« Après le plaisir de posséder des livres, il n'en est guère de plus doux que celui d'en parler. » Charles Nodier

"On devient bibliophile sur le champ de bataille, au feu des achats, au contact journalier des bibliophiles, des libraires et des livres."
Henri Beraldi, 1897.

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mercredi 23 novembre 2011

Bibliophilie et Sciences: Fresnel, théoricien et expérimentateur..

Amis Bibliophiles bonjour,


Augustin-Jean Fresnel (1788-1827), polytechnicien, ingénieur des Ponts et chaussées, est bien connu pour l'invention des lentilles à échelons qui équipent les phares. Il est très tôt convaincu de la nature ondulatoire de la lumière. Pour participer à un concours sur ce sujet ouvert en 1817 par l’Académie des Sciences, il rédige un mémoire  très critiqué par les mathématiciens de l’Académie, fidèles à la conception corpusculaire de Newton. Mais Fresnel répond aux critiques et son mémoire est couronné en 1819. A la suite de quoi il entreprend ses recherches sur la polarisation en collaboration avec Arago. Tous ses travaux sur la lumière sont exécutés en huit ans. Il est élu membre de l’Académie des Sciences en 1823.



MÉMOIRE SUR LA DIFFRACTION DE LA LUMIÈRE.
[Paris, 1816.]
1 volume in-8 ; 43 pp, 1 pl.

Fresnel décrit ici, pour la première fois, ses célèbres expériences de diffraction de la lumière par un trou ou un fil. Ce premier Mémoire, déposé à l’Institut le 23 octobre 1815, parait initialement en 1816, dans le troisième cahier du premier tome des  Annales de Chimie et de Physique (pages 239 à 281). Ce volume en est un tiré à part. On y trouve des  corrections autographes, pages 7 et 8.
Le rapport de Poinsot et Arago, présenté le 27 mars 1816, conclut, de l'accord du calcul avec l'expérience, que l'hypothèse ondulatoire présentée par Fresnel « sans être complètement garantie, mérite d'être étudiée ». Dans une lettre écrite le 4 mars 1816 à son frère Léonor, Augustin Fresnel écrit, en parlant d’Arago : « il a dit à l’Institut que mon mémoire est de nature à faire une révolution dans la science ». Cette opinion est combattue par Biot et Laplace.




MÉMOIRE SUR LA DIFFRACTION DE LA LUMIÈRE.
Paris. Juillet-août 1819.
1 volume in-8 ; (3), pp 4 à 94, 1 pl.

Le Grand Prix de l'Académie des Sciences de 1819 portant sur la diffraction, Fresnel y voit une chance unique d'exposer ses idées et méthodes novatrices. En poussant les calculs de Fresnel, Poisson, qui est un des membres du jury, parvient à la conclusion suivante, en apparence contradictoire: si on émet de la lumière perpendiculairement à un disque sombre, alors le centre de la zone d'ombre produite par ce disque est un point lumineux. Arago, président du jury, ordonne la vérification expérimentale de cette prédiction, qui est avérée. Fresnel est le lauréat du Grand Prix.

Le mémoire parait dans les cahiers de juillet et août 1819 du tome XI des Annales de Chimie et de Physique (pages 246 à 295 et 337 à 378). Ce volume en est un tiré à part.

Cet exemplaire contient un envoi de l’auteur à Monsieur Louis Bruyère (1758-1831), et deux pages manuscrites, version abrégée de l’introduction de l’édition de 1826 qu’on trouve dans le tome V des Mémoires de l’Académie des Sciences.


MÉMOIRE SUR LA DIFFRACTION DE LA LUMIÈRE – MÉMOIRE SUR LA DOUBLE RÉFRACTION.
Extraits des tomes V et VII des Mémoires de l’Académie des sciences.
Paris, F. Didot - Imprimerie Royale. 1826 pour les  années 1821-1822 et  1827 pour l'année 1824.
1 volume in-4 ; pp (339) à 475, 1 pl – pp (45) à 176, 1 pl.

