« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier

"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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vendredi 9 octobre 2015

Ebayana: belles reliures, EO, livres à planches, éditions du 16ème au 20ème siècle et curiosités

Amis Bibliophiles bonjour,

De beaux ouvrages anciens, des livres aux armes, des ouvrages de voyages, des curiosités, il y a de quoi se faire plaisir cette semaine sur ebay. Voici une sélection de lots intéressants actuellement en vente.



PAUL VERLAINE CHANSONS POUR ELLE RARES EPREUVES D'IMPRIMERIE CORRIGEES 1891 PRES DE 150 CORRECTIONS DE LA MAIN DE VERLAINE BEL ETAT 



 




































 Zwinger: Kräuterbuch von 1744 komplett. ca. 1200 Holzschnitte


Et...












Vous pouvez en retrouver beaucoup plus sur http://encheresbibliophiles.fr/ 

En passant, j'ai ajouté de nouvelles catégories sur http://encheresbibliophiles.fr/, si vous aimez le militaria, la numismatique ou les antiquités en général, vous pourrez retrouver sur le site les objets de ces catégories toujours classés par critères: les plus suivis, les plus chers, les plus enchéris.




H

mercredi 7 octobre 2015

Les différents types de reliure: la reliure dite "plein or"

Amis Bibliophiles bonjour,

Je vous invite aujourd'hui à découvrir un type de reliure très particulier, les reliures plein or. Très rares, caractéristiques des grands relieurs du 17ème siècle, elles furent parfois copiées par d'autres grands relieurs du 19ème pour réaliser des reliures pastiches.

Selon la terminologie de Pascal Ract-Madoux et Isabelle de Conihout (catalogue "Relieurs français du 17ème, chefs d'oeuvre du musée Condé") qui ont étudié les exemplaires du Duc d'Aumale, ces reliures sont dessinées aux petits fers, souvent filigranés. Une terminologie légèrement différente de celle que l'on peut trouver dans les "Connaissances nécessaires à un bibliophile" d'Edouard Rouveyre, pour lequel le terme de "plein or" désigne "les fers de grandes dimensions que l'on pousse par estampage d'un seul coup sur les plats des livres pour obtenir un dessin complet", les plaques donc, d'une certaine façon. Cette définition rejoint d'ailleurs celle de Bertrand (Descriptions des arts et métiers, 1776).

Le risque avec les définitions de Bertrand et Rouveyre est justement cette confusion possible avec les reliures ayant bénéficié d'une dorure à la plaque, et leur terminologie englobe à mon sens trop de possibilités, des plaques de Dubuisson à celles inombrables, utilisées par les relieurs du 19ème. Plus que dans la façon d'appliquer le fer (de façon globale ou séparée), il me semble que c'est l'emploi de petits fers qui donne tout son intérêt au terme « plein or ». La reliure plein or pouvant d'ailleurs dans certains cas être également une reliure à la fanfare.

Selon Pascal Ract-Madoux et Isabelle de Conihout ces reliures sont rares au 17ème et le plein or peut-être appliqué soit sur le plat, soit sur les doublures.

Pour mieux comprendre, voici quelques reliures plein-or, puisque des images valent toujours mieux qu'un long discours.

Ici une reliure de Luc Antoine Boyet, vendue lors de la vente Wittock (2ème partie, 8 novembre 2004):
TERENCE (Publius Terentius Afer, 185-159 av. J.-C.). Comoediae sex ex recensione Heinsiana.Leyde: Elzevier, 1635.
In-12 (120 x 65 mm). Texte imprimé en rouge et noir. Titre gravé sur cuivre Cornel. Cl. Dusend, portrait de l'auteur gravé sur bois dans le texte.
RELIURE doublée DE LUC-ANTOINE BOYET: maroquin olive janséniste, dos à nerfs orné à froid, doublure en maroquin rouge, richement ornée et dorée dite "plein or" de petits fers pointillés, couronne fermée et lion hissant, emblème au centre, tranches dorées sur marbrure, (coiffes restaurées). Musea Nostra, p. 42.
PROVENANCE: Eglise Saint-Julien à Paris (note manuscrite sur le titre) -- Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon (son emblème sur les doublures) -- F.Eug. du Camp (note du XVIIIe siècle sur la garde) -- Henri Beraldi (ex-libris), vente I à Paris, 29 mai-1er juin 1934, lot 75 -- John Roland Abbey (ex-libris), vente I à Londres, 21-23 juin 1965, lot 650 -- Raphaël Esmerian (ex-libris), vente II à Paris 8 décembre 1972, lot 51.
La tradition attribue les quelques volumes ornés d'un médaillon composé de fers, mêlant le "lion des Aubigné" au soleil couronné, à madame de Maintenon (voir Olivier 1837, fer 10): par exemple, le Strada de 1553 dans la vente De Bry 1996 (lot 196, pl. LII) et un recueil manuscrit de poésies dans la vente De Backer 1926 (première partie, lot 615), puis dans la vente Cortlandt Bishop 1948 (lot 128). Pascal Ract-Madoux nous a confirmé que l'on peut ranger ces reliures parmi les groupes de "reliures archaïsantes" exécutées entre 1690 et 1710 par le doreur de Boyet, identifiés par lui et Isabelle de Conihout dans le catalogue de l'exposition récente au musée Condé, Reliures françaises du XVIIe siècle (Chantilly, 2002). Cette reliure, bien que recouvrant un Térence en latin, peut donc se joindre au groupe 8 "plein or" (Conihout et Ract-Madoux, nos 42 et 43). 

