vendredi 20 novembre 2009

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonjour,

La petite sélection de la semaine sur ebay, en attendant demain et les premières images du n°2 de la Nouvelle Revue des Livres Anciens.
















Intéressant, ce vendeur vend les 4 tomes de l'Histoire des Flibustiers d'Oexmelin. Il les vend séparément, attention, seuls l'Histoire des Pirates Anglois et le Ravenau de Lussan sont complets (ils n'ont pas de planches à l'origine), les deux autres sont incomplets des planches. L'Histoire des Pirates Anglois est passionnante, a priori c'est De Foe qui en serait l'auteur. Ceci dit, si vous n'avez rien contre les incomplets les 4 tomes sont absolument passionnants.

Les deux complets:


Les incomplets:







Deux superbes exemples de reliure à la fanfare:





Bonnes enchères,
H

Débat: que faire de sa bibliothèque?

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Le seul avantage de la grippe, que je teste en avant-première pour vous, et s'il faut en voir un seul, c'est que c'est une occasion de pouvoir se mettre en quarantaine. C'est ainsi le corps médical qui me conseille de m'isoler du reste de ma famille et de me réfugier dans ma bibliothèque.

L'inconvénient, c'est qu'au milieu des livres, la fièvre aidant on en vient à se poser des questions étranges, même sans être hypocondriaque. L'une de celles qui me taraudaient cet après-midi, alors que je lisais les mémoires de d'Artagnan, est l'avenir de ma bibliothèque... qu'adviendrait-il de ma bibliothèque si ce méchant virus m'emportait? Je n'en suis pas là, heureusement, et loin de là, vous savez que la bibliophilie conserve, mais la question reste posée.

Mes (très jeunes) filles sont passionnées par les livres, mais rien ne dit qu'elles seront bibliophiles et d'ailleurs, les statistiques tendraient plutôt à démontrer le contraire. Que faire alors? Leur demander dans un dernier souffle de conserver mes livres par devers elles et d'entretenir ainsi ma mémoire? Prier Sainte Wiborade qu'elles me donnent un petit-fils prénommé Octave, Jacques Charles ou Pierre Gustave?

Trop aléatoire et rien de plus triste qu'une bibliothèque qui trône un temps dans une demeure familiale, au milieu de l'indifférence des hôtes...

Deux solutions donc... Léguer le tout à une bibliothèque, ou opter pour la mise en vente des livres dans une salle des ventes. Entre les deux mon coeur ne balance pas... il penche toujours du côté des bibliophiles et donc de la vente aux enchères. Appât du gain me direz-vous? Que nenni puisque j'aurai passé l'arme à gauche. C'est simplement que ma bibliothèque s'est nourrie de ces ventes et que je souhaite remettre ces livres dans le circuit bibliophile. Après tout, s'il y a des raretés absolues (hélas non pour l'instant), la BNF pourra tout à fait se porter acquéreur.

Bref, j'opte définitivement pour la vente de ma bibliothèque en salle des ventes... espérons juste que le tout ne sera pas regroupé dans trois ou quatre manettes! Et puis, il me reste l'espoir d'un petit-fils bibliophile...

Et vous?

H

mardi 17 novembre 2009

Librairies Anciennes à Shanghai

Amis Bibliophiles bonsoir,

J'ai immédiatement reçu des images de librairies anciennes de différentes villes de France... et même de l'étranger, comme le montrent ci-dessous des photos de librairies et du marché aux livres de Shanghai, envoyées par le correspondant sur place de La Nouvelle Revue des Livres Anciens.

Il est amusant de constater que la présentation des livres ne change guère d'un continent à l'autre, que ce soient dans les vitrines ou sur les marchés. Bonne visite.

Une vitrine de libraire d'ancien
Le Marché aux livres au Temple de Confucius.
Une librairie ancienne, rue Fouzhou
Une librairie ancienne, rue Fangbang
Et dans sa vitrine...

Merci à Antoine,
H

dimanche 15 novembre 2009

Promenade à Tours, le musée de l'imprimerie de M. Méchin

Amis Bibliophiles bonsoir,

Je vous propose d'ouvrir aujourd'hui une nouvelle rubrique dans le blog, les promenades bibliophiles. L'idée est de partager des promenades effectuées par les lecteurs dans différentes villes de France ou du monde, en présentant les particularités ou les lieux (dont les librairies) pouvant intéresser les bibliophiles. Ainsi, nous pouvons imaginer que je vous fasse découvrir virtuellement Lyon, alors qu'Olivier nous parlerait de Toulouse ou Jean-Paul de Reims...

Ce soir, c'est Gilles qui se lance le premier dans l'exercice et nous permet de découvrir certains côtés de Tours.

"Lors d’un récent passage à Tours je suis rentré, pour une fois, quasi bredouille (une petite brochure) d’une visite chez les 3 ou 4 libraires et bouquinistes de la ville ( rue de la Scellerie et rue Nationale). En revanche j’ai découvert l’installation récente d’un petit musée vivant de l’imprimerie.
Monsieur Méchin, typographe s’est installé derrière le théâtre, rue des Cordeliers et présente sa collection et l’art d’imprimer. Il tire devant vous quelques pièces sur une presse Minerve à marge à main, fabrique son papier, compose en plomb, vous fait découvrir les outils et les presses du typographe, du lithographe, du taille-doucier, du relieur... Nous avons admiré sa réunion de cuivres, de bois de fil et de bois de bout, de pierres lithographiques, ses épreuves, ses caractères, ses instruments d’écriture, sa marionnette du typo, ses presses “de poche” et nous avons bénéficié de ses anecdotes et ses explications.

En sortant il n’était plus temps hélas d’aller contempler les enluminures médiévales récemment exposées au musée d’art, qu’importe;

Tours? Une bonne destination bibliophile en somme."

Merci Gilles

H

samedi 14 novembre 2009

Ebayana

Amis Bibliophiles bonjour,

Rien ce matin dans les rues de Lyon, à part le fait que j'ai confié une reliure à restaurer... avec effroi comme à chaque fois: quand te reverrai-je livre merveilleux (reliure lyonnaise à la cire du 16ème)? Résultat, je chine sur ebay.





















Bonne chasse,

H

mercredi 11 novembre 2009

Miscellanées de Monsieur H.

Amis Bibliophiles bonjour,

Au programme du jour... une bonne nouvelle, une identification d'armes et une demande d'information d'un lecteur du blog.

1. La bonne nouvelle nous est transmise par Nadine Férey, Secrétaire de l'Association des Amis de J.-M. Quérard. Je vous la transmets intégralement:

"Chers Amis Souscripteurs,
Après de longues années de silence, durant lesquelles vous avez pu nourrir quelque inquiétude et une bien compréhensible impatience, nous avons le grand plaisir de vous annoncer que les travaux de restauration de la tombe de Joseph-Marie Quérard au cimetière du Montparnasse sont achevés !

Nous sommes heureux de vous convier à la petite cérémonie informelle que nous souhaitons organiser à l’occasion de l’inauguration de la tombe restaurée le dimanche 6 décembre 2009 à
15 h 30, au Cimetière du Montparnasse, Avenue de l’Est, 25 division. Nous nous retrouverons ensuite pour partager un verre dans un café des environs.
L’Association des Amis de Joseph-Marie Quérard
(Patrick Ramseyer, Christina Monjanel et Nadine Férey)"

La tombe de notre ami Quérard est donc "sauvée"! Bravo.

2. Identification: Luc possède un ouvrage portant ces armes. L'un de vous peut-il l'aider à les identifier?
3. Gilles cherche des précision sur un de ses ouvrages, une édition in-8 de "de natura hominis" de Raymond Sebond, paru chez Gryphe en 1544. Edition originale, etc? Avez-vous des infos?

Merci pour eux.
H

lundi 9 novembre 2009

Sommaire du numéro 2 de La Nouvelle Revue des Livres Anciens

Amis Bibliophiles bonsoir,

Vous l'attendiez, le voici. Le sommaire du numéro 2 de la NRLA est bouclé, et je vous le propose ce soir en exclusivité. Je n'ai pas précisé le nom des auteurs pour conserver un peu de mystère...

Lettrine
- Hier, aujourd’hui et demain.

Éditions originales
- Pour une bibliographie des éditions troyennes du Calendrier des bergers.
- Le Virgile travesty, masqué et contrefait.
- Geofroy Tory.
- Entretiens autour de l’utilité méconnue du bibliographe.
- Les librairies anciennes et leurs grimoires.
- Le Bibliophile français et la librairie Bachelin-Deflorenne.
- Galimafrées et confitures imprimées.
- Une passion bibliophile : de Gilles de Gourmont à Remy de Gourmont.

Hors texte
La seconde bibliothèque bénédictine de France.

Achevés d’imprimer
- Isidore Liseux 1835-1894.
- Bulletin du bibliophile n° 1-2009.
- N’espérez pas vous débarrasser des livres.

Il nous reste quelques numéros 1 en stock (mais pas beaucoup). Il est donc encore possible de posséder les deux premiers numéros si vous vous abonnez rapidement. Le numéro 2 parviendra aux souscripteurs et aux abonnés en décembre.

H

vendredi 6 novembre 2009

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonjour,

C'est le week-end... Encore une semaine sans livre ancien, deux jours pour se refaire! Bonne chine!
















Bonnes enchères,

H



Les publications de l'Académie des Sciences




Amis Bibliophiles Bonsoir,

Bernard vous propose ce soir de découvrir les publications de l'Académie des Sciences.

Pour qui s’intéresse à l’histoire des sciences, les travaux des Académiciens sont (ou plutôt étaient), de première importance. Quelques mots sur cette vénérable institution.

Au XVIIème siècle certains savants ont l’habitude de se réunir chez un mécène ( Renaudot par exemple), pour discuter de sujets d’actualité. Colbert décide de créer une académie générale. Il choisit un petit groupe de savants qui s'assemblèrent le 22 décembre 1666 dans la bibliothèque du roi. Cette première Académie des Sciences comprend seize académiciens, dont l’un d’eux, l’oratorien Jean-Baptiste Du Hamel, est secrétaire perpétuel.
Au XVIIème siècle seuls les travaux les plus importants sont publiés. L’Académie fait paraître des extraits de ses registres sous forme de fascicules de seize pages. Il y eut douze livraisons pour 1692, onze pour 1693. On y trouve 78 mémoires originaux de Varignon, Cassini, La Hire, Rolle, etc. Le recueil de 1694 comprend cinq Mémoires de Philippe de La Hire.
En 1699, Louis XIV donne à la compagnie son premier règlement ainsi que son titre d'Académie Royale et il l’installe au Louvre.

