« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier

"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

frise2

mercredi 13 février 2008

Demande d'identification

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Un jeune bibliophile gaulois cherche à identifier les éléments suivants :

- le cachet DM avec une croix au milieu, le tout enfermé dans un cercle (voir photo).

- l'ex libris manuscrit sur la page de titre de cet ouvrage, rédigé en latin qu'il ne parvient pas totalement à déchiffrer.

Ouvrage : DE REBUS GESTIS FRANCORUM. DE REGIBUS FRANCORUM par AEMILIUS (PAULUS PAOLO EMILIO), édition de Badius Ascencius dit Josse Bade, s.d. (1517). 1 volume in-folio.
Merci pour lui!

H

Exposition de reliures III

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je sais que vous aimez les belles reliures, en voici quelques unes, personnelles, ou provenant de la collection de Martin. Si vous avez une question précise sur une reliure, j'ai indiqué l'heureux possesseur par l'initiale de son prénom (M ou H).

vélin teinté du 18ème

vélin teinté du 18ème

Un vélin teinté du 18ème, assez étonnant, très rouge/rose. Ouvrage religieux (H)

plein maroquin rouge à fermoirs

Tableau de la Croix, 1651, plein maroquin rouge à fermoirs, relieur en cours d'identification (H)

Atelier des Caumartin

Les Pseaumes de David, mis en vers par Marot, 1658, Atelier des Caumartin (H)

reliure à compartiments, mosaïquée

reliure à compartiments, mosaïquée

reliure à compartiments, mosaïquée

Impression Vénitienne du 18ème, dans une reliure à la française, mosaïquée, "pointillée" (H)

maroquin bleu de Lortic

Daphnis et Chloé de Longus, maroquin bleu de Lortic, mon relieur préféré (M)


reliure en maroquin lavallière signé Reymann reliure en maroquin lavallière signé Reymann

L'éventail, par Octave Uzanne, 1882, reliure en maroquin lavallière signé Reymann, avec des éventails sur le dos et aux angles des plats (H).

maroquin rouge avec médaillon mosaïqué
La Française du Siècle, par Octave Uzanne, 1886, maroquin rouge avec médaillon mosaïqué signé Densk. (H)
maroquin rouge de Simier

Mérite des Femmes, maroquin rouge de Simier (M)

maroquin vert de Hardy

Les bijoux des neuf Soeurs, 1790, maroquin vert de Hardy (M)

maroquin vert de Thivet

Les Bains de Diane, 1770, maroquin vert de Thivet (M)

maroquin bleu de Thibaron-Joly

Le Temple de Gnide, 1725, maroquin bleu de Thibaron-Joly (M)

maroquin rouge de Reymann

Zélis au bain, 1762, maroquin rouge de Reymann (M)

maroquin bleu relié par Chamboll-DuruSuperbe... Idylles de Berquin , relié par Chamboll-Duru (M)


Voilà! Et vous constatez que Martin a de somptueuses reliures (privilège de marchand?), et qu'il sait mieux prendre les photos que moi!

H

PS : je crée un album Picasa ce soir. Bientôt la Saint-Valentin, c'est le moment de vous faire offrir un livre de Martin!

mardi 12 février 2008

La coterie des anti-façonniers de Bordelon

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Ils s'appellent Flamette, Polimine, Grimiane, Dodunet ou Marteole et se réunissent fréquemment en de doctes mais très décontractées assemblées. Non, il ne s'agît pas des pseudonymes utilisés dans la vraie vie par les lecteurs du blog à l'occasion des dîners des bibliophiles au Ragueneau... mais des sobriquets des membres de la coterie des anti-façonniers.
La quoi? La coterie des anti-façonniers, ou un cercle d'amis que décrit l'Abbé Bordelon dans l'ouvrage éponyme (Paris, Prault, 1716) et dont il est le fondatueur. Cette coterie est une société de gens à la manière du 18ème "qui s'assemblent de temps de temps, pour discourir, pour se divertir, pour s'instruire, ou pour s'amuser".

Cette coterie est composée de vingt personnes absolument, qui lorsqu'elles sont ensemble, sont "ennemies des cérémonies et des façons" et ne se contraignent en rien.

La sincérité et la simplicité règnent entre elles, et elles se retrouvent librement pour passer du temps ensemble.

Mais qui sont elles exactement?

1. Flamette : une jeune fille de 20 ans, légère...
2. Polimine : une femme mariée
3. Grimiane : veuve et prude
4. Dodunet : abbé
5. Marteole : religieux
6. Sapion : homme de robe
7. Ripatrope : médecin, chirrgien, apothicaire
8. Ponderode : marchand
9. Fureton : musicien
10. Paristan : Comédien
11. Fracastin : homme de guerre
12. Nosaine : homme de cour
13. Pipatou : auteur, savant, académicien
14. Grobisot : financier
15. Viantor : voyageur
16. Didorbec : libraire
17. Cardebatte : joueur
18. Scandide : poête
19. Pianlair : danseur
20. Lupinade : grand rieur et grand polisson

Bref, un joli tableau de la société parisiennne du Paris du début du 18ème.. J'aime particulièrement les "Grobisot", "Pianlair" et "Pipatou"! Comme souvent chez Bordelon, la lecture est très amusante, très plaisante... Grobisot cultive des citronniers, il a 698 enfants, et 2900 petits enfants, ce qui peine à remplir ses maisons de maître.

Lupinade, lui qui d'abord porteé la robe de bure mais qui désormais se livre à des plaisirs plus terrestres, etc., etc. Naturellement, comme souvent, le dessein de Bordelon est de dresser une satyre amusée des moeurs et des croyances de son époque, un régal.

Mais je dois vous laisser, en effet Bordelon annonce dans les dernières pages de son ouvrage l'arrivée de nouveaux membres dont il me faut faire connaissance : une géante ayant six rangs de dents dont elle se sert comme d'un xylophone, une beauté possèdant le secret de la fontaine de jouvence, et une muse dont le simple dialogue inspire les écrivains...

A quand une coterie des anti-façonniers à nous?

Ergo-gluc!

