« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier

"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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dimanche 13 avril 2008

Le Livre Ancien, meilleur investissement que la farine ou le sucre en poudre? La réponse de Gonzalo!

Amis Bibliophiles Bonjour,

Je laisse aujourd'hui la parole à Rémi/Gonzalo, dont le sang n'a fait qu'un tour en lisant l'étude sur le livre comme investissement, etc. publié par une célèbre librairie, et dont je me suis fais le relais sur le blog vendredi.

En plus des commentaires sur le message original, Gonzalo a eu la gentillesse de m'adresser ce message "en réaction". Le message est à la fois polémique et très intéressant, sur un domaine que j'ignorais complètement et que l'érudition de Gonzalo rend passionnant. Je lui laisse la parole.

"Suite à l’opération propagande de la librairie S. de Chartres (NDLR : je pense que Gonzalo choisit à dessein le mot "propagande", puisque l'action de son message, comme vous allez le voir se situe en ex-URSS), dont Hugues a parlé sur le blog, opération consistant à affirmer avec graphiques et tableaux (c’est dire à quel point cela est scientifique !) que le livre rare était un placement d’une redoutable efficacité, j’ai voulu faire ici le compte rendu d’une lecture faite récemment : Mikhaïl Ossorguine, Les Gardiens des Livres (trad. Sophie Benech), Paris, Interférences, 1994 (env. 20 euros).
D’Ossorguine, j’ignore à peu près tout. J’ai acheté ce livre sous le coup d’une impulsion, séduit par la forme de l’ouvrage : deux courts essais, suivi d’une bibliographie et de deux fac-similés.

Ossorguine fut, avec quelques intellectuels moscovites, le gérant de la « Librairie des écrivains » dans un contexte particulier : celui de l’après Révolution d’Octobre. Au cours des mois qui suivirent la Révolution soviétique, la Russie connut en effet une grave crise. Dans une économie brusquement déréglée par la collectivisation, l’inflation fut colossale, la nourriture devint une denrée rare, et les activités de « loisir » devinrent un véritable luxe, très mal vu du nouveau pouvoir en place. Les temps furent durs pour les hommes de lettres, bouches inutiles et faibles bras, contraints à l’inaction, n’ayant plus de rôle à jouer au sein d’une société qui cherchait d’abord à se nourrir.

Ils furent cependant une poignée à imaginer se lancer dans l’activité de libraire (p. 8). De 1918 à 1922, la librairie des Écrivains fut « sans doute en Russie l’unique institution culturelle et commerciale à sauvegarder son indépendance morale et matérielle au travers de ces années terribles de chaos, de terreur et d’effondrement spirituel » (p. 11). Commerce non autorisé par l’État, mais tout de même toléré, la Librairie vit défiler pendant cinq années les intellectuels et les curieux de la capitale cherchant à acheter ou à vendre des livres. L’inflation galopante n’aidait évidemment pas à la tenue d’un commerce. « Nos marques au crayon indiquaient cent roubles, milles roubles, un million de roubles ! En une journée, les prix montaient de cinquante à cent pour cent, mais dans la pratique, cela voulait dire : un poud, une livre, une pincée de farine. Et il nous arrivait souvent d’accepter effectivement, en guise d’argent, de la farine, du savon, de l’huile, du sucre en poudre » (p. 18).

L’équipe s’attelle cependant très vite à une tâche essentielle : « En demeurant parmi les livres, nous remplissions une tâche discrète, mais capitale : […] nous aidions les gens qui liquidaient leur bibliothèque à ne pas mourir de faim. […] Nos évaluations portaient sur les livres, mais aussi sur les vendeurs : nous découragions les spéculateurs, tandis que nous donnions le maximum possible aux intellectuels contraints de troquer leurs biens contre du pain. […] Il nous arrivait très souvent d’acheter, après les avoirs expertisés avec le plus grand sérieux, des livres dont nous n’avions nul besoin, dans le seul but de venir en aide au vendeur » (p. 19-20). Cette tâche d’aide aux lettrés s’accompagne d’une fonction de « gardiens des livres » : réunions d’ouvrages en plusieurs tomes achetés dépareillés (« Nous achetions les tomes un par un, et ne revendions les éditions que complètes », p. 21), mise à l’écart d’ouvrages précieux, rares ou anciens, qui avaient perdu toute valeur marchande et qu’il convenait de préserver du gâchis ambiant.

Les deux extraits qui suivent rendent assez bien compte de l’ambiance qui régnait à l’époque, et intéresseront autant les bibliophiles que les libraires prétendant voir dans le livre ancien un placement à long terme : « Les livres, jetés sur le marché par des particulier qui les troquaient contre leur pain quotidien, avaient perdu toute valeur. Chose curieuse, c’était ce que l’on recherchait en temps normal comme une rareté qui coûtait le moins cher. De splendides ouvrages français du XVIIIe, d’anciens livres de vieux-croyants aux reliures de cuir, de rarissimes collections de gravures, des exemplaires uniques de l’époque de Pierre le Grand, des éditions aldines et des Elzévirs, tout cela partait pour quelques kilos de pain noir, et il n’y avait que des gens un peu loufoques pour les acheter. » (p. 17). « Je me souviens que l’on me proposa un jour d’acheter cinq charrettes d’ouvrages français du XVIIIe siècle, avec des ex-libris et des gravures de valeur. On n’en demandait pas plus de cinq roubles (en argent d’avant-guerre), mais la location des véhicules pour les faire venir de la propriété jusqu’à Moscou coûtait vingt fois plus, et il fallut refuser. L’inventaire mentionnait des éditions extrêmement rares qui aujourd’hui, à Paris, se vendent aux enchères plusieurs milliers de francs. Nous ne les avons pas achetés, et les « organes de contrôle » ne convoitant pas les livres étrangers, ils sont restés là-bas, dans cette maison abandonnée ; on m’a raconté que les garçons du village utilisaient les reliures comme battes pour jouer aux babki » (p. 27).

Les activités de la librairie se doublèrent rapidement de l’activité d’éditeur, d’un style un peu particulier. Les journaux ne paraissaient plus, les imprimeries étaient fermées, le papier était rare et les écrivains n’avaient donc plus possibilité de publier ; mais il leur fallait tout de même vivre. Et c’est pour aider les gens de lettres à vivre, que la librairie proposa à la vente des exemplaires uniques d’œuvres originales d’écrivains moscovites, petites brochures manuscrites, le plus souvent accompagnées de dessins et de collages originaux. Simple exemple, il était ainsi possible d’acquérir pour « une livre d’huile (au cours du jour 15 000 r.) » (p. 58) le Testament de Vadim Cherchénivitch (8 poèmes, couverture grise).

La librairie n’était pas un centre d’opposition au régime soviétique, et la « résistance » à laquelle elle s’est adonnée n’était pas une résistance politique mais culturelle. Ni révolutionnaire, ni contre-révolutionnaire, la librairie n’a existé que pour les livres. On y trouvait de tout, des romans étrangers comme des traités d’économie, des recueils de poèmes russes comme des illustrés sur l’art médiéval. On y parlait de tout, « et le client de hasard qui entrait, attiré par l’enseigne, s’étonnait d’entendre un commis discuter avec un client de grands problèmes philosophiques, de littérature occidentale ou de subtiles questions d’art, tout en continuant à travailler, à empaqueter les livres, à faire les additions, à essuyer la poussière et à charger le poêle. La politique était le seul thème que nous n’abordions pas – non par peur, mais simplement parce que notre but, notre principal désir était justement d’échapper à la politique et de nous cantonner dans les sphères culturelles » (p. 24).