Sous l’impulsion de Fontenelle, l’Académie publie entre 1729 et 1733 une série de volumes intitulés Histoire puis Mémoires de l’Académie Royale des Sciences depuis son établissement en 1666 jusqu’en 1699 . Les deux premiers tomes retracent l’histoire de l’Académie jusqu’en 1699. Les douze tomes suivants contiennent la réimpression des mémoires publiés avant 1699.
Les mémoires des années 1699 à 1790 paraissent entre 1702 et 1797. La collection complète comporte au total 114 volumes. Les travaux de Lavoisier, Laplace, Condorcet et bien d’autres paraissent pour la première fois dans ces volumes.
L’académie propose périodiquement un sujet de recherche ouvert à tous et attribue un prix aux meilleurs travaux. Ceux ci sont alors publiés à ses frais. La série complète des Prix est très rare ; elle contient les mémoires de 1720 à 1772. Après 1772, les Pièces paraissent dans les Mémoires de mathématique et de physique présentés par divers savants.
Le 8 août 1793, la Convention supprime toutes les Académies. Deux ans plus tard, le 25 octobre 1795, est mis en place un Institut national des sciences et des arts regroupant les anciennes Académies scientifique, littéraire et artistique. Les mémoires de l’Institut de l’an VI à 1815 sont publiés en 16 volumes. On y trouve les travaux fondamentaux de Haüy, Chaptal, Laplace, Coulomb, Biot, Rumford, Berthollet, Lagrange, Malus, Poisson, etc.
En 1805, l'Institut national des sciences et des arts est transféré dans l'ancien collège des Quatre-Nations. En 1816, l’Académie redevient Académie Royale…
Dans cette série on retrouve les noms prestigieux de Poisson, Fresnel, Ampère, Chevreul, Becquerel, etc.

Malheureusement, les travaux des Académiciens n’étaient imprimés que deux ou trois ans après leur lecture à l’Académie, ce qui souvent les rendaient obsolètes. Aussi, en 1835, sous l'influence de François Arago, sont créés les Comptes rendus hebdomadaires de l'Académie des sciences pour une diffusion plus rapide des travaux des scientifiques français et étrangers. Ces comptes rendus sont encore publiés actuellement.

Voila un résumé très rapide de l’histoire de l’Académie des Sciences. Je pense qu’aucun bibliophile ne possède la totalité des publications. Certains volumes sont fondamentaux pour l’histoire des sciences. Ils sont rarement sur le marché. Peut-on les considérer comme des « incomplets » ?

Merci Bernard,
H

mardi 3 novembre 2009

Un relieur, Joseph Thouvenin jeune : l’autre Thouvenin.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Merci à Leuverjat pour le message de ce soir, consacré à un relieur méconnu (moins connu?), Joseph Thouvenin le jeune.

Joseph Thouvenin le jeune, naquit en 1796. Il est le frère cadet du célèbre Thouvenin de 5 ans son aîné, dont il porte le même prénom. Comme lui il devient relieur, comme aussi leur autre frère François, le puîné.
La roulette dorée entre les nerfs est utilisée par Thouvenin aîné (cf : Devauchelle page 187, et Paul Culot n°13), ainsi que la palette en queue (par exemple Culot n°76, Devauchelle page 186).

Thouvenin le jeune est installé à Paris au 2, rue de la Parcheminerie en 1823 puis sur la rive droite au 36, de la galerie Choiseuil. On sait que son frère aîné avait lui adopté pour son atelier modèle la rive gauche au 34, rue Mazarine, donnant sur le passage Dauphine.
La plupart des reliures rencontrées portent en queue la signature dorée “THOUVENIN-JEUNE”, le “jeune” étant en fonction de l’épaisseur du dos amputé d’un plus ou moins grand nombre de lettres. On trouve aussi rarement “R.P.THOUVENINJEUNE” (relié par...) Au total, la signature de Thouvenin le jeune est assez peu fréquente. A titre d’exemple elle ne figure que sur un seul livre des 574 que comporte la vente Descamps-Scive deuxième partie, livres romantiques . Dans cette même vente on retrouve 32 fois la signature de Vogel, 35 fois celle (du grand) Thouvenin et 37 fois celle de Simier. Certes la valeur indicative de ce décompte reste modeste, l’atelier de Thouvenin le jeune ne pouvant pas rivaliser en production avec celui de son frère qui employait seize ouvriers, ni avec sa réputation qui attirait à lui les plus grand bibliophiles.
Le style de Thouvenin le jeune est typiquement romantique et d’une grande qualité d’exécution sans paraître original. A l’exposition des produits de l’industrie du département de la Seine de 1823, il expose “diverses reliures à l’instar de celles de son frère” mais “le soin particulier qu’il met à l’exécution de ses ouvrages a fixé l’attention du jury”! Ce qui lui vaut une mention honorable (quand son frère obtient une médaille d’argent). Parmi les trois reliures que je vous présente on reconnaît deux types de roulettes présents sur les reliures du grand Thouvenin. L’aîné prêtait-il son matériel ou le jeune confiait-il l’exécution de la dorure à l’atelier de son frère?
Son activité de reliure semble maximale au début des années 1820. En 1832 il dépose un brevet d’invention pour l’application des procédés de reliure à l’encadrement et la fabrication des cadres.

Joseph Thouvenin le jeune décéda en 1844 à l’âge de 48 ans, 10 ans après son frère, mais je n’ai pas rencontré de reliures signées de lui dans cette décennie et vous?

Lauverjat

Merci!
H

samedi 31 octobre 2009

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonjour,

En marge du débat sur la possession des livres et l'état de bibliophile, posté ce matin, et que vous trouverez ci-dessous... les ouvrages que j'ai pu repérer sur ebay.

















Bonne chance,

H



Débat: être bibliophile, une affaire de "possession"?

Amis Bibliophiles Bonjour,

Echange matinal mais intéressant avec un bibliophile: être bibliophile passe-t-il forcément par le fait de posséder des livres? Lui pense que ce n'est pas une condition sine qua non. Moi si.

En d'autres termes, qu'est ce qui définit le mieux le bibliophile? Vaste question. Précisons donc: est-ce la passion du livre, quitte à n'en posséder qu'un nombre faible ou point du tout, ou plutôt le fait d'en posséder un nombre significatif? Question subsidiaire, avoir manipulé un grand nombre de livres et les aimer (un expert, un libraire, un conservateur, un bibliothécaire) suffit-il à faire de vous un bibliophile?

Pour moi, le bibliophile est un collectionneur. On parle donc bien de propriété, de possession, voire d'accumulation, plus ou moins contrôlée de livres. Je pense que le bibliophile est quelqu'un qui a la passion des livres anciens et/ou rares, certes, mais que cela ne suffit pas.

En effet, j'ai le sentiment que le bibliophile est en quelque sorte la somme de contacts (très) personnels avec les livres, d'expériences heureuses ou malheureuses, qui vont de l'achat involontaire d'un incomplet à une main levée trop vite, ou trop tôt, ou trop tard dans une salle des ventes, à une trop longue hésitation chez un ami libraire qui fait qu'un livre finalement nous échappe, à un chopin trouvé sur un vide grenier; d'atermoiements face à un ouvrage trop cher, une folie, de la nécessité de se séparer d'un ouvrage, des hésitations face à des restaurations nécessaires ou pas, etc.

De ces expériences, de ces contacts multiples avec les livres naît une connaissance très personnelle et unique. C'est cette expérience individuelle unique qui à mon sens fait le bibliophile, et qui explique d'ailleurs qu'il n'y ait pas deux bibliophiles identiques. Et puis, aimer (ou aimer mieux) ne passe-t-il pas connaître ou connaître mieux? Si vous êtes bibliophile, vous savez bien que chaque nouveau livre acquis, sa découverte, son étude, sa comparaison, les déceptions ou les joies qu'il fait naître sont autant de pas sur le chemin de la connaissance et d'une bibliophilie personnelle "plus aboutie" (je ne suis pas très content de cette formulation).

Si l'on va plus loin, et si l'on considère la relation intime qui existe entre un bibliophile et chacun de ses ouvrages, nous sentons tous confusément, même s'il est assez politiquement incorrect de l'exprimer ouvertement, que la possession est centrale. L'émoi que l'on ressent à avoir déniché, acquis un livre puis à le posséder, au delà de l'instinct de propriété (posséder un livre, un objet aussi charnel, culturel, n'est pas posséder un nouveau téléviseur) fait toute la différence. Peut-on imaginer un bibliophile qui ne vivrait que dans les bibliothèques, ou en rêvant des livres des autres, dans la contemplation, peut-être doublée de l'accumulation de connaissance, mais sans ce rapport personnel et individuel à chaque ouvrage? Je n'y crois pas une seconde, cette passion nous pousse à l'action, à l'action d'acquérir, de construire, pour connaître mieux, et finalement aimer mieux.

Pour autant, les moyens financiers ne sont pas décisifs, nous l'avons déjà vu: on peut aujourd'hui acquérir des livres de bibliophiles pour le prix de quelques places de cinéma, et si on y pense, c'est beaucoup plus "rentable" (là encore, expression malheureuse: je ne parle pas de revente, mais de temps de lecture et surtout du fait que chacun de ces ouvrages nous accompagnera ensuite pour une vie ou presque). En disant cela d'ailleurs, on se rend bien compte que la relation au livre est centrale et qu'elle passe par la possession.

Quelques exceptions? Nous avons tous été des bibliophiles débutants, plus animés par la ferveur que capables d'acquisitions nombreuses et onéreuses, ce pré-état de bibliophile, cette gestation n'est bien sûr pas concernée par mon propos. Les moyens financiers? J'ai autant de respect pour un bibliophile ayant rassemblé des séries noires que des incunables, cela ne compte guère...

