« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

mercredi 22 octobre 2014

Les mondes habités, ou la science-fiction dans les livres du 16ème siècle

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je vous présente aujourd’hui trois auteurs qui envisagent la possibilité d’une vie extraterrestre. Le premier, l’Anglais Wilkins, et son ouvrage Le Monde dans la Lune. Le deuxième, le français Daniel, avec son Voiage du monde de Descartes et le troisième, le Hollandais Huygens (le découvreur des anneaux de Saturne), avec son Nouveau traité de la pluralité des mondes.




Le monde dans la Lune ...
Rouen, J. Cailloüe. 1656.
1 volume in-12 ; (8), 269, (3), 284, (3) pp.


John Wilkins (1614-1672) écrivain et savant anglais, est l'un des fondateurs de la société royale de Londres. En 1638 il publie son premier livre : La découverte d'un monde dans la lune. En 1640 il publie, anonymement, un Discours concernant une nouvelle planète. A partir de ce moment le Discours et la Découverte sont publiés ensemble comme une œuvre unique. L’œuvre s'adresse au grand public, et son but est de populariser la vision de l'univers que l'on doit à Copernic, Kepler et Galilée.

La Lune n'est pas un disque brillant uni mais plutôt un monde avec un paysage comme celui de la Terre. Wilkins pense que la Lune est une planète habitable et prédit qu'un jour le voyage vers elle sera possible. Cette célèbre utopie, l'une des premières sur la pluralité des mondes, précède Fontenelle ; elle préfigure Cyrano de Bergerac, Swift, etc. Dans cet étonnant ouvrage, l’auteur prédit l'invention des ballons, la navigation aérienne et les voyages interplanétaires.

Le titre complet de cette traduction française est : Le monde dans la Lune divisé en deux livres. Le premier prouvant que la Lune peut être un monde. Le second, que la Terre peut être une planète. De la traduction du Sr de La Montagne. Il existe une autre édition dans laquelle la première partie est datée 1655, et la seconde intitulée « que la Terre peut estre une planette » porte la date 1656. Cet ouvrage a été mis a l’index en 1703.

Dans le bulletin du bibliophile de janvier 1860, un long article concerne cet ouvrage. Son auteur pense que Jean de la Montagne n'est autre que Jean Baudouin (1590-1650), de l'académie française. Celui-ci a traduit de l'anglais en 1648 l’ouvrage de Francis Godwin, L'homme dans la lune, ou le voyage chimérique fait au monde de la lune nouvellement découvert.

Voiage du monde de Descartes...
Paris, Veuve Benard. 1690.
1 volume in-12 ; (18), (10) pp, pp 11 à 437, (1) p.


Gabriel Daniel (1649-1728), est un historiographe jésuite français, auteur de très nombreux ouvrages et opuscules portant sur des domaines scientifiques, philosophiques et théologiques.

Cette célèbre satire est composée sous la forme d'un voyage imaginaire dans le monde de la physique et de la métaphysique cartésiennes en compagnie du fantôme du père Mersenne, ami proche de Descartes. Cette satire des théories de Descartes, et surtout de sa théorie des Tourbillons s’inspire dans sa forme de l’Enfer de Dante, où Dante était conduit par Virgile. Le titre fait référence à l’ouvrage de Descartes, Le monde, qui ne fut pas publié de son vivant, en raison de la condamnation de Galilée en 1633. La théorie des Tourbillons, qui explique le mouvement des planètes et nie l’existence du vide, est selon le père Daniel une pure supposition sans fondement.

« ... nous arrivâmes au globe de la Lune ... On y voit des campagnes , des forêts, des mers et des rivières. Je ne vis point d'animaux: mais je crois que, si on y en transportoit, on pourroit les y nourrir, et peut-être qu'ils s'y multiplieroient. Il est faux qu'il y ait des hommes, quoi qu'en dise Cyrano... ».

Cet ouvrage tient plus de la satire des travaux de Descartes que d'un vrai traité de philosophie. Le débat sur la question du vide et de la mécanique céleste fut l'un des plus importants du XVIIème siècle. Les questions du vide et de physique céleste occuperont avidement les penseurs du XVIIe. Le livre de Daniel eut un grand succès et, outre de nombreuses rééditions, il fut traduit en de nombreuses langues.

Trois ans plus tard, Daniel publie un complément intitulé Nouvelles difficultez proposées par un péripatéticien à l’auteur du voyage du monde de Descartes. (Paris, Vve Benard. 1693. 1 volume in-12 ; (8), 304 pp.)


Nouveau traité de la pluralité des mondes...
Paris, Jean Moreau. 1702. 1ère édition française.
1 volume in-12 ; (22), 277, (9) pp, 5 pl.


