« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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dimanche 11 mai 2008

Ne pas confondre Restauration et fast-binding...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

La France est au ralenti, le blog aussi. Je vous propose simplement un petit débat suite au message laissé par Bertrand :

Que pensez de ceci :

http://cgi.ebay.fr/NOUVELLE-PRATIQUE-CRIMINELLE-et-BENEFICIALE_W0QQitemZ220233933506QQihZ012QQcategoryZ34188QQssPageNameZWDVWQQrdZ1QQcmdZViewItem

Jean-Paul écrit que ce n'est pas une restauration. J'ai tendance à penser que l'auteur est convaincu qu'il a effectué une restauration, la preuve, le soin qu'il a mis : contrecollage de la page de titre, "scotchage" des pages intérieures, et surtout ce superbe rendu sur la reliure elle-même.

Que faire (à part laisser ce genre de livres où ils sont), que penser (à part du mal)? Ce qui est le plus inquiétant, c'est que cette fois-ci l'ouvrage "restauré" n'est pas important, mais on peut imaginer que la démarche aurait été la même sur un ouvrage de grande valeur.

Question : est-ce un professionnel qui a produit ceci ou un amateur?

Autre question : j'ai répondu à la petite enquête de Fedora sur le métier de relieur. En y réfléchissant, je me suis aperçu que mes expériences auprès des relieurs et restaurateurs/trices avec toutes été positives (il est vrai que je confie mes livres à la BNF ou quasiment...), et que le seul problème au fond, et il est de taille, ce sont les délais. C'est souvent pour cela que je n'achète plus de livres nécessitant de restauration : pas rentable dans 99% des cas, et surtout long, très long, trop looooong...

H

21 commentaires:

Anonyme a dit…

Un restaurateur est long, très long, car il ne travaille pas à la chaîne, mais au cas par cas. Et surtout, il ne le fait qu'avec ses mains sur une piéce unique. Pour rappel un livre relié c 'est 70 étapes pour le réaliser. Une restauration c'est encore plus de travail : déconstruire, restaurer, reconstruire à l'identique ; pour résumer, bien sûr. Michel.

Hugues a dit…

Certes, d'ailleurs je ne dis pas que ce délai est toujours injustifié, je constate simplement qu'il peut être dissuasif, comme c'est le cas pour moi.
Pour que je mette 200-400 euros de restauration dans un livre, il faut que sa valeur soit au moins du double et que son prix d'achat soit ridicule, sinon, je ne vois pas l'intérêt (à moins que le livre n'ait un autre intérêt, affectif par exemple, mais là tout devient subjectif).
La restauration coûte cher, et le délai peut être dissuasif, c'est vraiment une décision à prendre après mûre réflexion.
Dans la plupart des cas, il faut bien l'avouer, mieux vaut laisser l'ouvrage détérioré au vendeur et garder ses deniers pour un achat en meilleure condition. Non?
Hugues

Olivier a dit…

Bonsoir à tous,
Réaction rapide de quelqu'un qui n'est absolument pas bibliopégimane : c'est vraiment repoussant...!
Je prévois de faire relier (pas restaurer) des livres qui me sont chers ou qui sont d'intérêt bibliophilique. Je prévois (dans la mesure de mes moyens, limités) une reliure sobre, fonctionnelle mais élégante.
Là on est dans le pastiche grotesque : lorsque la reliure a disparu mieux vaut offrir un nouvel écrin.
Encore une fois, je suis peu sensible aux reliures. Du moins je n'achète pas de "reliures" de livres qui me semblent de peu d'intérêt. Je peux, par contre, acheter des "impressions" (chacun son vice...)
Un exemple? Le "vilain" (trop court, incomplet, dans une reliure moderne, etc. [que celui qui n'a jamais pêché me lance un incunable]) "Hortulus Animae" dont j'ai parlé il y a quelques jours se trouvait sur le même étal qu'une reliure (en parfait état) 17ème "à la Gruel" d'un livre sans intérêt (pour moi). Le second était moins cher que celui que j'ai acheté et pourtant je n'ai pas hésité et je ne le regrette pas (il semble que ces ouvrages populaires ne soient vraiment pas courants).

Reste que je suis preneur de tout conseil quant à la reliure adéquate (pour des 16èmes illustrés): c'est mon cadeau d'anniversaire...