Et un autre exemple, toujours de Boyet (source : http://cyclopaedia.org/1667/boyet.html) :

En passant et pour le plaisir des yeux, un sujet connexe: les gardes papier entièrement dorées: la reliure  n'est pas plein or, mais doublée de maroquin et la présence de gardes de papier entièrement dorées. L'ensemble est luxueux et l'effet doit être saisissant quand on ouvre l'ouvrage. Magnifique. Cela tombe bien, si cela vous tente, l'ouvrage fût mis aux enchères à Saint-Ouen sur Iton le 18 octobre 2012:
n° 289 -  HORACE. Quinti Horatii Flacci Opera.. Londres, John Pine, 1... HORACE. Quinti Horatii Flacci Opera.. Londres, John Pine, 1733-1737, 2 tomes en un vol. in-8, maroquin olive, dos à nerfs ornés, pièces de titre fauves, large encadrement de double filet et guirlande dorés sur les plats avec pointes dhermine et demi- guirlandes en écoinçon, armes au centre, tranches dorées, contreplats doublés en maroquin rouge avec bordure de maroquin olive, dans les deux cas ornés de guirlandes dorées, gardes de papier doré (Padeloup le Jeune). Magnifique édition, entièrement g ravée sur cuivre, imprimée sur grand papier avec une abondante iconographie dont 8 planches. Exemplaire de premier tirage. Somptueux et précieux exemplaire en maroquin doublé, aux armes de Philippe-Laurent de Joubert, président de la Cour des Comptes.


H

vendredi 2 octobre 2015

Sur l'agenda du bibliophile: la bibliothèque de François 1er à Blois

Amis Bibliophiles bonjour,

La commémoration nationale de l’avènement de François 1er procure au bibliophile des expositions en rafale, toutes plus riches les unes que les autres. Bien que les titres des expositions n’insistent guère sur l’omniprésence des livres, il y a peu de chance, au total, de revoir exposés avant longtemps autant de manuscrits, d’imprimés, d’enluminures, de reliures et de dessins exceptionnels du début du XVIe siècle.

 

Après la riche exposition de la BnF, Pouvoir & image, où nous avions particulièrement remarqué de nombreuses reliures de la bibliothèque de Fontainebleau, le château de Blois propose jusqu’au 18 octobre une présentation  des bibliothèques de François 1er sous l’intitulé : Trésors royaux.

L’écrin du château de Blois, après avoir traversé la cour nous transporte tout de suite dans l’ambiance.

Pour la première fois sont réunis non seulement des ouvrages provenant des bibliothèques constituées à l’usage du roi à Blois puis à Fontainebleau mais aussi des ouvrages hérités de ses parents.

Le grand-père de François 1er, Jean d’Angoulême avait constitué une bibliothèque de plus de 148 volumes. Elle fut enrichie par Charles son fils de livres fastueux et d’imprimés de luxe sur vélin d’Antoine Vérard, personnalisés par des enlumineurs.

Brant, La nef des folz du monde, 1498, enluminures François Le Barbier, BnF, Vélins 607
On remarquera provenant de la bibliothèque des ducs de Savoie le recueil de musique profane du roman de Fauvel entré dans la bibliothèque d’Amédée VIII de Savoie arrière-grand-père de Louise. Cette dernière ne cessera d’enrichir sa bibliothèque de manuscrits enluminés par Robinet Testard puis Jean Pichore qui entreront plus tard dans la bibliothèque de François 1er  son fils.
Le roman de Fauvel

Le Recueil des histoires de Troie, enluminures de Robinet Restard, la roue à livres
Il faut porter une attention particulière au riche ensemble de reliures de soie restauré pour l’occasion. Les manuscrits de Louise de Savoie bénéficiaient de ce type de couvrure et tout particulièrement le manuscrit les Gestes de Blanche de Castille couvert de tissu noir brodé, exemple rarissime, exposé pour la première fois. Ces livres reliés couverts de tissu se retrouvent dans la bibliothèque de François 1er. Une fois roi, François 1er  hérite à Blois de la bibliothèque constituée par les ducs d’Orléans et enrichie par le roi Louis XII. Il ne tarde pas à en faire établir un inventaire.  

Mattioli, Venise, 1539, imprimé, reliure atelier de Jean Picard, relieur de Grolier

Il échange cependant régulièrement des livres de sa bibliothèque personnelle avec ceux de la bibliothèque royale. En 1544, les deux bibliothèques et de nombreuses acquisitions de manuscrits grecs et d’imprimés italiens sont réunies à Fontainebleau.  À partir de 1530 la bibliothèque personnelle du roi confie des trains de livres à relier aux armes et aux chiffres au relieur parisien Etienne Roffet. À la fin de son règne François 1er  organise un cabinet privé, seconde bibliothèque personnelle, plus moderne mais précieuse dont plusieurs éléments se retrouvent aujourd’hui dispersés à travers le monde.

Enfin, un catalogue précis et luxueusement illustré de 319 pages sous la direction de Maxence Hermant  conservera la trace de cette exceptionnelle présentation.


Lauverjat

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