Ce texte, publié par les éditions interférences, ne vient pas seul. Il s’accompagne du catalogue complet de tous les manuscrits d’écrivains vendus à la librairie, avec descriptions et prix, ainsi que des fac-similé de deux de ces œuvres inédites, d’Alexei Remizov et de Marina Tsvétaïeva, avec des collages et des dessins.

Ce bref récit, aussi instructif qu’émouvant, est un rappel à la modération pour tous les collectionneurs : en des temps moins heureux, la farine vaut mieux que les livres à gravures. Il nous rappelle que les livres, les lettres et la culture sont un luxe, et n’ont de valeur que subjective. Faut-il une morale pour conclure?"

Merci beaucoup Gonzalo, c'est passionnant... et c'est surtout une autre façon d'être libraire! :)

H

samedi 12 avril 2008

Un Livre à l'honneur : Le Gazetier Cuirassé par Charles Théveneau, dit de Morande

Amis Bibliophiles Bonjour,

Je me propose d'évoquer aujourd'hui avec vous aujourd'hui un ouvrage assez rare, que l'on croise d'ailleurs malheureusement le plus souvent sans son superbe frontispice : Le Gazetier Cuirassé.

Le Gazetier Cuirassé est « l'oeuvre » de Charles Théveneau, dit de Morande ou chevalier de Morande (1741 – 1805). C'est en fait un violent pamphlet contre les moeurs les moeurs de la Cour et du Royaume de France de l'époque.

Dijonnais, Charles Théveneau délaissera son droit pour vivre de sa plume. Après un passage dans le régiment des Dragons de 1759 à 1763, il rejoint Paris où il va mener une vie de libertin, faite de profits douteux, de jeu et de proxénétisme. Ces activités finiront par attirer l'attention du lieutenant général de police Sartine, dont les services qualifient Morande de « .. libertin crapuleux qui avait du mal vénérien et qui était dans les frictions », « coureur de filles », « brutal » et « mauvais sujet ». Il sera brièvement écroué, libéré puis enfermé à nouveau pour vol de montres... dans les maisons closes et tentatives d'enlèvement. Finalement libéré après de nouveaux longs mois de prison, accablé de dettes et poursuivi pour ses écrits déjà irrévencieux il gagne l'Angleterre en 1770.

Il est sans ressources et il met rapidement en place un système de chantage, qui sera à l'origine du Gazetier Cuirassé : en effet, depuis Londres, il écrit à diverses personnes de la Cour et les menace de publier des anecdotes scandaleuses à leur sujet, s'il ne reçoit pas de leur part une somme d'argent lui permettant de subsister à Londres.

Parallèlement, il écrit le Gazetier Cuirassé qui rassemble ces anecdotes et le publie depuis Londres. L'ouvrage arrive à Paris le 3 août 1771 et connaît un succès immédiat. Il est signalé au duc d'Aiguillon alors à la tête du secrétariat d'État des affaires étrangères par le censeur royal François-Louis Claude Marin. L'ouvrage contient un très grand nombre d'anecdotes sur les débauches et les travers de la Cour, donnant l'image d'un Royaume décadent et d'une noblesse et d'un clergé avilis. Les cibles privilégiées sont le chancelier de Maupeou et le Duc de la Vrillière (deux grand personnages de l'Etat), dont les portraits ornent le frontispice, mais Morande insulte également le Roi et ses proches.

Après une erreur (l'ouvrage est attribué injustement au duc de Lauraguais), l'auteur, Morande, est identifié par les services de la Police de Paris : « brochure est du sieur Morande ci-devant escroc à Paris, & qui ne l'est pas moins à Londres, puisqu'il passe pour constant qu'il a eu mille guinées pour la vente de cette rapsodie : les libraires de votre capitale n'eussent pas fait un pareil marché de dupe. » (Mémoire pour moi ; par moi Louis de Brancas, comte de Lauraguais ; à Londres, 1773, in-8.)

Morande se lance alors dans une carrière de « voyou littéraire » qui le perdra, ou de chevalier d'égout comme l'écrivît Emile Canterel (Nouvelles á la main sur la comtesse Du Barry, Paris, 1861)
En effet, en 1773, il décide de s'en prendre à la Comtesse du Barry, qui est alors la favorite royale, en la menaçant d'un nouveau libelle qui lui serait entièrement dédié. La cour, le Duc D'Aiguillon et même le Chevalier D'Eon s'activent alors pour mettre un terme aux agissements du maître chanteur, et ce d'autant plus que l'ambassadeur anglais a prévenu « qu'on ne s opposerait point à ce qu'on vint enlever dans les États de Sa Majesté Britannique, y noyer dans la Tamise ou y étouffer ce monstre pourvu que l'intrigue se conduisît dans le plus grand mystère et sans blesser à l extérieur les droits de la nation anglaise ». Les opérations de police pour s'emparer de Morande échouent et la Cour se décide à négocier avec Morande et à lui verser une somme d'argent en échange de son silence sur la Comtesse du Barry.

A la suite cet épisode, il se range plus ou moins, travaille pour Beaumarchais à Londres, devient Directeur du Courrier le l'Europe, puis rejoint la France où après diverses péripéties il devient.... juge de paix et s'éteint en 1805.

Mais revenons au Gazetier Cuirassé : c'est un libelle, de format in-12 imprimé sur un papier de faible qualité, qui est imprimé à Londres. L'ouvrage est composé de plusieurs parties : anecdotes transparentes, divertissantes ou extraordinaires, etc. et présente une quantité incroyable de ragots, dont l'auteur prévient en introduction que parmi ces informations, certaines sont tout au plus vraisemblables et qu'il compte sur le discernement des lecteurs pour démêler le vrai du faux. Pratique, et qui facilite la diffamation, vous en conviendrez.

Ce qui frappe avant tout, plus que les anecdotes et informations qui concernent souvent (mais pas toujours) des personnes aujourd'hui tombées dans l'oubli, c'est la particularité de la gravure en frontispice. On y voit une sorte de personnage cuirassé (l'auteur j'imagine), qui tire à boulets "rouges" dans tous les sens, et notamment vers les portraits de Maupeou et de la Vrillière, de son vrai nom Louis Phélypeaux. On distingue d'ailleurs de petits feuillets, qui volent sous la canonnade, portant les mots « Et plus bas Phélipeaux ».

L'ouvrage, dont le titre complet est « le Gazetier Cuirassé ou Anecdotes Scandaleuses de la Cour de France », est imprimé à Londres, en 1771 et 1772 (mon exemplaire est de 1772), mais sur la page de titre on trouve « imprimé à cent lieues de la Bastille, à l'enseigne de la Liberté ». Malgré ses travers, il est amusant à lire et fournit de curieux détails sur les moeurs du règne de Louis XV

Quelques exemples?

« On assure qu'un laquais (robuste) qui débute à Paris est payé aussi cher par les femmes qui s'en servent, qu'un cheval de race en Angleterre : si ce système prend faveur, une génération ou deux suffiront pour rétablir les tempéramens...(de la cour) ».