Olivier

PS (à Jean-Paul et aux autres) : je viens de vous "terminer". Le plaisir ne fut pas démenti. J'ai même trouvé dans votre chapitre consacré aux reliures un "neveu" d'un livre de ma bibliothèque (une de mes rares "reliures" d'intérêt bibliopégimane) : un volume in-quarto aux armes de la famille Colbert. En l'occurrence je crois qu'il s'agissait de l'oncle (sans avoir vérifié) du "célèbre" Colbert, archevêque de Toulouse. Le volume n'est pas parfait (et mériterait une restauration du dos pour un bibliopégimane) mais ce qui m'a fait l'acheter (20 euros même un non-croyant [en la reliure] n'hésite pas...) est le motif de couleuvre qui parcourt non seulement les armes mais aussi le dos.

PS (bis) : j'ai finalement fait long et m'excuse par avance pour les fautes passées et à venir...

Hugues a dit…

Euh Olivier, passons sur le Gruel "17ème", qui est un peu anachronique, mais je ne suis pas certain de bien vous comprendre, que voulez vous dire par une reliure "à la Gruel". Un maroquin janséniste?
S'il était en parfait état, et 17ème, ça vaut quand même le coup d'oeil, non?
Hugues
(ça commence à me faire envie, ces puces toulousaines...)

bertrand a dit…

Merci à Hugues d'avoir relancé ce débat qui se suffit à lui-même.

Si cela ne vous ennuie pas, je tiens cependant à préciser que ma question de départ n'était pas tant de savoir s'il fallait ou non entreprendre une restauration de reliure sur un ouvrage ancien mais bien de savoir, si, la méthode qui consiste à vouloir conserver à tout prix des petits morceaux de reliure ancienne (même infimes comme des bouts de dos, des bouts de plats, etc), était une bonne méthode, une bonne pratique ou si cela touchait au ridicule, comme je le pense de mon côté. Et pourtant je crois bien savoir que c'est la méthodologie mise en oeuvre par la majorité des officines officielles pour la conservation du livre (BNF en tête).

Si je me trompe, qu'on me détrompe... CQFD (sourire).

Bertrand

Jean-Paul a dit…

La règle de base pour la restauration de reliures et dorures anciennes est la suivante :
"-restaurer la reliure ancienne lorsque l'opération est possible techniquement.
-sinon conserver obligatoirement le maximum des éléments de la reliure originelle (carton, cuir, gardes, tranchefiles, etc) et les réinsérer dans une reliure neuve , sauf si ces matériaux sont très endommagés :
-dans ce dernier cas, et dans ce cas seulement, conserver les éléments de l'ancienne reliure à part dans la boîte de conservation de l'ouvrage.
-les opérations sont discrètes et réversibles."

Intérêt évident aujourd'hui de conserver les éléments non réintégrés de l'ancienne reliure : possibilité d'étudier leur nature,leur origine, leur vieillissement,les causes de leur destruction etc...

Anonyme a dit…

Je précise certaines choses :
1. la restauration n'est pas toujours justifiée.
2. Je préfére une reliure d'époque à une reliure moderne n'ayant aucun rapport avec l'histoire du livre, son contenu ; c'est anachronique.
3. on ne conserve pas les reliures pour nous. Mais pour les futurs historiens des techniques de reliure, des techniques bibliophiliques, etc.
4. heureusement que des ancêtres l'on fait, car on n'aurait aucune histoire sur les reliures : pour mémoire qui est le Gascon ? je pense qu' étudier sa technique permettra de faire avancer le problème.
5. bref, notre vision est celle du XXIe siècle, alors je n'ose imaginer celle du XXIIe.
6. les recherches sur la restauration sont au début et elles évoluent rapidemment.
7. il vaut mieux ne rien restaurer mais conserver : une boîte suffit.
8. défendons notre patrimoine, il n'y a pas de petit livre. pour mémoire les livres de jules verne, dans les années 60, était boudés.
9. dans le doute on s'abstient.
10. Personne ne détient la vérité. Mais, il y a sûrement des vérités.
Michel.

Anonyme a dit…

"10: Personne ne détient la vérité. Mais, il y a sûrement des vérités."


Elle est bien bonne celle là. Pensez vous que c'est une vérité en disant celà? C'est du même genre que "il est interdit d'interdire", etc...

S'ils y a des vérités différentes, elles se contrediront donc certaines seront fausses....

Anonyme a dit…

Pour olivier,
Essaye de garder les élèments de la reliure, pas pour toi, mais pour les futurs historiens des matériaux de la reliure. La codicologie des coutures permet d'identier un type de travail, voir d'artisan. Les reliures dites de Lyon en son l'exemple parfait, et elles sont reprises actuellement par des relieurs d'art pour leur qualité technique. Quand au pastiche, je te met au défit d'identifier deux reliures parchemin du XVIe dont une d'époque et l'autre réalisée maintenant. Comme je disais, plus haut, les techniques évoluent rapidement. Merci jean-paul pour vos vérités, j'approuve tout vos commentaires sur la restauration. Sortons de nos ateliers et diffusons nos savoirs.
Michel.