Portrait d’Huygens gravé par Gérard Edelinck (1640 - 1707)


Christian Huygens (1629-1695) est un mathématicien, astronome et physicien néerlandais. Il est élu « Fellow » de la Royal Society en 1663. En 1666, Huygens devient un membre éminent de l'Académie Royale des Sciences fondée par Colbert à Paris. Il retourne en Hollande en 1681 peu avant la révocation de l’Edit de Nantes. Ses découvertes dans les domaines de la mécanique, de l’astronomie et de la lumière sont fondamentales.

Cet ouvrage est la première édition française du Cosmotheoros paru en 1698 rédigé à la fin de la vie de l’auteur, suite à ses observations de Saturne et la découverte d'un de ses satellites, Titan (d’où le nom de la sonde d’exploration, Huygens, qui s’est posée sur Titan en 2005). Huygens émet des hypothèses sur les anneaux de Saturne qu’il avait découverts en 1654. Il évoque la possibilité d’autres planètes habitées autour du Soleil et autour d’autres étoiles. Le traité est divisé en deux parties ; la première traite « des mondes » en général et la seconde explique le monde vu des autres planètes. Mélange de précision scientifique et de vagabondage philosophique, ce texte occupe une place à part dans l’œuvre de Huygens.

Bernard

samedi 18 octobre 2014

Un article de CHarlie Hebdo consacré à Aristophil et à l'investissement dans les lettres et manuscrits

Amis Bibliopiles bonjour,
 
Charlie Hebdo, sous la plume de Laurent Léger,  consacre un article intéressant de son édition du 15 octobre 2014 aux "Niches fiscales qui transforment le papier en or". Selon l'hebdomadaire près de 15000 clients ont investi dans des dispositifs élaborés à la rentabilité encore incertaine.
 
 
Selon Charlie Hebdo, "le parquet de Paris a ouvert au printemps une enquête préliminaire sur le chef d'escroquerie pour vérifier les activités d'Aristophil, une société créée par Gérard Lhéritier proposant des investissements dans les manuscrits et les vieilles lettres". Toujours selon l'hebdomadaire, "une procédure traîne depuis 2010 à la Répression des fraudes (DGCCRF), mais le procureur décidé d'agir, semble-t-il, en raison du risque désormais patent. Plus de 15000 clients y ont investi. "La puissance publique a la trouille que tout explose", décrypte l'un de ceux qui surveillent le dossier."
 
Aristophil s'est récemment illustré en acquérant pour 7 millions d'euros le manuscrit de Sade, les Cent Vingt Journées de Sodome. Le principe proposé par Aristophil est de "concocter des lots avec ces documents, chaque lot étant divisé en plusieurs centaines de parts vendues à des investisseurs. Un découpage virtuel: en achetant, on devient copropriétaire en indivision des œuvres pour 5 ans, mais les manuscrits restent physiquement chez Aristophil, dans un coffre, ou sont exploités via le Musée des Lettres et manuscrits, créé par le même Lhéritier".
 
Comme le souligne Laurent Léger, chacun de ces documents étant unique, il est très difficile d'établir une cote, d'autant plus qu'un acteur aussi influent qu'Aristophil fait potentiellement augmenter les prix par sa seule action sur le marché.
 
Une des questions posées par ce type d'investissement est la récupération de ses fonds ou de son bénéfice alors que les contrats proposés par ce type d'acteur ne garantissent aucune plus-value, même si des conseillers en patrimoine qui interviennent sur ce marché promettent parfois des intérêts mirifiques... Une autre question pourrait se poser si tous les investisseurs décidaient de récupérer leur mise en même temps, dans la mesure où Aristophile n'est pas un établissement financier et n'est donc pas obligé "de disposer d'une trésorerie susceptible de couvrir les dettes". Or près de 600 millions d'euros auraient été investis.
 
En Belgique, Aristophil f'ait également l'objet d'une enquête mais n'a pas été inculpé.
 
L'article se termine d'une façon cocasse, en évoquant un possible gain de 170 millions d'euros pas Gérar Lhéritier à un tirage Euromillions en 2012, information démentie par l'intéressé...
 
Rocambolesque!
 
Un article intéressant en tout et une bonne raison, entre autres, d'acheter de temps en temps ce journal satyrique.
 
 
H
 
PS : le Blog du Bibliophile étant très soucieux de la réputation d'Aristophile ou d'autres sociétés actives dans ce type d'investissement, nous serons bien sûrs très heureux de publier leurs commentaires ou rectifications éventuelles.  

mardi 14 octobre 2014

La vente de Jean-Esutache Peuvret, franc-maçon: 2400 ouvrages consacrés aux sciences occultes.

Amis Bibliophiles bonsoir,
 
Comme prévu voici des informations concernant la vente de 2400 volumes dédiés à l'ésotérisme et aux sciences occultes.
 
Elle se tiendra le 30 octobre, à la maison Sylvestre, au numéro 30 de la Rue des Bon-Enfans, ou plutôt devrais-je dire elle s'est tenue, puisque pour préserver toutes mes chances, je ne vous ai as donné la bonne date.
 