« La fécondité s'est glissée dans le couvent des filles de la conception, où le Saint-Esprit a fait dix miracles en une nuit ».

« Pour prévenir les incestes qui se commettent en France par le clergé, il sera permis aux prêtres à l'avenir de prendre des femmes... »

« On joue souvent la comédie chez Mme la Comtesse du Barry; on assure que Mr le Chancelier est si bon comédien, qu'il prend toutes sortes de rôles »

« On dit que Mademoiselle Clairon a été soûper chez le Marquis de Vill. Pour goûter un peu de tout ».

« Mademoiselle Laurencin qui pendant dix ans s'est promenée à pied tous les soirs sous les lanternes de Paris, vient de prendre un carrosse que traînera Monsieur le Comte de Bintem, dont elle a fait la connaissance par hasard en faisant son service dans les Tuileries ». Pour cette anecdote, comme à chaque page, on trouve une note de bas de page, qui donne des informations plus.. sociologiques : « tous les soirs, à la chute du jour, on voît arriver en foule au jardin des Tuileries un régiment de petites ouvrières enveloppées dans leur coêttes, de femmes qui se disent veuves, de vieilles courtières avec enfans; qui toutes viennent se dévouer aux vieillards honteux, qui en ont besoin. Mlle Laurencin a servi dans ce corps respectable pendant dix ans, et a été nommée à un emploi par Mr. Le Comte de Bintem, qui lui a trouvé beaucoup de dextérité dans ses exercices ».

« Mademoiselle des Orages est construite sur le modèle de Mademoiselle Clairon, elle a de plus qu'elle de la barbe et l'effronterie d'un grenadier ».

On comprend que l'auteur porte une cuirasse sur ce superbe et futuriste frontispice.

H

P.S. : L'avis aux lecteurs :
"Les fautes, qui se sont glissées à l’impression sont presque inévitables dans un ouvrage imprimé à la hâte, et dans une langue étrangère à celui qui l’imprime ; malgré toute l’attention apporté à la ponctuation et à l’orthographe, il a été impossible de prévenir des erreurs."

vendredi 11 avril 2008

Un meilleur investissement que le Dow Jones : le livre ancien français

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Imaginez, vous consultez vos emails et vous tombez sur un email de la Librairie Sourget... Première étape, l'hallucination, on pense à une erreur d'adresse email. Il est vrai que mon patronyme et mon prénom sont quasiment identiques à ceux d'un des plus grands milliardaires du 20ème siècle, oui mais voilà, il est mort depuis quelques années, quand même.

Deuxième étape, on pense à un mailing, et non, c'est bien moi le destinataire... Troisième étape, la consécration... on se dit, ça y est, mon long parcours de bibliophile est enfin reconnu à sa juste valeur et ce libraire renommé vient s'approvisionner à une source trop longtemps ignorée. Et là, on lève les yeux vers sa bibliothèque et on se dit que non, décidément, ce doit être autre chose.

Alors on lît l'email envoyé par ces délicieux libraires et on comprend mieux: alertés par mon chargé de clientèle de la Société Générale (et oui, j'ai fait de gros placements fin 2007 via un petit courtier méconnu) que je n'investis plus massivement en Bourse, les libraires en question viennent proposer au bibliophile milliardaire putatif que je suis "un meilleur investissement que le Dow Jones : le livre ancien français". Alleluia mes frères!

Moi qui ne pensais que passion, amour du livre, bibliopégimanie chronique, bibliomanie rampante, voici que l'on propose au père de famille que je suis l'alibi de rêve pour continuer à dépenser sans compter dans les livres : le dow jones et autres Cac40, c'est de la rigolade, l'immobilier, une grande poilade, l'or, un truc pour les pigeons! Les livres, mes amis, les livres, pourvu bien sûr qu'il soient anciens, français (et là le coq se gonfle d'orgueil), et si, possible, achetés à Chartres (je suis taquin sur ce dernier point, j'admire la Librairie Sourget, en vérité, mais je ne veux pas paraître trop consensuel, c'est toujours mauvais comme image pour un milliardaire).

Parce que oui, voilà, la Librairie Sourget, avec l'aide la Banque Lazard a fait réaliser une étude comparée mettant en perspective le Livre Ancien (français, etc), comme investissement. Et il s'avère que c'est le super bingo!

Les choses étant bien faite, dans une semaine, c'est le Salon du Grand Palais, une excellente raison de rapatrier vos ridicules stocks d'or helvètes ou de vendre vos villas sur la Côte, pour venir investir chez nos amis du SLAM! La vie est belle, le timing est propice aux bonnes affaires.

Bon, trêve de plaisanterie, le temps c'est de l'argent (vous imaginez aisément que ce blog me laissera sur la paille pour le coup), le fond de l'étude est intéressant et l'on peut saluer l'initiative de la Librairie Sourget. La forme est un peu indigeste, surtout au début, avec les références au passé, mais j'ai goûté l'exercice.

Voici la conclusion :

Cette étude réalisée avec l'aide des services de la Banque Lazard est la première consacrée à l'évolution du prix réel des livres rares et précieux du XIXe siècle à nos jours. Elle devrait interpeller amis bibliophiles et financiers avisés et développer l'intérêt pour nos livres de « Haute Culture » tant les résultats de moyen et long terme sont saisissants.

ÉTUDE DE L'ÉVOLUTION DU PRIX DES LIVRES ANCIENS, COMPARÉE À DIFFÉRENTS PLACEMENTS :
· Indice « Dow Jones » de la bourse de New York
· Prix de l'immobilier aux USA depuis 1890
· Napoléon ou pièce de 20 F OR
· Hectare de terre labourable en Ile-de-France
· Indice du coût de la construction en France

Le livre en sort gagnant.

Vous pouvez lire l'étude à cette adresse : http://camillesourgetrarebooks.com/media/Etude_Livre_Ancien.pdf

Deux ou trois choses me laissent malgré tout perplexe, comme la volonté manifeste de "contrôle" de l'achat du bibliophile ainsi :

- "Si vous souhaitez acheter en vente publique, agissez de concert avec votre libraire, sinon l’on vous fera « monter au cocotier »".
- "adaptez le type de livres à votre budget sachant qu’un livre de 10 000 E a autant d’avenir patrimonial qu’un livre de 100 000 E." Ce qui me rassure...
- "...de nos voisins allemands réunifiés, ne représentera plus que 60 % de celui-ci dès 2030. Mais au-delà de nos frontières, et malgré les troubles occasionnés par la crise financière et économique née dernièrement aux États-unis, une formidable croissance économique productrice d’énormes richesses nouvelles s’est emparée de pays immenses." Sous-entendu, ouvrons grand les vannes des frontières et exportons en coeur.
- "L’accroissement de la demande de beaux livres anciens, internationale bien sûr,
malgré l’obstacle de la langue, suivra, dans les décennies à venir, l’ascension du nombre de nouvelles fortunes, parmi lesquelles plusieurs souhaiteront posséder une prestigieuse bibliothèque qui fera office d’anoblissement culturel, étape ultime à la consécration d’une vraie réussite sociale au XXIe siècle." Sous-entendu, on ne remerciera jamais assez les nouveaux riches, etc.

Mais je le redis, l'exercice est utile, et la Librairie Sourget joue pleinement son rôle de leader en se penchant sur ce genre de questions. Je trouve le fonds très intéressant.

