« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier

"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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samedi 16 mai 2009

Nouvelle Bibliographie + Chronique de Nuremberg

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Pour ceux d'entre vous qui sont passionnés par le sujet, je vous informe de la parution de la Bibliographie des Ouvrages érotiques publiés clandestinement en Français entre 1650 et 1880. Il s'agît en fait du troisième et dernier volume de cette bibliographie.

L’auteur, Jean-Pierre Dutel, s’est efforcé de rechercher et de classifier les éditions des grands textes classiques, et tout particulièrement les Académie des Dames, les Thérèse Philosophe, les Histoire de dom B*** ou les Pucelle d’Orléans, qui connurent tous plus d’une trentaine de rééditions et qui furent les textes érotiques les plus lus du XVIIIe et du XIXe siècle.

Le Libertin de Qualité, l’Arétin Français, La Fille de Joye, Parapilla, ou la Foutromanie sont également en bonne place dans le palmarès des meilleures ventes de l’époque. Malgré leur succès moderne, les textes du marquis de Sade, Justine ou La Philosophie dans le Boudoir furent moins publiés et moins lus que ceux d’Andréa de Nerciat et surtout que sa Félicia ou mes Fredaines, rééditée 17 fois. Les Tableaux des Moeurs du Temps et L’Antijustine, deux titres importants de la littérature érotique n’eurent les faveurs que de 5 rééditions.

L’auteur a aussi tenté de mettre à jour et compléter la liste des ouvrages publiés par les éditeurs installés à Bruxelles à la fin du XIXe siècle. Les éditions de Jules Gay si souvent copiées, et nombre d’éditions attribuées à Poulet Malassis qui ne sont que des contrefaçons. Le nom de Vital Puissant dont la place dans l’édition clandestine bruxelloise fut plus conséquente que l’on a cru jusqu’à maintenant retrouve l’importance qui doit être la sienne.

Cet ouvrage fait suite à la Bibliographie des Ouvrages érotiques publiés clandestinement entre 1880 et 1920 (ISBN : 2-9517742-0-6) qui obtint en 2002 le prix de la bibliographie décerné par le Syndicat de la Librairie Ancienne et Moderne, et à la Bibliographie des Ouvrages érotiques publiés clandestinement entre 1920 et 1970. En pratique, il se présente ainsi:
* Un volume de 672 pages sur Centaure naturel 90 g, relié toile sous jaquette bicolore.
* Notice sur quelques collectionneurs disparus.
* Description minutieuse de 1180 éditions.
* Reproduction (8,5 x 5,8 cm) de 1168 pages de titre ou illustrations.
* Tables des auteurs, artistes et éditeurs présumés.
* Conditionnement sous film
Prix public TTC : 180 €

Je n'ai pas eu l'ouvrage en mains, je vous fais donc simplement part de sa parution, sans émettre d'avis particulier.

Par ailleurs, j'ai participé aujourd'hui à une vente aux enchères en salles, durant laquelle j'ai assisté à l'adjudication d'une Chronique de Nuremberg (très incomplète): elle ne comportait en effet que 35 feuillets, le tout dans un vélin de l'époque. Le prix final...? 4 300 euros sans les frais (18%). Ceci m'a laissé songeur et j'ai essayé de deviner sa destination. A mon sens le plus probable est qu'elle va soit servir à truffer un autre exemplaire incomplet, ou qu'elle va être vendue à la feuille... encore que sur ce point, je sois sceptique. Par ailleurs, un Raynal in-8 + Atlas m'est passé sous le nez (prix final 1 400 euros). Je me suis fait plaisir en m'offrant l'EO en premier tirage d'un Autre Monde de Grandville, relié dans un demi-chagrin citron, avec les gravures en couleurs.

H

jeudi 14 mai 2009

La Nouvelle Revue des Livres Anciens

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Voici quelques nouvelles de la Nouvelle Revue des Livres Anciens.