H

(L'ouvrage est rare... bonne chance).

lundi 11 février 2008

Petites Annonces n°1

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Voici les premières petites annonces du blog, pour les adresses email privées, j'ai remplacé le sigle "@" par "*" pour éviter le spamming :

1. Tourisme :

Pierre sera à Paris en vacances du mercredi 20 février au samedi 23 février.
Il aimerait savoir si vous pourriez lui indiquer les manifestations, les musées ou les lieux incontournables qu'un (provincial) amoureux des livres peut découvrir dans la capitale à cette période.
email : pierrebrillard*free.fr
Mais vous pouvez aussi lui répondre sur le blog, pour que tout le monde en profite.

2. Aide demandée :

Philippe aimerait savoir combien il existe de manuscrits de la main d'Ambroise Paré écrits en français dans des bibliothèques ou en main privée? En cherchant sur Internet il n'en a trouvé qu'un à la Wellcome Library réf MS. 599. En fait il y en a un deuxième mais c'est juste une quittance donc ne traitant pas de chirurgie. Auriez-vous des informations pour lui?
email : buisson.philippe*wanadoo.fr
Mais vous pouvez aussi lui répondre sur le blog, pour que tout le monde en profite.

3. Aide demandée :

Raphael lance un appel aux doctorants et bibliothécaires du Blog pour deux articles s'ils disposent d'un accès via JSTOR. Il recherche :
- Maria Grossmann, Wittenberg Printing, Early Sixteenth Century.
Sixteenth Century Essays and Studies, Vol. 1, Jan., 1970 (Jan., 1970), pp. 53-74
doi:10.2307/3003685
- Richard G. Cole, Reformation Printers: Unsung Heroes.
Sixteenth Century Journal, Vol. 15, No. 3 (Autumn, 1984), pp. 327-339
doi:10.2307/2540767
email : raphaelandrea*hotmail.com

4. Je recherche :

Raphael recherche le livre suivant :
« Odaria Anakreontos. Odes d'Anacréon avec
LIV Compositions par GIRODET. Traduction d'Amb. Firmin Didot. Paris,Typographie Didot frères, 1864. In-16. ».
email : raphaelandrea*hotmail.com

5. Je recherche :

Bergamote recherche le livre suivant :
"En Lorraine, par sentiers et venelles", qui a reçu le prix Erckmann-Chatrian en 1937).
MOSELLY (Emile), TONNELIER (Léon), BARRES (Maurice), COLIN (Paul-Emile), BERTRAND (Louis-Marie-Emile).
En Lorraine par sentiers et venelles.
Metz : P. Even, 1937.
Textes décorés de bois originaux par Paul-Emile Colin.
email : webmaster*sucrissime.com

6. Je recherche :

Hugues recherche tous les ouvrages de Bordelon. Bien sûr, il en offre un prix correct!
email : blog.bibliophile@gmail.com

7. J'offre :

Hugues offre des bulletins du Bibliophile du début du 20ème siècle. Me contacter pour plus de détails.
email : blog.bibliophile@gmail

8. J'offre :

Philippe offre l'ouvarge suivant :
1 volume in-8 broché, La Galerie typographique par J.-B. Martin, correcteur typographe.
A Avignon Seguin frères, Imprimeurs-libraires, 1887.
Dédicace manusrite en vers à l'abbé Sylvain.
Curieux recueil de poèmes dont plusieurs, dédiés aux employés de l'imprimerie Seguin, ont trait à cette activité, compositeurs, protes, margeurs, et à la vie de l'atelier.
email : mellinand*orange.fr

Merci à tous ceux qui m'ont envoyé cette première série d'annonces.

H

dimanche 10 février 2008

Cire et désir

Amis Bibliophiles Bonsoir,

J'avais prévu un message sur un autre ouvrage de Bordelon, mais je le garde pour demain. Point trop n'en faut.

En attendant, cet après-midi, j'ai passé un long moment à nettoyer des livres. Ce sont toujours des instants délicieux : on prend chaque livre, un petit coup avec un chiffon doux pour enlever une éventuelle poussière, puis un lent et très délicat passage à la cire 213 de la BNF. Ensuite, temps de séchage et un dernier passage de chiffon.

Je me suis concentré aujourd'hui sur les derniers arrivés, avant de prendre soin de quelques maroquins.

C'est un moment qui vide complètement la tête et qui rappelle également que la bibiophilie est une passion qui réclame une grande patience : patience pour se former en tant que bibliophile, patience pour maîtriser les codes de la bibliophilie, patience pour rassembler les ouvrages convoités, patience pour les découvrir et les parcourir, patience encore pour en prendre soin, de façon régulière et minutieuse. Le plus amusant est que la bibliophilie ne demande pas de la patience, elle rend patient! C'est en tout cas ce qui s'est passé pour moi.

Autre aspect, j'ai l'impression que la bibliophilie est à l'image de l'homme, elle change avec les années... En ce qui me concerne, j'ai commencé par rassembler des ouvrages de littérature dans des éditions anciennes, pour les lire, avant de m'orienter vers des ouvrages de voyages. Aujourd'hui, j'ai "délaissé" les ouvrages de littérature et je me concentre sur les livres curieux et les voyages anciens, qu'ils soient réels, imaginaires ou utopiques.
J'ai vu que Dominique de Villepin allait mettre en vente sa collection d'ouvrages napoléoniens prochainement chez Pierre Bergé... Je me demande s'il s'agît là aussi d'un changement d'orientation chez cet amateur... Et vous?

H

Annonces

Amis bibliophiles Bonjour,

Si vous avez des annonces à faire passer, c'est le moment de m'envoyer vos messages à annonces.biblophile@gmail.com.

Allons, vous plébiscitiez cette rubrique, je vous attends!

H

samedi 9 février 2008

Livre Ancien ou Estampe... il faut choisir son camp.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Les beaux jours reviennent et les marchands pensent à vous en "organisant" presque coup sur coup deux événements importants à Paris :

1. Le 15ème Salon de la Bibliophilie, du vendredi 15 au dimanche 17 février 2008 au carrousel du Louvre (j'y reviendrai).
2. Le Salon International du Livre Ancien et de L'Estampe au Grand Palais, du 17 au 20 Avril 2008.