Olivier a dit…

Rebonsoir,
Pour Hugues : Aargh! il fallait lire, comme pour mes fautes d'orthographe et d'inattention liées, entre autres, à celui qui occupe mon autre bras "a la Du Seuil". Ma réaction : oui c'était beau, dans un maroquin brun mais, cela "m'en a touché une sans faire bouger l'autre" pour un office de la semaine sainte (bien imprimé)... Si cela vous tente, j'appelle le libraire...
Pour Michel :
1) pour le pastiche grotesque je parlais de l'exemple "proposé" par Bertrand.
2) Quant aux reliures que j'envisage il s'agit d'exemplaires sans reliures ou auxquelles ne demeurent qu'un plat (qui a l'avantage de laisser penser qu'il est (comme les coutures) d'époque pour les exemplaires concernés). Sans connaissances techniques, j'ai du mal à me rendre compte de l'importance de ce qui demeure (mais tout cela n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd et tout sera conservé et accompagné d'une notice).
3) J'entends, dans le sens le plus vrai, votre requête. Contactez moi (via Hugues) en bilatéral pour me fournir des adresses de relieurs toulousains aptes à travailler dans "les règles de l'art" ou/et pour me donner votre avis sur les exemplaires en question.
4) dans le "rien ne se perd rien ne se créé tout se transforme" qui nous occupait il y a quelques jours, il me semble que le post d'aujourd'hui s'approche au plus près de la citation (même apocryphe).
Bien à tous,
Olivier

Anonyme a dit…

Olivier mes coordonnées sont envoyés à Hugues. Au plaisir, michel.

Anonyme a dit…

bonjour,
Une reliure restaurée doit aussi l'être avec goût, encore faut-il qu'elle en vaille la peine.
Je fais restaurer mes reliures si l'absence de réparation à l'usage risque d'aggraver les dommages. (mors fendus par exemple, dos qui se détache..). Mais je préfère conserver un de mes livres du début XVIe dans sa reliure estampée à froid fragile en l'état. Je pourrait lui offrir une boîte mais si je devais le manipuler souvent je le ferais restaurer.
Pour des reliures délabrées ordinaires je choisis une nouvelle parure. Pour répondre à Olivier les livres du XVIe me paraissent bien dans un vélin souple à rabats. Les plaquettes révolutionnaires dans un cartonnage de papier marbré feuille de chêne, un ouvrage rare du XVIIIe dans une pleine peau janséniste, un ouvrage régionaliste du XIXe dans une toile ou une demi-chagrin. La dorure se limite au titre et à la date de l'ouvrage.
Je ne ferais pas restaurer une reliure signée restauration ou romantique. A mon avis leur délicatesse n'accepte pas de restauration et puis elles ne sont pas si rares qu'on le les trouve en bon état.
Personnellement je ne ferait pas réaliser une reliure d'art contemporaine sur un ouvrage ancien. Nos aînés l'ont fait et bien des splendides reliures XIXe remplacent aujourd'hui des reliures d'époque dont nous ignorerons toujours l'état.
A l'usage cependant je me vois mal conserver une pochette des défaits avec chaque livre. La photographie de l'ouvrage avant sa nouvelle parure me semble simple et facile à joindre au livre.
En un mot, quand je fais relier à neuf un livre ancien, nous essayons avec le relieur d'utiliser des matériaux et des techniques de l'époque pour une "parure" sobre, inspirée mais non imitation, évitant le pastiche décoratif.
Lauverjat

JP Mertens a dit…

Bonjour,

Puisque vous soulignez l'importance du relieur, quelqu'un connaît-il un bon relieur qui fasse des restaurations et de nouvelles reliures de qualité à Bruxelles ? Merci d'avance.

Jean-Paul a dit…

Pour Mertens :
Emmanuelle Cheney
24 rue du Tabellion
Bruxelles

JP Mertens a dit…

Merci !

Anonyme a dit…

Bonjour,

Je consulte le blog chaque jour depuis plusieurs semaines. Je suis heureux de trouver une communauté même virtuelle d'amoureux du livre.

Je profile de ce post pour vous poser une question. Connaîtriez-vous des noms de relieuses de qualité sur Paris ? Pourquoi ce féminin ? Rassurez-vous, c'est en tout bien tout honneur. Je collectionne les écrits de femmes et j'envisage de confier certains exemplaires à relier à des femmes.