La vente a déjà eu lieu... le 30 octobre 1817 en fait, à la même adresse. Me voici désormais obligé de vous aider à vous remettre de vos émotions en vous donnant quelques détails: c'est l'excellent ouvrage de Pierre Mollier "Curiosités maçonniques" (éditions Jean-Cyrille Godefroy) et dont je ferai la présentation prochainement sur le blog, qui m'a permis de découvrir cette vente étonnante qui eu lieu au début du XIXe.
 
Il est probable que cette vente concernait la dispersion de la bibliothèque d'un franc-maçon érudit, le Frère Peuvret, et Pierre Mollier propose une analyse convaincante.
 
Reste la vente elle-même, étonnante à plusieurs titres: la qualité des ouvrages, bien sûr, qui donne le vertige aux amateurs que nous sommes (et j'en veux pour preuve les sms, messages et emails que vous m'avez envoyés depuis dimanche pour avoir plus de précisions...), mais aussi la façon dont la vente s'est déroulée.
 
Elle ne proposait en fait que six lots: cinq lots dédiés au ouvrages concernant les sciences occultes, rassemblant respectivement 150, 200, 300, 200 et 300 volumes, et un sixième lot consacré à une collection de "80 grades de la France Maçonnerie hermétique - philosophique; et 879 tableaux recueillis et exécutés avec le plus grand soin, par M. Peuvret, 6 vol in-4, reliés par Bozerian".
 


 
Voici les pages du court catalogue , reproduites dans l'excellent ouvrage de Pierre Mollier. Faites votre choix :)
 
H

dimanche 12 octobre 2014

Occulta / Vente du 30 Octobre avec 2400 volumes sur la Philosophie occulte, la Magie, les Songes, l'Alchimie, etc. dont un Khunrath, les Arcana Arcanissima

Amis Bibliophiles bonjour,
 
Une fois n'est pas coutume, le Blog du Bibliophile se fait l'écho d'une belle vente consacrée aux sciences occultes.
 
Cette vente, le 30 octobre à Paris dans le 1er arrondissement, proposera des ouvrages bien connus, tels que les trois tomes de l'Auriferae Artis dans l'édition de 1610 (3 volumes en maroquin vert), la Kabbala Denudata (1617 et 1684, 3 Vol. in-4, fig.), les œuvres de Fludd ou Glauber...
 

 
Plus loin au catalogue on retrouve le H. Khunrath Amphitheatrum Sapientae aeternae (1602, complet), les Arcana Arcanissima de Maïer, le Pilote de l'onde vive (Paris, 1678) ou le classique Theatrum Chimicum, l'Artia Kabbalisticae de 1621, la Polygraphie de Trithème en grand papier... et de nombreux ouvrages consacrés à l'atsrologie.
 
 
D'autres lots intéressants de la vente:
 
- La restitution de Pluton, 1640
- Rerum Chimicarum libri III, 1599
- Le règne de Saturne, changé en siècle d'or, 1780
- Tableau de l'inconstance des mauvais anges et démons, 1612
etc.
 
Il est d'ailleurs étonnant de constater que la vente proposera des lots conséquents regroupant parfois jusqu'à 200 ouvrages du XVIe au XVIIIe consacrés à l'ésotérisme en un seul lot.
 
Une vente hors du commun donc, mais c'est vrai que de très belles bibliothèques passent actuellement en vente.
 
A suivre, j'ai hâte d'y être.
 
H

samedi 11 octobre 2014

Ebayana et Bibliophilie, livres anciens en vente sur ebay: belles reliures, EO, livres à planches, éditions du 16ème au 20ème siècle et curiosités

Amis Bibliophiles bonjour,

Voici une sélection de livres intéressants actuellement en vente sur eBay.

Vous pouvez en retrouver beaucoup plus sur http://encheresbibliophiles.fr/

 
 
 
En passant, j'ai ajouté de nouvelles catégories sur http://encheresbibliophiles.fr/, si vous aimez la philatélie, le militaria, la numismatique ou les antiquités en général, vous pourrez retrouver sur le site les objets de ces catégories toujours classés par critères: les plus suivis, les plus chers, les plus enchéris.
 


BIBLIOPHILIE: FENELON TELEMAQUE 1785 RELIURE MAROQUIN IN FOLIO 2 VOLUMES

VOLTAIRE "OEUVRES "EDITION BAUDOUIN 1828 ORNEE DE GRAVURES


1511- PLINE LE JEUNE - RELIURE ESTAMPEE A FROID DE GILLES DE GOURMONT


BALZAC cuivre gravure EMILIEN DUFOUR Vieille fille Reliure maroquin KIEFFER 1/50

livre illustré/aquarellé"Voyage autour de sa chambre" par Octave Uzanne.ex no:74


SCARRON - Le romant comique - 1668 - Belle reliure en maroquin rouge.