Les bibliophiles les plus intéressants sont-ils les plus passionnés? Oui, possible, sans doute, mais il faut en passer par la possession, ne serait-ce que pour se former le goût, et vivre le plaisir unique que procure selon moi la bibliophilie: une relation intime au livre, personnelle, sentimentale, qui transcende le texte...

Votre avis? Posséder pour mieux bibliophiler?

H

mercredi 28 octobre 2009

Un relieur indélicat

Amis Bibliophiles bonsoir,

Je manque d'énergie ce soir... je vous propose de retrouver un message posté il y a fort longtemps sur le blog, à propos d'un relieur indélicat...

L'un des principaux atouts que peut présenter un livre ancien est la provenance... Et ce relieur-restaurateur parisien l'avait bien compris. Longtemps restaurateur attitré de grands libraires, son talent était tel que ses pastiches de reliures anciennes étaient vraiment très difficiles à identifier, même pour un professionnel. Il abusa même un expert en signant une reliure mise aux enchères, et que l'expert qualifia bien d'ancienne, tout en avouant ne pas connaître ce relieur...

Notre ami aurait pu s'en tenir à cela d'ailleurs, mais comme souvent, c'est l'occasion qui fît le larron et lorsque les conditions furent réunies il passa à un stade supérieur. Il avait en effet réussi à se procurer le fer de Mme de Pompadour et celui de Napoléon. Une fois récupérés les catalogues de leur bibliothèques, il ne lui restait plus qu'à trouver les ouvrages des dits catalogues dans des conditions plus modestes, puis à y frapper les armes des deux personnages historiques... quitte à réemboiter les textes dans des maroquins... La valeur des ouvrages était alors décuplée, voire plus.

Et c'est semble-t-il bien ce qu'il fît. Je dis "semble-t-il" car dans l'univers feutré des livres anciens de luxe, les scandales se nouent rarement au grand jour. En fait, c'est une vente à Drouot qui attira l'attention des amateurs et des professionels. Celle-ci proposait en effet un (trop) grand nombre de reliures de grande provenance, notamment des reliures aux armes de l'Empereur et de la Pompadour. Tous furent stupéfaits de la richesse de la collection et d'autant plus sceptiques. Rapidement, certains firent le lien entre les volumes présentés, un libraire s'étant retiré, et notre fameux relieur-restaurateur... La vente devînt alors suspecte et les résultats ne furent pas à la hauteur des espérances.

Il est clair que les bibliothèques de Napoléon et Madame de Pompadour (on cite aussi celles de la Comtesse du Barry, ou de Marie-Antoinette) n'ont fait que s'accroître depuis la disparition de leur propriétaires... ce qui n'est pas courant.

La vigilance est donc de mise quand on vous propose une mariée trop belle, à des conditions inespérées... Mieux vaut être vigilant, même si les experts eux-mêmes avouent qu'ils peuvent se laisser tromper par de telles reliures lorsqu'elles sont bien exécutées.

Comment les identifier? Difficile, on ne peut que conseiller de se méfier des armes dont la dorure semble éclatante, et encore, cela n'écarte pas les falsifications anciennes, qui existèrent aussi. Le meilleur moyen reste peut-être de vérifier que la dorure ne recouvre pas d'accrocs ou d'épidermures. En effet, les armes étaient le plus souvent poussées juste après la reliure, alors que le maroquin ou le veau étaient encore immaculés, les dommages "normaux" liés au temps doivent donc apparaître au dessus de l'or de la dorure... et non au dessous!

H
Images : les armes de la Pompadour, et celles de Napoléon.

samedi 24 octobre 2009

Ebayana

Amis Bibliophiles bonjour,

Quelques nouvelles de la NRLA n°2? Le cahier couleurs est bouclé, les articles réunis, les illustrations en noir et blanc rassemblées, les étiquettes d'enveloppe imprimées (immense progrès!), l'inédite gravure de couverture prête... Nous allons entamer la relecture. Tout va bien.

Réactions diverses à cet ebayana, certains d'entre vous regrettent que je mette un livre convoité en avant, d'autres se félicitent d'y voir apparaître leur ouvrage, etc. En passant, dans son dernier ouvrage, Umberto Eco, très grand bibliophile cite ebay comme source d'approvisionnement... Comme quoi!













H

vendredi 23 octobre 2009

Miscellanées de Monsieur H.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

J'espère que vous allez bien. Le deuxième numéro de La Nouvelle Revue des Livres Anciens est à la maquette, nous touchons au but. Jean-Paul et moi en profitons pour développer des compétences insolites: il est devenu un typographe de talent, je maîtrise désormais les arcanes de la bureautique.

Mais passons. Trois petites choses ce soir: un conseil, une information, un débat sans cesse renouvelé.

Le conseil: Camille, jeune lectrice du blog aimerait bénéficier de vos conseils. Je lui cède la parole. "Pouvez-vous m'aider? J'ai 23 ans, une licence d'anglais acquise en juin et je suis aujourd'hui dans le flou total. Ne m'épanouissant définitivement pas dans mes études j'aimerais me réorienter. Je débute une L 1 en littérature mais mon but n'est pas de devenir enseignante, bien au contraire. Cependant je suis à la fac et les cursus que l'on nous propose nous emmènent droit vers l'enseignement.
Y a t'il des écoles, des formations particulières pour travailler dans les métiers du livre ? Je sais que c'est très vaste mais je suis un peu perdue et même si je sais très bien ce que je veux devenir, ce que je ne veux pas, j'ai besoin d'aide dans mes recherches?" Qu'en pensez-vous?

L'information: la librairie Anne Lamort m'a contacté suite à la publication de son dernier catalogue, consacré au curiosa et autres ouvrages érotiques. Ce n'est en effet pas la spécialité habituelle de cette libraire très sympathique. Si ce type d'ouvrages vous intéresse, je ne peux que vous conseiller de contacter la librairie.
Anne Lamort Livres Anciens
3 RUE BENJAMIN FRANKLIN
75116 Paris
Téléphone : 01.42.24.11.41

Le débat: des lecteurs du blog me contactent régulièrement pour discuter de positions défendues ici sur l'achat de livres incomplets. Mon avis est que l'achat d'ouvrages incomplets doit être évité à tout prix, en dehors de circonstances particulières, il me semble en effet que c'est de l'argent "gâché"... Quelles circonstances alors pourraient le justifier? Des moyens financiers limités, des débuts en bibliophilie, mais je n'en vois guère d'autre... Et vous qu'en pensez-vous? Achetez-vous des incomplets?

H

lundi 19 octobre 2009

Lauverjatiana VIII

Amis Bibliophiles bonsoir,

Ce soir, Gilles vous propose sa lecture sélective des catalogues de nos amis libraires...

Voici la rentrée et ses vendanges, une noble cuvée de catalogues, et matière à reprendre notre chronique.
La librairie Dimitri Kronis (4 rue Gît-le-Coeur à Paris) à deux pas du quai, livre un catalogue de 485 numéros dont beaucoup concernent l’histoire, les voyages, la Vendée et les Chouans. Commençons par l”Histoire de la Louisiane et de la cession de cette colonie par la France aux Etats-Unis de l’Amérique septentrionale...” de Barbe-Marbois, une E.O. de 1829, chez Firmin-Didot, un in-8 demi- veau de l’époque orné d’une carte coloriée (1350 euros).

De Bossuet, l’édition originale de la Relation sur le Quiétisme” à Paris chez Jean Anisson en 1692, un in-12 en plein maroquin rouge de Thibaron-Joly (600 euros), de l’abbé Colas, “les Récollets à Corbeil (1635-1790), une plaquette tirée à 50 exemplaires à Orléans en 1888 chez Herluison in-8 en demi-chagrin de Durvand provenant de la bibliothèque du château de Saint-Germain-les-Corbeil (150 euros). “Le Livre d’or des métiers. Histoire de l’imprimerie, arts et professions qui se rattachent à la typographie...” de Paul Lacroix, édité à Paris, à la Librairie historique, archéologique et scientifique de Séré en 1852, un in-4 demi chagrin de l’époque (180 euros).
Le très beau catalogue en couleurs de Hugues de Latude à Villefranche de Lauragais (31290) se divise en quatre chapitres, livres variés, sciences, histoire naturelle géologie minéralogie et médecine et comprend 255 numéros.

De Charles Estienne “La guide et vray enseignement des chemins du royaume de France....” à Paris chez la veuve Nicolas Buffet, 1555, un volume in-16 dans un cartonnage du XVIIIe, un exemplaire modeste avec une page retranscrite d’un guide de poche devenu rare (1500 euros). “Histoire de M. G. Bosquet sur les troubles advenus en la ville de Tolose l’an 1562" imprimé à Toulouse par Colomiez en 1592, in-12 de 166 pages en basane du XVIIe accidentée (500 euros).
De Froissart “L’histoire et chronique”en première édition revue par Denis Sauvage imprimée à Lyon par Jean de Tournes 1559-1561, 4 tomes en 2 volumes in-folio plein maroquin XVIIe, de la bibliothèque Lamoignon (1200 euros). De John Long, “Voyages chez différentes nations sauvages de l’Amérique septentrionale...” la première édition française, à Paris, Prault, Fuchs, 1794, un volume in-8 demi-basane à coins avec une carte dépliante (650 euros).
La librairie Michel Bouvier 14, rue Visconti à Paris livre son catalogue 52 titré “documentation”. Résolument abordable, ce catalogue illustré compte 352 ouvrages compris entre 40 et 2600 euros. Pour ce dernier prix de Nicolas-Toussaint Desessarts, “causes célèbres, curieuses et intéressantes de toutes les cours souveraines du royaume...” imprimé à Paris 1775-1787, les 156 tomes en 49 volumes in-12 demi-veau époque constituant la tête de série...de quoi lire!

De Laurent Bordelon, “les Coudées franches, ouvrage satyrique et curieux...” Paris, Prault, 1723, basane de l’époque accidentée (90 euros). De Claude-Joseph Dorat, “les sacrifices de l’amour, ou lettres de la Vicomtesse de Senanges et du Chevalier de Versenay” chez Delalain en 1771, deux parties en un volume en basane de l’époque avec deux frontispices pour cette première édition de roman épistolaire qui préfigure les “Liaisons dangereuses” (175 euros). Imprimé pour Roret à Paris en 1833, le “Manuel du fabricant de papiers, ou l’art de la papeterie, suivi de l’art du fabricant de cartons et de l’art du formulaire” par Le Normand, en deux volumes in-16 brochés (75 euros).
A Paris la Librairie Paul Jammes publie une première partie de catalogues illustrés consacrés à la Littérature de A à L. “Huetiana ou pensées de M. Huet evesque d’Avranches” Paris, Jacques Estienne, 1722, un volume in-12 en veau époque de cette édition originale des pensées de cet érudit bibliophile (250 euros).