Fresnel indique au sujet du premier mémoire: « En publiant ce mémoire qui a été couronné par l'Académie en 1819, on a fait quelques changements à la rédaction du manuscrit déposé à l'Institut le 29 juillet 1818, mais sans apporter aucune modification à la théorie et aux expériences qu'il contient. Désirant y ajouter quelques expériences nouvelles et quelques développements théoriques, on les a placés dans des notes à la suite du Mémoire. »

Au sujet du second mémoire, Fresnel indique: « Les trois mémoires dont celui-ci est la réunion ont été successivement présentés à l'Institut le 26 novembre 1821, le 22 janvier 1822 et le 22 avril de la même année. En les réunissant on a changé l'ordre des matières et fait des suppressions assez considérables; mais on n'a rien ajouté d'essentiel aux faits nouveaux et aux vues théoriques qu'ils contenaient: l'on a seulement donné à celles ci quelques développements nécessaires à leur intelligence, et l'on a cru utile d'insérer dans ce mémoire une démonstration complète de la direction transversale des vibrations lumineuses car c'est sur ce principe que repose la théorie de la polarisation et de la double réfraction: cette démonstration a déjà été publiée dans le Bulletin de la société philomathique, mois d'octobre 1824.»

Les travaux de Fresnel sont résumés en 1822 dans un supplément à la traduction française, par Riffault, de la cinquième édition du système de chimie de Th. Thomson.


 DE LA LUMIÈRE.
Paris, Méquignon Marvis. 1822. 1ère édition.
1 volume in-8 ; pages 1 à 137.

Dans une note page 41, il se montre précurseur : « Les corps absorbent une portion notable de la lumière incidente ; mais il n’en faut pas conclure que le principe de la conservation des forces vives n’est plus applicable à ces phénomènes ; il en résulte au contraire, de l’idée la plus probable qu’on puisse se faire sur la constitution mécanique des corps, que la somme des forces vives doit toujours restée la même et que la quantité de force vive qui disparaît comme lumière est reproduite en chaleur ».

Enfin, l'oeuvre complète de Fresnel est publiée de 1866 à 1870.


 ŒUVRES COMPLÈTES PUBLIÉES PAR MM. H. DE SENARMONT, E. VERDET, ET L. FRESNEL.
Paris, Imprimerie Impériale. 1866-1868-1870.
3 volumes in-4 ; portrait, (4), XCIX, 804, (2) pp, 1 tableau - (4), 864, (2) pp, 1 pl. - (4), LXXV, 751 pp, 19 pl.

La majeure partie des travaux de Fresnel n'était connue que par des extraits ou des résumés; ces œuvres ainsi réunies et publiées dans leur intégralité ont fait connaître le grand génie, qui en quelques années, a révolutionné la haute optique et assis sur des bases inébranlables la doctrine des ondulations.

Bernard

lundi 21 novembre 2011

Tout savoir sur Cazin ou presque: rappel de piqûre par le Dr Rhemus

Amis Bibliophiles bonjour,

Les amateurs appelés « cazinophiles » s’intéressent aux éditions dans le petit format in-18 (127 x 80 mm), auxquelles ils ont donné le nom de « Cazins », mais Cazin a aussi édité des ouvrages dans les autres formats plus grands (in-12, in-8° et in-4°).


