« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier

"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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jeudi 20 janvier 2011

Ebayana: fers de Simier, reliures aux armes, à la cire, Alciat, Curiosa, Atlas et livres à planches

Amis Bibliophiles bonjour,

Voici une sélection d'ouvrages en vente sur ebay.




























H

mercredi 19 janvier 2011

Le Grand Livre de la bibliophilie: La Bible de Gutenberg

Amis Bibliophiles bonsoir,


Un bibliophile épuisé, à genoux... c'est l'occasion de se plonger dans les archives du blog et de redécouvrir un article intéressant.


Oeuvre principale des débuts de l'imprimerie, la Bible de Gutenberg (1398 - 1468) inspira la méfiance lors de sa parution. En effet, alors que certains pensèrent qu'il avaient en fait acheté un manuscrit pour la somme dérisoire de 60 écus, ce qui était pour le moins louche, alors que d'autres imaginèrent que c'est le Diable qui avait inventé ce nouveau moyen pour falsifier et détourner les écritures.


Selon certaines sources, Gutenberg et son associé Jean Fust furent d'ailleurs dénoncés aux juges pour cela.

Sur les 180 exemplaires de la Bible latine en deux volumes in-folio de 324 et 317 feuillets, imprimée sur deux colonnes de 42 lignes chacune, dont on attribue l'impression à Gutenberg vers 1455 à Mayence, 46 exemplaires incomplets existent encore aujourd'hui : 34 sur papier (dont 5 réduits au tome I seul, 2 au tome II seul et 1 à l'Ancien Testament) et 12 sur parchemin (dont 1 réduit au tome I seul et 1 au Nouveau Testament). On peut y ajouter 2 exemplaires sur papier qui ont été "cassés" et dont les cahiers et les feuillets ont été dispersés aux U.S.A., en Allemagne, en Belgique et au Lichtenstein. On connait encore d'autres fragments plus ou moins importants en France ou en Allemagne.

Aujourd'hui donc sur les 46 ou 48 exemplaires encore en circulation, 21 exemplaires sont complets. La France en possèdent trois, deux à la Bibliothèque Mazarine, et un à la Bibliothèque Nationale.

Il existe un débat sur le fait que certains furent imprimés sur véin, et d'autres sur papier, ou tous sur vélin. Il semblerait que 45 furent imprimés sur vélin et au moins 135 sur papier.

Un fac-similé tiré à 3000 exemplaires fut édité en 1985.

Trois anecdotes?

Dans les années 20, un libraire de New-York, Gabriel Wells, qui possédait un exemplaire endommagé, "cassa" le livre et le vendît par sections et même par page. Les pages furent vendues dans un coffret accompagné d'un essai sur l'ouvrage. Aujourd'hui, ces pages se négocient entre 20 000 et 100 000 dollars, selon leur état et leur intérêt.

Un exemplaire fût mis aux enchères chez Christie's en 1987, mais il ne s'agissait que de la partie concernant l'Ancien Testament. Il fût acheté par un japonais pour 5,4 millions de dollars. Le dernier exemplaire complet fût vendu chez Christie's en 1976, pour 2,2 millions de dollars, ce qui donne une idée de l'augmentation des prix!

Dans le film le Jour d'Après, alors que des jeunes gens essaient de se réchauffer dans la bibliothèque de New-York, alors que la ville est prise dans les glaces et la neige... ils s'apprêtent à brûler une bible de Gutenberg dans un feu, juste avant qu'elle ne soit sauvée par un des personnages.

H

lundi 17 janvier 2011

Un très bel ouvrage de bibliophilie: "Papiers dominotés" par André Jammes

Amis Bibliophiles bonjour,

« Les images populaires produites au XVIIIe siècle à Chartres, à Orléans, au Mans et dans d’autres centres provinciaux forment un ensemble particulièrement brillant dans le panorama des arts et traditions populaires. Tout le monde connaît La Folie des hommes ou le monde à l’enversLe Vrai Portrait du Juif errant, l’Histoire de l’enfant prodigue, gravés à grands traits et vivement coloriés au pochoir. Ces images ont été sauvées par des amateurs éclairés ; elles ont fait l’objet d’enquêtes érudites, de publications richement illustrées et d’expositions où les conservateurs de musées et de bibliothèques ont montré tout leur savoir.


Les hommes qui produisaient ces images appartenaient à une corporation qui gravait et éditait en même temps des papiers de tenture (tirés feuille à feuille et raboutés en rouleaux) et des papiers dominotés. L’origine du mot est obscure et les domaines de la gravure qu’il recouvre sont mal définis, car les dominotiers gravaient sur leurs planches de bois aussi bien des images pieuses, historiques et allégoriques, que des papiers décoratifs à motifs répétitifs. Ils se mettaient parfois au service des fabricants d’indiennes.

Le présent livre conduit à reconnaître que papiers de tenture et dominos se confondent, sinon dans leur conception, au moins dans leur utilisation, mais c’est en général aux feuilles de dessins géométriques ou d’ornements répétés que l’on accorde le nom de “domino”.

Les spécialistes de l’imagerie populaire n’ont pas manqué d’évoquer ces dominos, mais il manquait une étude spécifique sur ces feuilles et sur l’emploi qui en a été fait pour orner et préserver les livres à leur parution; c’est l’objet du présent volume. »


Ainsi débute la préface de l'ouvrage Papier Dominotés, Trait d'union entre l'imagerie populaire et les papiers peints (France 1750-1820) qu'André Jammes consacre a sujet aux Editions des Cendres, et qui vent de rejoindre ma bibliothèque. Ecrivons-le tout de suite, c'est un délice: l'ouvrage est volumineux, un fort format carré de 250x250 mm, imprimé en couleur sur bon papier, et il contient 350 illustrations au format réalisés à parir de documents originaux. 