De Gustave Flaubert l’ E.O. de “Salammbo” Paris, Michel Lévy frères, 1863, in-8 en demi-maroquin à coins, tête dorées et couvertures conservées (900 euros). De Jean Giraudoux, “Amphitryon 38", paris, Grasset (1929) une E.O. un des 68 exemplaires sur vélin d’Arches avec envoi en plein maroquin havane doublé, quintuple encadrement d’un filet vert et cinq dorés sur les plats (600 euros). Une impression de 1824 à Lyon chez Durand et Perrin, mais en caractères Didot et non Augustaux, des “Oeuvres de Louïze Labé, lionnoise” in-8 en demi-maroquin à dos orné et mosaïqué signé Dauphin (750 euros). Enfin à l’intention spéciale des lecteurs lorrains, l’E.O. de “La colline inspirée” de Maurice Barrès, Paris, Emile-Paul frères, 1913, en cartonnage bradel avec un envoi à “Joséphin Péladan, mon ami.” (400 euros).

Merci Gilles,
H

samedi 17 octobre 2009

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonjour,

Pas mal de jolies choses sur ebay cette semaine, non?


















Bonne chasse,

H

jeudi 15 octobre 2009

Petit problème biblioarithmétique

Amis Bibliophiles Bonsoir,

De retour de voyage, épuisé, nos amis bibliophiles scientifiques me rendent bien service avec leurs échanges, en particulier René, qui vous propose ce petit clin d'oeil en forme de manuscrit.

Il faut lire attentivement l'énoncé du problème "bibliophilique" mais surtout admirer la calligraphie imagée des titres, tout cela réalisé sans ordinateur et à main levée.
"Un libraire veut faire relier 960 volumes dans le plus bref délai, et s'adresse à trois ateliers: le premier propose de faire l'ouvrage en 16 jours, le deuxième en 48 jours, et le troisième en 24 jours: si le libraire employait les 3 ateliers ensemble, combien de temps durerait le travail et combien de volumes relierait chaque atelier?"

Vos réponses?

H



dimanche 11 octobre 2009

Une suite bibliophilico-scientifique au message de Bernard "Les cours manuscrits"

Amis Bibliophiles Bonsoir,

C'est comme cela que j'aime le blog: Bernard nous fait partager sa passion, et René lui répond par message interposé et nous propose une suite sur le même sujet, les manuscrits scientifiques. Et je sais déjà que cela va plaire, à Bernard, mais pas seulement!

"J'ai eu déjà l'occasion de rencontrer Bernard dans les commentaires aux "Résolutions bibliophiliques" de H (24 août), où il se disait bien heureux de constater qu'il n'était pas seul. Bienheureux les amateurs de livres scientifiques et Dieu fasse qu'ils ne se multiplient pas trop.

Les manuscrits de cours sont en effet passionnants, même si ce n'est pas de la Bibliophilie au sens pur. Quoique ... la bibliophilie est l'amour des livres sans exceptions. Me contredira qui voudra.

Je ne puis résister au plaisir de vous en présenter quelques-uns.

- Le premier (A) n'est pas très ancien mais est sans doute le plus émouvant. C'est un registre in-folio rédigé par un ouvrier mineur - une gueule noire - au début du XXe siècle. La calligraphie est parfaite car à cette époque on apprenait l'écriture ; on trouve quelques bévues orthographiques mais qui ne sont rien à côté de ce qu'on rencontre aujourd'hui, notamment sur Internet et même sur des sites officiels "académiques". Cependant l'intérêt se porte immédiatement sur les dessins à la plume exécutés avec un soin et une minutie qui laissent pantois.
Sans tomber dans le misérabilisme, on reste confondu si l'on songe que cet "élève" suivait les cours le soir, après une journée de travail harassante (on était loin des 35 heures ...), et complétait ensuite son cahier à la lueur d'une lampe à pétrole, ce qui ne lui laissait pas beaucoup de repos.

Les 2 autres manuscrits sont beaucoup plus anciens :

- 1745 (B) : cours de Phisique Experimentale donné par Mr Rolland au Collège de Beauvais (de l'ancienne Université de Paris) et transcrit par LeCoeur, 505 pages d'une écriture fine et serrée mais parfaitement lisible.
Il est illustré de 12 planches gravées "Chez Hecquet - place de Cambray à Paris, à limage St Maure". IN-8°, reliure plein veau, dos à 5 nerfs, orné à l'or.

- 1707 (C) : Physica Particularis Strasbourg "Joannes Marcus Agurne scripsis argentina stabulensis".
La première partie traite de l'astronomie et de la cosmographie. Rédigé d'une seule main en latin, l'écriture est difficilement lisible pour un pauvre amateur non paléographe et qui de surcroit a perdu une grande partie de ses connaissances de la langue latine.

Les illustrations manuscrites sont superbes et rappellent certains dessins alchimiques. Dans l'une d'elles la terre est encore figurée par une "carte T O", réminiscence des représentations du moyen-âge.

La seconde partie est consacrée à la Métaphysique.

Le livre, dans sa modeste reliure plein veau, comporte 391 pages, plus une table et une vingtaine de feuillets blancs.

Ces quelques considérations conduiront peut-être l'un ou l'autre des lecteurs du blog à venir grossir le petit ru qui sort à peine de terre, mais son eau est fraîche et limpide. La Petite Espérance est celle qui toujours commence.

René de Braine-le-Comte"

Merci René!
H

samedi 10 octobre 2009

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonjour,

L'automne est arrivé, chinons virtuel!










Et quelques jolies reliures:









Bonne chasse!
H

jeudi 8 octobre 2009

Les cours manuscrits

Amis Bibliophiles Bonsoir,

La revue avance... mais c'est éprouvant. Bernard m'aide en vous proposant un éclairage sur un sujet en marge de la bibliophilie, et vous savez que Bernard est un scientifique bibliophile (ou un bibliophile scientifique?), nous allons donc évoquer les cours manuscrits. Je lui cède la parole.

"Vous savez maintenant qu’en bibliophilie je suis monomaniaque… En tant que professeur, j’ai pu me rendre compte qu’il y a un monde entre les cours imprimés, théoriquement parfaits (!), et les cahiers des malheureux preneurs de notes. Peu à peu j’ai acheté quelques cours manuscrits d’élèves et de professeurs. Certains sont naïfs, d’autres remarquables pour leur écriture et leurs illustrations. Je vous en présente quelques uns du XVIIIème et du XIXème siècles. Certains penseront que ce n’est pas de la bibliophilie ; parlons seulement de témoignages écrits…

Cahier d’un élève du collège royal de Clermont Ferrant vers 1800: (2), 84, (2) pages.

Cette page traite de l’électricité atmosphérique.
Cahier d’un élève du collège Louis le Grand de Paris, 1792 : 20 pages.

Le papier a la couleur bleutée de cette période troublée.
Cours de physique d’Edmond Becquerel 1837-1838 : 2 volumes de 604 et 500 pages.
Antoine-César Becquerel eut trois enfants dont Alexandre-Edmond (dit Edmond), le troisième. Dès sa plus tendre enfance celui-ci reçoit bien évidemment une éducation scientifique de très grande qualité. Excellent élève au lycée Bourbon (l'actuel Lycée Condorcet) il est admis en 1837 à l'École Normale Supérieure puis à l'École Polytechnique l'année suivante. C'est à ce moment qu'il renonce aux Grandes Ecoles, pour se consacrer aux études universitaires et à l'enseignement en devenant aide-préparateur de son père, récent titulaire de la Chaire de Physique appliquée aux Sciences naturelles au Muséum. Edmond Becquerel est le père d’Henri Becquerel le découvreur de la radioactivité.

Ce cours manuscrit est celui du cours de Cazalis, professeur au Lycée Bourbon, rédigé par Edmond Becquerel, alors élève de classe préparatoire. Excellente illustration du niveau des études des classes préparatoires au début du XIXème siècle.
Cours de physique anonyme 1842-1843, 438 pages, remarquable par la finesse des figures.
Cours de physique anonyme 1845-1846, 296 pages, d’une superbe écriture (je trouve).
Cours de physique 1849-1850, 821 pages, superbement illustré. Ce cours d’un professeur était certainement destiné à être publié.
J’espère ne pas avoir réveillé de mauvais souvenirs de lycée à certains d’entre vous. Ce n’était pas le but.

Merci Bernard,
H

lundi 5 octobre 2009

Les Avantures de Télémaque - Edition pour Bibliophile?

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Une fois n'est pas coutume, j'aimerais partager avec vous une acquisition récente... sur laquelle j'ai assez peu d'informations, mais qui est assez intéressante.
Il s'agît de l'ouvrage Les Avantures de Télémaque Fils d'Ulysse par Fénélon, Nouvelle Edition, parue en 1761 chez Wetstein à Leide et Chatelain à Amsterdam.
C'est un beau volume de format in-folio, en plein veau vert bouteille, dos orné de filets et caissons dorés, joli fleuron au centre des plats, roulette et filets d'encadrement. Il s'agit de la réédition de l'ouvrage paru en 1734.

L'ouvrage se compose comme suit:

- faux-titre
- superbe frontispice de Picart
- page de titre, ornée d'une vignette de Dubourg
- portrait de Fénelon par Vivien
- 14 pp. de dédicace, avertissement et généalogie
- 385 pp. de texte orné d'un encadrement et imprimé sur vergé fort
- 24 planches hors texte de Debrie, Dubourg et Picart; 24 vignettes de Dubourg; 21 culs-de-lampe par Debrie et Dubourg
Cohen, 381; Sander, 657 ("L'édition in-folio avec le texte encadré est la plus rare")
L'ouvrage est assez majestueux, les gravures superbes, mais j'ai peu d'informations sur cette édition, qui semble avoir été destinée aux bibliophiles, comme cela est précisé dans l'avertissement : "ce qu'on avance ici, devient plus intéressant pour ceux qui cherchent ces Ornemens de Bibliothèque, dès qu'on les avertit, qu'il ne s'est tiré de ce Livre qu'un petit nombre d'exemplaires; desorte que pour tout dire, il ne s'écoulera pas bien du tems avant que cette Edition ne monte en prix, et ne devienne un des ces Livres rares qu'on ne se procure plus sans peine et qu'à grand fraix".
Oui, mais combien d'exemplaires au total? En tout cas l'édition est bien jolie, même si elle n'a pas atteint les sommets (250 euros sur ebay). Les gravures sont admirables.