Merci d'avance pour votre aide.

Hugues a dit…

Bonjour cher Anonyme (merci de laisser un prénom ou un pseudo en fin de vos messages, pour faciliter les discussions).
Une relieure (une "relieuse" est une machine) à Paris?
Contactez Fedora Ploge de ma part à fedora86@hotmail.fr
J'ai d'ailleurs fait son portrait sur le blog.
Hugues

Un ami de Brassens a dit…

Au risque de me faire quelques ennemis, je dois bien dire que là je ne peux pas passer outre...

Je m'explique.

Je cherchais des exemples de reliures restaurées "par des professionnels" ou indiquées comme tel, ou bien encore des reliures refaites non mentionnées comme tel.

C'est chose faite ce soir.

Sans faire de la pub pour un libraire en particulier (d'ailleurs ce petit commentaire est tout sauf de la pub...), je vais être obligé de vous citer les adresses internet pour que vous voyiez bien ce que je veux dire.

Il se trouve que sur Ebay un vendeur, connu de beaucoup ici je pense, propose des livres, en achat immédiat la plupart du temps, jusqu'ici rien que de très normal.

Là où le bas blesse. Lisez l'annonce suivante :

http://cgi.ebay.fr/J-DE-LA-FONTAINE-LES-OEUVRES-POSTUMES-1696-E-O_W0QQitemZ160237175733QQihZ006QQcategoryZ34188QQssPageNameZWDVWQQrdZ1QQcmdZViewItem

livre présenté avec une photo assez petite pour ne pas y distinguer trop de détails mais suffisante pour y distinguer.

1. que la reliure n'a visiblement rien d'une reliure d'époque (vélin à nerf patiné ? armes sur le plat qui fait trop vraie pour être d'époque, un fleuron anachronique sur le dos entre des nerfs, 1 seul fleuron ? Jamais pareille idée ne serait venue à un relieur du XVIIè et pas plus que du XVIIIè s. Cette reliure m'a tout l'air d'être récente et n'est pas signalée comme telle dans le descriptif. Vous me direz que rien n'est dit, seulement un laconique : "Belle reliure plein vélin doré rigide." !!!

Soit.

On retrouve ce même livre, au même prix sur le site du libraire en question, ce qui est tout à fait normal, et vous pourrez voir ici une photo de plus grande taille qui vous permettra de juger de la reliure, ici :

http://www.livres-et-autographes.com/boutique/fiche_produit.cfm?ref=3192&code_lg=lg_fr&type=8&num=0

Que penser ? Ce libraire vend des produits de restauration de reliures anciennes (cires, éponges, etc) et divers produits dérivés (DVD sur la restauration d'un atelier de restauration de reliures anciennes bien connu (Olivier Maupin pour ne pas le citer).

Alors je vous laisse juge, et je dis attention, l'amalgame est vite fait entre libraire et restaurateur, qu'en est-il réellement ? Le libraire restaure-t-il lui-même ses reliures ? Fait-il appel aux services d'un restaurateur (voir toutes ces reliures en vélin patiné qu'il propose - étonnant la profusion de vélin du même type) ?? Si ce sont des reliures d'époque, pourquoi ne pas le dire haut et fort ?? Je suis très dubitatif.

Votre avis sur la question ?

PS : je ne sais pas si ce commentaire passera la censure, mais j'ai confiance. Mon but n'est pas de fustiger mais d'apprendre le bibliophile à être détrompé.

Signé un ami de Brassens et de St-Sulpice.

Jean-Paul a dit…

Effectivement, reliure douteuse...faux contemporain ou plutôt réemboitage...
Dans tous les cas, le libraire fait travailler un relieur, professionnel ou plus souvent amateur...
Le diagnostic ne peut se faire que l'ouvrage en mains.

PS l'ami de Brassens et Saint-Sulpice a-t-il un prénom ou un pseudonyme ? ce serait mieux, n'est-ce pas Hugues ? (sourires)

Un ami de Brassens a dit…

disons... Rocky. Ca va Rocky ?

Certainement influencé par le visionnage 4 semaines successives de la saga stallonienne... eh oui !! je sais personne n'est parfait.

En même temps, je regarder Stallone et pourtant quand une reliure n'est pas d'époque je le signale !

Amitiés, Rocky

Anonyme a dit…

Bonjour, je peu vous dire qu'un vrai restaurateur de livre maitrise l'histoire du livre et ne ferais pas d'erreur d'époque. Le problème mérite d'être approfondi. Michel GUERACH.

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