficile (en fait, l’inventaire a donné lieu à la rédaction d’un catalogue dans lequel les anciens propriétaires étaient invités à reconnaître leurs livres). Blumberg agissait différemment selon les cas, soit il se laissait enfermer dans une bibliothèque, soit il se faisait passer pour un enseignant d’une université.

Il est cocasse (ou pathétique) de constater que de nombreuses bibliothèques n’avaient même pas découvert que des livres manquaient dans leurs rayonnages.

Finalement, j’ai infiniment plus de tendresse pour Blumberg que pour Libri. En effet, il est clair que le premier est « prisonnier » de sa passion quand le second n’est qu’un vulgaire escroc. D’ailleurs, quand un enquêteur du FBI demanda à Blumberg ce qu’il éprouvait en voyant ainsi sa maison vidée de ses livres, notre Arsène Lupin du jour répondit, je vois le « squelette de ma vie ».

Paradoxalement, on pense que l’action de Blumberg a finalement rendu service à de nombreuses bibliothèques américaines, qui ont fini par prendre conscience de la faiblesse de leurs systèmes de sécurités, qui furent alors considérablement renforcés.

H

L'histoire de Stephen Carrie Blumberg a été retracée dans une fiction télévisée de la chaîne CourtTV, appelée Masterminds (voir image).

lundi 21 avril 2014

Le scientifique, le bibliophile et les truands: où Nicolas Copernic sous les fourches caudines des libraires

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Les plus grands noms s'invitent sur le blog du bibliophile, et je vous présente ce soir un article proposé par Nicolas Copernic : Le scientifique, le bibliophile et les truands: où Nicolas Copernic sous les fourches caudines des libraires de livres anciens, d’après « Le livre que nul n’avait lu. A la poursuite du « De Revolutionibus » de Copernic. Par Owen Gingerich. Dunod, 2008 ».

A vous la parole, Nicolas:

"Je ne vais pas mentir, je connaissais de réputation cet ouvrage parut aux Etats-Unis en 2004, et qui avait fait déferlé sur la très célèbre « bookfair » de New-York. Un bémol : déferlé certes, mais comme un courant sous-marin. On ne secoue pas ouvertement le monde feutré de la très haute bibliophilie : on se moque, on fait des gorges-chaudes, mais tout cela par derrière. Jamais on osera évoquer en direct, affronter oserais-je dire, l’un des plus grands libraires de la planète encore en activité.

Mais de l’eau était passé sous les ponts depuis 2004, et puis plus rien.


Jusqu’à cet été 2008 où un très cher ami, libraire d’ancien de son état, me téléphone afin de m’informer de la traduction de cet ouvrage. Ni lui ni moi n’avons fait sur le moment le rapprochement avec l’ouvrage de 2004, et ce n’est que quelques jours plus tard qu’il me retéléphona avec cette nouvelle : « attention au chapitre 13,c’est de la dynamite ».



L’auteur de ce livre, scientifique de renommée internationale, s’est lancé pendant de longues années à la recherche des annotations présentes dans les marges, les feuillets blancs…de tous les exemplaires du De Revolutionibus de Copernic, de l’édition originale de Nuremberg de 1543 et de la seconde édition de Bâle de 1566. De cette quête il a fait deux ouvrages: un census (ou recensement) de tous les exemplaires connus et localisés de cet ouvrage dans les deux éditions, et un second, celui que je me permets de vous présenter succinctement aujourd’hui.

Cet ouvrage, qui se lit finalement comme un roman policier (il faudra plus de trente ans à l’auteur pour trouver et recenser tous les exemplaires connus ou non, et ce même à Moscou, à Leningrad, à Varsovie en pleine période la plus glaciale de la Guerre Froide) est un pur plaisir pour un collectionneur et/ou bibliophile (là je mets volontairement une distinction que j’expliquerai plus tard) car on accompagne ainsi au fil des pages la redécouverte d’un livre mythique.

Oui livre mythique : le premier à développer (même si ce ne reste tout au long de l’ouvrage qu’une hypothèse de travail purement scientifique : Copernic est un chanoine catholique, et on ne joue pas avec Dieu et sa très sainte Inquisition surtout) ouvertement et publiquement la thèse héliocentrique : à savoir mettre le Soleil au centre de l’univers et non la Terre comme dans le système de Ptolémée.