H

samedi 3 octobre 2009

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Voici une sélection d'ouvrages sur ebay...

Quelques ouvrages, dont l'état n'est pas parfait, mais qui sont vraiment proposés à des prix très faibles:





Plus classique:













Bonne enchères,
H

Thouvenin et le décor “à lacets”

Amis Bibliophiles Bonjour,

Je vous propose de retrouver un article de notre ami Lauverjat, qui continue à nous faire découvrir les relieurs du 19ème: aujourd'hui, Thouvenin et le décor "à lacets".

À l’Exposition des Produits de l’industrie du département de la Seine de 1819, Joseph Thouvenin présente une dizaine de reliures. Le travail du relieur est salué pour la fermeté de ses cartons, le veau poli, les bordures ornées à froid et l’usage de filets noirs. Emmanuelle Toulet (Joseph Thouvenin, Naissance du style historiciste dans l’art de la reliure au XIXe siècle) a précisé que ces reliures utilisant des filets noirs tracés à l’aide de “plumes en fers ou mieux de grosses plumes de cygne” et d’une règle étaient nouvelles pour l’époque. Les pièces de titre noires sont une autre caractéristique de ces reliures.
L’application de ces propriétés donne un modèle de décor original que j’appelle “à lacets” illustré ici par trois livres.

Le premier en deux volumes porte la signature de Thouvenin en queue du tome I. Sa reliure est en veau fauve glacé, ornée sur les plats d’un grand réseau de filets noirs entrecroisés à la manière d’une guêpière, dessinant 4 grands losanges complets compris dans un rectangle, avec petites marguerites dorées aux intersections et un encadrement de roulette de palmettes à froid et de filet noir, le dos à quatre nerfs, orné de palettes dorées, les pièces de titre et de tomaison noires, guirlande dorée sur les coupes et encadrement de roulette dorée intérieur, toutes tranches dorées.
L’ouvrage est de format grand in-8 (242 mm x 157 mm), il s'agît des Aventures de Télémaque imprimé à Paris pour E. A. Lequien date de 1820.
La seconde recouvre deux titres séparés, Paul et Virginie et La Chaumière Indienne tous deux à Paris chez Furme en 1829, de format petit in-8 (167 mm x 110 mm). La reliure n’est pas signée et je n’ai pas identifié les fers du dos. Le style est exactement le même, une pleine reliure de veau brun poli, une grande composition géométrique de “lacets” de filets noirs avec points dorés aux intersections et encadrement de roulette à froid et de filet noir, guirlande dorées sur les coupes et réemploi de la roulette des plats, dorée cette fois, à l’intérieur. Le dos à quatre nerfs réserve deux pièces de titre noires.

Le troisième exemple provient du catalogue de juin 2009 de la librairie Cambon à Paris, le livre étant vendu je ne l’ai pas pris en main mais son décor est proche et la notice est éloquente.
L’ouvrage de Paul Culot (Relieurs et reliures décorées en France à l’époque romantique) ne présente aucune reliure de ce type, non plus que Devauchelle ou les planches de la collection Descamps-Scrive. La question n’est pas d’attribuer tous ces livres à l’atelier de Thouvenin, mais de savoir combien de temps ce décor fut utilisé et si d’autres relieurs ont signé ce type de décor. Votre avis?

Lauverjat

Merci!
H

mardi 29 septembre 2009

La vérité sur la vente Hampel?

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Vous avez été plusieurs à me contacter suite à mon message sur le lot de 1000 livres anciens, vendu 520 000 euros il y a quelques jours... En effet, en scrutant attentivement les images, 4 d'entre vous ont reconnu des livres qu'ils avaient vendus sur ebay au fil des mois écoulés.

Au final, il s'avère que ce commissaire-priseur allemand a acheté un nombre conséquent de reliures sur ebay, afin de les regrouper en lot et de mettre en valeur des ouvrages moins attractifs.

Résultat, une centaine de reliures qui mettent en valeur (saluons au passage les talents du décorateur et du photographe) 900 autres volumes, en bon état certes, mais parfois dépareillés, ou incomplets.

Difficile de savoir si l'exercice est rentable, gageons que oui, mais il est comme je l'avais écrit dans mon premier message, l'illustration d'un nouveau circuit économique sur le marché du livre ancien, très étonnant... et diabolique. Du coup, cela semble écarter l'hypothèse de l'achat par un libraire. Et pour revenir sur le commentaire de Jean-Luc, on comprend mieux pourquoi les provenances ne sont précisées: des pseudonymes ebay n'auraient pas été du meilleur effet dans le monde feutré des enchères.

On connaît les libraires qui achètent en salles des ventes et revendent sur ebay, des libraires qui achètent sur ebay et revendent sur ebay, voici maintenant le flux inverse... Un commissaire-priseur qui achète sur ebay et revend en salle. Très étonnant.

Doit-on saluer le génie économique? Doit on s'inquiéter de tout ceci? Je laisse chacun se faire son propre avis.

H

lundi 28 septembre 2009

La Nouvelle Revue des Livres Anciens II

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Il est actuellement difficile de mener de front une entrée en cours préparatoire (pas moi! Sourire), des premiers pas, une activité professionnelle traditionnellement plus forte à ce moment de l'année, un blog et une revue... mais j'essaie.

Plus les jours passent, et plus je mesure également la difficulté de se renouveler, sur le blog, après 730 messages et 30 mois d'existence.

Tout ceci pour vous dire que le deuxième numéro de la Nouvelle Revue des Livres Anciens avance, et avance bien même: je ne vais livrer aucun secret cette fois-ci, puisqu'il n'est plus utile d'essayer de vous convaincre de vous abonner. Sachez cependant que nous y parlerons gastronomie, incunable, almanachs et autres sujets que tout bibliophile croise régulièrement dans sa vie.

Je ne peux hélas pas vous dévoiler l'image de couverture, qui n'a jamais encore été publiée et qui est très originale. Nous devons à Jean-Paul de l'avoir dénichée dans les rayonnages de la BNF.

Enfin, petit message à nos amis libraires, plusieurs d'entre vous ont eu la gentillesse de réserver des encarts publicitaires pour ce deuxième numéro, c'est toujours possible, il reste de la place (mais assez peu). Il est également toujours possible de s'abonner!

Nous travaillons, donc! La livraison est prévue pour le début du mois de décembre.

H

samedi 26 septembre 2009

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonjour,

Je rentre d'une tournée des libraires, bredouille... Je me tiens (presque) à mes résolutions... Côté ebay, idem, j'ai fait peu d'achats ces derniers temps, comme si la source se tarissait un peu. Que voit-on dans "mon ebay"? Ceci:

Une belle bible toute de maroquin vêtue, 2 volumes in-4, 1713, 165 planches

La Bibliothèque de l'amateur, par Rahir, hélas en mauvais état

Oscar Wilde, relié par Kieffer

Le portrait de la femme vertueuse, maroquin rouge, 1729

Les Facultés de l'âme, 1790, en édition originale

Prix en baisse sur l'Histoire de l'Edition Française chez Promodis, 4 volumes extraordinaires

Une autre bible, de 1578 celle-ci, imprimée à Venise et avec des centaines de gravures

Dialogue des Devises d'Armes, Paul Jove, à Lyon, chez Rouillé, 1561, incomplet de 20 feuillets

Pour nos amis espagnols, ou si vous n'aimez que les reliures....

Le dictionnaire de Bayle, 4 volumes in-folio, 1720

L'univers de la Bibliophilie de Y. Devaux, intéressant pour débuter

Bonne chasse,

H

jeudi 24 septembre 2009

Quelques repères sur les livres minuscules...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Ce soir Jean-Paul partage avec vous quelques repères sur les livres minuscules... (je n'ai pour ma part qu'un seul minuscule, en voici quelques images. Si vous en avez de votre côté, n'hésitez pas à m'en envoyer. Sa taille: 50 mm x 40 mm.).
À la BnF, les « nains », comme ils disent, sont rangés dans des boîtes ou des enveloppes, pour ne pas les perdre, dans la « Réserve des livres rares et précieux » : on en compte environ 1 200. Le plus ancien date de 1538 et s’intitule Les espèces de pièces d’or et d’argent qui ont cours. Certains sont d’une très grande rareté.
L’âge d’or des minuscules fut le xviiie siècle. Les almanachs breloques ou portatifs datent de 1760-1770 : Le Réveil-matin, almanach pour 1766, et le Bijou mignon des dames, almanach pour 1769, sont parmi les plus rares. D’autres furent édités par les relieurs-doreurs de la rue Saint-Jacques, à Paris :

Jubert et Janet, son successeur, réalisèrent des minuscules reliés en maroquin rouge, vert ou citron, dont le Télescope des clairvoyants (1791). Jubert, spécialiste des dorures aux petits fers, a édité son premier almanach minuscule en 1789 : Les Passe-temps des paresseux ou la morale analysée.
Marcilly fut l’éditeur le plus prolifique de 1798 à 1849. Ses almanachs étaient reliés en maroquin rouge et vert. Il fut l’éditeur en 1799 des Jeux de l’enfance, entièrement imprimé en sanguine.

Les almanachs minuscules de Le Fuel, entre 1817 et 1830, contiennent des figures, des chansons et des petites pièces de poésie.

En 1827, Didot « le jeune », qui avait fabriqué des caractères pour les minuscules, édita les Maximes de La Rochefoucauld, chef-d’œuvre de typographie.

A la fin du XIXe siècle, on édita des classiques (Fables de La Fontaine, Contes de Perrault, etc.).

