« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier

"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

frise2

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mardi 28 décembre 2010

Miscellannées de Monsieur H.: un chèque, un sheikh, un milliardaire américain, des cartonnages romantiques... et des résolutions?

Amis Bibliophiles bonjour,

Je ne vais pas revenir sur la vente record de l'Audubon si ce n'est pour apporter un peu de contexte et aller un peu plus loin... Finalement, que le livre ait atteint une somme record, tout le monde le sait, nul besoin de venir sur le blog pour le savoir. Le livre lui-même, tout le monde le connaît également, à défaut de pouvoir le posséder. Personnellement, la seule chose qui m'a marqué au sujet de cette vente record, c'est que l'acheteur n'est ni libraire, ni bibliophile et que ce record est presque un faux record...

En effet, si l'enchère a atteint la somme folle de 10,2 millions de dollars (hors frais), cela reste finalement bien moins que le montant stratosphérique qu'avait dépensé Bill Gates pour le Codex Leicester de Leonard de Vinci en 1994, 30,8 millions de dollars... et c'est assez "proche" des 9 millions de dollars dépensés par le Sheikh Saoud Bin Mohammad Bin Ali Al-Thani of Qatar pour un Audubon fort comparable en 2000.

Pour revenir à l'acheteur, il est amusant de constater que dans les deux cas, l'acquéreur de l'Audubon n'est pas bibliophile: le Sheikh en 2000, qui est un passionné d'ornithologie et en particulier de fauconnerie, et Michael Tollemache en 2010, marchand d'art londonien lui aussi passionné d'ornithologie. M. Tollemache était debout au fond de la salle et l'a finalement emporté devant un libraire londonien  et un enchérisseur italien présent au téléphone. Ces livres échappent donc aux bibliophiles... 

La fin de l'année voit le microcosme de l'internet bibliophile d'agrandir avec la naissance d'un nouveau blog consacré aux cartonnages romantiques et qui est l'oeuvre d'un expert, Bernard Mamy. Il s'agît pour l'instant de la diffusion de fiches de cartonnages romantiques extrêmement précises et bien documentées et je vais ajouter ce site à la liste des liens proposés sur le Blog du Bibliophile. Vous pouvez pour l'instant le retrouver ici: http://cartonnagesromantiques.blogspot.com/

Les fêtes sont également propices à la réflexion et aux résolutions... Ma réflexion sur l'ouverture d'une librairie peinant à aboutir (mais qui sait, peut-être qu'en 2011??), je me penche sur le blog et les évolutions et améliorations à y apporter... tout en travaillant à la NRLA. Comme vous l'avez sûrement lu, notre maquettiste nous a hélas abandonnés au milieu du gué Jean-Paul et moi, sans avoir la politesse de nous prévenir. Nous avons donc du trouver une solution en catastrophe et le numéro 4 ne sera disponible que fin janvier. Nous vous prions de nous excuser pour ce retard.

Résolutions bibliophiles? Acheter moins, acheter mieux. Réalité bibliomane? Trop de tentations pour ne pas céder...

H

jeudi 23 décembre 2010

Ebayana: beaux livres à gravures, belles reliures, atlas, almanachs

Amis Bibliophiles bonjour,

Il y a quelques forts jolis ouvrages sur ebay en ce moment, en voici une sélection:




La star du moment:






Charmant:








Mon favori en ce moment:










Bonnes enchères et bonnes fêtes à tous,

H

mercredi 22 décembre 2010

Portrait de Bibliophile: Wolfi ou la passion des grands classiques en reliure parfaite

Amis Bibliophiles bonjour,

Les portraits de bibliophiles sont parmi les sujets favoris des lecteurs du blog et je vous propose aujourd'hui un autoportrait de "Wolfi", qui va nous faire partager sa passion pour les grands classiques en reliure parfaite. Et il faut avouer que les livres présentés sont très désirables...

"Bonjour à tous!

A travers cet article rapide, je vais essayer de vous faire partager mon regard sur la collection que j'ai patiemment embellie au cours de ces 20 dernières années, et plus largement, sur les livres des 17e et 18e.

