« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier
"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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dimanche 10 novembre 2013

Promenade de bibliophile: Strasbourg, ville de livres, Gutenberg, ses librairies et ses musées

Amis Bibliophiles bonjour, 

Un voyage familial à Strasbourg le temps d’un court congé de fin de semaine fut aussi l’occasion de redécouvrir une ville du livre.

Gutenberg par David d'Angers
Ici Gutenberg fit ses premières armes et sa statue au centre de la place éponyme rappelle qu'il travailla dans la ville de 1430 environ à 1444. Il quitta la ville après le procès qui suivit le décès d’un de ses associés. 

La statue est l’œuvre de  David d’Angers, portrait idéalisé bien sûr, car comme chacun sait, il ne subsiste aucune représentation d’époque des traits de l’inventeur de l’imprimerie typographique.

Son histoire est brièvement retracée au Musée historique de Strasbourg avec la présentation de quelques incunables et post-incunables et de matériel typographique regrettablement bien postérieur (une galée du XXe  siècle, une matrice de Monotype, un disque de Lumitype), mais point de reconstitution de presse par exemple. 


Une visite aux D.N.A. (Dernières Nouvelles d’Alsace) permet cependant de découvrir en vitrine une très belle presse métallique (XIXe siècle) à un coup de type Stanhope, de marque Foucher à Paris, ainsi qu’un rang typographique et ses divers accessoires qui voisinent avec un matériel informatique moderne.

Pour les incunables, je n’ai pas vu les 2098 exemplaires que renferme aujourd'hui la Bibliothèque nationale universitaire de Strasbourg (seconde bibliothèque de France par l’étendue et la diversité de ses collections), mais je regrette encore les 300 000 volumes incendiés en 1870. L’édifice qui succéda à cette bibliothèque disparue est un gros bâtiment de style prussien  actuellement sous les échafaudages.


Les libraires s’étaient donnés rendez-vous ce jour-là à Molsheim au salon du livre ancien où paraît-il des incunables se sont négociés. Samedi la librairie Gangloff place de la cathédrale était fermée, ainsi que la librairie de l’Amateur, rue des Orfèvres. En revanche "la Jument verte", rue des Juifs, dépouillée de beaucoup de ses trésors pour Molsheim présentait notamment un calendrier sur peau de vélin du XVe siècle, une édition de La Fontaine en deux volumes en maroquin mosaïqué de Koehler, ou une lettre autographe sur une séance de spiritisme de Huysmans truffant un exemplaire illustré de 1923  de « En ménage ». 


Non loin de là, la librairie d’occasion était aussi ouverte…avant cession de bail.

Les musées de la ville organisent de leur côté une exposition temporaire "Automne cuivré" sur la gravure au XVIIe siècle. Wenzel Hollar (1607-1677) qui travailla deux années à Strasbourg se taille la part du lion au Palais Rohan, dans les anciennes écuries puis bibliothèque aujourd'hui galerie Heitz. Mais le Musée des Beaux-Arts présente aussi des gravures et leurs versions  miniatures en couleurs sur vélin et le Musée de l’Œuvre Notre-Dame quelques productions strasbourgeoises de l’époque et un cuivre original en vis à vis de son tirage.


Place du château, l’Œuvre Notre-Dame, superbe Musée Moyen Age - Renaissance au demeurant, réserve aussi quelques plats de reliure médiévaux en ivoire et une intéressante représentation de bibliothèque sur un panneau peint du XVe siècle, tandis que le Musée des Arts décoratifs, son voisin au Palais Rohan,  présente une unique collection de reliures d’orfèvrerie du XVIIIe siècle et le Musée alsacien sur les quai de l’Ill, quelques ouvrages et imprimés plus populaires. 



Comme toujours j’ai longtemps admiré la Bibliothèque  des grands appartements des princes évêques, cardinaux  de Rohan. Les livres ne sont pas ceux d’origine mais offrent quelques agréables surprises de reliures ou de titres. La collection hélas semble plus être la proie de la poussière que le sujet d’un intérêt quelconque. Les quelques cartels subsistants palissent de vieillesse.

La pièce est cependant extraordinaire, les meubles d’origine,  en acajou sont surmontés de bustes à l’antique et  les sphères terrestres ou célestes qui ornent le centre de la pièce ajoutent à l’ambiance.


Bien sûr vous ne pourrez pas ignorer les autres merveilles de Strasbourg, sa cathédrale, la petite France, le mausolée du Maréchal de Saxe en l'église Saint-Thomas... un week-end n'y suffira cependant pas.

Lauverjat

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Merci pour la ballade!
On lira la biographie de Gutenberg de Guy Bechtel pour creuser un peu le travail effectué par Gutenberg à Strasbourg.
Enfin, on sait pas grand chose quand même!

Cordialement

Wolfi

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