Devant l'affluence des souscriptions aux numéros 1 et 2, nous sommes dans l'obligation de vous rappeler que ces souscriptions ne pourront plus être prise en compte à partir du mardi 19 mai, pour des raisons de délais techniques liés à la date de parution du n° 1, et d'honnêteté vis-à-vis de l'ensemble des souscripteurs. 

Nous vous rappelons en effet que la souscription aux deux premiers numéros est un achat avant leur parution, à un prix inférieur à celui de l'abonnement aux numéros de l'année suivante. La souscription pourra être relayée par un abonnement aux numéros 3-4 (49 € France, 61 € Etranger, port inclus) ou, à votre convenance, par l'achat du n° 2, obligatoirement couplé alors à un abonnement aux numéros 3-4 (69 € France, 87 € Etranger, port inclus)

La rédaction bicéphale.

vendredi 8 mai 2009

Miscellanées de Monsieur H.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Mon courrier en retard s'accumule, veuillez m'en excuser: Frédéric veut devenir libraire et me/nous demande quelques conseils... avant de mettre un terme à ses études universitaires... Benoît veut savoir si l'un d'entre vous détient des informations sur les relieurs ayant oeuvré en Algérie française, nombreux sont ceux qui m'interrogent sur la date de sortie de la Nouvelle Revue des Livres Anciens et son contenu.

Frédéric: je ne sais que vous répondre, mais si vous êtes passionné, que vous n'avez pas de bouches à nourrir autre que la vôtre et que vous êtes prêt à passer malgré tout par quelques moments de doute, qu'avez vous à perdre à tenter l'aventure? Le fait que vous soyez en province ne me semble pas être un handicap, mais il est vrai par ailleurs qu'une petite mise de départ semble nécessaire. Allez vers votre risque! Plusieurs jeunes libraires sont des lecteurs du blog, je suis convaincu qu'ils seront prêts à vous donner des conseils.

Benoît: aucune idée sur les relieurs de l'Algérie Française... mais je parie que Gilles saura vous aider.

La Nouvelle Revue des Livres Anciens: vaste sujet. 

Que puis-je vous dire sans trop en dire? La Revue partira en impression d'ici une semaine. Après l'édito de Jean-Paul, vous découvrirez un article magnifique. L'un des plus beaux textes que j'ai lus sur la bibliophilie. Mais j'en dis déjà trop... Quoi d'autre? Nous luttons avec Jean-Paul pour résoudre l'équation économique que pose la revue. En fait, nous avions sous-estimé les divers coûts. Ne sortez pas les mouchoirs, on s'en sort, mais on comprend mieux l'expression "essayer de joindre les deux bouts" au regard de cette aventure, ou de cette folie, le mot est plus juste. Sourire. Rassurez-vous, pour tous les nombreux souscripteurs, ce sera transparent. Au contraire même, finalement, vous en aurez plus que prévu à vous mettre sous la dent! 

La date de sortie est prévue pour début juin, selon le délai de notre imprimeur. Ensuite vos deux dévoués serviteurs vont eux-mêmes mettre sous enveloppe les exemplaires avant de les envoyer. Travail de romain. Les exemplaires partiront ensuite vers Carantec, Fontoy, Milan, Tel Aviv, New York, Tokyo, Paris ou Buenos Aires. Nous y avons mis toute notre âme et beaucoup de temps. En dehors des parrainages bienveillants et de la collaboration des auteurs, je crois pouvoir dire que nous aurons porté ce projet sur nos quatre épaules, bien aidés dans la dernière phase par Sandra, notre maquettiste. Vous serez juges.

Le numéro deux? Nous avons déjà la plupart des articles et il paraîtra en octobre. 

Je suis aussi impatient que vous. Nous y sommes presque.

H

mercredi 6 mai 2009

La reliure: Boutigny et le style rocaille

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Nous continuons de courir contre la montre, le premier numéro de La Nouvelle Revue des Livres Anciens part chez l'imprimeur dans 8 jours. Il faut encore comparer les devis (si un mécène sommeille en vous, qu'il me contacte, nous avons les fonds nécessaires pour démarrer, mais un petit coup de pouce nous permettrait une jolie amélioration qui reste hors de notre portée financièrement), relire et relire encore les textes, créer le chemin de fer, ajouter les titres courants, etc, etc.