Votre avis? Ca fait débat, non?

H

PS : pourquoi ne pas avoir comparé avec le baril de pétrole?

jeudi 10 avril 2008

Vendre ses livres anciens. Vendre sa bibliothèque.

Amis Bibliophiles Bonsoir,


D'ailleurs avant de commencer, si vous avez des livres à vendre ou à faire estimer, n'hésitez pas à me contacter à: blog.bibliophile@gmail.com. C'est gratuit :)

Ah... vendre, un peu, beaucoup, parce qu'on a besoin d'argent, pour de nouveaux livres ou d'autres choses. Vendre à un libraire (hum... D'ailleurs en passant, j'interroge les libraires du blog : pratiquez-vous aussi le prix garanti, à savoir rachetez vous à un client un livre quasiment au prix auquel vous le lui avez vendu? Certains libraires le font), vendre sur ebay, vendre dans une salle des ventes.
C'est compliqué, et je pense finalement qu'on n'est jamais réellement satisfait à la fin. Mais que dire de l'évêché anglais de Truro, dont je vais aujourd'hui vous narrer les déboires?

En 2004, le diocèse de Truro décide de se séparer de sa collection de livres et de manuscrits pre-1800, il lance un appel d'offres, sans grande publicité il est vrai et un libraire anglais remporte le lot de plusieurs centaines d'ouvrages pour 36 000 Livres Sterling.

Bonne pioche si j'ose dire, puisque celui-ci en tirera plus de 500 000 Livres Sterling en remettant en vente les livres dans des ventes publiques... et même pas en les vendant dans sa librairie. Il fermé sa librairie et pris sa retraite après les ventes.

Interrogés, les responsables du diocèse de Truro, que l'on imagine malgré tout un peu contrits, ont déclaré que le prix leur avait semblé juste puisque personne n'avait demandé à consulter ne serait-ce qu'un seul des ouvrages de la bibliothèque dans les 10 dernières années (il est vrai qu'elle n'était pas cataloguée...), et qu'ils estimaient que la place prise pourrait être utilisée de façon plus pertinente (à part un stock d'or massif, je ne vois pas).

Un exemple? L'un des ouvrages, une bible de Macklin en 63 volumes, qui fût à lui seul vendu pour 47 000 Livres Sterling dans une vente publique anglaise, sans parler de ceux qui apparurent ensuite dans des ventes Sotheby's, dont une édition de 1470 de des Antiquitates Judaicae de Flavius Josephe, qui atteignît 78 000 Livres Sterling.

Ce qui est le plus amusant, c'est que plusieurs libraires firent une proposition au diocèse, et que celui qui l'emporta était justement spécialisé dans les livres religieux anciens : après avoir estimé la bibliothèque, il fût le mieux-disant avec une offre à 36 000 Livres Sterling. J'imagine que comme un grand patron français, il préfère qu'on dise de lui qu'il est un incapable, plutôt que malhonnête.

Ca me laisse rêveur, tous ces libraires qui proposent généreusement moins de 10 fois la valeur d'un livre, et une institution propriétaire des ouvrages qui se mord les doigts après avoir organisé un appel d'offres à la petite semaine. Comme quoi, deux expertises valent mieux qu'une... Mais vous me direz, à raison, qu'ici, ils interrogèrent plusieurs libraires.... Sourire. Sacrés libraires!

Cela me rappelle également cette anecdote bibliophile bien connue, d'un amateur qui gommait le prix de ses livres, en général en enlevant un zéro, pour éviter que son épouse n'en tombe raide morte. Hélas, trois fois hélas, c'est lui qui trépassa le premier et l'épouse pensa faire une bonne affaire en allant vendre les livres au premier libraire venu, mais au prix figurant sur les gardes... Véridique, je ne sais pas. Amusante, c'est certain.

Qu'on ne s'y méprenne point, je ne critique pas les libraires, ils doivent bien vivre, et ils sont un maillon capital de notre univers. Mais je recommande quand même plusieurs estimations si la question se pose pour vous. La vente en salles semble également, pour cette raison, le meilleur moyen.

H

mercredi 9 avril 2008

Le déjeuner des Bibliophiles - Paris, le 19 avril 2008

Amis Bibliophiles rebonsoir,

A une quinzaine de jours de l'événement, je me permets de vous inviter à nouveau au déjeuner des bibliophiles qui aura lieu le 19 avril 2008, en marge du Salon du Livre Ancien du Grand Palais. Nous sommes d'ores et déjà une douzaine, et le nombre de places n'est évidemment pas limité.

Au menu, discussions bibliophiliques passionnées et sans prétention, courtoisie, simplicté et gentillesse. Mais plutôt que d'essayer de vous convaincre, marketing oblige, je préfère vous présenter quelques témoignages des convives qui étaient présents au dernier repas :

Philippe, 24 ans : "Wech, c'est trop bien, en plus j'ai eu un autographe de la bibliostar Jean-Paul Fontaine!"

Rémi, 24 ans : "Génial, je compte ouvrir une bibliothèque avec les minutes de ces superbes dîners! Mais je vous laisse, je suis débordé!"

Jean-Paul F., rémois : "Addictif, je préfère ne pas venir au prochain, ou je ne réponds plus de rien"

Pascal de Soissons : "ces repas sont le contraire de barbant!"

Jean-Marc B. de la bibliothèque dauphinoise : "venez, il y a tout le gratin!"

Eric Z. : "le dernier endroit où l'on peut déguster les desserts 18ème de mon épouse!"

Valérie Z. : "la dernière façon que j'ai trouvée de faire manger mes desserts à mon mari!"

Xavier P. "j'ai chopé le virus!"

Bertrand le Gaulois : "Encore une blanche barman, que j'évoque l'épineux débat des éditions multi-originales".

Vous l'avez compris, c'est un vrai moment de bibliophilie; alors rejoignez-nous!

Pour vous inscrire, contactez-moi : blog.bibliophile@gmail.com

H

Débat : Le relieur d'art, artiste ou artisan?

Amis Bibliophiles Bonjour,

Certains d'entre vous sont relieurs professionnels, d'autres sont relieurs amateurs. Certains d'entre nous font appel à des relieurs pour offrir une protection matérielle à un de leurs livres, d'autres leur demandent de sublimer le contenu par un contenant, une reliure, donc, ayant une dimension artistique.

Le relieur est-il un artisan, auquel on confie une tâche, ou un artiste auquel on demande d'exercer son art? Il est à noter que la nuance entre les deux termes date plus ou moins de la Révolution Industrielle.

Selon le Littré : l'Artisan est celui qui exerce un art mécanique, un métier. Il peut être habile, adroit, etc.

Pour le même dictionnaire, l'Artiste est celui qui exerce un des beaux-arts, mais aussi une personne qui a le génie, le sentiment, le goût des arts.

De mon côté je dirais que si ce sont tous les deux des créateurs, l'artisan reste soumis à certaines contraintes (le marché, l'utilité, l'ergonomie) d'une part et d'autre part, il peut reproduire des oeuvres identiques. L'artiste de son côté peut échapper aux réalités et à toute contrainte et crée une oeuvre unique.