1724 : naissance le 22 mai, à Reims, rue des Tapissiers (actuelle rue Carnot), fils de libraire.
1755 : fils de libraire, il est reçu dans la communauté des libraires, imprimeurs et relieurs de Reims, à sa première demande, conformément au règlement de 1623, et succède à son père décédé.
1757 : client des frères Cramer, à Genève.
1758 : épouse, à Soissons, Marie-Françoise Duhamel, fille d’un maître brasseur, et devient le beau-frère du procureur au bailliage ducal de Reims, Nicolas Gerbault.
1759 : destitué de sa qualité de libraire pour vente de livres prohibés.
1760 : réhabilité, il commence à faire des affaires avec Pierre Rousseau et son beau-frère Charles-Auguste Weissenbruch (futurs fondateurs en 1768 de la S.T.B.), à Bouillon. 
1762-1763 : chargé de dresser le catalogue et de faire la saisie des livres interdits de la bibliothèque des Jésuites de Reims qui avaient été bannis du royaume.
1764 : perquisitions à Bouillon (chez le libraire Luc Trousseaud) et à Reims (chez Cazin) : on trouva chez Cazin et chez Trousseaud les mêmes livres prohibés et les preuves de leur provenance de Sedan et de Liège. Cazin fut une seconde fois destitué.
1765 : réhabilité, Cazin se fait plus discret pendant 9 ans.
1773 : aide son beau-père à installer une brasserie rue du Marc.
Déménage sa librairie sur la nouvelle place Royale (actuel salon de coiffure, en face de la banque Société Générale).
1774 : libraire de l’Université de Reims.
1775 : client de la S.T.N., fondée en 1769.
1776 : dénoncé, Cazin fut condamné à l’embastillement (pour la première et dernière fois) du 10 octobre au 16 décembre.
1777 : cherche à s’installer à Paris.
1779 : il fait la connaissance de Jacques-François Valade, imprimeur-libraire, rue des Noyers (boulevard Saint-Germain, Ve), qui venait de fonder une collection in-18 sous la rubrique de Londres.
1780 : associé périodiquement aux activités de la librairie de Valade.
1782 : s’installe définitivement à Paris chez Valade.
Première édition in-18, en association avec Valade, Les Jardins, par l’abbé Delille, imprimée par Pierres.
1783 : chargé par Jean-Charles Le Noir, lieutenant général de police de Paris, ami de Valade, de surveiller le pilonnage des livres à la Bastille (Cazin emportait une valise pour y mettre son déjeuner, à l’origine de l’invention de l’anecdote de « la valise toujours prête » pour l’embastillement).
Cesse de commander des « livres philosophiques » à la S.T.N.
1784 : collection in-18 « Petite bibliothèque de campagne ou collection de romans », imprimée par Valade en 1784 (Henry et Sarah Fielding, Smollett et Goethe : 8 titres en 24 vol.).
Valade meurt le 24 juin : sa veuve lui succède jusqu’en 1799.
1785 : « Collection des poètes italiens » in-18, imprimée par Jacob, à Orléans, de 1785 à 1787 (Le Tasse, Guarini, Tassoni, Pétrarque, Bonarelli, Pignotti, L’Arioste, Beccaria et Dante : 12 titres en 18 vol.).
1786 : Cazin quitte la rue des Noyers pour la rue des Maçons (rue Champollion, Ve). Cazin est alors propriétaire d’un dépôt de petits formats brochés et de gravures du  premier tirage de l’imprimerie Valade. Il fait graver les mentions « Édition de Cazin. » ou « Collection de Cazin. » sur les planches de cuivre qui lui avait été cédées, signant ainsi, théoriquement, le second tirage des titres gravés, des frontispices et autres figures. C’est pourquoi certains volumes de la collection in-18 mis en vente par Cazin ont une ou des gravures portant cette mention, fort noire par rapport à la lettre ancienne plus pâle : ils sont des volumes de réemploi sortis du dépôt hérité.
1792 : déménage rue du Coq-Saint-Honoré (rue de Marengo, Ier).
1793 : déménage rue Pavée-Saint-André (rue Séguier, VIe).
Dernière édition in-18 connue, les Œuvres de Colardeau, imprimées à Paris par Glisau et Pierret, en 3 vol.
1795 : blessé le 13 vendémiaire an IV (5 octobre), rue du Dauphin (rue Saint-Roch, Ier), il meurt le 15 (7 octobre). Sa femme  lui succède.
Inhumé dans le cimetière de l’église Saint-André-des-Arcs.