Ainsi au fil de l’enquête, l’auteur découvrira les exemplaires de certains des savants les plus célèbres de notre histoire dont celui de Mercator (quand même), "re-découvrira" avec l’aide de certains libraires en livres anciens des exemplaires volés à des collections publiques en Pologne et aux USA…

A lire donc et à recommander à tous les amateurs de livres anciens, qui n’ont pas besoin de beaucoup de connaissances scientifiques je rassure car c’est mon cas. Il faudra cependant faire abstraction de la mauvaise traduction des termes de bibliophilie, le traducteur étant nettement plus un scientifique qu’un collectionneur et/ou bibliophile comme l’auteur (par exemple il faudra sans cesse jongler entre exemplaire et copie : copy/copies voulant dire exemplaire en anglais est traduit systématiquement par copie, ce qui agace et peut prêter à confusion).

L’auteur, comme indiqué plus haut, est scientifique et collectionneur. Je dis volontairement collectionneur et pas bibliophile car il ne se cache pas pour ouvertement avoir à moindres frais les exemplaires des ouvrages scientifiques qu’il convoite. Rien de malhonnête et tout à son honneur puisque cette démarche lui fait acheter des exemplaires incomplets, mal reliés, et lui fait reconstituer des exemplaires de travail et dont le cheminement est bien connu (ce qu’il appelle étrangement des « Dames sophistiquées » et dont le nom est donné au chapitre 13). Depuis l’aube des âges anciens de la bibliophilie tous les grands bibliophiles (La Vallière, Hoym…) ont fait compléter leurs précieux incunables en « empruntant » à d’autres les feuillets ou les gravures manquants. Rien de choquant, et l’on voit encore de nos jours de somptueuses raretés bibliophiliques passer dans les ventes publiques avec la mention « feuillet a° provenant d’un autre exemplaire ». Au moins là la chose est claire.

Mais c’est là que le sujet devient brûlant, provoquant ce raz-de-marée « sous-marin » évoqué dans l’introduction de cet article.

Owen Gingerich a fréquenté les libraires de livres anciens à la fois pour ses recherches et sa collection privée. Ainsi à force d’examiner les exemplaires des deux éditions du De Revolutionibus il est devenu une autorité incontestée et incontestable faisant foi auprès des institutions, des libraires et également des salles des ventes.

Ayant mesuré au millimètre près, photographié (avec des flashs à lumière froide spécialement mis au point), recopié, traduit et analysé les notes, remarques, ex-libris des différents possesseurs de chaque ouvrage, noté en détail chaque tâche, chaque déchirure, chaque manque, ayant étudié de façon systématique la censure dont le livre fit l’objet en 1620 par l’Inquisition, l’auteur se révèle d’une impitoyable cruauté en étalant la vérité des pratiques commerciales de certains libraires de livres anciens.

Vous comprendrez bien volontiers que pour l’édition originale (ou la seconde) du De Revolutionibus certain collectionneurs soient prêts à débourser un million d’euros (ou plus) pour acquérir un bel exemplaire en reliure du temps. Vous comprendrez bien volontiers également que ce montant puisse attirer la convoitise, la concupiscence de certains libraires en livres anciens, prêts à vendre leur âme et leur génie au diable pour quelques deniers d’argent.

Ainsi Bernard Clavreuil, de la Librairie Thomas-Sheler, reçoit un accessit pour son honnêteté en 1982 pour un exemplaire arrangé : « Oh ! il s’agit d’une copie qui existe depuis environ trente ans m’a-t-il dit » (Bernard Clavreuil à l’auteur, page 230). L’honnêteté du libraire est cette fois clairement établie : « je me hâte d’affirmer que Clavreuil ne faisait pas mystère de l’état problématique du livre : son prix respectait clairement le fait que cette copie « était une dame très sophistiquée » (page 231).

Cependant l’auteur est beaucoup moins affirmatif pages 233 et 234 (et à vrai dire pas affirmatif du tout, au mieux évasif) sur un exemplaire de la seconde édition de 1566 acquise aux enchères par Bernard Clavreuil en 1977 à Amsterdam, puis revendue toujours aux enchères à Genève « sans plus aucun défaut ». L’auteur a « demandé alors à Bernard Clavreuil ce qui s’était passé, et il [m’] a répondu sans sourciller, comme si de rien n’était, qu’il avait commandé deux feuillets fac-similés et il m’a donné des photocopies pour me montrer comme elles étaient bonnes. Il a ajouté que le livre avait fini dans la collection de P.Z, mais il n[e m’]’ a pas révélé qui était ce P.Z. ».