Tous les relieurs, gens minutieux, ont réalisé des minuscules : Paul Bonet, Rose Adler, Pierre-Lucien Martin, Alain Devauchelle, Colette et Jean-Paul Miguet, Georges Leroux, etc. dont la plupart ont travaillé pour l’éditeur Pierre-André Benoît, alias « PAB », Daniel Knœderer, etc.
On peut ajouter à la bibliographie déjà donnée sur le blog :
Les almanachs minuscules français. In Bulletin du bibliophile, 1959, n° 1.
Tissandier (Gaston). Livres minuscules : la plus grande bibliothèque des plus petits livres du monde. Collection de Georges Salomon. Paris : Masson, 1894.
Catalogue d’une jolie collection d’almanachs illustrés des xviiie et xixe siècles, provenant du cabinet de feu M. Félix Meunié. Paris, Leclerc, 1920.
Quatre siècles de livres minuscules. Collection Hubert Silvain. Québec : Bibliothèque nationale, 2005.

Merci Jean-Paul,

Hugues

mercredi 23 septembre 2009

Le lot du siècle (qui est encore jeune)?

Amis Bibliophiles Bonsoir,

C'était en effet un bien beau lot qui était mis en vente ces jours-ci chez nos amis allemands... 1067 volumes anciens, joliment reliés, dont un grand nombre aux armes.
L'estimation m'a laissé rêveur puisqu'elle était de 585 000 euros. Je ne sais à quelle savante équation s'était livré l'expert pour arriver à cette somme folle, mais si on parle chiffres, cela fait 548 euros le volume, ou même 14 268 euros le mètre, puisque l'ensemble fait 41 mètres de long de rayonnage. N'ayant pas le poids total, je ne peux vous proposer de prix au kilo. Sourire.
En tout cas, le lot semble avoir été adjugé pour 520 000 euros. Je ne sais quel est l'heureux élu, mais ce prix semble écarter un libraire puisque comme le souligne justement Eric dans un commentaire, les livres, quoique très bien reliés et armoriés, ne semblent pas à première vue rarissime. Le pari pour un libraire serait hasardeux en effet, puisque qu'il faudrait revendre l'ensemble pour 3 fois plus. Un bibliophile alors? L'idée ne me viendrait point en tout cas d'acheter un tel lot, même si j'en avais les moyens, tout simplement parce que j'ai besoin de créer un lien personnel avec chaque ouvrage. Dans ce cas précis, l'overdose serait immédiate.
Je me dis bien que dans un tel lot, 1037 volumes, surtout de cette qualité (qui les a rassemblés, d'ailleurs?), se cachent forcément quelques raretés, mais rendent-elles pour autant le prix intéressant, difficile à dire. Combien d'ouvrages du 18ème valent plus de 50000 euros, pas tant que cela finalement, non? Dans tous les cas, parcourir ce lot de visu doit être très émouvant.

L'acquéreur restera mystérieux, mon pari malgré tout est qu'il s'agît d'un libraire, j'en connais au moins deux qui pourraient être concernés... reste à savoir s'il a annoncé "je garde", au moment où le marteau s'est abattu.

Que trouve-t-on dans ce lot: en vrac les voyages de Cook, un dictionnaire diplomatique, des reliures aux armes en très grande quantité, des plaques à la Dubuisson, le Moreri, des classiques, Bossuet, Corneille, Rabelais, Voltaire, beaucoup d'histoire...

H




dimanche 20 septembre 2009

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonjour,
Mon ebay, ou presque, bonne chance....

Les oeuvres de Pierre de Ronsard, chez Buon, 1610... collation incertaine, mais pari intéressant, non?

L'Art des emblèmes, superbe, avec 500 bois.

Les Vies faictz et gestes des sainctz Peres Papes Empereurs Et Roys de France, 1551

15 tomes de l'Histoire Naturelle de Buffon, 300 gravures

Magnifique: le parfait chasseur, 1683, relié par Chambolle Duru

L'Histoire Moderne, annoncée complète, mais il me semble qu'il y a normalement 30 tomes (le 30ème regroupant les flibustiers et la table)

Le fantastique ouvrage de Rochefort sur les Antilles, la référence

La pucelle d'Orléans, de Voltaire, 1775, avec les 21 gravures et reliée en maroquin

Les institutions de Justinien, une édition latine de 1588, bien reliée (restaurée?)

Un joli atlas des environs de Paris, fin 18ème

Autre curiosa, la vie privée des 12 Césars, avec les gravures légères
H

Histoires d’imprimeurs en Champagne-Ardenne







Amis Bibliophiles Bonsoir,

Après Chantilly et les reliures de Bauzonnet, Jean-Paul vous propose de découvrir aujourd'hui une autre exposition qui intéressera les bibliophiles: l'exposition « Histoires d’imprimeurs en Champagne-Ardenne », qui se tient à la Médiathèque de Sedan, jusqu’au 21 novembre.
Elle est l'occasion de faire le point sur un imprimeur célèbre, mais bien mal connu, Jean Jannon.

À la demande du prince Henri de La Tour, Jean Jannon, qui était « de la religion prétendue réformée », vint s’installer à Sedan dans le courant de l’année 1610. Très vraisemblablement suisse d’origine, il était passé par Mayence avant de travailler à Paris, chez Robert (III) Estienne d’abord, puis à son compte.
À Sedan, il prit le titre d’imprimeur de l’Académie. Son atelier était situé dans la tour et maison attenant à la Porte du Rivage. Il était aussi graveur et fondeur de caractères : il publia en 1621 un cahier d’épreuves des caractères qu’il avait gravés (« petite sedanaise ») et perfectionna, quelques années plus tard, l’instrument servant aux fondeurs pour la finition des caractères (« coupoir de fer »).

En 1640, Jean Jannon quitta Sedan pour s’occuper de l’officine parisienne tenue par son fils aîné Antipas, décédé prématurément ; pendant ce temps, son atelier sedanais fut dirigé par son autre fils Pierre (I), né du même premier mariage avec Anne de Quinge.
De Paris, il se rendit à Caen, employé avec son matériel dans une entreprise clandestine créée par un protestant rencontré dans la capitale. Pendant son absence, le prince Frédéric-Maurice de La Tour, converti au catholicisme, fut arrêté pour avoir participé à la conspiration de Cinq-Mars, et dut accepter le rattachement de sa principauté à la France. C’est le fils d’un imprimeur messin qui fut nommé nouveau gouverneur de Sedan par le roi Louis XIII en 1642.

Jean Jannon rentra à Sedan à la fin de l’année 1645, et fut momentanément associé à son fils Pierre (I), qui le quitta dès 1647 pour étudier la théologie. L’âge, et la concurrence de Hubert Raoult, puis de François Chayer, avec lequel il s’associa en 1648 pour une édition des Psaumes de David, eurent bientôt raison de son affaire, malgré son nouveau titre d’imprimeur privilégié du roi. Il mourut le 20 décembre 1658, âgé de 78 ans et 8 mois.
Il avait imprimé à Sedan environ 200 éditions, du « psautier de chignon » ou « de manchon » (in-64) à l’in-folio, dont un grand nombre d’écrits polémiques de Pierre du Moulin, l’un des plus célèbres ministres protestants de France. Une vingtaine d’éditions furent commandées par des libraires parisiens (Jean Baillet, Adrian Périer, Nicolas Bourdin, Abraham Pacard, Pierre des Hayes, Jérémie Périer, Abdias Buizard, Jean-Antoine Joaslin, Samuel Petit, Melchior Mondière) et de Quévilly (Claude Le Villain, Jean Berthelin). D’autres fois, par crainte du Conseil des Modérateurs, il utilisa des pseudonymes (Guion de La Plume, « Successeur de Salesse », Jean L’Enfan, Jacques de Turenne, Jacques Fillon, Jean Royer, Jean Tollon). Jean Jannon utilisa trois marques : Janus, Neptune et La Religion chrétienne.

Sa troisième femme, Suzanne François, put lui succéder à condition de porter sur ses impressions le nom de son fils Pierre (II), alors âgé d’une dizaine d’années ; elle exerça jusqu’en 1664. En 1678, un libraire de Châlons-sur-Marne, Nicolas Denoux, acheta ce qui restait du matériel de l’officine de Jean Jannon et confia la direction de son imprimerie à Pierre (II).

Merci Jean-Paul.

H

vendredi 18 septembre 2009

Bauzonnet au musée de Chantilly: reliures

Amis Bibliophiles Bonsoir,
A peine rentré de voyage, à peine reparti, j'ai eu peu de temps pour poster des messages sur le blog cette semaine. Le blog est lu par nos amis de la Bibliothèque du Chateau de Chantilly, qui ont réagi au message de Gilles en m'envoyant quelques images de l'exposition, en "exclusivité" pour le blog, les voici:


H
« ©Bibliothèque du Château de Chantilly ».

dimanche 13 septembre 2009

Bauzonnet, le Raphaël du filet (Thouvenin)

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Ce soir, c'est Gilles qui vous invite à découvrir une petite exposition consacrée à Bauzonnet.

"Le cabinet des livres du château de Chantilly réserve une petite mais superbe exposition sur “les reliures d’Antoine Bauzonnet” qui n’a pas été, me semble-t-il, médiatisée. La majorité des reliures de Bauzonnet de la bibliothèque du duc d’Aumale provient de l’acquisition en 1859 de la bibliothèque d’Armand Cigongne. Le duc d’Aumale possédait 725 reliures signées Traut-Bauzonnet.
Une dizaine de reliures à décor des siècles précédents types des sources d’inspirations du relieur sont exposées en préambule. Ensuite quelques spécimens de Jean-Georges Purgold, maître, puis associé de Bauzonnet ouvrent un panorama sur une soixantaine de reliures de ce dernier. Les signatures des reliures changent avec la situation de famille du relieur, “Bauzonnet-Purgold”, puis “Bauzonnet”, enfin “Bauzonnet-Trautz”. En effet, ouvrier chez Purgold dès 1820 (après une formation dans le jura et malgré un intermède chez René Simier), Bauzonnet épousa sa veuve en 1830. Plus tard Georges Trautz, doreur, entre dans l’atelier et épouse la belle-fille de Bauzonnet avec lequel il s’associe en 1840, jusqu’à la retraite de Bauzonnet en 1847.
Pèle mêle j’ai admiré une reliure doublée d’un décor à la fanfare très pur au chiffre de Nicolas Yéméniz, une reliure “historique” à décor d’entrelacs géométriques mosaïqués de 1839, quelques reliures à l’éventail directement inspirées de Le Gascon, une reliure signée Bauzonnet recouvrant trois tomes d’une série de cinq, les deux premiers signés Thouvenin utilisant les mêmes fers et que l’exposition suppose avoir été confiés par Muller le successeur de Thouvenin pour finir la série.
Au chapitre des regrets, que les titres des livres ne soient pas indiqués et qu’il ne soit pas réalisé de plaquette sur cette présentation.