Dans le cas des relieurs, la nuance est difficile à faire : doit-on considérer par exemple que Dubuisson, relieur du 18ème, est un artisan, reproduisant "à l'infini" des plaques qu'il a créé, mais que Bonet est un artiste, faisant de chaque reliure une oeuvre unique?

Doit-on simplement se baser sur cette distinction historique, issue de la Révolution Industrielle : sommairement, les relieurs d'avant 1850 sont artistes et artisan, puis après la Révolution Industrielle, on commence à distinguer les deux?

Qu'en pensez-vous? Je parle bien sûr de la reliure "d'art" et non pas de la reliure plein veau du 18ème, etc.
Et vous, qui êtes relieurs, comment vous considérez vous? (à moins que la réponse ne soit simplement "certains jours artisan seulement, d'autres artisan et artiste, selon l'humeur, le client, l'inspiration...").

H

mardi 8 avril 2008

Pour en finir avec les voyages de Cook, courte bibliographie additionnelle

Amis Bibliophiles Bonsoir,

En dehors de cette relation officielle, on distinguera deux types d'oeuvres : les relations proposées par des compagnons de voyage de Cook, qui s'embarquèrent sous ses ordres sur les différents navires d'une part, et les "abrégés" proposés dans les collections de voyages d'autre part.
Au niveau des relations non officielles, les plus connues sont :

- L'ouvrage qui vient en général compléter la série des trois voyages, à savoir la Vie de Cook, par Kippis, et traduite par Castera : Vie du Capitaine Cook, un volume in-4, à Paris, Hotel de Thou, 1789. (également parue en format in-8).

- John Rickman : Troisième Voyage de COOK, ou Journal d'une expédition faite dans la Mer Pacifique du Sud & du Nord, an 1776, 1777, 1778, 1779 & 1780. Traduit de l'anglois.
Chez Belin et Volant Paris, 1782. Un volume in-8. John Rickman était lieutenant à bord de "la Découverte". Cette relation du 3ème voyage, non officielle, est parue avant la relation officielle. Elle est ornée d'un frontispice gravé replié représentant la mort du capitaine Cook et d'une carte repliée de l'itinéraire suivi par Cook.

- Heinrich Zimmermann : Dernier Voyage du Capitaine Cook, où se trouvent les circonstances de sa mort, publié en allemand par un témoin oculaire, & traduit avec un abrégé de la vie de ce navigateur célebre, & des notes.. Un volume in-8, Berne, chez la Nouvelle Société Typographique, Paris et Berlin, 1783. Une autre relation non officielle du troisième voyage, fondée sur les notes d'un autre compagnon de voyage de Cook.

- John Marra : Journal du second voyage du capitaine Cook, sur les Vaisseaux la Résolution et l'Aventure ; Entrepris par ordre de S.M. Britannique, dans les années 1774 et 1775.
Amsterdam, et se trouve à Paris chez Pissot, Nyon 1777. Un volume de format in-8, illustré d'une carte gravée dépliante. Relation apocryphe du deuxième voyage de Cook, parue anonymement 18 mois avant l'édition officielle des voyages de Cook. Il contient des observations et le récit d'incidents non compris dans cette dernière. John Marra, était canonnier à bord du navire la Résolution.

- André Sparrman : Voyage au Cap de Bonne-Espérance, et autour du Monde avec le Capitaine Cook, et principalement dans les pays des Hottentots et des Caffres. Traduit par M. Le Tourneur.
Buisson Paris 1787. 2 volumes de format in-4, contenant un frontispice, une grande carte repliée et 15 planches hors texte. On trouve à la fin de l'ouvrage un vocabulaire des langues Caffre et Hottentote. Sparrman rencontra Cook pendant son escale au cap de Bonne-Espérance. Cook lui proposa de l'accompagner en tant que botaniste de son expédition autour du Monde.

- Sydney Parkinson : Voyage autour du monde, sur le vaisseau de sa majesté Britannique L'Endeavour. Précédé d'un discours en forme d'introduction sur les principaux navigateurs Anglais et Français qui ont précédé L'Endeavour: suivi d'un abrégé des deux derniers voyages du capitaine Cook. Ouvrage traduit de l'Anglais par le C. Henri. 2 volumes in-4, parus chez Guillaume, Paris, an 5, 6 planches dépliantes.

Un ensemble de "Cookiana", un Atlas en EO, colorié, les 13 volumes in-4 en EO, avec la vie de Cook, et 9 volumes in-4 en EO, aux Armes, les deuxième et troisième voyages. Au milieu, le coffre mystérieux...

Au niveau des collections de voyages et des abrégés, on retiendra en particulier :

- Dumont d'Urville : Voyage pittoresque autour du Monde. Résumé général des voyages de découvertes de Magelan, Tasman, Dampier, Anson, Byron, Wallis, Carteret, Bougainville, Cook, Lapérouse, G. Bligh, Vancouver, d'Entrecasteaux,... Paris, Tenré, 1834-35. Deux volumes in-4, abondamment illustrés, qui reprennent en partie les voyages de Cook.

Et surtout le La Harpe : Abrégé de l'histoire générale des voyages, contenant ce qu'il y a de plus remarquable, de plus utile & de mieux avéré dans les Pays où les Voyageurs ont pénétré; les moeurs des Habitans, la Religion, les Usages, Arts & Sciences, Commerce, Manufactures; enrichie de Cartes géographiques & de figures.

Les 21 premiers volumes, l'édition de 1780, de chez Thou, aux armes.

Paris, Hôtel de Thou, 1780 (puis Laporte en 1786, puis Moutardier en 1803). Les 21 premiers tomes sont parus en 1780 à l'Hotel de Thou, puis ils ont été complété en 1786 (avec notamment le 3ème voyage de Cook) chez Laporte et complétés une nouvelle fois chez Moutardier en 1803. Volumes de format in-8 abondamment illustrés et ornés de cartes dépliantes. Les Voyages de Cook sont contenus dans les volumes 19 à 23, et on y retrouve par exemple les très belles gravures des portraits.






Les différentes pages de titre, au fil des années. Ce dernier, tome 12ème vient en fait terminer la 3ème série, qui démarre curieusement par le tome 32. Soit 44 volumes au total.

La notion de « complétude » est très aléatoire sur cet ouvrage : certains libraires l'annoncent complet en 21 volumes, d'autres en 32... J'ai réussi à en trouver 44, en reliure uniforme, je crois que le compte y est. Si vous voulez les voyages de Cook, vous pouvez vous arrêter au 23ème inclus.

Une parenthèse : le coffre donc... Chiné dans une brocante. Poids : environ 30 kg. Entièrement en fer forgé. Epoque : 18ème. Contenu? indéterminé mais sonore... puisque je n'ai pas la clef et qu'il est donc fermé! les serruriers de quartier s'y cassent les dents. Si vous avez une idée, je suis preneur!
H

lundi 7 avril 2008

Dorure et finesse des pièces de titre

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Vos commentaires sur mon message d'hier, sur le fait qu'un doreur puisse faire figurer ou non le titre en entier au dos d'un ouvrage m'ont fait réfléchir.

Je suis allé chercher dans mes rayonnages de quoi alimenter cette réflexion. Finalement, à bien y regarder, j'ai l'impression que cela dépend plus de la dextérité du doreur, ou de la finesse de ses outils, que de la largeur du livre (sans parler de la longueur du texte, même si cela ne semble pas décisif, comme le montrent les images).