Cela se déroulait vers 1985 d’après l’auteur, puisque dix ans plus tard en 1995 un important libraire de New-York lui téléphona car il avait un doute sur l’authenticité du dernier feuillet (qui se révélera lui être bon).
Acquis à la vente Philippe Zouméroff, l’un des plus grands bibliophiles actifs sur le marché dans les années 1980 (et qui d’après les rumeurs aurait cessé d’acquérir et dispersé ses collections dans les années 1990 par suite de l’écœurement provoqué par les manœuvres financières des grands libraires de livres anciens), l’auteur fit de suite le rapprochement avec l’exemplaire Bernard Clavreuil acquis par le mystérieux P.Z. Et je ne vous indique pas la désillusion de ce pauvre libraire new-yorkais qui ayant un doute sur le dernier feuillet s’est retrouvé avec deux feuillets en fac-similé, il a du en faire une tête en apprenant la nouvelle.
Enfin bon, vente annulée, exemplaire repassé à Drouot avec cette fois la mention que « les pages avaient été ajoutées mais se gardant bien de dire qu’il s’agissait de fac-similés ».

Edifiant non ?

Sont ainsi dévoilées en quelques pages les pratiques commerciales de quelques libraires et maisons de ventes aux enchères sur les grands textes scientifiques (mais il en est sans doute de même pour tous les grands textes je pense). Là où l’amour du profit a remplacé l’amour des livres, là où mes illusions en ont pris un grand coup même si je ne verse jamais de larmes en pensant aux grands libraires de la planète.

Je n’ai cité ici que Bernard Clavreuil car c’est le seul libraire vivant et français qui parle ouvertement de ces méthodes à l’auteur, et qui est même assez confiant pour lui donner des secrets de fabrication. Mais dans ce chapitre 13 des « Dames sophistiquées » on peut également voir que Lucien Scheller (de la Librairie Thomas-Scheller, dirigée par Bernard Clavreuil. Là je ne fais pas exprès, c’est comme ça) en 1950 s’associait avec Ernst Weil (d’après l’auteur il s’agit de l’un des premiers libraires indépendants spécialisés en sciences, voire le premier) pour « arranger » un exemplaire.

Je vous invite donc à vous procurer cet ouvrage, ce roman policier pour les vrais amoureux des livres anciens, qui devrait donner du grain à moudre à tous ceux qui ont toujours pensé que les libraires d’anciens étaient des roublards ou au contraire donner des arguments aux « pro-libraires », car un bon nombre d’entre eux ont été des auxiliaires précieux dans les recherches de l’auteur.
A chacun de conserver ou de se faire son avis.

Moi c’est fait : ne pas généraliser, ne pas donner les défauts de quelques uns à tous, et surtout accorder du respect à tous, libraires de livres d’anciens et bibliophiles réunis par et pour le livre.

A très bientôt peut-être pour un autre article polémique si l’occasion se présente,
Nicolas Copernic

Merci Nicolas!
H

Références bib. : Le livre que nul n’avait lu. A la poursuite du « De Revolutionibus » de Copernic. Par Owen Gingerich, Professeur émérite d’astronomie et d’Histoire des sciences à Harvard, astronome émérite au Smithonian Astrophysical Observatory. Traduit de l’anglais (USA) par Jean-Jacques Szczeciniarz, Professeur d’Histoire des sciences à l’université des sciences à l’université Paris-VII-Denis Diderot. Dunod, 2008.

samedi 19 avril 2014

Vol de livres: Raymond, William, Fidel, l'expert et la Durham ou les tragiques aventures biblio-kleptomanes de Raymond Scott

Amis Bibliophiles bonjour,

Décidément, les escrocs qui gravitent dans le monde du livre ancien sont aussi fantasques et originaux que les bibliophiles: certains escaladent des falaises et découvrent des passages secrets, d'autres usurpent des identités, d'autres encore espèrent quitter une bibliothèque de renom avec deux in-folios dans chaque poche, etc. En voici un nouvel exemple, avec les aventures de Raymond Scott.

2008. Un anglais élégant se présente à la bibliothèque Folger (Etats-Unis) pour faire authentifier un exemplaire de l'EO in-folio des oeuvres de Shakespeare (1623). Cet ouvrage n'est pas rarissime (on en connaît environ 200 exemplaires... mais seulement 40 complets), mais il est très recherché et est évalué à  quelques millions d'euros. 
Shakespeare Folio 1623 Frontispice
La page de titre et le frontispice de l'édition de 1623

La Folger est le bon endroit pour faire authentifier l'exemplaire puisqu'elle en possède 79 autres exemplaires, et on peut penser que l'idée de Scott était de proposer son exemplaire à l'institution.