Pour des raisons de droits d’image je ne peux pas vous fournir de photos de cette exposition qu’il faudra découvrir par vous même, seulement une modeste et pâle illustration personnelle et une reproduction noir et blanc du Devauchelle."

Pour plus d'information sur Trautz, vous pouvez vous rendre ici: http://bibliophilie.blogspot.com/2007/12/gutentag-herr-trautz-portrait-de-trautz.html

Merci Gilles,
H

samedi 12 septembre 2009

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonsoir,

De retour après un voyage de quelques jours aussi lointain qu'imprévu, j'atteris en douceur en partageant avec vous quelques trouvailles sur ebay. Par ailleurs, j'ai vu qu'Olivier avait trouvé des réponses à ses questions, et je vous en remercie.

Pour les bibliopégimanes et autres amateurs de reliures:

Un classique, les pseaumes de David dans une reliure de l'atelier de Charenton

Autre classique: le Blason de Ménestrier, ici relié en maroquin

Uzanne et les poésies de Benserade, superbement relié par Durvand

Les mémoires de Tourville, 1758, 3 tomes en très joli maroquin, et que convoite déjà notamment Vincent, notre ami libraire

Une belle reliure de Carayon

Juste pour la reliure, un maroquin aux armes aux têtes de Maures

Le testament de Mons, en maroquin noir à la Duseuil, trois volumes

L'Heptaméron, une belle édition 19ème reliée en cuir de Russie

L'un des bons ouvrages de Marius Michel sur la reliure: la Reliure Française, hélas en état moyen, mais carrément donné à ce prix

Quoi d'autre?

Un très bel ouvrage sur l'art héraldique de 1628, le blason des armoiries, aquarellé...

Chez le même vendeur, un Alciat de 1581

Plutarque, chez Josse Bade, 1520, in folio avec une jolie vignette

Des ordonnances de Louis XIV, bien reliées

Et quelques petites curiosités assez rares et intéressantes, à prix très très deoux (je ne connais pas le vendeur, sinon je lui aurais dit de faire des annonces plus attractives et plus lisibles):

Les reliures d'art de S. Evrard

Les reliures d'art de C. Honnelaître

La mosaïque de cuir

La reliure Bradel

Les papiers cailloutés du 19ème

Un ouvrage sur les papiers de fantaisie

Un ouvrage sur les papiers marbrés à l'huile

Le papier décoré et jolies choses pas courantes

Papiers marbés rares

Un ensemble assez peu courant... Bonnes enchères

N'oubliez pas vos bonnes résolutions
!
H

lundi 7 septembre 2009

Un mystère à résoudre... les traductions d'une bulle papale?

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Olivier aimerait s'adresser à vous pour obtenir votre avis sur l'une de ses acquisitions. Pouvez-vous, pouvons-nous, l'aider?

Je lui cède la parole:

"Il m’est arrivé un jour d’acheter quelque chose sans vraiment savoir ce dont il s’agissait. Près d’un an après je n’ai guère avancé aussi je vous soumets cet achat afin d’éclairer ma lanterne.
Il s’agit d’un lot (qui « trônait » dans un cageot d’un bouquiniste). Ce qui a attiré mon attention ce sont les deux reliures aux armes (Pie IX et Henri V). En sus se trouvaient une dizaine de pochettes.
Le contenu ? C’est alors que tout se complique. Majoritairement ce sont des photographies (je ne connais pas le procédé, le papier est très fin) de reliures et de textes calligraphiés (mais aussi de lettres attestant de la qualité des traductions réalisées). Il s’agit de photographies du travail colossal initié par l’abbé Sire (Sulpicien, 1827-1917). Son projet ? Traduire la bulle « Ineffabilis Deux » (8 décembre 1854) dans toutes les langues du monde. Il mobilisa le monde catholique à cette fin et 106 volumes furent expédiés au Vatican dans un meuble conçu spécialement.
Je cède la parle à un texte en ligne qui évoque cette entreprise (http://asr.revues.org/index296.html) :
« C’est dans la mouvance de cet intérêt pour la page illuminée qu’il faut replacer le projet, en apparence démesuré, de l’abbé Sire (1827-1917) qui se fit d’abord connaître en rassemblant, en trois cents volumes, une collection des documents relatifs à la définition de l’Immaculée Conception, depuis 1849, date de la première encyclique du pape sur ce sujet, jusqu’en 1860. Puis il décida de faire traduire en quatre cents langues la Bulle Ineffabilis Deus (8 décembre 1854) sur des ouvrages de très beau papier, soigneusement calligraphiés et enluminés. Une œuvre aussi colossale ne pouvait s’accomplir sans le soutien de la catholicité dans son ensemble, évêques, missions et congrégations religieuses, riches mécènes parmi lesquels figurent de nombreuses têtes couronnées d’Europe. Le meuble de présentation est achevé en 1878 avec au total 106 volumes en l’honneur de Marie, « la mère et la protectrice de l’art chrétien ». Chaque volume est orné d’un frontispice enluminé, et les marges de chaque page sont illustrées tant par des scènes bibliques que par un décor ornemental faisant référence à la flore et la faune de chaque contrée ou par des paysages pittoresques évoquant les sites et monuments de chaque pays, en particulier les édifices religieux à la gloire de Marie, en outre « l’enveloppe du livre devait être l’hommage de la richesse matérielle des Nations, l’offrande de toute la substance créée à la mère du Dieu créateur, comme le livre avait été l’hommage de l’âme, de la pensée, de la vie intellectuelle de ces mêmes Nations ». Il s’agit alors d’une consécration de l’art industriel de ces différents peuples : orfèvrerie ciselée de Froment-Meurice, cristal de Baccarat, porcelaine de Sèvres, oliviers pour Jérusalem, bois de santal pour les Indes. Certaines de ces reliures, sont sculptées et peintes par des artistes en vogue : Hébert ou Bouguereau. Ce souci de convoquer tous les arts et toutes les productions du globe aux pieds de la Vierge paraît relever d’un jeu symbolique de la représentation du pays par les techniques et matières qui en sont issues (cuirs de Russie, etc.) ou par son iconographie spécifique afin, par métonymie, de recomposer l’univers au sein d’une salle du Vatican. L’étude des figures mariales dans ces volumes conservés à la Bibliothèque vaticane a été rendue possible grâce à une sélection de photographies (effectuée lors d’une mission à Rome en 2005), elle fait apparaître une vaste construction typologique qui entre en correspondance avec les deux tomes de L’Immaculée Conception, histoire d’un dogme de Dubosc de Pesquidoux inspiré par Sire (1897-1898), et l’ouvrage de ce dernier sur L’Immaculée Vierge Mère (1904). L’analyse des concordances bibliques reprises dans une perspective dévotionnelle permet de voir s’élaborer en texte et en image un mode d’appropriation d’une construction dogmatique. Les dernières séances du séminaire ont évoqué les références à l’enluminure dans la littérature de la fin du siècle, à travers notamment les œuvres de Léon Bloy et Huysmans. L’art de l’enluminure y devint emblématique non seulement de l’art chrétien véritable, selon les théoriciens de l’art catholique, mais encore d’une forme de pureté virginale qui devait la préserver d’une décadence des arts. Sous la plume de Huysmans, la métaphore est filée jusqu’à l’innocence enfantine d’une séduction qui ne put soutenir la concurrence et l’éclat d’une vivacité presque trop soutenue, voire racoleuse, de la peinture. Aussi Durtal dans L’Oblat « considérait l’éclatante floraison de ces vélins. Ah, fit-il, en refermant le livre, la délicieuse et la frêle et la fine petite fille, aux yeux d’azur et aux cheveux d’or, que cette Enluminure, qui enfanta, en une longue gésine, une fille si énorme, la Peinture qu’elle mourut en lui donnant le jour ».
Au total donc c’est plus d’une centaine de photographies qui sont rassemblées dans ces pochettes. Par ailleurs, dans la reliure aux armes de Pie IX se trouvent deux textes manuscrits en breton, traductions de la bulle. Deux pages enluminées et signées sont également présentes. La reliure aux armes d’Henri V elle est vide. Les nerfs sont coupés.

A ce stade, pour moi, le mystère reste entier… De quoi s’agit-il ? A-t-on voulu garder une trace (photographique) du travail réalisé pour les langues françaises ? Pourquoi ces deux reliures n’ont-elles jamais rejoint la collection vaticane ? La reliure aux armes papales présente une large mouillure qui pourrait expliquer qu’elle ait été écartée. Celle d’Henri V pourrait éventuellement s’expliquer par les mésaventures du Comte de Chambord prétendant malheureux au trône. C’est sans doute également le cas des deux enluminures. Quant aux manuscrits ils ont dû servir de base de travail aux enlumineurs.

Quoi qu’il en soit, je suis preneur de toutes hypothèses."

Qu'en pensez-vous?

H

vendredi 4 septembre 2009

Les mots de la dorure: le tortillon

Amis Bibliophiles bonsoir,

A la lecture du passionnant ouvrage de Pascal Alivon, Styles et Modèles, Guide des styles de dorure et de décoration de reliures (Artnoville Editions), j'ai croisé un nouveau mot, qui m'était encore inconnu: le tortillon.

Selon Alivon, le tortillon apparaît au XVIIème siècle et est particulièrement utilisé sur les dos dits "à la grotesque". Le tortillon est en fait une courbe poussée à l'extrême qui devient une spirale, un tortillon.
Voici une planche de tortillons, que l'on trouve dans l'ouvrage cité ci-dessus.