Fort heureusement, Gilles m'aide une nouvelle fois en vous proposant un message sur Boutigny et le style rocaille. Gilles, merci encore.
Inspiré du style rococo en vogue pendant la première moitié du XVIIIe sous Louis XV, et présent sur les reliures françaises et italiennes de l'époque, le décor rocaille redevint à la mode pendant les années 1835-1850 en France.
De nombreux relieurs utilisèrent des fers rocaille, parmi lesquels Duru, Vogel, Meslant, Bernard, Ginain... Ces fers chantournés sont associés par paire. Les grands fers permettaient, paraît-il, une dorure plus rapide de la reliure. Simier fils, relieur du roi, un des premiers utilisateurs de la presse, fait graver des plaques. Il réalise ainsi une reliure rocaille pour le "Paul et Virginie" de l'éditeur Curmer en 1838.

Précurseur, Boutigny se distingue par son activité semi-industrielle. Installé à Paris dès 1828, il exerce jusqu'en 1865. Il se consacre particulièrement à la reliure d'éditeur. Il fait un large usage de plaques et de la presse à balancier. Elles sont apposées à la fois sur les plats et sur les dos lisses, soit sur cuir soit sur percaline ou velours. Les plaques des plats et des dos sont associées différemment selon les ouvrages. Elles sont aussi utilisées "à froid" ou "à chaud" ce qui varie les décors et les combinaisons. Il est amusant de retrouver dans ces plaques la coquille du style Louis XV ici stylisée.
Ses reliures ornent des livres de prix ou des keepsakes. Elles sont parfois signées en queue dans le décor et on retrouve son étiquette au verso de la garde antérieure dans le coin supérieur gauche. Elles adoptent la technique de l'emboîtage, qui permet de réaliser séparément le corps d'ouvrage et la couverture. Les tranches sont dorées.
D'après "La Galerie des Arts" de 1842, "son emboîtage est infiniment préférable à celui des Anglais, mais encore ses prix sont très minimes comparativement aux leurs".

Gilles,

Merci,
H

Photos:

- plat et dos d'une reliure de Boutigny, chagrin rouge sur "Jocelyn", Gosselin, Paris, 1841, in-4.
-étiquette de relieur
-dos des "œuvres de Bernardin de Saint-Pierre", Lefèvre, Paris, 1836, 2 vol grand in-4
- dos et plat "Breviarum Sagiense" (erreur typographique du relieur), Sagii (Sées), Jules Valin, circa 1835, in-8, relié par Dubosq.
- dos "chansons de Désaugiers" édition Elzévirienne, Garnier frères, 1848, format in-16

lundi 4 mai 2009

Quelques nouvelles de La Nouvelle Revue des Livres Anciens

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je vous propose ce soir quelques nouvelles de La Nouvelle Revue des Livres Anciens: à force de bien avancer, nous allons finir par atteindre notre but! La Revue est désormais bouclée, nous avons reçu le dernier article en fin de semaine passée... et quel article! C'est lui qui ouvrira la Revue juste après l'éditorial.

Le travail de maquette débute demain, sous la houlette de notre talentueuse maquettiste. 

Ce qui est très agréable, c'est que les souscriptions continuent de nous parvenir en nombre (une dizaine aujourd'hui, par exemple) alors que nous avions théoriquement mis fin à la période de souscription la semaine dernière. Les souscriptions sont donc encore ouvertes jusqu'à la minute où nous mettrons sous presse, et cela tombe bien, puisque ce sera la seule façon d'obtenir ce premier numéro.

Pour souscrire, toujours deux façons, soit via papier (cf sur le blog), soit par voie électronique en nous contactant (blog.bibliophile@gmail.com ou nrlanciens@gmail.com) ou même directement via ebay pour ceux qui le souhaitent, en cliquant sur le lien suivant:
La Revue sera imprimée en fin de mois et disponible immédiatement. Nous pensons modestement qu'elle devrait vous plaire (en réalité, nous en sommes convaincus! Sourire), et nous y consacrons toute notre énergie.