Las, l'expert de la bibliothèque remarque vite quelques notes manuscrites dans les marges de l'exemplaire, caractéristique d'un exemplaire dérobé en 1998 à la bibliothèque anglais de Durham. L'élégant anglais est aussitôt arrêté et poursuivi.
Raymond Scott prend des forces avant son procès

C'est à ce moment là que le monde va découvrir l'excentrique Raymond Scott, libraire, fils de libraire et personnage fantasque s'il en est. On découvre rapidement que s'il demeure dans une modeste maison à quelques kilomètres de la bibliothèque Durham, et vît d'une mince allocation sociale (100 euros par semaine), Raymond Scott roule en Aston Martin ou en Ferrari (Dino, l'homme a du goût), porte des costumes de luxe et voyage sans cesse à l'étranger, en particulier à Cuba.
Raymond Scott en tenue de campagne

Sur cette île, il a en effet fait la connaissance d'une danseuse de 30 ans, Heidy, qui est de 23 ans sa cadette. On comprend rapidement que celle-ci préfère profiter des largesses de ce capitaliste en goguette que de consacrer leurs rencontres à lui vanter les vertus du communisme à la Fidel. 
Raymond Scott et Heidy, un amour au parfum de vélin

Cet amour au parfum de vélin coûte cher à Raymond, et l'oblige finalement à tenter de mettre en vente le Shakespeare pour subvenir aux besoins croissants de sa jeune capitaliste en herbe.
Raymond Scott arrive au tribunal, avec son assistante

Devant le tribunal où Scott arrive tour en calèche précédé d'un Scotsman, dans une limousine ou déguisé en Che Guevara (pour mieux illustrer la piste cubaine), notre élégant anglais clame, malgré l'évidence, que l'ouvrage est en fait à Cuba depuis plus d'un siècle et que c'est le régime de Fidel qui a empêché son authentification et sa vente à l'étranger. Il a rendu service à la famille de sa fiancée en se dévouant pour faire sortir l'ouvrage de l'île, le faire authentifier et le vendre. Rapidement, les preuves liées aux notes manuscrites viennent confondre Scott qui opte pour une seconde version de la thèse cubaine.
Raymond Scott ou Che Guevara dupé par les enfants de Fidel

Ce sont en fait les parents cubains de sa dulcinée qui ont dérobé le Shakespeare à la bibliothèque de Durham, au terme d'un voyage de milliers de kilomètres, avant de rejoindre leur île et, heureux hasard, que leur fille ne s'éprenne d'un anglais, libraire et habitant à proximité de la bibliothèque de Durham. 
Raymond Scott arrive au tribunal bis, en tête-à-tête avec son conseiller bénédictin

Bref, l'affaire semble mal engagée, d'autant plus que les preuves s'accumulent contre Scott, dont on sait désormais qu'il a été arrêté plusieurs fois pour vol, et notamment pour vol de livres juste avant son procès. Néanmoins, il n'y a aucune preuve du vol... Les employés de la bibliothèque n'ayant rien vu, rien entendu ou presque alors que le livre était présenté dans une vitrine de verre. Pour tout dire, ils ne se sont rendus compte de la disparition de l'ouvrage que quelques jours plus tard. En effet, le voleur avait pris soin de replacer le velours qui protégeait la vitrine des lumières du soleil entre deux expositions. La consigne c'est la consigne et ils n'étaient visiblement pas gênés d'avoir laissé le livre exposé sous le velours pendant quelque temps. C'est beau la conscience professionnelle.

Scott ne sera donc condamné que pour recel et dégradation d'une oeuvre d'art (il a gratté les cachets), à une peine de 8 ans de prison (énorme, non?).

Difficile de ne pas trouver le personnage sympathique en tout cas. Moi j'aime assez.

H

mercredi 16 avril 2014

Les salons sont-ils l'avenir de la librairie: retour sur le Salon du Grand Palais

Amis Bibliophiles bonsoir,

Au lieu de vous proposer un énième compte-rendu du Salon du Grand Palais: "c'était bien mais", "j'ai aimé ceci mais pas cela", "j'ai acheté ceci, oh regardez comme c'est beau"..., "c'est trop cher", et j'en passe... je me suis dit que j'allais me plutôt demander pourquoi j'allais à ce salon et ce qu'il apporte, ce qu'il m'apporte.