Je ne vais pas m'interroger sur la pertinence d'avoir deux salons importants aussi rapprochés, j'imagine que c'est un signe que finalement, même si les marchands disent souvent le contraire, le marché va bien, dans la mesure où être présent sur un salon représente souvent un coût "important" pour un libraire.

Non, la question que je me pose plutôt est :

Alors que l'un des maux les plus terribles pour la bibliophilie sont ces gens, galéristes ou "libraires", qui dépècent les livres anciens pour en extraire les planches et les vendre séparément, est-il normal, logique, légitime... de coupler ainsi salon du Livre Ancien et Salon de L'Estampe?

N'est-ce pas étrange quand on sait que les vendeurs d'estampes au sens large vivent en partie aux dépends les vrais amoureux du livre, voire aux dépends des livres tout simplement?
(un exemple... http://www.marais.biz/commerce/galerie_jpr/idees_cadeaux.htm)

J'avoue que cela m'interpelle un peu... Qu'en pensez-vous?

Plus avant... que pensez-vous de ces salons?

H

P.S. : si unmarchand d'estampes me lît, je serais bien sûr ravi de lui permettre de s'exprimer dans ces colonnes.

vendredi 8 février 2008

L'Utopie de More et Les Entretiens des Voyageurs sur la Mer

Amis Bibliophilles Re-re-bonsoir,

J'ai réalisé que j'avais mis beaucoup de textes pour peu de photos...

Pour me rattraper, voici quelques images des deux derniers ouvrages qui viennent de rejoindre mon doux logis. Et sans prétention, je les ai eus à vil prix. :)

H

Petites Annonces

Amis Bibliophiles Re-bonsoir,

Je lance un premier appel à tous ceux qui veulent que je diffuse une annonce pour eux.

Je rappelle les rubriques : "je recherche", "j'ai besoin d'aide", "j'offre". Aucun problème pour ajouter une rubrique "je vends" dans des cas exceptionnels, si vous voulez par exemple vendre un lot, ou votre bibliothèque.

Pour m'envoyer vos textes :
1. Choisir la rubrique
2. Ecrire le texte (vous pouvez soit préciser votre adresse email, soit compter sur moi pour transmettre les réponses si vous souhaitez préserver un anonymat)
3. Me l'envoyer à : annonces.bibliophile@gmail.com

Bien sûr, c'est vous qui ferez le succès de ce message d'annonces (vous savez que je suis légèrement sceptique, mais c'est mon côté "j'aime faire plaisir"), que je compte poster tous les 15 jours. Certains d'entre vous m'ont déjà envoyé des demandes, je les remercie.

Je distingue les demandes d'identification d'un ex-libris, d'un relieur, que je préfère conserver pour des messages à part entière sur le blog, de la rubrique d'entraide des petites-annonces (plutôt "je cherche un bon relieur").

C'est parti, vous pouvez m'envoyer vos messages! Merci!

H

Quelques Modifications sur le Blog

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Comme vous pouvez le constater, j'ai fait quelques modifications sur le blog :

Colonne de gauche : vos derniers commentaires, puis quelques liens vers ebay, qui devraient se compléter par des liens choisi vers des sites commerciaux (c'est en réflexion) ayant un sens (ou amis du blog).

Colonne de droite : la colonne des "Ressources" du blog avec les contacts, les images, l'index des messages par thèmes, et liens que j'avais évoqués.
Merci à tous ceux qui m'ont envoyé des liens, je n'ai pas tout gardé, parce qu'il fallait bien faire des choix, mais la liste reste ouverte. Ce ne sont pas des liens commerciaux, sauf celui vers le SLAM et celui vers la LILA.

J'ai mis les liens tout en bas de la colonné parce que je pense qu'une fois que vous aurez découvert ceux qui vous intéressent et que vous en connaissiez pas encore, vous les ajouterez dans les favoris de votre navigateur, et que vous n'irez donc pas tous les jours vers cette rubrique.

Est-ce que tout ceci vous plaît? Des remarques?

H

jeudi 7 février 2008

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je vais travailler ce soir sur l'organisation des liens, en attendant, voici votre désormais traditionnelle ebayana :

Côté Livres Anciens :

- Cette curiosité, incomplète et que je ne devrais donc pas signaler... mais je ne résiste pas. Attention, il manque des pages!

L'Anti-Roman, 1633, en plein vélin

- Pour les Historiens...

Un traité de la seigneurie féodale et du franc-alleu.

- Un manuscrit sur les rois de France, 18ème.

Noms des Rois de la première Race, jusqu'à Louis XV

- Un classique de l'Architecture, ici dans un format de poche de 1750.

Règle des cinq ordres d'architecture, de Jacques Barozzio de Vignole

- Cet excellent ouvrage d'ésotérisme, qui est donc soit pour Dédé, soit pour moi!

Le Monde Enchanté, de Balthasar Bekker

- Un bel ouvrage, fort tentant, mais qui va faire cher... Bien relié... J'aime!

Ovide, Les Métamorphoses en maroquin de l'époque, 1608

- Autre beau livre :

Kircher, De Arte Magnetica. 1643

Au niveau des livres 19ème :

- Le Lavater, ce grand classique sur lequel j'ai écrit un message sur le blog.

Lavater, 1835, en 10 volumes... 600 gravures

- Autre classique, bien relié :

Histoire Naturelle de Cuvier, relié par Simier

Pour les biblopégimanes :

- Du bleu :

Une Reliure en chagrin bleu de Ginan, relieur du Roi

- Un chagrin grenat :

Des Vices de la Législation Pénale, 1843

- Du vert Olive :

Maroquin à la Cathédrale, qui rappelle Thouvenin

Hors catégorie :

- Un Atlas d'Ortélius pour la France... Mais plus cher qu'à Drouot, non?

Abraham Ortelius: "Théâtre de l'univers", 1587

- Deux superbes livres de bibliophilie................

Ah Diderot....

Bibliophilie :

- Le Delteil :

Annuaire des ventes de Livres

J'allais oublier, il y a aussi deux Bordelon :

- Le "Oufle". Que dire? L'ouvrage est rare, le dernier a fait 1500-1800 euros sur ebay, mais il manque ici deux planches, dont celle du Sabbat. Je ne sais que vous dire. J'en ai un exemplaire complet donc je n'irai pas... mais.. On peut se laisser tenter. Ce serait pardonnable si ça reste abordable (250-300 euros?).