H

mercredi 2 septembre 2009

Salon du Livre de Lourmarin

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Si vous êtes basé dans le sud de la France (mais je vous rassure, c'est aussi vrai pour ceux qui habitent la moitié nord), ne manquez pas le Salon de Lourmarin. Je ne pourrai malheureusemnt être présent, ayant prévu de consacrer les 8 prochains week-ends à la NRLA!

Les Sixième Journées Internationales du Livre Ancien et de la Bibliophilie de Lourmarin (12 et 13 septembre 2009) s'affirment comme le grand rendez-vous de la rentrée, tant par la qualité des visiteurs, que par celle des exposants qui viennent de toute l'Europe.
Fréderic CASTAING, président du S.L.A.M., sera à la tête d'une trentaine d'Experts de la Ligue Internationale du Livre Ancien. Librairies Parisiennes : Les Argonautes - Alain BANNIER - Alain CAMBON - Anne LAMORT - MOORTHAMERS - Olivier PINGEL - Etc... / Librairies de Province : Stéphane AVERTY (Vence) - Jean-Michel BELLE (Nice) - Eric CASTERAN (Toulouse) - Léoda
SCALE, Librairie QUADR'ARTS (St. Saturnin les Apt) - WALDEN (Caen) - Etc...
Lourmarin recevra, pour la première fois Donald JOHANSON, un Libraire américain de Baltimore, et deux Libraires Suisses, Werner SKORIANETZ de Genève et Ben HARTEFELD de Fribourg. Ainsi que d'autres Librairies Européennes : Luisa et Giorgo NEGRO, de Venise - Ana BALLAGUE, de Barcelone; Nicholas MAC CONNELL, du Royaume-Uni - Etc...

Tous ces Libraires proposeront une superbe sélection de livres Anciens et Modernes, d'Editions Originales, de livres de Peintres et de Graveurs, d'Histoire, de Sciences, de Voyages, de Topographies... Alain Bannier de Paris, présentera une gamme impressionnante de Jules VERNE et de Cartonnages polychromes du XIXème siècle. C'est dire que toutes les disciplines de la Bibliophilie seront représentées. Les amoureux des livres pourront aussi trouver des prix plus modestes au traditionnel marché des Bouquinistes, venus d'une trentaine de départements, mais aussi de Belgique et du Luxembourg...

Venez tous vous joindre à cette fête du livre, vous passerez tous un moment Magique !

Entrée et Parking gratuits - Taxis-navettes, à prix partagés, au départ d'Avignon TGV.

Renseignements : Association Luberon Montagne Magique 06 71 65 26 45 - rarebooksinprovence@wanadoo.fr ou lancienlivre@wanadoo.fr

H

lundi 31 août 2009

Charles Motteley et les Elzevirs

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Nous retrouvons ce soir Rémi, qui nous présente un de ses ouvrages.

"Je propose de partager avec vous une acquisition effectuée il y a quelques mois sur ebay, pour une somme toute modique, et qui intéresse, je pense, les bibliophiles que nous sommes. Il s’agit d’une brochure de Charles Motteley, publiée en 1847, et intitulée Aperçu sur les erreurs de la Bibliographie spéciale des Elzevirs.
Le bibliophile Charles Motteley possédait, dans la première moitié du XIXe siècle, l’une des collections les plus importantes d’ouvrages hollandais de petit format, dont bon nombre sont sortis des presses des Elzevier. Motteley avait vendu une partie de sa collection en 1824, mais l’essentiel sera dispersé lors d’une seconde vente en 1848. Sa collection et ses compétences avaient fait de Motteley le plus fin connaisseurs des Elzevier et de leurs imitateurs.
Dans cet Aperçu sur les erreurs de la bibliographie spéciale des Elzevirs Motteley corrige les bibliographes qui l’ont précédé – notamment Brunet et Bérard. Il écrit ainsi dans l’avertissement : « Aidé de notre faible instinct, d’une certaine expérience, mais surtout d’une bibliothèque elzévirienne que l’on chercherait peut-être vainement ailleurs, nous avons cru pouvoir asseoir notre jugement sur de nombreux objets de comparaison ». L’ouvrage est ainsi construit : le titre de chaque édition est donné, suivi éventuellement de l’avis de Brunet ou de ses confrères bibliographes, puis de l’opinion de Motteley, qui rectifie les attributions en se basant sur le matériel et le « style » typographique, donnant au passage un certain nombre d’indications historiques sur les différents imprimeurs cités.
L’ouvrage est modeste : il ne comporte qu’une quarantaine de pages et n’a aucun caractère d’exhaustivité. Motteley y démontre son érudition, ses compétences et son œil typographique, mais, par sa faible ampleur, l’ouvrage peut paraître décevant. Cela s’explique aisément : en réalité, plutôt qu’une œuvre achevée et complétée, le texte de Motteley est un véritable programme bibliographique. Dans l’avertissement, après avoir cité les érudits qui se sont intéressés aux Elzevier (« MM. Adry, Peignot, Beuchot, Nodier, Bérard, Jacob (de la Haye), Pieters, Dodt van Flensburg, Rammelman-Elsevier, de Reume… »), Motteley en appelle à une étude physique des ouvrages, qui complètera les seules analyses littéraires ou esthétiques. S’il n’utilise pas l’expression de « bibliographie matérielle », il en a déjà l’idée et emploie un terme curieusement proche : « malheureusement tous ces savants […] ne nous ont pas fait connaître avec la même exactitude la typographie matérielle des Elzevirs. C’est cependant là le point essentiel sous le rapport de la bibliographie ». Motteley appelle ainsi ses confrères à « passer en revue toutes les jolies éditions hollandaises et belges du XVIIe siècle, pour arriver à une bibliographie spéciale des Elzevirs et de leurs annexes, aussi parfaite que possible ». Motteley mourra en 1856 sans avoir vu son vœu exaucé. Son point de vue sera pourtant entendu, puisque trente plus tard, paraîtra la véritable somme d’Alphonse Willems, qui demeure incontournable : Les Elzevier : histoire et annales typographiques (1880).
L’Apercu de Motteley paraît relativement rare. Le catalogue joint à la fin du volume, mentionne la justification : un exemplaire unique sur peau de vélin (aujourd’hui conservé à la réserve de la Bibliothèque nationale sous la cote RES-Q-695) , 15 exemplaires numérotés sur papier bleu, 30 exemplaires numérotés sur papier superfin de Hollande, et 200 exemplaires sur papier ordinaire, soit 246 exemplaires mis en vente par l’éditeur. Mon exemplaire a cependant une particularité intéressante : il est imprimé sur papier de chine, et porte un titre à l’encre rouge. Au verso du dernier feuillet se trouve imprimée la phrase suivante : « il n’a été tiré que 2 exempl. sur papier de chine », suivie du chiffre 2, numéroté à la presse (les exemplaires courants sont numérotés à la main). Les deux exemplaires sur papier de chine, qui ne sont pas mentionnés dans la justification, constituent donc très probablement un tirage hors commerce, peut-être destiné à l’auteur lui-même ou à son éditeur."

Merci Rémi,

H

dimanche 30 août 2009

Le Bon Homme Misère

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Peu de choses sur ebay, en effet, j'ai juste trouvé ceci il y a quelques jours:
L'Histoire Nouvelle et Divertissante du Bon Homme Misere,... etc. A Caen, chez Chalopin, pour 18 euros. Je viend d'en terminer la lecture, elle est amusante. Je crois que c'est un classique du colportage.
H

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonjour,

Dimnanche, jour de chine et je reviens déjà à 9h de ma petite tournée de chineur. Bredouille comme toujours en ce qui concerne les livres anciens. Comme d'habitude, je termine cet exercice par un petit tour sur ebay, et vous fait partager quelques trouvailles:












Bonne chasse!

H

vendredi 28 août 2009

Verlaine Bibliophile

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je cède ce soir la parole à Jean-Paul, qui vous propose un texte sur Verlaine et ses biblio-sonnets...
"Vers la fin du mois de septembre 1895, Paul Verlaine (1844-1896), malade et sans un sou, essayait de revendre à des libraires parisiens des volumes dédicacés par ses amis écrivains. C’est chez le libraire Chacornac, quai Saint-Michel, qu’il rencontra un homme de lettres, Paul-Louis Dreyfus Bing (1852-1913), dit Pierre Dauze, très lié avec Anatole France, fondateur de la Revue biblio-iconographique, qui lui proposa de composer une série de 24 sonnets sur des sujets bibliophiliques assez précis : publiés chaque semaine, ils lui seraient payés 10 francs chacun. Après leur publication dans la Revue, les sonnets seraient rassemblés en une plaquette tirée à petit nombre (131 exemplaires). Emporté par la maladie, Verlaine ne put fournir que 13 sonnets.

Voici celui que la Bibliophilie:

« Le vieux livre qu’on a lu, relu tant de fois !
Brisé, navré, navrant, fait hideux par l’usage,
Soudain le voici frais, pimpant, jeune visage
Et fin toucher, délice et des yeux et des doigts.

Ce livre cru bien mort, chose d’ombre et d’effrois,
Sa résurrection « ne surprend pas le sage » ;
Qui sait, ô Relieur, artiste ensemble et mage,
Combien tu fais encore mieux que tu ne dois.

On le reprend, ce livre en sa toute jeunesse,
Comme l’on reprendrait une ancienne maîtresse
Que quelque fée aurait revirginée au point ;

On le relit comme on écouterait la Muse
D’antan, voix d’or qu’éraillait l’âge qui nous point :
Claire à nouveau, la revoici qui nous amuse. »

Les autres sujets étaient les suivants:
Bibliomanie
Bibliothèque
L’arrivée du catalogue
Edition originale contemporaine
Désappointement
Pauca mihi
Les quais
Bibliophobes (2 sonnets)
Bibliotaphe (3 sonnets)
Sous le titre de Biblio-Sonnets. Poèmes inédits, le recueil sous emboîtage ne parut qu’en 1913 chez H. Floury. Après une préface posthume de Pierre Dauze, datée du 11 janvier 1896, sont reproduites 20 lettres de Verlaine écrites entre le 12 octobre 1895 et le 7 janvier 1896, veille de sa mort. Le volume est illustré avec 1 vignette, 13 bandeaux et 14 culs-de-lampe gravés sur bois par le genevois Richard Ranft (1862-1931). Un tirage spécial était réservé aux membres de la Société « Les XX », fondée par Pierre Dauze en 1897.