H

dimanche 3 mai 2009

Lauverjatiana VI: au fil des catalogues de libraires

Amis Bibliophiles Bonjour,

Après une courte absence, voici le retour de notre rubrique Lauverjatiana, ou la lecture attentive et sélective des plus beaux catalogues de nos amis libraires par Gilles.

"Tiens? Mais où est donc passé le Lauverjatiana V? Nous avons publié deux numéros IV, il n’y a pas, il n’y aura donc pas de numéro V!

Aujourd’hui quatre superbes catalogues et pour nous faire plaisir, et parce que les exemplaires ci-dessous sont exceptionnels, soyons fous, ne regardons pas à la dépense (rassurez vous tous les livres ne sont pas aussi chers):

La librairie Laurent Coulet (166, boulevard Haussmann à Paris) titre son catalogue 41 divisé en deux parties “Livres anciens, littérature XIXe-XXe. Révolution française-Empire”. Il s’agit d’un beau catalogue illustré en couleur de 133 numéros agrémenté d’une table alphabétique des auteurs. 

Le numéro 1, un coffret de messager de la fin du XVe, ne concerne pas à proprement parler les bibliophiles, mais l’intérêt pour ces objet a été relancé voici quelques temps par diverses ventes dont celle de la collection du libraire André Jammes le 7 novembre 2007 (une vingtaine!). Le coffret de 190 x 290 x 122 mm à âme de bois est recouvert de cuir et armé de fer, attaches latérales, serrure à moraillon et un petit couvercle supérieur pour y cacher un pli. Comme tous il présente à l’intérieur du couvercle une image xylographique coloriée de la fin du XVe. La destination de coffret de messager ou de conservation d’objets précieux, ou de missel, est sujet à débat. Mais tous sont rares et coûteux (35 000 euros). 

Un rare livre de fêtes “Discours de la magnifique réception & triomphante entrée, de la grande duchesse de Toscane en la ville de Florence” imprimé à Lyon chez Benoist Rigaud en 1589, un livre au format in-12 relié en maroquin citron par Masson-Debonnelle aux plats ornés d’une fanfare historiciste très pure (4500 euros). “La Géomance” du seigneur Cristofe de Cat(t)an... à Paris, Gilles Gilles , édition originale de 1558, un volume in-4 relié veau au XVIIIe siècle (6500 euros).
Le catalogue n° 32 d’avril-mai de La nef des fous, (7, rue Condé à Paris) illustre presque chacune de ses 88 références soigneusement décrites.
Ma préférence va aux “Commentaires de Jules César...translatez par noble Etienne de Laigue dict Beauvois” donné à Paris en 1537 par le libraire Jean André. Ce livre in-folio de 167 ff., en veau brun de l’époque orné de filets à froid sur les plats et les nerfs est imprimé en gothique. Il compte 11 gravures sur bois réemployées de diverses éditions (11 000 euros). De Jean Bouchet “Les triu(m)phes de la Noble et amoureuse Dame...” en un in-8 gothique parisien de 1537 “au clos Bruneau” [le Bret] enrichi sur le titre d’un envoi aux Célestins de Sens et d’un quatrain manuscrits. Le livre est cité par Brunet et couvert d’une reliure romantique richement ornée signée de Purgold Hering, (donc vers 1825 dit mon Fléty) en plein cuir de Russie brique (4500 euros). 