Curiosa, 1744, Ode à Priape, Philippiques françoises, pièces échappées du feu !

1730, Histoire de la conqueste du Mexique...par Cortez, COMPLET DES 14 GRAV HT !

De la sagesse trois livres par Pierre Charron Elzevier Hippolyte Daru Maroquin

56 Tomes : Histoire Naturelle de Buffon : époque XVIIIème Beaucoup de gravures !



MOLIERE Oeuvres & Vie de CLARETIE LEMERRE 1872 1/35 CHINE 8/8 RELIURE MAROQUIN

SEGALEN STELES BLANCHET CHOU LING SIGNE NUM 1/30 Typographie Calligraphie Chine

Erotica, CHORIER L'Académie des Dames Pierre Arrétin Venise gravures libertines



CLEMENT MAROT - Complet 6 volumes.

BAYLE Pierre Oeuvres diverses 5 volumes in folio reliure d'époque La Haye 1727

histoire des aventuriers flibustiers 4 tomes/A.O. Oexmelin/par la compagnie/1775

Bibliographie, Bibliophilie ++ CHARLES MEUNIER ++ Catalogue Reliures ++ 1908

H

vendredi 10 octobre 2014

D'actualité: la bibliodépression ou la quasi fin du monde pour le Bibliophile

Chers lecteurs du blog du Bibliophile,

L'histoire que je vais vous conter est en un sens banale, mais non moins importante. Il y a quelques mois j'ai décelé chez le créateur du blog du Bibliophile, Hugues pour le nommer, les symptômes inquiétants d'un mal qui peut ici tous nous ronger un jour : La terrible, l'affreuse, la redoutée bibliodépression. Je sais que le sujet est tabou, que beaucoup préfèrent ignorer la maladie et la cacher sous une douce garde moirée comme on enfouit un secret honteux sous le tapis moelleux du salon et croyez bien que j'ai peine à l'aborder; mais il m'a semblé judicieux d'enfin crever cet abcès qui a mis au tapis des bibliothèques entières et ruiné des réputations jusqu'alors sans tâche.

Le statut d'amateur dont je m'honore ne m'empêchant pas de dévoiler des secrets que les professionnels s'interdisent de divulguer, je vais parler. Pour les jeunes générations bien sûr, mais aussi pour les plus âgés, car, quand le mal frappe tardivement, il se révèle souvent des plus insidieux et il est parfois trop tard pour y remédier.

L'auteur au chevet du rédacteur du Blog du Bibliophile
Hugues me pardonnera, je le souhaite, de dévoiler son intimité dans ce qui va suivre. Il est, je le sais, mal avisé de tirer des conclusions générales d'un cas particulier, aussi ne voyez en Hugues qu'une froide et clinique illustration du grand mal. La seule limite que je ne franchirai pas sera celle de la bibliothèque à coucher, car le sujet n'est pas ici de dévoiler les maroquineries orgiaques dans lesquelles notre bon ami se livre à corps perdu et dont on ne saurait finalement lui tenir rigueur. C'est là une bien maigre perversion. 

J'ai commencé à m'inquiéter à son sujet il y a plusieurs mois de cela. Rien de bien grave, juste quelques signaux étranges au détour de quelques conversations. Aussi l'ai-je entendu prononcer quelques bizarreries telles que "Capé finalement, c'est pas si mal...", "Elle claque cette reliure en veau non ?", ou encore un "Ah non je ne suis pas au courant de cette vente". Bien bon me disais-je, rater une vente prestigieuse, cela arrive, Capé, passe encore, et même si le veau m'avait davantage inquiété, je ne voyais là qu'une de ces normales interrogations pouvant saisir n'importe quel bibliophile au sujet de l'orientation de sa bibliothèque, bref, une tocade, une simple fièvre passagère dont on se remet vite.

Hélas, je crois que déjà à ce moment, la bête immonde et impie s'était emparée de lui, et ce que je prenais pour de pardonnables faux-pas (bien que je fusse parfois choqué, pensez, du veau !) étaient en fait les prémices de ce mal sournois, la bibliodépression. Elle répandait déjà ses miasmes dans l'intellect de mon délicat ami et je ne fus pas long à établir un indiscutable diagnostic. Ah ! Je me souviens de ce samedi comme d'hier, nous écoutions un enregistrement pirate d'un concert de Nirvana, que j'avais fait, jadis, lors d'un périple intellectuel aux USA, la divine patrie des reliures abimées et chères. Accompagnés par cette douce mélopée, tout absorbés moi par une bière fraîche, lui par une austère tisane - mais ensemble par un beau catalogue - j'entendis sortir de sa bouche une phrase qui me fit comme un électrochoc, jugez plutôt : "Et si je m'étais trompé ? Si les reliures d'époque étaient en fait le seul choix qui s'impose ? Lortic et Marius Michel ne sont que des erreurs temporelles sur des ouvrages du XVIIIe !"    