Les imaginations extravagantes de Monsieur Oufle, 1754

- Et Le "Livre sans Nom", qui est le titre de l'ouvrage. Et dans ce cas précis, c'est quasiment l'exemplaire parfait, puisqu'il manque la page de titre!

Le Livre sans nom... 1695

Bonne chine,

H

mercredi 6 février 2008

Gomgam ou l'Homme Prodigieux, de l'Abbé Bordelon

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Nous avons tous nos thèmes et nos auteurs favoris. En ce qui me concerne, parmi tant d'autres, j'avoue avoir une vraie faiblesse pour les ouvrages de l'Abbé Laurent Bordelon, que je rassemble progressivement. J'ai déjà écrit sur l'Histoire des Imaginations Extravagantes de Monsieur Oufle, laissez moi évoquer aujourd'hui un autre ouvrage important de cet auteur :
Gomgam ou l'Homme Prodigieux, transporté dans l'air, sur la terre et sous les eaux. Livre véritablement nouveau, dont l'Edition Originale est parue à Paris, chez Saugrain en 1711 (2 volumes in-12 de de (46)-343-(6) pp. et (8)-434 (2) pp.).

L'ouvrage est signé d'un très curieux pseudonyme "TiTETUTEFNOSY", que je ne sais expliquer, mais est bien attribué à L'abbé Laurent Bordelon (1653 - 1730), qui était évidemment un peu théologien, mais aussi et surtout polygraphe et l'un des grands utopistes français du 18ème siècle.

Les ouvrages de Bordelon sont toujours curieux, comme l'indiquent leurs titres, dont certains sont complètement tombés dans l'oubli. Vous en jugerez vous même : La Comédie sans Femme, M. de Mort en Trousse, Arlequin Molière, ou le plus célèbre Voyage forcé de Bécafort hypocondriaque... Gomgam ou l'Homme Prodigieux de déroge pas à cette règle et nous invite à suivre les aventures étranges et insolites du personnage principal, Gomgam.
Il croise ainsi un enchanteur qui voyage sur une flèche d'or et dont Gomgam hérite, des savonettes à vilains, des anti-savants, et une partie importante des aventures de Gomgam est consacrée à l'ouvrage que celui-ci veut écrire, et qui est composé de 100 volumes! Gomgam lui donne le titre du Monde Risible ou Bibilothèque comique et va jusqu'à nous décrire un par un les cent volumes, dont voici une sélection :

- L'Agenda de ceux qui n'ont rien à faire (premier "chapitre" : "faire des visites importunes chez des gens extrêmement occupés".... plus loin "Tuer le Temps", etc.)
- Les sottises et les folies de l'Amour : faire les yeux doux. Montrer des yeux de carpe pâmée, jouer de la prunelle.
- Les admirables propriétez de l'argent comptant : (il est) persuasif, éloquent... fait paraître habile, agréable, beau, spirituel.
- Tartufiana
- Voyage dans les espaces imaginaires de ce monde
- Le tabac : "comment faisait-on autrefois quand on ne le connaissait pas?"
- L'ergo-gluc : c'est-à-dire les raisonnemens qui ne concluent rien
- La Philosophie du peut-être...

Et cela continue pendant des dizaines de pages, pour le grand amusement du lecteur.
Bordelon annonce d'ailleurs la couleur dès la préface, dans laquelle il se défend d'écrire que le manuscrit lui est arrivé de façon rocambloesque... avant de conclure qu'on le lui a apporté dans une boîte fermée, scellée et cachetée, de façon anonyme... Tout est prétexte à sourire, à prendre le lecteur à contrepied, mais dans le fond, la lecture attentive montre que rien n'est gratuit et qu'il s'agît là d'une très fine satyre des moeurs de ce début de 18ème siècle.

En ce qui me concerne, j'aime partiuclièrement le moment où Gomgam chasse le sanglier et se retrouve isolé des autres chasseurs : le sanglier éventre la monture, et pour lui échapper Gomgam actionne sa flèche d'or qui lui permet de voler... Hélas, son pied est encore à l'étrier et Gomgam traverse le ciel en tenant sa flèche, portant sous lui son cheval mort et le sanglier... (voir la gravure ci-dessous).
Enchanteur... d'autant plus qu'avouons-le, tous les livres de cette époque ne sont forcément agréables ou aisés à lire.

J'ai bien envie de vous dire "à se procurer d'urgence"... oui mais voilà, l'ouvrage est fort rare...

H

mardi 5 février 2008

Blog pratique et petites-annonces

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Le message de ce soir est consacré aux nouveautés qui vont apparaître sur le blog :

Nouveauté n°1 : l'apparition de liens non commerciaux, que je teste depuis quelques jours dans la colonne de gauche. Je suis en train de rassembler une liste de liens utiles aux bibliophiles, que je vous proposerai en plusieurs rubriques. On y trouvera des liens vers les ressources bibliographiques, vers des bibliothèques, etc.
-> Je vous mets à contribution : pourriez-vous m'envoyer à blog.bibliophile@gmail.com tous les liens non commerciaux dont vous vous servez et que vous estimez pertinents.

Nouveauté n°2 : les petites-annonces. Vous avez été nombreux à les plébisciter dans la mesure où elles ne deviennent pas trop commerciales, ce qui était d'ailleurs ma position (je suis assez réticent dans l'ensemble, mais le blog est une démocratie.... Enfin, c'est ce que j'essaie de vous faire croire. "Avé moi!", comme on dit maintenant dans les cours de récré). Plutôt que de vous envoyer vers un site ou un forum qui fera perdre son intérêt au blog, je vous propose de diffuser tous les 15 jours un email récapitulant vos annonces. Elles pourront être de trois types : je recherche, j'ai besoin d'aide, j'offre (on peut rêver!). Réfléchissez à ce que vous voulez que je diffuse, envoyez moi votre texte avec une adresse email ou vous contacter à l'adresse email annonces.bibliophile@gmail.com. (ça simplifiera mon travail) et je me charge du reste.
Je scinderai le message en trois parties (je recherche, j'ai besoin d'aide, j'offre). Je mettrai également l'adresse annonces.bibliophile@gmail.com. sur la page d'accueil du blog.
C'est vous qui ferez le succès ou non de cette rubrique,. Les demandes d'identification feront l'objet de messages séparés, comme actuellement celle de Martin et de Pierre.