Une édition incunable vénitienne, complète, de 1490 chez Batiste de Tortis, de Suétone, “De vita XII Caesarum, cum Commentario Ant. Sabellici” in folio relié par Chambolle Duru en plein maroquin framboise les plats ornés à froid d’encadrements de dentelles et de filets (9000 euros). Les “Mémoires ... de Sully” remaniées par l’abbé de L’Ecluse, dans l’édition en 3 volumes in-4 de 1745 à Londres, sont heureusement enrichies de la fameuse suite des 56 portraits d’Odieuvre. Le livre qui fait la couverture du catalogue est relié aux armes de Léopold Charles de Choiseul, frère du ministre, en maroquin rouge (7000 euros).
La librairie Gabriel Rossignol a changé d’adresse au 2, rue Casimir Delavigne à Paris. Son catalogue d’avril 2009 présente 50 ouvrages. “Le roma(n)t de la roze..” de Guillaume de Lorris et Jehan de Meung, révisé par Clément Marot dans l’édition donnée par Galliot du Pré et Jehan Petit en 1526 est un petit in folio gothique illustré de 94 gravures sur bois. Il est recouvert d’une reliure en veau blond du XVIIIe au dos ornée de roses (20 000 euros). “Cronique et Histoire composée par Philippe de Commines...” en édition in-12 donnée à Paris chez Jehan Ruelle est couvert d’une reliure caractéristique des Confréries de Pénitents qu’Henri III créa de 1583 (à la suite de la mort de sa femme) à 1589. 
Cette reliure est ornée d’une crucifixion sur le plat, d’une tête de mort, des armes royales et de la devise Spes mea deus sur le dos. Le fait que ce décor ne soit pas apposé sur un livre religieux rend ce livre exceptionnel (20 000 euros). Un “Office de la Semaine Sainte...” sans lieu ni date (vers 1660) aux armes et au chiffre de Marie-Thérèse d’Autriche reine de France, cette reliure en plein maroquin rouge est frappée des grandes armes dorées sur les plats et d’un semé alterné du chiffre couronné et de la fleur de lys dans un encadrement de filets et de dentelle dorés (6000 euros).
La librairie d’Apre-Vent de Monsieur Mathieu Charleux, impasse Auguste Prunai à Toulon, édite un élégant catalogue in-quarto carré de 187 numéros. La moitié d’entre eux concerne la “bibliothèque occulte”. Disons encore que ce catalogue abondamment illustré de planches en couleur offre des index thématique, des auteurs, des illustrateurs, des relieurs et des bibliographies consultées.
L”Historiale description de l’Afrique tierce partie du monde...” de Jean Léon l’africain, un fort in-8 sorti de l’imprimerie de Christophe Plantin à Anvers en 1556, orné de 20 bois gravés dans une reliure pastiche en veau glacé (4000 euros).
De Anatole France, “la Rôtisserie de la reine Pédauque”, aux éditions d’Art Edouard Pelletan, en 1911, in-4, est illustré de 176 compositions de Auguste Leroux. L’exemplaire est un des 47 sur chine enrichi des illustrations en tiré à part sur japon et d’une aquarelle originale. La reliure en maroquin bleu doublée est signée Canape et datée de 1914 (5000 euros).

Le rare traité sur les sorcières et les devineresses, de Ulrich Molitor, “Tractatus de lamiis et pythonicis..” imprimé à Paris en 1561 chez Gilles Corrozet, en plein veau du XVIIe (2200 euros). Les “Oeuvres” du marquis de Villette, imprimés à Londres (en fait Montargis par Léorier de Lisle) en 1786. Ce volume in-16 présente in-fine 20 spécimens de papiers imprimés fabriqués pour la première fois à partir de végétaux courants (roseau, bois de fusain, écorse de peuplier, chardon etc..) par de Léorier de Lisle papetier (2200 euros).

Voilà pour vous attirer, il ne vous reste qu'à découvrir tous les autres livres proposés…Bonne lecture!"

Merci Gilles.

H

Je ne peux m'empêcher d'ajouter une image provenant de ma bibliothèque: chose très curieuse, je possède le même ouvrage que celui proposé par la librairie Rossignol, un “Office de la Semaine Sainte...”, slnd, aux armes et au chiffre de Marie-Thérèse d’Autriche reine de France, en plein maroquin rouge, frappé des grandes armes dorées sur les plats et d’un semé alterné du chiffre couronné et de la fleur de lys dans un encadrement de filets et de dentelle dorés. Totalement identique... elles étaient donc produites en petite série...:

vendredi 1 mai 2009

Les questions de Pierre...

Amis Bibliophiles Bonjour,

Ce déménagement amène décidément beaucoup de commentaires et de questions, dont celles de Pierre, à qui je cède la parole:

"Je vous propose un petit sujet de réflexion à la lecture du dernier billet de Hugues, rédigé par son adorable épouse.