Cette réflexion parfaitement incongrue de sa part, lui qui avait construit sa bibliothèque précisément sur cette -contestable même si je n'ai jamais rien dit - faille spatio-temporelle, fut le point de départ de semaines et de mois hallucinés. Tout y passa, un engouement subit pour les incunables "Les plus beaux livres du monde, mais rends toi compte un peu ce livre a plus de 500 ans !", suivi d'un brusque rejet des reliures signées jugées trop snob, puis une passion dévorante pour la basane accompagnée de cris lugubres qui résonnent encore en moi :"La basane ! La reliure du peuple !". Des théories loufoques : Un rejet du marché traditionnel du livre -il ne faisait plus que les petits vides greniers de campagne, persuadé d'y trouver la perle de sa collection-, et puis soudain une brusque ruade, prêt à dépenser la fortune de son foyer dans une vente pour un Pompadour ! (Dont je le dissuadais finalement sur le fil du rasoir). 

L'abattement aussi, souvent, rejetant pratiquement tous les exemplaires qui jadis pouvaient le faire rêver, ne faisant plus aucune acquisition, levant à peine le sourcil sur un mirifique La Fontaine relié en maroquin par Lortic et jamais passé sur le marché. Il envisagea un temps de passer sa bibliothèque au fil pour recommencer à zéro une collection d'Elzevier, "la noblesse de nos ancêtres bibliophiles, le retour aux sources !" disait-il. Un soir qu'il était au plus mal, terrassé par cette obscure gangrène, je l'entendis déblatérer à moitié conscient sur la possibilité théorique d'une collection en peau de Martiens d'ici l'horizon 2060...


Egaré, pour ne dire perdu, laissant stagner sa bibliothèque dans un demi coma, vendant parfois sur un coup de tête, n'achetant plus rien... Tel était-il devenu. Horrifié, oui, je l'étais, peiné surtout. La passion des livres le quittait petit à petit. Ne sachant plus pourquoi il possédait des livres, il était devenu incapable d'en avoir de nouveaux, et encore moins de choisir lesquels. La frontière entre le tout et le rien est frêle, une peau fragile prompte à se rompre. Il est facile de se perdre dans les livres, sous les livres, de ne plus voir en eux qu'un vain parcours vers ce qu'on sait ne jamais pouvoir atteindre, sentiment douloureux, qui fait de nos livres jadis aimés des ennemis qui nous tourmentent. Leur attribuer une signification plus grande que leur simple existence physique et matérielle ne leur donne pas... en faire autre chose que des objets, les transcender, tout cela est aussi noble et passionnant que risqué.

Il était en proie à ces affres qu'aucun d'entre nous ne peut avoir la certitude de ne pas éprouver un jour, et c'est tant mieux, la perspective inverse serait moins dangereuse mais bien fade. Cependant, il faut savoir s'en prévenir je crois, sous peine d'irrémédiable catastrophe.

Si il n'avait plus le goût des livres, il fallait lui redonner le goût d'un livre. Une bibliothèque, du moins est-ce mon idée, ne peut être que l'addition d'un exemplaire, d'un autre exemplaire et encore d'un autre. Ce ne sont pas des livres, jamais, ce sont un livre à chaque fois. Et une bibliothèque composée d'un seul exemplaire ne me paraîtrait pas farfelue, pourquoi pas ? Juste un.

L'appétit venant en mangeant, je décidai alors de procurer à mon bon ami un objet illustrant au propre comme au figuré cet adage plein de bon sens. 


Tout doucement, il recouvrit son appétit. J'avais pris soin d'ouvrir sur le lutrin quelques exemplaires qu'il affectionnait, accompagnés de quelques tartines sur lesquelles il n'est jamais présomptueux d'étaler sa confiture. Il pouvait ainsi s'adonner à son vice pour les boissons non alcoolisés tout en caressant d'élégantes peaux, passant délicatement ses doigts sur le creux des fers en fermant les yeux - cette joie de pouvoir identifier un fer à l'aveugle, tel un joueur d'échec maîtrisant à la perfection son échiquier mental - n'ayant sous les yeux qu'un livre, un seul à la fois. Libre était-il d'en tourner les pages.

Et il finit par tourner la page, la noire. Je m'en rendis compte lorsqu'il fit l'acquisition d'un joli petit maroquin comme il en existe tant, mais qui ne sont pourtant qu'un. Il le rangea dans sa bibliothèque avec une certaine nonchalance et il est vrai peu d'entrain. Le lendemain il le reprit en main, le soupesant, le faisait tourner entre ses doigts. Ce petit manège dura une semaine; il le feuilletait au passage, repérant quelques petits défauts et des qualités, la première étant probablement qu'il avait la conviction que ce serait un livre qu'il n'oublierait pas.