Ainsi le titre pourra être incomplet au dos d'un ouvrage en plein veau du 18ème siècle et qui fait 3 cm de large, et complet sur une reliure de maître de la fin du 19ème siècle, qui fait elle moins de 0,4 cm.

Le triomphe de Pradon, 1684, in-12, maroquin signé Duru et Chambolle. Largeur du dos 8 mm.

D'un côté on a une reliure assez courante, de l'autre une reliure de luxe. Voici quelques exemples.
Histoire Générale des Larrons, 1640. Largeur du dos : 33 mm

La Guerre des Dieux, Parny, in-12, maroquin Lavallière signé Lortic. Largeur du dos : 11 mm


Mémoires et avantures d'un homme de qualité, in-12, maroquin rouge signé Lortic. Largeur du dos : 23 mm


La Lanterne Magique Nationale, in-8, maroquin rouge signé Chatelin, largeur du dos : 7 mm.

Les Disputes, par Ruhlières, 1796, in-8, maroquin rouge signé Trautz-Bauzonnet, largeur du dos : 4 mm, et tout le titre est lisible!

Quoi qu'il en soit, je ne suis pas comme PierreG, un titre incomplet ne me dérange pas : si le livre m'appartient, je sais qui il est, si le livre n'est pas à moi, au contraire, cela excite ma curiosité. Quant aux titres "en long", j'imagine qu'ils ont été abandonnés pour cause de torticolis chroniques (essayez donc de parcourir un rayonnage entier de titre en long...). Ces titres en long sont d'ailleurs un héritage de l'époque où les livres étaient rangés à plat.

Exemple de titre "en long".

Les titres incomplets sont même d'ailleurs assez amusants, combien de fois ai-je frissonné en prenant sur l'étal d'un libraire un volume à la pièce de titre prometteuse du type "hist. ven."... Hélas, pas de place Saint-Marc à l'intérieur, mais une histoire in-extenso du vendredi saint.

Au moment de conclure, après avoir ajouté les images, je me rends compte que même sur une plaquette extrêmement fine (largeur du dos : 0,45 cm et 16 feuillets), un atelier comme Trautz-Bauzonnet parvient à dorer le titre sur le dos, et il reste parfaitement lisible. Je crois que la démonstration est faite... la netteté du titre au dos dépend plus de la qualité du doreur et du relieur que de la longueur du titre. La qualité des matériaux employés dans les exemples que j'ai utilisés tend également à le prouver.

H

dimanche 6 avril 2008

Un Livre à l'honneur : Le Cousin de Mahomet, de Nicolas Fromaget

Amis Bibliophiles Bonsoir,

L'ouvrage que je vais évoquer ce soir est un de ces ouvrages que l'on croise régulièrement, sans vraiment savoir en quoi il consiste, mais que le titre, forcément, interpelle : il y a l'Alcoran des Cordeliers, et il y a le Cousin de Mahomet.
Le Cousin de Mahomet, de Nicolas Fromaget, est paru en 1742. En quelque sorte en plein milieu du 18ème siècle français, puisqu'on pratiquement changera d'époque 11 ans avant le tournant du siècle. C'est le moment des Lettres Persanes, mais aussi des voyages de Thévenot ou de Tavernier, autant de titres, relations de voyages ou essais/fictions qui nous emmènent vers la Grande Porte, aux portes de l'Orient, à Istanbul.

De Fromaget on sait encore aujourd'hui peu de choses : il est mort jeune en 1759 et il fût l'ami, peut-être même le nègre du célèbre Alain-René Lesage auquel on doit par exemple Les Aventures de Gil Blas de Santillane. Fromaget signa plusieurs ouvrages, mais seul Le Cousin de Mahomet est passé à la postérité, puisqu'il fût immédiatement interdit par la censure.
Cela tient probablement au fait que comme pour les Lettres Persanes, il est plus simple (et plus prudent) de critiquer les moeurs de son époque en transposant l'action en Orient, plutôt que dans une cour où des susceptibilités puissantes peuvent rapidement nuire à un auteur.

La curiosité de cet ouvrage tient à d'ailleurs au fait qu'il tient à la fois de la satyre et de la relation de voyages (certains de ses contemporains le tinrent pour véridique). En réalité on suit les aventures philosophiques et libertines d'un adolescent espiègle, qui a déserté Paris, abandonnant étude et héritage bourgeois pour rejoindre Constantinople sous la protection d'un convoi de bagnards. Sur place, devenu esclave, il sera rebaptisé « Parisien L'Ecolier » et pénétrera l'intimité des harems de ses maîtres et même du sérail.
Là, la hardiesse d'un jeune parisien fera le reste et « ses yeux me parlaient, mais je n'entendais pas encore si bien ce langage que l'idiome turc... je me hazardai pourtant à porter une main tremblante sur sa gorge... » On devinera que les ennuis ne faisaient que commencer. Aah, que d'incompréhensions auront fait naître les langues étrangères... heureusement, Parisien L'Ecolier sera utilement secondé par son fidèle ami, Mustapha, qui aura la tâche difficile, car comme à la cour du Roi de France, les femmes sont libertines et insaisissables, quand elles ne sont pas comme l'aimée de notre héros, proche un puissant entre les puissants, ici la soeur du sultan, le Cousin de Mahomet, justement.
C'est un admirable roman initiatique, plus léger que les autres oeuvres philosophico-littéraire du siècle, et qui se parcoure comme un véritable roman. Le turc, la femme, l'ami, le chrétien peuvent y être cruels, généreux ou fidèles, amis ou ennemis, et on est loin des schémas classiques. C'est une vraie fiction, qui se lît comme telle. Elle prône en tout cas une grande tolérance qui mériterait d'être remise à la mode.
J'ai souvent croisé cet ouvrage et j'ai finalement craqué hier pour cette originale édition, datée de 1757, avec 5 gravures hors-texte, 2 volumes in-12 en plein veau glacé de l'époque, originale notamment pour cette étonnante dorure, bien labyrinthique. 100 euros à Brassens. Lu dans la journée.

H

samedi 5 avril 2008

Le Marché : Ebayana et autres ventes

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Voici quelques informations sur les deux grands marchés, Drouot d'un côté, Ebay de l'autre.

Au niveau des ventes en salles, deux très belles ventes à signaler à Paris :

Chez Pierre Bergé, une très belle vente de livres anciens de grande qualité, le 23 avril à 14h30, vous pouvez trouver le catalogue en suivant le lien suivant :

http://catalogue.gazette-drouot.com/flash/index.jsp?id=1392&idCp=32&lng=fr

Chez Renaud-Giquello, une autre très belle vente, le catalogue est disponible ici :

http://www.bibliorare.com/cat-vent_drouot10-04-08.htm

Au niveau d'ebay, voici une petite sélection :

- Livres Anciens :

La Nouvelle Maison Rustique de Liger, avec 38 planches, édition de 1755

Histoire de L'Inquisition, Marsollier, 1693

Une très belle édition du voyage de Labat (Espagne et Italie), 1730

Bordelon, La côterie des anti-façonniers, 1716, je lui ai consacré un article sur le blog

Les oeuvres complètes de Buffon, 52 volumes, plus de 700 gravures

Elemens de la Philosophie de Neuton, par Voltaire, 1752

Pour les bibliopégimanes et autres amateurs de reliures :

Une reliure mosaïquée, signée Flammarion, sur Amour de Paul Verlaine

Cher, mais une référence : Manuel historique et bibliographique de l'amateur de reliures, de Léon Gruel

Son jumeau, La reliure française depuis l'invention de l'imprimerie jusqu'à la fin du XVIIIe siècle par Marius Michel

Une belle reliure estampée à froid du 17ème siècle

Un Office de l'Eglise de 1698, en maroquin bleu aux armes, avec fermoirs

Apologie pour Mr Maimbourg ou Critique du Jesuite Sécularisé, dans une reliure au chiffre des jésuites, non?