Après une longue introduction de 32 pages, dans laquelle l'auteur retrace l'histoire de ces fabuleux papiers dominotés, on bascule dans un catalogue passionnant de ces papiers, regroupés par villes: Orléans, Paris, Chartres, Le Mans, Rouen, Caen, Dijon, Besançon, Lyon, Avignon, Metz... puis les papiers domonités non identifiés et une bibliographie.






On est frappé par la beauté de ces papiers qui sont arrivés jusqu'à nous alors que leur destin justement était d'être éphémères: pour ceux qui ne le savent pas, ces papiers recouvraient en effet les livres avant leur passage chez le relieur d'où leur insigne rareté aujourd'hui.


L'ouvrage est très beau, on se laisse porter d'un papier à l'autre et l'on se prend à regretter leur dispariton.


C'est évidemment un ouvrage à conseiller aux bibliophiles. Son tirage est  limité à 999 exemplaires, et l'on peut imaginer qu'il sera rapidement aussi rare que la première édition du Manuel de Christian Galantaris.

H

Quelques détails pratiques:
564 p. (25 x 25) ; ISBN: 2-86742-176-1 ; 2010 ; 180 €.
L’un des quinze ex. augmentés d’un papier dominoté original (N. I/XV) : 450 €
Ouvrage relié. Impression couleur sur papier lessebo 150 g. 
350 illustrations au format réalisées à partir des documents originaux.
Tirage limité à 999 ex.
Commandes à adresser aux :
Editions des Cendres
8, rue des Cendriers, 75020 Paris
01 43 49 31 80 - editionsdescendres @gmail.com 

samedi 15 janvier 2011

La fin du Bibliophile.... Réponse à l'énigme: le "Quinti Horatii Flacci Opera" de John Pine... où quand le Bibliophile cherche à attenter à ses jours...

Amis Bibliophiles bonjour,

J'ai d'abord pensé à me mettre sous ma bibliothèque, à genoux, le front offert, et à l'agiter dans tous les sens pour les livres tombent, m'assomment et m'ensevelissent... puis j'ai imaginé m'ouvrir les poignets avec les (trop?) plats trop fins, effilés, d'un Trautz, ou alors ingurgiter sans répit et jusqu'au moment fatal les pages d'un Buffon in-4, la totale... Bref il fallait que j'en finisse. Mettre fin à tout ceci, cette mascarade...


Tout a commencé là où tout à toujours commencé: avec un livre. Bonne facture, intéressant sur le plan bibliophilique, bonheur de bibliopégimane (amateur de belles reliures), grand classique des beaux ouvrages du 18ème et qui de surcroît reste suffisamment original pour constituer une belle énigme pour le blog. 



Pour la réponse, j'attendais l'ami Ugo, et pour cause, puisqu'un cousin de cet ouvrage fût vendu à la vente Garnier, mais ce fût Martin qui surgît le premier (était-ce vraiment une surprise?). Son indice mît Montag sur la voie. Bref, l'ouvrage était identifié, il ne me restait plus qu'à présenter aux autres lecteurs les caractéristiques de cette acquisition récente. Elle faisait partie d'un lot, et je n'avais pas encore eu le temps de creuser l'affaire.

La gravure bien sûr me plaisait beaucoup, la question des souscripteurs m'avait interloqué, le relieur restait (et reste encore) mystérieux. Il n'y avait plus qu'à se pencher sur la question, et rédiger en même temps une jolie fiche.

  

Je pensais encore alors que tout ceci allait être un délice... Je cherche quelques informations, ça et là, je relis la fiche d'Ugo, je déglutis, j'ouvre précipitamment mon exemplaire, je re-déglutis. Malheur, misère... Mon exemplaire est parfait, il n'a pas l'erreur ("post est" versus "potest") dans le portrait de César. Il est parfait... trop parfait hélas puisqu'il est de fait de second tirage... Un exemplaire sans erreur. Quelle horreur. J'imagine déjà Raphael qui jubile, Lauverjat qui rit sous cape... Je suis refait. 

Il ne me reste plus qu'à vous présenter l'ouvrage, répondre à l'énigme et boire le calice jusqu'à la lie.

 


La réponse à l'énigme est en effet l'un des plus célèbres ouvrages gravés du 18ème siècle, le "Quinti Horatii Flacci Opera", gravé et publié par John Pine en 1733 (premier volume) et 1737 (second volume). 2 volumes in-octavo (264 et 192 pp) en plein maroquin de l'époque, très richement orné et sortant probablement de l'un des meilleurs ateliers de l'époque. L'ouvrage est entièrement gravé sur cuivre, imprimée sur grand papier (texte et illustrations) et contient deux frontispices et une magnifique iconographie: gravures, ornements, vignettes, cul de lampe. Il est vraiment splendide (en premier tirage, j'entends bien... même si le second tirage ne s'en sort pas trop mal).


C'est la page 108 du second tome qui permet de distinguer les deux tirages: dans le 1er tirage, le portrait de César en médaillon comprend l'inscription "Post Est", alors qu'il fait bien entendu lire "Potest", erreur qui sera corrigé dans le second tirage. 


Le tome 1er lui, n'a connu qu'un seul tirage, ce qui est quand même une petite consolation.

John Pine (1690-1756) pourrait bien avoir été l'élève de Bernard Picart, l'une des autres sommités de l'époque. Il était en tout cas le meilleur graveur anglais de son époque et cet Horace est vraiment somptueux. 




Les souscripteurs ne s'y sont pas trompés, notamment les libraires, puisque la liste s'est allongée entre le premier et le second tome.

H

Merci à Ugo pour la belle fiche de la vente Garnier, utile, trop utile..., enfin merci à Célia...

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