Je cessais alors de m'inquiéter.

Nicolas.

dimanche 5 octobre 2014

Portrait de relieure: Anita Cara Conti, relieure, océanographe et aventurière

Amis Bibliophiles bonjour,
 
Se pencher sur l'histoire de la reliure permet de croiser des destins étonnants, tel celui de Caumont, évoqué dernièrement par Christian et des personnages singuliers. Nous savons que Danielle Mitterrand signait des reliures soignées, mais saviez que la première océanographe française, qui a laissé son à de nombreux établissements publics, Anita Conti était également une relieure d'art reconnue?
 
D'origine arménienne, Anita Caracotchian est la fille de Léon (Leven) Caracotchian, médecin accoucheur, et Alice Lebon. Elle voyage en suivant ses parents à travers l'Europe. En Bretagne et en Vendée, elle embarque régulièrement avec des pêcheurs qui lui donnent le goût de la mer.
En 1914, à l'aube de la guerre, la famille se réfugie à l'île d'Oléron, où la jeune fille s'adonne à la voile, la lecture, et réalise ses premières photographies.
Après la guerre, Anita Caracotchian s'installe à Paris où elle excelle dans le métier de relieuse d'art. Elle fait ses premiers pas en amatrice lorsqu'elle utilise pour la première fois une pièce de cuir brute pour relier un ouvrage de Molière.

 
 
Ses travaux de reliure sont remarqués à l'Exposition internationale des arts décoratifs de 1925, où elle est même comparée à Legrain, décédé en 1920 :
" Attendons-nous à voir Melle Anita Cara devenir chef d'école comme le fut Legrain. C'est le propre de toutes les innovations de susciter immédiatement le démarquage ou la copie. Réjouissons- nous, en tout cas, si nous sommes ainsi appelés à connaître un autre âge de la reliure" souligne le journal Comoedia.
 
 
Elle se distingue pourtant de Pierre Legrain: alors que celui-ci privilégiait les lignes géométriques inspirées du cubisme, juxtaposant les cuirs en fines mosaïques, Anita Conti produit des pièces uniques, qu'elle taille, sculpte, modèle dans une seule peau (buffle d'Abyssinie, galuchat…) puis qu'elle teint. Ses recettes de teinture prises dans le Caucase conduisent à des compositions originales, teintées des couleurs et lumières rencontrées lors de ses voyages en Orient.
A ses retours de voyage, elle accueille amateurs et collectionneurs dans son atelier parisien. Jean de Rovéra, Francis Carco, Henri Davoust, Edgar Faure, Anatole de Monzie, Emile Roche, Jean Giroudoux, la famille royale de Belgique, Albert Kahn, ou encore le jeune empereur de l'Annam, Bao Daï, sollicitent les talents de celle que Pierre Mac Orlan nomme "celle-qui-écoute-parler-les-livres".  Elle relie ainsi  Jeux du Demi-Jour de Pierre Mac-Orlan, La croisière noire et Fumeurs d'opium de Jules Boissière, L'Anthologie Nègre de Blaise Cendrars, Le Chant de l'Equipage de Pierre Mac-Orlan, Ghazels de Hâfiz, reliure incrustée de pierreries.
Dans les années 1930, son travail de relieur d'art est couronné de plusieurs prix : au Salon d'Automne, au Salon des Arts Décoratifs, à Londres, à New York, à Bruxelles où elle obtient la médaille d'or en 1935. Elle cesse pourtant toute activité professionnelle de relieur d'art pour se consacrer à l'océan après 1939.
Anita Conti embarque alors pour les régions arctiques à bord du Viking, un chalutier-morutier, pour une durée de pêche de 3 mois au-dessus du 75° parallèle. Elle tire alors des conclusions très alarmistes quant à la surexploitation des océans et les conséquences d'une pêche à outrance. Donnant naissance à une prise de conscience sur les problèmes environnementaux, elle montre que la mer n'est pas une ressource inépuisable. De novembre 1939 à janvier 1940, elle embarque sur les dragueurs de mines en Manche et en mer du Nord. Première femme à bord des navires de la Royale, elle prend une part active aux opérations de déminage à Dunkerque. En mai 1940, elle prend part à l'évacuation de la poche de Dunkerque.
En 1941, pendant la Seconde Guerre mondiale, elle embarque sur un chalutier qui fuit vers les rivages africains pour continuer la pêche et nourrir les populations, la pêche étant interdire en Atlantique Nord. Pendant deux ans, d'un chalutier à l'autre, elle observe les pêcheurs français le long des côtes sahariennes et africaines, où ils découvrent des espèces de poissons inconnues en France. Elle n'a de cesse de continuer à augmenter les cartes sur les zones de pêche, tout en s'intéressant aux techniques de pêches locales.
En 1943, le gouvernement d’Alger lui commande une recherche sur les ressources de poissons de l'Afrique de l'Ouest, ainsi qu'une étude pour développer la pêche traditionnelle. Pendant 10 ans, elle va étudier, tant en Mauritanie qu'au Sénégal, en Guinée ou en Côte d'Ivoire, la nature des fonds marins, les rivages, les estuaires, les différentes espèces de poissons et leur valeurs nutritives, pour parer aux carences en protéines des populations locales.
Petit à petit, elle améliore les techniques de conservation, les méthodes de pêches, installe fumeries et pêcheries, et fonde même une pêcherie expérimentale de requins.
Continuant sans relâche ses études, elle s'implique encore davantage contre la malnutrition ainsi que pour la sauvegarde de la richesse halieutique et pour un développement de la pêche en harmonie avec la mer.
Ses reliures sont assez difficiles à retrouver, mais le personnage ne pouvait laisser indifférent!
 
