« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier

"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

frise2

jeudi 13 janvier 2011

Ebayana: deux monstres, un Poliphile, un Montfaucon, des des reliures, de beaux livres à gravures, des livres de bibliophilie

Amis Bibliophiles bonsoir,

Voici une sélection d'ouvrages en vente sur ebay.

























Et pour changer, comme promis et à titre exceptionnel, quelques bons livres en achat immédiat:














A vous de jouer,

H

mercredi 12 janvier 2011

Enigme bibliophilique: saurez-vous reconnaître cet ouvrage uniquement via ses souscripteurs?

Amis Bibliophiles bonjour,

Je vous propose aujourd'hui une petite énigme. Saurez-vous identifier l'ouvrage suivant?

Quelques indices? Il est en deux volumes, paru au 18ème et pour vous aider, je vous propose de découvrir la liste des souscripteurs, qui ne manquera pas de vous aider et contient un indice important.

C'est un ouvrage fort connu des bibliophiles, dont je vous proposerai d'autres images vendredi. 

Ce qui est curieux, c'est que la liste des souscripteurs est différente d'un volume à l'autre, alors que l'ensemble est indivisible. 





Vous remarquerez en tout cas que l'on retrouve des noms connus des bibliophiles: Boze, les libraires Pissot, Rollin ou de Hondt, etc.

Une idée?

H

lundi 10 janvier 2011

Le portrait au XVIIIe siècle suivant Odieuvre

Amis Bibliophiles bonjour,

Michel Odieuvre est le marchand d’estampes emblématique du portrait illustrant les livres du XVIIIe siècle. Voltaire ironique, le cite dans sa correspondance à plusieurs reprises pour se faire immortaliser.  Odieuvre naquit en 1687 en Normandie. Peintre, il s’installe à Paris comme marchand d’estampes vers 1738, quai de l’Ecole, vis à vis la Samaritaine du Pont-Neuf. Il tient boutique en compagnie de sa femme. En 1745 il a déménagé rue d’Anjou, la dernière porte cochère entrant par la rue Dauphine. Il finira en 1755, rue des postes, cul de sac des vignes au Faubourg Saint-Marceau. Très tôt il spécialise sa boutique dans les portraits et fait travailler de nombreux graveurs : Schmitt, son élève Jean Georges Wille, Etienne Ficquet (qui grave les rois de France), Charles Eisen, Etienne Fessard, François Ravenet, Jean-Joseph Baléchou (qui gravera le portrait en buste de Voltaire), Pierre-François Basan ... Tous se plaignent qu’il payait peu, mais vite. 
 

S’inspirant probablement d’éditions antérieures illustrées de portraits in-4°, comme celle de l’histoire du règne de Louis XIV de Limiers (Amsterdam, 1720), il constitue ainsi des suites de portraits destinées à illustrer des éditions nouvelles. Parmi d’autres : l’Histoire Universelle de J-A. de Thou  (“Londres”, 1734), les mémoires de Commines (1747), Histoire du règne de Louis XIV par Reboulet (1744), Nouvel abrégé chronologique de l’Histoire de France (de Hénaut, 1749), l’Histoire de France du père Daniel (1755), les mémoires de Condé (1743), les mémoires de Maximilien de Béthune, duc de Sully...


Ce dernier livre par exemple en français modernisé par Monsieur L’abbé De LEscluse Des Loges (M.L.D.L.D.L.), publié à Londres (en réalité Paris) en 1745, en trois tomes in-4° comporte, semble-t-il le plus souvent, deux portraits seulement (Henri IV et Sully)-ou pas de portrait du tout?-, mais une suite a été vendue par Odieuvre avec une liste recto-verso de 56 portraits. Cette liste manque souvent. La suite ayant été enrichie par les bibliophiles de portraits vendus à la feuille, on rencontre des livres avec 56, 57, 58, 67 voire 76 portraits. Ceux-ci sont de beaucoup préférables et parfois superbement reliés.

Tous ces portraits et beaucoup d’autres seront petit à petit réunis dans un recueil de 592, 600 ou 602  figures en six volumes commenté par l’avocat Dreux du Rabier “l’Europe illustre, contenant l’histoire abrégée des souverains, des princes, des prélats, des ministres, des grands capitaines, des magistrats, des savants, des artistes et des dames célèbres en Europe dans le XVe siècle compris jusqu’à présent...” publié en 1756.

Les commandes d’Odieuvre auprès de ses graveurs ne suffisaient bien sûr pas et il racheta divers fonds réutilisant et re-cadrant des oeuvres parfois fort usées des siècles précédents signées à l’occasion par Thomas de Leu, Léonard Gaultier, Poilly  ou Edelinck ainsi que le fond de Baltazar Moncornet. Ces  cuivres anciens recoupés étaient placés, comme presque tous les autres, dans un ovale reposant sur un piédestal, la plinthe servant de cartouche, le tout sur fond azuré pourvu d’un encadrement baroque occupant ainsi le format in-4°.
Odieuvre mourut en 1756 à Rouen en voyage d’affaires mais ses portraits continuèrent d’être imprimés.