C'est en effet sur cette période que s'est porté mon intérêt : l'attrait des textes classiques, et la possibilité de trouver encore des beaux exemplaires (mêmes s'ils sont de plus en plus chers!) m'ont toujours conforté dans ce choix.
C'est tout d'abord au marché Brassens que j'ai acquis à 21 ans un "Caractères" de La Bruyère en basane dans une édition 18e.
Pour 200F à l'époque, j'avais en main un ouvrage  de 200 ans sur un texte majeur de la littérature classique française! Ca a été le déclic!
Les études et les moyens financiers limités faisaient que pendant quelques années, j'achetais seulement cinq ou six exemplaires modestes de classiques (De Foe, Montaigne, Voltaire...).
C'est à partir des années 1995, que je commençais à fréquenter Drouot et les salles de ventes. 
Très rapidement, je compris qu'il fallait acquérir des exemplaires sans défaut pour pouvoir faire ce que tout collectionneur avec des moyens limités est obligé de faire pour assouvir sa quête : acheter puis revendre un peu plus cher ... pour acheter mieux!

L'époque du 17e et 18e se prête à cette recherche. On peut encore trouver des exemplaires qui satisfont mes cinq critères de bibliophile :
- le texte : les classiques de l'antiquité, les  classiques français du 16e et 17e ou les textes du siècle des lumières, le choix est plutôt large dans les éditions 17e et 18e!
- la reliure : en maroquin forcément, gage de solidité. Par Boyet, Derôme le jeune, Pasdeloup ou Bozérian, c'est encore mieux!
- le papier : en grand papier s'il y a eu un tirage particulier
- les gravures éventuellement en épreuves d'état ou encore mieux, les dessins originaux!
- la provenance : aux armes, ou provenant de bibliothèques exceptionnelles : Rahir, Gougy, Béraldi, Mac Carthy Reagh, Duc de La Vallière, Renouard, Pixérécourt ou Yemeniz... Ah, les catalogues de ventes du 18e et 19e!!!!
La notion d'édition originale est forcément importante, mais soyons raisonnable : "les Pensées" de Pascal en maroquin d'époque ne sont à ma portée!

J'ai sillonné la France (et quelques pays d'Europe) pendant des années pour assister aux ventes aux enchères. Puis Internet est arrivé, ce qui m'a pas mal facilité la tâche!

Quoi de plus simple maintenant de consulter un catalogue, demander des photos, à l'occasion d'une vente ou d'une sortie de catalogue de libraire?

Internet a facilité également les recherches : il y a beaucoup de catalogues anciens de vente numérisés sur Gallica ou Google. C'est vraiment un confort de pouvoir "feuilleter"  à l'écran chez soi ces ouvrages fort utiles!
J'ai bien entendu beaucoup de catalogues "papier", mais je passe de plus en plus de temps à rêver en consultant les ventes Firmin Didot, Gaignat ou Radziwill devant l'ordinateur!

Béraldi disait : « Le nombre est peu, le choix est tout. » Je vous livre, bien modestement (car beaucoup ont sans doute beaucoup mieux sur leurs étagères!), quelques ouvrages que j'affectionne particulièrement, tirés de ma bibliothèque qui comporte un peu plus de 40 numéros à ce jour :

- Cervantes, "Les principales avantures (sic) de Don Quichotte" 1746 in-4, en maroquin rouge à petite dentelle droite sur les plats. Figures avant les numéros.

.
- Laclos "Liaisons dangereuses" 1796, 2 vol in-8 en maroquin bleu par Bozérian, en grand papier vélin


- Molière "Oeuvres" 1734 6 vol in-4 en maroquin rouge d'une grandeur de marge remarquable (papier de 290 mm  de haut sans la reliure)


- Boccace " décaméron" 1560 in-16 en maroquin 18e vert à dentelle. Exemplaire Mac Carthy Reagh, cité dans le Brunet.


- De Foe "Robinson Crusoe" 1770, 3 vol in-12 en maroquin vert signé de Derôme le jeune. Exemplaire de Rahir et Yemeniz. J'y ai inséré un dessin original de Gravelot qui n'a jamais été gravé.




- Voltaire "Oeuvres" : édition de Khel en 70 volumes in-8 en maroquin rouge à très grandes marges, avec les très rares épreuves avant la lettre (25 épreuves dit-on).


- La Fontaine "Fables" : 4 vol in-folio,  l'édition avec les gravures par Oudry sur très grand papier de Hollande (500mm) en maroquin rouge. Et là, on voit les yeux des bibliophiles s'ouvrir grand (NDLR, Hugues)


- Helvetius " De l'esprit" 1758 grand in-4, rare tirage B de l'édition originale en maroquin rouge tiré sur grand papier.