Je me demandais quels étaient les ouvrages qu'il avait emportés sur les sièges (en cuir, excusez du peu) de sa voiture. Bien que ne le connaissant que par l'intermédiaire de ce blog, je me suis imaginé qu'il avait du choisir en priorité ses magnifiques éditions illustrées des voyages de Cook (voir billets 2007). Je suis sûr, en tout cas, que c'est ce que j'aurais fait si je les avais possédé (la convoitise étant péché, je convoite mais je me repens).

En fait, si j'avais à sauvegarder mes ouvrages préférés ou si l'on me demandait quels livres je ne confierais pas à un tiers pour un déménagement, voici quelques ouvrages auxquels je suis très attaché :
Le Roi Soleil. Ce livre, j'aurais aimé l'avoir enfant. Je l'ai eu adulte. J'ai même toute la série…

Poèmes de Delille et sa réponse vacharde de Rivarol. Un régal de maniérisme.

Les après-midi d'un libraire. La lecture de ce petit livre a déterminé ma reconversion tardive.

Une Semaine Sainte. Mais pas n'importe laquelle. Un beau maroquin aux armes de Louis XV par exemple.

Et puis aussi ; Le dictionnaire des synonymes de Guizot. Pas rare mais c'est le mien ! Un ouvrage de Jean Rostand avec dédicace, Diderot dans une très belle édition et en dernier une rare édition de l'apostolat de Marie-Madeleine par l'abbé Faillon. J'oubliais les fastes de la Provence de Fouques et mes Buffons ! Et s'il me reste de la place...
Et vous ? Quels seraient vos choix en pareil cas en partant du principe que ce ne serait pas forcement la valeur vénale du livre qui guiderait votre choix (bien que… les livres rares et les belles éditions sont légitimement chers).

Je vous laisse méditer. Pierre"

Ma réponse: en fait, après avoir tout emballé et mis en caisse, je me suis longuement interrogé avant de choisir les ouvrages qui allaient faire le trajet en voiture avec moi. Il me fallait arbitrer entre le poids (je n'ai pas des bras de déménageur), la fragilité et la "valeur" des ouvrages, qu'elle soit financière ou sentimentale... Choisir, c'est renoncer... et j'ai finalement privilégié les ouvrages les plus fragiles et ceux qui avaient pour moi une valeur sentimentale: les Cook ou les Helyot par exemple, sont donc partis en camion (j'en tremble encore) alors qu'un Racine en format Cazin, dont la reliure est en bien mauvais état, a fait le voyage avec moi en voiture, simplement parce que c'est le premier livre ancien que j'ai acheté. 

Et puis, fragilité oblige, les maroquins ont pris la voiture. Enfin, je me suis dit que perdus pour perdus, je préférais sauver 45 in-12 en les convoyant moi-même plutôt que 8 in-4... (raisonnement de bibliomane? possible). Enfin, en plus de ces critères j'ai ajouté quelques livres pour lesquels j'ai une affection particulière: Les Contes et Nouvelles en vers de La Fontaine, dans un maroquin bleu nuit, mon exemplaire manuscrit du Vestergan, dans son cahier "fragilissime" du 17ème, l'Oexmelin, un Molière, un Don Quichote et un Cyrano de Bergerac du 18ème qui n'ont rien de particulier mais que j'adore, le Licetus, un petit ouvrage 19ème sur les naufrages et qui contient l'extraordinaire et tout simplement incroyable odyssée de Viaud (un récit en fait imaginaire), qui m'a coûté 10 euros... 

En réalité, un grand nombre de critères ont présidé à ce choix, les goûts très personnels d'un bibliophile en somme, mais aussi la fragilité de chaque ouvrage, ou, forcément, sa valeur financière, puisqu'au fond rares sont les bibliophiles qui parviennent à en faire totalement abstraction, non?

H

lundi 27 avril 2009

Quand le Bibliophile déménage...