Lauverjat

samedi 8 janvier 2011

Miscellanées de Monsieur H.: on ne connaît jamais assez bien ses livres, quelques informations sur le blog, la folie des e-books

Amis Bibliophiles bonjour,

Il y a quelques semaines, je vous interrogeais sur le chiffre ci-dessous, en imaginant, compte-tenu des informations dont je disposais que c'était peut-être la marque d'un relieur du 19ème: j'avais sous les yeux un ouvrage 16ème, très élégamment réhabillé au 19ème mais dont la reliure ne portait aucune signature. Je franchissais allègrement le pas, évidemment à tort, en imaginant pouvoir l'attribuer à un relieur... 
En effet, on ne connaît jamais assez bien ses livres: alors que je parcourai un autre ouvrage issu du même lot et que je n'avais pas encore eu le temps d'ausculter longuement, je suis tombé au même endroit (coin supérieur du contreplat), sur le même chiffre. 


Une nouvelle fois l'ouvrage est 16ème, une nouvelle fois la reliure est une reliure de luxe du 19ème... sauf que... En effet, alors que la reliure n'était pas signée sur le 1er ouvrage, ce qui m'avait induit dans cette (impardonnable) erreur, elle est bien signée sur le second ouvrage. Celui-ci porte le minuscule chiffre en haut à gauche et la signature de Cuzin au centre de la dentelle intérieure, comme d'usage.


Démonstration est faite que ce chiffre est bien l'ex-libris d'un bibliophile aussi élégant que discret, et doré directement sur cartonnage du plat. Curieux. C'est la première fois que je croise ceci. Le bibliophile reste malgré tout inconnu. C'est sans doute le seul inconvénient pour ses successeurs, être incapable de nommer la provenance de ces ouvrages que l'on devine tous avoir appartenu à une fort belle bibliothèque.

Quelques nouvelles du blog du bibliophile: la fréquentation se stabilise légèrement au dessus de 12000 lecteurs mensuels depuis trois mois, avec une faible croissance...


La folie des e-books: le kindle est désormais l'objet le plus vendu par amazon, site qui vend désormais plus d'e-books que de livres classiques aux Etats-Unis. Dans le même registre, le 12 décembre dernier, Google a lancé sa librairie en ligne, toujours aux Etats-Unis: celle-ci rassemble plus de trois millions de titre numérisés, dont une partie est offert gratuitement. 

Les livres sont accessibles sur le site books.google.com et peuvent être téléchargé sur tout ordinateur connecté à internet, ainsi que via les terminaux portables. J'ai testé le système et force est de reconnaître qu'il ridiculise gallica, le site de la BNF (qui, il est vrai, est probablement le moins sophistiqué sur le marché, hélas). La librairie de Google devrait être étendue à l'étranger à partir de l'an prochain. C'est plutôt une bonne nouvelle pour tout ce qui est de la documentation nécessaire aux bibliophiles et bibliographes.

A signaler enfin, l'exposition "Livres d'Artistes - Artistes du Livre" de Grenoble. A l'origine de cette exposition, une commande passée au printemps 2008 à Marc Pessin par l'Association pour la promotion des arts de la reliure (APPAR). Le graveur a carte blanche pour réaliser un ouvrage de bibliophilie, édité par la suite à 60 exemplaires vendus par souscription aux membres de l'association, ces derniers s'engageant à réaliser chacun une reliure… Le Traité de l'équilibre et du mouvement des fluides écrit par D'Alembert en 1744 a nourri l'imaginaire et la créativité de Marc Pessin, et à sa suite, ceux de quarante relieurs, professionnels et amateurs : l'ensemble offre un regard unique sur la diversité de la reliure contemporaine. L'exposition présente également des éditions anciennes de D'Alembert conservées par la Bibliothèque municipale de Grenoble, qui recèle par ailleurs de nombreux témoignages de l'art de la reliure depuis l'époque médiévale et s'est dotée, dès 1867, d'un atelier de reliure et de restauration lui permettant de préserver son patrimoine. Cet atelier pourra être visité en complément de l'exposition : l'occasion de découvrir ou de mieux connaître le travail de ces artistes du livre.
Visites guidées (sur inscription au 04 76 86 21 00)
l'exposition : samedi 15 janvier, 12 et 26 février 2011 à 14h
l'atelier reliure-restauration : samedi 11 décembre 2010, 15 janvier et 12 février 2011, à 14h et 15h30
Bibliothèque d'étude et d'information 
12, bd Maréchal Lyautey
04 76 86 21 00


H
PS.: j'ai bien tenu compte du commentaire de Bertrand, et je vais vous proposer prochainement une sélection ebayan d'ouvrages en achat immédiat, pour changer un peu.

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...