Nouveauté n°3 : je vais tâcher de trouver un système pour insérer un agenda/calendrier sur le blog. Si vous souhaitez annoncer un événement ayant intérêt bibliophilique, j'en ferai gratuitement la promotion. Il vous suffit de m'envoyer votre texte à agenda.bibliophile@gmail.com. L'adresse sera aussi sur la page d'accueil.

Nouveauté n°4 : Par souci d'équité, j'ouvre un peu le blog aux professionnels et autres marchands. Si vous êtes marchand et que vous proposez un catalogue ou une liste, dans la mesure où vous participez par ailleurs à la vie du blog, je veux bien mettre un lien vers votre catalogue au moment de sa sortie. Pour cela, contactez-moi à blog.bibliophile@gmail.com.

Tout ceci devrait être opérationnel avant la fin de la semaine. Si j'y arrive!

H

lundi 4 février 2008

Entraide

Amis bibliophiles Bonsoir,

Deux lecteurs du blog ont besoin de vous.

Martin est l'heureux amateur qui possède cette belle reliure, avec en plus un bon ouvrage à l'intérieur...

Il cherche à en savoir un peu plus sur ces deux ex-libris... Le Doux? Ledoux? Ledoulx?
Ah que c'est dur, auriez-vous une idée? C'est un vrai défi, Martin aide souvent à résoudre ces questions sur le blog, pouvons faire quelque chose pour lui?

A Pierre maintenant: il cherche à obtenir des renseignements sur le volume ci-dessous. Il s'agît d'un fort volume in folio de 1614, remarquable par la qualité et
l'état de sa reliure qui transcrit en latin des homélies de St Jean Chrysostome.
Le titre en est "Opéra, etc...", les tomes 2 et 3 faisant partie de la même reliure.
Il aimerait avoir votre avis général, ainsi des informations sur l'intérêt ou la rareté éventuelle de ce texte ou de cette édition.

Qu'en pensez-vous?

Merci pour eux.

H

dimanche 3 février 2008

Les cabinets de lecture aux XVIIème et XVIIIème siècles

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Ma parole, mais ce blog devient un vrai magazine (sourire)! En effet, je vous propose ce soir un article d'un nouveau contributeur, Philippe, alias Pilou, qui vous propose un message sur les cabinets de lecture. Je lui laisse la parole.
Le Blog du Bibliophile serait-il le digne héritier des grands cercles bibliophiliques du XIXème siècle ? Sûrement. En tout cas, c’est une certitude devant l’extinction des représentants traditionnels de cette dernière race. Mais qu’y avait-il avant ces sociétés bibliophiliques contemporaines ? Les lecteurs, de tous ordres, avaient à l’époque moderne un moyen moins onéreux que l’achat d’une bibliothèque pour s’abreuver en écrit.

C’est au XVIIème siècle qu’apparaissent les premiers « cabinets de lecture ». Il s’agissait dans les premiers temps d’offrir la possibilité, en l’échange d’un abonnement annuel, de lire les principales feuilles de nouvelles parues en Europe, à commencer en France par la célèbre Gazette de Renaudot créée en 1631. Peu à peu, l’offre de ces cabinets, salles de presse, s’étend, d’abord par une offre d’usuels (dictionnaires), puis à tous les types d’ouvrages, à partir du XVIIIème siècle. Loin du rôle de pôle culturel majeur des bibliothèques d’Etat, ou des critères de collectionnite aiguë des bibliothèques privées, les cabinets de lecture offrent un panel complet des ouvrages d’une période, souvent à l’image des librairies parfois.

Les propriétaires de ces cabinets sont d’ailleurs souvent libraires eux-mêmes, ou appartenant au milieu du commerce du livre, contrefacteurs ou vendeurs de livres interdits, toujours très porteurs pour attirer le lecteur potentiel. Pour le prix d’un abonnement, certes élevé pour la majorité des Français de l’époque (limitant ainsi la clientèle potentielle à la bourgeoisie et aux classes privilégiées, voire aux couches supérieures de la population rurale) d’environ 20 livres, l’abonné peut avoir accès à une grande partie des productions littéraires du temps (on compte par exemple dans le cabinet de Quillau à Lyon un total de 1726 titres en 1773) (1). Il faut également remarquer que, bien qu’onéreux, le prix de l’abonnement reste inférieur en général au prix d’une seule œuvre (il faut ainsi compter 20 livres pour l’achat des Œuvres de Corneille, édition 1773 chez Dufour en 10 volumes, 16 pour celles de Molière, la même année chez le même éditeur, etc.).(2)
L’essor majeur des premiers cabinets de lecture se situe dans la seconde partie du XVIIIème siècle. L’expansion des cabinets de lecture est forte dans les grandes villes du royaume. Entre 1759 et 1789, on compte treize cabinets pour Paris, et trente-six pour le reste du pays. Libraires et vendeurs de livre y trouvent un moyen d’écouler leurs stocks ou de trouver une utilité à leurs invendus. Mais plus encore en cette époque de salons et d’académie, ce sont les privés qui font les clubs du livre. On appelle ces cabinets privés des « chambres de lecture », lieux de sociabilité à la manière des salons culturels, où les lecteurs se réunissent autour d’une bibliothèque privée, parfois constituée par les fonds réunis des associés ou membres, pour discuter du livre et de son contenu.