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Ce soir, je cède la parole à la plus talentueuse des personnes ayant collaboré au blog, et qui n'a pas démérité ces dernières smeaines...

"Il ne vous aura sans doute pas échappé que votre blog préféré a souffert, ces derniers temps, d'une petite désaffection de son auteur ...

Laissez moi donc vous en conter quelques raisons et vous raconter l'histoire, ou plutôt devrais-je dire le calvaire, du bibliophile déménageur.

Dans le rôle du bibliophile déménageur : l'auteur de ce blog, mon mari.
Dans celui de l'épouse (modèle) à la fois secrétaire générale, organisatrice, assureur, responsable de tout : moi, son épouse.

Pour compliquer le tout dans le cas qui nous occupe : le bibliophile déménageur travaille et se situe déjà au point d'arrivée lorsque son épouse elle gère la zone de départ : l'empaquetage, le chargement, l'équipe aux mines patibulaires qui président aux destinées de tous leurs biens mobiliers. Le bibliophile déménageur est donc coupé de tout, coupé de ses livres, et suis le déménagement à distance, par téléphone.

Scène I : Le convoyeur de fonds (Convoi exceptionnel)
Le week-end précédent le déménagement le bibliophile dénémageur qui ne s'est occupé de rien est pris de panique. Alors que dans un élan de fierté orgueilleuse il avait bien précisé aux déménageurs qu'il était Hors de question qu'ils touchent à Ses Livres, il se trouve bientôt fort dépourvu, à 2 jours du départ, devant sa (grande et précieuse) collection.
Telle la fourmi devenu, le voila qui se met alors à emballer frénétiquement ses livres, et par la même à faire des allers-retours incessants au Bricorama pour acheter des caisses qu'il capitonne lui-même pour y placer ses ouvrages. Quelle industrie !
De plus en plus inquiet devant l'ampleur de la tache, ne voyant plus venir le bout de sa collection, ce qui devrait le ravir bientôt le terrasse.

Le deuxième soir venu, enfin, ça y est, les livres sont emballés, les caisses alignées.

Alors, dans la nuit, le bibliophile déménageur sélectionne quelques caisses prestigieuses, les caisses qui ne souffriraient aucune perte, aucun désamour, aucune manipulation hasardeuse ... et les prend amoureusement une par une pour les poser sur le cuir accueillant de sa voiture. Il part alors tout seul avec ses quelques livres dans la nuit, organisant lui même un petit déménagement de fortune pour ses plus beaux ouvrages.

Scène 2 : le "vrai" déménagement : les meubles, les chats, les livres : chargement, organisation, départ du camion.
Lundi matin, à 8 heures, 3 hommes forts débarquent sans crier gare au domicile du bibliophile déménageur. Celui-ci, parti dans la nuit, ne se doute encore de rien ...

8h30
- "Allo, chérie, tout va bien ?"
- "Non, rien ne va"

La phrase fatidique est lancée, Madame a paniqué, tout va partir à veau l'eau.

- "Comment ça rien ne va ?"
- "Et bien les déménageurs ont des mines bizarres, ils ne sont pas aimables, ce sont des grosses brutes et ils me disent qu'ils n'auront pas fini ce soir et que le déménagement va s'étaler sur 4 jours au lieu de 2"...

Alors là, le biblipohile déménageur rentre en transe.
- "Comment ça des grosses brutes ? Tu leur as bien dit de ne pas empiler plus de 3 caisses de livres l'une sur l'autre ?"
Madame est interdite ...... Alors même que milles problèmes se posent, la voilà partie voir au bas de la rue, jusque dans le camion, pour vérifier les dites caisses, qui sont hélas bien amoncelées les unes sur les autres, empilées pêle-mêle par le gros bras en chef.

Premiers échanges un peu tendus entre Madame et la Grosse brute malaimable.

Une trentaine de coups de fil plus tard, vers 18h, le premier camion est enfin chargé, toutes les caisses de livres y ont été entreprosées. Le chauffeur peut donc faire route, lorsqu'un deuxième événement survient: un appel du bibliophile déménageur pour s'enquérir du mode d'organisation de la nuit.