En réalité j'achète assez peu souvent au Grand Palais, une année sur deux je dirais, j'arrive à résister à la fièvre acheteuse lié à l'événement, ou plutôt je ne croise pas de livre qui me tente assez. En fait, avec le temps je me suis rendu compte que je n'allais presque plus au Salon pour acheter mais pour d'autres raisons, très diverses.


Parce que c'est au Grand Palais: oui, c'est tout bête, mais j'aime cet endroit, c'est un "faire venir" essentiel. J'aime l'idée de voir les livres rassemblés dans un temple aussi Auguste (et encore plus cette année), et ne serait-ce que pour avoir le plaisir de venir bibliophiler sous la grande verrière, et bien je viens. Je ne vais plus tellement dans les autres salons, Champerret se bunkerise et se cartepostalise, Olympe de Gouges c'est un peu pareil, à croire que le bibliophile s'épanouit dans les espaces souterrains, sans fenêtres. Terrible. Je n'aimais pas la Mutualité, pour la même raison d'ailleurs.

Parce que j'y retrouve des amis bibliophiles: c'est traditionnellement l'occasion d'improviser un repas de bibliophiles, de partager nos trouvailles, d'évoquer des achats futurs ou passés, de poser des questions, de découvrir de nouveaux types d'ouvrages, d'apprendre; des amitiés solides se sont nouées au fil du temps.

Parce que c'est à mon sens le plus grand rassemblement, et le plus beau, autour du livre ancien. C'est là que sont les plus livres, c'est là qu'on peut en voir le plus en aussi peu de temps, et surtout croiser des exemplaires parfaits, uniques...

Enfin, et c'est le sujet du titre de ce poste, parce que je me demande de plus en plus sérieusement si les salons ne sont pas l'avenir de la librairie. Je m'explique: 

1. Je n'ai plus le temps de fréquenter les librairies, et il faut bien l'avouer pas toujours l'envie. Le "cérémonial" me pèse, l'accueil parfois calme toute envie. Le salon est une occasion unique de déambuler librement dans une petite centaine de librairies, sans pression, face à des libraires qui sont souvent ici plus accueillants que dans leur antre :) 

2. La profusion de l'offre, qui est étourdissante et offre un véritable choix, bien plus que quand on entre dans une librairie. C'est aussi l'occasion de comparer des exemplaires proches, à quelques mètres les uns des autres pour dénicher celui qui nous plaît le plus. 

3. La possibilité de déambuler avec un ou plusieurs amis, et de leur demander conseil ou avis, ce qui serait probablement incongru dans une librairie.

4. La possibilité d'échanger et de s'enrichir auprès de nombreux libraires, de sortir de ses petites habitudes, d'en découvrir de nouveaux, qui viennent de province ou de l'étranger où je n'aurai matériellement pas le temps de me rendre en un week-end.

5. C'est peut-être le seul endroit où on peut voir en aussi peu de temps autant de livres sans avoir à cliquer sur une souris. 

Des bémols, et bien je n'en vois pas. Et vous?

H

P.S.: au fait, je n'ai rien acheté. 

dimanche 13 avril 2014

Ebayana et Bibliophilie, livres anciens en vente sur ebay: belles reliures, EO, livres à planches, éditions du 16ème au 20ème siècle et curiosités

Amis Bibliophiles bonjour,

Voici une très belle sélection de 50 livres intéressants actuellement en vente sur ebay.

A noter, de nombreuses et belles reliures et une sélection autour de la bibliophilie et des books on books avec quelques belles affaires à faire!

Vous pouvez en retrouver beaucoup plus sur http://encheresbibliophiles.fr/

En passant, j'ai ajouté de nouvelles catégories sur http://encheresbibliophiles.fr/, si vous aimez la philatélie, le militaria, la numismatique ou les antiquités en général, vous pourrez retrouver sur le site les objets de ces catégories toujours classés par critères: les plus suivis, les plus chers, les plus enchéris.


ROMAN DE LA ROSE 1521


Bible lyonnaise 1542 imprimée à Vienne Rare reliure à médaillon de la Renaissance

RELIURE PLEIN MAROQUIN A LA FANFARE. OFFICE SEMAINE SAINTE. 1708. GRAVURES.


CICERON DE AMICITIA DIALOGUS RELIURE MAROQUIN SEMIS FLEUR DE LYS GRAND PAPIER

CERVANTES DON QUICHOTTE - NOUVELLES Arsktée, 1768 8 vols complet des 44 gravures

L'ARETIN FRANÇOIS Nogaret 1787 14 pl./19 RARE CURIOSA ILLUSTRÉ DU XVIIIe!!