A. Young, Voyages en France, 1793. Il découvre à Nantes en 1788 l’une des 6 chambres de lecture de la ville, « institution commune aux grandes villes de l’Europe ». « Il y a trois pièces, une pour la lecture, une pour la conversation et la troisième est la bibliothèque. »

Il en va ainsi de la célèbre bibliothèque du Marquis Antoine de Paulmy d’Argenson (1722-1787), collectionneur et académiste, tenant bibliothèque à l’Hôtel de l’Arsenal, ayant créé l’une des plus belles collections privées de livres dans la seconde partie du XVIIIème siècle, composée en grande partie d’ouvrages rares et précieux (manuscrits médiévaux, etc.) ramenés de toute l’Europe. Son plus grand plaisir était d’ouvrir sa bibliothèque aux savants, hommes de lettre ou simple quidam (pas les gueux non plus, bien sûr !) pour réunir autour de lui une communauté d’adorateurs du livre, des arts et des lettres, à l’image de l’Académie à laquelle il appartenait.


Titre du premier des 10 volumes in-8 du catalogue de la bibliothèque du Duc de la Valliere, achetée dans son intégralité par le Marquis de Paulmy et mis à la disposition des savants. Sans compter l’ensemble des volumes de sa collection personnelle, soit environ 100000 volumes ( ! ).


Le livre acquiert un nouveau statut : de symbole d’une élite culturelle riche, il devient produit de consommation. Des pratiques nouvelles apparaissent pour la diffusion des livres : l’abonnement se diversifie, on peut alors s’abonner à l’année, comme à la séance de lecture ; les libraires n’hésitent plus à dépecer leurs livres en plusieurs parties pour permettre à plusieurs lecteurs de lire une même œuvre, morceau par morceau (NdA : à noter d’ailleurs que ce système de lecture se rapproche d’un ancien procédé universitaire médiéval appelé la Pecia, qui consistait à recopier les manuscrits chapitre par chapitre pour permettre aux étudiants d’emporter les morceaux qui les intéressaient. Je n’ai pas trouvé cette référence dans les divers ouvrages que j’ai consulté pour écrire l’article…), etc.


Rousseau, Lettres de Deux Amans, 1762. Best-seller de l’époque, il fut également l’un des livres les plus demandés par les lecteurs. Pour répondre à cette demande, les propriétaires de cabinets n’hésitèrent pas à découper l’œuvre en cahiers pour les louer à la journée au plus de monde possible.

Les cabinets ne sont pas les seuls espaces nouveaux de la sociabilité apparaissant à ce tournant de l’Ancien Régime, où se développe une certaine forme de liberté d’expression, toute relative encore. D’autres sociétés littéraires émergent, sous l’influence notamment des francs-maçons, telle la Société des Neufs Sœurs ou Société Apollonienne, fondée vers 1780, qui s’était spécialisée dans la lecture publique. Elles permettent ainsi aux exclus des cercles fermés des académies et des salons de participer à leur tour aux discussions philosophiques, politiques ou littéraires du temps, élément majeur du développement de l’opinion publique au XVIIIème siècle.


La Révolution vient modifier profondément les acquis de la société d’Ancien Régime dans le milieu littéraire. Nombres de libraires et de cabinets de lecture font faillite. Seuls les représentants majeurs de l’édition du XVIIIème siècle parviennent à résister à l’évolution des marchés (notamment Firmin-Didot et Panckoucke). Cependant, l’idée première du cabinet de lecture, à savoir mettre les livres à disposition du plus grand nombre pour un prix modique, survit et reprend son essor au moment de la Restauration de la Monarchie, après 1815.

A suivre…

Merci Philippe!

H

Note :
(1) Béatrice Braud, « La diffusion des dictionnaires », p218, in F. Barbier, S. Juratic, D. Varry (s.d.), L’Europe et le Livre, Réseaux et pratiques du négoce de librairie XVIe-XIXe siècles, Ed. Klincksieck, Paris, 1996
(2) Michel Marion, « Approches du prix du livre », p349, in F.Barbier et alli, op.cit.


Bibliographie sommaire :
- F. Barbier, L’Histoire du Livre, coll. U, Armand Colin, Paris, 2000
- F. Barbier, S. Juratic, D. Varry (s.d.), L’Europe et le Livre, Réseaux et pratiques du négoce de librairie XVIe-XIXe siècles, Ed. Klincksieck, Paris, 1996
- D. Roche, La France des Lumières, Fayard, Paris, 1993
- A. Zysberg, La Monarchie des Lumières, 1715-1786, coll. Points Histoire, Seuil, Paris, 2002.

samedi 2 février 2008

L’abbé Pourcher : un abbé pas comme les autres.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je laisse ce soir à la parole à Bertrand, qui vous propose un superbe message sur L'Abbé Pourcher:

Dans la liste des abbés insolites et remarquables ce ne sont pas les candidats qui manquent à l’appel.

Dans le genre mystérieux vous avez un certain abbé Béranger Saunière (1852-1917), que les amateurs de chasse aux trésors hypothétiques connaissent bien (votre serviteur en premier).

Dans le genre iconolaste et rebelle vous avez le célébrissime curé Meslier (1664-1729) qui laissa sur son lit de mort un copieux testament anticlérical bien connu des amateurs d’athéisme.

Dans le genre gaudriole les noms ne manquent pas, mais on évitera de les citer.

Il y a aussi ceux qui se déguisaient en fille durant le siècle de Louis XIV, mais là c’est une autre histoire…

Je vous propose aujourd’hui de découvrir un abbé, qui une fois n’est pas coûtume, s’est transformé, pour les besoins de la propagande religieuse et la diffusion plus libre de ses écrits, en imprimeur à domicile.

Un abbé-imprimeur, rien de bien extraordinaire me direz-vous. Sans doute, mais suffisamment intéressant pour vous en faire le portrait et vous donner la liste de quelques unes de ses productions.

Car c’est ici l’histoire d’un homme connu pour un seul livre, de taille, sous le titre :

« Histoire de la bête du Gévaudan véritable fléau de Dieu, d’après les documents inédits et authentiques, par l’abbé P. Pourcher, curé de Saint-Martin-de-Boubaux. Chaldecoste-Mende, chez l’auteur. 1889. »

NDLR (Hugues) : Sous le terme de « Bête du Gévaudan », on regroupe une série d'évènements qui eurent lieu du 30 juin 1764 au 19 juin 1767. Durant cette période, plusieurs dizaines d'attaques mortelles et de nombreuses autres, non mortelles, furent attribuées à un animal (considéré d'abord comme un loup) ou à plusieurs animaux, dans le Gévaudan, (centre de la France).