- Swift "Les aventures de Gulliver" 1797, 4 vol in-12 en maroquin citron par Bozérian jeune, avec les figures avant la lettre 


- Gessner "Oeuvres" 1786 , 3 vol in-folio :  l'un des 12 exemplaires tiré sur grand papier en maroquin vert de Bozérian avec les figures avant les numéros. Exemplaire Radziwill.


Il reste encore sur les étagères des noms illustres : Sévigné, Homère, Montaigne, Lucrèce, Saurin, Horace, La Mettrie, Racine, Arioste, Fenelon, Rabelais, Rousseau, La Rochefoucauld, La Bruyère, Pascal, Berquin, Xenophon, Seneque, Boileau, Fontenelle ...

Mais je ne peux pas tout mettre!

J'en profite de la tribune pour lancer un message : Il me manque deux livres que je recherche vainement depuis 20 ans  :  Voltaire "Romans et contes" 1778, et Montesquieu "Oeuvres" 3 vol in-4 1758 (il existe 2/3 éditions du 18e dans ce format).
A bon entendeur...

Mon vrai malheur, c'est que je ne connais pas grand monde, quelques sympathiques libraires mis à part, pour échanger un peu sur le sujet.
Si vous voulez parler un peu de beaux livres, faites le savoir à Hugues qui ne manquera pas de me transmettre votre mail.

Bonnes fêtes à tous.

Merci Wolfi.
H

lundi 20 décembre 2010

Bibliophilie et Sciences: Carra, physique et frustration

Amis Bibliophiles bonsoir,


Jean-Louis Carra (1742-1793) fut journaliste et député à la Convention. Sa carrière peut être comparée à celle de Marat. Comme lui, avant la révolution, il  étudie la physique. Il publie deux ouvrages : En 1784 Essai sur la Nautique aérienne, contenant l’art de diriger les Ballons aérostatiques à volonté, & d’accélérer leur course dans les plaines de l’air; avec le précis de deux expériences particulières de Météorologie à faire. En 1787 Dissertation élémentaire sur la nature de la lumière, de la chaleur, du feu et de l’électricité.

Protégé par Voltaire et Diderot, il collabore à la partie géographie de l’Encyclopédie. Ses théories sont exposées dans un ouvrage très peu connu paru de 1781 à 1783.

Nouveaux principes de physique.
Paris, Chez Esprit et l’Auteur puis chez Morin, Esprit et l’Auteur.  1781-1782 -1783.
4 tomes en 3 volumes in-8 ; 1er Volume : LXXXIV, 159, (4) ff, 4 pl. – 2ème Volume : (4), 240, (9) ff, pl 5 à 12. – 3ème Volume : VIII, 240 pp, (4) ff, pl 13 à 16 – (4), 284 pp, (5) ff, pl 17 à 21.




La page de titre du premier volume diffère de celle des trois autres, comme dans tous les exemplaires rencontrés. Pour quelle raison ? Carra dédie son ouvrage au Prince Royal de Prusse. Il définit sa philosophie dans le Discours préliminaire : « Pour simplifier le méchanisme de l’univers, l’Etre Suprême a répandu, par le seul acte de sa volonté, dans l’immensité de l’espace, un fluide, agent universel de sa toute puissance, auquel il a abandonné la matière. »


Carra se montre partisan de la royauté et de la religion : « Ainsi les principes qui ont persuadé les philosophes qu’ils devaient se considérer comme le fléau des Rois et les champions des peuples opprimés, doivent être rejetés et bannis de la vraie philosophie. »

L’ouvrage est à mettre en parallèle avec la Physique du Monde de Marivetz, que Carra admire. Comme Marat, l’auteur se plaint de l’accueil de ses idées par les institutions scientifiques. Vous pouvez vous reporter aux deux billets consacrés à Marivetz et Marat dans ce blog.

L’ouvrage est commenté dans le Journal de Physique de septembre 1781, page 247 et d’octobre 1782, page 317. Le rédacteur de ce journal note par exemple: « Ce troisième volume est entièrement dans le genre des deux premiers que nous avons annoncés ; même obscurité, mêmes énigmes à résoudre, mêmes principes et même style pour les exposer : ce n’est partout que des atomes cubicules ou alkalis majeurs, qu’atomes globules ou alkalis mineurs en excès, qu’atomes pointes ou acides majeurs, qu’atomes spirales ou acides mineurs, etc ».