Là ça se complique. Il est prévu que le camion dorme avec le chauffeur sur une aire d'autouroute. Le bibliophile déménageur fond les plombs (pardonnez moi l'expression, mais dans ce contexte, rien d'autre ne me vient à l'esprit).

- "Ce n'est pas posssssssible, tu te rends compte, une aire d'autoroute ? Mais c'est ma VIE qu'ils ont dans ce camion, tous mes livres, c'est imposssssssssible !" (Note du Bibliophile: je jurerais bien avoir dit "notre vie").

Le bibliophile appelle lui même la société de déménagement, monte sur ses grands chevaux, menace, vitupère, se fait expliquer que cette pratique est courante, que le chauffeur va dormir dans le camion ... rien n'y fait. Il va même demander une escorte spéciale pour le camion, ou alors qu'on décharge sur le champ tous ses livres. C'est la crise. Madame recolle les morceaux sur place. De guerre lasse et après discussion avec le chef de l'organisation, elle obtient que l'on pose un plomb (justement) sur le camion, une sorte de scellé garantissant son inviolabilité, et que le bibliophile déménageur, ou plutôt sérieusement déménagé devrais-je dire, pourra lui même couper à l'arrivée.

Scène 3 : l'arrivée sur place, le déballage, la collection sauvée
4 jours plus tard .... le plomb a été coupé par Madame, le bibliophile déménageur ayant suivi toute la scène par téléphone, dès l'aube.

5 jours plus tard : "Mais, il ne me manque pas un livre ?".

Madame, ayant rangé, trié, agencé plus de 300 cartons en 5 jours n'en peut plus.

Le bibliophile déménageur est néanmonis content, après lui aussi avoir déballé quelques cartons pour participer à l'effort collectif il a pu s'adonner à son plaisir favori, tout seul, dans son nouveau bureau, son antre : déballer tous ses livres, les regarder, les admirer, leur donner à chacun une place. La place qu'ils méritent, sûrement."

Ben oui, sûrement, comment en douter? Mais d'ailleurs, il ne me manquerait pas un livre? Allez, je revérifie...

H

vendredi 24 avril 2009

Ebayana

Amis Bibliophiles Bonjour,

Internet est enfin de retour depuis une heure, sans tarder je vous propose donc de découvrir ce que je suis sur ebay en ce moment.

La Star du moment, les petits Molière, à un prix.... consistant... même si j'avoue ne pas être capable de juger la valeur de ces ouvrages (et la paresse de chercher)...

Un traité ésotérique sur les esprits, de 1621, vendu par notre ami Jean-Luc.

De la Manière d’enseigner et d’étudier les Belles-Lettres, 1765, 4 volumes aux armes de Luynes

Les Essais de Montaigne, 1602, à Leyde

Une autre édition des Essais également de 1602, mais dans une édition plus à mon goût chez Abel L'Angelierde");

Une reliure mosaïquée signée René Kieffer

Le superbe Atlas du Manuel d'Anatomie descriptive, de Cloquet et ses 340 planches

Autre petit bijou pour les amateurs, la Géométrie de Descartes, 1664... 45 euros!!!

Les psaumes de David, dans une belle reliure de l'atelier des Charenton, proposée par l'ami Frédéric

Un très curieux ouvrage d'astrologie de 1560, chez Rouillé, à Lyon, joliment illustré

Pour les amateurs, une semaine sainte en maroquin rouge aux armes royales

De rerum natura de Lucrèce et l'Astronomicon de Manilius, 1548 & 1551, chez Gryphe et de Tournes, joliment relié

Le Matthiole, ici une édition de 1572 avec plus de 1000 bois gravés

Un bel atlas de Desnos: Atlas chorographique, historique et portatif des Elections du Royaume. Généralité de Paris

Et juste pour le plaisir, deux ouvrages à tout petits prix:

Voltaire, les Contes de G. Vadé, 1764, en Edition Originale

Bussi Rabutin, l'Histoire amoureuse des Gaules en format Cazin, 1780

Je reposterai un autre message ce soir.

H

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