Gravure coloriée du XIXè siècle montrant la bête du Gévaudan

L’abbé P. Pourcher ? Qui était-il ?

Pierre Pourcher est né au Mazet de Jullianges au nord de la Lozère en 1831 et décédé en 1915. Erudit local s’intéressant plus spécialement à sa région, la Lozère, il a du je pense mener une vie de curé de campagne tout ce qu’il y a de plus ordinaire, avec en plus cette envie non seulement de publier ses textes, notamment sur l’histoire de la bête du Gévaudan, mais sur divers sujets de théologie et de mysticisme.

Couverture de papier gris de l’ouvrage principal du Curé Pourcher

Il publie son ouvrage sur la bête du Gévaudan en 1889, il a 58 ans. C’est chez lui, sur ses propres presses (à bras ?) qu’il imprime ce monumental ouvrage. Plus de 1.000 pages pour un format inhabituel, le petit in-12 mesurant environ 14 x 10 cm ! Ce qui donne un ouvrage très épais (voyez la photo).

Vue de dos de l’ouvrage de l’abbé Pourcher sur la bête du Gévaudan.
Volume d’une étonnante épaisseur ! Dimensions : 14 x 10 cm environ.

Cet ouvrage est très rare. Le curé devait imprimer ses ouvrages à petit nombre, voire à très petit nombre (200 exemplaires ? Peut-être 100 exemplaires, peut-être même encore moins).

La papier qu’il utilisait, si j’en juge par un exemplaire d’un autre de ses ouvrages que j’ai en mains, était d’assez mauvaise qualité (papier mat non encollé, de type papier buvard, non glacé, il absorbait visiblement beaucoup trop l’encre).

Couverture d’un autre ouvrage de l’abbé Pourcher
Antéchrist, 1880.

Quant à l’impression, franchement, ce n’est guère mieux ! Les caractères apparaissent sur le papier souvent flous, baveux, il y a souvent des traces d’encre en marge des feuilles (salissures des outils de l’imprimeur).

Quatrième de couverture de Antéchrist, 1880.
Publicité pour d’autres de ses ouvrages pieux.

Pourtant la correction typographique, l’orthographe et la mise en page sont bonnes. C’est seulement l’exécution matérielle qui semble laisser à désirer dans ses productions. Mais quel matériel possédait-il ? modeste ? usagé ? je ne le sais pas. Page de titre de Antéchrist, 1880.
Assez mal imprimée sur mauvais papier comme on peut le voir.

L’abbé est un mystique, si son principal ouvrage dont on vient de parler est passé à la postérité grâce au sujet traité qui suscite toujours l’engoûement pour le mystère, la plupart de ses autres ouvrages relèvent plutôt des illuminés chers à Blavier.

Voici une liste de quelques ouvrages écrits et imprimés par ses soins :

- Mois de Marie des pauvres paysans, 1 vol., 336 pages, 60 centimes.
- Devoirs de piété envers les morts (1882), 1 vol., 352 pages, 80 centimes.
- Heures pieuses pour les fidèles nobles et villageois, 1 vol. 336 pages, 45 centimes franco.
- Acta Sanctae Virginis Enimae, 1 vol., 192 pages.
- Merle et seize cents prêtres massacrés, 1 franc et 50 centimes.
- Antéchrist, son temps et ses œuvres d’après l’écriture sainte et les saints pères, 1880. 112 pages, 50 centimes.
- Saint-Sévérien, premier évêque de Mende et actes de Saint-Privat. 1 vol. in-18, 160 pages, 60 centimes.
- Saint-Pierre de Chavanon.

Les ouvrages cités ci-dessus sont tous mentionnés au contreplat du livre de 1889 sur l’Histoire de la bête du Gévaudan.

On a trouvé trace également d’un ouvrage intitulé :

- Essai historique sur la ville de Langogne, 1900 (reprint en vente sur le net).

et de ceux-ci grâce au catalogue collectif des bibliothèques de France (non exhaustif) :

- Dictionnaire explicatif de quelques maladies critiques et de prognostics dangereux rédigés en maximes, approuvé par la Faculté de Paris / mis en ordre par l'abbé P. Pourcher (1897).
- Histoire de la confrérie des cordonniers, savetiers, cuiratiers et marchands de cuir, suivie d'autres actes inédits concernant la ville d'Alais / par l'abbé P. Pourcher (1892).
- L' Épiscopat français et constitutionnel et le clergé de la Lozère durant la Révolution de 1789, le tout tiré des authentiques. / par l'abbé P. Pourcher (1896).

Tous ces ouvrages, même ceux sans grand intérêt, sont aujourd’hui introuvables ou presque. La bibliothèque nationale n’en possède presque aucun. Peut-être la magie d’internet fera-t-elle ressortir du fond d’une cave lozérienne quelques exemplaires poussiéreux de l’Antéchrist ou de Saint-Sévérien ou des Prêtres massacrés ??

Page de Antéchrist très mal imprimée.
L’encrage n’est pas homogène et la netteté des caractères n’y est pas.

C’est ce qui m’est arrivé avec un exemplaire de l’Antéchrist, publié par ses soins en 1880, et dont voici quelques photos qui vous permettront de juger et de l’impression et du soin (ou plutôt du manque de soin) apporté à l’édition.

Tâches d’encre en bordure de page de Antéchrist.
De nombreuses pages sont ainsi maculées.

Il existe par ailleurs une petite plaquette de 30 pages publiée récemment par Guy Crouzet sur l’abbé Pourcher. Je ne la possède pas mais l’auteur dit qu’on y donne des documents retrouvés par l'auteur aux Archives de Mende qui nous révèlent l'attachante personnalité de ce "curé-imprimeur" hors du commun. On y trouve aussi des photos inédites du fusil avec lequel Jean Chastel tua la bête le 19 juin 1767.

Achevé d’imprimer de Antéchrist, 1880.
Imprimé à son domicile.

Je tiens à remercier particulièrement M. Hugues Rossignol pour m’avoir autorisé à publier sur ce blog les photographies de l’exemplaire qu’il possède de l’Histoire de la bête du Gévaudan. Les exemplaires de cet ouvrage en sont si rares et si recherchés que cela a été une rencontre fortuite qui m’a motivé pour vous donner cet article.