H

vendredi 3 octobre 2014

Comment décrire un livre? Conseils aux néophytes

Amis Bibliophiles bonsoir,

Bibliophiles comme amis libraires nous nous trouvons tous un jour dans la situation de vendre un livre et donc de le décrire. Vos interrogations (étranges) sur marocain/maroquin témoignent d'ailleurs de doutes, pour le moins...
 
Pour vous aider face cette situation délicate, qui est loin d'être évidente, je vous propose de suivre les conseils suivants. Ils sont inspirés de ma longue pratique en tant que lecteur de notices proposées par de nombreux vendeurs, "professionnels emphatiques" ou amateurs, et de la lecture de "A Course in Correct Cataloguing, or Notes to the Neophyte; and A Second Course in Correct Cataloguing, Compiled and arranged by David Magee (1905-77)", que m'a indiqué l'ami Martin, et que j'ai augmenté et adapté.

A prendre bien sûr avec humour et ironie, même si c'est très souvent justifié et vérifiable!

Attribuable à : si votre maroquin n’est pas signé, pas de panique cela ne peut qu’être lié à l’oubli d’un apprenti dans un atelier renommé. A ne pas oublier, si la reliure est ancienne, ne pas hésiter à l’attribuer à Boyet ou à Le Gascon, si elle est 19ème, elle est forcément de Capé, Duru ou Trautz.

Bibliographies : utiles et toujours impressionnantes dans une description, elles sont souvent très profitables. Si elles ne vous profitent pas, ne pas hésiter à dénigrer les bibliographes, qui se trompent souvent ! Si votre édition est inconnue des bibliographies, c’est le jackpot.

Absent des bibliographies : « pas dans Dorbon, Brunet ou Caillet » est une affirmation qui rend votre livre rare et qui sous-entend qui vous avez de vastes références bibliographiques. Ou google à la maison.

Cachets de Bibliothèque: toujours discrets, surtout si vous avez essayé de les effacer.

Coloriés à la main : les illustrations coloriées à la main sont toujours "exquises" et "délicates".

Craquant : adjectif charmant qui s’utilise en général pour les feuilles de laitue.

Défauts : ils sont toujours « minimes » ou « d‘usage » voire « habituels ». Ils sont bien sûr liés aux outrages du temps, mais jamais aux rats, souris, enfants indélicats ou abrutis patentés.

Dorure : elle est toujours "exquise" et très "fine".

Dos : pour un livre 18ème il est toujours "richement orné".

Dubuisson : cf « attribuable à », toute reliure à plaque du 18ème est de Dubuisson… ou presque.

Dürer : toutes les gravures non signées du 16ème siècle peuvent lui être attribuées. Il peut être pertinent de vérifier que votre ouvrage est paru à peu près pendant sa vie.

Premier tirage : si votre copie possède un élément qui tend à montrer qu’elle est de premier tirage, soulignez-le avec force. Et n’oubliez pas de doubler le prix.

Edition Originale : à utiliser sans modération, ne jamais oublier qu’une édition revue, augmentée et/ou corrigée peut aisément être qualifiée d’originale. Ou presque. Et n’oubliez pas de doubler le prix.

Edition (troisième et suivante) : plus difficiles à vendre. Mais vous pouvez sans doute découvrir une préface inédite de trois lignes ou quelques corrections qui vous permettront un efficace « troisième (et meilleure) édition ».

Epave : on préférera « exemplaire de travail ».

Exemplaire/Seul exemplaire connu : n’oubliez pas d’ajouter « excessivement rare », les gens sont tellement stupides.

Exemplaire de travail : tout livre qui est déchiré, sans reliure, roussi, brûlé, dévoré par les vers ou les rats, etc.

Faux-titres : très important si votre exemplaire en possède.

Frotté : doit toujours être accompagné de « légèrement ». Vous pouvez même ajouter « signes de l’amour que lui porta son ancien propriétaire ».

Illustrations : toujours "superbes", "célèbres" ou au moins "curieuses".