On doit à un libraire rémois, Charles Brissart-Binet (1814-1866), la première synthèse des rares publications parcellaires sur Cazin, intitulée Cazin. Sa vie et ses éditions. (Cazinopolis [Reims], s.n. [Brissart-Binet], 1863). Cet ouvrage est resté la bible des cazinophiles, malgré ses grossières erreurs et « arrangements » avec les archives, et les critiques justifiées d’un libraire parisien,  Corroënne, qui n’a fait qu’ajouter une division arbitraire en cinq périodes triennales dans la nomenclature des éditions, dans son Manuel du cazinophile (Paris, A. Corroënne, 1877).

Contrairement à ce qui a été écrit tout au long du xixe siècle, Cazin :

- n’a jamais eu de femme prénommée Henriette-Françoise, mais Marie-Françoise.
n’a jamais eu de fils (invention de l’érudit rémois Lacatte-Joltrois)
- n’a jamais eu quatre filles, mais cinq : la troisième, et non la seconde, fut inhumée au    cimetière de Montmartre, et non à celui du Père Lachaise.
- n’est pas mort le 13 vendémiaire an IV, mais le 15.
- n’a jamais été emprisonné à la Bastille plusieurs fois, mais une seule fois en 1776.
n’a jamais eu de valise toujours prête pour y séjourner (invention de son petit-fils, l’écrivain Chaalons d’Argé).
- ne s’est pas installé définitivement à Paris en 1789, mais en 1782.
- n’a pas habité successivement dans le cul-de-sac Saint-Honoré, puis dans la rue des Maçons-Sorbonne, dans la rue des Noyers et dans la rue Pavée-Saint-André-des-Arcs, mais rue des Noyers, rue des Maçons, rue du Coq et rue Pavée.n’a jamais tenu de salon littéraire (invention de Brissart-Binet).
- n’a jamais été imprimeur
- n’a jamais édité de livres pornographiques, en particulier Le Meursius françois, ou entretiens galans d’Aloysia (Cythère, s.n., 1782, 2 vol. in-18, frontispice et 12 gravures non signées attribuées à F.-R. Elluin) et La Tentation de saint Antoine (Londres, s.n., 1782, in-18, frontispice et 8 gravures non signées attribuées à F.-R. Elluin).
- n’a jamais été responsable du papier azuré, des caractères, des fleurons, des dispositions typographiques, des gravures, des catalogues qui se trouvent dans les petits formats, ni de leur reliure caractéristique : tout, ou presque, est l’œuvre de Valade.
- n’a jamais utilisé les presses de Fruard et Cailleau, qui n’ont jamais existé.
- n’a jamais commandé 332 éditions de 1758 à 1793 (plus de 500 dit Brissart-Binet dans sa «Préface»), mais 70 de 1769 à 1793, dont 56 in-18 – en 114 volumes –, de 1782 à 1793.

LBR + H

samedi 19 novembre 2011

Quelques gentlemens extraordinaires....

Amis Bibliophiles bonsoir,

La bibliophilie est souvent un exercice solitaire, et dans ce cas rien de tel que d'ouvrir un ouvrage et d'engager un dialogue muet avec l'un de nos augustes prédécesseurs. C'est simple il n'y a qu'à ouvrir vos livres et tenter votre chance, ceux-ci ont souvent eu la délicatesse d'y laisser une marque.
Ex-libris manuscrit de Racine
Ex-libris Ambroise Firmin Didot
Ex-libris Robert Hoe
Ex-libris Comte de la Bédoyère
Ex-libris R.B. Adam
Ex-libris Charles Cousin
Exemplaire imprimé pour le Prince de Metternich
Annotation du Baron Pichon
Exemplaire offert à M. Adolphe Bordes
Douce musique.


H

jeudi 17 novembre 2011

Ebayana: belles reliures, impressions anciennes, 16ème, 17ème et 18ème, EOs, ouvrages de bibliophilie...

Amis Bibliophiles bonsoir,

Voici une sélection de quelques ouvrages intéressants en vente sur ebay:

































H

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