Page de titre et faux-titre de l’Histoire de la Bête du Gévaudan, 1889.

Il y a deux exemplaires de cet ouvrage à vendre actuellement sur les sites internet. L’un à 1.500 euros et l’autre à 950 euros. Deux exemplaires sont listés sur le CD-ROM Artprice Argus du Livre de Collection. L’un vendu en 1986 au prix de 1.600 francs soit 244 euros (reliure demi-chagrin vert) et l’autre en 1987 au prix de 1.000 francs soit 152 euros, broché.

Aucun exemplaire répertorié depuis. Je n’en ai pas trouvé d’autres disponibles actuellement chez les libraires. Cet ouvrage a fait l’objet d’une réimpression par les soins des Editions Jeanne Lafitte (1996), disponible au prix plus raisonnable de 75 euros.

C’est nettement moins cher ! Mais vous n’aurez pas l’originale et le véritable travail d’imprimeur du curé-imprimeur entre les mains.

Evidemment, tous ceux ici qui connaissent déjà le personnage et auraient de plus amples informations à son sujet sont invitées à nous les faire partager.

En espérant que vous avez pris autant de plaisir à lire cet article que j’en ai eu à vous le proposer.

Amitiés bibliophiliques, Bertrand.

Merci Bertrand,

H

Fréquentation du blog

Amis Bibliophiles Bonjour,

Comme promis, voici quelques chiffres sur la fréquentation du blog au mois de janvier 2008. Comme tous les mois depuis mars 2007 (mois de lancement du blog), la fréquentation du blog a augmenté par rapport au mois précédent.

En Janvier 2008, vous êtes environ 3100 lecteurs différents à être venus lire le Blog du Bibliophile, soit une augmentation de 15% par rapport au mois de décembre 2007.

Le temps moyen de connexion par visite est de 7 minutes et 2 secondes par lecteur et par jour.

Au total, depuis le lancement, environ 80 000 pages ont été vues, même si dans le cas du blog ce chiffre n'a aucun sens et est sous-évalué par rapport à la réalité, puisqu'une dizaine de jours de messages sont disponibles sur la page d'accueil.

Une analyse? Je n'ai pas les chiffres du site Bibliorare.com, plus axé sur les ventes aux enchères et les catalogues de libraire, et dont je pense qu'il est plus fréquenté que le blog mais, on peut quand même dire deux choses :

1. Le Blog du Bibliophile est le premier site français de contenu rédactionnel sur la Bibliophilie et le Livre Ancien.

2. Il dispose aujourd'hui d'une audience supérieure au Magazine du Bibliophile, qui compte environ 1500 abonnés, et une publication approximative de 3000 exemplaires par mois (mais pour seulement 10 numéros par an). Attention, cela ne signifie pas qu'il y a 3000 acheteurs par mois abonnés compris, mais que 3000 numéros sortent des presses. Et quand on sait combien il est difficile d'acheter ce magazine dans le commerce, on peut gager que le nombre de lecteurs n'excède pas 2500.
Concrètement, cela veut aussi dire que si vous écrivez un article pour le blog, vous aurez plus de lecteurs que si vous écrivez un article pour le Magazine du Bibliophile!

Si on compare les contenus, le magazine du bibliophile propose environ 4 articles de fond par mois (dont certains sur Hergé ou Saint-Nicolas...), soit 40 par an, puisqu'il y a 10 numéros.

Depuis mars 2007, le Blog du Bibliophile a proposé 380 articles et même si on considère que seuls 20% sont intéressants (restons modestes), cela fait encore environ 80 articles de fond, soit le double du Magazine du Bibliophile en 9 mois (et le triple sur une durée d'un an).

Enfin, l'abonnement au Magazine du Bibliophile est d'environ 60 euros, alors que le Blog, bien sûr est, et restera gratuit.

Ce succès est le nôtre, et surtout le vôtre, puisque depuis mars 2007, vous avez eu la gentillesse d'écrire plus de 2000 commentaires sur le blog (428 en janvier 2008 par exemple), ce qui est considérable et nous a permis de nous aider mutuellement, de débattre, etc.

Alors voilà, je ne dis pas que j'aurai toujours l'énergie de le porter ainsi et qu'il ne sera pas un jour nécessaire de migrer vers un site, mais pour l'instant, je suis là, et je vous remercie de répondre présents!

H

P.S. : je précise que je n'ai aucune animosité vis à vis du Magazine du Bibliophile. Je possède tous les numéros et je suis abonné depuis plusieurs années. Je reste d'ailleurs abonnné (notamment pour le plaisir de retrouver les articles de Jean-Paul ou d'autres visiteurs du blogs qui collaborent au magazine), malgré l'évidente et irrémédiable dérive éditoriale du magazine dont le seul objectif semble être devenu de publier un seul et unique numéro acceptable par an au moment du superbe salon du Slam (ce qui permet sans doute de recruter de nouveaux abonnés sur une promesse difficilement tenue ensuite)... voire de devenir le Magazine du Bibelot-phile.

Je précise d'ailleurs que répondant à l'invitation du rédacteur en chef du Magazine du Bibliophile qui souhaitait reprendre le courrier des lecteurs, je lui ai écrit, pour lui proposer une collaboration gratuite, lui permettant d'assurer sa promotion de façon importante sur le blog.... ce courrier est resté sans réponse. Mais sans doute est-ce mieux ainsi, ce qui me permet de conserver ma liberté de ton. Longue vie au blog donc, et bonne chance au Magazine du Bibliophile.

vendredi 1 février 2008

Enigme pour les bibliophiles

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Vendredi, voici qui rime avec énigme bibliophilique. Qui suis-je?

Je suis arrivé de la porte et j'ai longtemps été bien en cours malgré un comportement qui ne fût pas toujours sincère.

Enfin, mon histoire s'écrit en 6 volumes in-12, agrémentés de jolies gravures, dont une superbe vue de Paris.

Qui suis-je? Que suis-je?

A vous de jouer.

La réponse : blog.bibliophile@gmail.com

H

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