« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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samedi 24 mars 2012

Testament bibliophilique... "mes livres qui ont fait le bonheur de ma vie..."

Amis Bibliophiles bonjour,

C'était une belle vente (Alde, 22 mars 2012), assurément une belle bibliothèque, très homogène (consacrée à Jean de La Fontaine) et François Teitgen était sans aucun doute un vrai bibliophile.

La lecture du catalogue est très douce, bien sûr, mais c'est la dernière volonté de François Teitgen qui m'a marqué et que j'avais envie de partager avec vous aujourd'hui:

"(que) mes livres qui ont fait le bonheur de ma vie
 n'aient pas la froide tombe d'un musée et le regard bête du passant indifférent
 et je demande qu'ils soient tous éparpillés 
sous les coups de marteau des commissaires-priseurs, 
et que la jouissance que m'a procurée l'acquisition de chacun d'eux soit redonnée 
pour chacun d'eux à un héritier de mes goûts".

Sa volonté a été respectée, l'un de ses ouvrages va rejoindre ma bibliothèque. J'ai le sentiment que chaque bibliophile se reconnaîtra dans ces quelques lignes, non?

H

11 commentaires:

calamar a dit…

Nous avions tous eu le même sentiment en lisant ce préambule, sans doute.
Mais restera-t-il une trace de cette bibliothèque (à part le catalogue) ? y a-t-il une marque distinctive, qui permettra dans la suite de dire : tel livre vient de sa bibliothèque !
mettra-tu une fiche dans le livre, qui indiquera sa provenance ?

Hugues a dit…

Bonjour Calamar,
Je n'ai pas encore le livre, j'imagine qu'il est porteur d'un ex-libris. Si ce n'est pas le cas, il est probable que je mette la provenance et le n° du catalogue dans ma fiche.
Après... à part un beau catalogue, faut-il vraiment laisser une trace? :)
Hugues

Olivier a dit…

Une trace sur internet est indélébile...
En passant, il y a longtemps on m'a offert (rien à voir avec la bibliophilie à l'époque) un embosseur à l'initiale de mon prénom. Je ne l'ai jamais utilisé.
C'est pire ou pas qu'un point de colle pour un ex-libris?
Olivier

calamar a dit…

indélébile ? on verra dans 200 ans... ou sans doute moins.

Olivier a dit…

On en reparle à ce moment là ;-)
En attendant (sans être prosélyte loin de là) j'ai du mal à voir comment des 0 et des 1 vont se perdre.
Du papier journal par contre...

Olivier

Daniel a dit…

Pas évident de se reconnaître dans ces lignes, si le bibliophile a mis une vie à rassembler un ensemble de livres d'un certain auteur, d'un certain sujet, et que l'ensemble devient une entité cohérente, faut il la disperser, en faire don ou la vendre à une institution ? Nous pourrions considérer que c'est perdre l' énergie de la vie d'un homme, que de disperser ce qu'il a mis une vie à rassembler intelligemment...Je me suis posé plusieurs fois la question, quand des ensembles me semblent vraiment cohérents, je les propose à des institutions en premier lieu, mais avec bien peu de succès. Je viens par exemple de rentrer tout récemment la bibliothèque du professeur Monoyer, célèbre professeur en ophtalmologie dont le nom est encore connu de tous les opticiens, inventeur entre autre de l'Echelle Éponyme qui nous sert à tester la vue et de la dioptrie unité de mesure des verres de lunette, j'ai dispersé quelques livres hors sujet, mais pour les dizaines de thèses, de livres d'ophtalmologie parfois annotés, que faut il faire ? La réponse pratique est de disperser, la réponse raisonnable en terme de patrimoine serait de vendre à un musée ou une institution en bloc, mais cela dormirait également dans les étagères, et les budgets ne sont pas toujours à la hauteur. La solution retenue est souvent de créer le chaos pour que se reforment de nouveaux ensembles...

Daniel B.

Bernard a dit…

Si les bibliothèques ne sont pas dispersées, comment assouvir notre passion? Un livre qui rentre dans un fond public n'en sort plus. Ces fonds peuvent utiliser leur droit de préemption.

Pierre a dit…

Cette dernière volonté me semble cohérente avec la façon de penser de son propriétaire. A quoi bon laisser une trace de son passage alors que l'on n'a fait que rassembler quelques livres rares et précieux ? Ils feront le bonheur d'un nouveau propriétaire qui les rassemblera de façon différente et qui les aimera de la même façon.

On peut simplement objecter à ce propriétaire que les visiteurs des musées n'ont pas tous le regard bête et indifférent ;-)) Pierre

Daniel a dit…

Effectivement la dispersion pose plus de questions éthiques avec une bibliothèque d'étude d'un intellectuel ou scientifique, reflet du cheminement d'une pensée, ou avec une archive, reflet du cheminement d'une entreprise, qu'avec une bibliothèque de bibliophilie, simple collection de livres rares.
Imaginons que nous ayons gardé intacte les bibliothèques des grandes personnalités littéraires,scientifiques.. et historique,des siècles précédents cela faciliterait grandement l'analyse de leurs oeuvres et les recherches des historiens sur leurs cheminements intellectuels et leurs époques.

Daniel B.

Benoît a dit…

Pardon d'enfoncer (je crois) une porte ouverte, mais comme je ne l'ai pas vu dans le texte de cet article, les mots repris par ce vendeur sont ceux, je crois, d'un des Goncourt en semblables circonstances...

Anonyme a dit…

ce ne sont pas les mots de Goncourt, mais c'est l'esprit.
Et c'est l'esprit que devrait avoir tout bibliophile. Le bibliophile qui fait don de sa passion à un musée est un salaud car il tue ce qui l'a fait vivre.

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