Rabelais, Les Oeuvres, 1663. Elzevir - Superbe

Plus modernes :

Un envoi du Bibliophile Jacob à Octave Uzanne, pour les amateurs

Une belle édition de la Princesse de Clèves, truffée de gravures du 17ème au 19ème

Les Français peints par eux-mêmes, Grandville, Daumier... Bien relié

Les Oeuvres complètes de Victor Hugo, chez Hetzel

Pour Bergamote, cuisinière de talent et relieuse, et spécialement pour elle :

Un manuscrit de recettes de cuisine très très intéressant je trouve.

Bonne chine

H

vendredi 4 avril 2008

La Reliure Papillotante

Amis Bibliophiles Bonsoir,

La reliure dite "papillotante" est l'une des formes les plus raffinées de reliures décorées du 18ème siècle. Ces reliures, réalisées notamment par Derôme, Dubuisson (au milieu de ses plaques) et Padeloup sont des reliures de luxe.
En pratique, la reliure papillotante se compose d'une reliure classique, en veau ou en maroquin (voire en soie), proposant un décor, généralement au centre des plats, qui est soit peint soit métallique et protégé par une fine lame de mica. Le plus souvent, ce sont des armes que l'on trouve sous cette lame de mica, mais on rencontre également des miniatures, et des portraits.
Ces reliures sont évidemment très recherchées mais finalement pas si rares que cela, si vous êtes un visiteur assidu de l'hôtel Drouot, vous en croiserez quelques exemplaires par an.
A défaut de pouvoir y consacrer un ou deux milliers d'euros, vous pourrez toujours les caresser lors des expositions.

H

jeudi 3 avril 2008

Identification

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Un troisième message pour ce soir, pour vous demander votre aide.
Cet ouvrage vient de rejoindre ma bibliothèque, mais n'ayant pas l'OHR, je suis incapable de d'identifier les armes.
L'ouvrage : Lettres de la Marquise de M*** au Comte de R*** par M. de Crébillon, à La Haye, chez Henri Scheurleer, 1738. Un volume in-12. Joli dos à la grotesque, mais je n'en sais pas plus.
Merci à vous,

H

Déjeuner des Bibliophiles

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Il y a quelques mois je vous avais proposé de nous retrouver lors d'un dîner des bibliophiles, dans un restaurant parisien. Finalement, une douzaine d'entre nous s'est réunie et nous avons passé un excellent moment.

Je vous propose une nouvelle fois de nous retrouver, cette fois-ci pour un déjeuner des bibliophiles, qui aura lieu "en plein milieu" du Salon du Livre Ancien du Grand Palais à savoir le 19 avril, à Paris donc.

Comment cela se passe-t-il? C'est tout simple : la décontraction et la simplicité sont de règle, j'essaie si possible de réserver une salle d'un restaurant, avec pour contrainte que le repas doit essayer de ne pas dépasser 30 euros par personne, pour que nos amis étudiants par exemple puisse se joindre à nous facilement. Comme lors du premier dîner, vous pouvez venir avec un livre, pour le faire découvrir aux autres convives.

Je vous garantis un moment très convivial (tout snobisme est absolument exclu), un vrai moment de bibliophilie, et ce qui n'est pas rien, vous pourrez mettre un visage sur les noms de Bertrand, Gonzalo, Z1k, Pilou et d'autres, qui seront présents.

Venez! Si vous souhaitez nous rejoindre, contactez moi à blog.bibliophile@gmail.com, je vous donnerais tous les détails.

H

Ci-gît le Livre... débat (re)

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je crois que nous en avons déjà débattu, et que certains ont du mal à s'y résoudre, mais au fil des jours, j'ai trouvé d'autres informations sur la disparition annoncée du livre (et donc des bibliophiles?).

Voici :

1. La première piste est celle du format pdf, qui accélèrerait le déclin du livre papier. Ainsi, dans son article du 28 mars 2008, sur ZDnet, Philippe Astor nous apprend que "l'éditeur O'Reilly, qui distribue à la fois ses livres par correspondance, et en version PDF sur son site web depuis un an, constate que les ventes des uns ne cannibalisent pas celles des autres. Le format numérique attire même de nouveaux clients."

Le plus intéressant est que "60 % des clients ont choisi le livre électronique de préférence au papier, ce qui démontre qu'il existe bel est bien un public pour les formats numériques payants ».

2. Le second constat est celui que livre Frédéric Beigbeder dans un très article que vous pourrez retrouver sur le site de lire : http://www.lire.fr/chronique.asp/idC=52222/idR=142/idG

Je trouve son point de vue très intéressant. Qu'en pensez-vous?

H

mercredi 2 avril 2008

Portrait d'un scientifique bibliophile, ou d'un bibliophile scientifique : Bernard.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Quittons un moment le capitaine James Cook pour revenir à un autre domaine de prédilection des bibliophiles, les ouvrages scientifiques. Je vous propose en effet ce soir le joli portrait d'un bibliophile qui vient presque quotidiennement sur le blog : Bernard. Je sais que vous êtes plusieurs à vous passionner pour les ouvrages scientifiques, et je ne doute pas que ce portrait vous intéressera autant que moi. On sent bien que Bernard est à la fois passionné et un vrai connaisseur.

Bonjour Bernard, pourriez-vous nous parler un peu de vous et de votre bibliothèque?

Je suis un « ancien » professeur de physique-chimie, depuis peu à la retraite. Le cœur de ma bibliothèque est constitué actuellement de plusieurs centaines de livres de physique du XVIIème au XIXème siècle. Cette bibliothèque a été constituée pendant une quarantaine d’années.

Quelques livres de ma bibliothèque.

Planches du début du XVIIIème représentant des expériences de physique ; on reconnaît la fameuse expérience des hémisphères de Magdebourg prouvant la pression atmosphérique.

Depuis quand la passion de la bibliophilie s'est-elle emparée de vous?

J’ai commencé très tôt, et par hasard. J’avais une quinzaine d’années, j’habitais dans un petit village de Franche-Comté et mon milieu ne me prédisposait pas du tout à la bibliophilie. J’assistais un jour à une vente aux enchères dans un village voisin, vente qui dispersait la totalité du contenu de la maison de l’ancien médecin décédé. Lors de la visite j’avais remarqué dans le grenier, une vielle malle en bois qui, nettoyée, serait du plus bel effet dans ma chambre. Cette malle contenait un tas de « vieux livres » très sales. Ce lot n’intéressait personne et je fut le seul enchérisseur. Les « vieux livres » étaient des livres de médecine et de chimie du XVIIème et XVIIIème. Ils étaient « dans leur jus », très poussiéreux et les cuirs très secs. Sans aucune idée de leur valeur je les ai lavés vigoureusement à l’eau savonneuse et graissés à la cire familiale! Ils ont pris une très belle teinte sombre qu’ils ont gardé depuis. J’en frémis encore quand j’y pense. Ils servirent de décoration pendant plusieurs années. Je n’ai lu les ouvrages de chimie que lors de mes études à Paris. Et la, le virus de la collectionnite m’a atteint. Je me mis à fréquenter assidûment les quais de la Seine, et sans complexes les librairies anciennes spécialisées en Sciences à Paris. J’achetais alors essentiellement des ouvrages de physique et de chimie des XVIIème et XVIIIème.