RELIURE PLEIN MAROQUIN AUX ARMES DE LOUIS XIV. SEMAINE SAINTE. 1704. LE GRAND

TROISIÈME VOYAGE DE COOK 4 vol in-4 EO 1785 PACIFIQUE NLLE-ZÉLANDE TAHITI ALASKA


CHARLEVOIX NOUVELLE FRANCE 3 vol. In-4 EO 1744 AMÉRIQUE CANADA QUÉBEC LOUISIANE

Livre ancien ÉCOLE DE CAVALERIE 1751 LA GUÉRINIÈRE CHEVAL GRAVURES PARROCEL CONNAISSANCE INSTRUCTION ET CONSERVATION DU CHEVAL

MEDAILLES DE LOUIS LE GRAND GRAND IN FOLIO MAROQUIN ARMES ET CHIFFRE ROYAL E.O


RELIURE MAROQUIN LARGE PLAQUE DOREE ETRENNES INTERESSANTES 7 CARTES

RELIURE AUX ARMES DU DAUPHIN SPECTATEUR OU SOCRATE MODERNE 7 VOLUMES 1746

NEWTON-ELEMENS DE PHYSIQUE INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE1747 Gr.Papier-Maroquin Rare en MAROQUIN -COMPLET DE SES 25 PLANCHES

1728, MAROQUIN AUX ARMES MARIE LECZINSKA avec PLAQUE à la FANFARE Semaine sainte


CURIOSA - Les EGAREMENS de l'AMOUR ou LETTRES de FANELI et MILFORT - IMBERT 1776

JEAN DE GORRIS DICTIONNAIRE MEDICAL 1578 Illustré GREC LATIN IN-FOLIO Rare


HISTOIRE MODERNE DES CHINOIS JAPONNAIS INDIENS PERSANS TURCS PAR ROLLIN 1755 EN 30 VOLUMES RELIES CUIR

semaine sainte armoirie duc orleans 1716 blason toison d'or



1796, L'ANTIQUE ROME ou DESCRIPTION HISTORIQUE ET PITTORESQUE, 50 superbes GRAVURES HORS-TEXTE D'APRES GRASSET ST SAUVEUR, rare EO

Mme Gourdan, Uzanne, Curiosa, prostitution XVIIIe, maroquin, 1883, pt. tirage ! Bonne édition par Kistemaeckers, savoureux texte

INCUNABLE OTTOMAN IBRAHIM MUTEFERRIKA ANTIK BOOK TURC TURQUIE IRAN HISTORY 1729 IMPRIMERIE TURQUE CONSTANTINOPLE TURKISH FIRST EDITION

Circumnavigation " Neptune Oriental " Indes Chine Arabie Philippines Madagascar Appartenant à Estienne Regnaud Marin à La Rochelle !!!

Mythographi Latini - Hyginus - Astronomie Sternbilder - 43 Kupferstiche - 1681

Memoires d´Estat - 2 Bde - N. de Neufville - Politikgeschichte Frankreich - 1665



ATHANASIUS KIRCHER,CHINA MONUMENTIS QUA SACRIS QUA PROFANIS,1667 Landesbeschreibung von China,Karten & Kupferstiche,RAR

1597 Folio Bellarmino Disputationum Controversiis 4 Renaissance-Einbände (fol8)

Nouvelle maniere - 12 Kupferstiche - Blondel - Plätze Militär Kastell - 1686

RELIURE PLEIN MAROQUIN MOSAIQUÉ. A. FRANCE. ILLUSTRATIONS LEBÈGUE + SUITE + N°



JOURNAL PERSONNEL POÉSIE MANUSCRITS PAPIER VERGE 1790 Mlle De VERGES REVOLUTION

CURIOSA par Alcide BONNEAU * BELLE RELIURE EN MAROQUIN de PETRUS RUBAN


LE MIROIR DU MONDE/1888/OCTAVE UZANNE/288 PAGES/28 GRAVURES COULEURS PAUL AVRIL

Et aussi...

ANCIEN CHAPEAU,BICORNE,MILITARIA,MILITAIRE,ECOLE POLYTECHNIQUE,LOT 2




Coffre fort ancien de voyage FICHET BAUCHE Banque d'Angleterre XIXème

ancien et rare petite carnet de bal en argent massif XIX éme Double poinçon sanglier et tête d'aigle pour l'or

H

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