Jamais ouvert/à l’état de neuf : indique en général un livre que personne n’a jamais eu envie d’ouvrir. N’oubliez pas de doubler le prix.

Noms manuscrits sur les faux-titres ou la page de titre : ce petit défaut peut être aisément changé en qualité en consultant google ou un dictionnaire biographique. Ainsi un « Bougremont » maladroitement calligraphié vous conduira à : de Bougremont, Jean (1649 – 1720) : écuyer du Connétable de Bourgogne et seigneur de Bougremont, célèbre pour sa collection de hiboux empaillés. A vous de rédiger votre notice : « charmant ouvrage ayant sans doute appartenu à Jean de Bougremont, célèbre aristocrate du 17ème siècle, ornithologue et grand cavalier. Rare provenance ».

Octavo : un format pratique quand vous n’êtes pas très sûr de vous.

Provenance : un élément clef. Il est toujours plaisant (et souvent profitable) de cataloguer un exemplaire La Bédoyère – Hoe – Adams, mais si votre ouvrage contient l’ex-libris d’un illustre inconnu comme le marquis de Bougremont, alors vous devez simplement écrire « exemplaire Bougremont ». Certaines personnes trouveront cela étrange mais vous serez surpris de voir combien cela fonctionne.

Rare : s’applique pour tout livre que vous croisez de temps en temps. Et n’oubliez pas de doubler le prix.

Recherché : s’applique pour tout livre rare. Et n’oubliez pas de tripler le prix.

Restauration : toujours « habile » et « ancienne »

Rousseurs : toujours "légères", voire "minimes".

Tranches peintes : elles sont toujours "superbes" et "exquises", même si c’est votre arrière grande tante Simone qui les a peintes un dimanche pluvieux.

Trou de ver : toujours "minuscules". Toujours dans les marges. Il est communément admis que les vers n’aiment ni l a lecture, ni l’encre.

Unique : un mot dangereux, mais qui sonne bien.

A vous de jouer!

H

lundi 29 septembre 2014

Un Songe de Poliphile de 1600 à 372 euros, un Ambroise Paré de 1575 à 1400 euros: au royaume des aveugles, les tarés sont rois

Amis Bibliophiles bonjour,
 
Ce qu'il y a de bien avec encheresbibliophiles.fr, c'est que c'est vous qui faites tout le travail. Par exemple, ce Poliphile, je ne l'avais pas vu apparaître sur ebay, comme le Paré C'est en consultant le site que je les ai découverts, un peu perdu au fin fond du classement pour le Poliphile, d'ailleurs.
 
Ils avaient tout pour plaire pourtant:
 
Pour le Poliphile: intérieur  en bon  état d'usage, quelques anciennes tâches d'humidité ici et là, couverture dans son état d'usage...
dimension : 26 cm x 19 cm, 154 feuillets pour 308 pages
mais 43 feuillet soit 86 pages et la page de titre sont des fac-similés
orné de 105 gravures et nombreuses vignettes sur bois d'époque  (les fac-similés ne sont pas comptés)
4 pages réparées et quelques pages dont la marge est rognée
la couverture n'est pas d'époque
Simple et efficace. Le vendeur n'est pas connaisseur.
  




 
Pour le Paré: Les OEUVRES de M. Ambroise Paré, conseiller, et premier chirurgien dy Roy, avec les figures & portraits tant de l' Anatomie que des inftruments de Chirurgie, & de plusieurs Monftres, le tout divifé en vingt fix livres, comme il eft contenu en la page fuyvante à Paris chez Gabriel Buon, année 1575 avec  [10] ff. n. ch. 946 p., et [22] ff. n. ch.: illustré d'un portrait de l' auteur et 300 figures sur bois in folio....
L' exemplaire est réglé, il comporte bien le rare portrait et "le sonnet de Pierre de RONSARD".
Pleine reliure veau ayant subit les usages du temps et de la servitude : plats frottés se détachant du dos qui est absent, coins arrondis, les nerfs sont présents et retiennent l' ensemble. Page de garde, page de titre, premier feuillet, page 817, moitie de la page 931 et 8 feuillets de table manquants, les 7 premiers feuillets se détachent, les pages ont quelques fois de légères mouillures, des salissures, quelques traces d' humidité....
 


  
Au final, à l'issue des enchères, le Poliphile a atteint 372 euros et le Paré 1387 euros. Ce qui me laisse dubitatif, mais alors vraiment dubitatif.
 
En fait, je ne comprends pas pourquoi acheter ce type d'ouvrage, si ce n'est peut-être pour les débiter en pièces, les dépecer pour en restaurer d'autres. Si ce n'est pas le cas, quel plaisir peut-on trouver à acquérir des ouvrages aussi mal en point. Je préfère de très loin, pour ma part, des ouvrages moins rares, peut-être, mais en meilleur état...
 
Et vous?
 
H
 

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