« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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mercredi 17 novembre 2010

Amis Bibliophiles bonsoir,

L’exposition “France 1500, entre Moyen Age et Renaissance” bat son plein au Grand Palais à Paris. Elle présente les différentes facettes de l’explosion artistique de cette époque charnière et s’attarde sur ses déclinaisons régionales. Les merveilles exposées sont nombreuses et variées, peintures, sculptures, vitraux, tapisseries, émaux, orfèvreries, mobilier... Beaucoup de choses à voir dans un parcours agréable et aéré.
Et le livre me direz vous? Il se taille en quelque sorte la part du lion. 

Une quarantaine de manuscrits enluminés s’offrent à nous. Le domaine du livre ayant été très encouragé par le roi, citons parmi les enlumineurs les plus célèbres Jean Fouquet, Jean Poyet ou Jean Bourdichon auteur des Grandes Heures d’Anne de Bretagne dont parle Proust dans sa “Recherche”. 
Les artistes locaux sont représentés par Jean Pichore à Paris, l’extraordinaire Jean Colombe à Bourges ou par exemple Robinet Testard à Cognac. L’exposition ménage aussi une place à la “révolution de l’imprimerie” et à l’apparition de la gravure dans les livres imprimés qui cohabitent avec l’enluminure. 
Tout d’abord dans les livres d’heures où se retrouvent peintres et enlumineurs déjà connus. Ces livres combinent gravures sur bois et gravures sur métal (cuivre probablement). Dans les deux cas il s’agit d’une gravure  en relief et d’une impression typographique. On retrouve le style de l’enlumineur Jean Ypres dans la production de Simon Vostre imprimée par Philippe Pigouchet.

Parmi les incunables présentés “la mer des hystoires” parait être le plus impressionnant. Ce grand in-folio sur vélin fut imprimé à Paris en 1488-1489 par Pierre Lerouge pour Vincent Commin. Enluminé, il est le premier des livres imprimés entré dans la bibliothèque du roi Charles VIII.
La gravure en feuille est plus rare en France qu’ailleurs et mal connue. Trois de ces grandes images xylographiques rehaussées sont présentées ainsi qu’une quatrième collée au fond du couvercle d’un coffret. Il semble finalement que ces coffrets dits “de messager” aient été destinés à servir d’écrin à des livres. A côté de la production parisienne de ces images, l’exposition présente des planches reconstituées des cartiers lyonnais.
La reliure de l’époque est représentée par un petit échantillon de cinq livres dont un couvert de damas rouge vers 1508-1512. Comme le précise le catalogue les reliures aristocratiques étaient le plus souvent constituées ou recouvertes de textiles précieux, velours, satins, soies, damas, tissages le plus souvent, plus rarement broderie. Les quatre autres reliures, dont deux de l’atelier de Simon Vostre, font appel à l’estampage à froid et à l’apparition de la dorure.

Mais vous ne quitterez pas cette exposition sans remarquer l’omniprésence du livre dans la représentation sculptée ou peinte. En particulier cette reliure aumônière de cette Vierge à l’enfant (Notre-Dame de Grâce) de Toulouse.

Le catalogue de l’exposition, grand in-4° carré de 400 pages est abondamment illustré et scientifiquement rédigé.  Toutes les photos de ce billet en sont issues. Il est destiné à tous les amateurs  qui ne pourront pas s’offrir le livre d’heures par le “maître de Liénard Baronnat” (Paris 1500, justement) en vente chez Tajan le 17 novembre .

Lauverjat

Merci Lauverjat,
H

6 commentaires:

Pierre a dit…

Jolie visite Lauverjat. Le catalogue m'intéresserait mais je ne peux être à Paris avant quelques temps et il sera vraisemblablement épuisé d'ici là.

Il ne me reste plus qu'à faire une enchère pour le livre d’heures en vente chez Tajan le 17 novembre . Pierre

Textor a dit…

Merci Lauverjat pour cette présentation synthétique d'une exposition-fleuve. C'est vrai que le bibliophile ne s'y sent pas dépaysé !

Il y a notamment cinq œuvres de Guillaume II Le Roy, peintre et graveur que je traque depuis quelques temps pour identifier des gravures figurant dans un de mes ouvrages.

Au fil des découvertes des oeuvres de cet artiste, il sort peu à peu de l'ombre. Dans l'expo qe j'avais vue en 1993 à la BN sur les Manuscrits à Peintures en France, il était encore le mystérieux Maitre au Nombril, ainsi nommé car il prolongeait le nombril de ses personnages d’un fort trait vertical.

17 ans plus tard, il est désormais identifié à Guillaume II, fils du premier imprimeur lyonnais. Il a fait une carrière prolifique et inégale, utilisant plusieurs supports de diffusion, en particulier l’illustration gravée du livre imprimé, domaine dans lequel il a collaboré presque exclusivement avec les libraires Etienne Gueynard et Simon Vincent.
Pour les Métamorphoses,(Cat 104) il s’est inspiré sans originalité du modèle vénitien, mais là où les artistes italiens plaçaient leur gravures au fil du texte pour le résumer, il choisit d’illustrer le premier épisode de chaque livre. Dans mon Térence aussi, les gravures sont en tête de chaque livre dans une organisation de la page très similaire.

J'y ai aussi trouvé un Manipulus Curator rouennais, à une autre adresse mais proche d'une impression sur laquelle je fais des recherches en ce moment.

Textor

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Je croyais que la gravure en taille-douce, dans les livres, était apparue à Londres en 1545 chez John Hertford dans sa version du "De humane corporis" , à Lyon en 1546 chez Balthazar Arnoullet (58 portraits par Claude Corneille dans l'"Epitome")et en 1558 à Anvers chez Christophe Plantin ....
me plantais-je ?...

Le Bibliophile Rhemus a dit…

ô! vieillesse ennemie !
j'ai la mémoire qui flanche...
Le plus ancien livre français avec des gravures en taille-douce hors-texte a été imprimé à Lyon en 1486 : les "Saintes pérégrinations" de Breydenbach.

mea culpa, mea maxima culpa.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Faux Bibliophile Rhemus !

Il s'agit des "Pérégrinations" par Nicolas Le Huen, adaptation de la relation du pélerinage de Breydenbach (imprimée en 1486 à Mayence), imprimées à Lyon en 1488 par Michel Topié et Jacques Heremberg où on trouve 7 gravures sur cuivre en taille-douce, premier livre avec gravures en taille-douce en France.
(Estelle Leutrat "Les Débuts de la gravure sur cuivre en France", Droz)

je vais me recoucher ....

Textor a dit…

Jean Paul, il faudrait peut-être reclasser vos fiches dans l'ordre chronologique ! ;)
Mais bon, je n'aurais pas eu la réponse, ni du premier coup, ni du troisième !!
Textor

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