L’auteur aigri termine le quatrième tome en écrivant :  «  Quant à ceux qui m’accuseront, comme les Compilateurs du Journal de Physique d’être obscur et énigmatique, je les renvoie à la Postérité qui leur donnera le mot de toutes mes énigmes. ».

Dans l’avant propos du troisième tome, il attaque l'astronome Joseph Jérôme de Lalande: «…quoique j’aie adopté formellement l’attraction, je n’ai pu me garantir des petites espiègleries d’un petit Astronome, qui se regarde comme l’Ange gardien des astres et le Génie tutélaire du vuide newtonien. Ce petit génie a refusé d’annoncer mon ouvrage dans son journal, parce que j’ai osé faire des innovations dans un domaine dont il a l’inspection depuis trente ans… ». Carra termine le dernier volume par un Avis à ceux de mes lecteurs qui auront pris un véritable intérêt à cet Ouvrage, dans lequel il attaque encore de Lalande :  « On conçoit comment un nom qui traîne à sa suite celui de dix-sept Académies, peut exalter la cervelle de l’individu qui le porte, surtout quand cette cervelle est étroite, ou mal modifiée. Un savant ne cherche jamais à accumuler les titres, et n’en tire publiquement vanité, qu’en raison inverse de son mérite. M. de la Lande, en voyageant en Italie, en Flandres, en Allemagne, avait grand soin de faire insérer dans les Papiers publics des villes par où il passait, que le célèbre M. de la Lande y était arrivé… »

Carra avait dédié son ouvrage au roi de Prusse. Il est intéressant de lire une lettre de d’Alembert à Frédéric II, datée du 8 mars 1781 : « Je me hâte de répondre par le courrier d'aujourd'hui à la dernière lettre que V. M. m'a fait l'honneur de m'écrire, et dans laquelle elle se plaint que j'aie eu la sottise de lui envoyer je ne sais quel mauvais livre de physique. Les reproches de V. M. seraient très-justes, Sire, si en effet je lui avais causé l'ennui de cette lecture; mais je n'en suis nullement coupable. Je n'ai pris la liberté d'envoyer à V. M. aucun ouvrage, bon ou mauvais; je connais ses intentions à ce sujet, et je suis très-exact à m'y conformer. Je n'imagine pas même qui a eu l'impertinence de se servir de mon nom pour ennuyer V. M.  M. de Rougemont, son banquier, me dit hier qu'un M. le baron de Marivetz l'avait chargé d'envoyer un livre à V. M. Mais, Sire, je ne connais point ce M. le baron de Marivetz, je n'ai point lu son livre, et je n'ai rien dit à ce sujet à M. de Rougemont. Il y a aussi un M. Carra qui a dédié récemment un livre de physique à monseigneur le Prince de Prusse, et qui m'a dit en avoir envoyé un à Berlin, aux armes de V. M.; mais M. Carra, que je connais, m'a assuré qu'il ne s'était point servi de mon nom pour cet envoi. Je prie donc V. M. d'être persuadée que je ne suis nullement coupable de l'impatience que lui a causée ce mauvais ouvrage, quel qu'il puisse être. C'est bien assez de l'ennuyer quelquefois de mes rapsodies, sans y ajouter celles des autres. Je suis avec le plus profond respect et pour votre personne, et pour votre temps, etc. »
Carra meurtri, comme Marat, de ne pas être reconnu à « sa juste valeur », publie un ouvrage intitulé  Système de la Raison, ou le Prophète philosophe  dans lequel il développe des idées matérialistes, antireligieuses et antimonarchistes. Il accueille la Révolution avec enthousiasme. Le 8 septembre 1792, il se présente à la barre du corps législatif avec une tabatière en or, qu’il dit lui avoir été donnée par le roi de Prusse, en reconnaissance d’un ouvrage qu’il lui avait dédié. Il demande que cet or serve à combattre le souverain qui l’en avait gratifié : il termina en déchirant la signature de la lettre que le roi lui avait adressée.

Carra est élu à la Convention par six départements, et opte pour la Saône-et-Loire. Il siége parmi les Girondins. Lors du procès du roi, il vote pour la mort « pour l’instruction des peuples dans tous les temps et dans tous les lieux, et pour l’effroi des tyrans ».
  