Quels sont vos domaines de prédilection, ou votre approche est-elle éclectique et vous fonctionnez au coup de cœur?

Très rapidement, je me suis rendu compte que le nombre d’ouvrages intéressants était trop important et qu’il fallait se limiter à un thème. J’ai d’abord choisi de m’intéresser au passage du Cartésianisme au Newtonianisme en France entre 1650 et 1750. Puis j’ai recherché tout ce qui concernait les théories successives des « fluides impondérables », c’est à dire le feu, la lumière, l’électricité, la chaleur…Actuellement je cherche à compléter certaines revues scientifiques telles que le Journal des Sçavans (Edition parisienne, partie XVIIème), le Bulletin des Sciences par la Société Philomatique de Paris (Début XIXème), etc.
Je fonctionne très peu au coup de cœur. Chaque ouvrage lu me parle d’autres ouvrages antérieurs et ce sont certains de ces ouvrages que je recherche.


[IMG_0420.JPG] Jean-Baptiste de La Borde (1730-1777), jésuite, construit en 1759 un clavecin électrique, instrument avec clavier qui utilise l'électricité statique pour frapper des cloches avec de petits clapets métalliques. Cette invention marque le début d'un enthousiasme sans précédent pour toutes les formes d'innovations technologiques en rapport avec la musique.

Joachim Dalance [ou d’Alance] (1640-1707). Traitté de l’aiman.Amsterdam, Henry Wetstein. 1687.
Les figures sont dues à Adriaan Schoonebeek (1651-1705).

Voltaire. Elémens de la philosophie de newton, mis à la portée de tout le monde. Amsterdam, Jacques Desbordes et Cie. 1738.
Voltaire découvre Newton lors de son séjour en Angleterre entre 1727 et 1729. A Cirey, où il installe un laboratoire, il se consacre à la physique et y rédige cet ouvrage. Voltaire se propose de convertir les français au newtonianisme.

William Watson (1715-1787). Expériences et observations pour servir à l’explication de la nature et des propriétés de l’électricité. Paris, Sébastien Jorry. 1748.

Jean Paul Marat. Mémoires académiques ou nouvelles découvertes sur la lumière… Paris, N.T. Méquignon. 1788. Selon certaines sources, les figures ont été colorées par Marat.

Jacques Rohault. Traité de physique. Paris, Chez la Veuve de Charles Savreux. 1671.
Jacques Rohault (1620-1675), physicien, donnait à Paris des conférences sur la physique, substituant les nouveautés cartésiennes aux commentaires de la physique aristotélicienne enseignés par les universités.

Pierre Sylvain Régis. Système de philosophie contenant la logique, la métaphysique, la physique et la morale. Paris, Anisson, Posuel et Rigaud. 1690.
[Isaac Newton] - Gabrielle Émilie le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet (1706-1749). Principes mathématiques de la philosophie naturelle...Paris, Dessaint et Saillant. Lambert. 1759.

Marin Cureau de la Chambre. La lumière...Paris, Rocolet. 1657.

Pierre Bouguer.Traité d’optique sur la gradation de la lumière... Paris, Guérin et Delatour. 1760.

Où achetez vous vos livres.? Internet, salons, libraires?

J’ai acheté beaucoup chez les libraires et je remercie la plupart d’entre eux d’avoir permis à un amateur débutant de parcourir régulièrement les rayonnages de leurs librairies ; j’ai pu constater que les plus grandes maisons étaient souvent les plus accueillantes. Je fréquente les salons mais y achète peu maintenant. Internet, et plus particulièrement ebay, me permettent d’acquérir de petits ouvrages ou de compléter quelquefois certaines séries. A partir d’un certain prix il faut que je touche et feuillette les livres.

Quel est le ou les livres qui vous font rêver? Et les livres que vous possédez déjà et qui vous sont particulièrement chers?

Je ne rêve plus ! Est-ce le coté scientifique de mes recherches ? Les livres scientifiques ont pour la grande majorité été écrits pour être lus et utilisés pour la recherche ou l’enseignement. Ils sont rarement dotés de superbes reliures et leur utilisation intensive les a souvent abîmés. Les planches déplantes par exemple ont beaucoup souffert. Ce que je recherche, c’est l’exemplaire en meilleur état que le mien. Si je ne devais garder qu’un ouvrage, il devrait contenir le maximum de choses ; je crois que les dictionnaires de Physique, de Chimie et de Mathématiques de l’Encyclopédie Méthodique me suffiraient car ils donnent l’état détaillé des ces sciences au début du XIXéme. Ces dictionnaires ont paru entre 1786 et 1824. Il est très rare de rencontrer une série complète. Ils faisaient l’objet de souscription et la plupart des souscripteurs ont disparu à la révolution.

Vous savez que les lecteurs du blog aiment les histoires, auriez-vous une anecdote à nous raconter, sur une trouvaille, un livre, autre chose qui touche à la bibliophilie?

Une anecdote? A une époque où je m’intéressais particulièrement à Ampère, j’étais « polarisé » par un de ses ouvrages Recueil d’observations électro-dynamiques contenant divers mémoires, notices, extraits de lettres ou d’ouvrages périodiques sur les sciences...
Paris, Crochard. 1822 [1823]. Ce recueil est formé par la réunion de tirages à part des premiers articles relatifs à l’électrodynamique parus, soit dans les Annales de Chimie et de Physique, soit dans la Bibliothèque Universelle de Genève. Au premier jour d’un salon qui avait lieu à la Mutualité, certains libraires terminaient encore leur installation. J’étais dans un stand, devant le rayon «Sciences », une main pose devant moi un livre dont l’étiquette indiquait simplement Ampère. Le livre est resté deux secondes en place puis est passé entre mes mains. Vous avez deviné, il s’agissait du livre tant recherché. Cette fois là, j’ai très peu discuté.

Enfin, vous êtes un visiteur fidèle du blog... qu'en attendez-vous?

Je lis le blog pratiquement tous les jours. La variété des thèmes abordés, le sérieux des textes, et l’humour quelquefois des commentaires rendent ce blog incontournable pour les amateurs de livres anciens. Entre les amateurs de belles reliures, de belles gravures, de grands textes, les obsédés de sciences, de montagne, d’histoire… le courant passe. Que Hugues continue de faire vivre ce blog et que chacun sans complexe y apporte sa pierre. La rubrique identification ou recherche de livres a de l’avenir. Peut-être faudrait-il penser à un moyen pour mettre en contact les bibliophiles ayant des centres d’intérêt communs ?

Oui, bonne idée, n'oubliez pas que si vous souhaitez entrer en contact direct les uns avec les autres, vous pouvez passer par moi, je vous transmettrai vos coordonnées mutuelles.

H

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