DISCOURS CONTRE LA DÉFENSE DE LOUIS CAPET, Dernier Roi des Français.
De l’imprimerie Nationale [1793].
1 brochure in-8 ; 12 pp.

Ce discours a été prononcé à la séance du 3 janvier 1793 par Carra, député de Saône et Loire. Il a été imprimé par ordre de la Convention Nationale.
  



Louis XVI est guillotiné le 21 janvier 1793. En juin la Montagne élimine les Girondins. Le 28 juillet, Carra est arrêté  pour conspiration contre le gouvernement. Le 3 octobre il est compris dans le décret de mise en accusation des Girondins, condamné à mort et guillotiné le 31 octobre.

Le parallélisme avec Marat est étonnant. Tous deux dans les années 1780 ont sollicité vainement la reconnaissance du milieu scientifique. Leurs idées « originales » n’ont pas été reconnues. La révolution et une fin tragique les attendaient.

Merci Bernard.

Hugues

dimanche 19 décembre 2010

Identification désespérée: j'ai besoin de vous...

Amis Bibliophiles bonsoir,

Je sèche complètement. J'ai récemment acquis un très beau livre, superbement relié, mais je ne parviens pas à identifier le chiffre qui figure dans l'angle du contreplat, et dont j'imagine qu'il me permettrait d'identifier le relieur.
Et d'ailleurs, qu'en pensez-vous? Là où est placé ce chiffre, je ne peux imaginer qu'il s'agisse d'une marque d'identification d'un bibliophile.

Avez-vous déjà croisé ce chiffre, avez-vous une idée? Etes-vous d'accord pour y reconnaître la marque d'un relieur?

Cela me serait vraiment très utile pour compléter la fiche d'un ouvrage qui le mérite vraiment.

Hugues

samedi 18 décembre 2010

Les portraits dans les livres du 17ème siècle

Amis Bibliophiles bonjour,

Au XVIIe siècle le portrait gravé change d’apparence dans les livres. Le petit médaillon de l’auteur au verso du titre tend à disparaître. Dès la fin du XVIe est apparu sur les pages de titre un décor gravé d’architecture en forme d’arc de triomphe qui participe à la solennelisation du livre. Comme le dit Jean-Marc Chatelain “les grands livres d’apparat du XVIIe siècle sont des machines à produire de l’éternité”(la naissance du livre moderne). 


Dans cette mise en scène le portrait de l’auteur se retrouve au dessus de la clef de voûte de l’arc de triomphe, (Ronsard, Paris, Nicolas Buon, 1609 ; Alciat, Paris, Jean Richer 1618; Montaigne, Rouen, Jean Berthelin 1641).

Surtout avec le temps s’impose le grand portrait gravé pleine page en frontispice dans des formats toujours plus grands. Ces gravures désormais quasi exclusivement sur cuivre sont parfois exécutées d’après peintures ou dessins et le nom de l’artiste figure en face de celui du graveur.


Le portrait dans un ovale entouré de sa légende, repose sur un piédestal pourvu d’une corniche, comme une statue sur son socle. Les armoiries du portraituré sont placées à la base de l’ovale.

Le siècle s’ouvre avec Thomas de Leu et Léonard Gaultier. Puis d’autres grands artistes s’illustrent (Gérard Edelinck, François Poilly..). Le plus célèbre, Robert Nanteuil, graveur portraitiste né à Reims (...!), est aussi le plus fécond.

A côté de cette production “livresque” des éditeurs publient des portraits isolés qu’il est parfois heureux de retrouver reliés par les bibliophiles de l’époque avec les oeuvres de l’auteur (Catherinot, Marolles, ).
Le cas de Michel de Marolles est intéressant car il s’agit d’un des plus grands collectionneurs d’estampes et de portraits gravés de son temps dont la collection (120 000 images dont 17000 portraits) fut acquise par le roi en 1667 et se trouve aujourd’hui dans le fond N 2 de la Bnf. On retrouve son portrait gravé en tiré à part, en vis à vis de ses armoiries, un madrigal au verso.
Pour terminé ce bref tour d’horizon voici un type de portrait en médaillon au sein d’un frontispice allégorique de Hadrien Valois, recueil publié par son fils en 1694 sous le titre Valesiana.

Lauverjat

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